Publié le 22 Mai 2025

Mon oncle Cristobal, le frère de ma mère, était un homme rude, costaud, une brute mais quelques fois, rarement, il pouvait être gentil avec moi. Mais ça ne durait jamais longtemps. On aurait dit qu'il se défendait de montrer qu'il avait des sentiments.. Sa femme Mathilde avait peur de lui, elle le craignait elle se fondait dans le décor.
Un matin de 1928, vers la fin de l'été, on ramenait mon oncle sur un charreton, brûlant de fièvre et un ventre gonflé. Il buvait beaucoup. Il est mort quelques jours après. Sa femme Mathilde est partie chez sa sœur à Lyon.
J'avais 14 ans Je me suis retrouvé seul.
Le voisin Nanou m'a confié à un ami qui possédait une grande exploitation, où je pouvais apprendre un métier. à Bouliac, aux milieux de centaines d'hectares où je ne voyais jamais personne.
Ces paysans étaient des taiseux, ils m'ignoraient, je faisais office d'objet ou d'animal. On me donnait à manger. Ils me donnaient des ordres pour le travail. Je me sentais vraiment perdu.
 
Heureusement que j'avais mes livres de la bibliothèque verte. Je voyageais beaucoup dans ma tête.

Un soir dans mon réduit où je dormais, je lisais et rêvais d'une vie meilleure, lorsque j'entendis un bruit furtif. Je crus que c'était un rat des champs qui s'était glissé sous mon lit. Curieux, je me levais et regardais sous ma paillasse...

 

J'aperçus deux oreilles blanche et deux billes rouge qui me regardaient. C'était un lapin blanc.
Je courus après lui, un bon moment et finit par l'attraper, son cœur battait très vite. Il avait peur comme moi. A force de caresses et de gestes doux, j'ai fini par l'apprivoiser.
Lorsque le patron était dans les parages, je le cachais dans un placard, car s'il le trouvait il aurait de suite mis dans la casserole.
Pour rien au monde, je n'aurais supporter de perdre mon seul ami.
 
Le soir je le gardais dans mes bras, son pelage si doux caressait mes joues gercées par le froid.
J'adorais mettre le bout de mon nez dans sa fourrure épaisse, une odeur d'herbes sèches et de mousse fraîche me câlinaient les narines. Ses fines moustaches chatouillaient mon visage. C'était un vrai bonheur de sentir sa douce chaleur sucrée envahir mes doigts meurtris par le froid.
Là, un instant je me sentais plus seul, un être vivant était à mes côtés et m'écoutait, je  lui racontais mes rêves d'enfant. Car je n'étais encore qu'un enfant.
 
Cette petite bête avec son odeur ronde, un peu acide, et parfumée aux pissenlits, ses poils doux et ses gracieuses mimiques m'a donné plus d'amour que tous les êtres humains qui ont jalonné ma jeune vie.
Le soir d'été je prenais mon Jeannot , je le coinçais dans mon blouson et sur ma vieille pétrolette, on montait sur le Mont Janeret, aux milieux des frênes feuillus. On se promenait en respirant l'air humide, les odeurs de bois brûlé, mousse et champignons. C'était un moment magique pour moi.
Je voyais les lumières de la ville très loin, la forme de la lune qui changeait, les étoiles qui brillaient comme les brindilles d'un feu. Cela me donnait envie d'aller plus loin, très loin, et de m'ouvrir à une vie autre que celle que je vivais ce moment présent.
 
Après avoir tout raconté, Monsieur Alvaro Ramirez me fit signe qu'il voulait s'en aller. Je le remerciais de m'avoir donné ces renseignements précieux sur ma jeune vie, et lui souhaitait un bon retour chez lui et une bonne santé.
Je me sentis alors tout léger, comme si une nouvelle vie plus grande et plus belle s'offrait à moi.
 
Je pris le chemin du retour, pour revenir définitivement m'installer à 60 ans dans le pays de mes. origines L'ESPAGNE.
 
Arlette
 
 
 

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Rédigé par Arlette

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Publié le 22 Mai 2025

Miguel et son banjo

 

Enfin seul ! Juste le doux clapotis du lac tranquille. Le calme retrouvé, chapeau de paille sur la tête, Miguel, assis dans sa barque, fredonne son chant préféré, accompagné de son banjo. Il a jeté l’ancre au milieu de nulle part, suffisamment loin de son village brésilien pour s’apaiser. Pas une fuite, non, un moment suspendu dans un banal après-midi de fin d’été. La musique lui offre une parenthèse de bonheur dans sa vie ardue de travailleur à la plantation de caféiers. Pourtant jusqu’à aujourd’hui cette vie laborieuse il avait fini par l’accepter, pas vraiment l’aimer. A la mort de son père dix ans plus tôt, il avait bien fallu qu’il subvienne aux besoins de la famille. A seize ans il avait quitté l’école malgré son plaisir d’y aller, son assiduité et ses excellents résultats scolaires.

