Publié le 31 Mai 2026
Pour le Concours de la Nouvelle seniors 2026, sur le thème tiré d'une citation tirée des « Lettres à un jeune poète » de Rainer Maria Rilke,
Et les lauréates sont :
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Un atelier d'écriture, des thèmes variés, les textes des membres de l'atelier.
Publié le 31 Mai 2026
Pour le Concours de la Nouvelle seniors 2026, sur le thème tiré d'une citation tirée des « Lettres à un jeune poète » de Rainer Maria Rilke,
Et les lauréates sont :
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Publié le 31 Mai 2026
Je m’appelle Émilie. La vie a pris possession de mon âme un soir d’automne, dans une ancienne maison de campagne appartenant à ma famille. La pluie crépitait sur les vieilles tuiles, les flammes dansaient dans l’âtre d’une cheminée de pierres et je dormais dans la douceur des bras de ma mère.. Mon avenir, veillait sur moi avec tendresse.
Dès que j’ai su marcher, j’ai aimé mes chaussures. Plus tard, je lançais une balle à mon chat et nous faisions la course pour l’attraper. Mistigri gagnait toujours. N’ayant pas encore appris à perdre, je gardais une petite rancune à mon chat, et je me pris à moins aimer mes chaussures, les rendant responsables de mes défaites. La maternelle et les autres filles m’apprirent à dire non ! On disait de moi : Elle a du caractère ! En fait, je venais de découvrir les avantages de l’égoïsme. Le soir, dans mon lit douillet, je me reprochais mon comportement, mais j’avais une fâcheuse tendance à devenir sourde... Le remord n’avait pas encore atteint ma juvénile conscience. Jusqu’à ce que…
J’avais six ans quand mes parents me donnèrent une petite sœur à aimer. On la baptisa « Marie » Ce fut un choc ! Je devenais « Émilie, la sœur aînée » ! Je décidais d’être digne de mon nouveau statut et de toujours la protéger. Pour me remercier des sentiments plein d’amour, que je vouais à ma sœur, mon père me fit un cadeau :
- Je t’offre ce miroir Émilie, il sera pour toi un vrai confident, et il ne ment jamais. Tu remarqueras qu’il n’est pas rectangulaire, l’arrondi de son cadre de bois ciré ne blessera jamais les mains douces qui le caressent. Aime-le... Regarde son reflet chaque jour, et il répondra à tes questions. Tu verras…
Dés lors, Je passais des heures à t’interroger, mon ami miroir. Tu me disais que j’étais belle et ma candeur ne demandait qu’à te croire. Mais tu n’as pas tardé à freiner la satisfaction que me procuraient tes compliments..
- Attention ! Disais-tu. Prends garde à ne pas semer tes sentiments aux quatre vents. Aimer et offrir son amour est louable, mais les princes charmants ne sont pas toujours ce que l’on croit... Regarde plutôt autour de toi et tu trouveras toujours une âme qui a besoin d’être aimée…Tiens ! Souviens toi :
Il y a quelques jours, un pauvre homme, assis sur un bout de trottoir, a tendu sa main vers toi. Tu as fait un écart pour passer sans le voir, car sa misère t’a fait peur. Il ne demandait, pourtant, qu’une piécette… C’est comme si tu avais refusé une simple goutte d’eau pour étancher la soif d’un homme à l’agonie. Tu aurais pu lui consentir un regard pour qu’il sache qu’on le voit, mais tu ne lui a rien donné. Ta fierté a pris le dessus sur ce que j’essaie, en vain, de t’enseigner.
Oui, je me souviens, miroir, j’ai eu honte. J’ai voulu lui donner une grosse pièce le lendemain, mais un jour de trop était passé et il n’était plus là. Tu m’as alors glissé à l’oreille : Ne le cherche pas Émilie. Découragée, son âme lui a dit : Viens partons, je vais te confier à un ami qui te feras découvrir un nouveau chemin… Et tu ne sais pas tout Émilie ! Personne n’a accompagné son départ. Sa dépouille a été enlevée par la voirie comme un tas de feuilles mortes… Sans plus ! Aimer, sans partage, n’est pas facile, mais le premier pas que l’on fait vers l’autre ouvre notre cœur au monde entier.
