Publié le 19 Juin 2018

La joueuse de mandoline  - Bernard Brunstein

La joueuse de mandoline - Bernard Brunstein

 

La musique est-elle narration ? 

 

[...]
Il existe un point commun entre la musique et le texte, que l’on ne retrouve ni dans la peinture, ni dans la sculpture : celle d’une structure linéaire. La musique a un début, un milieu et une fin, on l’appréhende dans une temporalité, à l’inverse par exemple d’une image ou d’un tableau.

[...]
Bien sûr, une œuvre musicale ne peut guère raconter une histoire au sens verbal du terme. Le langage musical ne fonctionne pas selon la double articulation de la langue, et ne sécrète donc pas de sens linguistique. Pour autant, il est possible de considérer la musique comme un protorécit.

Le discours musical s’inscrit dans le temps, et possède donc une organisation syntaxique propre. Rythmes, accents, tons, longueurs, syllabes font partie intégrante de la musique (mousikê en grec désigne la poésie lyrique). Dès lors, la musique peut très bien imiter la courbe intonative d’un récit sans paroles, un récit « en creux ».

http://www.plume-escampette.com/la-musique-peut-elle-raconter-une-histoire/

Comment raconter la musique ?

La musique est invisible et impalpable, d’où la difficulté de raconter ce que l’on entend. Le vocabulaire spécifique aux sons, les métaphores, comparaisons, assonances, allitérations, ainsi que le rythme des phrases participent à sa description. Selon le style de musique et les émotions ressenties, la longueur de la phrase et sa construction participent à l’effet recherché : phrases fluides, phrases hachées, énumérations…

 

Exemple : un extrait de La Dame qui chante de COLETTE

Repérez les assonances et allitérations, les comparaisons, les métaphores...

[…]
À ce premier cri, jailli du plus profond de sa poitrine, succéda la langueur d’une phrase, nuancée par le mezzo le plus velouté, le plus plein, le plus tangible que j’eusse entendu jamais…
[...]
Sa grande bouche généreuse s’ouvrait, et j’en voyais s’envoler les notes brûlantes, les unes pareilles à des bulles d’or, les autres comme de rondes roses pures… Des trilles brillaient comme un ruisseau frémissant, comme une couleuvre fine ; de lentes vocalises me caressaient comme une main traînante et fraîche.
[…]

"La dame qui chante" - Les vrilles de la vigne - Colette

ÉCRITURE :

Le sujet consiste à écrire en écoutant un air de musique, interprété "en live" à la mandoline.

Que vous raconte cette musique ?  Comment la racontez-vous ?

Trois étapes d’écriture :

- faire d’abord son portrait chinois,

- puis décrivez-la en quelques lignes, racontez ce que vous raconte cette musique

- et ensuite rédigez un poème ou une chanson à réciter ou à chanter sur l'air en question.

***

Ci-dessous, le petit air de musique interprété à la mandoline lors de l'atelier...

... et les paroles de ce chant de troubadour du XIIe siècle, intitulé :

"Quand le rossignol s'écrie"

Quand le rossignol s'écrie
Qui nous desduit de son chant.

Pour ma belle douce amie
Vois mon coeur rossignolant.

Jointes mains merci lui crie
Car jamais rien n'aimai tant.

Et bien sais s'elle m'oublie
Que jolie me va finant.

https://www.partitionsdechansons.com/pdf/15062/Traditionnel-Quand-le-rossignol-s-ecrie.html

Traduction
Quand le rossignol chante
Qui nous charme par son chant

Pour ma belle, douce amie,
Je vois mon cœur rossignolant.

Jointes mains, je la supplie
Car jamais je n'aimai tant

Je sais bien que si elle m'oublie
C'en est fini de mon bonheur.

https://www.partitionsdechansons.com/pdf/15062/Traditionnel-Quand-le-rossignol-s-ecrie.html

LES TEXTES DE L'ATELIER :