 

Tout en grattant avec douceur les cordes de son banjo, Miguel se souvient de cette époque-là où pour lui la vie était simple et joyeuse. Il a envie de chanter plus fort pour exprimer ce bonheur lointain. Ici il ne dérangera personne. Le lac est désert, seul signe de vie l’écho renvoyé par les montagnes qui le bordent. Tout lui revient en mémoire. Les bancs rustiques de l’école en plein air, le tableau noir, les copains aussi pauvres que lui. Ses yeux deviennent humides, sa voix chevrotante. Tout ce à quoi il a dû renoncer pour se consacrer à sa famille, sa mère et ses trois frères et sœurs.
Alors, tout à l’heure quand Diego, son plus jeune frère, a déversé sur lui tous ces reproches injustifiés, Miguel a ressenti de la colère et un fort sentiment d’injustice. Leur vie est difficile, certes, le travail dans la plantation fatigant et leur avenir est limité. Ce que Diego ne connait pas, ce sont les rêves de son frère ainé, devenir architecte peut-être, mais avant tout créer des chansons, jouer dans un groupe latino et faire le tour du monde pourquoi pas. Son banjo a été son plus fidèle compagnon, son soutien, sa bouée dans les moments noirs de ces dernières années.
Pour ne pas envenimer la discussion, Miguel a préféré quitter la maison et comme à son habitude garder son amertume pour lui. Ne pas faire de la peine à sa mère surtout. Là, dans sa barque sur cette eau tranquille, il se remet à fredonner cette chanson qu’il a créée parmi tant d’autres et dont personne ne connait l’existence. Il gratte, gratte les cordes, chante, chante pour oublier. Oublier ses mains meurtries, son dos douloureux, ses rêves perdus. A vingt-six ans, sa vie se résume à récolter des cerises de café. Oublier …
Miguel ne s’est-il pas trop oublié lui-même pendant toutes ces années ? Son avenir est-il aussi sombre qu’il le présage ?

La danseuse à la robe jaune

Quelques mois ont passés depuis le jour où Diego, son plus jeune frère, s’est emporté contre lui. Seul sur sa barque, accompagné de son fidèle banjo, Miguel a longuement réfléchi avant de prendre sa décision. Plus rien ne le retenait dans ce petit village du Brésil, Diego ayant pris sa suite à la plantation de café. Il a choisi de quitter la maison et sa famille. 

Il commence aujourd’hui une nouvelle vie en Espagne. Il joue parfois en public dans les petits villages qu’il traverse. Ses chansons plaisent, les spectateurs l’applaudissent, certains se mettent même à danser au rythme de son banjo. 

Il a récemment croisé la route d’une troupe de jeunes danseurs et assiste régulièrement à leur spectacle. Dans l’expression de leurs corps, il retrouve la liberté qu’il ressent quand il chante en grattant son banjo.
Ce soir, à nouveau, Miguel est assis dans le public. Il vient pour la quatrième fois assister à ce ballet moderne. Il observe les danseurs, scrute leur visage, anticipe leurs élans et se laisse envahir par la musique qui accompagne les pas rapides de la troupe. C’est à chaque fois une découverte, une nouvelle chorégraphie, une connexion différente dans le groupe. Des sensations étranges l’envahissent, des projets fous naissent dans son esprit.
Le spectacle est terminé. Les danseurs s’immobilisent. La salle se vide. Il reste là, silencieux, les paupières mi-closes.
« Monsieur ? Monsieur ! » La danseuse à la longue robe de dentelle jaune pose doucement la main sur son épaule. Miguel sursaute.
« Bonjour, je m’appelle Claudia, j’étais sur la scène tout à l’heure. Vous venez souvent assister à nos ballets, je vous ai remarqué, vous quittez toujours la salle le dernier ! ». La jeune femme a tout dit d’un trait. Miguel lève la tête et la dévisage. Il reste muet. Elle attend. « Je suis désolée, je vous importune, on dirait. ». Les yeux verts de Claudia rencontrent le regard noir du jeune homme. Durant le spectacle il a suivi les gestes et les pas de cette danseuse, sa robe jaune virevoltait comme les ailes d’un oiseau. Maintenant qu’elle est là tout près de lui, sa gorge reste nouée, seuls ses yeux sont expressifs.
Claudia se détourne. «A la prochaine fois alors ! »
«Je m’appelle Miguel, je viens du Brésil ». Il n’en dit pas plus.
« Venez Miguel ! » Claudia lui tend la main. Il se lève et la suit sans poser de question.