Je ne savais pas qu’il était si difficile d’aimer son prochain. Personne ne m’avait appris le poids d’amour, que représentait une simple tranche de pain. J’acceptais cette leçon avec humilité.
Forte de tes conseils, je suivais avec bienveillance, l’avancée dans le temps, de ma petite sœur. Ses cris de guerre quand elle courait après Mistigri, résonnaient dans la maison comme un hymne au bonheur. L’amour ruisselait par toutes les portes, et menaçait de nous noyer… Qui plus est, ma sœur dégageait une bonté naturelle que j’étais loin de posséder à son âge.
Un jour d’hiver, un peu avant Noël, nous allions en ville, avec notre père, quand une petite mendiante attira son regard. Elle s’approcha d’elle, se pencha et lui demanda :
- Il fait froid. Tu n’as pas d’écharpe ? Tiens prends la mienne mon manteau me suffit.
La petite, apeurée, ne sut quoi répondre. Alors, Papa, ému, lui tendit le vêtement en la priant de l’accepter.
Moi, l’aînée je venais, encore, d’apprendre à aimer naturellement, sans contrepartie… Mais mon destin avait décidé qu’il était temps que j’apprenne à pleurer.
Marie était belle en dehors et en dedans. La soie de ses cheveux dorés encadrait deux yeux d’un bleu ciel pas possible tant ils vous éclaboussaient quand elle racontait l’histoire du chevalier qui tue le Dragon. Parfois elle plaignait ce pauvre Dragon qui n’était pas si méchant…
Mais, un jour, à l’âge de ses cinq ans, le dragon ne mourut pas. Le chevalier faillit à sa mission et Marie perdit ses forces à vouloir lutter contre la bête. Marcher devenait difficile, quant à courir, il ne fallait plus y penser. Elle dut garder le lit. Elle ne comprenait pas et demandait, sans arrêt : Pourquoi ? Et moi, je n’avais pas la réponse. Ses beaux yeux avaient perdu leur éclat. Seul, Mistigri amenait un sourire timide sur ses lèvres lorsqu’il venait se pelotonner dans ses bras. Il la comblait de bises. Ses ronrons et la douce chaleur de sa fourrure la réconfortaient.
Je luttais avec elle de toutes mes forces, mais l’amour que je lui portais ne suffisait pas. L’hôpital était inévitable. Quand les infirmiers sont venus pour l’emmener… J’ai pleuré. Avant qu’ils ne me l’enlèvent, je me suis penchée pour l’embrasser et lui dire :
- Tu sais que je t’aime Marie. Je ne t’abandonne pas. Je serais toujours auprès de toi.
Marie m’offrit, alors, un grand sourire et tendit ses bras vers moi. Je compris qu’ elle me faisait cadeau de sa vie. Tu sais, dit-elle, tu ne quittes jamais mes pensées. Moi aussi je t’aime ma grande sœur. Sur ces mots les portes de l’ambulance se fermèrent, le moteur rugit et le véhicule blanc s’éloigna.
Sa chambre, était décorée de petits lutins dansant sur les murs et une grande fenêtre laissait entrer le printemps et la lumière du soleil. Les infirmières s’appliquaient à donner les meilleurs soins à notre Marie. Des enfants venaient des chambres voisines et jouaient avec elle.
Figure-toi, miroir, que tes leçons n’étaient pas restées lettre morte. J’ai cherché ce que je pouvais faire pour lui apporter un réconfort moral. Surtout que Marie avait perdu ses cheveux. Je lui avais dit qu’il s’agissait d’une situation provisoire, mais Marie ne croyait pas un traître mot de mon discours. Je suis laide, disait-elle, plus personne ne m’aimera et mes camarades, ne voudront plus jouer avec moi…
- Tu crois que le soleil voudra encore réchauffer mon lit, le matin, avec ses rayons dorés ?
Cette question posée du bout des lèvres après quelques secondes de silence, m’avait anéanti. Que dire ? Que faire ? Au secours, miroir ! Aide moi, répond à ma place… Mon impuissance à trouver les mots me faisait honte, et je ne pensais qu’à fuir. L’amour qu’elle exigeait de moi était bien lourd pour mes petits bras. J’étais perdue, quand...tu vins à mon aide… Tu étais là miroir, dans le bleu de ses yeux...
