Publié le 1 Juin 2026

La troisième phrase, page 56, du roman de Katherine Pancol : « Les hommes cruels ne courent pas les rues », en guise d'incipit :

Il est lourd et chaud contre elle. Elle retire avec précaution son pied coincé sous la cuisse du labrador noir. Il ne réagît pas. Nathalie regarde avec des yeux pleins d’amour ce beau chien, son chien, celui qu’elle chérit depuis six ans déjà. Elle qui n’avait jamais eu d’animal domestique, elle avait découvert à quarante-cinq ans l’amour inconditionnel qu’un chien apporte à sa maîtresse ou à son maître. On le lui avait dit, elle était prévenue, mais elle était loin d’imaginer l’intensité des échanges entre l’animal et l’être humain. Il était quatre heures du matin, elle n’avait pas dormi longtemps. Hier avait été une journée très difficile. Sa maman avait fait un A.V.C. deux jours avant, et, après quarante-huit heures d’hospitalisation, elle était partie doucement, en silence, sans s’éveiller du coma dans lequel elle était plongée. Sa fille lui tenant la main avait saisi l’instant précis où la vieille dame était partie pour un autre monde. Ses doigts étaient devenus inertes brutalement, comme si la vie s’en était retirée. Très détendue, elle s’était éteinte comme une bougie dans un courant d’air, à quatre-vingt-huit ans. Nathalie était restée figée quelques instants, avant d’appeler l’infirmière dans le bureau face à la chambre. Avec le calme de quelqu’un habitué à côtoyer la mort tous les jours, la jeune femme, après avoir fait les vérifications nécessaires, lui confirma que Catherine s’était endormie pour toujours. Même si elle savait que ce moment allait arriver, Nathalie s’effondra dans les bras de l’infirmière, pleine d’empathie envers elle. Depuis ce moment-là, il lui semblait vivre dans le brouillard. Après la venue du médecin, elle avait appelé son frère, sa fille, sa meilleure amie, et peut-être d’autres proches, elle était incapable de s’en souvenir…Son frère avait pris le relai auprès de leur mère, et elle avait pu alors rentrer chez elle se reposer. Avant cela, elle était allée promener Félix dans le parc proche de son immeuble. Heureusement, elle n’avait rencontré personne. Elle avait l’impression d’être un zombie. Hier soir, elle avait tellement pleuré qu’elle sentait qu’elle n’avait plus de larmes. Une partie de la nuit, elle avait revu mentalement des moments de sa vie en compagnie de sa maman, revécu des discussions qu’elles avaient eues, elle revoyait Catherine en jeune mère lorsque son frère et elle allaient à l’école, en veuve courageuse lorsque son mari était décédé, la laissant seule avec deux ados lycéens. Elle se rappelait une Catherine toujours combattive, trouvant une solution pour chaque problème. Lorsqu’elle ébauchait un sourire dans sa tristesse, Félix s’en apercevait et venait lui donner un coup de langue affectueux : ça signifiait « Tiens bon, je suis là, moi, tu n’es pas seule. Je te soutiens ! » Comment cet animal, récupéré à six mois dans un refuge, pouvait-il comprendre ainsi les sentiments de sa maîtresse et la porter dans ces moments difficiles ? Elle avait fini par s’allonger sur son lit vers minuit. Félix avait sauté d’autorité près d’elle. Ils s’étaient endormis tous deux dans les bras l’un de l’autre. C’était beau, c’était touchant. Et maintenant, elle le sentait contre elle, si doux, si solide. Elle allait tenir le coup en souvenir de Catherine, qui avait donné tant d’amour à ses enfants, qui leur avait transmis sa force…

Nathalie ferait honneur à sa maman. Et Félix, comme ses proches, serait là pour elle…


 

Annie TIBERIO


 

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Rédigé par Annie

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Publié le 1 Juin 2026

Crédit photo : Madeleine Cafedjian

En quatre ateliers, une petite nouvelle basée sur des images.

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 1 Juin 2026

Juin 2024 : ce sont mes vacances, tant attendues. Enfin, plus d’horaires à respecter, plus à m’occuper du mari, des enfants. Et pourtant ils sont ma raison d’être. Je ne pourrais pas vivre heureuse sans eux.

Qu’il est merveilleux, ce moment où je suis assise seule face à la mer, mon amie.

Les couleurs de l’onde sont changeantes, du bleu pur au turquoise jusqu’à un vert marin, indéfinissable qui n’appartient qu’à elle.

Les petites vagues clapotent à mes pieds comme pour m’attirer à elles. La mer est ma confidente, mon alter égo en termes d’éléments. Elle pourrait être ma mère. Je suis sortie de ses flots et je partirais avec elle. Je n’ai jamais pu en être privée.

La mer est un esprit indomptable, à la personnalité changeante à l’image de sa palette de couleurs. Le cœur de l’homme lui ressemble, ses tempêtes, ses profondeurs, tantôt tumultueuse, ou calme et apaisante. Elle fait battre le mien et m’attire de sa main tendue qui lorsque je la caresse ma raconte ma propre histoire.

Je me glisse en elle, dans sa transparence. L’eau est limpide comme du cristal, brillant de milles étincelles. Elle m’entoure de ses longs bras, caressant mes épaules. Cette main chaude sur mon épaule. Je me souviens de cette douce chaleur qui rendait cette petite fille heureuse et fière.

Le ciel radieux et vaporeux avait une couleur azur identique à celle de ce jour, le bleu du bonheur et de l’insouciance.

Les années ont passées avec leur lot de joies et de peines, mais cette mer que j’aime tant me souffle toujours à l’oreille des mots d’amour.

La main sur mon épaule est celle de mon père. Ce souvenir reste vivace ; une photo est là pour rappeler ce moment féérique pour la fillette que j’étais ; un bateau, au beau milieu de la rade de Toulon, son ponton, où nous sommes tous les deux, la mer en arrière-plan qui assiste à notre bonheur.

L’eau était là, une fois de plus, ce témoin vivant et silencieux, clignant de ses yeux étincelants.

Une voix m’appelle, elle me ramène à la pleine conscience de l’instant.

--Léa, Léa que fais-tu là ? Tu ne m’as pas prévenue de ton arrivée.

-- Je n’ai pas eu le temps de te téléphoner Je suis partie un peu dans la précipitation. Je viens passer quelques jours dans la maison de mes parents.

Lili, de son vrai nom Liliane est l’amie de toujours, celle de l’enfance, de l’adolescence, la seule qui comprend et accepte mes silences. Je crois que je l’attendais, en voyant les volets ouverts de la maison, elle ne pouvait que se joindre à moi.

Elle s’assied à mes côtés, d’abord en silence, puis n’y tenant plus, elle s’exclame.

--J’espère que tu n’as pas quitté Guillaume. Tu en serais bien capable !

Silence, ni j’approuve, ni je nie. Lili comprend vite que pour l’instant, ce n’est pas un terrain où elle doit s’aventurer : plus tard peut être.