Une odeur inconnue

 

Quelques mois plus tard la troupe de danseurs dont fait partie Claudia a quitté l’Espagne pour la France. Leurs tournées les amènent souvent dans de jolis coins touristiques. Leur représentation se déroule aujourd’hui dans un imposant château au milieu d’une campagne dense et verdoyante.

La bâtisse se dresse tout près d’un village aux toits rouges, aux maisons serrées les unes contre les autres, sous la protection des deux solides tourelles du château.

L’ensemble des bâtiments est niché dans les feuillages. En ce mois de juin, ceux-ci apportent déjà une fraicheur agréable. Autrefois un torrent alimentait le village. Aujourd’hui tari, de grandes fougères d’un vert tendre ont envahi son lit.
Claudia découvre avec plaisir ce nouveau site, Miguel à ses côtés. Quand elle lui a tendu la main lors de leur rencontre il y a six mois, il a accepté son invitation sans dire un mot mais avec une joie évidente. Ils ne se sont plus quittés depuis. Miguel a proposé à la troupe de composer les musiques de leurs spectacles et les accompagne désormais dans tous leurs déplacements.
Avant la représentation de ce soir, les deux amoureux ont choisi de découvrir les environs. Ils ont aussi en commun l’amour de la nature. Les voilà dans la forêt toute proche. Ils apprécient ces promenades silencieuses main dans la main. Les feuillages bruissent, doucement bercés par une brise tiède. Une odeur animale flotte dans l’air. Une odeur acide, ancienne, rugueuse. Un léger crissement de feuilles mortes laissées par l’hiver l’accompagne. L’odeur est chaude, sauvage, ensoleillée, lente, saccadée. Un animal est sans aucun doute en train de profiter comme eux du sous-bois.

Miguel ne connaît pas la faune du sud de la France, Claudia, originaire d’Italie, un peu mieux. Cette odeur rocailleuse ne lui est pas étrangère. « Ce parfum craquant et rustique, ce ne serait pas celui d’une tortue ? D’une tortue d’Hermann peut-être ? » se demande la jeune femme. Un petit coup sec contre sa chaussure lui fait baisser les yeux.

 

Oui elle est là, sortie de son hibernation, elle profite des rayons du soleil qui filtrent à travers les branches. Claudia est ravie, Miguel surpris. Il écoute son amie lui parler de cet animal emblématique de la Provence, reptile terrestre depuis des millions d’année. N’est-il pas un peu comme cette tortue qui redécouvre la chaleur du soleil après un hiver passé à somnoler dans l’ombre ?

L’heure de la représentation approche, Claudia s’empresse de prendre le sentier qui les ramène au château. Miguel la suit en souriant. Il lui semble qu’il flotte dans l’air une odeur jusqu’alors inconnue, le parfum du bonheur. La chorégraphie de ce soir, sur un air latino qu’il a lui-même créé, sera éblouissante. Il sait maintenant qu’il a trouvé son chemin. Sa vie d’autrefois dans les champs de caféiers brésiliens est bien loin désormais.

Mireille
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Rédigé par Mireille

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Publié le 22 Mai 2025

 

Quelques mois plus tard la troupe de danseurs dont fait partie Claudia a quitté l’Espagne pour la France. Leurs tournées les amènent souvent dans de jolis coins touristiques. Leur représentation se déroule aujourd’hui dans un imposant château au milieu d’une campagne dense et verdoyante.

La bâtisse se dresse tout près d’un village aux toits rouges, aux maisons serrées les unes contre les autres, sous la protection des deux solides tourelles du château.

L’ensemble des bâtiments est niché dans les feuillages. En ce mois de juin, ceux-ci apportent déjà une fraicheur agréable. Autrefois un torrent alimentait le village. Aujourd’hui tari, de grandes fougères d’un vert tendre ont envahi son lit.
Claudia découvre avec plaisir ce nouveau site, Miguel à ses côtés. Quand elle lui a tendu la main lors de leur rencontre il y a six mois, il a accepté son invitation sans dire un mot mais avec une joie évidente. Ils ne se sont plus quittés depuis. Miguel a proposé à la troupe de composer les musiques de leurs spectacles et les accompagne désormais dans tous leurs déplacements.
Avant la représentation de ce soir, les deux amoureux ont choisi de découvrir les environs. Ils ont aussi en commun l’amour de la nature. Les voilà dans la forêt toute proche. Ils apprécient ces promenades silencieuses main dans la main. Les feuillages bruissent, doucement bercés par une brise tiède. Une odeur animale flotte dans l’air. Une odeur acide, ancienne, rugueuse. Un léger crissement de feuilles mortes laissées par l’hiver l’accompagne. L’odeur est chaude, sauvage, ensoleillée, lente, saccadée. Un animal est sans aucun doute en train de profiter comme eux du sous-bois.

