Publié le 18 Juillet 2026

La valise de Mireille - Bernard BRUNSTEIN

 

L'atelier « Valise mystère »

Un atelier basé sur l'imaginaire, le portrait et la déduction.

Dans une valise abandonnée à la gare ou à l'aéroport vous trouvez ces objets : une perruque rousse, un vieux guide touristique de 1994, un paquet de chips ouvert, une boussole cassée, un ticket de tombola gagnant.

Qui est le propriétaire de cette valise ? Où va-t-il ? Pourquoi a-t-il fui ? Écrivez le portrait de ce voyageur mystère ou la scène où il prépare ses bagages.

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 18 Juillet 2026

Elle était là …oubliée dans ce coin désert de la vieille gare routière désaffectée. Je venais inspecter s’il n’y avait aucun danger dans cet endroit laissé à l’abandon depuis bien des années.

De couleur marron, comme si elle était faite de carton bouilli, rescapée d’une guerre.

Des autocollants la décorait certains effacés…

J’en reconnus certains vieillots et désuets : Autriche, Hongrie, Grèce, Espagne, Turquie, Afrique du Sud, Nouvelle Zélande.

Je m’approchai, curieuse, une des serrures métalliques était ouverte, l’autre fermait cette valise mystérieuse. Elle avait été cachée par une couverture qui, maintenant en lambeaux, la laissait à découvert.

Prise d’une impulsion soudaine je m’accroupis et essaya de l’ouvrir. La serrure me résista un peu mais je pus enfin découvrir ce qu’elle cachait.

Étrange découverte, un pantalon, un béret, des chemises bien repassées, une veste de costume des chaussettes, un nécessaire de toilette pour homme qui semblait de bonne facture et puis au fond une lettre et une petite boite décorée. Ma curiosité s’accentua

Qui était cet homme qui avait voyagé par le monde ? Était-ce un aventurier, un homme amoureux, un explorateur ?

Pourquoi avait-il laissé cette valise au milieu de nulle part ? Que lui était-il arrivé ?

Il avait parcouru l’Europe et l’Afrique pendant de nombreux mois comme l’attestait les étiquettes.

Il était un homme soigneux vu la façon dont il avait rangé ses affaires.

Je m’asseyais sur une pierre qui se trouvait à côté et pris un petit paquet que je défis contenant une enveloppe et une petite boite.

L’enveloppe avait jauni mais elle était bien conservée. Une écriture élégante en cursive tamponnée par les fiches de douane. A mon ami René poste restante 1900…St……. Le reste était effacé.

Pourquoi cet homme avait-il abandonné cette femme ? il me fallait lire cette lettre pour comprendre.

« Mon ami, mon amour, tu es parti si vite sans un mot. Pourtant nous nous étions promis l’un à l’autre. Je ne sais pas pourquoi tu as fui alors que nous nous étions jurés de ne plus nous quitter. Je ne sais pas si cette lettre te parviendra mais je t’attendrai le plus longtemps possible. Mes parents vont finir par me trouver un mari et je te perdrai alors à jamais.

Nous nous rencontrions souvent à l’opéra de Paris ou à des soirées magnifiques. J’en garde un doux souvenir.

J’attends de tes nouvelles mais ne tarde pas trop.

Mai 1900

Ta fidèle Rose. »

 

J’ouvris la boite et je trouvais à l’intérieur la miniature d’une très jeune fille avec des cheveux à l’anglaise, le regard doux tourné vers le lointain. Son corsage révélait un costume du début du XXe siècle.

J’eus soudain un flash comme si je devenais cette jeune fille d’un autre temps et mon imaginaire me permis de me projeter comme si je voyais une scène au cinéma.

Qui est-elle ? Elle se promène, au printemps, avec sa robe à crinoline, un chapeau de paille sur la tête avec des rubans roses, une ombrelle de la même couleur, assise dans une calèche. Elle faisait le tour du lac du Bois de Boulogne à Paris, saluant les connaissances de ses parents. Les hommes avec leur canotier, les dames avec leurs robes de printemps, des chapeaux magnifiques et une ombrelle pour les cacher du soleil. Certains couples à pied devisaient tranquillement. C’était l’endroit où il fallait être lorsque l’on fréquentait la bonne société.

