Publié le 29 Décembre 2025

 
Brassens, moustachu génial, poète délicat,
Tourna en dérision des moments difficiles,
Des enterrements, des tromperies, des tracas,
Furent prétextes à versifier d’une plume subtile.
 
Lama, poète doué pour parler d’amour,
Assure qu’il est vain de tenter chercher ailleurs,
Cet amour gravé au fond de soi pour toujours
Ne se remplace pas, comme un trou dans le cœur.
 
Passé minuit, on dit ciao à l’ancienne année,
On allume des guirlandes, on attend le bonheur,
L’an neuf , on le sait, met la lumière dans les cœurs,
On est fin prêt à rire et à s’encanailler…
 
Annie
 

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Rédigé par Annie

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Publié le 25 Décembre 2025

Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 25 Décembre 2025

 
Suite à la présentation sur les Parnassiens de Marie-Thérèse, le 24 septembre 2025 :
nous avons décidé, sur une idée de Mireille, de rechercher des poètes parnassiens peu connus.
La réunion a eu lieu le 20 décembre 2025.
 
Ci-dessous, les poétesses et poètes présentés 
 
Le mont Parnasse en 1821, par Edward Dodwell.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Mont_Parnasse,_par_Edward_Dodwell,_BNF_Gallica.jpg
 
 

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 25 Décembre 2025

Atelier :
Le quatrain
 
Lecture :
Les Phares, de Baudelaire
 

Rubens, fleuve d’oubli, jardin de la paresse,
Oreiller de chair fraîche où l’on ne peut aimer,
Mais où la vie afflue et s’agite sans cesse,
Comme l’air dans le ciel et la mer dans la mer ;

Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,
Où des anges charmants, avec un doux souris
Tout chargé de mystère, apparaissent à l’ombre
Des glaciers et des pins qui ferment leur pays,

Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
Et d’un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s’exhale des ordures,
Et d’un rayon d’hiver traversé brusquement ;

Michel-Ange, lieu vague où l’on voit des Hercules
Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts ;

Colères de boxeur, impudences de faune,
Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,
Grand cœur gonflé d’orgueil, homme débile et jaune,
Puget, mélancolique empereur des forçats,

Watteau, ce carnaval où bien des cœurs illustres,
Comme des papillons, errent en flamboyant,
Décors frais et légers éclairés par des lustres
Qui versent la folie à ce bal tournoyant ;

Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
De fœtus qu’on fait cuire au milieu des sabbats,
De vieilles au miroir et d’enfants toutes nues,
Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ;

Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
Passent, comme un soupir étouffé de Weber ;

Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,
Sont un écho redit par mille labyrinthes ;
C’est pour les cœurs mortels un divin opium !

C’est un cri répété par mille sentinelles,
Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
C’est un phare allumé sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !

Car c’est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité !

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

 
Sujet
Comme Baudelaire, rédigez deux ou trois quatrains, en alexandrins et rimes croisées, sur des artistes du XXe et/ou d XXIe siècle.

 

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Publié le 25 Décembre 2025

 
 
 
 
Naufrage en mère
Choc des lumières plein phare.
 
 
 
 
La mère roule les mécaniques
Lui, reste peu fier mais stoïque.
Hauteur émaciée, il régime,
Pieds chatouillés, sa balise s’anime.
 
La mère, tandis qu’elle accouche dans la houle,
Lui va éclairer la lampe loin de la foule.
Gardien du lieu ou fanion des tempêtes,
Chacun mène sa barque, Éole en tête.
 
La mère freine des quatre fers.
Marmaille, un marée d’enfer,
Un ressac partout, remue-ménage.
Lui, tonneau de la grève, nage.
 
Tant de phares sont piqués,
Pas tous ne rougissent pour tiquer.
La mère, lasse, a pris le vague de la mer.
Elle a, en brassées, plongé par teint clair.
 
 
Dany-L
 
 

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Rédigé par Dany-L

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Publié le 25 Décembre 2025

Atelier :
Le journal intime
 
Sujets au choix :
- Une journée dans la vie d'une femme célèbre
Rédigez un journal fictif d'une journée dans la vie d'une femme célèbre de l’époque que vous voulez.
 
