Publié le 31 Janvier 2026

Dans l’interminable …

Dans l’interminable
Ennui de la plaine,
La neige incertaine
Luit comme du sable.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune,
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Comme des nuées
Flottent gris les chênes
Des forêts prochaines
Parmi les buées.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Corneille poussive
Et vous, les loups maigres,
Par ces bises aigres
Quoi donc vous arrive ?

Dans l’interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable.

Paul Verlaine, Romances sans paroles (1874)

 

❄ ❄ ❄

Matin d’hiver

La brume conservait un goût de rêve étrange,
Déliant la candeur des secrets de la nuit,
Elle mêlait ainsi le soleil et l’ennui
Sous le voile infini de son aile d’archange ;

Déliant la candeur des secrets de la nuit
La neige regardait l’étoile ou le nuage,
Pâle comme un soupir, triste comme un naufrage,
Elle mêlait ainsi le soleil et l’ennui ;

La neige regardait l’étoile ou le nuage
Lorsque je m’éveillai dans le petit matin
Bercée par la douceur d’un rayon de satin…
Pâle comme un soupir, triste comme un naufrage.

Isabelle Callis-Sabot (Isabelle Callis-Sabot est née à Montpellier en 1958)

 

❄❄❄

MATIN D’HIVER

(André Lemoyne) 1897 André Lemoyne, né le 27 novembre 1822 à Saint-Jean-d'Angély, où il est mort le 28 février 1907 , est un poète et romancier français.

A Mademoiselle Marguerite Coutanseau.

La neige tombe en paix sur Paris qui sommeille,
De sa robe d’hiver à minuit s’affublant.
Quand la ville surprise au grand jour se réveille,
Fins clochers, dômes ronds, palais vieux, tout est blanc.

Moins rudes sont les froids, et la Seine charrie :
D’énormes blocs de glace aux longs reflets vitreux
Éclaboussent d’argent l’arche du pont Marie,
Poursuivent leur voyage et se choquent entre eux.


Les cloches qui tintaient à si grandes volées,
Pour fêter dignement les jours carillonnés,
N’ont plus qu’un timbre mat et des notes voilées,
Comme si leurs battants étaient capitonnés.

Les barques des chalands au long des quais rangées,
De leur unique voile ont fermé l’éventail,
Et toutes dans la glace, en bon ordre figées,
Sont prises dans leur coque et jusqu’au gouvernail.

Enrobant le Soleil sous deux ailes de flamme,
Un goéland du Havre ou de Pont-Audemer
Vient comme un Saint-Esprit planer sur Notre-Dame :
On reconnaît de loin le grand oiseau de mer.

Ce fut par de joyeux et clairs matins de neige,
Où l’aurore allumait ses premiers feux pourprés,
Qu’autrefois les Normands, blonds fils de la Norvège,
Dressaient la haute échelle à Saint-Germain-des-Prés.

 

❄ ❄ ❄

L'hiver de la vie.
Recueil : Les poèmes et sonnets mystiques (1886)
 
Dans l'ardente saison qui suit les premiers âges,
Nous avons tout : espoir, force, vertu, talents ;
Nous égalons les dieux ; astres étincelants,
Les suprêmes splendeurs semblent nos apanages.
 
Mais plus tard, nous allons, au long des tièdes plages,
Loin des âpres frimas, réchauffer nos vieux ans,
Cheminant au soleil des midis, à pas lents,
Au pied des grands palmiers qui bordent les rivages.
 
Comme la lune pâle aux douteuses clartés,
Je tourne un front obscur vers les divinités,
Envahi, peu à peu, des hivernales glaces ;
 
Et, cherchant de plus près le soleil éternel,
Pareil à l'astre froid qui meurt dans les espaces,
J'emprunte ma lumière et ma chaleur au ciel.
 
Jacques Villebrune
 
❄❄❄

Il fait froid

L’hiver blanchit le dur chemin
Tes jours aux méchants sont en proie.
La bise mord ta douce main ;
La haine souffle sur ta joie.