Miguel ne connaît pas la faune du sud de la France, Claudia, originaire d’Italie, un peu mieux. Cette odeur rocailleuse ne lui est pas étrangère. « Ce parfum craquant et rustique, ce ne serait pas celui d’une tortue ? D’une tortue d’Hermann peut-être ? » se demande la jeune femme. Un petit coup sec contre sa chaussure lui fait baisser les yeux.

 

Oui elle est là, sortie de son hibernation, elle profite des rayons du soleil qui filtrent à travers les branches. Claudia est ravie, Miguel surpris. Il écoute son amie lui parler de cet animal emblématique de la Provence, reptile terrestre depuis des millions d’année. N’est-il pas un peu comme cette tortue qui redécouvre la chaleur du soleil après un hiver passé à somnoler dans l’ombre ?

L’heure de la représentation approche, Claudia s’empresse de prendre le sentier qui les ramène au château. Miguel la suit en souriant. Il lui semble qu’il flotte dans l’air une odeur jusqu’alors inconnue, le parfum du bonheur. La chorégraphie de ce soir, sur un air latino qu’il a lui-même créé, sera éblouissante. Il sait maintenant qu’il a trouvé son chemin. Sa vie d’autrefois dans les champs de caféiers brésiliens est bien loin désormais.

Mireille
 

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Rédigé par Mireille

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Publié le 21 Mai 2025

Au casino, la cigale
Dans les poches n'a que dalle
La roulette lui a pris
Toutes ses économies
Elle est interdite bancaire
Connaît la sombre misère
Elle sonne chez la voisine
Demande quelques euros
Deux bricoles pour la cuisine
- Je rembourserai bientôt...
La fourmi n'est pas prêteuse
Elle serait même suspicieuse
- N'avez-vous pas de salaire ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- J'avais des sous de côté
Mais le jeu les a mangés.
- Vois jouiez au casino ?
Celui de Mont-Carlo ?
Avez-vous pris du bon temps ?
Bien mangé votre pain blanc ?
Hé bien ! Travaillez maintenant !
 
 

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Rédigé par Mado

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Publié le 21 Mai 2025

Un grand champ de tournesol
 
Il est dix heures du matin. C’est une belle journée d’été en Toscane. Vittorio Manzoni, 78 ans, se tient debout, immobile, au milieu d’un champ de tournesols qui s’étend à perte de vue. Il a quitté ce matin la jolie petite ville de San Gimignano avec une seule idée en tête : retrouver le grand champ de tournesols qui avait illuminé son enfance. Cela n’a pas été une mince affaire car les lieux avaient changé et sa mémoire un peu défaillante lui jouait des tours. 
Mais après une heure de route, deux demi-tours, au détour d’un virage, il l’avait reconnu. Le jaune des fleurs était aussi éclatant que dans ses souvenirs. Il était alors descendu de voiture et avait traversé le champ lentement, très lentement, les larmes aux yeux…
Une foule de souvenirs lui revenaient en mémoire : la maison de sa grand-mère en haut de la colline où les couchers de soleil étaient féériques, les promenades sur les chemins qui serpentaient dans la campagne aux douces collines, les tartines de confiture à la saveur incroyable, les jeux avec les petits copains du village…Mais un jour, brusquement, son petit monde s’était écroulé. Sa grand-mère disparue, ses parents avaient vendu la maison et ils étaient partis vivre dans le nord de la France, là où les tournesols ne poussaient pas… Il avait grandi, fait carrière, s’était marié et avait eu deux enfants. Mais Il venait de perdre sa femme et se retrouvait seul maintenant. Il s’était aperçu récemment que sa mémoire lui faisait de plus en plus défaut. Aussi, avant qu’elle ne disparaisse complètement, il avait décidé de faire ce voyage pour retrouver ses racines et les paysages qui lui avaient tant manqué. Ce matin son rêve se réalisait et les fleurs tournées vers lui semblaient lui souhaiter la bienvenue. Il ne s’était pas senti aussi heureux depuis bien longtemps.