Pour te prouver que c’est la vérité demain je viendrais avec le beau miroir que papa m’offrit quand tu es née. Il ne ment jamais ! Tu lui poseras la question et tes craintes s’envoleront, tu verras...Tu es encore plus belle qu’avant, ma petite sœur chérie, à demain.
Le lendemain, je vidais ma tirelire, te pris sous mon bras, et en chemin nous nous arrêtâmes à un magasin pour choisir un beau chapeau. J’avais choisi un modèle cloche, bleu clair, comme ses yeux, avec une bande blanche sur laquelle était accrochée une fleur rose. J’étais sûre qu’elle allait adorer.
Regarde Marie, « miroir » est venu te voir. Mais, tout d’abord, j’ai un beau cadeau pour toi. Je sorti de l’emballage le chapeau et le posai délicatement sur sa tête. L’absence de ses cheveux n’était plus de mise. Je retrouvais la petite sauvageonne qui enchantait ma vie. Je me dépêchais de te tendre vers elle pour qu’elle puisse se retrouver dans tes reflets. Je sais, que tu lui as parlé, et tu as glissé une ombre rosée sur ses joues pâles, dans l’image que tu lui as rendu.
Sont regard fatigué se tourna vers moi… Émilie… J’aimerais le prendre dans mes bras. Tu crois qu’il voudra ? Ses petits yeux se firent suppliant, je me dépêchait de te confier à elle tout en m’inquiétant de la voir aussi fragile. Marie t’entoura de ses bras et ferma ses yeux. Ses longs cils caressèrent son visage et un filet de sourire vint l’illuminer. Le silence qui s’était installé dans la chambre n’était troublé que par la respiration de Marie. Sur sa petite poitrine, miroir, tu accompagnais les battements de son cœur. Je vous regardais comme si j’admirais un tableau éternel. La fenêtre, ouverte, nous gratifiait d’une senteur de fleurs des champs. Soudain ! Miroir, tu faillis ! comme le chevalier, et tu ne bougeas plus… Ce fut comme si le dragon avait frappé. J’étouffais un grand cri... Et je t’ai détesté, miroir.
Ma colère fut telle que je voulu te briser en mille éclats... Mais ma vie, et peut-être celle de Marie, m’ont ramenée à la raison.
- Ta sœur l’a aimé ton miroir. Il a bercé ses derniers instants dans la sérénité. Elle est partie comme elle est venue… Sans le savoir. Regarde Émilie, son sourire ne l’a pas quitté.
La colère bâillonnait mon chagrin. Miroir ! Répond ! L’as tu vue partir ?
- Oui, Émilie, je les ai vues partir, main dans la main, avec sa vie. Oh ! Une toute petite vie, pas bien grande. Elles ont pris un chemin, encombré de fleurs qui les guidait vers la lumière. Elles gambadaient, heureuses et libérées vers un futur auréolé d’or...
Les années sont passées miroir, mon visage s’est fané, ton éclat s’est terni et ma vie, assise sur une pierre au bord de ma route, attend que je passe pour faire un bout de chemin avec moi… Marie n’est pas loin… Je le sais ! Viendras-tu avec moi ?
Fernand
Publié le 31 Mai 2026
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La valise de Mireille - Bernard BRUNSTEIN
10 mai 2024 – Paris gare de Lyon - 14h10
« Il est bon aussi d’aimer car l’amour est difficile ». Mathilde ne quitte pas des yeux le tableau indicateur des trains au départ. Cette phrase de Rainer Maria Rilke qu’elle a lue récemment résonne dans sa tête. Elle rentre à Nice où elle va retrouver Cyril, son mari depuis bientôt quinze ans, et leurs deux enfants. Les quelques jours passés chez sa sœur à Paris lui ont permis de faire le point sur sa vie de femme, de mère, d’épouse. Son couple bat de l’aile, les moments intimes deviennent moins fréquents. N’est-ce pas le devenir classique des amoureux ? Assise maintenant dans le hall 1 de la gare, sa valise verte à roulettes posée parterre à ses côtés, ses pensées vagabondent. Elle n’a pris encore aucune décision. Pourrions-nous donner une deuxième chance à notre amour…Cyril en a-t-il seulement encore l’intention…
Thomas est debout dans le hall 1, tous les sièges près de lui sont occupés. Il attend de savoir de quelle voie partira le train qui le ramènera à Annecy ce soir. Personne ne l’y attend. Sa compagne l’a quitté l’année dernière. Leurs réserves d’amour étaient épuisées, dépensées trop vite et trop intensément. Si elle avait su, elle serait peut-être restée à mes côtés. Par pitié plus que par amour. Plutôt ne garder que les souvenirs heureux. Le jour de leur rencontre devant un tableau de Gustave Caillebotte quand ils ont longuement échangé leurs goûts pour l’art et qu’il a vu la passion dans ses yeux verts.
