Publié le 31 Mai 2026

 
Sur le chemin de ma vie, il y a très longtemps, j'ai rencontré une personne qui m'a laissé des souvenirs extraordinaires, mais aussi a creusé des sillons de rides indélébiles.
 
Avec une amie, on décide de passer un long week-end à la campagne, près d'un lac.
Nous sommes installées dans un hôtel en plein centre du village.
Le soir, nous dînons dans les jardins de l'hôtel, vue sur la montagne environnante. Le calme nous fait un bien fou. Nous sommes heureuses de passer quelques jours de détente et de baignades.
Après dîner, nous allons nous promener dans le village. Nous sortons de l'hôtel, une foule immense, nous surprend. La musique brise le calme, et l'on entend plus, le frôlement des  feuilles des tilleuls qui couvrent la place.
Nous nous approchons de la foule pour regarder les couples danser et virevolter. Soudain une main se pose sur mon épaule, une voix douce me murmure :

- Voulez-vous m'accorder cette danse ?

Surprise, j' hésite, il me prend la main et m'entraîne sur la piste.
Mon regard croise ses yeux bleus, son accent, pas de chez nous, m'enchante !
Une voix délicate me murmure  à l'oreille :
    • Il faut profiter de la vie, le temps passe si vite !
Je suis sous le charme, il m'a prise dans le filet de sa séduction je sens mon sang bouillonné
Le soir tard, lorsque je suis rentrée à l'hôtel, mon amie me dit :
Tu as la tête d'une abeille qui a rencontré son bourdon
On a éclaté de rire
C'était une soirée magique.
 
Après ce merveilleux week-end, nous avons repris le cours de notre vie, boulot, dodo
Lui, me dit :
Je repars en Bretagne, mais je reviendrai très vite. Je n'y ai pas cru, j'étais un peu triste
Une dizaine de jours plus tard, je reçois un coup de fil, je décroche :
    • C'est moi, je peux te voir ?
Et là mon histoire commence....
Tomber amoureux, c'est l'instant le plus magique de l'amour
On se promenait souvent au bord de la mer, on regardait les gros bateaux, et on voyageait, loin, très loin, en rêvant parfois jusqu'aux Maldives.
Au fil du temps, il me dévoile sa vie, son enfance malheureuse, la DAS, les fugues, enfin toutes ses joies, ses peines.
Je me disais qu'il n'avait pas eu une vie facile. Et qu'il méritait d'être heureux.
C'est vrai qu'à dix huit ans sorti de la DAS, il épouse la fille du Préfet, cela fait désordre.
Il en a essuyé des reproches et humiliations. Jusqu'à la séparation.
Parfois j'y repense encore, c'est un garçon qui aurait pu avoir une belle vie, il avait des mains d'or, il faisait tout avec ses mains, il écrivait très bien aussi, il avait un œil averti.
Mais parfois le destin choisit pour toi, où alors, tu agis pour te perdre. Quelle en est la raison ?
Il m'écrivait des poèmes que je trouvais sous ma serviette, le soir ma chemise de nuit était posée sur le radiateur pour la réchauffer, la table égayée avec un bouquet de fleurs était propice à l'amour. Tourteaux dans l'assiette, ou galette complète façon bretonne, donnait envie de savourer ces instants. j'étais gâtée et heureuse.
Il me disait, tu es le miroir de mes rêves, avec lui, j'ai visité les îles marquises en restant dans mon lit. Une fois nous étions en haute montagne, vers le mois d'octobre, des flocons de neige venaient de tomber. Tout à coup on entend un bruit de cavalerie qui descend de la montagne, on se couche vite dans l'herbe, une horde de cinquante bouquetins à deux mètres de nous dévale au galop enveloppée de poussière. Ils se sont posés sur les arpents un peu plus bas., au soleil. C 'était magique, c'est très rare de voir un spectacle pareil. Avec lui , j ai vécu des moments divins . Il m'abreuvait de caresses, de jolis mots, des idées à la pelle pour l'avenir. Je voyageais.
C'était le Nirvana. Je devais déjà l'aimer.et pensais qu'il m'aimait..
 
Jour après jour, années après années, je ne peux dévoilés ici, tous les petits détails et faits ,
qui ont commencés à mettre ma confiance en éveil,, ses absences, les mensonges.... 
Jusqu'au jour où j'ai compris, l'homme qui l'était vraiment. Je l'aimais, c'était trop tard, j'étais prise dans sa toile d'araignée.
J'ai appris plus tard, la frénésie qui le bousculait était le résultat de ce trouble difficile à diagnostiquer, et comportait un risque majeur de grande dépression. » La bipolarité associée à l'alcoolisme. ». A l'époque je ne connaissais rien de cette maladie.
Je voulais en faire un homme heureux, quitte à me perdre. Car dans cette histoire d'amour je me suis entièrement perdue.
Je me disais , peut-être pour fuir la réalité du moment, «  qui peut comprendre ses actions mieux que moi « , ? Son passé le torture, c'est un être physiquement et moralement désemparé. J 'ai essayé de remonter le chemin de sa vie avec lui, mais il refuse. J'ai voulu le décider à confier son destin à un psychanalyste, mais il a peur de sa vérité. Dans ces moments que j'appelle folie, il m'abandonne, il laisse son travail, il fuit, je ne sais où . Je suis dans une solitude profonde.
Une de ses filles s'était décidée à venir le voir, il a accepté de se faire soigner, pour la recevoir. Pendant trois semaines, j'ai cru avoir un autre homme près de moi. IL était joyeux et amoureux plein d'entrain, les bonnes idées fusaient. A deux jours de l'arrivée de sa fille, je ne sais si c'est l'angoisse qui l'envahissait, il a craqué. Les retrouvailles ont été avortées. Elle est partie. Je m'étais tellement investie pour la décider à le revoir après de nombreuses années d'absences..
A l'époque cela m'a brisé le cœur.
Après huit ans, avec des hauts et des bas, je baisse ma résistance et suis lasse et fatiguée de le porter à bout de bras. Parfois, un mieux se manifeste, un calme soudain l'apaise un semblant de plénitude l'habite.
Je supporte de moins en moins cette situation, je ne peux plus vivre cette vie en dents de scie.
Avec regret, je veux partir, c'est difficile, il me crie :
- je ne peux vivre loin de toi, il joue avec mes sentiments.
Un soir en regagnant la chambre, enfin je sus que ma décision était prise.
Je lui dit : on se sépare, je pars !
J'hésite,mon cœur se serre et les larmes montent à mes yeux, mais je m'éloigne portée par la pensée du désarroi qui sera le sien. Mais il faut que je me protège.
Ma pensée était envahie toute la journée par ses problèmes que je ne pouvais régler .Je le vois malheureux. Il n'a pas la volonté pour s'en sortir et m'entraîne dans sa spirale de la dépression.
Sans cette maladie c'est un homme doux et joyeux. .
La conclusion de toute cette belle histoire, si s'en était une ?
C'est qu'enfin je lève le voile, qui m'empêchait de voir la vérité.
Il se complaisait dans cette situation.
 