Chiara

Après cette belle promenade dans ce champ de souvenirs, Vittorio reprend la route. Mais avant de rejoindre son hôtel, comme il a très soif, il décide de s’arrêter au bar situé sur la place du village. Les patrons ne sont plus les mêmes bien sûr et la déco elle aussi a bien changé. Derrière le comptoir, une jeune fille l’accueille avec un joli sourire. Vittorio sursaute : ce sourire ne lui est pas inconnu, il en est sûr. Où l’a-t-il déjà vu ? Il essaye de se souvenir mais ce n’est pas facile maintenant. La seule façon de le savoir c’est de questionner la jeune femme. 

 

Quand elle s’approche de sa table un plateau à la main, son souvenir devient certitude : sa démarche gracieuse, son port de tête et surtout ce sourire éclatant ne lui sont pas inconnus. Comme il n’y a pas d’autre client il l’interroge. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? 

A sa grande surprise, elle s’assoit à sa table et répond volontiers à ses questions. Elle est née à San Gimignano et a toujours vécu ici. Elle a repris le bar à la mort de son père et sa mère qui est toujours en vie vient l’aider quand elle en a besoin. Peut-être l’avez-vous connue ajoute-t-elle. Quand elle prononce son nom : Chiara Nardi , tous les souvenirs remontent à la surface et défilent devant lui. Chiara et ses longs cheveux noirs, ses grands yeux verts et malicieux et surtout ce sourire enjôleur qui rendait fous tous les garçons du village. Bien sûr qu’il l’a connue car lui aussi en était amoureux. D’ailleurs, il espère bien la revoir avant de rentrer en France.

Un nouveau compagnon ?

Tous ces souvenirs qui remontent à la surface ont beaucoup ému Vittorio et avant de regagner son hôtel, il décide de marcher un peu sur le chemin qui mène au domaine des Demoiselles. Cette grande propriété appartient depuis toujours à la famille Capucci. Le château est entouré de vignes à perte de vue. Le vin qu’elles produisent est exporté dans la France entière. Vittorio se souvient en particulier de ce vin blanc léger et un peu sucré que l’on buvait les soirs d’été, quand la chaleur de la journée faisait place à la douceur des nuits toscanes. Il lui semble entendre les voix et les rires de ceux qu’il aimait. Il flottait alors dans l’air comme un parfum d’insouciance et d’éternité.

 

Vittorio est sur le point de faire demi-tour quand il lui semble entendre des pas derrière lui. Un peu inquiet il se retourne brusquement mais il est aussitôt rassuré.

Devant lui se tient un chien au pelage roux parsemé de taches blanches. Il a dû beaucoup marcher car il semble très essoufflé. Il lève vers Vittorio un regard implorant qui ne le laisse pas insensible. Le vieil homme se penche vers lui pour le caresser. Une odeur moite, légèrement âcre se dégage de son pelage mouillé. C’est un mélange d’herbes, de terre et de feuilles séchées qui évoque la forêt après la pluie. Comme il n’a pas de collier rien n’indique d’où il vient. Finalement ils se ressemblent tous les deux : seuls et perdus en pleine campagne. Le soleil décline à l’horizon et les vignes s’enflamment. Vittorio ne s’est jamais senti aussi vivant depuis des années. Il vient de comprendre que le temps qui lui reste à vivre, il veut le passer dans ce village qui l’a vu naître. Il veut préserver le plus longtemps possible ses derniers souvenirs et le seul moyen pour y arriver c’est de rester vivre ici. Et ce chien qui lève vers lui un regard plein d’espoir, pourquoi ne l’adopterait-il pas ? Vittorio redescend vers le village d’un pas léger, suivi de son nouveau compagnon. 

 
Elisabeth
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Rédigé par Elisabeth

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Publié le 21 Mai 2025

Tous ces souvenirs qui remontent à la surface ont beaucoup ému Vittorio et avant de regagner son hôtel, il décide de marcher un peu sur le chemin qui mène au domaine des Demoiselles. Cette grande propriété appartient depuis toujours à la famille Capucci. Le château est entouré de vignes à perte de vue. Le vin qu’elles produisent est exporté dans la France entière. Vittorio se souvient en particulier de ce vin blanc léger et un peu sucré que l’on buvait les soirs d’été, quand la chaleur de la journée faisait place à la douceur des nuits toscanes. Il lui semble entendre les voix et les rires de ceux qu’il aimait. Il flottait alors dans l’air comme un parfum d’insouciance et d’éternité.

 

Vittorio est sur le point de faire demi-tour quand il lui semble entendre des pas derrière lui. Un peu inquiet il se retourne brusquement mais il est aussitôt rassuré.