Mathilde se lève, le panneau vient d’afficher le numéro de la voie d’où partira le train à grande vitesse pour Nice :19. Elle attrape machinalement la poignée de la valise à roulettes toute proche. Perdue dans ses pensées, partagée entre plaisir et doutes, elle s’apprête à retrouver sa vie provinciale, son travail à la boutique de bijoux fantaisie qu’elle fabrique elle-même, et ses deux fils, qui supportent difficilement les disputes récurrentes entre elle et leur père.
« Madame, Madame ! » Thomas lui touche l’épaule l’air affolé. Mais est-ce bien à elle que s’adresse cet homme si séduisant ? « Madame, excusez-moi, vous avez pris mon bagage ! » Mathilde, un instant sur la défiance, constate qu’il y a en effet deux valises vertes à roulettes identiques à ses pieds. « Vous vous appelez bien Mathilde n’est-ce pas ? » lui demande Thomas en la dévisageant. « Moi c’est Thomas, regardez sur l’étiquette accrochée à la valise !» insiste-t-il en joignant le geste à la parole.
Il a raison. Dans son empressement elle a saisi le premier bagage qui se trouvait là. Juste un incident, alors pourquoi son cœur s’emballe-t-il, pourquoi sent-elle ses jambes vaciller et ne peut-elle détacher son regard de celui de cet homme ?
Elle a envie de rire de cet échange de valise en pensant au contenu qu’elle aurait découvert à son arrivée à Nice et de pleurer pour cette rencontre qui arrive au moment inopportun dans sa vie. Elle bredouille, confuse, « Je suis vraiment désolée ». C’est tout ce qu’elle parvient à dire.
Son train partira dans vingt minutes voie 19, celui de Thomas dans trente minutes voie 20. « Juste le temps de prendre un café, vous voulez bien ? » propose -t-il. « Et d’acheter une bouteille d’eau et un magazine » ajoute-t-elle en le remerciant.
Thomas s’empresse de faire ces quelques achats et revient s’asseoir près de Mathilde installée maintenant dans le hall 2 d’où leurs deux trains partiront bientôt. Elle glisse rapidement dans son sac à dos le magazine que Thomas lui apporte.
Les minutes s’enfuient trop vite, le café est trop chaud, le hall trop peuplé et Thomas bien trop charmant. Le moment de se séparer est arrivé. « Nous partons du même quai ! » constatent-ils en riant. Des adieux aussi brefs que leur rencontre. Mathilde réalise qu’elle sait peu de choses de cet homme, séparé de la mère de son fils unique, il travaille à Annecy dans une galerie d’arts. Elle voudrait déjà le revoir, poursuivre leur discussion et plonger dans son regard noir si troublant et pourtant si triste.
Cette rencontre éclair lui a fait oublier un instant les tensions qui s’accumulent dans son couple, l’éloignement progressif de Cyril, pour une autre femme peut-être ? Les bienfaits de son séjour à Paris chez sa sœur s’atténuent à chaque tour de roue du train. Mathilde sent l’angoisse l’envahir, impossible d’ouvrir le magazine que Thomas lui a acheté. Ses pensées s’emmêlent. On n’a même pas pensé à échanger nos numéros de téléphone. Cyril sera-t-il à la gare de Nice ce soir ? Viendra-t-il attendre sa femme avec la même impatience qu’au début de leur relation quand la moindre absence de l’un était un manque pour l’autre ? Son cœur se serre. Elle voudrait tellement être encore pour lui celle qu’il attend le cœur en émoi.