--Tu te souviens continue t’elle le regard à l’horizon. Ados nous nous retrouvions à cette petite crique « la Verne » à côté de la plage des » Sablettes ».

Souvenirs de blagues et de joies entre copains de lycée.

-- tu étais la jolie Léa, que tous les garçons admiraient, secrète mais toujours souriante, solitaire mais chaleureuse en groupe. On pêchait des oursins. La loi l’autorisait encore pour quelques ’uns mangés sur place. Ton petit copain les ouvrait pour toi, moi, pas de petit copain, pas d’oursins, je n’obtenais que leurs épines dans les pieds. Je n’étais pas vraiment jalouse de toi, j’avais mes qualités, cependant j’aurai aimé te trouvé un défaut.

Puis un jour, j’y pense maintenant. Je vais te faire rire, j’ai trouvé ta faille.

Tu sortais de l’eau, magnifique, tes cheveux longs entouraient tes épaules, tels une étole soyeuse et brillante. Brusquement, tu t’es mise à hurler. La sirène n’avait plus aucun charme sous l’emprise de la peur. Chochotte, un petit poulpe s’était accroché à ta cheville. Tu la secouais frénétiquement pour le faire lâcher prise.

Ta faille, elle était là, je la comprends maintenant. Ce n’était pas la peur de cet inoffensive petite bête. Tu avais peur de tout ce qui pourrait s’accrocher à toi, n’est-ce pas ?

L’amitié, l’amour, trop d’émotions pour toi. Tu aimais y gouter mais pas t’y engouffrer. Pourquoi ? Par peur, peut-être, peur de prendre encore ceux que tu aimes.

Après notre bain de mer, délassant, mes pensées un peu trop sombres sous ce soleil éblouissant s’évanouissent pour laisser place au plaisir de l’instant présent. Lili m’entraine boire un café. Elle soliloque, toujours aussi volubile et joyeuse. Je l’écoute presque religieusement afin de ne pas la vexer me confier les petites histoires des uns et des autres. Le Nice Matin traine sur notre table. Je m’en emparerais bien pour parcourir les annonces des nouvelles expos.

Lili me devance

--Je retrouve aujourd’hui des collègues au musée d’Art Asiatique. Ils exposent des œuvres d’Hokusai. J’aimerai vraiment voir son tableau de la vague. Tu viens avec nous ?

Nous voici au musée, peu de monde, le silence est propice à la réflexion face à ces délicates et tellement réalistes.

Mes yeux, mon esprit, mon cœur tout entier sont absorbés par le flot de cette vague. Peu de couleurs, du bleu omniprésent, blanc, une touche de jaune ; elles sont pointées à l’endroit juste. Elles me fascinent. Cette myriade anime la vague vivante sous le pinceau du maitre. La mer est grandiose, éternelle, et souveraine face aux miniatures que nous sommes. Là, elle se montre sauvage presque brutale, impatiente.

Vat ‘elle engloutir les fêles embarcations des courageux pêcheurs. Ou est-‘ elle venu les aider à aller plus loin dans leur quête.

Cette vague me souffle à l’oreille

--Je suis là aussi pour toi, pour t’emmener vers un avenir que tu vas construire, sans oublier le passé mais en te détachant de ses pesantes entraves.

Nous sortons du musée. Lili monologue. Moi, je suis encore soulevée par la vague d’Hokusai qui m’a projetée hors du temps. Je reviens peu à peu, je m’entends dire oui à Lili sans avoir aucune idée de la question posée. Tant pis, elle me prend le bras et m’entraine, alors que j’aurai voulu m’échapper, revenir à mon point de départ, au bord de la mer. Sans me rendre compte du trajet parcouru, je m’aperçois que nous sommes devant chez elle.

Ouf ! Elle ne m’a pas entrainé dans un café bruyant, bondé de monde à cette époque vibrante de l’année.

Rien n’a changé, la maison de ses parents est nichée dans un coin de rue. Nous entrons par la barrière de la terrasse. Je ne me rappelais pas qu’elle était aussi enclavée entre deux maisons, petite et mal entretenue au premier regard. Lili tu pourrais fournir un effort pour rendre cet endroit plus attrayant. D’un autre côté, a bien y regarder, ce coin a garder toute sa beauté passée. Au mur, la fresque écaillée par la pluie nous sourit de son charme à l’ancienne. On y distingue encore le dessin d’un chat d’un bleu vif. La table, les chaises de leur bleu délavé, elles, se marient fort bien au paysage.

Malgré l’envie que je ressens de balayer, nettoyer, installer des potées de brassées de fleurs aux couleurs vivent, je dois admettre que tout ici maintient l’ambiance du lieu, du ressenti qu’il procure à l’invité l’entrainant vers son intériorité.

L’air transpire la simplicité, la convivialité. En fait, me dis-je, Lili, tu as raison ? L’authenticité de ce jardin presque oublié symbolise le refuge, le livre de ceux qui ont bien voulu lui confier leurs secrets.

Léa ferme les volets de sa maison, ceux de ses souvenirs. Sereine, elle rejoint son quotidien qui sera à son tour, au moment venu, le jardin secret de ses enfants.


 

Béatrice


 

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Rédigé par Béatrice

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Publié le 31 Mai 2026

Pour le Concours de la Nouvelle seniors 2026, sur le thème tiré d'une citation tirée des « Lettres à un jeune poète » de Rainer Maria Rilke,

« Il est bon aussi d’aimer, car l’amour est difficile. Nous devons nous tenir au difficile, tout ce qui vit s’y tient ».
 
... ont participé, pour l'atelier du Ray, par ordre alphabétique :
Arlette, Bernard, Dominique, Fernand, Josiane, Marie-Thérèse, Mireille, Olga et un "ex", Jean-Michel.
 
***
 

Et les lauréates sont :

 

🏅 Mireille : 4eme prix pour "La rose bleue"
 
🏅 Marie-Thérèse : 9eme prix pour "Lettre à un jeune peintre"
 
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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 31 Mai 2026

Je m’appelle Émilie. La vie a pris possession de mon âme un soir d’automne, dans une ancienne maison de campagne appartenant à ma famille. La pluie crépitait sur les vieilles tuiles, les flammes dansaient dans l’âtre d’une cheminée de pierres et je dormais dans la douceur des bras de ma mère.. Mon avenir, veillait sur moi avec tendresse.