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Rédigé par Atelier Ecriture

Publié dans #Musique, #Musique et Danse

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Publié le 19 Juin 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle, elle joue de la mandoline

quelques notes en sourdine

je ferme mes yeux

et devant moi couleur du ciel bleu

 

d'une source tu jaillis

entre les pierres de ce pays

tu ruisselles doucement

en allant vers l'avant

 

tu chutes entre les rochers

vers la plaine ensoleillée

ou là tu paresses

tendrement comme une caresse

 

tes méandres façonnent le paysage

vers la mer et son rivage

torrent fantastique

je t'écoute comme une symphonie classique

 

sur tes rives poussent les coquelicots

qui s'abreuvent de ton eau

taches de sang vermeil

de la nature qui s'éveille

 

j'entends tes gargouillis

rimes de ta poésie

c'est la fin de ton voyage

tes eaux avec la Méditerranée tu partages

 

elle, elle vient de plaquer son dernier accord

sa musique disparaît vers le dehors

en emportant avec elle les images

de mon esprit en vagabondage

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Rédigé par Bernard

Publié dans #Musique et Danse, #Musique

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Publié le 18 Juin 2018

                                               Telle une plume au vent, les notes s'envolent afin de raconter l'histoire du premier amour, 

                    de Paul et Virginie vivant leur adolescence dans une période troublée de fin de guerre.

                                               Le film " Un été 42 ", sa sublime musique racontait leur vie, comme une marguerite que

                    l'on effeuille avec le cœur, que l'on décompte avec le temps.

                                               Virginie pétillante comme un diabolo menthe, admirait la présence débordante de puissance,

                    de joie communicative des libérateurs.

                                               Paul une turquoise de poésie savourant le début de l'été, tous deux prenaient le temps de

                    s'asseoir sur leur banc dans ce jardin, entourés de petits moineaux sautillant, respirant les odeurs fruitées

                    s'échappant des arbustes fleuris.

                                               Une petite musique dans la tête, leur trottait, leur trottait comme un esprit malin, poète

                    et amoureux.

 

  ***
 
 
CHANSON POUR MADO
 
                                           De la prose aux vers
                                           Des haïkus aux quatrains
                                           Partons au pays de Molière
                                          
                                           La musicienne des temps lointains
                                           Grattant ton instrument avec joie
                                           Tristan et Iseult dansant au loin
                                           Vivant leur mythique amour courtois
 

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Rédigé par Dominique

Publié dans #Musique, #Musique et Danse

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Publié le 18 Juin 2018

MUSIQUE, NARRATION ET GOGUETTE

 

La musique de la mandoline

 

Sous les doigts, les cordes de la mandoline tintent… Les notes, grelots minuscules et nacrés, bondissent, sautillent d’une corde à l’autre, s’irisent en arc-en-ciel d’aigus, dégringolent en délicates gouttelettes.

La musique, légère comme une brise d’été, s’égrène en clapotis de notes-perles, dans le murmure bruissant d’une rose froissée…

 

 

 

 

La musique à l’atelier

 

La musique à l’atelier, c’est une drôle de nouveauté,

Un p’tit air de mandoline pour méninges torturer.

 

Et compter les notes, les croches pour mesures garder,

Tu parles, c’est compliqué !

Une petite chanson, sans aucune prétention, rien que pour vous dédiée,

Pour finir en beauté !

♬  A chanter sur l’air de « Quand le rossignol s’écrie »… ouvrir le lien ci-dessous :

 

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Rédigé par Mado

Publié dans #Musique, #Musique et Danse

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Publié le 18 Juin 2018

Un jour, demain, jamais… de suite !

 

Mes chéris à table. Levez vos fesses de vos fauteuils.

Les chaises de ma cuisine vous attendent…

Elles font quatre pieds de grue comme votre Maman adorée qui en fait deux.

Mes chéris dépêchez-vous votre plat préféré va refroidir.

Mes chéris je vous ai concocté votre dîner favori, de bonnes tripes de lapin farcies.

René, tu peux interrompre ta leçon d’anglais et éteindre ton ordinateur. Dépêche-toi.

Hubert, mon amour, éteins ta télé, tu as déjà regardé la météo il y a un quart d’heure. Même le cul de la speakerine n’a pas changé en si peu de temps.

Toby veux-tu ne pas rester sous la table, courre vite à ta panière.