Le train de Thomas démarre quelques minutes après celui de Mathilde. Mêmes bagages, même quai et mêmes rails. Il sourit. Elle est touchante Mathilde, un peu réservée sans doute mais il émane d’elle une douceur presque puérile. Elle parle peu d’elle, beaucoup de ses enfants, est-elle en couple ? pas vu d’alliance à son doigt… Il consulte son téléphone portable, non il n’a pas encore reçu d’appel.
Entre Paris et Nice
Dans quelques instants le train à grande vitesse entrera en gare de Nice ville. Mathilde s’est assoupie durant le trajet, elle n’a pas touché au magazine. Ses pensées étaient ailleurs. Elle a rêvé de Cyril, de leurs moments heureux, elle a tellement aimé cet homme, est-elle encore amoureuse de lui ou bien le quotidien et les épreuves de la vie ont-ils émoussé ses sentiments ? Elle a aussi rêvé de Thomas, sans doute arrivé avant elle à destination. Une sympathique parenthèse cette rencontre… Dommage qu’elle arrive au mauvais moment, trop tôt ou trop tard dans ma vie.
Entre Paris et Annecy
Thomas n’a pas pu trouver la tranquillité durant le voyage, ce qui l’attend à Annecy n’est pas fait pour le rassurer. Les examens médicaux passés à Paris ont confirmé ses doutes et ses craintes. Rien n’est déjà joué, il va falloir se battre et tenir bon.
La rencontre avec Mathilde serait-elle un cadeau que lui offre la vie pour lui donner du courage et de la force ? Il croit bien avoir vu de la tendresse dans ses yeux, tout à l’heure sur le quai, quand elle lui a dit, un doux sourire aux lèvres : « Merci pour tout Thomas, bon voyage, prenez soin de vous ». Ou peut-être de l’amour naissant ? Son cœur meurtri s’est de nouveau mis à battre plus intensément.
Il s’est retenu de lui prendre la main, l’empêcher de partir si loin de lui, lui crier que le temps est sans pitié et que le sien est sans doute compté.
Depuis le départ il a consulté plusieurs fois son téléphone, quelques messages sans grand intérêt, pas celui qu’il espérait.
Nice – 15 août 2025
Mathilde prépare sa valise et son sac à dos. La séparation avec Cyril est officielle. Son mari l’attendait à son arrivée à la gare de Nice le 10 mai 2024 mais ce n’était pas pour accueillir la femme qu’il aimait encore. Il avait choisi ce moment pour lui annoncer qu’il demandait le divorce. Mathilde avait d’abord refusé. Il s’en était suivi des mois difficiles. Une alternance de conflits et de réconciliations, de promesses et de trahisons, d’efforts pour sauver leur amour, elle surtout voulait encore y croire. « Besoin de respirer » lui a-t-il dit en partant. Quinze années de vie commune, durant lesquelles ils ont partagé les difficultés et les joies, éprouvé les deuils et fêté les naissances, qui se terminent par cette petite phrase assassine. Changer d’air et mettre de la distance avec la situation est nécessaire pour elle aussi maintenant. Elle se sent vide, elle a mis tant d’énergie pour sauver leur couple et préserver sa famille, dissimuler sa colère et cacher son chagrin, rien n’y a fait, Cyril n’est pas revenu sur sa décision. Son billet de train en poche, elle part se ressourcer à Paris chez sa sœur.
Les souvenirs de l’année dernière se sont invités sans ménagement quand elle a ouvert la valise verte à roulettes : l’échange des bagages à la gare de Lyon, le regard profond de Thomas, le son de sa voix, son émotion visible quand elle est montée dans le train.
S’il m’avait retenue à ce moment-là, ma vie serait différente aujourd’hui…
Dans le sac à dos se trouve toujours le magazine qu’il s’était empressé d’aller lui acheter et qu’elle n’a jamais ouvert. Tout a été si douloureux depuis son précédent voyage.
Mathilde feuillette distraitement la revue, perdue dans ses pensées. Entre les pages 19 et 20 est glissée une carte. Au recto une magnifique rose d’un bleu profond, au verso un numéro de téléphone et ces mots :
Paris, gare de Lyon, 10 mai 2024, voies 19 et 20.