Dès que j’ai su marcher, j’ai aimé mes chaussures. Plus tard, je lançais une balle à mon chat et nous faisions la course pour l’attraper. Mistigri gagnait toujours. N’ayant pas encore appris à perdre, je gardais une petite rancune à mon chat, et je me pris à moins aimer mes chaussures, les rendant responsables de mes défaites. La maternelle et les autres filles m’apprirent à dire non ! On disait de moi : Elle a du caractère ! En fait, je venais de découvrir les avantages de l’égoïsme. Le soir, dans mon lit douillet, je me reprochais mon comportement, mais j’avais une fâcheuse tendance à devenir sourde... Le remord n’avait pas encore atteint ma juvénile conscience. Jusqu’à ce que…

J’avais six ans quand mes parents me donnèrent une petite sœur à aimer. On la baptisa « Marie » Ce fut un choc ! Je devenais « Émilie, la sœur aînée »  ! Je décidais d’être digne de mon nouveau statut et de toujours la protéger. Pour me remercier des sentiments plein d’amour, que je vouais à ma sœur, mon père me fit un cadeau :

- Je t’offre ce miroir Émilie, il sera pour toi un vrai confident, et il ne ment jamais. Tu remarqueras qu’il n’est pas rectangulaire, l’arrondi de son cadre de bois ciré ne blessera jamais les mains douces qui le caressent. Aime-le... Regarde son reflet chaque jour, et il répondra à tes questions. Tu verras…

Dés lors, Je passais des heures à t’interroger, mon ami miroir. Tu me disais que j’étais belle et ma candeur ne demandait qu’à te croire. Mais tu n’as pas tardé à freiner la satisfaction que me procuraient tes compliments..

- Attention ! Disais-tu. Prends garde à ne pas semer tes sentiments aux quatre vents. Aimer et offrir son amour est louable, mais les princes charmants ne sont pas toujours ce que l’on croit... Regarde plutôt autour de toi et tu trouveras toujours une âme qui a besoin d’être aimée…Tiens ! Souviens toi :

Il y a quelques jours, un pauvre homme, assis sur un bout de trottoir, a tendu sa main vers toi. Tu as fait un écart pour passer sans le voir, car sa misère t’a fait peur. Il ne demandait, pourtant, qu’une piécette… C’est comme si tu avais refusé une simple goutte d’eau pour étancher la soif d’un homme à l’agonie. Tu aurais pu lui consentir un regard pour qu’il sache qu’on le voit, mais tu ne lui a rien donné. Ta fierté a pris le dessus sur ce que j’essaie, en vain, de t’enseigner.

Oui, je me souviens, miroir, j’ai eu honte. J’ai voulu lui donner une grosse pièce le lendemain, mais un jour de trop était passé et il n’était plus là. Tu m’as alors glissé à l’oreille : Ne le cherche pas Émilie. Découragée, son âme lui a dit : Viens partons, je vais te confier à un ami qui te feras découvrir un nouveau chemin… Et tu ne sais pas tout Émilie ! Personne n’a accompagné son départ. Sa dépouille a été enlevée par la voirie comme un tas de feuilles mortes… Sans plus ! Aimer, sans partage, n’est pas facile, mais le premier pas que l’on fait vers l’autre ouvre notre cœur au monde entier.

Je ne savais pas qu’il était si difficile d’aimer son prochain. Personne ne m’avait appris le poids d’amour, que représentait une simple tranche de pain. J’acceptais cette leçon avec humilité.

Forte de tes conseils, je suivais avec bienveillance, l’avancée dans le temps, de ma petite sœur. Ses cris de guerre quand elle courait après Mistigri, résonnaient dans la maison comme un hymne au bonheur. L’amour ruisselait par toutes les portes, et menaçait de nous noyer… Qui plus est, ma sœur dégageait une bonté naturelle que j’étais loin de posséder à son âge.

Un jour d’hiver, un peu avant Noël, nous allions en ville, avec notre père, quand une petite mendiante attira son regard. Elle s’approcha d’elle, se pencha et lui demanda :

- Il fait froid. Tu n’as pas d’écharpe ? Tiens prends la mienne mon manteau me suffit.

La petite, apeurée, ne sut quoi répondre. Alors, Papa, ému, lui tendit le vêtement en la priant de l’accepter.

Moi, l’aînée je venais, encore, d’apprendre à aimer naturellement, sans contrepartie… Mais mon destin avait décidé qu’il était temps que j’apprenne à pleurer.

Marie était belle en dehors et en dedans. La soie de ses cheveux dorés encadrait deux yeux d’un bleu ciel pas possible tant ils vous éclaboussaient quand elle racontait l’histoire du chevalier qui tue le Dragon. Parfois elle plaignait ce pauvre Dragon qui n’était pas si méchant…

Mais, un jour, à l’âge de ses cinq ans, le dragon ne mourut pas. Le chevalier faillit à sa mission et Marie perdit ses forces à vouloir lutter contre la bête. Marcher devenait difficile, quant à courir, il ne fallait plus y penser. Elle dut garder le lit. Elle ne comprenait pas et demandait, sans arrêt : Pourquoi ? Et moi, je n’avais pas la réponse. Ses beaux yeux avaient perdu leur éclat. Seul, Mistigri amenait un sourire timide sur ses lèvres lorsqu’il venait se pelotonner dans ses bras. Il la comblait de bises. Ses ronrons et la douce chaleur de sa fourrure la réconfortaient.

Je luttais avec elle de toutes mes forces, mais l’amour que je lui portais ne suffisait pas. L’hôpital était inévitable. Quand les infirmiers sont venus pour l’emmener… J’ai pleuré. Avant qu’ils ne me l’enlèvent, je me suis penchée pour l’embrasser et lui dire :

- Tu sais que je t’aime Marie. Je ne t’abandonne pas. Je serais toujours auprès de toi.

Marie m’offrit, alors, un grand sourire et tendit ses bras vers moi. Je compris qu’ elle me faisait cadeau de sa vie. Tu sais, dit-elle, tu ne quittes jamais mes pensées. Moi aussi je t’aime ma grande sœur. Sur ces mots les portes de l’ambulance se fermèrent, le moteur rugit et le véhicule blanc s’éloigna.

Sa chambre, était décorée de petits lutins dansant sur les murs et une grande fenêtre laissait entrer le printemps et la lumière du soleil. Les infirmières s’appliquaient à donner les meilleurs soins à notre Marie. Des enfants venaient des chambres voisines et jouaient avec elle.

Figure-toi, miroir, que tes leçons n’étaient pas restées lettre morte. J’ai cherché ce que je pouvais faire pour lui apporter un réconfort moral. Surtout que Marie avait perdu ses cheveux. Je lui avais dit qu’il s’agissait d’une situation provisoire, mais Marie ne croyait pas un traître mot de mon discours. Je suis laide, disait-elle, plus personne ne m’aimera et mes camarades, ne voudront plus jouer avec moi…

- Tu crois que le soleil voudra encore réchauffer mon lit, le matin, avec ses rayons dorés ?

Cette question posée du bout des lèvres après quelques secondes de silence, m’avait anéanti. Que dire ? Que faire ? Au secours, miroir ! Aide moi, répond à ma place… Mon impuissance à trouver les mots me faisait honte, et je ne pensais qu’à fuir. L’amour qu’elle exigeait de moi était bien lourd pour mes petits bras. J’étais perdue, quand...tu vins à mon aide… Tu étais là miroir, dans le bleu de ses yeux...

Pour te prouver que c’est la vérité demain je viendrais avec le beau miroir que papa m’offrit quand tu es née. Il ne ment jamais ! Tu lui poseras la question et tes craintes s’envoleront, tu verras...Tu es encore plus belle qu’avant, ma petite sœur chérie, à demain.