 

Quand je pense que le bel Armand voulait m’emmener dîner dans ce petit bistrot si parisien, si près de chez lui. Manger des raviolis, boire du rosé de Provence. On dit qu’il n’y en a plus, mais Armand… Il avait même imité l’écriture de ma mère, une lettre pleine d’émotion, Maman m’appelait auprès d’elle pour son avant dernier soupir. Avant dernier, faut pas assécher l’oued. Hubert aurait gobé, la lettre et l’hameçon avec, il gobe tout ce con. D’ailleurs il a la vigueur sexuelle d’un thon qui aurait traversé deux fois l’Atlantique à contre-courant. Franchement qu’est-ce que je fais là ? Ah oui, les liens sacrés du mariage, pour le meilleur et pour le pire. Il l’a dit Monsieur le curé et dans l’ordre. Le meilleur c’est fait, le pire je le vis. Merci petit Jésus.

Ils me fatiguent, me fatiguent, ras le bol, je vais renverser cette putain de table, un jour, demain, jamais, de suite. Blang !

 

*

Oui Maman, une minute !

Elle le fait exprès j’en suis sûr. Toujours, à chaque fois, elle attend le moment où je vais marquer des points, l’instant où Ninja a repéré le bad boy, va enfin le tuer…

« A table mes chéris ! » Ça ne peut pas être dû au hasard, trop gourde ma génitrice. Et pour manger quoi ? Des tripes de lapin farcies. Plein l’intestin des tripes de lapin farcies, quatorze ans que j’en mange des tripes de lapin farcies. Elle devait déjà en mettre dans mon biberon. Je subodore que le jour de son mariage, sa mère lui a donné une feuille au format A4 imprimée recto seulement « La cuisine pour les très très nulles » Une seule recette à apprendre par cœur. Et l’autre vieux déchet affalé dans son fauteuil à boire de l’alcool et mater des meufs qu’il n’aura jamais. Tu crois qu’il dirait quelque chose, qu’il oserait un mouvement de révolte ? Même pas « Oui mon bébé » « Bien sûr ma puce » pauvre mec, rien dans la culotte, si c’était moi elle en entendrait la vioque. Maurice, lui, sa mère, elle lui dépose un pan bagnat près de son ordi, il peut jouer autant qu’il veut. D’accord il n’est pas le premier de la classe mais à Ninja il fait les meilleurs scores. Personne ne peut le battre, trop fort le cum.

Oui Maman j’arrive !

En fait ici, on m’empêche de vivre ma vie, la vraie vie que je mérite. Impossible de progresser, de devenir une célébrité qui passera à la télé. Ah la tête qu’ils feront, moi je ne les reconnaîtrai pas.

M’évader, je dois fuguer, j’y vais, un jour, demain, jamais, de suite. Bleng !

 

*

 

Oui ma puce, deux secondes !

Tiens, il y avait longtemps, pas moyen d’avoir du temps pour moi, me détendre, siroter un whisky tranquille. Encore sur mon dos à exiger, ici, là, vite, cette femme est un tyran. Je vais lui dire moi où elle peut les mettre ses tripes de lapin farcies. Les tripes de lapin farcies, quinze ans que j’en mange, ça suffit, et ni, ni c’est fini. Et puis elle est trop grosse, les ongles noirs, les cheveux sales, les bas qui plissent. Et puis quand on fait l’amour, une fois l’an, pour notre anniversaire de mariage, elle garde les yeux grands ouverts, compte les fissures du plafond, toujours l’air de dire : au lieu de t’agiter bêtement tu ferais mieux de le repeindre. Au moins ton pinceau servirait à quelque chose d’utile. Bien sûr que c’est à ça qu’elle pense. Je le devine depuis le temps.

J’arrive chérie !

Et l’autre petit con toujours entre deux boutons, presser celui d’acné, écraser celui de la console de jeux. Il croit que je ne vois pas son regard prétentieux persuadé qu’il est d’être un génie. Tu n’as pas encore tué le père pauvre crétin.

Le père ? Mais pourquoi ai-je dit oui ? J’étais encore saoul de la veille, ma seule excuse. Putain, aujourd’hui je vivrais auprès de la belle Annie. Je coulerais des jours heureux, dorloté comme un coq en pâte. Douce Annie qui m’aime encore, qui m’attend toujours. Son sms « viens !»

Et puis merde, ils me font suer tous les deux, je pars, un jour, demain, jamais, de suite. Bling !