- Une journée dans la vie d'une super-héroïne
Rédigez un journal fictif d'une journée dans la vie d’une super-héroïne féministe, ou pas, de votre cru.
LES TEXTES
 
Annie
 
Bernard
 
Brigitte S
 
Catherine
 
Dany-L
 
Dominique
 
Elisabeth
 
Fernand
 
Josiane
 
Letizia
 
Mado
 
Marie-Thérèse
 
Nadine
 
Odile
 
Olga
 
Véronique

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Publié le 25 Décembre 2025

 

 

Haut Potentiel Infernal
 
Ce matin, le long du soleil du sud, elle a du mal à se lever mais chapeau, Madame.
Entre deux chiennes de garde et son sabotage amoureux, hier soir
elle a beaucoup disserté d’une vive voix avec les datas de son poignet.
 
Cette nouvelle intelligence, on parle d’elle dans tous les coins de rue.
On se rue sur ses formes virtuelles, ses couleurs infinies,
ses sentiments faciles, ses fondements maîtres.
C ’est autre chose, du différent, de l’inconnu, un aimant, ça fait tout chose.
 
Mais Madame a peur de perdre le sens de son quotidien, de son devenir.
Un non-sens qui pourrait prendre la direction d’une aire de retournement
pour s’évanouir dans la seconde, par manque d’énergie fossile
ou de l’eau dans le gaz. Un contre-sens à toute philosophie.
Un coup d’œil fréquent par la fenêtre, sur le mur d’en face. Elle sait qu’il est en pierre.
Personne ne s’arrête sur son crépi vieux rose peint tout récemment, sauf elle.
Quand elle sortira, elle passera les paumes de ses mains sur sa réalité,
elle appuiera sur son fondement, elle se frottera à l’authentique,
elle contournera les rides de ses fentes, elle sentira la dureté, l’ancienneté.
 
Tes images filent, défilent, se déforment, se reforment. Tes traits sans la règle,
cassent les mines de crayon et dépoilent les pinceaux. La vue s’enfuie du regard
et les ombres envahissent les contours des certitudes pour flouter le tableau.
H.P.I. tes sons ne sont qu’illusion, ceux qui passent par des touches
qui s’enfoncent à l’envie pour jouer des notes artificielles sur des claviers noirs.
H.P.I. tes odeurs sont crasseuses ou bien pleines de Grasse et l’air se faufile comme il peut, entre des arômes aux illusions de roses et des coulis de crème, grises en dedans.
H.P.I. tes goûts mâchonnent les mauvaises saveurs. Tu ne déguste jamais rien.
Tu avales tout trop vite, les goûts avec les couleurs.
H.P.I, seul, reste de toucher pour sentir ce paranormal s’imprimer et vivre dans le concret.
Les quatre sens vont perdre leurs certitudes. Ils n’ont pas de place dans l’authentique.
Ne resteront d’eux de leurs corps à corps, que des bribes d’illusions tout-à-fait écartelées.
Madame touche de son mieux, le mieux, par petites touches, le mur, encore et encore.
Elle cherche à se nourrir dans le dur de la réalité, rassurant, excitant.
Garder le discernement, le vrai, embrasser la sagacité de son moi,
la puissance de la valse de ses neurones, la maîtrise du bon aloi.
Pas de dessins animés de mensonges, pas de fabrication virtuelle.
Le moment présent mérite que l’on boive son existence,
que l’on chatouille la seconde pendant des heures,
complètement, ici et maintenant, et sans attendre.
 
Une occupation différente de l ‘Académie de Littérature Française de Belgique pour Madame.
D’un geste de femme, tout petit, secondaire, devant le fermé de la porte,
elle reprend son couvrant et avec douceur, d’une main câline,
elle en caresser sa plume, toute une légende du monde juste monde,
quand on porte le chapeau
Dany-L
 
 

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Rédigé par Dany-L

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Publié le 23 Décembre 2025

Les poèmes choisis par Dona :

Les yeux
Sully Prudhomme

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l’aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.

Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d’ombre.

Oh ! qu’ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n’est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu’on nomme l’invisible ;

Et comme les astres penchants,
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent :

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l’autre côté des tombeaux
Les yeux qu’on ferme voient encore.

René-François Sully Prudhomme, La vie intérieure

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Par Auteur inconnu — Old postcard from http://bennyspostcards.com/famous_people_postcards.html, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9606

 

 

 François Coppée

 

 

L’hirondelle du Bouddha
François Coppée

À Edmond de Guerle.