La vie est si courte !
Thomas
Le cœur de Mathilde s’emballe, ses jambes ne la portent plus, elle a soudain besoin, là tout de suite, d’entendre la voix de cet homme. Plusieurs mois se sont écoulés depuis leur rencontre. Se souvient-il seulement d’elle ? Pourquoi n’ai-je pas vu cette carte plus tôt ? « La vie est trop courte !» a écrit Thomas. Mathilde a un mauvais pressentiment.
Quel message cache cette rose bleue ? Elle connaît le langage des fleurs et son corps se met à trembler. Ce n’est pas un bon présage.
Elle attrape son téléphone et compose les dix chiffres, partagée entre espoir et inquiétude.
Deux sonneries puis… « Le numéro demandé n’est plus attribué ».
Mireille
Et la suite de l'histoire... avec des allers-retours de la vie...
https://un-atelier-d-ecriture-a-nice.over-blog.com/2026/07/les-allers-retours-de-la-vie.html
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Publié le 31 Mai 2026
Publié le 31 Mai 2026
- Voulez-vous m'accorder cette danse ?
Publié le 31 Mai 2026
Publié le 31 Mai 2026
Petite frimousse au nez en trompette, des joues tachetées de roux,des yeux noisettes, une chevelure mousseuse ainsi que bras et jambes frêles, pourraient amener à la « penser » légère, sans volonté. Ouh la la ! Comme on se tromperait…
Elle est née lors d’une période compliquée, où prévalait le laid. Notre Farigoule ne le voyait. En son cœur, tout était normal, beau à souhait. Elle sait que l’Amour se déguise volontiers. D’une situation compliquée, naissent courage, compréhension : c’est accepté ! Ouh la la… que de mots…. Elle sent, elle sait ; elle Aime Tout, en vérité. Son Cœur est à l’égal d’une truffe de chien, détectant les « inaimés », se hâtant de les réconforter. En Jeanne d’Arc elle se transformerait, si sa Ville venait à être assiégée, en Robin-des-Bois, en Zorro masqué. Oh la ! On se croit à Hollywood ??? (rires).
Pour cet être, quelque peu désuet, il est primordial de par son Cœur, penser. Nul dividende ne puits le remplacer. L’homme est riche de l’Amour qui l’entoure, qui l’étreint, qui le touche et jamais ne s’éteint, se partage et se propage, sans qu’il ne semble rien.
Elle est de Provence, là où chantent les cigales et les criquets, là où fleurent bon lavande et serpolet, région de Pagnol et des « bien nés « , s’il-vous-plait…
Ses parents, d’Amour l’ont couverte, sans jamais discontinuer. Ils chantaient pour elle : « Elle est vive comme l’eau, elle est comme l’eau vive…. » Merci Guy Béart ! A 11 mois, ils l’ont immortalisée, tenant en ses petites mains, un brin d’olivier, sa mère la tenant sur le muret. Signe ? Prédestinée ? La suite l’a démontré.
Farigoule sourit tout le temps, cherchant le regard des gens. A ceux qu’elle réussit à capter, elle souhaite le « Bon… jour ». Cela n’est rien, à première vue, mais comme on se sent « re...connu »… Un petit compliment par ci, un petit compliment par là, et voilà un cœur qui bat ! Car c’est bien de cela qu’il s’agit et non point de flagornerie.
Elle peste quelquefois, car de bois elle n’est faite, s’insurgeant de cette nouvelle technologie, « high tech » qui Nous sépare en lieu de Nous rapprocher. On Nous a menti ! Mais bon… cela pourrait induire une autre « copie ».
Elle s’imagine des tours de téléphones unicellulaires jetés, comme celles des collectes de chaussettes orphelines, quelques fois organisées. Les hommes pourraient ainsi se reparler.
Lorsqu’elle rêve, elle voit de grandes assemblées où tous sourient, sont gais. Tous les âges y sont représentés, ainsi que les couleurs bigarrées. Tout est relié, en parfaite harmonie…. Diverses espèces animales entourent le Groupe, en toute quiétude. Le Ciel est rose, pailleté d’or… le son cristallin d’une cascade, un peu plus loin, engendre un joli refrain. Une douce bise effleure la sublime végétation et les êtres s’y trouvant.
