Publié le 14 Octobre 2026
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Un atelier d'écriture, des thèmes variés, les textes des membres de l'atelier.
Publié le 14 Octobre 2026
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Publié le 14 Octobre 2026
La bienveillance est essentielle à l'amitié, me semble-t-il. Peut-on imaginer un ami malveillant, jaloux, ou je ne sais quel autre penchant peu sympathique ? La définition même du mot ami c'est précisément le contraire et le terme pour définir cette mauvais personne, qui n'est sûrement pas un ami, serait, pour employer une locution savoureusement niçoise, une belle ronce ! Ce que ne sont pas mes amis, vous vous en doutez ! Leur présence vivifiante m'est indispensable, comme des balises vigilantes qui me guident quand je perds le cap.
Pourtant, j'aime la solitude. Je savoure les grands moments tranquilles, je les déguste, me les approprie comme de précieux trésors. Je pense que mes camarades en font autant. On a tous besoin de ces espaces où l'essence des choses, subtile, apaisante, profonde, se laisse effleurer du bout de l'âme.
Plaisir délicat de ces instants volés aux mouvements trop agités de la vie. C'est comme une méditation qui s'invite dans le chaos, un lieu secret où le corps, le cœur, l'esprit s'unifient. Ça abolit la migraine provoquée par trop de discours oiseux, ça abolit les inévitables soucis du quotidien, ça apporte des sujets pour animer cet atelier, ça apporte le partage.
Blottie dans mon canapé, une tasse de café fumante à portée de main, je laisse la réflexion partir en école buissonnière dans un silence complice. Et la pensée se promène, furète, explore les coins et recoins du monde et de mon univers foutraque, tout emberlificoté de bric, de broc et de bordel, jusqu'à ce qu'elle trouve le Saint-Graal : l'Idée !
Mado
Publié le 14 Octobre 2026
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Crédit photo MC.
Puis, en utilisant ces réponses, écrivez un extrait du journal intime de la fleur séchée.
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Publié le 14 Octobre 2026
Je suis née et j’ai grandi dans un pré des Alpes de Haute Provence, pas loin d’une rivière aux eaux limpides et fraîches. Ce pré descend en pente douce et de l’endroit où je me trouve la vue est magnifique. Nous sommes au début du mois de juin : le matin, l’air est encore frais mais, dans la journée, une chaleur douce et agréable annonce déjà l’été. Aujourd’hui, je me trouve particulièrement jolie avec mes pétales orange qui rappellent le soleil et mes petites feuilles vertes et luisantes. Malheureusement en cette saison, il y a peu de monde pour m’admirer et je m’ennuie un peu.
Aux alentours de dix heures il me semble entendre des voix. Je me grandis le plus possible sur ma tige et en penchant légèrement ma corolle vers la droite, je distingue un couple qui, main dans la main, avance dans ma direction. Leur conversation très animée est ponctuée d’éclats de rire. Ils ont l’air heureux. Arrivés à ma hauteur, ils se laissent tomber dans l’herbe sans même remarquer ma présence J’ai beau agiter mes pétales pour que mon parfum arrive jusqu’à eux je n’existe pas, je suis invisible. J’aimerais tellement être à leur place ! Quand, enfin reposés, ils se lèvent pour poursuivre leur route, j’ai soudain très froid. Je mesure alors l’ampleur de ma solitude. La joie que je ressentais ce matin en me réveillant a complètement disparu.
Elisabeth
Publié le 14 Octobre 2026
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Publié le 14 Octobre 2026
INTERMEZZO
Jean Giraudoux
ACTE 1
Scène 6 : inspecteur/ contrôleur / droguiste/ maire/ Isabelle/ petites filles
Isabelle, l’institutrice, a déjà une idée très moderne de l’enseignement : faire la classe en extérieur, laisser les enfants exprimer leurs ressentis et leurs sentiments, découvrir la nature de leur propres yeux.
Face à elle, l’inspecteur rigide et appliquant le règlement à la lettre, prônant l’uniformité et le sérieux pour les élèves, au détriment du plaisir d’apprendre.