Le lendemain, je vidais ma tirelire, te pris sous mon bras, et en chemin nous nous arrêtâmes à un magasin pour choisir un beau chapeau. J’avais choisi un modèle cloche, bleu clair, comme ses yeux, avec une bande blanche sur laquelle était accrochée une fleur rose. J’étais sûre qu’elle allait adorer.

Regarde Marie, « miroir » est venu te voir. Mais, tout d’abord, j’ai un beau cadeau pour toi. Je sorti de l’emballage le chapeau et le posai délicatement sur sa tête. L’absence de ses cheveux n’était plus de mise. Je retrouvais la petite sauvageonne qui enchantait ma vie. Je me dépêchais de te tendre vers elle pour qu’elle puisse se retrouver dans tes reflets. Je sais, que tu lui as parlé, et tu as glissé une ombre rosée sur ses joues pâles, dans l’image que tu lui as rendu.

Sont regard fatigué se tourna vers moi… Émilie… J’aimerais le prendre dans mes bras. Tu crois qu’il voudra ? Ses petits yeux se firent suppliant, je me dépêchait de te confier à elle tout en m’inquiétant de la voir aussi fragile. Marie t’entoura de ses bras et ferma ses yeux. Ses longs cils caressèrent son visage et un filet de sourire vint l’illuminer. Le silence qui s’était installé dans la chambre n’était troublé que par la respiration de Marie. Sur sa petite poitrine, miroir, tu accompagnais les battements de son cœur. Je vous regardais comme si j’admirais un tableau éternel. La fenêtre, ouverte, nous gratifiait d’une senteur de fleurs des champs. Soudain ! Miroir, tu faillis ! comme le chevalier, et tu ne bougeas plus… Ce fut comme si le dragon avait frappé. J’étouffais un grand cri... Et je t’ai détesté, miroir.

Ma colère fut telle que je voulu te briser en mille éclats... Mais ma vie, et peut-être celle de Marie, m’ont ramenée à la raison.

- Ta sœur l’a aimé ton miroir. Il a bercé ses derniers instants dans la sérénité. Elle est partie comme elle est venue… Sans le savoir. Regarde Émilie, son sourire ne l’a pas quitté.

La colère bâillonnait mon chagrin. Miroir ! Répond ! L’as tu vue partir ?

 

- Oui, Émilie, je les ai vues partir, main dans la main, avec sa vie. Oh ! Une toute petite vie, pas bien grande. Elles ont pris un chemin, encombré de fleurs qui les guidait vers la lumière. Elles gambadaient, heureuses et libérées vers un futur auréolé d’or...

Les années sont passées miroir, mon visage s’est fané, ton éclat s’est terni et ma vie, assise sur une pierre au bord de ma route, attend que je passe pour faire un bout de chemin avec moi… Marie n’est pas loin… Je le sais ! Viendras-tu avec moi ?

 

Fernand

 

 

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Publié le 31 Mai 2026

La valise de Mireille - Bernard BRUNSTEIN

 

10 mai 2024 – Paris gare de Lyon - 14h10

« Il est bon aussi d’aimer car l’amour est difficile ». Mathilde ne quitte pas des yeux le tableau indicateur des trains au départ. Cette phrase de Rainer Maria Rilke qu’elle a lue récemment résonne dans sa tête. Elle rentre à Nice où elle va retrouver Cyril, son mari depuis bientôt quinze ans, et leurs deux enfants. Les quelques jours passés chez sa sœur à Paris lui ont permis de faire le point sur sa vie de femme, de mère, d’épouse. Son couple bat de l’aile, les moments intimes deviennent moins fréquents. N’est-ce pas le devenir classique des amoureux ? Assise maintenant dans le hall 1 de la gare, sa valise verte à roulettes posée parterre à ses côtés, ses pensées vagabondent. Elle n’a pris encore aucune décision. Pourrions-nous donner une deuxième chance à notre amour…Cyril en a-t-il seulement encore l’intention…

Thomas est debout dans le hall 1, tous les sièges près de lui sont occupés. Il attend de savoir de quelle voie partira le train qui le ramènera à Annecy ce soir. Personne ne l’y attend. Sa compagne l’a quitté l’année dernière. Leurs réserves d’amour étaient épuisées, dépensées trop vite et trop intensément. Si elle avait su, elle serait peut-être restée à mes côtés. Par pitié plus que par amour. Plutôt ne garder que les souvenirs heureux. Le jour de leur rencontre devant un tableau de Gustave Caillebotte quand ils ont longuement échangé leurs goûts pour l’art et qu’il a vu la passion dans ses yeux verts.

Mathilde se lève, le panneau vient d’afficher le numéro de la voie d’où partira le train à grande vitesse pour Nice :19. Elle attrape machinalement la poignée de la valise à roulettes toute proche. Perdue dans ses pensées, partagée entre plaisir et doutes, elle s’apprête à retrouver sa vie provinciale, son travail à la boutique de bijoux fantaisie qu’elle fabrique elle-même, et ses deux fils, qui supportent difficilement les disputes récurrentes entre elle et leur père.

« Madame, Madame ! » Thomas lui touche l’épaule l’air affolé. Mais est-ce bien à elle que s’adresse cet homme si séduisant ? « Madame, excusez-moi, vous avez pris mon bagage ! » Mathilde, un instant sur la défiance, constate qu’il y a en effet deux valises vertes à roulettes identiques à ses pieds. « Vous vous appelez bien Mathilde n’est-ce pas ? » lui demande Thomas en la dévisageant. « Moi c’est Thomas, regardez sur l’étiquette accrochée à la valise !» insiste-t-il en joignant le geste à la parole.

Il a raison. Dans son empressement elle a saisi le premier bagage qui se trouvait là. Juste un incident, alors pourquoi son cœur s’emballe-t-il, pourquoi sent-elle ses jambes vaciller et ne peut-elle détacher son regard de celui de cet homme ?

Elle a envie de rire de cet échange de valise en pensant au contenu qu’elle aurait découvert à son arrivée à Nice et de pleurer pour cette rencontre qui arrive au moment inopportun dans sa vie. Elle bredouille, confuse, « Je suis vraiment désolée ». C’est tout ce qu’elle parvient à dire.

Son train partira dans vingt minutes voie 19, celui de Thomas dans trente minutes voie 20. « Juste le temps de prendre un café, vous voulez bien ? » propose -t-il. « Et d’acheter une bouteille d’eau et un magazine » ajoute-t-elle en le remerciant.

Thomas s’empresse de faire ces quelques achats et revient s’asseoir près de Mathilde installée maintenant dans le hall 2 d’où leurs deux trains partiront bientôt. Elle glisse rapidement dans son sac à dos le magazine que Thomas lui apporte.