 

*

 

Waf, Waf ! Je ne suis pas beau comme ça ? Tout poisseux, couvert de sauce, les yeux, les oreilles, des tripes de lapin farcies en veux-tu en voilà. Ce n’est pas que ce soit vraiment mauvais mauvais mais j’en ai déjà mangé hier et avant-hier alors ce soir mes croquettes étaient bienvenues mais non encore des tripes de lapin farcies. Sacrée famille, deux de partis, une en pleurs, plus un seul pour me nettoyer. Je vivais heureux, traînais toute la journée avec la bande du quartier. Une poubelle par-ci, un tas d’ordures par-là, quelles rigolades ! Pourquoi m’être laissé adopter ? La promotion sociale peut-être, le plaisir de snober les clodos du bout de la rue sûrement. Quelle désillusion, quelle leçon ! Si je n’ai pas compris, je n’ai rien compris. Je dois retourner avec les miens. Ils puent c’est certain, mais pas les tripes de lapin farcies. Quand ? Un jour, demain, jamais, de suite. Ouah, Ouah !

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Rédigé par Hervé

Publié dans #Lire pour écrire

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Publié le 18 Juin 2018

 

Je suis fatiguée. J’ai mal au ventre. Ma famille autour du lit : mon mari, ma fille, mon fils. J’entends ma fille dire « Maman s’est réveillée ». Mon mari me sourit, se penche vers moi, prend ma main et dit « tu nous as fait une sacrée peur ». Je suis à l’hôpital, c’est évident. Que m’est-il arrivée ? J’hésite à le demander. On devait partir pour New-York. Sommes-nous aux États-Unis ? Non, les enfants ne devaient pas venir, on voulait partir avec des amis. A moins qu’ils ne soient venus d’urgence, vu la gravité de mon état. Mon fils se lève, me dit au revoir, qu’il a un chantier à finir. Tout va bien. Nous sommes en France, mon fils n’a pas de chantier à New York. Il a son comportement habituel, ne pense qu’à son travail. Donc, ce n’est pas trop grave, sinon il se ferait quand même du souci. Au moins je l’espère.

***

Ma femme m’a encore sauvé une fois, sans le savoir, bien sûr. Moi qui ai une peur bleue des avions, moi qui ai pu éviter d’en prendre jusqu’à l’âge de 67 ans, alors que je voyage beaucoup, mais toujours en voiture, en train ou en bateau. Cette fois-ci, je ne voyais plus d’échappatoire. Ma femme rêvait d’aller à New York, ça fait des années qu’elle m’en parle. Nos amis m’ont bassiné, tout organisé, comme d’habitude. Vu mes réticences, quelqu’un a dit que j’avais peut-être peur de l’avion. Ça, je ne pouvais pas l’admettre, je ne pouvais pas l’avouer. Je me sentais ridicule, surtout par rapport aux statistiques. Donc, à bout d’arguments, j’ai consenti à ce voyage stupide. Je souris à ma femme qui vient de se réveiller. Bien joué !

***

Quand ma mère m’avait appelée pour me dire qu’elle avait atrocement mal au ventre, j’ai pensé qu’elle psycho-somatisait, qu’elle avait peur de l’avion, qu’elle n’osait pas le dire à son mari. Pour moi, son corps, ou son esprit, je ne sais pas, s’inventait une maladie. C’est vrai qu’à 65 ans, elle avait fait beaucoup de voyages, mais aucun en avion. Je n’y avais pas pensé avant, tellement leurs destinations me paraissaient évidentes, conformes à leur façon de voyager. Partir, s’arrêter où ils voulaient, quand ils voulaient, sans contraintes, sans planning préétabli, partant avec les affaires de camping, qui seraient utilisées ou pas, selon les circonstances, la météo, les gens rencontrés, leur humeur du moment. En avion, ce n’est pas possible, on ne peut pas s’arrêter en cours de route. Alors, quand elle m’a appelée, ça m’apparaissait comme une évidence. Ma mère a peur de l’avion. Son ventre se rebellait parce que sa tête s’efforçait à dépasser sa peur.