La neige emplit le noir sillon.
La lumière est diminuée…
Ferme ta porte à l’aquilon !
Ferme ta vitre à la nuée !

Et puis laisse ton coeur ouvert !
Le coeur, c’est la sainte fenêtre.
Le soleil de brume est couvert ;
Mais Dieu va rayonner peut-être !

Doute du bonheur, fruit mortel ;
Doute de l’homme plein d’envie ;
Doute du prêtre et de l’autel ;
Mais crois à l’amour, ô ma vie !

Crois à l’amour, toujours entier,
Toujours brillant sous tous les voiles !
A l’amour, tison du foyer !
A l’amour, rayon des étoiles !

Aime, et ne désespère pas.
Dans ton âme, où parfois je passe,
Où mes vers chuchotent tout bas,
Laisse chaque chose à sa place.

La fidélité sans ennui,
La paix des vertus élevées,
Et l’indulgence pour autrui,
Eponge des fautes lavées.

Dans ta pensée où tout est beau,
Que rien ne tombe ou ne recule.
Fais de ton amour ton flambeau.
On s’éclaire de ce qui brûle.

A ces démons d’inimitié
Oppose ta douceur sereine,
Et reverse leur en pitié
Tout ce qu’ils t’ont vomi de haine.

La haine, c’est l’hiver du coeur.
Plains-les ! mais garde ton courage.
Garde ton sourire vainqueur ;
Bel arc-en-ciel, sors de l’orage !

Garde ton amour éternel.
L’hiver, l’astre éteint-il sa flamme ?
Dieu ne retire rien du ciel ;
Ne retire rien de ton âme !

Victor Hugo

 

❄❄❄

  • Les symboles de l’hiver :
  • L'hiver symbolise souvent la fin d'un cycle et le début d'un autre . Dans toutes les cultures, cette saison est associée aux thèmes du renouveau et de la transformation. Même lorsque la terre est en sommeil, elle porte en elle la promesse d'une nouvelle croissance, faisant de l'hiver un temps propice aux rituels qui honorent l'espoir et la renaissance.
  • l'hiver, dans sa froideur silencieuse, symbolise souvent la période de sommeil, et de dormance, mais aussi de réflexion profonde. Sur le plan philosophique, cette saison peut être vue comme une métaphore de l'introspection, du recul nécessaire pour se reconnecter avec soi-même et avec le monde.
 
  • Citations :
  • L'hiver de la vie nous enseigne ceci : chaque ride est une histoire, chaque cicatrice une preuve de survie, chaque sillon de rire témoigne d'une joie bien réelle . Alors, si vous avez la chance d'atteindre cette étape, portez-la avec fierté. Enveloppez-vous de gratitude. Partagez votre sagesse avec les jeunes. Et rappelez au monde que l'hiver n'est pas une fin.
  • « Décembre ! le mois noir ! les courtes journées. De huit heures du matin à quatre heures du soir, le soleil n’est qu’une lueur de veilleuse, très pâle, très lointaine, perdue dans un espace de brume. L’astre se devine plus qu’il ne se voit ; il refuse la chaleur et presque la clarté. Le globe terrestre semble voguer à l’aventure, égaré dans un océan atmosphérique. On croirait, sous les ciels bas, osciller sur une route incertaine, tâtonner tout au long des journées sans soleil et des nuits sans étoiles. »
Gustave Geffroy
Images du jour et de la nuit, Éditions Bernard Grasset, 1924, cité par Gérard Leroy dans Nos Racines. Fêtes et Traditions d’Europe au fil des saisons, Éditions VersiPellis, 2021
  • Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été.
Albert Camus
  • Ne pensez pas à l'automne. Il viendra bien à temps, tout comme l'hiver. Profitez au contraire du bonheur que vous donnent les vrais beaux jours sous les grands arbres verts.
Charles Trenet
  • L'automne est le printemps de l'hiver.
Henri de Toulouse-Lautrec
 