Devant lui se tient un chien au pelage roux parsemé de taches blanches. Il a dû beaucoup marcher car il semble très essoufflé. Il lève vers Vittorio un regard implorant qui ne le laisse pas insensible. Le vieil homme se penche vers lui pour le caresser. Une odeur moite, légèrement âcre se dégage de son pelage mouillé. C’est un mélange d’herbes, de terre et de feuilles séchées qui évoque la forêt après la pluie. Comme il n’a pas de collier rien n’indique d’où il vient. Finalement ils se ressemblent tous les deux : seuls et perdus en pleine campagne. Le soleil décline à l’horizon et les vignes s’enflamment. Vittorio ne s’est jamais senti aussi vivant depuis des années. Il vient de comprendre que le temps qui lui reste à vivre, il veut le passer dans ce village qui l’a vu naître. Il veut préserver le plus longtemps possible ses derniers souvenirs et le seul moyen pour y arriver c’est de rester vivre ici. Et ce chien qui lève vers lui un regard plein d’espoir, pourquoi ne l’adopterait-il pas ? Vittorio redescend vers le village d’un pas léger, suivi de son nouveau compagnon. 

 
Elisabeth
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Rédigé par Elisabeth

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Publié le 21 Mai 2025

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 21 Mai 2025

Après cette belle promenade dans ce champ de souvenirs, Vittorio reprend la route. Mais avant de rejoindre son hôtel, comme il a très soif, il décide de s’arrêter au bar situé sur la place du village. Les patrons ne sont plus les mêmes bien sûr et la déco elle aussi a bien changé. Derrière le comptoir, une jeune fille l’accueille avec un joli sourire. Vittorio sursaute : ce sourire ne lui est pas inconnu, il en est sûr. Où l’a-t-il déjà vu ? Il essaye de se souvenir mais ce n’est pas facile maintenant. La seule façon de le savoir c’est de questionner la jeune femme. 

 

Quand elle s’approche de sa table un plateau à la main, son souvenir devient certitude : sa démarche gracieuse, son port de tête et surtout ce sourire éclatant ne lui sont pas inconnus. Comme il n’y a pas d’autre client il l’interroge. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? 

A sa grande surprise, elle s’assoit à sa table et répond volontiers à ses questions. Elle est née à San Gimignano et a toujours vécu ici. Elle a repris le bar à la mort de son père et sa mère qui est toujours en vie vient l’aider quand elle en a besoin. Peut-être l’avez-vous connue ajoute-t-elle. Quand elle prononce son nom : Chiara Nardi , tous les souvenirs remontent à la surface et défilent devant lui. Chiara et ses longs cheveux noirs, ses grands yeux verts et malicieux et surtout ce sourire enjôleur qui rendait fous tous les garçons du village. Bien sûr qu’il l’a connue car lui aussi en était amoureux. D’ailleurs, il espère bien la revoir avant de rentrer en France.

 

Elisabeth

 

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Rédigé par Elisabeth

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Publié le 21 Mai 2025

 
L'atelier de Virginie
 
En ce milieu d’après-midi maussade d’hiver, Virginie a le visage tourmenté. Depuis des heures elle est assise, pensive devant son chevalet. Autour d’elle le silence règne. Il n’est ponctué que par le doux grincement de sa chaise sur le parquet. Elle a allumé une de ses lampes articulées afin d’obtenir un éclairage plus précis. Un crayon à la main, elle examine ce tableau qui semble s’animer sous la lumière. Une impression de déjà-vu la hante.
 
Virginie est restauratrice d’art, spécialisée dans les peintures anciennes. Elle s’est installée dans la maison de son aïeule, un héritage chargé de souvenirs. Elle a créé son atelier dans l’immense sous-sol. Les murs en pierres apparentes et les poutres en bois confèrent à ce lieu une atmosphère chaleureuse et authentique. Une verrière orientée plein sud filtre les rayons du soleil créant un jeu d’ombres et de clarté inspirant.
L’odeur subtile des solvants et des vernis se mêle à celle du bois ancien. Des étagères accueillent une multitude d’ouvrages, des échantillons, des pigments et des outils spécialisés.
La quarantaine, Virginie porte des vêtements pratiques, mais élégants, qu’elle recouvre parfois d’un tablier de travail en toile. Méticuleuse et patiente, elle est entièrement dévouée à son art. Réservée, elle trouve un équilibre dans la solitude mais reste ouverte aux échanges enrichissants. Sa sensibilité artistique est nourrie par une profonde connaissance de l’histoire de l’art mais là, elle semble lui faire défaut.
Durant sa pause déjeuner, elle a été dérangée par un bruit furtif. Elle a juste eu le temps d’apercevoir une silhouette s’éloigner à grandes enjambées.
Intriguée, elle a ouvert la porte et a découvert un paquet plat soigneusement ficelé. Elle l’a déposé sur la longue table en chêne massif et l’a défait avec précaution.
A l’intérieur une toile ancienne, partiellement effacée et un mot écrit à la plume :
- « Rends-lui sa lumière et tu comprendras. »
Les yeux rivés sur le tableau, elle a soudain l’étrange sensation de faire un saut dans le passé.
Un souvenir d’enfance refait surface. Il lui semble entendre la voix de Lucie, son arrière grand-mère, artiste peintre et écrivaine à ses moments perdus.
- Virginie ! N’oublie jamais que certains tableaux gardent une mémoire plus vive que la nôtre ...

