Publié le 7 Février 2026

"Illustration générée par IA pour Un Atelier d'écriture à Nice"

Atelier :
Introspection
 
Sujets au choix :
- Le jour où les miroirs ont arrêté de mentir :
Conte sur l’acceptation de soi. Rédigez une histoire qui vous amène à regarder vos ‘‘défauts’’ d’un autre œil ou ceux d’un personnage si vous préférez.
 
- La lettre d’amour
Rédiger une lettre d’amour à soi-même en tant que femme.
 
- Dialogue avec ses corps intérieurs
Imaginez une conversation entre différentes versions de vous-même à différents âges (la petite fille de 7 ans, l'adolescente de 15 ans, la femme de 30 ans, etc.). Que se disent-elles ? Quels conseils, quels avertissements, quelles tendresses s'échangent-elles ? Quel regard portent les plus jeunes sur la femme que vous êtes devenue ?
 
- Inventaire des libérations intimes
Complétez ces phrases :
  • "Je me sens libre quand je..."
  • "Je me sens enfermée quand je..."
  • "Un plaisir que je me suis réapproprié :"
  • "Une peur que je suis en train d'apprivoiser :"
  • "Ce dont je ne veux plus m'excuser :"

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 7 Février 2026

Chère toi d'hier et d'aujourd'hui,

Ai-je du mal à accepter le dernier étage de la fusée, celui qui me rapproche des étoiles ou de l'enfer ou peut-être de rien. Quelques grains de poussière qui seront chassés par le balai vigoureux de la ménagère de moins de cinquante ans. Ou plus réjouissant, voleront au-dessus de la Méditerranée, migreront vers d'autres continents. Une poussière voyageuse dansant sur tous les paysages et toutes les saisons du monde.
Eh bien oui, je regimbe à embarquer dans ce vaisseau spartiate.

D'écrire cela rend joyeuse ma mélancolie nouvelle qui s'installe dans une désagréable chronicité.
Je me sens libre sur cette page blanche de dire que j'ai six ans, que je suis cette petite sauvageonne dépeignée, marchant pieds nus sur le sable brûlant des étés. Quelques règles parentales émaillent un espace d'une infinie liberté .
A peine exploré, me voilà enfermée dans ce corps de quinze ans. Les bourgeons se sont transformés en fruits trop vite trop mûrs. Trop de hanches, trop de poitrine, trop de fesses, trop de mots blessants pour un âge fragile, trop de baisers attendus, volés, mal donnés, repris aussitôt, laissant dans la bouche le goût d'une jeune amertume.
C'est encore moi à trente cinq ans, décidée à désencombrer le grenier de tant de trop. Le grand saut. Je plonge dans mes abysses, la peur au ventre de découvrir la laideur absolu de mon être.

Tout chez moi est excessif mais n'agresse qu'une personne, moi.
La chrysalide a travaillé avec acharnement pour devenir joyeux papillon. Et cette femme plaît, déplaît, autant qu'elle me plaît et me déplaît.

Je n'arrive pas à 60 ans à stabiliser le poids des indulgences qu'un dieu quelconque m'accorderait mais que je ne m'accorde pas.
Malgré tout, je cultive la légèreté car la légèreté ne me semble jamais superficielle. Je la vis comme un pied de nez lucide aux mesquineries du monde.
Il n'y a pas eu d'entracte avant d'entamer l’hémisphère nord, la deuxième partie de ma vie.
Déjà ? Déjà !

Je ne veux pas me sentir prisonnière d'un âge fait d'injonctions de ce qu'il convient justement de faire à cet âge. Je choisis de me balader entre tous les étages de la fusée. J'ai 6 ans, 15 ans, 35 ans, 50 ans, 60, 70.
5, 4, 3, 2 ,1, 0. STOP

Je ne suis pas pressée de décoller vers un mystère qui me dépasse. Des énigmes, des secrets, des ombres et des lumières, la terre en regorge. Ma quête illimitée de l'ici-bas n'est pas assouvie. Bouh la vilaine vieille !
Quant à m'aimer, c'est une autre histoire.

