Publié le 21 Novembre 2022

Ils sont heureux, c’est certain. Leurs sourires radieux ne laissent pas de doute. Valérie se penche légèrement sur la rambarde du pont, elle a aperçu sur la Seine une petite famille de canards qui avancent en file indienne et ça l’amuse. « Dis donc, c’est pas tous les jours qu’on voit un truc pareil à Paris ! Ils sont trop marrants ! Je me demande vraiment d’où ils sortent comme ça. La pollution ne leur fait pas peur à ceux-là ! ». Pierre a entouré de ses bras la taille de Valérie, comme s’il voulait la retenir au cas où elle se pencherait trop. Mais c’est surtout sa façon de se rapprocher d’elle.

Ça ne fait pas longtemps qu’ils se sont rencontrés, à un dîner d’anniversaire, chez leurs amis communs Maxime et Pauline. Il s’est passé quelque chose entre eux, des regards, une complicité, l’amorce d’une attirance, plus peut-être, qui sait ? Ils ont échangé leurs numéros de téléphone et se revoient aujourd’hui pour la première fois. Pierre a proposé une balade sur les berges, ça lui semblait plus facile qu’un verre au boulevard Saint Michel ou un dîner en tête à tête. Car Valérie l’intimide avec sa vitalité débordante, sa parole volubile, ses airs de wonderwoman qui n’a peur de rien, qui croque la vie. « Quand une femme me plaît trop, ça me paralyse, je balise à mort, j’ai peur de pas être à la hauteur, de me faire jeter. Prendre des râteaux, ça me connaît ! Mes bras autour de sa taille, elle a rien dit, elle a mis sa main sur la mienne, elle a souri, je l’entends à sa voix. Et elle rit aux éclats. J’ai peut-être ma chance... En plus, sur son t-shirt, y a I love, le cœur rouge, c’est un signe »

Valérie continue à contempler la Seine et les canards et à lui tourner le dos. « Ah, il se rapproche, j’aime bien sentir ses mains sur moi. Il a l’audace des timides. Le laisser venir à son rythme, ne rien précipiter, oui c’est ça, ça va le faire, je le sens bien. Il est doux, gentil, tellement différent d’Adrien, j’ai besoin d’un mec comme ça je crois. Enfin, on verra bien. Vivons l’instant présent ! »

 

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Rédigé par Monique

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Publié le 20 Novembre 2022

Cher râteau

 

J’ai voulu reculer sans regarder et tu n’as pas hésité.

 

C’est vrai, j‘ai marché sur le mordant de ton orthodontie

mais tu aurais pu éviter de me frapper,

du plus fort de ton manche.

 

C’est énervant.

Pourquoi tu ne ratisses pas plus large ?
Je déteste ton étroitesse d’esprit

et tout le ramassis que tu accumules.

Avec toi on ne sait pas où jeter son dévolu.

Les poubelles finissent par avoir toutes la gueule ouverte.

 

En plus, quel radin, mon cher râteau.

Toujours à gratter des quelques riens,

des insignifiances

pour ramasser à la pelle des tas d’appropriés,

des propriétés.
 

En cette cabane de jardin comme témoin

Très cher, voilà je te quitte.

Tu peux aller chercher pelles ailleurs

et même construire des châteaux de sable en Espagne.

Je garderai juste la tondeuse

pour que tu ne me coupes pas encore l’herbe sous le pied.

 

 

Adieu

 

 

Dany-L

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Rédigé par Dany-L

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Publié le 18 Novembre 2022

 

A mesure que le jour s’éparpille sur la colline, le froid de la nuit relâche ses morsures sur mes doigts et malgré les premiers rayons de soleil, je n’arrive toujours pas à me réchauffer.

Deux heures déjà que nous avançons à pas forcés. Le manque de nourriture, soif, fatigue et sommeil, mes muscles défient le lactique.

Devant moi, Conrad demeure toujours aussi silencieux. Sa colère ne desserre toujours pas son étau. Ses épaules raides et anguleuses portent le poids lourd de notre fuite.

Dans cette dérobade parvient-il à dégager une diagonale pour baliser ce no man’s land qui départagera fatalité et culpabilité.

Qu’il doive définir des torts, se désigner seul et unique responsable de cette situation.

Qu’il décide que pour lui aucun retour en arrière ne sera possible, qu’aucun compromis ou une quelconque reddition est envisageable. Que la seule solution raisonnable serait de me laisser partir et continuer seul son errance.