Les minutes s’enfuient trop vite, le café est trop chaud, le hall trop peuplé et Thomas bien trop charmant. Le moment de se séparer est arrivé. « Nous partons du même quai ! » constatent-ils en riant. Des adieux aussi brefs que leur rencontre. Mathilde réalise qu’elle sait peu de choses de cet homme, séparé de la mère de son fils unique, il travaille à Annecy dans une galerie d’arts. Elle voudrait déjà le revoir, poursuivre leur discussion et plonger dans son regard noir si troublant et pourtant si triste.

Cette rencontre éclair lui a fait oublier un instant les tensions qui s’accumulent dans son couple, l’éloignement progressif de Cyril, pour une autre femme peut-être ? Les bienfaits de son séjour à Paris chez sa sœur s’atténuent à chaque tour de roue du train. Mathilde sent l’angoisse l’envahir, impossible d’ouvrir le magazine que Thomas lui a acheté. Ses pensées s’emmêlent. On n’a même pas pensé à échanger nos numéros de téléphone. Cyril sera-t-il à la gare de Nice ce soir ? Viendra-t-il attendre sa femme avec la même impatience qu’au début de leur relation quand la moindre absence de l’un était un manque pour l’autre ? Son cœur se serre. Elle voudrait tellement être encore pour lui celle qu’il attend le cœur en émoi.

Le train de Thomas démarre quelques minutes après celui de Mathilde. Mêmes bagages, même quai et mêmes rails. Il sourit. Elle est touchante Mathilde, un peu réservée sans doute mais il émane d’elle une douceur presque puérile. Elle parle peu d’elle, beaucoup de ses enfants, est-elle en couple ? pas vu d’alliance à son doigt… Il consulte son téléphone portable, non il n’a pas encore reçu d’appel.
 

Entre Paris et Nice

Dans quelques instants le train à grande vitesse entrera en gare de Nice ville. Mathilde s’est assoupie durant le trajet, elle n’a pas touché au magazine. Ses pensées étaient ailleurs. Elle a rêvé de Cyril, de leurs moments heureux, elle a tellement aimé cet homme, est-elle encore amoureuse de lui ou bien le quotidien et les épreuves de la vie ont-ils émoussé ses sentiments ? Elle a aussi rêvé de Thomas, sans doute arrivé avant elle à destination. Une sympathique parenthèse cette rencontre… Dommage qu’elle arrive au mauvais moment, trop tôt ou trop tard dans ma vie.

 

Entre Paris et Annecy

Thomas n’a pas pu trouver la tranquillité durant le voyage, ce qui l’attend à Annecy n’est pas fait pour le rassurer. Les examens médicaux passés à Paris ont confirmé ses doutes et ses craintes. Rien n’est déjà joué, il va falloir se battre et tenir bon.

La rencontre avec Mathilde serait-elle un cadeau que lui offre la vie pour lui donner du courage et de la force ? Il croit bien avoir vu de la tendresse dans ses yeux, tout à l’heure sur le quai, quand elle lui a dit, un doux sourire aux lèvres : « Merci pour tout Thomas, bon voyage, prenez soin de vous ». Ou peut-être de l’amour naissant ? Son cœur meurtri s’est de nouveau mis à battre plus intensément.

Il s’est retenu de lui prendre la main, l’empêcher de partir si loin de lui, lui crier que le temps est sans pitié et que le sien est sans doute compté.

Depuis le départ il a consulté plusieurs fois son téléphone, quelques messages sans grand intérêt, pas celui qu’il espérait.

 

Nice – 15 août 2025

Mathilde prépare sa valise et son sac à dos. La séparation avec Cyril est officielle. Son mari l’attendait à son arrivée à la gare de Nice le 10 mai 2024 mais ce n’était pas pour accueillir la femme qu’il aimait encore. Il avait choisi ce moment pour lui annoncer qu’il demandait le divorce. Mathilde avait d’abord refusé. Il s’en était suivi des mois difficiles. Une alternance de conflits et de réconciliations, de promesses et de trahisons, d’efforts pour sauver leur amour, elle surtout voulait encore y croire. « Besoin de respirer » lui a-t-il dit en partant. Quinze années de vie commune, durant lesquelles ils ont partagé les difficultés et les joies, éprouvé les deuils et fêté les naissances, qui se terminent par cette petite phrase assassine. Changer d’air et mettre de la distance avec la situation est nécessaire pour elle aussi maintenant. Elle se sent vide, elle a mis tant d’énergie pour sauver leur couple et préserver sa famille, dissimuler sa colère et cacher son chagrin, rien n’y a fait, Cyril n’est pas revenu sur sa décision. Son billet de train en poche, elle part se ressourcer à Paris chez sa sœur.

Les souvenirs de l’année dernière se sont invités sans ménagement quand elle a ouvert la valise verte à roulettes : l’échange des bagages à la gare de Lyon, le regard profond de Thomas, le son de sa voix, son émotion visible quand elle est montée dans le train.

S’il m’avait retenue à ce moment-là, ma vie serait différente aujourd’hui…

 

Dans le sac à dos se trouve toujours le magazine qu’il s’était empressé d’aller lui acheter et qu’elle n’a jamais ouvert. Tout a été si douloureux depuis son précédent voyage.

 

Mathilde feuillette distraitement la revue, perdue dans ses pensées. Entre les pages 19 et 20 est glissée une carte. Au recto une magnifique rose d’un bleu profond, au verso un numéro de téléphone et ces mots :

Paris, gare de Lyon, 10 mai 2024, voies 19 et 20.

La vie est si courte !

Thomas 

 

Le cœur de Mathilde s’emballe, ses jambes ne la portent plus, elle a soudain besoin, là tout de suite, d’entendre la voix de cet homme. Plusieurs mois se sont écoulés depuis leur rencontre. Se souvient-il seulement d’elle ? Pourquoi n’ai-je pas vu cette carte plus tôt ? « La vie est trop courte !» a écrit Thomas. Mathilde a un mauvais pressentiment.

Quel message cache cette rose bleue ? Elle connaît le langage des fleurs et son corps se met à trembler. Ce n’est pas un bon présage.

Elle attrape son téléphone et compose les dix chiffres, partagée entre espoir et inquiétude.

Deux sonneries puis… « Le numéro demandé n’est plus attribué ».