 

Odile

 

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Rédigé par Odile

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Publié le 7 Février 2026

 
Elle est dans son lit, toute ensommeillée. Ses longs cheveux blanc, ondulés, éparpillés sur l'oreiller, sa joue posée dans le creux douillé est marquée par des sillons de rides qui racontent sa vie.
Sa tête tournée vers la lumière du jour, Rose, ouvre lentement un œil, un craquement léger du parquet, la réveille pour de bon.
Elle s'étire lentement le dos, fait quelques mouvements, afin de remettre sa machine si précieuse en bon état de marche.
Elle se dit :
- Quel jour sommes-nous ? Le cinq Février, oh ! Mais c'est mon anniversaire, j'ai 90 ans aujourd'hui, un instant rêveuse, s'assoit au bord du lit, regarde vers la fenêtre. Il fait très beau, j'ai de la chance, avec mes amies, nous allons fêter ce jour. Le champagne va pétiller.
 
Elle fait deux pas, cherche ses chaussons au pied de son lit, elle s'apprête à sortir de
la chambre, jette un regard sur le miroir posé là, dans un coin de la pièce. Il trône de toute sa longueur fier de refléter, la beauté, les défauts, l'extravagance et aussi la laideur…
Elle s'approche du miroir, et là, sa silhouette lui apparaît comme si elle regardait une
étrangère. Cligne des yeux, en espérant qu'elle ne soit pas encore réveillée
Mais non !

- C'est bien moi, se dit-elle ? Je reconnais le grain de beauté posé là, à côté de ma lèvre !!

Son regard se pose alors sur ses formes, elle est sidérée, de voir qu'elle a rétréci,
- J'étais plus grande que cela ! se dit-elle. Et plus mince !
Sa silhouette déformée par l'usure du temps a perdu toute l'élégance qu'elle avait en elle. Elle essaie de se grandir, dans cette image, en se mettant sur la pointe des pieds, perd un peu l'équilibre.
- Ouf ! C'est difficile
Son regard un peu désorienté, tique sur ses paupières tombantes.
Oh ! Mon dieu où sont passés mes grands yeux...
Elle caresse du bout de ses doigts, les rides au coin de l’œil, dévisage, inspecte chaque centimètre de ses joues qui furent un jour rondes et roses, Elle parcourt l'image de cette jeune femme, belle qui en devenait presque insolente.
Une jeune femme, grande mince, les traits fins, joli sourire, un regard de braise, à faire tomber tous ces messieurs qui l' ont croisée.
Elle, si sûre de sa beauté, ne semblait même pas les voir, élégante jusqu'au bout des doigts, avec sa démarche nonchalante, une liberté rafraîchissante, elle remuait toute la gente masculine lors des réunions ou galas dans le milieu financier.
Aujourd'hui, arrivée au bout de sa longue route, un chemin lourd de responsabilités, des coups d'amour et de déceptions, de joies et de peines, elle découvre sa vraie nature et ses défauts avec tendresse, dans ce miroir, vieux, très vieux lui aussi, qui par vengeance lui impose le reflet de cette beauté éteinte.
Les défauts s'alignent par ci par là devant ses yeux qui ont perdu leur éclat, mais dans ce regard un peu triste et plein de sagesse, elle est heureuse d'avoir pu accomplir son rôle de femme, mère et grand-mère, mais pas comme elle aurait voulu..
Peut-être , un jour dans une autre vie...
 
  • Oh Rose, belle et sensuelle
  • court éclate ta vie
  • tes défauts et tes maux te rattraperont
  • Alors profite de ce temps doux et éphémère
 
 
Arlette
 
 

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Rédigé par Arlette

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Publié le 6 Février 2026

Nice, atelier d’écriture AnimaNice Pasteur,
 
                                                     le 3 février 2026
 
 
 
Cher moi,
 
 
Aujourd’hui, j’ai décidé de t’écrire pour te dire que je t’aime.
Je t’aime pour tes qualités que notre modestie naturelle m’empêche de nommer, je t’aime pour tous tes défauts que notre pudeur naturelle m’empêche d’exhiber.
 