  • Proverbes :
  • La véritable amitié ne gèle pas en hiver. Proverbe allemand
  • « Un mot gentil peut réchauffer trois mois d'hiver. » - Proverbe japonais
Par Alfred Sisley — Joconde and https://www.flickr.com/photos/mazanto/13919557034, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36543753

Par Alfred Sisley — Joconde and https://www.flickr.com/photos/mazanto/13919557034, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36543753

Alfred Sisley, né le 30 octobre 1839 à Paris et mort le 29 janvier 1899 à Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne), est un artiste peintre et graveur britannique

Par Sailko — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=149513618

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Rédigé par Mireille

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Publié le 30 Janvier 2026

Seule dans la chambre, elle hésitait sur la robe à choisir pour se rendre à son rendez vous.

Le ciel était gris depuis son lever quand soudain, un rayon de soleil traversa le rideau, accompagné du bruit assourdissant du tonnerre. Que se passe-t-il ? Le monde était-il entrain de perdre ses saisons, se demanda-t-elle, étonnée, un peu effrayée. 

Elle regarda au loin cherchant une réponse a son mal être. Le soleil vint traversant la pièce sombre éclairer son visage. Le gris du ciel, le rayon du soleil se disputaient comme pour lui demander de choisir entre l’hiver et ses couleurs sombres et l’été et ses couleurs printanières. Se regardant dans la glace elle sut ! Elle laissa tomber à ses pieds la robe qu’elle portait pour un ensemble plus adapté. Le soleil vint éclaircir son visage comme pour la remercier,

Dans son regard la peur avait disparu pour laisser la place aux questionnements  :

«  Dieu est-il un esthète ? »

Et c’est sur cette pensée joyeuse qu’elle partie pour son rendez vous.

 

Bernard

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Rédigé par Bernard

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Publié le 30 Janvier 2026

Seule dans la chambre, elle hésitait sur la robe à choisir pour se rendre à son rendez vous.

Le ciel était gris depuis son lever quand soudain, un rayon de soleil traversa le rideau, accompagné du bruit assourdissant du tonnerre. Que se passe-t-il ? Le monde était-il entrain de perdre ses saisons, se demanda-t-elle, étonnée, un peu effrayée. 

Elle regarda au loin cherchant une réponse a son mal être. Le soleil vint traversant la pièce sombre éclairer son visage. Le gris du ciel, le rayon du soleil se disputaient comme pour lui demander de choisir entre l’hiver et ses couleurs sombres et l’été et ses couleurs printanières. Se regardant dans la glace elle sut ! Elle laissa tomber à ses pieds la robe qu’elle portait pour un ensemble plus adapté. Le soleil vint éclaircir son visage comme pour la remercier,

Dans son regard la peur avait disparu pour laisser la place aux questionnements  :

«  Dieu est-il un esthète ? »

Et c’est sur cette pensée joyeuse qu’elle partie pour son rendez vous.

 

Bernard

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Publié le 30 Janvier 2026

Le Taureau est symbole de force, d’énergie et parfois d’entêtement. Un de ses plaisirs est dans l’assiette. Il aime les plats mijotés riches et généreux qui embaument la cuisine. Un de ses péchés : la daube de sanglier. Pour accompagner cette viande au goût prononcé une sauce savoureuse est indispensable. Le vin, lui, doit être choisi avec soin ainsi que les divers condiments qui vont l’accompagner : ail, thym et romarin pour leur parfum irrésistible, le genièvre pour son goût unique et délicat. La cuisson longue et modérée rappelle l’endurance de cet animal. La récompense sera une viande savoureuse et fondante aux parfums de garrigue.

Les Gémeaux sont sociables, curieux et créatifs. Ils aiment découvrir de nouvelles saveurs, tester plusieurs plats. Rien ne leur convient mieux qu’un apéritif dînatoire où convivialité et partage sont au rendez-vous avec un festival de saveurs : tapas, houmous, bruschetta, accras… Ils font un tour du monde gustatif.

