Publié le 28 Février 2026
Publié le 17 Février 2026
Le déménagement approche. Les cartons s’entassent dans le salon. Thomas met de l’ordre dans ses affaires et dans sa vie. Il reste le grenier à débarrasser. J’imagine que c’est un fouillis d’objets et de souvenirs démodés, plein de toiles d’araignées et de poussière, j’aurai vite fait de le vider !
Thomas ouvre lentement la lourde porte en haut des escaliers, elle se met à grincer. Il insiste, il doit entrer dans cette pièce et dans son passé. Il y fait sombre, on n’y voit guère. La torche qu’il tient à la main éclaire juste quelques objets d’un autre âge. Une grande malle en osier attire son attention. Il ouvre en douceur cette boite à trésor et sa mémoire en même temps. Elle contient des albums poussiéreux. Thomas en prend un et souffle dessus, la poussière s’envole avec son esprit. Il redevient ce petit garçon perché sur les genoux de son aïeule tant aimée, tenant contre son cœur un ours en peluche serré aussi fort que sa gorge à cet instant.
Des vêtements de bébé qu’il a sans doute portés il y a quelques décennies, côtoient les albums, une ancienne lampe à pétrole, une paire de vieux souliers. Ces petits chaussons et grenouillères sentent l’enfance et le parfum de sa mère. Les yeux remplis de larmes et de tendres visions, il referme la malle. Il en oublierait presque qu’il est venu là, dans le grenier, pour rassembler ces vieux objets et ses souvenirs afin de faire du vide. Pourtant Il lui parait maintenant impossible d’emballer, de jeter et de rayer de sa vie, ces reliques de son passé juste parce qu’il a choisi de regarder vers l’avenir.
Il se dirige vers la porte, décidé à remettre à plus tard le rangement de la pièce, quand il trébuche sur un objet métallique rouillé. Aussitôt il revoit son grand-père, muni de cet outil de jardinage, au milieu du champ derrière la maison de campagne. C’est lui qui a appris au jeune garçon qu’il était, à couper les herbes et le vin, à caresser les chevaux et les espoirs, à chercher les bons champignons et les réponses à ses questions d’adolescent.
Thomas referme derrière lui son enfance et la lourde porte de bois. Le grenier gardera encore pour quelques temps ses trésors et ses souvenirs si personnels.
Mireille
Publié le 16 Février 2026
Publié le 16 Février 2026
DANS UN JARDIN
EXTRAORDINAIRE
Publié le 12 Février 2026
Qu’il est doux de se retrouver dans cette maison familiale, berceau de ma jeunesse. Ce que j’aime par-dessus tout c’est me réfugier au grenier, la caverne d’Ali Baba aux mille trésors.
En cet après-midi de février je me sens l’âme rêveuse. Me voilà tout près de ce coffre magique où ma grand-mère cachait ses boutons de nacre et sa sensibilité. En ouvrant le lourd couvercle, une couche de poussière s’envole dans le rayon doré du soleil qui éclaire la pièce. Je me suis assise sur un vieux pouf aux couleurs ternies. Je me plonge dans le passé.
Il renferme des draps de lin et bien des secrets de famille. Je caresse délicatement le miroir piqué qui reflète une étrange lueur sur mon visage ridé. Sur le côté, un sac de vieux journaux, ils conservent des nouvelles d’autrefois et une odeur de renfermé.
La vue d’une boîte à chaussures me fait frissonner. J’ai la main tremblante en caressant une des photos. Le film de cette idylle se déroule devant mes yeux. Une rencontre à la faculté de droit ; il m’avait séduite alors qu’il trempait son porte-plume dans l’encre et son regard dans le mien. Il avait la réputation de savoir captiver les femmes d’un simple haussement de cils. Comment ne pas tomber sous le charme de ce séducteur aux yeux aussi noirs que sa chevelure bouclée. Il disait m’aimer ! Mais il a passé son temps à écrire notre histoire sur du sable mouvant.
Dans l’intimité, ce bellâtre perdait de sa superbe et ses vêtements avec une régularité déconcertante. Cette image me fait encore sourire. Le charme s’était rompu très vite et malgré un goût amer j’avais pris la fuite et l’avait remplacé dès le lendemain.
Le vieux gramophone me fait un clin d’oeil, le pauvre il a perdu sa voix et son aiguille, mais il a toujours fière allure. Les livres se nourrissent de termites et de nostalgie. La couverture de l’un d’entre eux attise mon regard. Souvenir d’un de mes oncles qui a passé sa vie à raconter des mensonges et aimer de mauvaises personnes. J’entends encore le rire sonore de cet homme sans peur et sans argent.
Je sursaute à l’appel de mon prénom. Le nuit est tombée. Je referme la malle avec mélancolie.