Elle était un peu triste car elle pensait à son prince charmant. Elle ne savait pas pourquoi il était parti. On lui avait dit qu’il faisait le tour du monde. Elle avait réussi à avoir une adresse postale mais depuis des mois pas de réponse.

Elle songeait

— M’a-t-il oublié, ses promesses étaient-elles fausses ? Ne pas savoir est si difficile.

Ses parents la pressaient d’accepter les demandes parmi ses nombreux prétendants.

Elle demanda au cocher de s’arrêter car elle voulait faire quelques pas près du lac. Un groupe de jeunes gens s’approcha d’elle et lui fit des compliments sous le regard inquiet de sa duègne. Elle répondait du bout des lèvres, toujours pas décidée à répondre à des avances. Pourtant ils étaient souvent charmants et la faisaient rire. Cette promenade lui faisait du bien car au manoir, elle tournait en rond.

Un jeune homme qui la courtisait depuis longtemps lui proposa de faire un tour en barque jusqu’à l’île et prendre un rafraichissement.

C’était un restaurant à la mode qui réunissait tous les jeunes.

Son chaperon accepta la sortie. Elle monta et tout de suite se sentit bercée par le rythme du rameur. Elle aimait regarder les cygnes et les canards qui peuplaient ce lac. Un pont reliait l’îIe à deux ilots et des couples s’amusaient à lancer du pain.

Son compagnon était très gai et beau, ses yeux verts la regardaient avec de l’admiration. Ses compliments la faisaient rougir. Il lui parlait musique et littérature. Cela lui plaisait d’entendre un homme qui avait de l’esprit et ne la prenait pas pour une ignorante. Elle aimait les débats littéraires et s’intéressait à l’art sous toutes ses formes, peinture, sculpture, opéra chants, piano et bien d’autres.

Dans cet instant magique elle oublia son aimé et se dit qu’il fallait qu’elle tourna la page.

Elle se souviendrait longtemps de cette journée qui lui fit prendre un nouveau départ.

 

Et, lui l’inconnu à la valise a-t-il reçu trop tard cette lettre ? le médaillon attestait qu’il tenait à Rose mais son destin l’avait peut-être entrainé au loin sans possibilité de retour.

La valise était restée à dans cette gare perdue des alpes de Provence, loin de la capitale, abandonnée depuis des lustres. Pourquoi ce voyageur a-t-il caché cette valise ? Peut-être est-il décédé brusquement ou bien trop de temps était passé pour espérer retrouver un amour de jeunesse.

Le mystère de cette valise restait entier.

Juillet 2026

 

Agnès

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Rédigé par Agnès

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Publié le 18 Juillet 2026

Je n'ai pas réfléchi un seul instant. Mon impatience ou ma spontanéité, c'est selon, me jouera des tours. Paris, gare de Lyon, une foule pressée , peu attentive se dirige vers le métro, le bus ou la ligne R.E.R. Toujours aussi indifférente, elle n'a même pas jeté un regard à cette petite valise jaune fatiguée, posée là sur le côté au début de la voie E où arrivera dans 13 minutes mon train pour Nice.

Une douce et claire voix féminine répète à l'envie et avertissement :

« A l'attention des voyageurs. N'oubliez pas d'étiqueter vos bagages.

Vous devez signaler tout colis suspect ou bagage abandonné.. »

J'ai défié les consignes, mettant en danger un nombre incalculable de passagers. Et bien oui, je n'ai pas réfléchi tant cette petite valise jaune me semblait familière. La valise que préparait Alberte à son volage Albert lorsqu'il partait en formation à Marseille.

Le contenu n'avait aucunement les allures d'une Alberte, de mon Alberte. Je ne voyais pas Alberte mettre une perruque rousse, une telle audace me semblait impossible, ni se munir d'un vieux guide touristique car son tourisme se limitait à des allers-retours entre Coaraze où elle habitait et Remiremont d'où elle était native et où elle passait le plus clair de son temps à s'occuper d'une mère atrabilaire et peu reconnaissante.