Je ne te ferai pas une très longue lettre, tu le sais, je n’aime pas me dévoiler. Plutôt embêtant quand on s’écrit à soi-même une lettre d’amour !
Ce que je peux te dire, c’est que je suis heureuse d’être toi, j’aime ce que tu es, et je te remercie pour la vie que tu m’offres.
Je remercie la petite fille que tu as été, qui a gagné deux grosses batailles : la maladie et la timidité, tout aussi maladive.
Je remercie l’adolescente rêveuse et romantique que tu as été et qui, je crois, a su réaliser ses rêves les plus secrets et s’ouvrir à la poésie des choses, des mots, des gens.
Je remercie la jeune femme que tu as été, un peu en vrac, mais qui a su se construire peu à peu, bousculant toutes ses barrières intimes.
 
Aujourd’hui, au seuil de la vieillesse, je ne peux que t’aimer, toi et toutes celles que tu as été. Vous m’avez amenée jusqu’à moi.
 
Je vous embrasse tendrement,
 
Mado
 
 

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Rédigé par Mado

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Publié le 6 Février 2026

Il était une fois une fée du logis qui n’en était pas vraiment une. Incapable de tenir sa maison propre et bien rangée, comme l’imposaient les injonctions de la société, de sa mère, de sa belle-mère, femmes admirables au demeurant, elle s’énervait dès qu’elle touchait au chiffon à poussière ou au balai. Ce ménage, une horreur sans cesse renouvelée, elle le vivait comme une contrainte insupportable, comme la preuve qu’elle devait fournir au monde pour mériter le label : « Maîtresse de maison accomplie », label définitivement, irrémédiablement, hors d’atteinte pour elle. Épuisée par ce combat inutile, elle culpabilisait, se détestait pour tant d’incompétence.
Elle maniait plumeau, aspirateur avec la rage au cœur, les larmes au bord des cils, cassait toujours quelque bibelot avec ses gestes brusques et désordonnés. Quand elle voyait les appartements de ses amies, toujours frais, impeccables, bien rangés, quand elle écoutait leurs conversations de femmes d’intérieur irréprochables, la honte s’ajoutait à la culpabilité.
 
Jusqu’au jour où, au beau milieu de l’époussetage brouillon d’un buffet, les nerfs en tension paroxystique, elle cria : STOP ! Elle posa son chiffon, sa rage et ses fesses sur le canapé, réfléchit, essaya de nommer ce qui la mettait dans cet état. De ses réflexions émergea ce constat :
- elle a compris que l’injonction de rentrer dans la norme lui pesait. La norme, pas assez large pour elle, la serrait trop fort.
- elle a compris qu’il fallait faire les choses pour soi d’abord, pas pour le regard des autres, pas pour être « comme il faut », ou autres fadaises du même acabit.
- elle a compris qu’elle vivait ces heures de ménage comme une perte de temps, volée aux bonheurs du monde.
- elle a compris que ce qui l’intéressait, c’est créer, construire, apprendre, connaître, s’émerveiller, tout ce que ce ménage stérile ne pouvait lui apporter.
- elle a compris qu’elle avait besoin de vagabondage, de merveilleux, d’absolu.
- elle a compris qu’elle pouvait s’accepter et s’aimer imparfaite.
 
Depuis, curieusement, sa maison est beaucoup mieux tenue. Elle n’a plus rien à prouver, gère son intérieur à sa manière, son désordre chaleureux comme un cocon plein d’amour pour les objets qui l’entourent. Elle ne sera jamais une fée du logis accomplie, elle le sait. Mais qu’importe ! Elle aime sa maison telle qu’elle est, vivante, profuse. Elle aime la femme qu’elle est devenue, affranchies des injonctions et du qu’en-dira-ton. Désormais, la honte et la culpabilité ne l’habitent plus. Légère, sereine, bienveillante avec son balai, son chiffon et celle qu’elle a été, elle sourit à son merveilleux bric-à-brac.
 