Cet homme aime suivant les opportunités qui se présentent à lui, et accapare les sentiments d'une femme, qui peut lui apporter ce dont il a besoin, amour, affection,  tendresse. il profite jusqu'à la lie, jusqu'au point culminant où la femme comprend qu'un beau jour elle a été remplacée, et il poursuit sa route dans les dédales de l'abus de confiance «  de l'amour » un escroc de l'amour.
Mais j'ai toujours senti, malgré toutes ces frasques, qu' il y avait au fond de lui une culpabilité bien présente.
Il avait toujours un petit geste, un petit cadeau, en souvenir des jolis moments passés ensemble. Peut-être des regrets de ne pas pouvoir faire autrement. Aimer autrement. Qui peut savoir ?
Après notre séparation, lorsqu'il était mal , il m'appelait encore, et encore.
Quelques années après, c'est une de ses filles qui m'a téléphoné pour m'annoncer qu' on l'a trouvé mort d'une rupture d'anévrisme.
J'aurais voulu l'aimer encore....Aimer c'est peut-être ne pas chercher à être aimé.
 
Arlette
 

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Publié le 31 Mai 2026

Dans le silence de son appartement niçois, Hélène ne regarde plus l’heure. Elle sait, à la fraîcheur de l’air que la nuit bascule sur le vingt cinq avril.
 
Depuis quarante trois ans, elle reçoit un signe le jour de son anniversaire.
Septuagénaire, son corps possède depuis longtemps, une horloge biologique que la médecine ne peut expliquer : l’horloge du souvenir.
 
Elle se lève doucement, évitant le craquement du parquet. Tout au fond du dernier tiroir de sa commode, une boîte ancienne aux gravures ciselées recèle les fragments de vie, fixés sur papier glacé. Hélène caresse le visage d’un jeune homme qui, sur la photo, semble la défier de vieillir.
Il portait le prénom d’un ange : Gabriel.
 
Elle repense à cette phrase de Rilke qu’elle a relue récemment : « Il est bon d’aimer car l’amour est difficile ».
 
A l’hiver de son existence, elle comprend enfin que c’est cette difficulté même qui a agi comme un ciment, rendant leur lien indestructible.
 
Tout avait commencé sous le soleil éclatant des années soixante. Hélène avait douze ans, Gabriel treize. Le hasard des familles les avait choisis pour être marraine et parrain d’un petit garçon né à Nice. Gabriel arrivait de Paris, avec son accent de la capitale et un rire qui ne l’abandonnerait jamais.
Pendant des années, il furent les « parents de jeu » de cet enfant, des confidents inséparables durant toutes les vacances scolaires.
Puis vint l’adolescence. Hélène connut son premier grand amour, un jeune aviateur qui s’envola vers d’autres cieux et d’autres bras. Elle était dévastée, Gabriel recueillit les larmes. Dans l’ombre il l’aimait déjà, il attendit patiemment que le calme revienne.
 
L’été mille neuf cent soixante huit changea la donne. Entre les pas de rock sur « The dock of the bay » d’Otis Redding et les éclats de rire, l’insouciance mutait. Une soirée de « Boum » pour fêter l’obtention du permis de conduire, le rythme ralentit. Sur le tourne-disque, la voix de Nicole Croisille entama I’ll never Leave You. Dans la pénombre, leurs corps se rapprochèrent pour un slow. Hélène posa sa tête contre son épaule. Elle sentait le battement de son cœur, trop rapide pour une simple danse. Elle leva les yeux, il baissa les siens. Ce baiser, sur le dernier accord de la chanson, fut une révélation autant qu’une déchirure. Ils venaient de franchir la frontière. Ils ne savaient pas encore que le «difficile » commençaient là : dans ce passage de l’amitié à l’amour. Celui qui, parce qu’il est trop dur, refuse de se plier aux compromis du quotidien.
Mais le destin n’aime pas la simplicité. Malgré tous les efforts d’Hélène qui désirait que Gabriel intègre la faculté de médecine de Nice, c’est Lille qui lui ouvrit les portes.
A l’époque, mille kilomètres étaient un gouffre. Pas de téléphones portables, pas de messages instantanés ; seulement des lettres qui mettaient des jours à traverser la France. Hélène avait un emploi au tribunal et quatre semaines de vacances.
Devant l’impossibilité de vivre leur passion, ils firent un choix d’une maturité rare : ils décidèrent de rester les meilleurs amis du monde. Ils choisirent la survie du lien amical plutôt que l ‘épuisement d’un amour à distance.
 
La vie d’Hélène se construisit sans lui, mais jamais loin de lui. Elle se maria. Gabriel fut son témoin emportant dans son sillage son écharpe en voile et ses secrets.
Ce mariage s’avéra un chemin compliqué. Parfois elle avait envie de tout briser pour rejoindre Gabriel. Ce dernier la raisonnait, en ce temps là les valeurs existaient. Le bonheur ne se bâtissait pas sur les décombres d’un foyer. Le ciel s’éclaircit avec l’arrivée d’un enfant.
 
Puis vint l’accident. Un chauffard sous l’emprise de l’alcool, le corps et la vie de Gabriel brisés et de longs mois d’hôpital. Hélène se rendit à Paris. Dans la chambre blanche, le mots n’avaient plus leur place. Seule l’étreinte de leurs mains, longue et profonde, disait tout ce que la morale leur interdisait d’exprimer.
 
Gabriel survécut, il reprit son emploi de kinésithérapeute et un rituel s’installa. Ils s’appelaient chaque vendredi, une parenthèse enchantée dans le tumulte du quotidien. C’était un rendez-vous sacré, leur île déserte de trente minutes dans l’océan de la semaine. A l’autre bout du fil, la voix de Gabriel résonnait. Une voix qui n’avait pas beaucoup d’images pour tout dire. Durant ces précieuses minutes, Hélène ne raccrochait pas seulement un combiné ; elle se raccrochait à la magie. Ils se racontaient tout et rien, ces petits riens qui font les grandes vies. La difficulté de ne pas vivre ensemble s’effaçait devant la certitude que, quelque part à l’autre bout de la France, un cœur battait à l’unisson du sien. Elle avait toujours un mal infini à poser l’appareil, comme si ce fil de cuivre était le cordon ombilical qui la maintenait en vie.
 
Lorsque la fille d’Hélène naquit, son prénom s’imposa comme une évidence : Gabrielle. Son époux accepta, peut-être sans en mesurer toute la portée. Pour Hélène c’était sa façon de graver Gabriel dans sa chair, dans sa descendance. Il en est devenu le parrain. La boucle était bouclée ; ils s’étaient rencontrés autour de fonds baptismaux, vingt ans plus tard ils se retrouvaient parrain et maman.
Six ans de complicité avec sa filleule qui l’adorait jusqu’à ce jour où le téléphone se mit à pleurer. L’annonce fut brutale.
 
Un caillot de sang, vestige cruel de son accident, a emporté Gabriel en quelques minutes. Il avait trente-quatre ans.
Hélène est restée des heures dans un silence de fin du monde. Elle ne pleurait pas seulement un ami, mais la moitié de son âme. La plus grande partie de sa jeunesse venait de s’éteindre.
A compter de ce jour, le vendredi, autrefois synonyme de bonheur, devint un cauchemar hebdomadaire. Elle apprenait tristement la forme la plus cruelle de la mort : l’absence.
 