Alberte, sous des airs et une surface arrondis, était plutôt d'un caractère anguleux. Les insatisfactions et remarques peu amènes de sa mère ne l'atteignaient pas, du moins pas en surface. Son Albert, un homme plutôt rustre, lui faisait des réflexions dont l'inélégance ne cessait de m'étonner. Tout cela avait forgé un tempérament d'acier inoxydable.

La suite du contenu de la petite valise jaune ; un paquet de chips ouvert, j'aurais penché pour une tarte aux pommes bien entamée, une boussole cassée mais pourquoi faire puisqu' Alberte, malgré les recommandations de son médecin, n'aimait pas marcher et réduisait son périmètre à un tour du pâté de maisons, coaraziennes ou romarimontaises. A moins que, dans un accès de froide colère, elle ait détruit celle de son Albert qui, trois quatre fois l'an, sillonnait les chemins d'Europe à bicyclette. C'est qu'il se maintenait en forme le sacripan ! A force de dire qu'il était vieux depuis ses quarante ans, maintenant qu'il en avait soixante quinze, il avait enterré plus d'un jeune copain.

Décidément cette valise regorgeait de rien et de petits n’importe quoi. Une valise pour se rendre nulle part, la petite valise jaune d'une petite vie sans aspérités, sauf une enveloppe rose pâlotte bien cachée dans le compartiment dévolu aux chaussettes. Et dans cette enveloppe barbe à papa, un ticket de tombola lisse et blanc barré d'un double trait bleu et écrit en gros caractères rouge GAGNANT. Un ticket de tombola cocardier affichant un air de grand vainqueur.

La voilà la clé du mystère ! Une valise désuète, plus qu'usagée, un contenu insignifiant, tout cela affirmait « Vous pouvez me jeter sans problème ». Alors qu'un trésor se nichait peut-être à l'intérieur d'une enveloppe rose sans épines. Un trésor capable de changer la vie sans faux plis mais sans relief d'une Alberte. Sa revanche à déguster sans ce goujat qu'elle n'avait cessé de bichonner… En apparence. Car Alberte arrivait toujours à ses fins…

 

Odile

 

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Rédigé par Odile

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Publié le 18 Juillet 2026

Par un jour ensoleillé, en plein juillet, lui, la vedette adulée, est devenu névrosé, paranoïaque, et j'en passe... Joby Nash, du haut de ses 35 ans, subit la pression qu'engendre la célébrité. Hier, il s'est levé et s'est rendu à son bar préféré, prendre son premier café, histoire de décomater. En y entrant, il salut Gino, le patron, et là, il aperçoit sur le comptoir, un guide touristique datant de 1994 et le prend.

- Tiens, dit-il, ça tombe pour le moins, à pic" !

Il commande son café et, Gino, le charriant un peu, lui lance, depuis le mètre qui les sépare, une boussole cassée. Joby la regarde et rit...

- Que veux-tu que j'en fasse ?

Et l'autre, répond...

- C'est ton état qu'elle reflète, pour sûr.

Job (pour les amis) soupire...

- C'est ma foi vrai : je ne sais plus où j'en suis. J'ai besoin de me mettre au vert pour y voir plus clair.

Soudain, son regard s'illumine et dit :

-J'ouvre le guide au pif et... je pars vers la destination qui y figure. Ensuite, je mets dans ma valise ma perruque rousse et mes lunettes noires que j'utilise toujours, lors de mes voyages, pour passer incognito.

Gino lui sourit en validant son idée avec son pouce levé.

- En voilà Une qu'elle est bonne ! s'exclame-t-il. Tiens, je t'offre un petit en-cas pour le voyage.

Il lui donne un paquet de chips qu'il s'empresse de goûter tant son projet l'a excité. En retournant chez lui, il s'arrête au tabac pour acheter, comme chaque semaine, un billet de tombola. Non qu'il en eu besoin, son art le rendant prospère. C'est plutôt un rituel qu'il maintient, bien après la disparition de son père avec lequel il jouait. Le lendemain, tout est prêt, y compris le paquet de chips entamé (au cas où). Il se rend à la Gare et là... il voit la Femme dont il a rêvé toute sa vie et qui, depuis qu'il est entré, lui sourit. Il enlève perruque et lunettes et cours vers elle. Heureux celui ou celle qui récupérera sa valise car, il s'y trouve, en bonus, un ticket de tombola gagnant. On peut se demander qui des deux chanceux se sent le plus heureux.

