Publié le 30 Avril 2026

 

Accoudée à la balustrade du rooftop, Léa admire la nuit qui descend lentement sur la ville. Rome se pare d'une lumière chaude, toute en douceur. Vue d'en haut, la ville semble s'endormir sous une couette de nuées blanches. Les façades ocres et jaunes quadrillent l'espace tranquille avant d'aller buter contre la masse imposante de la basilique Saint-Pierre. La basilique resplendit. L'intensité de son éclairage nocturne en serait presque agressif. Sa coupole conquérante s'élance vers le ciel jusqu'à crever les nuages.
Elle écraserait presque la ville de sa grandeur, comme quelque chose qui nous dépasse, pense Léa. Trop imposante, trop riche, trop tout. Comment y trouver Dieu ? C'est très beau, trop beau... je préfère la petite chapelle sans prétention de mon quartier, plus intime, accessible. 
 
Soudain, un souvenir d'enfance incongru surgit, là, au huitième étage, dans la nuit romaine. Un dimanche matin, sûrement un dimanche des Rameaux. Sur la table, des branches d'olivier que sa mère nouaient en bouquet avec un ruban blanc, tout fin. Il se tortillait comme s'il dansait autour du feuillage. Ça sentait bon la tarte au pommes dans la cuisine, la tarte aux pommes qui venait de sortir du four. Elle portait sa robe du dimanche toute neuve, la petite robe bleue qui bruissait lorsqu'elle s'asseyait. Maman avait un bracelet qui tintait à son poignet pendant qu'elle attachait le ruban.
 
Évocation fugace, elle s'est déjà enfuie ! La suite, Léa l'a oubliée. Probablement qu'elles sont allées à la messe pour faire bénir les rameaux d'olivier. Maman, très pieuse, y tenait beaucoup. 
Quel étrange trajet que celui que suit la mémoire ! Est-ce un signe ? Un rappel de l'amour reçu ? Un rappel de son ingratitude ?
Sa mère vieillit toute seule, loin d'elle, qui ne va pas souvent la voir. Ce fragment de réminiscence l'a ébranlée. Il est temps de changer quelques petites choses dans sa vie... d'écouter le message du rameau d'olivier...
 
Mado
 

Voir les commentaires

Rédigé par Mado

Repost0

Publié le 27 Avril 2026

Les souliers de l' esprit où l' esprit des souliers... marche Pikolinos... têtu à jamais et tenace dans tes chausses à tenir simplement la route vers le sud ; mon ange, vers le sud toujours vers le sud : une mécanique dans ton souffle synchro et respire un – deux – un – deux - souffle les façades roses et bleues - un – deux - trois engouffre et rejette - peutt... peutt... les sentes malodorantes où la ligne verte du printemps trace jusqu' au ciel des perspectives mouillées de mauve dans le raillement des goélands ; les souliers - un – deux - trois aux ampoules encombrantes gémissent en rythme - vlap – vloup - vlap jusqu' ààààààààà

l' obsession et le râle mouvant des bâtiments tordus aux fenêtres informelles. Un – deux – un – deux - ils marchent les souliers en zébrant l' air fuyant - un – deux – trois - quitte à racler le sol humide d' une prison sans les murs...Un - deux - l' œil est en marche, il

s' oublie dans ses chausses claudicantes et les formes sans objets dans cet œil liquide reformées à loisir du suint grenat irrité où le mauve vire au rose les algues tendres et les poils salis délicieux et profonds qu' une glauque corporeité transpire et macère vibrante oh combien !!! je pue dans mon jus littéralement des PIKOLINOS gonflés de fatigue et le corps en fer blanc surchauffé crisse dans ses entournures...Peu importe : les souliers de l' hiver poursuivent leur rêves enfermés par le rythme pressant propre de l' animal. Se bouclent combinaisons kaléidoscopiques battant mesure en cadence - un - deux - un - deux – un...accompagne - cœur - urgence et sourd – musique - militaire sur ordre existentiel d' une action vers la mer dans le sud vers la mer du toujours où se joignent et la mer et la terre et le ciel et les bulles et les ouïes et les algues et les pieuvres jusqu' au centre du sud dans la marche improbable

 

.................MARCHER 

 

Marie-Thérèse

 

Voir les commentaires

Rédigé par Marie-Thérèse

Repost0

Publié le 26 Avril 2026

Image générée par IA pour l'atelier d'écriture

Image générée par IA pour l'atelier d'écriture

Une balade culturelle :
Comme un jeu de piste, une promenade dans le Vieux-Nice pour découvrir son patrimoine architectural.
 