Etrange ressemblance

D’autres paroles dansent dans sa tête « Tu sais Virginie, pendant la guerre, il n’y avait pas que de la peur. Il y avait aussi la beauté de survivre quand tout s’éteint autour. C’est là que je l’ai rencontré ce soldat anglais… » Bercée par ce retour en arrière, elle sursaute quand le carillon retentit.

 

Une silhouette apparaît dans l’encadrement. Marc, son cousin s’avance dans la pièce, le visage creusé mais l’air décidé.
Il est visiblement excité par le message de Virginie. Sans la regarder, il s’approche du chevalet. Il ne parle pas tout de suite. Sa mâchoire se contracte légèrement. Il prend place à côté de Virginie. Les deux personnages sont là, immobiles, un instant. Le silence s’étire presque pesant.
Marc lève la main, il rapproche le tableau à quelques centimètres de lui, comme s’il craignait de dévoiler un étrange secret. Sa paume tremble légèrement :
 
- « On dirait ... toi. », dit-il d’une voix basse, un peu voilée.
 
Virginie ne répond pas. Elle baisse la tête, envahie par une certaine gêne, puis la relève pensive. La lumière éclaire les cheveux blonds peints sur la toile, fait briller le bleu pâle des yeux.
Elle fixe Marc.
 
- C’est étrange… Ta mère ne te ressemble pas autant, dit-il, ni la mienne ! Mais lui, là… ce visage, c’est le tien. Il a été peint avant ta naissance.
 
Il se cale sur le fauteuil, se penche, ses sourcils se froncent. Il semble chercher un détail dans le tableau ou dans ses propres souvenirs. Il se tourne vers sa cousine d’un regard interrogateur.
 
- Tu crois que c’est lui ? demande t-elle. Le soldat… celui dont parlait notre Mam Lucie.
 
Au dehors, le vent s’est levé. Les portes claquent. L’atmosphère change presque imperceptiblement. Le tableau semble avoir creusé une brèche dans le calme de l’atelier.
Virginie bouge enfin. Elle attrape avec délicatesse un vieux carnet posé sur une étagère, l’ouvre.
Une photo glisse entre les pages.
Marc la ramasse, il l’observe. Son visage se ferme. Il hoche la tête juste une fois.
Ils se regardent, ils ne parlent pas mais se comprennent. D’un geste identique, ils allument leurs tablettes. Y trouveront-ils le lien pour connaître la vérité ?

  

Les couleurs du Silence
 
Assise à côté de Marc, les yeux plongés sur la tablette Virginie relit une dernière fois le message qu’elle a écrit à cet inconnu. Simple, direct, presque timide.
« Bonjour,
Je m’appelle Virginie Renoir. Je crois que nous avons un lien de sang. J’ai retrouvé un tableau, une lettre, et une photo qui parle de votre Grand-Père. Je suis la petite fille de Lucie, la française.
Seriez-vous d’accord pour me rencontrer. »
Elle appuie sur « envoyer » d’un geste calme, mais le cœur battant.
 
Un mois plus tard, elle se retrouve dans la banlieue de Londres. Le taxi l’a déposée devant un imposant bâtiment très bourgeois, entouré d’une végétation luxuriante, au bord de la Tamise.
« Allan Benett and son art Gallery »
Elle s’avance impressionnée, hésitante, dans un large couloir où les tableaux suspendus dégagent un mélange de force et de silence. 
 
Soudain, son regard est happée par une toile. Des éléphants ! Son esprit vibre d’un souvenir lointain.
Elle n’avait que douze ans, elle se revoit avec sa Mam Lucie lors d’un safari en Afrique. Elle est là, elle lui parle :
« Respire bien ma chérie, c’est l’odeur du monde tel qu’il était avant nous. La terre sèche, le fumet de la savane et la présence des éléphants. N’oublie jamais. »
 

 

L’odeur de l’éléphant ne l’a pas quittée. Ce n’est pas une senteur mais un panaché de cuir ancien, brun-gris comme la poussière qui les recouvre, mêlée d’herbe fermentée, de bois sec et de chaleur animale. 