Je reviendrai demain goûter au plaisir du silence et de la solitude.
Josiane
Publié le 12 Février 2026
Publié le 12 Février 2026
Publié le 12 Février 2026
C’est un jour comme les autres, le vent de l’est joue avec les nuages comme les enfants dans leur carré de sable.
Je me promène seul dans ce jardin abandonné où les bouquets de roses ont du mal à éclore à l'approche du soir. Il est loin le temps où avec toi, Mignonne, nous allions comme tous les amoureux nous bécoter sur le petit banc public, aujourd’hui solitaire. La poussière de l’allée s’envole comme les moineaux à l’approche de mes pas. La statue de Masséna est toujours à la même place, le regard tourné vers la place du même nom. Une pluie fine tombe sur le sol sec soulevant ce parfum si caractéristique que l’on appelle le pétrichor qui, comme la madeleine de Proust, nous fait défiler les souvenirs comme un régiment à la parade. Le canon de midi se fait entendre, il est temps de rentrer avec ma solitude, seul comme le jardin qui l’espace d’un instant m’a ouvert sa grille et son cœur.
Je laisse les parterres de marguerites dont les pétales emportés par le vent conjugue le verbe aimer, les grands cyprès qui, sur la toile du ciel, dessinent les nuages et la fontaine aux tritons qui pleure sur sa beauté passée.
Toutes ces images sont venues l’espace d’un instant déchirer mon isolement comme je l’ai fait pour ta lettre le jour où tu es partie.
Bernard
Publié le 11 Février 2026
À la recherche d'une ancienne photo de sa classe de CM2, Léa entreprend de fouiller le grenier. À tâtons dans la pénombre, elle trébuche sur un ballon de basket et sur une vieille rage mal rangée ; celle d'avoir été éliminée de l’équipe de basket du collège. Vilain souvenir ! Elle le pousse du bout du pied en même temps que le ballon, poursuit ses investigations.
Elle retrouve sa poupée Mimi et toute sa tendresse de fillette. La photo de classe ne doit pas être bien loin... Peut-être dans la boîte bleue, sur son bureau d'écolière où traînaient, pêle-mêle, ses livres, ses cahiers, son ennui, ses rêveries. Combien d'heures a-t-elle passées à laisser filer le temps et son regard par la fenêtre ?
Tant bien que mal, elle se fraye un passage parmi les meubles poussiéreux, les paniers fatigués, les cartons écornés, les bouffées de nostalgie, les souvenirs en vrac. Chaque objet lui rappelle une anecdote, une joie, un chagrin et l'absolue nécessité de faire un sacré rangement dans tout ce fatras.
Un miroir hors d'âge, adossé à un mur, lui renvoie l'image d'une jeune femme aux cheveux aussi embrouillés que ses pensées. Retrouver cette photo est sa priorité. Pourquoi ? Elle ne sait pas vraiment... enfin si... Jean est revenu, apparu dans la rue et dans sa vie. Jean, son amoureux du CM2, perdu de vue et de cœur depuis trente ans, est de retour au village.
Elle l'a croisé devant l'école justement, il l'a reconnue, abordée, invitée à dîner. Tout va trop vite. Léa, c'était le petit garçon de dix ans qu'elle aimait. Cet homme, c'est lui et ce n'est plus lui. Elle a besoin de retrouver cette photo et son cœur qui s'affole quand elle le regarde. Elle l'a gardée si longtemps entre les pages de son cahier et de sa vie.
Après quelques contorsions, elle atteint la boîte bleue. La photo est là, Jean et elle aussi, figés dans le temps, comme leurs serments. Ils s'étaient juré... tant de choses... Mais ces deux enfants-là n'existent plus, leur bel amour non plus, perdu dans dans les années écoulées, la mémoire clôturée. L'amour est difficile, paraît-il... Difficile à retrouver, à recommencer, à inventer...?
Léa ne le sait. Elle sait juste que ce soir, elle ira dîner avec Jean, parée de sa plus jolie robe, de ses plus beaux souvenirs et d'un gros morceau de son cœur d'enfant.
Mado
Publié le 10 Février 2026
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"Illustration générée par IA pour Un Atelier d'écriture à Nice"
Imaginez une conversation entre différentes versions de vous-même à différents âges (la petite fille de 7 ans, l'adolescente de 15 ans, la femme de 30 ans, etc.). Que se disent-elles ? Quels conseils, quels avertissements, quelles tendresses s'échangent-elles ? Quel regard portent les plus jeunes sur la femme que vous êtes devenue ?
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"Je me sens libre quand je..."
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"Je me sens enfermée quand je..."
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"Un plaisir que je me suis réapproprié :"
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"Une peur que je suis en train d'apprivoiser :"
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"Ce dont je ne veux plus m'excuser :"
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