Une balade nissardo-baudelairienne :
Comme un récital nomade, une promenade dans le Vieux-Nice pour écouter des poèmes de Baudelaire.
 
Une balade uchronique :
Comme si Baudelaire était venu à Nice en 1860 pour suivre Marie Daubrun venue réciter le Vœu de Nice de son amant Théodore de Banville, une promenade dans le Vieux-Nice sur les pas imaginaires du poète déclamant son spleen.
 
La balade débute sur le cours Saleya pour se terminer place Garibaldi.
On ira explorer ruelles et placettes, admirer fresques, linteaux, églises et vieux palais, découvrir des poètes niçois, l'histoire de Nice et, surtout, écouter Baudelaire poétiser Marie Daubrun.
 
________________________
 

Voir les commentaires

Rédigé par Atelier Ecriture

Repost0

Publié le 26 Avril 2026

Image créée par IA pour l'atelier d'écriture

Après l’émotion du poème, il m’a conduite dans son lieu secret. Là, suspendue entre deux chênes centenaires, se dresse une cabane en bois de cèdre. Drapée d’or cuivré par le soleil couchant, ce nid magique paraît hors du monde. Seul le murmure des feuilles vient troubler le silence. Un escalier vertigineux nous invite à l’ascension.

Nous montons lentement. A chaque marche, je sens le poids des années s’alléger.
 
« Regarde-nous, pensais-je. A l’époque, il n’était que le photographe talentueux qui me mitraillait du regard, tandis que mon cœur appartenait à un autre. Je me souviens de son regret silencieux, de cette distance qu’il devait garder. Aujourd’hui, les rôles ont fondu sous le soleil de la Normandie.
Nous ne sommes plus les jeunes gens d’un tournage de Peter O’toole mais deux êtres que la vie a malmenés, puis libérés. Que nous réserve l’avenir ?
 
Nous arrivons sur la terrasse. Il fouille dans un tiroir et en sort une enveloppe de papier kraft jaunie.
Il l’ouvre avec une infinie précaution, étale les clichés en noir et blanc sur la table devant moi.
Je me vois. J’ai vingt ans. Je ris aux éclats sur la jetée, court vêtue, les cheveux longs soulevés par le vent. Une vitalité provocante défiant l’objectif.
J’effleure les photos du bout des doigts, émue aux larmes.
Il me regarde et d’une voix qui tremble légèrement ;
- « Mon appareil a capturé ta beauté, mais je savais que ton cœur était ailleurs. J’ai gardé ces photos comme le témoignage d’un rendez-vous manqué. »
 
- « J’avais ma vie, tu n’étais qu’une ombre derrière l’objectif. Mais le décor a changé, les acteurs sont partis et nous sommes les seuls survivants sur cette terrasse. »
 
Il relève la tête. Son regard croise le mien avec une intensité nouvelle, celle de ceux qui n’ont plus rien à perdre et tout à découvrir.
Il rajoute :
- « Le passé était un film superbe, mais le présent tu peux l’écrire dès maintenant. »
Sans un mot, je sors mon stylo et sur une des photos de Deauville je trace en lettres majuscules : MAINTENANT.
 
Le soleil disparaît sous l’horizon, laissant place à la clarté naissante des étoiles. Nous ne sommes plus des souvenirs de papier glacé. Nous sommes deux amis perchés dans la verdure dont les solitudes viennent de se trouver un abri.