Olga

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Rédigé par Olga

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Publié le 16 Juillet 2026

 
Ce matin mon Maître est très affairé à me bourrer de ses objets de toilettes, sa boussole, sa carte touristique, et son ticket gagnant acheté au kiosque du coin.
Arrivés à l'aéroport parmi les bruits étouffés du hall, une voix de femme annonce le prochain vol pour Rome.
    • Je me dis :
Allez on y va, mais pendant vingt secondes rien ne se passe, mon Maître ne m'agrippe pas délicatement comme à son habitude. Je pense qu'il s'est absenté pour aller aux toilettes. Il va arriver bientôt
J'attends, je m'impatiente, toujours pas de Maître à l'horizon, cela n'est pas normal.
Soudain, j'entends une voix qui dit :
    • Que fais-tu là, triste valise abandonnée ?
Si je te laisse seule, ils vont t'éventrer, tu vas exploser comme une pastèque. Cela
serait dommage, tu es encore belle, tu peux accomplir encore de beaux voyages pour
y transporter des souvenirs qui rendent des gens heureux.
    • Alors dis-moi ?
Ton Maître qu' est-il pour t'abandonner de la sorte, au beau milieu de l'aéroport ?
    • Est-ce un hurluberlu ?
    • Oh non monsieur, il est sérieux, même trop, toujours dans ses pensées à
réfléchir
    • Que fait-il dans la vie ?
Je ne sais pas trop, on voyage souvent, mais c'est un homme qui prend soin de son
apparence. Il se regarde beaucoup dans la glace, il coiffe sa petite moustache, il est toujours très bien mis, même chic, costard cravate, élégant, brun, des yeux clairs, mince et très aimable. Mais avec un air condescendant. Il a beaucoup de charme. Il plaît aux jeunes femmes. Dans les hôtels où nous descendions, elles lui font des sourires en coin. J'ai remarqué aussi qu'il était très aimable avec les dames âgées
elle apprécient sa présence, elles semblent très joyeuses à leurs côtés.
    • Ah je vois, je vois, c'est ce que l'on appelle un «  libertin »,
Nous fréquentons tous les musées dans tous les pays du monde. Je suis toujours très près de lui, du moins pas très loin, car dans l'océan de mon habitacle, il garde précieusement sa boussole, ses gâteries qu'il grignote pendant tout le voyage, mais
aussi des objets techniques et numériques que je ne sais à quoi ça peut servir. Mais à y réfléchir de plus près, rarement peut-être jamais , il m'a oublié de cette façon, sans un mot.
    • a-t-il aperçu l'amour de sa vie ?
Je n'y crois pas trop
    • où il se cache de quelqu'un ?
Je n'en sais rien , je suis perplexe.
Maintenant que j'y repense, lors du voyage en la république du Kazakhstan, un jour
nous sommes partis en catastrophe de l'hôtel où nous résidions et sommes allés nous
cacher dans une kasba chez une dame pendant plusieurs jours. Il s'est alors vêtu en
femme avec une djellaba et mis une perruque rousse. Il avait l'allure des femmes
qui se produisent dans les cabarets. Cela m'a semblé très bizarre.
Les jours suivants, les choses ont changées. Après de nombreuses planques clandestines nous avons pris un avion privé, direction Paris.
    • Pourquoi vous alliez toujours visités les musées ?
    • Tu ne t'es jamais posé la question ?
Ben non ! c'est un espace d'exposition, il était attiré par les parures de diamants que
portaient les reines de divers pays, les pépites d'or exceptionnelles. Il jubilait de joie
en les regardant, ses yeux brillaient d'envie. Tous ces objets précieux changeaient son attitude
    • Ne serait-il pas un voleur de bijoux précieux ?
    • Ou bien cherche-t-il une pépite extraordinaire ?
Non ! Non ! Je ne pense pas, mais un jour au Brésil dans la montagne, il m'a laissé
plusieurs heures au milieu de rien dans la boue, il est revenu en sueur, sale, mais tout
joyeux, il souriait tout seul, il se frottait les mains, drôle de comportement.
Ce jour là, nous avons pris un tout petit avion, avec des longues ailes, où j'ai été
ballottée dans tous les sens, j'ai eu très peur ce jour-là, et nous avons atterri de nuit
dans un grand champs où une voiture nous attendait.
De ce jour là, il est méfiant, inquiet, il regarde toujours derrière lui. C'est peut-être
pour cela qu'il m'a plantée au beau milieu de l'aéroport.
 