***

Ça y est. C’est fini. Ma mère a été opérée. On lui a enlevé un bout des intestins, nécrosé, disait le chirurgien. Toute à l’heure elle s’est réveillée. Elle va se rétablir vite. C’est quand même une drôle d’histoire. Hier soir, vers dix heures, mon père a sonné chez moi pour me dire qu’il devait amener ma mère à l’hôpital. Elle insiste, elle a très mal, me disait-il. Je pensais qu’on allait certainement lui donner des calmants, vu qu’ils devaient partir pour New York ce matin. Je ne m’inquiétais pas trop, me disant qu’ils seraient certainement de retour avant minuit. En fait, mon père a téléphoné vers deux heures du matin, disant que ma mère devait être opérée dans la matinée, que New York, c’était cuit. Ce matin, on s’est tous retrouvés à l’hôpital, attendant la fin de l’opération, les informations du chirurgien et enfin le réveil. Tout s’est bien passé, le chirurgien nous avait déjà rassurés. Je pense que mon père lui en veut à mort. Lui qui rêvait tellement de ce voyage.

***
 

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Rédigé par Iliola

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Publié le 18 Juin 2018

Rédigé par Atelier Ecriture

Publié dans #Divers

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Publié le 15 Juin 2018

ENFANT...

Enfant

tu regardes le monde d'un œil.

Le monde t'appelle d'un seul œil .Tu regardes à travers la vitre, fêlée ,brisé

Brisure, fêlure…

La vitre de la voiture te protège et pourtant elle est fêlée, brisée

Tu vois le dehors avec clarté d’un seul œil.

Te sens tu protégé ?

Tu sembles inquiet ! Tu as oublié quelque chose à ta maison?

Tu dis adieu car tu sais que tu ne reviendras pas dans cette maison.Tu dis au revoir avec grâce, tu sais qu'au fond de toi ce sera ailleurs chez toi, chez des inconnus qui vont t'accueillir dans une maison au bord de la mer.

Tu ne décolles pas le nez de la fenêtre de la voiture. Ton regard arrache des coins de paysage car roule la voiture.Tu vois des immensités de champs de blé inondés de coquelicots, le soleil brille sur les épi de blés qui mûrissent en un clin d'œil et les coquelicots virevoltent sous le doux vent.

Ton grand-oncle traverse une forêt d'arbres à large tronc. Arbre ouvert vers la lumière. Sous un ciel chaud se dessine des visages, des animaux, qui t'invitent à ouvrir la porte de ta voiture et de crier c'est ici que je veux dormir, là-haut tout au bout là haut, dans cet arbre et écouter le ruisseau qui coule.

Le grand oncle c’est lui qui conduit, reprends sa route sous le clapotis de la rivière. Le soleil se couche au-delà des vallons qui ventilse des bleus, des verts, des jaunes. L'électricité illumine les intérieurs des maisons, tu vois les ombres des gens. Il fait jour encore, c'est l'été, Les odeurs de la cuisine méditerranéenne appellent ton oncle a passer à table. Ils décident de s'arrêter dans le village perché sur une colline du tout du possible. Oui il est possible d'y manger, de faire le tour du village à pied, avec une vue panoramique à l'infini. Un homme vieux fume sa pipe et regarde la fontaine qui coule, des enfants dansent, une femme assise lit un journal puis regarde la vie sur cette place où coule une fontaine.Tu sais que tu as une nouvelle vue, sur la vie à 365 degrés et chaque jour tu peux faire une photo avec ou sans rature le tout est possible !




 

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Rédigé par Christine

Publié dans #Les fenêtres

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Publié le 12 Juin 2018

ATELIER n°4

 

En respectant les critères définis d’évaluation de la nouvelle, analyse du texte :

 