Le mot de la fin... ou celui du début ? Il est bien trop tôt pour l’écrire !
Rendez-vous dans le prochain roman photos.
 
Josiane
 

Voir les commentaires

Rédigé par Josiane

Repost0

Publié le 26 Avril 2026

Image créée par IA pour l'atelier d'écriture

Nous avons commenté et tourné les pages de nos vies personnelles sans regret, ni nostalgie. Nous nous sommes assis à la terrasse d’un petit café en bord de mer, vue sur la jetée, à l’écart du bruit. L’océan est calme, presque complice.
J’ai déposé près de mon sac un carnet, celui qui renferme mes secrets. Un volume de cuir brun patiné, souple, dont le parfum profond évoque un livre d’antan. Il est attaché d’une lanière qui s’enroule, comme une pensée qu’on veut garder pour soi. Je ne m’en sépare que très rarement.
Assis face à moi, il me regarde, un sourire énigmatique aux lèvres ;
 
Lui: « Tu as toujours un carnet sur toi, comme avant. Tu écris encore ? »
 
Moi : « Oui plus que jamais. J’ai retrouvé la sérénité en m’inscrivant dans un atelier d’écriture.
Une passion stimulante qui me permet de stopper le temps avant qu’il n’emporte tout. »
 
Lui : « Le temps ! Il fige en quelque sorte tes états d’âme… J’aimerai beaucoup lire ce que tu as écrit ce matin, avant de me rencontrer. »
 
Mon cœur s’emballe. Mes écrits du matin, sur la jetée, c’était un cri solitaire, une prose que je croyais sans issue. Comment lui livrer ça ? Je sens mes joues s’empourprer. Je prends mon carnet, défais la lanière. Les pages sont d’un papier couleur crème, un peu texturé, avide d’encre.
J’ouvre la page datée de ce jour. Et là, le « mot juste » me frappe car le texte, empli d’une certaine tristesse, semble avoir été dicté par une prémonition.
 
- Je suis restée debout face à cette passerelle,
Là où nos ombres se mêlaient aux embruns.
Sur le bois de la digue où le vent nous portait,
Je cherchais le sillage d’un souvenir passé.
 
Je n’entendais ni ta voix, ni l’écho d’un tournage
Je voyais juste un regard d’artiste fixer mon visage.
Aucune photo de l’éclat de cette jeunesse enfuie,
Mais une douce nostalgie de me retrouver ici.
 
Je lui tends le carnet. Mes doigts tremblent un peu. Il lit en silence ces quelques vers griffonnés ce matin, sans savoir que l’homme qui avait capturé ma lumière serait là, cinquante ans plus tard pour les recevoir.
 
Josiane
 
 

Voir les commentaires

Rédigé par Josiane

Repost0

Publié le 21 Avril 2026

- Bonjour cher ami. Quel plaisir de vous revoir ! Depuis la dernière fois où j’ai eu le bonheur de vous rencontrer, de nombreux nuages noirs sont venus obscurcir ce ciel, si bleu maintenant, et tellement ensoleillé qu’il semble honorer votre présence. Vous m’aviez gratifié d’un « au revoir » qui avait rempli mon âme d’une espérance semblable à une renaissance bienfaisante. Sachez que mon cœur est à vos pieds. L’attente a été angoissante, je surveillais l’approche de votre ombre avec l’espoir de voir votre auguste silhouette se diriger vers ma modeste personne.

Celui à qui avait été destiné ce flot de paroles s’approcha lentement, l’œil charbonneux et n’en croyant pas ses oreilles, lui dit :

- Ma parole ! Vous êtes en train de pleurer sur l’argent que vous m’avez prêté… A un taux d’usure journalier, qui devrait vous valoir un voyage en galère sur le banc de nage, si un semblant de justice existait dans ce pays !

- Allons, allons ! Mon ami, ce ne sont que des larmes de joie. Grace à moi, vous pouvez aller librement, tête haute avec la démarche altière de celui qui sait résoudre ses problèmes passagers de trésorerie… Vous êtes un exemple pour la société de cette ville, soyez en fier. Je me flatterai, moi même, de faire partie de vos relations. Et surtout, ne nous soucions pas du temps qui passe, d’ailleurs je n’achète plus de montre. Ne pensons plus aux heures, minutes et journées qui encombrent nos loisirs….