Si ce que tu dis est vrai, je pense qu'il serait préférable que je t'emmène avec moi. Je regarderai tout au fond du sous-sol de ton habitacle pour y trouver une adresse où te déposer sans dégât
Oh ! Oui monsieur faisons cela, car je suis très attaché à mon Maître.
On a vécu tellement de choses ensemble, et j'espère qu'un jour dans mes entrailles, je transporterai une jolie pépite de cent vingt grammes.
    • Ah ! Mais alors tu l'as vu cette pépite ?
      Euh ! Euh ! Je sais pas
elle est en sa possession ? Donc c'est bien cela ton Maître est un «  gentleman cambrioleur »
Oui si tu veux ! mais, mais avec beaucoup de charme.
De ce point de vue, je vais te déposer dans ta nouvelle maison, «  la maison poulaga »
l'ancienne maison du marché aux poulets, là on va attendre que ton Maître vienne te
chercher, et sera heureux de te retrouver.
 
Arlette
 

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Rédigé par Arlette

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Publié le 16 Juillet 2026

 
Le texte du chroniqueur traduit sans doute un trouble de la rétine, daltonisme peut-être car offert à la lecture il est un peu confus on est d'accord. On peut espérer que ce chroniqueur s'améliorera!!!
 
Bref la valise verte est toujours là dans le hall de gare ; cela fait bien quelques heures déjà où on aura pu constater qu'elle n'est pas méchante mais paumée...tellement pas méchante qu'on l'aura baladée du quai A au quai C ou D mais là elle est retournée au quai A, toujours fidèle à elle-même, hermétique mais cabossée elle se pose bêtement sur le marbre blanc, ses roulettes bancales révulsées déviant ses trajets ; la pauvre est tournée retournée inspectée contournée renversée réajustée, une vraie vedette ! Car elle a son public qui grossissant de minute en minute flashe la dame à l'endroit à l'envers du-dessous au-dessus, de près comme de loin, en gros plan en très gros plan la serrure muette livre à l'intrus le trou noir de son intimité ; sera-ce un nouveau modèle posant sur le forum ? Un artiste inspiré lui brosse le portrait en mettant l'accent sur son teint un peu pâle et sa démarche chaloupée, depuis l'idée venant, un petit groupe d'Urban Sketch-ers ( oui ils sont partout ceux-là ) trouva le motif séduisant et accrocheur et se mit à graffer comme des malades et de point de vue en point de vue des compositions étonnamment bluffantes atterrissent sur le tapis enfin sur le sol et chacun y allant de son ressenti bla bla par ci bla-blatant par là une conclusion s'impose exprimée dans ces œuvres : la dame verte a un sourire énigmatique que nulle pensée obscure ne brouille ; la verte carrée en rigole du fond de sa serrure imprenable :
 
'' CALTEZ VOLAILLES IL N'Y A RIEN A VOIR !!! ''
 
qui du dessin retape à droite à gauche une écorchure, là un gnon pas joli joli, la voilà pimpante à nouveau la valise verte enrichie de bisous de la marque '' rouge baiser '', armée d'un appareillage or et argent et de roulettes aux yeux de rubis...sont fort quand même ces aquarellistes !!! 
le chroniqueur propulsé hors du temps vit là un moment précieux d'une poésie incomparable qu'il veut bien nous céder dans un élan généreux...
 