Le Lion puissant, fier et un tantinet orgueilleux aime les plats recherchés qui impressionnent son entourage. Il apprécie les tables sophistiquées, les épices envoûtants, la dégustation lente et délicate. Que diriez-vous d’un tournedos Rossini, d’une langouste flambée ou d’un suprême de volaille aux morilles. A déguster sans modération…

Les natifs de la Balance sont réputés pour leur charme, leur aisance en société, leur sens de l’équilibre. Ils aiment les plats raffinés, les associations sucré-salé. C’est pour ces raisons qu’ils affectionnent particulièrement une volaille farcie aux marrons ou un magret de canard sauce au miel : un équilibre parfait entre prestige et douceur.

Sérieux, intègre et un brin intransigeant, voilà Le Capricorne. Même dans sa cuisine il aime la rigueur et l’efficacité. Ses préférences vont vers des recettes connues depuis longtemps et qui sont rentrées dans la tradition. Ne vous étonnez pas s’il aime les raviolis maison accompagnés d’une sauce onctueuse et parfumée ou un bon plat de petits farcis croustillants sur le dessus et moelleux à l’intérieur : un véritable délice parfumé.

Elisabeth

 

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Publié le 30 Janvier 2026

D'un pas léger, malgré la fatigue, Julie radieuse rentre de la répétition du spectacle que l'Opéra de paris donne chaque année. Ce jour là, les professionnels du monde entier assistent et viennent signer de beaux contrats avec les meilleurs danseurs et danseuses du monde. Son exaltation et sa joie sont dues à sa nomination pour le rôle principal de première étoile. Elle a tellement fait de sacrifices pour arriver à ce niveau, qu'elle se sent des ailes.

Elle grimpe dans sa chambre. Quelques instants plus tard, un bruit sourd, suivi d'un cri sec, se répand dans la maison., puis un silence …

Je lis mon journal, lève les yeux et aperçois Julie, défigurée, ses yeux remplis de larmes, sa bouche déformée par la douleur, le visage cyanosé par la peur et l'effroi de l'instant :

Je lui dis :

- Respire, respire !

Sa peau translucide est devenue bleutée.

Voyons respire !

Elle est là, courbée sur sa cheville, pliée de tout son corps sur son pied en souffrance, elle émet un hurlement de bête.

- C'est fini pour moi.

Elle est effondrée, ses mains sont tremblantes, toutes blanches, la sueur froide coule le long de sa colonne vertébrale, même son T-shirt est mouillé. Elle ne peut plus parler, elle essaie, mais aucun son ne sort de sa bouche. Elle tremble, elle claque des dents, elle a froid, très froid.

Je décide d'appeler le 15, la boule au ventre et très en colère, c'est injuste ce qui lui arrive.

Le Samu est là, la transporte à l'hôpital, elle est anéantie, elle sombre dans un mutisme. Même les plaisanteries des pompiers et infirmiers ne la font pas réagir.

Elle ressasse dans sa tête :

- Ma vie est finie, c'est la fin de ma carrière. 

Après plusieurs opérations et plusieurs mois à souffrir, les chirurgiens lui annoncent qu'avec de la volonté et une bonne rééducation, elle pourra peut-être danser à nouveau.

Julie les regarde avec un rictus sur les lèvres et se dit : 

Il me raconte n'importe quoi ? Mon gros problème, c'est que je n'avais rien envisagé en cas de chute, les ainés m'en avaient parlé, mais je me sentais invincible. Que vais-je faire de ma vie, elle est foutue !

Les jours et les mois passent dans la souffrance, tout son être est tourné vers un ailleurs. Elle a beaucoup maigri et à beaucoup de mal à s'apprécier.

Dans la cuisine, son corps tassé sur une chaise, son cœur en morceau comme un tapis usé, pleure son destin de danseuse étoile et tâche en vain de survivre à un avenir déçu.