Hélène revient au présent à l’aube de ce vingt cinq avril deux mille vingt six. Elle referme la boîte de photos. Son divorce a eu lieu depuis bien longtemps, emportant avec lui les faux-semblants. Maman, Mamie comblées elle vit seule, mais elle a retrouvé la paix et la sérénité.
 
Elle a su aimer Gabriel de la plus difficile des manières ; en acceptant de ne pas le posséder, mais de le perdre tout en continuant à le garder présent dans sa vie et dans ses pensées.
Elle a donné à ses enfants un amour inconditionnel et à sa fille un prénom comme un talisman.
Elle a prouvé qu’il n’y a qu’un pas entre l’amour et l’amitié. La mort n’est pas la fin de l’amour, mais son ultime transformation.
 
Le jour commence à poindre sur les toits de Nice. Hélène se recouche apaisée. Elle ferme les yeux. Et Gabriel quelque part, dans les notes de Nicole Croisille ou dans le sifflement d’Otis Redding, continue de danser avec elle. Dans le silence du matin, ses lèvres lui murmurent : Joyeux Anniversaire Gabriel.
 
Josiane
 
 

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Rédigé par Josiane

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Publié le 31 Mai 2026

Petite frimousse au nez en trompette, des joues tachetées de roux,des yeux noisettes, une chevelure mousseuse ainsi que bras et jambes frêles, pourraient amener à la « penser » légère, sans volonté. Ouh la la ! Comme on se tromperait…

Elle est née lors d’une période compliquée, où prévalait le laid. Notre Farigoule ne le voyait. En son cœur, tout était normal, beau à souhait. Elle sait que l’Amour se déguise volontiers. D’une situation compliquée, naissent courage, compréhension : c’est accepté ! Ouh la la… que de mots…. Elle sent, elle sait ; elle Aime Tout, en vérité. Son Cœur est à l’égal d’une truffe de chien, détectant les « inaimés », se hâtant de les réconforter. En Jeanne d’Arc elle se transformerait, si sa Ville venait à être assiégée, en Robin-des-Bois, en Zorro masqué. Oh la ! On se croit à Hollywood ??? (rires).

Pour cet être, quelque peu désuet, il est primordial de par son Cœur, penser. Nul dividende ne puits le remplacer. L’homme est riche de l’Amour qui l’entoure, qui l’étreint, qui le touche et jamais ne s’éteint, se partage et se propage, sans qu’il ne semble rien.

Elle est de Provence, là où chantent les cigales et les criquets, là où fleurent bon lavande et serpolet, région de Pagnol et des « bien nés « , s’il-vous-plait…

Ses parents, d’Amour l’ont couverte, sans jamais discontinuer. Ils chantaient pour elle : « Elle est vive comme l’eau, elle est comme l’eau vive…. » Merci Guy Béart ! A 11 mois, ils l’ont immortalisée, tenant en ses petites mains, un brin d’olivier, sa mère la tenant sur le muret. Signe ? Prédestinée ? La suite l’a démontré.

Farigoule sourit tout le temps, cherchant le regard des gens. A ceux qu’elle réussit à capter, elle souhaite le « Bon… jour ». Cela n’est rien, à première vue, mais comme on se sent « re...connu »… Un petit compliment par ci, un petit compliment par là, et voilà un cœur qui bat ! Car c’est bien de cela qu’il s’agit et non point de flagornerie.

Elle peste quelquefois, car de bois elle n’est faite, s’insurgeant de cette nouvelle technologie, « high tech » qui Nous sépare en lieu de Nous rapprocher. On Nous a menti ! Mais bon… cela pourrait induire une autre « copie ».

Elle s’imagine des tours de téléphones unicellulaires jetés, comme celles des collectes de chaussettes orphelines, quelques fois organisées. Les hommes pourraient ainsi se reparler.

Lorsqu’elle rêve, elle voit de grandes assemblées où tous sourient, sont gais. Tous les âges y sont représentés, ainsi que les couleurs bigarrées. Tout est relié, en parfaite harmonie…. Diverses espèces animales entourent le Groupe, en toute quiétude. Le Ciel est rose, pailleté d’or… le son cristallin d’une cascade, un peu plus loin, engendre un joli refrain. Une douce bise effleure la sublime végétation et les êtres s’y trouvant.

Farigoulette, tiens-nous la main et, ensembles, festoyons jusqu’à demain, l’Amour nous tirant sans fin…

 