ACTE 2
Scène 3 : contrôleur / Isabelle
Un face à face entre Isabelle qui ne cache pas son attrait pour le spectre et le domaine des morts, et le contrôleur bien campé dans la vie terrestre faisant discrètement quelques approches à la jeune femme.
ACTE 3 (chambre d’Isabelle)
Scène 3 : Isabelle / contrôleur
Demande en mariage et vie d’un fonctionnaire
Des échanges savoureux entre le contrôleur et Isabelle qui vient lui demander sa main. Il lui dépeint la vie animée et remplie d’imprévus d’un fonctionnaire, telle qu’il considère la sienne alors que la jeune femme aspire à une vie réellement remplie d’imagination et d’agitation.
Mireille
Publié le 12 Octobre 2026
Si j’étais un souvenir, je serais la fleur qu’elle a respirée juste avant de partir.
Si j’étais un son étouffé, je serais la chanson qu’elle fredonnait avant de s’en aller.
Si je pouvais bouger d’un seul millimètre, je partirais sur le chemin pour la retrouver.
Souvenirs d’une fleur séchée
Il y a bien longtemps, avant d’être une fleur séchée, j’écrivais chaque jour mes pensées. Je n’en étais pourtant pas une, plutôt une fleur sauvage qui se laissait doucement effleurer par le vent.
Ce jour-là, au début du mois de juin, il y avait eu de l’agitation dans la maison qui se trouve au centre de mon jardin. J’ai bien reconnu les voix qui s’entrechoquaient. Surtout celle qui m’était familière, sa voix à elle, ma jeune amie. Celle qui venait régulièrement gambader parmi ma grande famille d’herbes folles, de coquelicots et de fleurs souvent sans importance pour les humains. Elle est venue, comme à chaque fois que le ton montait trop haut entre elle et son père, caresser les brindilles et les corolles et respirer délicatement nos parfums discrets.
Elle s’est attardée sur mes pétales orange. Je ne sais pas pourquoi c’est moi qu’elle a choisie. Toute fière d’avoir été l’élue, je faisais bien attention à garder le corps droit et la tête haute. Alors elle s’est mise à fredonner quelques notes, au rythme du vent, comme une berceuse qu’on chante pour calmer un enfant. Je ne comprenais pas les paroles bien sûr, mais sa voix était si douce qu’elles ne pouvaient être que bienveillantes. Il me semble qu’il s’est mis à pleuvoir car ma corolle a reçu quelques goutes d’eau qui tombaient de ses yeux.
Soudain elle a tourné les talons et s’est dirigée vers la maison. C’est la dernière fois que je l’ai vue. Elle n’est jamais revenue nous saluer mes sœurs et moi. Je n’ai plus entendu sa chanson, ni sa voix d’ailleurs. Le temps a dû s’écouler depuis mais combien de jours je ne saurais le dire. Le temps des fleurs est si différent du temps des humains. Peu à peu j’ai commencé à perdre de la vigueur, le vent pourtant léger se faisait plus agressif et décoiffait mes pétales.
Un jour quelqu’un m’a cueillie, emportée loin de mon champ et mise dans un bouquet de fleurs séchées posé sur la table du salon de la maison. Elle, elle n’est pas revenue respirer mon parfum, ni caresser ma corolle, ma beauté avait disparue, ma jeune amie aussi.
Pourtant je ne désespère pas de la retrouver un jour. Qui sait où vont les fleurs séchées quand les humains n’en veulent plus ?
Mireille
Publié le 11 Octobre 2026
Publié le 11 Octobre 2026
INTERMEZZO
Acte III, scène 4
Isabelle – le Spectre – le Contrôleur
Les petites morts de la vie sont les passages obligés pour grandir et accéder à l'ouverture d'un monde promis
Isabelle est sur le point de dire adieu à sa virginité et en mourant à l'enfance elle se joint à l'appartenance humaine comme à une fatalité attendue.