Les voyages de part le monde, les applaudissements, se sont envolés avec ses rêves.

Mais un matin, une once de bonne humeur, lui aiguise ses pensées, pour son futur.

Et si je faisais « Professeur » !! Je formerais des très jeunes enfants, cela me déplairait pas. Travailler avec les petits rats de l'opéra doit être enrichissant ? Leur apprendre et recevoir l'amour et l'affection, comme je l'ai fait... C'est une idée !!

Petit à petit, elle avance, accepte un peu plus chaque jour sa claudication et apprend à fermer la douleur de son cœur dans l'étui de sa confiance.

Mais c'est la vie qui est aux commandes et elle a décidé un autre symphonie pour elle.

 

Arlette

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Rédigé par Arlette

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Publié le 30 Janvier 2026

 

Du fond des murmures obscurs, Iphigénie immense et silencieuse prend conscience du sort qui l' attend !

 

Autour d' elle des murmurations suspicieuses l' oppressent et la hante.

 

...tétanisée, voilà une minérale vierge...

 

Elle coule glacée un regard brouillé où crache un feu sublime.

 

Sans armes et le cœur chaviré de sanglots elle tourbillonne en éclats éparpillés.

 

Vivre sa mort est un privilège national voilà son destin !

 

Marie-Thérèse

 

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Rédigé par Marie-Thérèse

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Publié le 30 Janvier 2026

 

Aujourd’hui Sylvie est tranquille : ses enfants sont partis chez leur grand-mère et Paul, son mari, est en déplacement pour deux jours. De son côté elle a obtenu un jour de congé et elle a l’intention d’en profiter pleinement. Dehors le ciel est bleu et un doux soleil annonce l’arrivée du printemps. C’est d’un pas alerte et le cœur léger qu’elle se dirige vers le centre-ville. Elle va faire les boutiques puis ira déjeuner dans la jolie crêperie qu’elle a repérée l’autre jour…

Il est midi. Sylvie commence à avoir faim. Alors qu’elle arrive en vue de la crêperie, elle remarque un homme qui sort de la brasserie située de l’autre côté de la rue. Sa silhouette ne lui est pas inconnue et quand il se rapproche le doute n’est plus possible, même si elle ne veut pas y croire. Elle a juste le temps de se dissimuler dans l’ombre d’une porte cochère pour ne pas être vue. Son cœur bat très fort dans sa poitrine, ses mains tremblent, ses jambes flageolent. Elle est obligée de s’appuyer contre le mur situé derrière elle. Elle a soudain très froid. Mille questions se bousculent dans sa tête. Que fait Paul dans cette rue alors qu’il est censé être à cent kilomètres d’ici ? Car c’est bien son mari qu’elle vient de voir sortir de la brasserie, l’air heureux et l’allure décontractée. Elle a bien du mal à réaliser ce qui lui arrive et elle se sent anéantie. Cette journée qu’elle attendait avec tant d’ impatience a tourné court. Elle n’a plus qu’une hâte : rentrer chez elle au plus vite et réfléchir au calme. Paul doit rentrer dans la soirée. Quelle attitude doit-elle avoir ? Quelle explication va-t-il lui fournir ? Et que se passera-t-il ensuite ?...

 

Elisabeth

 

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Rédigé par Elisabeth

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Publié le 30 Janvier 2026

LA CHUTE

 

Je marche le cœur léger, portée par la magie au seuil de ce mois de décembre. Les vitrines commencent à se parer d’un écrin d’éclats et d’étoiles. La ville déploie ses guirlandes lumineuses. Dans quelques jours, elles illumineront Nice pour mon plus grand bonheur. Je savoure ce frisson d’émerveillement et je souris à ce Noël enchanteur, prélude à mon envol vers la Californie. Je vais enfin serrer dans mes bras Soën, ce petit-fils de cinq mois né à l’autre bout du monde.

Soudain le fracas ! Une étreinte glacée sur le bitume dur et froid.