Olga

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Rédigé par Olga

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Publié le 31 Mai 2026

« Quand tu aimes il faut partir… » Blaise Cendars
Aimer c’est toujours être en colère, sinon ce qu’on vit n’est pas important.
L’Amour c’est notre colère heureuse.
J’ai partagé des aventures plus ou moins importantes, à des degrés divers, mais ma plus belle Histoire, mon plus GRAND AMOUR je l’ai vécu juste après la Guerre.
J’appelle Guerre ce qui attaque, abat, détruit, anéantit, tout ce qui nous entoure, nous rassure et protège.
J’appelle Guerre tout ce qui pulvérise, massacre, désintègre, saccage, aussi bien les cœurs, les hommes, les âmes. J’appelle Guerre ceux qui atomisent, vaporisent, dévastent tout, sans remords, en laissant un trou béant là où l’instant d’avant se tenaient dresser face au vent, les Joies, la Vie, nos Rêve et Espoirs.
Assis sur le bord de mur encore debout, mon dos tourné à ce précipice dont le but persistait à m’avaler au plus profond de son abîme, je contemplais les vestiges désagrégés de mon Présent que le séisme diurne, d’un seul tremblement venait de jeter à terre. Il ne me restait plus rien. Tout n’était plus que pierre, terre et poussière.
Au-dessus de moi un ciel cendre et acier gloussait de mon désespoir. Le Futur en berne, perdu à jamais, mes pupilles vidées de toutes clairvoyances, je balayais le sol âcre, ocre et triste.
Surgissant de je ne sais où, un rai de lumière, rebelle, s’échoua à mes pieds. Ma vision remonta le long du faisceau téméraire et parvenu à son sommet, il m’inonda de sa douce clarté.
Encore plus haut, un murmure, un sourire et enfin, des prunelles constellées de Soleil et d’étincelles.
Amour-Passion- Sentiment- qu’importe le nom qu’on lui donne, c’est un animal sauvage, carnassier, limite carnivore. Imprévisible, tapis dans une ombre, il vous épie, vous guette.
On déambule paisible, soudain il ou elle jaillit sans sommation au coin d’une rue, sur un quai de gare, à la table d’un troquet de quartier devant un tasse de café, un verre de vin rosé, frais et fruité. Il ou elle vous saute au visage, vous saisit à la gorge, vous dévore le cœur à vif, en plantant ses crocs d’ivoire et velours dans cette pulpe vitale. Fastueux, fastueuse par sa brillance, il ou elle opère savamment son intrusion dans votre quotidien. Tout vacille, le rythme cardiaque s’emballe, le souffle devient court. Jusque-là solide comme un marbre, on se fragilise comme un épi de blé à l’approche de l’été. Tout change et on change et plus rien ne sera jamais pareil. JAMAIS.
AIMER, devient un Acte de foi, pour se convertir à cette religion insolente, pour croire à son essence de Vie invisible qui s’insinue dans notre chair, notre âme la plus intérieur qui soit.
On s’enflamme, on s’éparpille, porté vers le haut par l’ivresse de l'affection que l’autre âme nous procure un peu plus à chaque seconde.
Passés l’ épisode des doutes hypnotiques, des questionnements : C’est lui ? C’est elle ? J’ vais ?
Je n’y vais pas ? Contournés les regards fuyants, interrogatifs, malicieux, l’aventure poursuit sa trajectoire.
D’abord un effleurement, une excuse, un autre effleurement, une autre excuse, et un troisième. Et le temps se fige, les doigts s’entrelacent, se serrent, s’adoptent, se domptent. Et le silence devient une douce musique que seuls les cœurs les plus aguerris parviennent à déchiffrer notes par notes.
On se prétend insubmersible. On crie : « Pouce !Ça y est!! » Erreur. Tout commence.
Trouver l’ AMOUR, le vivre, le partager, ne ressemble en rien au franchissement d’une ligne d’arrivée, debout sur son vélo, les bras levés vers le ciel au sommet du Tourmalet.
Trouver l’AMOUR nous propulse au centre d’un univers parallèle perpétuellement instable.
Trouver l’AMOUR nous fait tomber le masque, fendre l’armure.
Trouver l’AMOUR nous met la chair tellement à nue qu’elle en devient incontrôlable, impalpable. Trouver l’AMOUR c’est revivre, pour renaître au centre d’un ventre à ciel ouvert.
Ce qui n’apparaissait jusqu’alors comme vaporeux, presque éthéré se change en une substance, riche et solide. Des caresses, des baisers, des visages qui se posent sur des poitrines protectrices.
Aimer demeure un travail humain de chaque instant, de chaque jours, chaque soirs, chaque nuits et qui recommence au matin.
Affirmer qu’Aimer c’est facile, serait mentir, mais d’une certaine manière, oui, aussi, c’est vrai.
Le plus difficile ce n’est pas tomber Amoureux, le plus dur c’est de le rester. Garder intacte cette flamme incandescente, pour que jamais elle ne s’épuise, pour que tout soit vécu en entier, sans retenue, sans tricher, sans choisir. En absorber le nectar divin jusqu’à sa quintessence ultime.
Qu’importe le temps, la durée que cette quête requerra; mille ans ou une seule seconde, tel un battement d’ailes de ces mêmes fameux papillons qui palpitent dans nos entrailles quand l’émoi nous enserre la cage thoracique jusqu’à la faire péter comme un popcorn de ciné.
Aimer nous rend égoïste. Comme une réplique entendu dans un vieux film : « Il faut toujours en vouloir plus, sinon on n’ a rien du tout… »
Il n’existe pas des milliards de façons d’Aimer, il n’en demeure qu’une. Authentique. Véritable : La Notre.
On l’explore tout seul, à son rythme propre. Et quand l’Amour pointe le bout de son nez, il suffit que les deux symphonies s’accordent à un unisson passionné et passionnel.
Aimer c’est à la fois l’extraction du meilleur de nous, comme la révélation, malicieuse, des pires de nos craintes les plus sournoises. Autant ça nous propulse sur des chemins escarpés afin d’atteindre des sommets injustement prétendus inaccessibles, sans transpirer, en sifflotant jusqu’au Contre Ut.
Autant ça nous invite à la traversée de déserts arides sans éprouver la moindre soif sauf pour cette goutte de liqueur délicate à la source du bord des lèvres de l’Être Aimé(e).
Autant ça nous inocule le goût du plomb, la quête métallique du froid de la lame, pour mettre à feux et à sang des Cités multimillénaires, renvoyer des royaumes entiers à l’état de vestiges du Passé. Aimer c’est tuer pour toujours l’Innocence qui nous servez de bouclier.
Rencontrer l’homme ou la femme de sa vie ne prouve en rien qu’on va passer notre vie avec.
L’Amour c’est comme la capoeira, on pense que c’est une danse, en vérité c’est un combat, sans sommation, sans armistice, sans compromission. Un conflit sans arme, qui nous désarme.
Perdre la vie ou perdre l’Amour de sa vie, je ne saurais affirmer quel choix s’annoncerait le pire.
Aucun de ces choix ne doit sacrifier l’un pour favoriser l’autre !
La vie reste la vie, au sens le plus noble du terme. On se doit de la poursuivre, en accepter ses règles, ses épreuves. Mais sans ce kérosène, pour atteindre les hauteurs stratosphériques du firmament sensoriel l’aventure n’est plus la même.
L’entité Cœur quand il se brise, sa récupération, même soumit au vertu résiliente du Kinsugi s’avère impossible ou presque. Protégeons-le. Préservons-le. Cajolons-le. De toutes nos forces.
Parce qu’Aimer peut parfois nous faire tutoyer le divin. Au bout de cette croisade sommeille, un bijou naturel, un autre Graal et ça se nomme LE BONHEUR.


« Si je ne t'avais pas rencontrée, je serais incomplet et infirme de ce qui me serait demeuré caché à jamais… » Yves Simon

 