Mado

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Rédigé par Mado

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Publié le 6 Février 2026

 
interaction entre Florise et ses corps intérieurs
 
Non Florise ne va pas s' étendre sur elle-même car elle a déjà son journal intime qui lui adresse la parole et l' attend !
 
Depuis ces temps d' introspection elle a compris, la concernant, elle a compris qu' un protocole journalier de méditation en quelque sorte devait s' installer afin d' accéder directement à ses organes internes.
 
ENTRER EN RESPIRATION
 ! Tout simplement !
 
Et c' est ainsi qu' elle entre en elle pour inspecter les souffles qui la traversent de part en part du dehors vers le dedans et du dedans vers le dehors. Dans le processus de la respiration elle atteint progressivement ses limites et négocie par comptages divers les poses d' inspir...d' apnée...d' expir sur des temps définis à l' avance et ainsi s' amuse à taquiner ses réflexes, ses peurs, ses absences dans la recherche et la maîtrise d' un bon souffle.
donc la découverte de ses amplitudes ventrale, intercostale et claviculaire lui suggèrent une adaptation sur mesure d' un protocole
 
_ Elle fait le point sur cette introspection
_ des résultats s' ensuivent sur le plan mental, nerveux, physiologique
 
et conclut :
 
_ ce dialogue avec mes corps intérieurs me fait bailler aux larmes à plusieurs reprises
_ de bien-être
_ ces investigations sont rassurantes
_ je me sens fraîche et alerte, ouverte au monde tout en restant moi-même
_ j' y retournerai demain
 
Marie-Thérèse
 
 

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Rédigé par Marie-Thérèse

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Publié le 5 Février 2026

Attablé à la terrasse d’un café, les yeux mi-clos et le corps réchauffé par la tiédeur d’un soleil d’automne, Benvenuto se nourrissait de toutes les belles images qui, en défilant dans sa tête, lui offraient l’espérance d’un avenir prometteur.

Sa mère l’avait abandonné à la naissance. On pourrait dire qu’elle l’avait fabriqué, pour avoir été fécondée, malgré elle, par quelques géniteurs de passage. Elle avait poussé le cynisme jusqu’à lui donner le prénom de « Benvenuto » avant de le confier aux services sociaux de sa ville. Les fausses larmes d’une mère éplorée la délivrèrent d’un fardeau qui aurait contrarié sa conception d’une vie vouée au plaisir. Ses talents de comédienne, après avoir berné les assistantes sociales, lui avaient permis de se faufiler dans les cercles restreints du cinéma. Mais les quelques essais qu’on lui fit passer confirmèrent vite que son seul talent était sa beauté. Pas suffisant pour faire carrière... Par contre le monde de la nuit lui ouvrit les bras...Et le reste.

Benvenuto ne savait rien de sa mère biologique. C’était, d’ailleurs, le dernier de ses soucis. Son parcours scolaire était ponctué d’échecs. Il commença à travailler dés l’age de seize ans, ce qui lui permit de gagner un peu d’argent. Deux ans plus tard, il prit congé de sa famille d’accueil et décida de voler de ses propres ailes. Un maigre pécule en poche mais un grand sourire aux lèvres. Il avait une grande confiance en lui... Il savait déjà où poser ses pénates.

Il ne savait pas faire grand-chose de ses dix doigts mais il a toujours su se regarder dans un miroir. Ensuite il apprit à se regarder dans les yeux des filles et ce qu’il y vit le conforta dans ses projets. Il vivra des femmes. Il était beau ! Grand, charpenté, une tignasse faussement mal peignée et des yeux bleus ou verts selon ses émotions du moment. Son regard agressait toutes celles qui y laissaient traîner imprudemment leurs prunelles. C’était un prédateur, mais il respectait le rang social des dames qui pouvaient lui apporter une bienveillante protection en échange de sa jeunesse. C’est vrai qu’il dégageait une certaine aura décorative qui plaisait bien à ces dames lorsqu’il les avait à son bras.