ÇA Y EST, C’EST FAIT

Frédérique-Sophie Braize

Ça y est, c’est fait

Je dois le faire.
Avant la rentrée.
Il faut que j’y arrive.
Avant de retourner à la fac.
À vingt ans, je ne veux plus être le seul puceau de la bande ; j’en ai assez qu’on me mette en boîte. Il ne reste que quelques jours, mais je peux encore y parvenir. J’ai remarqué que Kessy a changé d’attitude. Après trois semaines, elle semble enfin baisser sa garde — moi qui prenais les Anglaises pour des filles faciles !
Ce soir, je vais jouer le tout pour le tout.
Pendant que mes parents fêteront leurs vingt ans de mariage au restaurant, je vais lui dire que je suis tombé amoureux d’elle, et que je voudrais que ma première fois se passe avec elle. On m’a dit que les filles sont sensibles à ce genre d’aveux. Ça devrait la décider.
Au fond, je ne l’aime pas.
Je ne la trouve pas belle non plus, mais septembre approche et le temps presse. En attendant, j’imagine mes mains sur ses gros seins crémeux, ses cuisses ouvertes dévoilant son intimité, mon sexe entrant en elle avec ardeur, s’enfonçant loin. Je veux pénétrer sa chair sans jamais revenir en arrière.
Je rêve du moment où je pourrais enfin me dire : Ça y est, c’est fait. Philippe, tu n’es plus puceau.
*
Ça y est, c’est fait.
Je l’ai fait.
28 août 1989, moi, Kessy Carter, j’ai perdu ma virginité.
À dix-huit ans.
Avec le père.
J’aurais préféré avec le fils, mais je rentre dans trois jours et Phil ne semble pas s’intéresser aux filles. C’est un rêveur. Je crois qu’il est gay.
Pas comme son paternel.
Quel dragueur celui-là !
Ces Français ont une juste réputation de roi des baratineurs. Sous prétexte de m’accompagner à l’agence de voyage pour acheter mon billet retour, Max s’est ménagé un tête à tête avec moi. Il m’a dit qu’il était fou de moi, que j’étais belle. Qu’il valait mieux que ma première fois se passe avec un homme expérimenté, et qui me respecte de surcroît. Je lui ai rendu ses baisers. Sa main s’est frayée un chemin sous ma robe. J’ai voulu parler de sa femme, mais il n’avait pas envie de gâcher ce moment en mentionnant Béatrice.
Alors j’ai dit « oui ».
Il a été doux, mais je n’ai pas aimé.
Parce qu’il trouvait que j’étais bizarre après, il m’a achetée une glace à la vanille sur le chemin de la maison. Je me suis dépêchée de lécher les coulures sur le cornet pendant que du liquide dégoulinait entre mes jambes.
*
Ça y est, c’est fait.
J’ai trompé ma femme.
Depuis le temps qu’on ne couche plus ensemble, ça devait arriver.
Et puis quelle idée d’inviter la correspondante de Philippe en vacances chez nous !
Trois semaines qu’elle agite ses fesses devant moi.
Sacrées Anglaises ! À dix-huit ans, elles ont l’air d’en avoir vingt-cinq.
Je conduisais Kessy à l’agence pour son billet d’avion quand j’ai senti le désir bouillir dans mes veines. Je me suis garé dans un endroit tranquille. Je l’ai regardée dans les yeux, lui ai passée la main dans la nuque et c’est elle qui m’a embrassé — quelque chose comme un fruit sucré, écrasé sur la bouche. Je n’ai pas mis longtemps à la convaincre. J’ai juste failli débander quand elle a parlé de Béatrice, mais je me suis repris en me concentrant sur son profond décolleté qui dévoilait des seins comme des meringues accolées par de la crème. Je me suis dit : Max, c’est ton jour.
J’ai allongé Kessy dans la voiture. Relevées par le siège, ses hanches étaient plus hautes que sa tête. Dans cette position, elle ne pouvait guère bouger. Je l’ai prise, sans la meurtrir. Je me suis senti vivant, animé de passion. Comme à vingt ans.
Je ne comprends pas pourquoi Philippe n’a pas cherché à être dessalé par sa correspondante. Je commence à avoir des doutes à propos de mon fils. Je crois qu’il a dû faire une chose sale et qu’il n’est pas à l’aise. Et Béa qui ne se doute de rien. Je n’ose pas imaginer sa réaction quand elle va savoir qu’il est homo.
*
Ça y est, c’est fait.
Mon fils a enfin sauté le pas.
Avec sa correspondante.
Du moins, j’espère. Car elle part dans trois jours, et après, il sera trop tard. Mais à voir le trouble de Kessy, je ne pense pas me tromper.
Quelles affranchies, ces Anglaises ! Leur réputation n’est pas surfaite. Elles ont l’aplomb, le déluré qui plaît aux hommes ; elles sont toutes plus avancées pour les choses de la vie. Rien à voir avec mon garçon qui donne dans le sentimental.
Je dois admettre que je suis soulagée que Philippe ait écarté les cuisses d’une fille, même si ce n’est pas la plus jolie. J’ai bien cru que ça n’arriverait jamais. Je commençais à croire qu’il aimait les hommes, et je ne me voyais pas annoncer ça à son père. Insupportable pour quelqu’un avec des valeurs, comme Max.
Je ne peux toutefois m’empêcher de penser : tel père, tel fils, car, à la décharge de Phil, on ne peut pas dire que Max soit porté sur le sexe. Quand je l’ai rencontré, il était encore puceau. À vingt-six ans, il y avait de quoi se poser des questions.
Je crois qu’il me reste reconnaissant de l’avoir déniaisé.
Quelle bonne idée j’ai eu de prétexter un échange linguistique pour sortir Phil de cette impasse, et éviter ainsi une crise familiale.
Plus tard, ils me remercieront.
J’en suis certaine.