Dans cette nouvelle vie elle ne sera plus et recevra en échange de l'amour un corps nouveau, d'autres données où l'ordre, la hiérarchie, la communauté, l'intérêt général orienteront ses idées et ses actions futures jusqu'à sa vraie mort
'' ...et toutes elles seront toujours ainsi et c'est là toute l'aventure des jeunes filles...'' p : 172
C'est par un réquisitoire que le spectre en une phrase très longue fait la description de ce monde suspendu de la jeune fille ; par cette déclamation cynique il brosse l'ordre humain dans le devoir de transmission ;
et le spectre qui ma foi est un exutoire bien commode pour dire les choses délicates sans se mouiller annonce en oracle :
« ...mais soudain l'homme arrive...'' D'une manière doucement féroce on se moque allègrement de ce spécimen humain que toute l'animalité de prédateur sait déployer en arguments pour lever le gibier et le pousser jusqu'à l'apothéose finale ce qui au fond est d'une banalité attendue !
''...Assises dans les prairies,...''
Je retiens cette polémique étayée par un ou deux verbes qui guident le flot de la phrase pour arriver sur un point d'orgue : Mais soudain...
Voilà une version improbable mais pressentie pour faire pendant à cette belle phrase ;
Elles, debout dans les prairies, leurs frisbees battant l'air fouetté ou bien observant à la jumelle le passage futuriste d'un convoi en transit souhaitent la bienvenue à l'étranger par baiser voltaïque en notant d'éclaboussures d'arguments les dessins incertains d'un monde annoncé derrière l'écran brouillé d'un documentaire assourdissant, elles existent ombres crues dans leurs chambres closes, elles, chatoyantes et lumineuses l'été, piquantes voir mutines tout l'hiver comme l'espoir revenu chaque saison ; elles se glissent délicatement dans le costume du monsieur épinglant à droite, pinçant à gauche, giflant là si bien que les divinités du monde les prennent non pour l'humanité dans son enfance mais pour l'enfance éternelle ressuscitée enfin dans le chaos général et la gente bien morbide, elles, insultant sans pensées ni rémissions et sans fondement aucun elles attaquent tout terrain demandeur et se frayent et se servent sans vergogne un passage supposé pour leur avenir promis !
C'est toute la magie de Giraudoux pour transformer l'histoire banale de l'homme ; un langage poétique se développe jusqu'à la symphonie extraordinaire de la vie ordinaire
Marie-Thérèse
Publié le 11 Octobre 2026
Si j’étais un souvenir je serais la reine de beauté dans un champ de lavande.
Si j’étais un son étouffé, je serais la vibration d’un tonnerre lointain.
Si je pouvais bouger d’un seul millimètre, je ferais un saut d’ange.
Voilà des semaines que je vis, tête en bas, suspendue à un fil de soie. Mon parfum s’est envolé le premier, puis la souplesse de mes pétales. Je suis devenue une silhouette desséchée par l’ombre et l’immobilité. Mais je sais que j’ai gardé une certaine élégance, celle que je qualifierais de tentation immortelle.
Dans ma mémoire coule un souvenir vibrant : Un océan violet, sous le soleil de juillet, mes feuilles balayées par le souffle d’un vent léger. Mon habit d’un orange éclatant, aux reflets mordorés donnait à mes pétales un double voile de beauté. J’étais devenue le reine au cœur d’un champ de lavande bercée par la caresse d’un tendre baiser sous ma robe satinée.
Chacun admirait mon allure gourmande dans ce contraste parfait, silencieux et parfumé.
Aujourd’hui, déposée dans un panier en osier, sur un lit de dentelle, je vis dans la tiédeur et l’ombre d’une pièce. Le monde extérieur n’est plus pour moi qu’un timide murmure, un son étouffé, un tonnerre lointain qui s’apaise. J’ai pourtant l’impression qu’une flagrance captivante flotte autour de moi et me rassure.
Si je pouvais bouger d’un seul millimètre, je ferais un saut d’ange. Un vol gracieux, souple, ouatiné pour voleter dans l’air comme un flocon d’or en fête. Je viendrais me poser délicatement sur le bureau de celui qui m’a soigneusement gardée en souvenir de la magie de ces instants qui ne s’oublient jamais.
Josiane