Tout se déroulait le mieux du monde. Sa préoccupation première était de bien gérer ses rendez-vous de façon à ne pas faire d’impair et de bien choisir les endroits de rencontre pour ne pas se trouver avec deux bienfaitrices en même temps et au même endroit. Un jour, une situation qu’il n’avait pas encore abordée vint lui chatouiller les neurones. La lettre d’un notaire lui fit part du décès d’une de ses nombreuses amies. Celle-ci, morte subitement, l’avait couché sur son testament, à défaut maintenant, de le faire dans son lit. La générosité du legs était telle qu’il en oublia de verser quelques larmes hypocrites sensées donner l’apparence d’un chagrin de bon aloi. Mais, dés les funérailles terminées, Benvenuto réfléchit à une nouvelle stratégie. Cela s’imposait !

Bien cibler celles qui seront ses bienfaitrices d’un certain âge. Plaire et se rendre indispensable. Leur procurer toutes sortes de bonheur et les accompagner dans leur cadre de vie. S’intéresser à leurs affaires, les conseiller, et surtout obtenir une procuration pour les soulager de leurs problèmes administratifs. Ne pas oublier de pleurer sur sa situation matérielle, lui un si jeune garçon perdu dans la jungle des malfaisants. L’aider à trouver une solution pour lui garantir une situation digne de l’affection qu’il lui porte. Et, si possible, pas trop tard. Bien faire sentir à l’intéressée les turpitudes malsaines d’une existence trop longue pour en profiter pleinement. Qu’il fallait être réaliste et échapper à la dégénérescence du corps pour laisser à ses amis l’image resplendissante de la femme qu’elle a été. Et si, malgré ces bons conseils elle s’accrochait à une existence sans saveur, ne pas hésiter à aider la dure loi de la nature.

C’était dit ! Benvenuto ne reculerait devant rien pour assouvir ses désirs.

Certains soirs il s’accordait une permission et allait fréquenter des lieux de perdition qui le changeaient des salons de thé et autres où il accompagnait ses tiroirs caisses. Il faisait attention de ne pas les faire tomber tant que les documents qu’il couvait n’étaient pas signés. Ces boites de nuit surchargées de jeunesse ne convenaient pas à des bourgeoises aux pas hésitants. Lui, aimait ces boites qui recevaient les gens du spectacle après leurs prestations. C’était un mélange de caricatures faisant côtoyer, à l’instant présent, artistes, musiciens et prostitués dans un même magma noyé dans des fumées plus ou moins odorantes. Les mots s’envolaient et les lettres qui les composaient allaient de l’un à l’autre pour donner naissance à des langages du monde entier. Le tout dans un tintamarre assourdissant.

En se frayant un passage il arriva à se glisser jusqu’au bar. Il commanda une vodka et, le verre à la main, se tourna vers la salle. Toutes les tables étaient pleines. Certains festoyeurs s’en servaient comme fauteuil. Les convenances n’avaient pas prise dans cette ambiance de Carnaval. Il remarqua une femme qui le regardait avec insistance. Cela ne le dérangea pas, d’autant plus que cette femme paraissait fatiguée, par l’âge et surtout par l’alcool qui semblait l’imprégner depuis un bon moment. Elle vint à lui. Il la regarda s’approcher avec curiosité.

- Bonsoir jeune et beau garçon, quel âge avez-vous ?

- Ne vous inquiétez pas, j’ai l’âge de boire de l’alcool sans ma nourrice... J’ai 20 ans.

- 20 ans… Savez vous que j’ai un fils, qui doit certainement vous ressembler, et que je ne connais pas. Votre mère, on le voit, a fait de vous un beau jeune homme. Elle a beaucoup,de chance de vous avoir.