ÇA Y EST, C’EST FAIT Frédérique-Sophie Braize

Écriture :

Une famille de quatre personnes, le père, la mère et deux enfants font une sortie ensemble : promenade, restaurant, pique-nique, fête quelconque… Sexe et âge des enfants au choix.
Faites un texte à « quatre voix » dans lequel chacun des personnages vivra la même situation, mais avec des pensées différentes.
But de l’exercice : pouvoir décrire une même situation sous plusieurs points de vue.

LES TEXTES :

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 12 Juin 2018

Le Père

 

Ça y est, j'ai enfin réussi a caser toute la famille et les bagages dans la voiture.

Nous pouvons partir.

Je suis calme, pourtant Bernadette m'a fatigué, elle m'a gonflé avec toutes ses recommandations.

As-tu fermé le gaz, coupé l'électricité et j'en passe et des meilleures.

Enfin comme si c'était la première fois que nous partions en vacances. Je ne suis plus un gamin, j'ai quarante-trois ans, merde ! Bon c'est vrai j'ai oublié de changer la vitre étoilée par l'impact d'une pierre. J'ai dû lui raconter une histoire, elle m'a cru c'est l'essentiel. Elle tiendra bien jusqu'à notre retour.

Vivement ce soir, je pourrais mettre les pieds dans l'eau.

Bon maintenant concentre-toi sur la route.

 

 

La Mère

 

Ça y est, j'ai enfin réussi, c'est fou comme une femme est obligée de penser à tout dans une maison. Ce n'est pas deux enfants que j'ai, mais trois.

A chaque fois que nous partons en vacances, je suis obligée de faire une liste et vérifier que Jacques a bien fait les choses, c'est un vrai gamin ; il faut dire que sa mère la coucouné jusqu'à notre mariage. Parfois j'ai l'impression, qu'il se moque de moi. Je le laisse parler son histoire de vitre... s’il savait que la veille j'avais pris conseil auprès du mécano...

Vivement ce soir où je me laisserai me surprendre à ne rien faire dans cet hôtel ou tout est compris.

Bon, maintenant je vais me concentrer sur la route et sur Jacques ; c'est un bon conducteur mais bon, je préfère garder un œil sur sa conduite.

 

 

Le fils

 

Ça y est, me voilà assis sur la banquette arrière du côté de la vitre étoilée. Je n'ai rien oublié, enfin... maman n'a rien oublié, il faut dire que je l'ai bien aidée. Maman a tout organisé, je ne pouvais pas compter sur papa, je l'attendais râler après maman. Le seul moment où ils ont été d'accord, c'est quand je leur ai demandé:

- Elle est solide la vitre ?

Ils m'ont répondu:

- Oui, tu ne risques rien.

Vivement ce soir, je vais retrouver mes cousins à l'hôtel.

Bon, maintenant, je vais me concentrer sur la route, en regardant le paysage à travers ma vitre étoilée et laisser faire mon imaginaire.

 

 

La fille

 

Ça y est, me voilà assise à côté de mon grand frère, sanglée dans mon siège. L'avantage quand on est la plus petite, c'est que l'on ne vous demande rien. Du haut de mes trois ans, je les regardais tous s'agiter. Maman comme un capitaine donnait des ordres à papa. Papa, pestait après elle, je ne comprenais pas tout, surtout quand papa disait:

- Je n'ai plus trois ans !

Robert mon grand frère se faisait crier par maman car il voulait tout emporter le vélo, la tablette, ses soldats.

Vivement ce soir ! J'allais enfin connaître l'hôtel et surtout mes cousins.

Bon, maintenant, je vais me concentrer. J'ai mon Doudou, ma sucette, je vais me laisser bercer par le ronron de la voiture et la radio de Papa...


 

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Rédigé par Bernard

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