Le tapis de feuilles d’automne n’a pas amorti le choc. Il a le goût de l’angoisse, de la peur, la saveur amère d’une poussière suffocante.

En un instant tout bascule ! Adieu l’avion ! Adieu l’horizon…

Les deux mois qui suivent : le cauchemar. Je vis dans une parenthèse de plomb où chaque minute est une promesse trahie. Le silence de ma chambre n’est interrompu que par le tic tac de ma respiration qui compte les jours perdus. Je suis clouée au lit, image d’un total abandon.

Debout dans ce couloir sombre à l’odeur aseptisé, j’ai la sensation d’être figée comme une statue de sel. Mon regard vague se perd cherchant une issue. Un calme sourd, inquiétant m’enveloppe. Ma peau se glace au froissement du tissu de ma robe et une sensation d’ angoisse me serre la gorge.

Mon anxiété est une marée montante violente et oppressante.

Je mordille ma lèvre, triture mes doigts jusqu’à l’appel de mon nom qui résonne comme un écho dans le vide.

Le chirurgien, nez plongé sur les radios, ébauche un sourire ; le verdict tombe, limpide et rassurant.

Je vais enfin pouvoir mettre pieds à terre. Ce mauvais rêve s’efface lentement.

Mon visage se détend laissant place à un rire ridiculement nerveux. J’ai entendu, je sais, du fauteuil roulant à la simple canne le chemin sera encore long.

Le choix de ma première sortie ne peut être que l’atelier d’écriture ! Ce refuge de mots où m’attendent mes amis, piliers de soutien durant la tempête.

Plus rien à voir avec l’atmosphère stérile du monde médical mais un bourdonnement bienveillant qui m’accueille. Ils sont là ces visages amicaux dont la présence a été le rempart contre le désespoir, la négativité. Je savoure la musique de leur voix, leurs échanges animés et enjoués qui me redonnent l’envie d’exister.

Dans ce cocon de papier l’amitié se dessine. J’oublie la douleur, mon regard s’illumine de quelques perles salées.

Je m’assoie, ma plume glisse fluide comme si, elle aussi retrouve sa liberté de marcher.

Les pages se tournent, mais mes lèvres vous murmurent « Merci ». Me voilà prête pour un nouveau voyage de mots, de complicité avant de choisir une date pour un envol vers la Californie.

 

JOSIANE

 

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Rédigé par Josiane

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Publié le 28 Janvier 2026

La naissance de cette journée de printemps avait pourtant bien commencé. Le Soleil avait décidé de dédier à cette belle matinée ses rayons d’or les plus riches. Une lueur irisée avait inondé de bonheur les yeux de cette femme qui venait de quitter la douce quiétude de son sommeil. Dehors, déjà, l’agitation du monde des vivants était semblable à une kermesse endiablée. Il était temps, pour elle, de vaquer à ses obligations matinales. Elle s’approcha de la fenêtre de sa chambre pour l’ouvrir et permettre à cette petite brise matinale de venir chatouiller sa peau. La chair de poule qui en résulta la fit trembler de plaisir.

Son prénom, Marta, lui venait d’une lointaine marraine qu’elle ne connut jamais, car à cette époque l’existence n’était pas un dû... Tout juste un prêt à courte durée. Les événements veillaient à ce qu’il en soit ainsi et nul n’y trouvait à redire. Se taire favorisait la durée du bail.

Marta se pencha à la fenêtre grande ouverte et promena son regard à l’extérieur pour prendre la température du jour, quand ... Elle le vit…

Grand, fortement charpenté, vêtu d’un manteau sombre et coiffé d’un chapeau de berger... Il était là ! Là où personne ne l’attendait plus. En face de sa maison. Aussi figée qu’une stèle mortuaire, les yeux écarquillés, elle crut défaillir. La poitrine de Marta se creusait à force d’oublier de respirer. L’angoisse la tenaillait, son sang, se liquéfiant, ne demandait plus qu’à s’épancher sur le sol. Son cœur palpitait et battait un rythme de plus en plus lourd. Elle était en apnée totale, vivant on ne sait comment.