- Ma mère ? Bonne question. Mais pourquoi m’interrogez vous ? Elle est partout et nulle part. Je ne l’ai jamais connue et je m’en passe très bien.

- Elle a peut-être mon âge ?

- Qu’importe ! Je vais finir mon verre et vous laisser terminer votre soirée. Vous n’êtes pas mon genre et de ce fait vous n’entrez pas dans le cadre de mon tableau de chasse. Pas assez chic ! Désolé ! Pas assez vieille, non plus, et certainement fauchée comme les blés. Tchao !

Elle le regarda partir et les larmes tracèrent des sillons sur ses joues. Ne le quittant pas des yeux, elle se dit qu’elle aurait pu, au moins, lui demander son prénom. S’il n’était pas si jeune, elle l’aurait entrepris. Mais les souvenirs que sa présence avait déclenchés étaient trop entachés de remord pour oser entreprendre quoi que ce soit.

- Allons ! Fermons les yeux, oublions cette belle image cruelle, et revenons à nos affres habituels. Ce ne sont pas les pigeons qui manquent. Je vais reluquer dans la masse, en choisir un, encore en bon état, et essayer de gagner ma vie. L’instinct maternel s’est manifesté mais…

Qu’es-tu devenu mon petit ? Benvenuto chéri ! Reviens...

 

Fernand

 

 

 

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Rédigé par Fernand

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Publié le 5 Février 2026

 
J’aime comme je suis. Je suis comme j’aime.
Je vis et je m’aime.
 
Tu le dis à qui veut l’entendre. Tu l’entends quand on te le dit.
Tu me le dis quand je ne t’entends plus.
 
Elle se regarde dans la glace. Le miroir lui renvoie son regard.
Il suffit de regarder pour se voir.

Nous sommes belles sur notre image. Notre contour se reflète dans le tain.
Chaque copie nous dessine tout autour, bel et bien.
 
Vous voyez vos lèvres parler au psyché. Votre dire embrase vos mots.
Une voix forte courre sur votre bouche.
 
Elles ont fini de s’incliner sur des baiser violés.
Maintenant elles se penchent sur leur liberté.
Du tableau en réciproque, la vitre se brise, le cadre est d’avenir.
 
Dany-L
 

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Rédigé par Dany-L

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Publié le 5 Février 2026

 
JUDITH se prélassait dans son canapé, une tasse de café à portée de main et un livre ouvert. Ah, j’oubliais Lucky son chien à ses pieds.
Voilà la situation habituelle d'une personne tranquille sans obligation particulière.... excepté une introspection  nécessaire parfois, faire le vide dans sa tête, se souvenir des bons et mauvais moments de sa vie.
Que n'a-t-elle pas fait étant petite pour que sa mère l'empêche de voir les cousines de son âge, JUDITH acceptait, forcée par l'autorité maternelle, elle était obéissante, heureusement Béatrice sa copine du bout de la rue était là.
Une petite revanche sur le passé, à l'âge de dix huit ans, lui permet de se faire des amis, une renaissance spirituelle, amicale lui fit voir un autre idéal et un métier à la hauteur de ses capacités dans un salon de coiffure d'un grand hôtel de la Croisette durant dix ans.
Des défauts, certainement, comme tout le monde, sans être hypocrite sûrement un ou deux....
Parfois, beaucoup plus tard dans la vie, JUDITH aidée par un atelier d'écriture sur le thème 'flash back personnel', nécessaire, évident pour comprendre la capacité avec laquelle cette femme a encaissé beaucoup de coups durs que la vie lui a réservés.
Croire en un avenir meilleur, se contenter de peu, être responsable de ses agissements et parfois se dire que "je me sens libre quand je peins", ses pinceaux, ses amis fidèles, l'espace d'un instant de sa vie en couleur.   
Écrire évidemment, penchée sur sa feuille de papier, le stylo du bout des doigts et des idées qui viennent à la pelle, JUDITH aura-t-elle le temps de tout écrire, faire vite pour ne rien oublier de sa vie passée....
Nouvellement le bonheur infini de voir les enfants de son fils, de jolies petites-filles, revenues d'un pays lointain.
Mais cette femme se sentira toujours enfermée  dans une spirale infernale d'incertitudes douloureuses.    
Relativisons, les larmes intérieures ne se voient pas et ne portent pas à des compassions trop intrusives.
JUDITH est indépendante, volontaire, la solitude intérieure, son chien câlin, une musique douce, toujours un stylo et un petit carnet prêts à être mis à contribution au cas où une autre idée lumineuse se révèlerait.
 