Farigoulette, tiens-nous la main et, ensembles, festoyons jusqu’à demain, l’Amour nous tirant sans fin…
Olga
Publié le 31 Mai 2026
« Quand tu aimes il faut partir… » Blaise Cendars
Aimer c’est toujours être en colère, sinon ce qu’on vit n’est pas important.
L’Amour c’est notre colère heureuse.
J’ai partagé des aventures plus ou moins importantes, à des degrés divers, mais ma plus belle Histoire, mon plus GRAND AMOUR je l’ai vécu juste après la Guerre.
J’appelle Guerre ce qui attaque, abat, détruit, anéantit, tout ce qui nous entoure, nous rassure et protège.
J’appelle Guerre tout ce qui pulvérise, massacre, désintègre, saccage, aussi bien les cœurs, les hommes, les âmes. J’appelle Guerre ceux qui atomisent, vaporisent, dévastent tout, sans remords, en laissant un trou béant là où l’instant d’avant se tenaient dresser face au vent, les Joies, la Vie, nos Rêve et Espoirs.
Assis sur le bord de mur encore debout, mon dos tourné à ce précipice dont le but persistait à m’avaler au plus profond de son abîme, je contemplais les vestiges désagrégés de mon Présent que le séisme diurne, d’un seul tremblement venait de jeter à terre. Il ne me restait plus rien. Tout n’était plus que pierre, terre et poussière.
Au-dessus de moi un ciel cendre et acier gloussait de mon désespoir. Le Futur en berne, perdu à jamais, mes pupilles vidées de toutes clairvoyances, je balayais le sol âcre, ocre et triste.
Surgissant de je ne sais où, un rai de lumière, rebelle, s’échoua à mes pieds. Ma vision remonta le long du faisceau téméraire et parvenu à son sommet, il m’inonda de sa douce clarté.
Encore plus haut, un murmure, un sourire et enfin, des prunelles constellées de Soleil et d’étincelles.
Amour-Passion- Sentiment- qu’importe le nom qu’on lui donne, c’est un animal sauvage, carnassier, limite carnivore. Imprévisible, tapis dans une ombre, il vous épie, vous guette.
On déambule paisible, soudain il ou elle jaillit sans sommation au coin d’une rue, sur un quai de gare, à la table d’un troquet de quartier devant un tasse de café, un verre de vin rosé, frais et fruité. Il ou elle vous saute au visage, vous saisit à la gorge, vous dévore le cœur à vif, en plantant ses crocs d’ivoire et velours dans cette pulpe vitale. Fastueux, fastueuse par sa brillance, il ou elle opère savamment son intrusion dans votre quotidien. Tout vacille, le rythme cardiaque s’emballe, le souffle devient court. Jusque-là solide comme un marbre, on se fragilise comme un épi de blé à l’approche de l’été. Tout change et on change et plus rien ne sera jamais pareil. JAMAIS.
AIMER, devient un Acte de foi, pour se convertir à cette religion insolente, pour croire à son essence de Vie invisible qui s’insinue dans notre chair, notre âme la plus intérieur qui soit.
On s’enflamme, on s’éparpille, porté vers le haut par l’ivresse de l'affection que l’autre âme nous procure un peu plus à chaque seconde.
Passés l’ épisode des doutes hypnotiques, des questionnements : C’est lui ? C’est elle ? J’ vais ?
Je n’y vais pas ? Contournés les regards fuyants, interrogatifs, malicieux, l’aventure poursuit sa trajectoire.
D’abord un effleurement, une excuse, un autre effleurement, une autre excuse, et un troisième. Et le temps se fige, les doigts s’entrelacent, se serrent, s’adoptent, se domptent. Et le silence devient une douce musique que seuls les cœurs les plus aguerris parviennent à déchiffrer notes par notes.
On se prétend insubmersible. On crie : « Pouce !Ça y est!! » Erreur. Tout commence.
Trouver l’ AMOUR, le vivre, le partager, ne ressemble en rien au franchissement d’une ligne d’arrivée, debout sur son vélo, les bras levés vers le ciel au sommet du Tourmalet.