On le disait mort. Certains de ses amis disaient qu’il s’était enfui au diable Vauvert, pour revenir quand l’oubli aura fait son œuvre. Elle devrait être heureuse, ressentir une joie au moins égale au désespoir qui s‘était emparé d’elle quand il avait disparu il y a bien longtemps. Mais aujourd’hui c’était la stupeur qui la dominait et la peur des jours prochains. Elle voulait être ailleurs mais sa pensée entrevoyait un proche futur problématique où l’absence de sentiment avait pris ses aises. L’habitude dominait, maintenant, l’amour qu’elle lui vouait les années passées.

Allait-il faire le premier pas ? Oui, non ? Et elle ? Comment réagir ? Que dire à ses enfants dont il n’était pas le père ? Les exigences de la vie l’avaient emmené à construire une famille qu ‘elle aimait par dessus tout.

Elle regardait mais ses yeux ne voyaient plus. Dans sa tête des souvenirs mal venus s’entrechoquaient. C’était comme une tombe dont on déplace la dalle avec peine et qui par un petit interstice laisse fuir des cauchemars enfouis depuis des décennies.

De son corps émanait autour d’elle, une odeur acre de sueur glacée qui dénonçait la peur de ce présent et la menace d’un avenir inconcevable.

Aura- t’elle le courage de faire front ? Oui ! Certainement... Et puis... Si ce n’était pas lui ?

 

Fernand

 

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Rédigé par Fernand

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Publié le 28 Janvier 2026

Un coup sec frappé à la porte d’entrée. Judith vient juste de rentrer chez elle. Elle sursaute. Son sang se glace. Elle n’attend personne. Aurait-elle été suivie ?

Un deuxième coup, l’individu s’impatiente. Elle retient sa respiration. Son cœur commence à s’affoler. Et si c’était lui qui revenait ? Des émotions contraires naissent en elle. Quand il a claqué la porte, il y a quelques jours, la rupture était évidente. Dans un mouvement de colère, il lui avait même rendu les clés sans espoir de retour. Judith ne sait plus ce qu’elle ressent là tout de suite.

Troisième coup frappé à la porte. « Judith ! » crie l’homme de l’autre côté du battant. Elle reste immobile, le corps raide comme du bois, le souffle court, les yeux écarquillés comme pour voir l’invisible. Elle espère et craint à la fois que ce soit bien lui qui prononce ainsi son prénom. Tout son être est tendu, ses yeux fixent la porte d’entrée, un gout amer lui remplit la bouche. Elle ne sait pas pourquoi, mais intérieurement elle tremble. Elle tremble en repensant aux disputes terribles qui faisaient d’eux des ennemis parfois. Elle tremble en revivant les moment intimes et fous qui faisaient d’eux des amants torrides souvent. Sidérée et figée sur place, elle est incapable de faire un mouvement.

Judith attend encore quelques minutes qui lui paraissent interminables. Plus de bruit sur le palier. L’individu a renoncé. Elle entend son pas rapide dans l’escalier.

Elle peut enfin respirer et souffler. Elle se sent soulagée et pourtant reste perplexe. Les battements de son cœur n’ont pas retrouvé un rythme normal.

Elle aurait peut-être mieux fait d’ouvrir cette porte et de ne pas rester dans le doute ? Judith avait évidemment reconnu la voix, oui c‘était bien lui. Mais pourquoi était-il revenu ? Pour lui dire qu’il avait changé ? Qu’il avait des regrets, voire des remords de l’avoir souvent malmenée ? Qu’il avait toujours des sentiments pour elle ?

Elle ne le saurait sans doute jamais. Le cœur serré, les yeux humides, elle reste songeuse. Venait-elle de le perdre définitivement ?

 

Mireille

 

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Rédigé par Mireille

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