Dominique
 

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Rédigé par Dominique

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Publié le 5 Février 2026

Je suis l’épée, j’appartiens à un preux chevalier.
Un chevalier changeant d’armure,  de chevelure, d’allure, avec rapidité et une certaine démesure.
Je suis l’épée.
Je sers un chevalier qui n’a jamais failli, quelque soient les combats, les lieux de bataille, les ennemis.
Parfois j’affronte une armée entière, rangée face à moi sur un sol doux et feutré.
Parfois, accrochée au poing de mon chevalier, je dévale en trombe des obstacles insensés, des escaliers démesurés, fuyant les pièges tendus par des créatures géantes, vociférantes.

Je suis l’épée, toujours au bras de mon maître courageux jusqu’à ce jour…
Je menais grand combat dans une forêt d’arbre verts et longilignes.
Face à moi, un adversaire redoutable; cachés dans cette immense forêt serrée, d’autres combattants surgissaient sans crier gare; mon maître et moi aux aguets, faisions des voltes face saccadées… et je suis tombée… j’ai disparu dans un sol humide, gras et verdoyant…et j’ai laissé mon chevalier désarmé.

J’ai entendu des exclamations:
» Stop, j’ai perdu l’épée ! Non stop, c’est pas du jeu ! »
Mais qui parle de jeu ? Et qui parle ? Certainement pas mon chevalier !
Je voudrais être avec lui, le protéger contre les dangers incessants.
Lui et moi nous sommes invincibles, lui sans moi, moi sans lui, nous voilà fragiles, en sursis.
Alors qui parle de jeu ?
Quelle est cette voix enfantine que j’entends à nouveau ?
« Mémé, mémé, j’ai perdu l’épée de mon bonhomme Playmobil ! Aide-moi mémé s’il te plaît ! »
Mais c’est quoi ce bazar ?
Bonhomme Playmobil ? C’est le nom que cette voix donne à mon chevalier ?
Que dit-il d’ailleurs mon maître ? Je ne l’entends pas s’offusquer ? Peut-être est-il blessé  ?
Je distingue une autre voix, je ne vois rien, perdue dans l’enchevêtrement de cette végétation dense.
C’est une voix de femme:
« On va la retrouver ton épée mon chéri » Non mais ça va pas !
Pour qui elle se prend pour parler de cette façon aussi familière et protectrice à mon chevalier ?
« Merci mémé «
Revoilà la voix enfantine, c’est à n’y rien comprendre !

Je sens le sol qui vibre, je sens la végétation qui s’agite, qui s’écarte, qui se referme, les vibrations augmentent autour de moi, est-ce que je vais disparaître ensevelie dans un tremblement de terre ?

« Saint Antoine de Padoue, vous qui faites trouver tout… vé qu’elle est là ton épée ! »
Me voilà attrapée, portée soudainement haut dans le ciel, je passe dans des mains d’enfant géant, et je retrouve mon chevalier !
Les mains géantes sont expertes et dans un mouvement sec et précis, me redonnent la place au poing que je n’aurais jamais dû quitter !
J’entends des cris de joie, des rires, des « merci « , puis « allez on recommence ! »

Je suis l’épée, j’ai retrouvé mon chevalier, lui et moi invincibles, déchaînés contre des cibles.
Je suis l’épée et dans ce combat forcené, pour la première fois je distingue des voix enfantines qui commentent, émerveillées, les prouesses de ma lame redoutable.

Eliane

 

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Rédigé par Eliane

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