- Vos loisirs ! Vous avez de ces mots ! Vos loisirs se limitent à entendre tinter le bruit des pièces d’or qui, tous les jours que Dieu fait, font grossir votre bourse qui ne va pas tarder à éclater. La grenouille ! Vous êtes la grenouille de Monsieur de La Fontaine ! Pouf ! L’explosion va salir les parois de votre grand coffre… Mais dites-moi : Je me suis laissé dire que vous occupiez un petit poste, quelque part au gouvernement... Rassurez moi ?

- C’est exact ! Je suis Ministre des Finances. En fait, je gère l’argent que je prête à l’état. Qui plus est... je dois, hélas, lui consentir un taux préférentiel. Quand je pense à tout l’argent que je perds, je n’en dors pas la nuit. Pire, j’économise sur la nourriture, les habits et le reste…

- En effet, vous rasez les murs et votre imperméable est couleur de muraille. Vous avez sans doute peur que l’on vous reconnaisse ? Toutes ces taxes, impôts, directs et indirects, surtaxes et frais auxiliaires, connus ou inconnus... J’en passe et des meilleures... Où passe ce argent, Monsieur le Ministre ? Ne me dites pas que...

- Et oui ! Il faut bien que l’état me rembourse les intérêts qu’il me doit. Vous ne voudriez pas que le pays soit moins honnête que vous, quand même ! Voyez comme je vous considère. Et croyez moi, je ne prête pas la même opinion à tout le monde. Vous faites partie de mes contribuables les plus respectables. Quand je vous aperçois, au détour d’une rue, marchant droit comme un I majuscule et que je me rends compte que vous resplendissez de santé, mon cœur déborde d’allégresse... Mais je dois vous quitter, mon cher, j’aperçois un de mes amis qui vient vers nous et que je vais m’empresser d’aller saluer...

- À la gueule que lui fait son ami, je n’ai pas de mal à imaginer le poids des caresses que ce avare va lui prodiguer. Il est avare avec un grand A. Mais sans le E. Il en garde un peu pour la faim. Au cas ... Où !

Va savoir !

 

Fernand

 

Voir les commentaires

Rédigé par Fernand

Repost0

Publié le 21 Avril 2026

Perdue dans mes pensées, je prolonge ma promenade quand mon regard se pose sur un panneau d’affichage à l’entrée du parc. Une conférence sur le « Trèfle d’eau et la fragilité des zones humides face au changement climatique », moi qui aime tant la vie et la nature, je ne peux y résister.

En entrant sous le chapiteau, l’atmosphère change. La lumière traverse la toile et une fraîcheur herbacée monte du sol. Mon attention est attirée par un stand tenu par une jeune femme au look singulier, le crâne rasé, le regard vif qui explique avec passion les schémas des libellules.

Le temps s’étire soudainement comme une pellicule qui ralentit. Je m’approche de la table couverte de documentations, un homme est là, dos à moi, penché sur des guides. Quand il se retourne, son visage se détache sous son chapeau. Le temps se fige. Il a dans ses mains, un vieil appareil à photo.

C’est lui, oui bien lui le photographe de Deauville. Celui qui, cinquante ans plus tôt, cherchait le meilleur angle pour me faire rire sur la jetée.

Nos regards se croisent et ne se quittent plus. Ses yeux bleus n’ont rien perdu de leur éclat, même si les rides les entourent désormais comme des rayons de soleil.

- Lui : (d’une voix hésitante) «Est-ce que la lumière de Normandie me joue des tours, ou est-ce que je reconnais ce sourire ? »

- Moi : (la gorge serrée, un sourire aux lèvres) « Je crois que nous avons tous les deux rendez-vous avec le passé, ici, aux milieux ds trèfles d’eau » .