Trouver l’AMOUR nous propulse au centre d’un univers parallèle perpétuellement instable.
Trouver l’AMOUR nous fait tomber le masque, fendre l’armure.
Trouver l’AMOUR nous met la chair tellement à nue qu’elle en devient incontrôlable, impalpable. Trouver l’AMOUR c’est revivre, pour renaître au centre d’un ventre à ciel ouvert.
Ce qui n’apparaissait jusqu’alors comme vaporeux, presque éthéré se change en une substance, riche et solide. Des caresses, des baisers, des visages qui se posent sur des poitrines protectrices.
Aimer demeure un travail humain de chaque instant, de chaque jours, chaque soirs, chaque nuits et qui recommence au matin.
Affirmer qu’Aimer c’est facile, serait mentir, mais d’une certaine manière, oui, aussi, c’est vrai.
Le plus difficile ce n’est pas tomber Amoureux, le plus dur c’est de le rester. Garder intacte cette flamme incandescente, pour que jamais elle ne s’épuise, pour que tout soit vécu en entier, sans retenue, sans tricher, sans choisir. En absorber le nectar divin jusqu’à sa quintessence ultime.
Qu’importe le temps, la durée que cette quête requerra; mille ans ou une seule seconde, tel un battement d’ailes de ces mêmes fameux papillons qui palpitent dans nos entrailles quand l’émoi nous enserre la cage thoracique jusqu’à la faire péter comme un popcorn de ciné.
Aimer nous rend égoïste. Comme une réplique entendu dans un vieux film : « Il faut toujours en vouloir plus, sinon on n’ a rien du tout… »
Il n’existe pas des milliards de façons d’Aimer, il n’en demeure qu’une. Authentique. Véritable : La Notre.
On l’explore tout seul, à son rythme propre. Et quand l’Amour pointe le bout de son nez, il suffit que les deux symphonies s’accordent à un unisson passionné et passionnel.
Aimer c’est à la fois l’extraction du meilleur de nous, comme la révélation, malicieuse, des pires de nos craintes les plus sournoises. Autant ça nous propulse sur des chemins escarpés afin d’atteindre des sommets injustement prétendus inaccessibles, sans transpirer, en sifflotant jusqu’au Contre Ut.
Autant ça nous invite à la traversée de déserts arides sans éprouver la moindre soif sauf pour cette goutte de liqueur délicate à la source du bord des lèvres de l’Être Aimé(e).
Autant ça nous inocule le goût du plomb, la quête métallique du froid de la lame, pour mettre à feux et à sang des Cités multimillénaires, renvoyer des royaumes entiers à l’état de vestiges du Passé. Aimer c’est tuer pour toujours l’Innocence qui nous servez de bouclier.
Rencontrer l’homme ou la femme de sa vie ne prouve en rien qu’on va passer notre vie avec.
L’Amour c’est comme la capoeira, on pense que c’est une danse, en vérité c’est un combat, sans sommation, sans armistice, sans compromission. Un conflit sans arme, qui nous désarme.
Perdre la vie ou perdre l’Amour de sa vie, je ne saurais affirmer quel choix s’annoncerait le pire.
Aucun de ces choix ne doit sacrifier l’un pour favoriser l’autre !
La vie reste la vie, au sens le plus noble du terme. On se doit de la poursuivre, en accepter ses règles, ses épreuves. Mais sans ce kérosène, pour atteindre les hauteurs stratosphériques du firmament sensoriel l’aventure n’est plus la même.
L’entité Cœur quand il se brise, sa récupération, même soumit au vertu résiliente du Kinsugi s’avère impossible ou presque. Protégeons-le. Préservons-le. Cajolons-le. De toutes nos forces.
Parce qu’Aimer peut parfois nous faire tutoyer le divin. Au bout de cette croisade sommeille, un bijou naturel, un autre Graal et ça se nomme LE BONHEUR.
« Si je ne t'avais pas rencontrée, je serais incomplet et infirme de ce qui me serait demeuré caché à jamais… » Yves Simon
Jean-Michel
Publié le 31 Mai 2026
Publié le 31 Mai 2026