Plus tard curieux de l'aventure qu'il a partagée avec tant de protagonistes, le chroniqueur constate que :
 
la valise est toujours là mais posée sur une estrade, emmaillotée dans du papier de soie blanche sans être réellement devenue une œuvre d'art, elle est signée et datée par un collectif de performeurs qui
 
écrit en belle cursive élégante sur un carton en bristol :
 
'' CECI EST L'INTERIEUR QUE JE NE CONNAIS PAS ''
 
Marie-Thérèse
 
 

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Rédigé par Marie-Thérèse

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Publié le 14 Juillet 2026

 
Le hall des arrivées de l’aéroport Nice-Côte d’Azur grouillait de voyageurs volubiles. J’étais plantée là, une pancarte à la main, missionnée par Sophie, ma meilleure amie, pour accueillir sa famille venue pour le mariage. La cérémonie avait lieu dans trois jours.
Tout était prêt. Enfin, je le croyais. Soudain, une voix nasillarde s’est élevée des haut-parleurs, annonçant un retard de quarante cinq minutes. Un soupir collectif ambiant et grondant a traversé le foule en attente.
Lasse d’attendre debout, j’ai balayé le terminal du regard pour dénicher une place assise.
 
C’est en me dirigeant vers un banc métallique que mes yeux ont buté sur elle ; une valise d’un vert pomme électrique, aux roulettes bleutées. Mon cœur a raté un battement. Je l’aurais reconnue entre mille ce bagage, c’était mon cadeau d’anniversaire pour Sophie. Un modèle unique, crée et peint à la main par un ami commun, dont l’esthétique si originale avait été brevetée.
Je me suis approchée, le ventre noué tel un cordage marin. L’objet était là, abandonné et entrouvert au pied du siège. Pas de Maxime, le fiancé, aux alentours. Prise d’un pressentiment terrible, j’ai actionné la fermeture éclair. Ce que j’ai trouvé à l’intérieur tenait du délire.
 
D’abord la perruque rousse, flamme de folie qu’il portait hier au soir pour son enterrement de vie de garçon. Juste à côté un maxi paquet de chips ouvert à moitié écrasé, et une boussole cassée dont l’aiguille affolée tournait dans le vide. Plus étrange encore : un vieux guide touristique de 1994 consacré au Pérou, alors qu’ils devaient s’envoler pour le bleu lagon de l’Île Maurice.
Enfin jeté au fond comme un défi, le coup de grâce : un ticket de loto déchiré en deux.
 
Je l’ai pris dans la main, les doigts tremblants. Ce ticket correspondait à la cagnotte historique de dix-huit millions d’euros décroché par un joueur des Alpes Maritimes. Nice Matin le journal local avait précisé que le gagnant désirait garder l’anonymat.
Le puzzle s’est assemblé dans ma tête avec une clarté effrayante. Maxime n’avait jamais voulu de ce mariage. Cette nuit, sous les vapeurs de l’alcool, il avait compris qu’il étouffait dans sa cage dorée. La boussole cassée était le miroir de son âme, il avait perdu le nord mais trouvé la liberté.
Le chèque de la Française des Jeux avait fait le reste.
 
Plutôt que d’affronter les larmes de sa future, il avait choisi la fuite, rapide comme l’éclair. Il avait emprunté la valise brevetée de leur lune de miel, et y avait jeté ses derniers vestiges de fiancé.
Il avait acheté un vol simple destination Lima ou autre lieu déniché dans ce vieux guide aux pages cornées.
Je découvrais, anéantie, qu’il avait eu la bassesse de laisser ce bagage en vue, avec l’étiquette libellée au nom de Sophie.
 
Mon portable s’est mis à vibrer dans mon sac, pareil à un insecte furieux. L’écran affichait le visage radieux de cette amie si chère à mon cœur. J’ai regardé la valise abandonnée puis le ticket déchiré.
Comment allais-je lui annoncer que son futur mari venait de troquer son alliance contre dix-huit millions d’euros et un billet vers le bout du monde ?
 