 

Mireille

Et la suite de l'histoire... avec des allers-retours de la vie...

https://un-atelier-d-ecriture-a-nice.over-blog.com/2026/07/les-allers-retours-de-la-vie.html

 

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Rédigé par Mireille

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Publié le 31 Mai 2026

Je me suis assise un instant au bord de ma vie.
Un arrêt inopiné, le stylo est fatigué, les feuilles blanches attendent longtemps, jusqu'à ce que mes neurones  récupèrent leurs connections.
L'importance de la résilience et la persévérance face aux défis de la vie, la solitude et l'amour sont souvent difficiles.
Parfois l'existence nous oblige à nous surpasser dans des moments compliqués.
Par chance, un don suprême m'est acquis depuis quelques années, qui me soutient dans  mes instants de doute dans l'être humain : "la peinture", devenue ma rage de vivre, des expos, des reconnaissances internationales, mon bonheur d'artiste, un exercice thérapeutique, quand le cœur d'un amour compliqué a lâché.
L'amour, chacun a eu plus ou moins une expérience de l'autre, une relation sensuelle, sexuelle avec un homme dont la seule vue nous hérisse le poil, nous déchaîne cet organe de vie qui palpite  d'une manière exagérée, nous rendant parfois un peu bêtes. 
Qu'il est doux et fort ce sentiment de plénitude, lorsqu'un dieu vivant nous regarde, tendant un geste amical intentionnel.
Quelquefois on fait l'erreur de succomber à un sourire, une attention, mais l'amour se fait sombre lorsque l'euphorie du mariage est réduit à une simple oppression de tourments méprisants et violents.
Alors vient la décision finale et impérieuse, une envie de fuir en toute légalité, au grand dam de cet homme qui n'a jamais compris....
L'amour, dans une vision particulière du semblable, une relation homosexuelle pour différentes raisons cette orientation est une possession de son moi intérieur, une expérience unique, un revers envers le conventionnel, qui dérange ou pas....
L'amour ce sentiment qui nous bouleverse, englobe une multitude de significations, allant de la tendresse à la passion.
L'amour romantique, familial, religieux ayant des intensités émotionnelles particulières.
Quel plaisir de respirer l'odeur de la feuille blanche qui se remplit des pensées qui ne demandent qu'à recevoir mes joies, mes peines et autres sensations complexes de la vie.
Nombre d'écrivains ou de peintres, à leur manière, ont pu s'échapper du quotidien grâce à leur cerveau en ébullition continuelle, prenant un stylo ou un pinceau, leurs amis pour continuer à rêver sur ce phénomène universel qu'est l'AMOUR, qui mène le monde.
L'amour, c'est la pluie, le beau temps, un sourire, une larme, des souvenirs le rire de mon enfant..
Des jours  meilleurs m'attendent, j'y crois, je peins les couleurs de l'arc-en-ciel...
 
Dominique
 

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Rédigé par Dominique

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Publié le 31 Mai 2026

 
Sur le chemin de ma vie, il y a très longtemps, j'ai rencontré une personne qui m'a laissé des souvenirs extraordinaires, mais aussi a creusé des sillons de rides indélébiles.
 
Avec une amie, on décide de passer un long week-end à la campagne, près d'un lac.
Nous sommes installées dans un hôtel en plein centre du village.
Le soir, nous dînons dans les jardins de l'hôtel, vue sur la montagne environnante. Le calme nous fait un bien fou. Nous sommes heureuses de passer quelques jours de détente et de baignades.
Après dîner, nous allons nous promener dans le village. Nous sortons de l'hôtel, une foule immense, nous surprend. La musique brise le calme, et l'on entend plus, le frôlement des  feuilles des tilleuls qui couvrent la place.
Nous nous approchons de la foule pour regarder les couples danser et virevolter. Soudain une main se pose sur mon épaule, une voix douce me murmure :

- Voulez-vous m'accorder cette danse ?

Surprise, j' hésite, il me prend la main et m'entraîne sur la piste.
Mon regard croise ses yeux bleus, son accent, pas de chez nous, m'enchante !
Une voix délicate me murmure  à l'oreille :
    • Il faut profiter de la vie, le temps passe si vite !
Je suis sous le charme, il m'a prise dans le filet de sa séduction je sens mon sang bouillonné
Le soir tard, lorsque je suis rentrée à l'hôtel, mon amie me dit :
Tu as la tête d'une abeille qui a rencontré son bourdon
On a éclaté de rire
C'était une soirée magique.
 
Après ce merveilleux week-end, nous avons repris le cours de notre vie, boulot, dodo
Lui, me dit :
Je repars en Bretagne, mais je reviendrai très vite. Je n'y ai pas cru, j'étais un peu triste
Une dizaine de jours plus tard, je reçois un coup de fil, je décroche :
    • C'est moi, je peux te voir ?
Et là mon histoire commence....
Tomber amoureux, c'est l'instant le plus magique de l'amour
On se promenait souvent au bord de la mer, on regardait les gros bateaux, et on voyageait, loin, très loin, en rêvant parfois jusqu'aux Maldives.
Au fil du temps, il me dévoile sa vie, son enfance malheureuse, la DAS, les fugues, enfin toutes ses joies, ses peines.
Je me disais qu'il n'avait pas eu une vie facile. Et qu'il méritait d'être heureux.
C'est vrai qu'à dix huit ans sorti de la DAS, il épouse la fille du Préfet, cela fait désordre.
Il en a essuyé des reproches et humiliations. Jusqu'à la séparation.
Parfois j'y repense encore, c'est un garçon qui aurait pu avoir une belle vie, il avait des mains d'or, il faisait tout avec ses mains, il écrivait très bien aussi, il avait un œil averti.
Mais parfois le destin choisit pour toi, où alors, tu agis pour te perdre. Quelle en est la raison ?
Il m'écrivait des poèmes que je trouvais sous ma serviette, le soir ma chemise de nuit était posée sur le radiateur pour la réchauffer, la table égayée avec un bouquet de fleurs était propice à l'amour. Tourteaux dans l'assiette, ou galette complète façon bretonne, donnait envie de savourer ces instants. j'étais gâtée et heureuse.
Il me disait, tu es le miroir de mes rêves, avec lui, j'ai visité les îles marquises en restant dans mon lit. Une fois nous étions en haute montagne, vers le mois d'octobre, des flocons de neige venaient de tomber. Tout à coup on entend un bruit de cavalerie qui descend de la montagne, on se couche vite dans l'herbe, une horde de cinquante bouquetins à deux mètres de nous dévale au galop enveloppée de poussière. Ils se sont posés sur les arpents un peu plus bas., au soleil. C 'était magique, c'est très rare de voir un spectacle pareil. Avec lui , j ai vécu des moments divins . Il m'abreuvait de caresses, de jolis mots, des idées à la pelle pour l'avenir. Je voyageais.
C'était le Nirvana. Je devais déjà l'aimer.et pensais qu'il m'aimait..
 