Jean-Michel

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Rédigé par Jean-Michel

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Publié le 31 Mai 2026

 
Que te dire? Tu me demandes d'expliquer l'inexplicable, persuadé que l'âge m'a rendu sage et capable de te donner des réponses. Tu voudrais comprendre comment j'ai traversé la vie, avec ses joies et ses épreuves, sans jamais perdre cet optimisme qui me définit. Assieds-toi, cela risque d'être long.
Ma vie, cette longue page d'écriture, fut ponctuée d'amour et de difficultés. Et c'est bizarrement dans l'adversité que l'on se dépasse, que l'on refuse de baisser les bras. Car vois-tu, c’est un combat singulier dont il faut sortir vainqueur aussi agréablement que possible.
Quand on est enfant, le monde tourne autour de l'amour de nos parents qui nous protègent des embûches et des agressions: le harcèlement, la jalousie, le racisme. Mais ce cocon douillet ne dure pas éternellement.
Un jour, j'ai appris que l'on pouvait disparaître. Je me souviens de ma grand-mère, souriante la veille, et qui n’était plus là le lendemain. Il a suffi de presque rien : un petit caillot, m'a-t-on dit, pour lui prendre sa vie, sa famille, ses amis. Ce jour-là, quelque chose s'est brisé en moi. Je ne savais pas encore mettre de mots sur cette douleur qui me déchirait le cœur. N'était-ce pas simplement l'absence de l'être aimé?
Je croyais ne pas pouvoir surmonter ce malheur et pourtant la vie nous apprend à tenir bon. Elle estompe doucement la douleur, nous permettant de continuer à avancer sans oublier ceux que l'on a perdus.
Puis vint le temps de se détacher de ses parents, voire de les rejeter, comme seule l'adolescence sait nous y pousser.
J'étais jeune, j'avais toute la vie devant moi et tout semblait possible. Personne ne m'avait prévenu des tourments qui m'attendaient.
Passe, passe le temps… Me voilà adolescent, en plein dans cet âge que l'on dit bête, où l'on ressent le premier frisson, celui qui vous fait perdre tous vos moyens devant la personne aimée. On écrit des poèmes maladroits qui finissent froissés au fond d'une corbeille. Combien de fois, seul dans ma chambre, ai-je conjugué le verbe aimer sans jamais oser le lui avouer, me promettant de le faire le lendemain, mais le lendemain n'arrivait jamais. La solitude était ma compagne et la jalousie venait ronger mon âme, sans réponse à mes questions. Mon cœur se torturait de ne pas avoir osé lui parler.
Puis, un jour, j'ai donné mon premier baiser, celui qui m’a fait oublier mes chagrins passés…Ce n'était pas encore l'amour, mais ses prémices tendres, une caresse de velours qui transforme doucement le «nous» en «je».
On se prend par la main pour marcher ensemble un bout de chemin. À seize ans, on est plus des mômes, on se croit grand et pourtant loin d’être un homme. C'est le plus bel âge où l’on voit tout en image, toujours au printemps. Pourtant, vint le jour de la déchirure: mon premier amour s’en est allé sans se retourner, gravant une nouvelle cicatrice sur mon cœur d'adolescent.
Je me mis alors à haïr le monde, ce monde qui ne me comprenait pas. Malheureux, trahi, abandonné, je me repassais en boucle les jours heureux où elle m'aimait. Je me jurai alors, seul face à
moi-même, de ne plus jamais, au grand jamais, retomber amoureux.
Jusqu’au jour où je la rencontrai. Je m'en souviens comme si c'était hier. Nos regards se sont croisés, pas besoin de parler quand on conjugue le verbe aimer. Un sourire malicieux faisait briller ses yeux.
Fini les grandes promesses, envolés les regrets, l'amour est le meilleur des remèdes. Il guérit nos maux en quelques mots.
Fini les douleurs du cœur, lui qui sait aussi nous faire souffrir.
Le temps de la passion et de l'amour sans condition nous conduisit doucement vers le mariage, «pour le meilleur et pour le pire».
Un torrent de tendresse nous emporta sur les eaux d'un grand fleuve, pas toujours tranquille. Des récifs surgirent et des écueils se dressèrent, mais ce n'étaient que de petites anicroches, vite effacées le soir sur l'oreiller, bercés par les caresses et le parfum de nos peaux.
Avec l'arrivée des enfants, l'angoisse s'installa discrètement. Serons-nous de bons parents ? Saurons-nous les guider sur le chemin de leur vie ? Dans ces questions sans fin, on finit par oublier de s'aimer.
Passe, passe le temps… avec les cheveux blancs, l’amour doucement se transforme en tendresse. Parfois, on s'égare un instant, sa tête posée sur mon épaule, en sentant ses cheveux qui me frôlent, en m’enivrant de son parfum captivant.
Puis vint le jour du grand silence. Je me retrouvai seul, des larmes plein les yeux et dans ma bouche, un goût amer. Mon amour s'en était allé, laissant de profondes empreintes sur le chemin de notre vie.
Mais au-delà du temps, il existe un fil invisible qui relie deux êtres. L'amour a gravé à l'encre rouge dans notre cœur et au bas de la page du livre de notre vie, un seul mot: «Toujours».
Les souvenirs font revivre ces instants de frisson où nos deux corps à l'unisson vibraient sous les flèches du dieu Cupidon.
Même si l’être aimé n'est plus là, il revient parfois me taquiner, dans un lieu familier, en écoutant une chanson que l’on aimait ou à travers le souffle d'un parfum. Il s'insinue en moi la nuit, sans bruit, et me fait verser des larmes. Alors, sur l'autel de la vie, je dépose un instant mes armes. Il s'endort et il suffit d’un soupir léger pour me réveiller.
Je retrouve alors l’espoir, car vois-tu:
«L'amour ne peut disparaître. Il est et il doit être.»
 
Bernard
 

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Rédigé par Bernard

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Publié le 31 Mai 2026

 
2026
LETTRE A UN JEUNE PEINTRE
 
ou le vieux peintre au jeune peintre
 
Cher...
 
Tes dessins me font toujours plaisir; voici en échange pour toi, ces quelques annotations sur nos dialogues imagés; ces mots te sembleront peut-être elliptiques mais partant, un bon principe les anime, je sais que tu me liras jusqu' à la fin ! Ils diront pour l'essentiel que nous sommes humains mais indiciblement seuls;
 
De la peinture que veux-tu en faire ? Une carrière ? pour développer un projet on a besoin de s'appuyer sur des conseils donc des échanges, des rencontres afin d'alimenter les idées desquelles jaillissent des réalisations. Et puis il faut savoir donner afin de relativiser toute manière de communication ; s'affranchir sans honte, sans timidité et séparer ainsi l'essence de l' amer, tu ne sais pas où tu vas ni ce que tu veux mais ta demande semble urgente! Un certain poète disait :
'' avant d'être un artiste, mon ambition était d'être un bon ouvrier ''. Il se peut que le cynisme
te soit inné, il se forgera comme un outil précieux dans le monde où tu circules et grâce auquel tu pourras cultiver ton état! Aimes - tu le goût des livres ? pas tous mais ceux qui sont vivants et qui
à l'instar d' un bol d'air, oxygènent les réflexions et conduisent l'action . Ces amis- là sont les compères de la vie, des épreuves, joies et déceptions. Il est facile d'aimer ce qui est aimable et agréable, en appréciant les plaisirs tout simples dans le croquant d'une pomme, le soleil dans un fruit ou la senteur obscure des forêts humides...Il a plu tout l'hiver et maintenant le ciel turquoise
se poudre du jaune vibrant du mimosa, de quoi s'y noyer; bref tout est à prendre; Il est bon d'aimer la vie pour en relever avec outils et ardeur, l'esprit et le sel; Il est heureux d'honorer l' artiste très âgé qui par ses offrandes ou ses pleurs existe, devient le môme qu'il a toujours été, creusé de reliefs, de rires mais de solitudes aussi...Il se perd ou se retrouve peu importe, en lui pulse l'énergie et bougeant ainsi, il atteint le vide, le plein, le souffle..le souffle... cher peintre
 
Un jeune corps respire les bienfaits du contact, cet inconnu où les échanges se posent et mûrissent se métamorphosent par le geste créateur ; ici le temps est sans mesure, le visible est invisible, élastique, malléable car la pensée n' a pas de temps, flotte au gré des vents, file au chant de l'eau...c' est ça l'éternité. L'artiste n'a pas de sexe ou bien il en a deux, il est le sexe en entier rayonne et trace et signe et sue d'angoisse mais il ne le sait pas car il vit tout cela, laisse des traces ; ingénu ou écorché? Lui, appartient au moment, au mouvement, à l'événementiel et n'imprime
qu'une chose fugitive...essentielle ; il est la dynamique d'un instant
 
Cher, je pense à toi tous les jours : gratter, salir, poncer et polir puis déchirer, renoncer détruire et recommencer à zéro...Comment faut-t-il vivre ? pourquoi et pour qui ? C'est ainsi et
c' est tout! émerveillé par la sève qui repousse hors de sa forme, explose en une aura bouillante silencieuse, cette occupation est intemporelle! ainsi l'on capitule sous le charme pour devenir
l'humble serviteur d'une cause, abdiquer pour vivre et ne pas mourir... dans ce corps toute chose
y affaire et restant intègre sans se vendre davantage, en gardant l'avantage on lui signifie sa valeur! c' est déjà un grand plaisir d'être capable d'entretenir son enveloppe charnelle car prendre soin de sa chair c'est en aimer l'esprit dans sa structure! Cependant que nous soyons solide dans un corps jeune ou mûr puis vieux nous acceptons ce legs à chaque étage... L'éveillé le sait un jour, il a un privilège s'il accepte le deal! il se lève, nourri de bonheurs, d'erreurs ou de terreurs humaines,
il trace de ses mains une lumière et l'ombre d' un sentier. C'est ainsi qu' il s'oublie sans honte et sans vergogne; dans l'arrachement, l'abandon, l'imploration et le déni, la folie ou la passion, la colère, la crainte, la peur, le désespoir, l'acceptation...la solitude et au bout une offrande pourtant !
 