Josiane
 
 

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Rédigé par Josiane

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Publié le 14 Juillet 2026

 
Quel voyage en Ecosse avec mon amie Madeleine, fantastique, un pays échappé à la guerre, tellement atypique !
Cette escapade en bus avec un chauffeur à l'accent anglais à couper au couteau, le reste du périple jusqu'au Loch Ness, qui devait faire sa sieste.
A l'aéroport de Nice, nous revenons les yeux pleins de souvenirs.
En passant devant le tapis roulant chargé de bagages, nous apercevons un petit homme trépignant d'un pied sur l'autre, les yeux fixés sur un défilé de valises.
Puis, une petite valise verte arrive devant lui, puis s'en va sur le tapis et revient dix minutes après presque toute seule.
A sa vue le petit homme porte sa main gauche à son cœur.
-Regarde, dis-je à mon amie, il se passe quelque chose, ça fait deux fois qu'à la vue de cette valise, il se comporte bizarrement, allons voir.   
-Attend c'est peut-être un psychopathe qui fait une fixation sur 'le vert'.
-Bonjour monsieur, vous ne prenez pas cette jolie valise, elle reste seule, saisissez là, apparemment elle vous fascine.
A ce moment arrive un responsable de la sécurité à qui nous expliquons la situation.
Le petit personnage se calme et nous suit dans le bureau des contrôles de sécurité, la valise à la main.
Sans ménagement, l'employé ouvre la serrure qui ne résiste pas. 
-Êtes-vous propriétaire de ce bagage ? lui demande-t-on.
Soudain, sortant de son indolence, ce dernier prend un brin d'autorité et s'exclame que sa sœur vient de mourir.
-Elle s'est envolée un soir de pleine lune... Puis-je récupérer ses souvenirs ?
Prenant la perruque rousse, il sourit se la mettant sur la tête, les chips le laissent indifférent, mais le ticket de tombola du 'signe du lion', le fait rugir, mimant l'animal.
-Que faites-vous dans la vie ? lui demande l'agent de sécurité aéroportuaire.
-Je suis au chômage, mais maintenant, ma sœur n'étant plus de ce monde, je peux encaisser le ticket de tombola, n'est-ce pas ?
Après recherches, confirmation de l'identité et de l'achat du ticket auprès des autorités compétentes, ce singulier petit homme peut enfin toucher ce bonheur qui lui brûle les doigts.
Mais, la joie sera éphémère, un coup de vent ravageur, en sortant à l'air frais, l'esprit de sa sœur peut être !
Allez savoir....
 
Dominique 
 

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Rédigé par Dominique

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Publié le 14 Juillet 2026

 
Voyageur de l’inconnu, d’où viens-tu ? Où vas-tu ? Ta boussole est cassée !
Admirateur silencieux ? Alien curieux ? Atlante égaré ?
Libre de ton destin ? Défait de tes chaines corporelles, tu veux explorer les mondes ?
Intrigué, imposteur, internaute touristique, qui es-tu ?
Sincère, sensible ou simulateur, coiffé de ta perruque rousse ?
Explores-tu nos espaces ? Espionnes-tu ? Ta carte te guide-t-elle ?
 
Visiteur du temps et de l’espace, trouves-tu la Vérité ?
Eclaire le brouillard, la tradition te guidera peut être ?
Retrouve l’enfant roi qui est en toi, qui que tu sois, celui qui n’a cure des chips.
Transmets, encore et encore ce que tu vois, ce que tu vis.
Exit, la peur, la jalousie. Ton ticket de tombola ne te sert à rien dans mon idéal.

 
Béatrice

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Rédigé par Béatrice

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Publié le 12 Juillet 2026

 
 
 
UNE VALISE VERTE
 
 
Une valise verte
posée là sur ses roulettes
banale et carrée en plastique blindé
nargue le marbre blanc
et valse dans les regards atones
qu’une foule indiffère
l'étrangère du hall de gare
se ballade sans casque et sans poil
signifiant
dans l’œil obsédé du monde
inquiétance et suspicion
foule bigarrée
aux accents indécis
à la merci des rumeurs
Une valise verte
énigmatique sur ses roulettes
concentre
centripète
aimantée
le tour du monde égaré
dans l'ondoiement musical du brouhaha
où s'enfuit s'échappe un air
de valise verte
hermétique
 
Marie-Thérèse
 
 

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Rédigé par Marie-Thérèse

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