C’est une substance presque grasse qui colle aux narines comme la boue aux pattes des animaux. Une note acide, voire métallique, semblable à de la pierre mouillée. On y perçoit aussi le musc discret, dense, qui flotte autour d’eux comme un aura.

Virginie sent une présence à ses côtés Elle se retourne. Un homme élégant lui sourit. Ses traits sont fins, ses yeux sont comme les siens d’un bleu profond.
-  Virginie ?...  William.
Ils se serrent la main puis se prennent dans les bras. Pas de larmes. Un souffle partagé. Le passé retrouve son fil.
La toile mystérieuse déposée devant une fenêtre, deux tasses de thé fumantes, le temps s’étire.
Virginie sourit à ce cousin anglais qui a hâte de connaître sa nouvelle famille.
Ils ont relu ensemble la lettre glissée derrière le tableau, des mots tendres et passionnés. Leurs aïeuls se sont aimés, mais ils avaient aussi en commun l’amour de la peinture.
Aujourd’hui, Virginie et William contemplent ce qu’ils ont hérité, non pas d’un nom, mais d’un battement de cœur transmis par les couleurs.
Elle, la douceur de Lucie.
Lui, la main de ce père peintre qui n’a jamais oublié cet amour de jeunesse.
 
 
Josiane
 
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Rédigé par Josiane

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Publié le 21 Mai 2025

Assise à côté de Marc, les yeux plongés sur la tablette Virginie relit une dernière fois le message qu’elle a écrit à cet inconnu. Simple, direct, presque timide.
« Bonjour,
Je m’appelle Virginie Renoir. Je crois que nous avons un lien de sang. J’ai retrouvé un tableau, une lettre, et une photo qui parle de votre Grand-Père. Je suis la petite fille de Lucie, la française.
Seriez-vous d’accord pour me rencontrer. »
Elle appuie sur « envoyer » d’un geste calme, mais le cœur battant.
 
Un mois plus tard, elle se retrouve dans la banlieue de Londres. Le taxi l’a déposée devant un imposant bâtiment très bourgeois, entouré d’une végétation luxuriante, au bord de la Tamise.
« Allan Benett and son art Gallery »
Elle s’avance impressionnée, hésitante, dans un large couloir où les tableaux suspendus dégagent un mélange de force et de silence. 
 
Soudain, son regard est happée par une toile. Des éléphants ! Son esprit vibre d’un souvenir lointain.
Elle n’avait que douze ans, elle se revoit avec sa Mam Lucie lors d’un safari en Afrique. Elle est là, elle lui parle :
« Respire bien ma chérie, c’est l’odeur du monde tel qu’il était avant nous. La terre sèche, le fumet de la savane et la présence des éléphants. N’oublie jamais. »
 

 

L’odeur de l’éléphant ne l’a pas quittée. Ce n’est pas une senteur mais un panaché de cuir ancien, brun-gris comme la poussière qui les recouvre, mêlée d’herbe fermentée, de bois sec et de chaleur animale. 

C’est une substance presque grasse qui colle aux narines comme la boue aux pattes des animaux. Une note acide, voire métallique, semblable à de la pierre mouillée. On y perçoit aussi le musc discret, dense, qui flotte autour d’eux comme un aura.

Virginie sent une présence à ses côtés Elle se retourne. Un homme élégant lui sourit. Ses traits sont fins, ses yeux sont comme les siens d’un bleu profond.
-  Virginie ?...  William.
Ils se serrent la main puis se prennent dans les bras. Pas de larmes. Un souffle partagé. Le passé retrouve son fil.
La toile mystérieuse déposée devant une fenêtre, deux tasses de thé fumantes, le temps s’étire.
Virginie sourit à ce cousin anglais qui a hâte de connaître sa nouvelle famille.
Ils ont relu ensemble la lettre glissée derrière le tableau, des mots tendres et passionnés. Leurs aïeuls se sont aimés, mais ils avaient aussi en commun l’amour de la peinture.
Aujourd’hui, Virginie et William contemplent ce qu’ils ont hérité, non pas d’un nom, mais d’un battement de cœur transmis par les couleurs.
Elle, la douceur de Lucie.
Lui, la main de ce père peintre qui n’a jamais oublié cet amour de jeunesse.
 
 
Josiane
 
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