Ses recommandations s'averont vaines et finiront en poste restante. 

Je poursuis cette évasion et je l’accompagne dans cette trajectoire dans l'incertitude, avec cette peur qui nous pousse à rester vivant.

...

Avancer encore, au plus vite. La ligne de crête se dessine juste au-dessus, plus que quelques hectomètres pour l’atteindre, basculer sur l’autre versant  et gagner enfin la plaine. La pente se fait de plus en plus abrupte, chaque enjambée  plus rude, elle coupe l’oxygénation et  flingue la respiration.

Derrière moi, j’entends les expirations saccadées de Nolan. Elles tintent comme le cliquetis d’un message en morse qui se traduirait par : « besoin de repos, se nourrir,se désaltérer ». Mais le temps nous presse et on touche presque au but. Impossible de s'arrêter maintenant.

Je devrais clarifier avec lui la situation, lui conseiller de bifurquer, lui dire que tout est de ma faute, mais je demeure convaincu que mes argumentations ne porteront pas leurs fruits et qu’il me suivra quelque soit le risque. 

Je maintiens la cadence en silence, ses questionnements sont autant de fines aiguilles qui viennent piquer la base de ma nuque. Mon dos en mouvement constant reste l’unique ligne d’horizon que je parvienne à lui offrir pour le moment.

Je sais qu’une fois en bas, une fois installée la distance définitive nécessaire avec la meute qui nous traque depuis tout ce temps, on pourra enfin reprendre notre souffle, récupérer. Nouveau pays, nouvelle ville, pour nouvelle vie, pour une nouvelle existence, jamais transcrite. C’est le prix à conquérir,la récompense pour cette fuite harassante.

Ce qui est fait est fait, tout s’est passé très vite, notre destinée se nourrit à tort ou à raison, de secondes imprévisibles qui surgissent brutalement, celles qui suivent, révèlent une autre route qui s'ouvre devant nous. Bonne ou mauvaise, on se met à l’arpenter sans savoir où elle mène.

Dans la vallée, de l’autre côté, des projets neufs, une histoire pas encore écrite, patientent. Mais avant s’embarquer sur ce nouveau navire que nous propose le destin, il nous faut tenir et conclure notre ascension.

Après, tout va changer… mais changer ça ne veut pas dire oublier.


 

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Rédigé par Jean-Michel

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Publié le 17 Novembre 2022

 

Tu gis là sur le sol, lumière éteinte Dans ta chute, ton pied s’est brisé sur le carrelage. L’abat-jour te recouvre comme pour te protéger des regards indiscrets. Je te fixe n’en croyant pas mes yeux. Comment en es-tu arrivée là, toi la compagne de mes soirs d’hiver ou de mes longues nuits d’insomnie. Tu as éclairé de ta douce lueur tant de belles lectures ! Que vais-je faire sans toi, sans le doux regard que tu posais sur moi chaque soir ? Je pense à ce jour où je t’ai déniché dans un magasin d’antiquités et à tout le temps passé ensemble. L’heure est venue de nous quitter. Et c’est avec une grande tristesse que je te fais mes adieux en te remerciant pour tout ce que tu m’as apporté.

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 17 Novembre 2022

Laurent et Julien travaillent ensemble dans le même bureau depuis plusieurs années. Ils sont responsables météo et chargés de prévenir les autorités en cas d’urgence. Laurent est un beau garçon, sportif, aventureux et plein d’énergie. Julien, timide et réservé, travaille dans l’ombre de son ami.

 

Aujourd’hui les indicateurs annoncent une perturbation venant de l’Atlantique. Celle-ci doit rencontrer un courant d’air chaud venant d’Espagne d’ici quelques heures et les risques sont importants pour les régions traversées. « Une journée difficile en perspective » pense Julien , l’air résigné. Laurent, lui, même assis dans un fauteuil, est déjà sur le terrain. « Il va y avoir de l’action aujourd’hui ! On commençait à s’ennuyer. Il faut que je prévienne la préfecture » murmure-t-il à mi-voix. Il se saisit du téléphone et les yeux rivés sur l’ordinateur compose le numéro. « Pourvu que l’on me réponde vite, la pause café doit être terminée à cette heure !  « Pendant ce temps Julien prend des notes sur l’évolution de la situation. « ça ne pouvait pas arriver hier pendant mon jour de congé » maugrée-t-il. Laurent, le téléphone à la main, trépigne d’impatience. Enfin une voix se fait entendre : « Ici la préfecture, nous vous écoutons.». « Pas trop tôt ! » se dit Laurent, avant d’expliquer la situation d’une voix ferme. « Les ennuis vont commencer » pense Julien en levant les yeux au ciel…