- Lui : « Incroyable...après tant d’années ! Je venais donner un coup de main à ma petite-fille pour sa conférence. C’est elle, là-bas, avec son côté rebelle. Et toi, que fais-tu ici ? »

- Moi : Je suis en vacances...puis le hasard. Une affiche et l’envie de comprendre pourquoi le monde change, sans savoir que j’allais retrouver celui qui a fixé mes vingt ans sur papier glacé »

- Lui (son regard s’illumine) « Le Monde change, oui. Mais certaines émotions sont comme les zones humides : elles sont précieuses, rares, et il faut les protéger . »

- Moi : « Je suis allée sur la jetée. Je me remémorais cette semaine de tournage avec ton cousin Peter, et ces soirées mémorables.

- Lui : « La jetée… je la photographie encore très souvent. Silence ! Dis-moi as-tu épousé ce parisien qui ne te lâchait pas ?

 

Josiane

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Josiane

Repost0

Publié le 21 Avril 2026

 

 

 

 

 

 
 
 
Crédit photo : Madeleine Cafedjian
 

L’ancrage au bord de l’eau

Le ciel ressemble à une aquarelle incertaine, un mélange de rose poudré, de gris ardoise sur fond bleuté paysage typique de la Côte de Nacre. Un tableau qui donne l’impression de vivre dans un rêve, loin de la réalité. La plage, immense et lisse comme un miroir après la marée haute, garde l’empreinte humide de l’océan. Au loin, s’avance sur les flots, une silhouette de bois sombre ponctuée par de petites cabines blanches aux toits pointus, sentinelles immobiles face à l’horizon.

L’air est chargé de sel, d’iode et d’un silence assourdissant. Il est parfois troublé par le cri d’un goéland ou le clapotis de l’eau qui se retire.

Je reste là, les pieds nus s’enfonçant légèrement dans le sable frais et je regarde cette passerelle.

Elle n’a pas changé. Pour moi, elle n’est pas qu’une structure en bois, elle est un pont jeté vers mes vingt ans.

Je me revois, courant sur ces planches qui résonnaient sous mes pas, le souffle court et le cœur battant plus vite que la raison. C’était un soir de septembre, le vent collait mes cheveux sur mes joues. J’étais venue rejoindre une bande d’amis parisiens en goguette à Deauville. Par un tour du destin, nous avions été recrutés pour faire de la figuration dans un film. Peter O’Tool avait le rôle principal ; un homme magnétique au charisme foudroyant, d’une élégance rare. Pendant une semaine mémorable, nous avions formé une joyeuse tribu. On m’avait mitraillée de photos, ici-même, devant et sur cette jetée, capturant ma jeunesse, entre deux prises de vues. Merveilleux souvenir de cette insouciance qui nous permettait de croire que le monde nous appartenait.

Aujourd’hui, je suis revenue. L’embrun sur mon visage déclenche une étincelle : une gratitude pour ce décor qui a survécu aux tempêtes, tout comme moi.

 