Dans le cadre de la fenêtre les orchidées en fleurs me regardent ; sont-ce des anges, des sœurs, des alliées ? je pense à toi ; un partage - du silence...comme chaque année les fleurs reviennent se sont dupliquées elles surgissent, appartiennent à la terre et mon regard photographie toute cette agitation lumineuse et tendre
en voilà le cliché...tu me reçois ? La vie est là mais elle n'est plus là, elle voyage comme un parfum!
 
Ami, Amie, je pressens ta jeune curiosité et la respecte; sache seulement que la solitude est douloureuse, elle croît comme un rêve vivant et l'apprivoiser est le luxe de toute une vie; Cher...chère, entre autres... tu nais peintre sans choisir de l'être ! Il n' est pas de communion entre les hommes mais nous restons près des éléments alliés afin de mesurer nos capacités à ceux-là mêmes qui sont éternels car tout ce qui arrive est toujours... commencement! Lâchons le mental qui désoriente l'esprit pour revenir à chaque moment sur ce petit détail accrocheur, ce fil anodin qui au fur et à mesure d'obstinations ou de lâcher prise...émet sa pulsion jour après jour; étant donné que nous ne connaîtrons jamais l'heure de la finitude, en respirant, prenons conscience au moins de ces âmes millénaires qui fument la terre et façonnent la matière humaine... Ce que je tiens à te dire : ne pas oublier de S'aimer très fort car ainsi l'énergie déployée, le souffle projeté ou ce qu'il y a de plus vivant se révélera expression...échange ou claque cinglante? Vers le néant ou vers le monde...
 
Cher peintre ou cher lecteur, j'ai le sentiment que malgré les distances temporelles nous marchons dans les mêmes pas; j'ai apprécié tes deux estampes qui ébranlent ma vision...un je ne sais quoi...d'obscur...c' est flou mais désarmant !!!
 
Dans l'attente de ton aimable courrier, je marche et respire; je poste ce baiser complice et muet sur quelques taches de soleil...trois fois rien ! et ces deux mots du poète Maria Rilke quelque part, lettre VII dans
 
'' Echanges avec Franz Kappus...1904...''
 
 
'' ...il est bon d'aimer, car l' amour est difficile. Nous devons nous tenir au difficile, tout ce qui vit s'y tient...
...C' est pour cela que les êtres jeunes, neufs en toute chose ne savent pas encore aimer; ils doivent apprendre...''
 
 
 
 
A...
 
 
Marie-Thérèse
 
 

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Rédigé par Marie-Thérèse

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Publié le 27 Mai 2026

L'évocation de son nom provoque des ricanements... Rica... ricanements !

Durant toute mon enfance, les anecdotes fusent au sujet de la sœur de mon grand-père.

À l'adolescence, arrivée dans le « ventre de Paris », rue Quincampoix, je grimpe un escalier raide et enfin je découvre ce personnage célèbre : une boule de cheveux noirs crépus, telle un balai « tête de loup » surplombe un corps trapu, massif, sans relief.

Des lunettes à double, ou triple foyers laissent percevoir deux « coquillos », deux yeux vifs et noirs qui n'inspirent pas la tendresse.

La voix d'accueil a des intonations vestiges d'anciennes et fréquentes colères.

Une ombre furtive et timide, au crâne chauve, suit ses pas, une traîne silencieuse et glissante, bien huilée : il s'agit du mari de tata Rica – il n'a pas de nom.

Sitôt assises au salon, ma mère et moi, les ordres cinglent : « Sers-nous le café avec les gâteaux », et l'ombre s'exécute. Il retourne s'asseoir seul dans la cuisine... il ne mange pas de gâteaux, lui, avec les invités, mais du pain rassis.

Nos mimiques révèlent notre étonnement, alors tata Rica détaille le traitement « disciplinaire » qu'elle réserve à son esclave.

Le matin, au réveil, il doit poser ses pieds sur des chiffons de laine et gesticuler : ça lui fait faire un peu de gymnastique et ça lustre le parquet.

Toute la journée il doit porter une peau de chamois sur l'épaule et dépoussiérer les meubles à chacun de ses déplacements d'une pièce à l'autre.

Pour se laver les mains fréquemment, il doit les plonger dans une cuvette d'eau savonneuse dans l'évier où trempent les torchons sales, et les frotter – ainsi mains et torchons seront propres en fin de journée.

Toutes ces directives, ces règlements émanant de cette grande tante maniaque et excellente maitresse de maison, sont aussi, et surtout, après révélation, la vengeance et les représailles d'une femme trompée par son mari – trente ans auparavant.

LE MIROIR

Prends un morceau de verre, le carreau de la fenêtre : il est transparent, tu vois les autres au travers.

Étale une couche d'argent sur cette vitre ! Que vois-tu ? Toi.

C'est un miroir.

Alors être confronté à l'autre ou, comme le tout petit enfant, être étonné de l'étrange reflet de lui-même ?

Miroir, es-tu le « conseiller des grâces », précieux comme au théâtre ou au cinéma ?

La page du livre, avec « sa marée noire de lettres écrites où je trouve beaucoup de lumière et autant de visages que ceux qui les ont lues », est mon merveilleux miroir infini.

DONA ROUAH-JABIN

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Rédigé par Dona

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Publié le 27 Mai 2026

 

Je n'ai jamais osé lui poser la question.

Quelle question d'ailleurs ? Pour quelle réponse ? Celle que j'aurais aimé entendre ? ... Je ne l'aurais pas eue. Aurais-je eue une réponse ? Même pas sûr. Alors, je n'ai pas posé la question, par lâcheté, sans doute...  Vaut mieux ne pas tout savoir, parfois... Enfin, je dis ça, mais je n'y crois pas... pas tout à fait... je ne sais pas...

La question tourne, revient à l'assaut, je sens bien qu'elle veut s'échapper. Je la retiens, l'enfouis au plus profond, elle bouillonne, ressurgit, mais jamais ne franchit mes lèvres. Question muette. À deviner, à détecter, à comprendre entre les mots, les lignes, les regards. Peut-être que la réponse est muette, elle aussi...? Peut-être que c'est à moi de deviner, détecter, comprendre entre les mots, les lignes, les regards...?

Cette idée ne m'avait jamais effleurée auparavant. Je vais être vigilante, saisir le vol des choses, les silences des regards. Une réponse muette à une question muette, n'est-ce pas inévitable ? Après tout, a-t-on besoin de mots ?