 

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Rédigé par Elisabeth

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Publié le 17 Novembre 2022

 

 

Ah là là, je ne le sentais pas ce trajet…. En plus c’était la première fois que le village comptait sur moi pour aller chercher de l’eau à l’oasis le plus proche. Et bien ils m’ont donné le pire des équidés de la troupe. Bête à manger du foin comme on a l’habitude de le dire, sauf que pour trouver du foin par ici il faudra repasser.

Déjà pour démarrer, il en a fallu de la persuasion, des encouragements, je lui ai même dit quelques abominations bien senties au creux de l’oreille. Rien à faire… Finalement c’est lorsque je lui ai botté le derrière avec ma babouche qu’il a consenti à s’éloigner du pieu auquel il était attaché. Mais bon, là encore ce n’était pas gagné. Pourtant il avait l’air cool ce couillon de grison, tout bien harnaché et je lui avais même mis une belle couverture pour protéger son dos. Fais du bien à Bertrand !...

Bon on y est quand même arrivés à l’oasis, j’ai réussi à remplir quelques bidons et à les attacher sur le dos de Cadichon. Mais pour le retour, il a fallu recommencer le scénario du départ. J’avoue que même si je n’avais pas grand-chose d’autre à faire ce jour-là, j’ai un peu perdu patience… Je l’ai tellement asticoté qu’il a fini par se mettre en route… dans la mauvaise direction ce bon à rien. Et lorsque j’ai réussi à le rattraper par le licol, il s’est arrêté net et a commencé à se rouler par terre et à braire à n’en plus finir comme si j’étais en train de l’épiler. Evidemment, il a parfaitement réussi dans son intention de se débarrasser des bidons et de les vider de leur précieuse eau ; et puis tout d’un coup il s’est redressé sur ses pattes et a filé direct en sens inverse. Non mais ce n’est pas vrai ! Dans ma tête, pendant que je reprenais seul le chemin du village, j’essayais en vain de trouver une bonne explication à ce retour foireux, largement précédé par ce bourricot. Mais qu’est-ce que je vais pouvoir leur raconter sans passer pour un moins que rien, incapable de tenir tête à une monture décérébrée ? Encore aujourd’hui je manque de jurons quand je me souviens de cette journée.

 

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Rédigé par Bernadette

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Publié le 16 Novembre 2022

 

Cher sac de voyage

Nous n’irons plus toi et moi arpenter les halls de gare, monter et descendre les escaliers du métro où je devais te porter à bout de bras, en haletant comme un phoque ! Nous ne monterons plus ensemble dans le train pour Paris et je ne te poserai plus sur la grille du local à bagages, ne sachant plus par quel bout te prendre tellement tu étais encombrant.

Tu es pourtant encore bien portant, pas trop vieux, ton cuir est encore souple et tes anses solides.

Ne va pas penser que désormais je vais rester solitaire et casanière ! Non, non ! Notre joyeuse collaboration s’arrête là aujourd’hui et j’en suis désolée pour toi. Mais pour moi une nouvelle aventure commence. Et oui, ta place ne va pas rester inoccupée longtemps. Je me doute que ma lettre va te laisser tout avachi et que ta belle couleur roux va perdre de son éclat quand tu liras ces lignes. Désormais c’est une toute nouvelle valise à roulettes, plus maniable que toi, qui m’accompagnera dans mes voyages.

Je te remercie pour ta compagnie durant toutes ces années, nous garderons toi et moi tous les beaux souvenirs de nos aventures ensemble, mais vraiment tu étais trop pénible à porter !

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Rédigé par Mireille

Publié dans #Les objets

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Publié le 16 Novembre 2022

 

C’est un jour d’automne, plutôt fin d’automne. Le ciel est bleu. Dans le champ les vignes sont dégarnies, plus de feuilles ni de grappes. L’ombre de l’homme, Paul, et de son chien blanc Domino, il est vraiment beau ce chien, laisse penser que le soleil est bien présent. Sans doute une fin d’après-midi car la lumière est rasante.

Paul est pensif, son regard tourné vers le ciel ou peut-être vers une colline lointaine. Un sourire sur ses lèvres.