Jour après jour, années après années, je ne peux dévoilés ici, tous les petits détails et faits ,
qui ont commencés à mettre ma confiance en éveil,, ses absences, les mensonges.... 
Jusqu'au jour où j'ai compris, l'homme qui l'était vraiment. Je l'aimais, c'était trop tard, j'étais prise dans sa toile d'araignée.
J'ai appris plus tard, la frénésie qui le bousculait était le résultat de ce trouble difficile à diagnostiquer, et comportait un risque majeur de grande dépression. » La bipolarité associée à l'alcoolisme. ». A l'époque je ne connaissais rien de cette maladie.
Je voulais en faire un homme heureux, quitte à me perdre. Car dans cette histoire d'amour je me suis entièrement perdue.
Je me disais , peut-être pour fuir la réalité du moment, «  qui peut comprendre ses actions mieux que moi « , ? Son passé le torture, c'est un être physiquement et moralement désemparé. J 'ai essayé de remonter le chemin de sa vie avec lui, mais il refuse. J'ai voulu le décider à confier son destin à un psychanalyste, mais il a peur de sa vérité. Dans ces moments que j'appelle folie, il m'abandonne, il laisse son travail, il fuit, je ne sais où . Je suis dans une solitude profonde.
Une de ses filles s'était décidée à venir le voir, il a accepté de se faire soigner, pour la recevoir. Pendant trois semaines, j'ai cru avoir un autre homme près de moi. IL était joyeux et amoureux plein d'entrain, les bonnes idées fusaient. A deux jours de l'arrivée de sa fille, je ne sais si c'est l'angoisse qui l'envahissait, il a craqué. Les retrouvailles ont été avortées. Elle est partie. Je m'étais tellement investie pour la décider à le revoir après de nombreuses années d'absences..
A l'époque cela m'a brisé le cœur.
Après huit ans, avec des hauts et des bas, je baisse ma résistance et suis lasse et fatiguée de le porter à bout de bras. Parfois, un mieux se manifeste, un calme soudain l'apaise un semblant de plénitude l'habite.
Je supporte de moins en moins cette situation, je ne peux plus vivre cette vie en dents de scie.
Avec regret, je veux partir, c'est difficile, il me crie :
- je ne peux vivre loin de toi, il joue avec mes sentiments.
Un soir en regagnant la chambre, enfin je sus que ma décision était prise.
Je lui dit : on se sépare, je pars !
J'hésite,mon cœur se serre et les larmes montent à mes yeux, mais je m'éloigne portée par la pensée du désarroi qui sera le sien. Mais il faut que je me protège.
Ma pensée était envahie toute la journée par ses problèmes que je ne pouvais régler .Je le vois malheureux. Il n'a pas la volonté pour s'en sortir et m'entraîne dans sa spirale de la dépression.
Sans cette maladie c'est un homme doux et joyeux. .
La conclusion de toute cette belle histoire, si s'en était une ?
C'est qu'enfin je lève le voile, qui m'empêchait de voir la vérité.
Il se complaisait dans cette situation.
 
Cet homme aime suivant les opportunités qui se présentent à lui, et accapare les sentiments d'une femme, qui peut lui apporter ce dont il a besoin, amour, affection,  tendresse. il profite jusqu'à la lie, jusqu'au point culminant où la femme comprend qu'un beau jour elle a été remplacée, et il poursuit sa route dans les dédales de l'abus de confiance «  de l'amour » un escroc de l'amour.
Mais j'ai toujours senti, malgré toutes ces frasques, qu' il y avait au fond de lui une culpabilité bien présente.
Il avait toujours un petit geste, un petit cadeau, en souvenir des jolis moments passés ensemble. Peut-être des regrets de ne pas pouvoir faire autrement. Aimer autrement. Qui peut savoir ?
Après notre séparation, lorsqu'il était mal , il m'appelait encore, et encore.
Quelques années après, c'est une de ses filles qui m'a téléphoné pour m'annoncer qu' on l'a trouvé mort d'une rupture d'anévrisme.
J'aurais voulu l'aimer encore....Aimer c'est peut-être ne pas chercher à être aimé.
 
Arlette
 

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Rédigé par Arlette

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Publié le 31 Mai 2026

Dans le silence de son appartement niçois, Hélène ne regarde plus l’heure. Elle sait, à la fraîcheur de l’air que la nuit bascule sur le vingt cinq avril.
 
Depuis quarante trois ans, elle reçoit un signe le jour de son anniversaire.
Septuagénaire, son corps possède depuis longtemps, une horloge biologique que la médecine ne peut expliquer : l’horloge du souvenir.
 
Elle se lève doucement, évitant le craquement du parquet. Tout au fond du dernier tiroir de sa commode, une boîte ancienne aux gravures ciselées recèle les fragments de vie, fixés sur papier glacé. Hélène caresse le visage d’un jeune homme qui, sur la photo, semble la défier de vieillir.
Il portait le prénom d’un ange : Gabriel.
 
Elle repense à cette phrase de Rilke qu’elle a relue récemment : « Il est bon d’aimer car l’amour est difficile ».
 
A l’hiver de son existence, elle comprend enfin que c’est cette difficulté même qui a agi comme un ciment, rendant leur lien indestructible.
 
Tout avait commencé sous le soleil éclatant des années soixante. Hélène avait douze ans, Gabriel treize. Le hasard des familles les avait choisis pour être marraine et parrain d’un petit garçon né à Nice. Gabriel arrivait de Paris, avec son accent de la capitale et un rire qui ne l’abandonnerait jamais.
Pendant des années, il furent les « parents de jeu » de cet enfant, des confidents inséparables durant toutes les vacances scolaires.
Puis vint l’adolescence. Hélène connut son premier grand amour, un jeune aviateur qui s’envola vers d’autres cieux et d’autres bras. Elle était dévastée, Gabriel recueillit les larmes. Dans l’ombre il l’aimait déjà, il attendit patiemment que le calme revienne.
 
L’été mille neuf cent soixante huit changea la donne. Entre les pas de rock sur « The dock of the bay » d’Otis Redding et les éclats de rire, l’insouciance mutait. Une soirée de « Boum » pour fêter l’obtention du permis de conduire, le rythme ralentit. Sur le tourne-disque, la voix de Nicole Croisille entama I’ll never Leave You. Dans la pénombre, leurs corps se rapprochèrent pour un slow. Hélène posa sa tête contre son épaule. Elle sentait le battement de son cœur, trop rapide pour une simple danse. Elle leva les yeux, il baissa les siens. Ce baiser, sur le dernier accord de la chanson, fut une révélation autant qu’une déchirure. Ils venaient de franchir la frontière. Ils ne savaient pas encore que le «difficile » commençaient là : dans ce passage de l’amitié à l’amour. Celui qui, parce qu’il est trop dur, refuse de se plier aux compromis du quotidien.
Mais le destin n’aime pas la simplicité. Malgré tous les efforts d’Hélène qui désirait que Gabriel intègre la faculté de médecine de Nice, c’est Lille qui lui ouvrit les portes.
A l’époque, mille kilomètres étaient un gouffre. Pas de téléphones portables, pas de messages instantanés ; seulement des lettres qui mettaient des jours à traverser la France. Hélène avait un emploi au tribunal et quatre semaines de vacances.
Devant l’impossibilité de vivre leur passion, ils firent un choix d’une maturité rare : ils décidèrent de rester les meilleurs amis du monde. Ils choisirent la survie du lien amical plutôt que l ‘épuisement d’un amour à distance.
 
La vie d’Hélène se construisit sans lui, mais jamais loin de lui. Elle se maria. Gabriel fut son témoin emportant dans son sillage son écharpe en voile et ses secrets.
Ce mariage s’avéra un chemin compliqué. Parfois elle avait envie de tout briser pour rejoindre Gabriel. Ce dernier la raisonnait, en ce temps là les valeurs existaient. Le bonheur ne se bâtissait pas sur les décombres d’un foyer. Le ciel s’éclaircit avec l’arrivée d’un enfant.
 