J'irai puiser la réponse au fond de ce lac trop calme. Elle ridera la surface de mille cercles psychédéliques, hypnotiques, au centre desquels jaillira : LA VÉRITÉ ! Pas n'importe quelle vérité... Ma Vérité ! Celle qui m'habite et me fait avancer. Ce sera une vérité immense, lumineuse, universelle. Et la question, rassasiée, pourra retourner se coucher et dormir tranquille. 

Tellement tranquille que j'ai oublié de quelle question il s'agissait. Du coup, plus besoin de chercher la réponse. Mais alors, pourquoi tout ce charabia sans queue ni tête ? Tiens, voilà encore une question... Et vous savez quoi ? Je connais la réponse !

C'est parce que dans le roman "L'Impératrice" de Paul-Loup SULITZER, page 56, l'auteur n'a jamais" jamais osé lui poser la question". Quelle question ? À qui ? Aucune idée. Faudrait, pour le savoir, lire le livre. Vais-je le faire ? That is the question !

 

Mado

 

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Rédigé par Mado

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Publié le 27 Mai 2026

 

Pour le Concours de la Nouvelle seniors 2026, sur le thème tiré d'une citation tirée des « Lettres à un jeune poète » de Rainer Maria Rilke.
« Il est bon aussi d’aimer, car l’amour est difficile. Nous devons nous tenir au difficile, tout ce qui vit s’y tient ».
 
Voir lien ci-dessous :
 
... ont participé, pour l'atelier du Ray, par ordre alphabétique :
Arlette, Bernard, Dominique, Fernand, Josiane, Marie-Thérèse, Mireille, Olga et un "ex", Jean-Michel.
 

Les textes, lus ce jour en atelier, seront publiés après la remise des prix, prévue le 30 mai.

_________________________

 

 

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 27 Mai 2026

De Nice à Arcachon
Louise ajusta autour de son cou une longue écharpe de soie. Même en ce premier jour de printemps, à plus de quatre-vingts ans, elle craignait de prendre froid, un petit air frais soufflant en provenance de l’Océan.
  • Allons, Louisette, vous êtes prête, on peut sortir ?
  • J’arrive, Emma, je cherche ma canne…
  • Tenez, la voilà.
L’aide à domicile tendit à la vieille dame sa canne, outil désormais indispensable à ses promenades quotidiennes.
  • Donnez-moi le bras, Louisette. Vous êtes une Mamie très en forme, on va aller un peu plus loin aujourd’hui, au bord de l’eau. Ça va vous faire le plus grand bien de respirer l’air marin !
  • Ah, ma petite Emma, pour moi l’air de l’Océan ne vaut pas l’air de Nice. Enfin, lorsqu’une Niçoise tombe amoureuse d’un marin-pêcheur d’Arcachon et qu’elle le suit ver la Dune du Pilat…je n’ai pas le droit de me plaindre !
  • Vous aviez un brave mari, Louisette ! Vous avez construit votre famille ici, je pense que vous avez eu tout de même une vie heureuse…
  • Ça me fait drôle lorsque tu m’appelles Louisette ! Il n’y avait que mon Pierre qui me donnait ce diminutif quand il voulait être particulièrement gentil.
Des larmes d’émotion étaient montées aux yeux de Louise à l’évocation de ce souvenir.
  • Il est parti depuis trois ans, je ne me suis pas encore habituée à son absence.
  • C’était vraiment votre grand amour, votre Pierre !
  • Ah oui ! J’aurais peut-être dû le persuader de rester à Nice… On s’est rencontré vingt ans après la fin de la guerre, au Bal des Mais , à Cimiez. Il était si beau ! Dès qu’il m’a invitée à danser, la première fois, j’ai craqué ! C’était le 1er Mai 1966.Tous les dimanches de Mai, cette année-là, je suis montée à Cimiez avec mes meilleures amies, et tous les dimanches, j’ai valsé serrée contre mon Pierre…
  • Et après, vous ne vous êtes plus quittés ?
  • Attends, à cette époque, on était pudique, ça allait moins vite qu’aujourd’hui ! Lui, il était venu passer son mois de vacances chez son grand-père à Carros pour l’aider un peu à cultiver la terre et à vendre sa production sur le marché. Il commercialisait là-bas des légumes et, au printemps, surtout des fraises. Ah, les fraises de Carros, tu ne connais pas, toi ! Je sens encore sur ma langue leur fruité incomparable ! Ici, les fraises ne sont pas aussi parfumées. Dans la semaine, même si Carros est loin de Nice, on avait trouvé une astuce pour se voir : Pierre travaillait la terre tous les jours à Carros, sauf les mardis et les jeudis où il descendait avec son grand-père vendre les légumes et les fraises sur un grand marché à Nice. Moi, je gardais des enfants, et ces deux jours-là, je les promenais sur le marché, sans en avouer la raison à Mme Lascaris, ma patronne. Elle n’aurait pas compris que j’aille bavarder avec mon amoureux sur le marché en promenant ses petits ! Et le dimanche, on se retrouvait là-haut, sous les oliviers…Je lui ai fait connaître le pan-bagnat et la pissaladière… Tu ne sais pas ce que c’est, toi, ces deux merveilles de la cuisine de Nice ?
  • Oui, je sais, Louisette, vous m’avez déjà raconté tout ça ! Allez, venez, on va marcher sur la plage…
En bavardant, les deux femmes longèrent la plage devant elles, d’où on apercevait la Dune du Pilat.
  • Elles sont si belles, les plages ici à Arcachon, et cette vue qu’on a du haut de la Dune du Pilat ! Mais vous préférez peut-être les plages de galets ?
  • Non, c’est pas ça, le sable c’est doux sous les pieds, les galets on s’y tord parfois les chevilles… Mais chez nous il y a un si beau soleil ! Ici c’est souvent plus humide et moins lumineux. Nous, on a des palmiers partout. Et les massifs de fleurs ! Si tu voyais les batailles de fleurs, toutes ces couleurs, ces parfums… Et le Carnaval ! Les gens déguisés, qui s’envoient des confettis ! Tu c’est ce que c’est les confettis, Emma ?
  • Oui, vous m’avez expliqué !
  • Et les cavalcades! Les chevaux montés par des jolies filles au milieu des grosses têtes !
  • Il y a toujours des fêtes à Nice ?
  • Pas toujours, mais les Niçois sont joyeux, contents d’être dans la foule ! ça nous fait oublier la guerre et les années difficiles…Et la Méditerranée, toujours tiède ! Tu sais, à Nice on peut se baigner toute l’année…
  • Je sais, je sais, Louisette. Vous avez tellement bien raconté votre jeunesse à votre fille qu’elle est allée habiter sur la Côte d’Azur. C’est un peu de votre faute si vous ne la voyez pas souvent !
Louise acquiesça, en fronçant les sourcils.
  • C’est vrai. Mais depuis trente ans qu’elle est à Villefranche-sur-mer, je suis toujours allée passer les fêtes de Noël avec elle et sa famille, et ils m’emmènent parfois me promener dans le Vieux-Nice, pour me retremper dans mon enfance. C’est gentil, non ? Si tu voyais ces petites rues, avec le linge qui pend aux fenêtres comme en Italie ! Et on mange de la socca ! tu sais pas ce que c’est, la socca ?
  • Non, vous m’expliquerez la prochaine fois. On va rentrer maintenant, je vais juste avoir le temps de vous préparer votre thé au lait de quatre heures, et je vais me dépêcher pour aller chez Mme Martinez, je suis presque en retard. Vous penserez tranquillement à votre jeunesse devant votre goûter. Mais, au fait, votre Pierre était pêcheur professionnel : il aurait pu acheter une barque de pêche à Nice au lieu de l’acheter à Arcachon, vous ne croyez pas ?
Louise poussa un profond soupir et leva les yeux au ciel.
  • Tu as raison, il aurait pu… Mais il ne l’a pas fait !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma_chambre_au_Beau-Rivage