A quoi pense-t-il ? Un souvenir d’enfance lui revient-il en mémoire? Il a grandi ici dans cette région de province, une région viticole apparemment. Ce souvenir le rend mélancolique ou bien attend-t-il quelqu’un ? Domino, près de lui, semble regarder dans la même direction. Attend-t-il lui aussi quelque chose ou quelqu’un ? Il paraît bien sage ce chien.

Couvert d’une doudoune, il ne doit pas faire chaud malgré le soleil, Paul a quitté le repas familial pour s’isoler et marcher avec son fidèle compagnon sur la terre de son enfance. Les repas de famille, ça peut être une fête comme un désastre. Oui un désastre parfois. Comme le dernier repas de Noël, où sa cousine l’avait pris à partie pour une futile histoire de desserts ! Quelle importance qu’il y en ait treize ou pas … Aujourd’hui heureusement la réunion de famille avait été assez sympathique. Quatre générations réunies, juste pour le plaisir de se retrouver, évoquer le temps d’avant et le temps d’après.

Dans ces moments-là, Paul se sentait souvent envahi d’émotions et préférait quitter la table et s’éloigner du regard des autres, Domino sur ses talons.

Respirer l’air frais de cette fin de novembre et profiter du silence et du calme de cette nature, c’était, pour Paul, comme une bouffée d’oxygène, un retour aux sources, une parenthèse dans sa vie effrénée d’homme mûr. Ça lui va bien ces cheveux grisonnants !

Ce moment de calme et de réflexion sera de courte durée, car bientôt les petits-neveux de Paul viendront les rejoindre. Domino, lui, sera content sans doute. Les chiens comme lui aiment bien jouer avec les enfants. Pour Paul le silence sera rompu, les souvenirs s’estomperont, il reviendra à la réalité de sa vie d’aujourd’hui.

 

 

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Rédigé par Mireille

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Publié le 15 Novembre 2022

 

L’amour, la jeunesse, je l’idéalise.

Je l’aime, pensais-je, elle sera l’héroïne de mon prochain roman.

J’aime ses cheveux quand le soleil fait ressortir leurs nuances dorées, des soirs de câlins ils l’enveloppent de leurs manteaux d’amour.

Présente, voluptueuse et douce, attentive à Moi…

Moi, le compagnon toujours dans les nuages de mes pensées, cherchant parfois l’inspiration ou bien comme une nuée d’idées, je ne sais comment poser mes mots sur le papier, mon stylo à du mal à suivre.

Dès le début, ma douce compagne a su allier son travail d’éducatrice et prendre soin de Moi, oui, je sais encore Moi.

Je ne suis pas imbu de ma personne, mais j’aime bien être chouchouté.

Les années ont passées, le choix du roi, mon fils Aurélien, puis sa petite sœur Marie.

Évidemment, mon amour de compagne m’oubliait parfois, c’est un peu normal, me disais-je, non, non j’existe, qui suis-je, que vais-je devenir !!!!

Longtemps après, l’inévitable pensée de séparation, je n’ai pas su raisonner mon égo, le distance se fit doucement, nous restions amis.

Nous Sommes Amis, le contradiction se fait dans ma tête d’écrivain, je la désire encore, mais n’ose plus.

Nous vieillirons ensemble, elle est ma meilleure amie, je ne chercherai plus ailleurs, j’ai trouvé mon Moi Intérieur, il est tellement plus enrichissant, allez savoir pourquoi !!!

Le ‘tea time’, la douceur de sa peau, volée un instant quand ma joue la frôle, elle sera toujours mon inspiratrice….        

 

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Rédigé par Dominique

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Publié le 15 Novembre 2022

 

Chère toi,

Aujourd’hui, je prends une page blanche pour t’écrire, pour te dire tout ce que j’ai sur le cœur.

Je n’en peux plus de ta présence, toi qui me rends heureux et malheureux à la fois. Tous les jours, tu m’obliges à te prendre dans ma main, même les jours où mon esprit est vide de mots.

Je ne veux plus, c’est fini notre histoire n’a que trop duré. Je te quitte, n’essaye pas de me retenir, d’ailleurs, j’ai rencontré un autre amour, il s’appelle Bic.

Adieu ma plume, je garderais gravé dans mon cœur ton doux prénom « sergent major »

Bises de ton poète

 

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Rédigé par Bernard

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