Josiane

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Josiane

Repost0

Publié le 17 Avril 2026

 
Les lueurs du jour prenaient leur temps et la sombre tapisserie qui servait d’écrin aux étoiles, s’éloignait lentement d’un passé déjà lointain, pour se rapprocher d’un futur qui s’impatientait… Une luminosité timide consentit, enfin, à faire son apparition en cernant les collines d’un bracelet d’or. Quelques oiseaux donnèrent l’aubade au jour naissant pour saluer le lever majestueux de l’astre de feu.
Dans ce jardin, un printemps bien avancé, n’allait pas tarder à laisser sa place pour permettre à l’été de s’installer… Deux personnages avaient choisi de se promener dans les allées, profitant de la douceur d’un calme propice aux échanges de non dits... Qui disaient, pourtant beaucoup de choses.
- Regardez ma Mie, ce polisson de coquelicot qui se plaît à fanfaronner au milieu de toutes ces beautés. Ne semble-t-il pas vouloir se prendre pour un grand seigneur paradant au centre de son sérail ?
- Ne semblerait-t-il pas, plutôt, à un homme ? Vous savez cette race qui croit être et qui n’est pas…
- Vous êtes dure, mais, je dois le reconnaître lucide. C’est, entre-autre, ce que j’aime en vous. D’où tenez vous cette clairvoyance d’idée ?
- Je pense que Dieu, dans sa miséricorde, nous a donné ce qu’il vous a refusé. La subtilité et la finesse d’esprit. Ne soyez pas triste, vous vous en relèverez... D’ailleurs vous passez votre temps à vous relever... De lit en lit.
- Madeleine ! Vous persiflez ! Vous ?
- Quoi moi ! Et puis arrêtez de me regarder avec ces yeux de merlans frits, assoiffés de luxure. Je vais finir par faire affront à la rosée. Je me demande ce que diraient vos pairs s’ils vous surprenaient à donner votre bras, dés le premier matin, à une roturière, Monsieur le Marquis !
- Ils seraient obligés de reconnaître que j’ai bon goût. La noblesse de la beauté surpasse celle du nom, qui n’est que le reflet du passé. Sans savoir, pour autant, si le futur l’embellira. Je ne citerai pas le présent, voué à l’incertitude galopante des moments que nous vivons.
- Savez vous, Monsieur que je travaille ? Et que je travaille de mes mains…
- Ne me tentez pas Madeleine, ce n’est pas charitable…
- Vous êtes complètement déluré mon ami !
- Dieu m’est témoin que je fais tout ce que je peux pour vous satisfaire. Si le délire fait partie de vos désirs je m’y emploierais jour et nuit.
- Je ne chatouillerais pas Dieu à votre place. J’irais même jusqu’à me faire oublier. Le jour où il va baisser les yeux sur vous ça va vous faire un choc. Ne le craigniez vous pas ? Tous vos péchés… Allez vous à confesse de temps en temps ?
- Mes rapports avec Dieu sont personnels. Je m’adresse à lui et nous parlons d’homme à homme, dans je respect mutuel que nous nous devons et tout se passe très bien. Pour les péchés... Je vous ai Madeleine, vous êtes mon péché véniel. Celui que j’aime à confesser à qui veut l’entendre. Vous êtes mon alibi auprès du Seigneur... Avec vous je ne risque rien. Pourquoi irais-je chatouiller Dieu ? J’ai bien autres choses à faire de mes dix doigts. Ne croyez vous pas chère amie ?
- Je ne veux pas vous entendre, je tiens à conserver la pureté de mon âme. Vous me feriez perdre mon salut. N’oubliez pas que je suis une veuve éplorée et…
- Ah ! Ah ! Le désir du mensonge virevolte autour de vos yeux. La brise, votre complice, essaie de le chasser mais il résiste... Seriez-vous en train de céder Madame la vertueuse ?
- Ne me faites pas rire Marquis. D’ailleurs je n’en ai pas envie. Je tremble pour vous... Tiens ! Un petit papillon bleu s’est posé sur votre tricorne.
- C’est certainement le poids de mes turpitudes qui vient se rappeler à moi. Voyez... Un papillon !
- Allons donc ! Dans ce cas se serait un vautour gras comme un moine qui vous ferait plier l’échine… Mais le soleil s’est levé, monsieur le mauvais bougre. Il est temps pour moi de retourner à mon labeur. N’oubliez pas ma roture.
- Oui mais, veuve et bourgeoise…
- Ah ! Je me disais aussi !
 
Fernand 
 
 

Voir les commentaires

Rédigé par Fernand

Repost0

Publié le 12 Avril 2026

Atelier :
L’effet Barnum
 
Sujet :
Écrivez un horoscope pour la semaine prochaine.
Créez un horoscope farfelu pour la semaine à venir. Que prédisez-vous pour chaque signe ? Soyez créatif et amusez-vous avec des prédictions improbables ! Mais, utilisez l’effet Barnum pour être crédible.
 
Les signes dans l'ordre : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons.
 

__________________

 

Voir les commentaires

Rédigé par Atelier Ecriture

Repost0