Matisse
Après le départ d’Emma, la vieille Louise, un peu fatiguée par sa promenade au bord de l’Océan, s’allongea sur son lit, face à la reproduction du tableau de Matisse, « ma chambre au Beau-Rivage ». Elle aurait pu décrire chaque détail de ce tableau, elle l’avait sous les yeux depuis plus de trente ans. Son mari, toujours attentionné, le lui avait offert à un moment difficile de sa vie. Elle venait de perdre sa maman, décédée à Nice, « Nice qu’elle n’avait jamais quittée, elle ! » comme elle aimait le répéter lorsqu’elle n’avait pas le moral. Pierre faisait alors tout son possible pour faire naître un sourire sur les lèvres de son épouse. Il abondait toujours dans son sens : certes, Nice était la plus belle ville du monde, les Niçois étaient charmants, mais si elle était restée là-bas, leur histoire d’amour se serait peut-être terminée à peine commencée. Ils étaient si heureux ensemble depuis toutes ces années. Ils avaient fondé une belle famille à Arcachon, deux enfants adorables, Henri et Catherine. Bien sûr, Catherine était partie s’installer sur la Côte d’Azur, mais Henri était resté à Arcachon, et il leur rendait souvent visite, toujours à leur écoute malgré son métier et sa petite famille qui l’occupaient beaucoup…
A l’évocation de ses enfants, un sourire illuminait systématiquement le visage de Louise, et Pierre triomphait intérieurement. Il lui rappelait aussi que leur fils avait été baptisé Henri, comme Henri Matisse, ce peintre qui avait su si bien peindre Nice, sa lumière, ses couleurs… Et leur fille, appelée Catherine, en souvenir de Catherine Ségurane, si chère au cœur des Niçois… Louise était reconnaissante à son mari d’avoir approuvé les prénoms qu’elle avait choisis, c’était un peu de sa ville de Nice apportée sur les rivages du Bassin d’Arcachon. Et ce tableau en face de leur lit conjugal : Pierre était arrivé un jour, un paquet enrubanné sous le bras, et l’avait tendu d’un air mystérieux à son épouse, surveillant sa réaction, les yeux malicieux. A la vue de l’huile sur toile de Matisse, Louise fut saisie d’émotion : son peintre préféré, une vue de la Méditerranée devant la fenêtre ouverte, cette Méditerranée qui lui manquait tant… une chambre presque copie conforme de sa chambre de jeune fille chez ses parents dans le Vieux-Nice : un fauteuil confortable couvert de tissu, (pas de la même couleur, le sien était rouge au lieu de jaune), une commode près de la porte, et un plafond peint, comme dans son nid douillet ! Le plafond de sa chambre était aussi décoré de fleurs, comme dans beaucoup de maisons bourgeoises enjolivées par des peintres Italiens au XIXème siècle ; des rideaux de dentelles identiques à ceux confectionnés par sa grand-mère pour sa petite-fille préférée…
Pierre n’aurait pu trouver un tableau qui reflète mieux que celui-là les souvenirs chers à son cœur de Niçoise expatriée. Depuis ce jour, si Louise avait un coup de cafard, elle allait contempler un instant l’œuvre de Matisse, et elle se sentait miraculeusement ragaillardie. Elle laisserait ce tableau accroché face à son lit jusqu’à son dernier souffle, elle en avait un besoin vital !

La chambre de Louise et Pierre

Quelques années après leur union, Louise et Pierre avaient pu acquérir une petite maison dans un quartier tranquille d’Arcachon. Leur chambre, aménagée selon leurs goûts à tous deux, donnait sur un petit terrain qui séparait leur habitation de celle des voisins. Une mini-piscine pour se rafraîchir en été et quelques plantes complétaient le décor. « Oui, enfin, une piscine, c’est l’appellation officielle ! Plutôt un bassin, juste assez grand pour y tremper les orteils ! » Bien sûr les enfants s’y amusaient beaucoup à la belle saison, un plouf par-ci, un plouf par là, et un lieu où se réunir les soirs de grosse chaleur à l’adolescence. Ainsi, les parents pouvaient les surveiller discrètement. Louise ne pouvait s’empêchait de comparer sa chambre avec vue sur bassin au tableau de Matisse, la chambre avec vue sur mer… « Une mini-piscine entourée de pots de fleurs à Arcachon, rien à voir avec les plages de Nice, les flots bleus de la Méditerranée et les palmiers de la Prom’ ! Tu te moquais gentiment de mes regrets, Pierre, et je me sentais incomprise ! » En poussant un soupir, elle se leva, arrangea le couvre-lit, tapota les oreillers en jetant un regard par la fenêtre… « Et cette grille, devant la baie vitrée ! Mon petit mari, tu redoutais les cambrioleurs ! C’est vrai qu’en rez-de-jardin, c’est une sécurité… Mais cette sensation d’être en prison chez moi ne m’a jamais quittée… » Louise s’approcha de la bibliothèque, bien garnie en récits de voyages de grands auteurs et en albums-photos qui reflétaient leurs vacances familiales. « Mon pêcheur chéri ! On a fait deux croisières tous les deux, pour fêter nos noces de porcelaine et nos noces d’argent ! Toi qui pêchais dans l’Atlantique sur ton fidèle petit bateau, tu avais soif de connaître d’autres mers et d’autres océans, et tu m’avais fait la surprise de ces deux croisières… Tu avais adoré ! Moi, un peu moins, j’ai facilement le mal de mer, une honte pour l’épouse d’un pêcheur professionnel qui passait la plus grande partie de sa vie sur les flots ! » Comme toujours, lorsque Louise se plongeait dans ses pensées, elle s’adressait à son défunt mari à haute voix, une habitude prise depuis qu’elle était seule. Elle revoyait son visage ridé, ses yeux rieurs, bleus comme le ciel Niçois. Et son bon sourire, qui lui faisait si chaud au cœur lorsqu’elle l’évoquait… Elle était sûre qu’elle le retrouverait un jour dans un autre monde… Lorsqu’elle en parlait parfois à son fils Henri, elle se faisait réprimander : « Enfin, Maman, profite du temps qui te reste, au lieu de dire des bêtises ! Tu es en bonne santé, tout le monde ne peut pas en dire autant ! » Elle savait qu’Henri avait raison. «  Je fais des ballades sur la plage, je vois mes petits-enfants, je prends le thé avec mes vieilles copines, tout va bien ! Calme-toi, ma fille ! » Elle arrivait alors à sourire, malgré les larmes qui lui montaient aux yeux. Il fallait qu’elle se montre courageuse devant les autres, même si, parfois, le cœur n’y était pas…

 
Annie T.

 

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Rédigé par Annie

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