Puis vint l’accident. Un chauffard sous l’emprise de l’alcool, le corps et la vie de Gabriel brisés et de longs mois d’hôpital. Hélène se rendit à Paris. Dans la chambre blanche, le mots n’avaient plus leur place. Seule l’étreinte de leurs mains, longue et profonde, disait tout ce que la morale leur interdisait d’exprimer.
 
Gabriel survécut, il reprit son emploi de kinésithérapeute et un rituel s’installa. Ils s’appelaient chaque vendredi, une parenthèse enchantée dans le tumulte du quotidien. C’était un rendez-vous sacré, leur île déserte de trente minutes dans l’océan de la semaine. A l’autre bout du fil, la voix de Gabriel résonnait. Une voix qui n’avait pas beaucoup d’images pour tout dire. Durant ces précieuses minutes, Hélène ne raccrochait pas seulement un combiné ; elle se raccrochait à la magie. Ils se racontaient tout et rien, ces petits riens qui font les grandes vies. La difficulté de ne pas vivre ensemble s’effaçait devant la certitude que, quelque part à l’autre bout de la France, un cœur battait à l’unisson du sien. Elle avait toujours un mal infini à poser l’appareil, comme si ce fil de cuivre était le cordon ombilical qui la maintenait en vie.
 
Lorsque la fille d’Hélène naquit, son prénom s’imposa comme une évidence : Gabrielle. Son époux accepta, peut-être sans en mesurer toute la portée. Pour Hélène c’était sa façon de graver Gabriel dans sa chair, dans sa descendance. Il en est devenu le parrain. La boucle était bouclée ; ils s’étaient rencontrés autour de fonds baptismaux, vingt ans plus tard ils se retrouvaient parrain et maman.
Six ans de complicité avec sa filleule qui l’adorait jusqu’à ce jour où le téléphone se mit à pleurer. L’annonce fut brutale.
 
Un caillot de sang, vestige cruel de son accident, a emporté Gabriel en quelques minutes. Il avait trente-quatre ans.
Hélène est restée des heures dans un silence de fin du monde. Elle ne pleurait pas seulement un ami, mais la moitié de son âme. La plus grande partie de sa jeunesse venait de s’éteindre.
A compter de ce jour, le vendredi, autrefois synonyme de bonheur, devint un cauchemar hebdomadaire. Elle apprenait tristement la forme la plus cruelle de la mort : l’absence.
 
Hélène revient au présent à l’aube de ce vingt cinq avril deux mille vingt six. Elle referme la boîte de photos. Son divorce a eu lieu depuis bien longtemps, emportant avec lui les faux-semblants. Maman, Mamie comblées elle vit seule, mais elle a retrouvé la paix et la sérénité.
 
Elle a su aimer Gabriel de la plus difficile des manières ; en acceptant de ne pas le posséder, mais de le perdre tout en continuant à le garder présent dans sa vie et dans ses pensées.
Elle a donné à ses enfants un amour inconditionnel et à sa fille un prénom comme un talisman.
Elle a prouvé qu’il n’y a qu’un pas entre l’amour et l’amitié. La mort n’est pas la fin de l’amour, mais son ultime transformation.
 
Le jour commence à poindre sur les toits de Nice. Hélène se recouche apaisée. Elle ferme les yeux. Et Gabriel quelque part, dans les notes de Nicole Croisille ou dans le sifflement d’Otis Redding, continue de danser avec elle. Dans le silence du matin, ses lèvres lui murmurent : Joyeux Anniversaire Gabriel.
 
Josiane
 
 

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Rédigé par Josiane

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Publié le 31 Mai 2026

Petite frimousse au nez en trompette, des joues tachetées de roux,des yeux noisettes, une chevelure mousseuse ainsi que bras et jambes frêles, pourraient amener à la « penser » légère, sans volonté. Ouh la la ! Comme on se tromperait…

Elle est née lors d’une période compliquée, où prévalait le laid. Notre Farigoule ne le voyait. En son cœur, tout était normal, beau à souhait. Elle sait que l’Amour se déguise volontiers. D’une situation compliquée, naissent courage, compréhension : c’est accepté ! Ouh la la… que de mots…. Elle sent, elle sait ; elle Aime Tout, en vérité. Son Cœur est à l’égal d’une truffe de chien, détectant les « inaimés », se hâtant de les réconforter. En Jeanne d’Arc elle se transformerait, si sa Ville venait à être assiégée, en Robin-des-Bois, en Zorro masqué. Oh la ! On se croit à Hollywood ??? (rires).

Pour cet être, quelque peu désuet, il est primordial de par son Cœur, penser. Nul dividende ne puits le remplacer. L’homme est riche de l’Amour qui l’entoure, qui l’étreint, qui le touche et jamais ne s’éteint, se partage et se propage, sans qu’il ne semble rien.

Elle est de Provence, là où chantent les cigales et les criquets, là où fleurent bon lavande et serpolet, région de Pagnol et des « bien nés « , s’il-vous-plait…

Ses parents, d’Amour l’ont couverte, sans jamais discontinuer. Ils chantaient pour elle : « Elle est vive comme l’eau, elle est comme l’eau vive…. » Merci Guy Béart ! A 11 mois, ils l’ont immortalisée, tenant en ses petites mains, un brin d’olivier, sa mère la tenant sur le muret. Signe ? Prédestinée ? La suite l’a démontré.

Farigoule sourit tout le temps, cherchant le regard des gens. A ceux qu’elle réussit à capter, elle souhaite le « Bon… jour ». Cela n’est rien, à première vue, mais comme on se sent « re...connu »… Un petit compliment par ci, un petit compliment par là, et voilà un cœur qui bat ! Car c’est bien de cela qu’il s’agit et non point de flagornerie.

Elle peste quelquefois, car de bois elle n’est faite, s’insurgeant de cette nouvelle technologie, « high tech » qui Nous sépare en lieu de Nous rapprocher. On Nous a menti ! Mais bon… cela pourrait induire une autre « copie ».

Elle s’imagine des tours de téléphones unicellulaires jetés, comme celles des collectes de chaussettes orphelines, quelques fois organisées. Les hommes pourraient ainsi se reparler.

Lorsqu’elle rêve, elle voit de grandes assemblées où tous sourient, sont gais. Tous les âges y sont représentés, ainsi que les couleurs bigarrées. Tout est relié, en parfaite harmonie…. Diverses espèces animales entourent le Groupe, en toute quiétude. Le Ciel est rose, pailleté d’or… le son cristallin d’une cascade, un peu plus loin, engendre un joli refrain. Une douce bise effleure la sublime végétation et les êtres s’y trouvant.

Farigoulette, tiens-nous la main et, ensembles, festoyons jusqu’à demain, l’Amour nous tirant sans fin…

 

Olga

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Rédigé par Olga

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