Quand son enseignement eut consolé le monde,
Le Bouddha, retiré dans la djongle profonde
Et du seul Nirvâna désormais soucieux,
S’assit pour méditer, les bras levés aux cieux;
Et gardant pour toujours cette sainte attitude,
Il vécut dans l’extase et dans la solitude,
Concentrant son esprit sur un rêve sans fin
Avant d’être absorbé par le Néant divin.
Le temps avait rendu tout maigre et tout débile
Le corps ossifié de l’ascète immobile;
Les lianes grimpaient sur son torse engourdi
Que ne réchauffait plus le soleil de midi;
Et ses yeux sans regard, dans leurs mornes paupières,
Semblaient avoir acquis la dureté des pierres.
Il aurait dû mourir, par la faim consumé;
Mais les petits oiseaux, dont il était aimé,
Les oiseaux qui chantaient dans les branches fleuries,
Venaient poser des fruits sur ses lèvres flétries.
Et, depuis très longtemps, c’est ainsi que vivait
Le Bouddha vénérable, absolument parfait.

Donc mille et mille fois, et mille fois encore,
La lune qui blanchit et le soleil qui dore
Les forêts, sur son front tour à tour avaient lui,
Sans que se fût distraite un seul instant en lui
Sa pensée, en un songe immuable perdue,
Lorsque dans sa main droite, au ciel toujours tendue,
Dans sa main sèche et grise ainsi que du granit,
Une hirondelle vint, un jour, et fit son nid.

L’extase du Bouddha ne parut point troublée
Par cette confiante et fidèle exilée
Qui, franchissant du vol la montagne et la mer,
Des froids climats du Nord revenait, chaque hiver,
Et retrouvait toujours son nid chaud et paisible
Dans le creux de la main du rêveur impassible.
À la fin, cependant, elle ne revint plus.

Et, quand les derniers temps furent bien révolus
Du retour des oiseaux que l’exil seul protège,
Lorsque l’Hymalaya se fut couvert de neige
Et lorsque tout espoir fut perdu, le Bouddha
Détourna lentement la tête; il regarda
Sa main vide; et les yeux du divin solitaire,
Qui depuis si longtemps n’avaient rien vu sur terre,
Ses yeux tout éblouis d’immensité, ses yeux
Éteints et fatigués de contempler les cieux,
Ses yeux aux cils brûlés, aux paupières sanglantes.
S’emplirent tout à coup de deux larmes brûlantes;
Et celui dont l’esprit était resté béant
Devant l’amour du vide et l’espoir du néant,
Et qui fuyait la vie et ne voulait rien d’elle,
Pleura, comme un enfant, la mort d’une hirondelle.

François Coppée, Les récits et les élégies (1878)

 

Dona

 

 

 

 

 

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Rédigé par Dona

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Publié le 22 Décembre 2025

 

Samedi 13 décembre 2025

Occupations le temps du tramway ; si trajet bref, dédié à la rêverie, si trajet long à la lecture.
Ce jeudi fin de matinée, où je m'apprête à ouvrir mon livre « Le secret des mères », une petite dame rondelette, cheveux courts blanc en neige, regard bleu clair, s'installe à côté de moi. C'est une page de ce journal que je tiens de manière de plus en plus épisodique que je voudrais lui consacrer, à elle et à Marithé, unies dans la même passion d'un métier commun.

Elle, se nomme Carlotta Rubini. Peut-être les nissarts la connaissent-ils, puisqu'elle enseigne bénévolement cette langue au Black Box de Bon Voyage, si j'ai bien compris.

Elle a envie de discuter et me demande ce que je lis. Elle regrette tellement ces heures passées en tête-à-tête avec des auteurs en tous genres, cette intimité dans le huis clos de son nid douillet. Un léger soupir ponctue sa phrase : « Je suis aveugle, enfin pas complètement, il me reste 1/10ème ». Son regard vif dément l'idée que je me fais de son handicap.

Carlotta a 90 ans et l'enthousiasme de la jeune fille affleure au coin de ses lèvre et illumine son joli visage. Carlotta était prof de maths et de sciences au tout nouveau collège Raoul Dufy. Dans sa classe de quatrième, tous les laissés-pour-compte, les irrécupérables qui ne savaient presque pas lire et écrire. Ces jeunes révoltés qui n'attendaient plus rien de l'institution ont croisé la route de Carlotta et aujourd'hui encore, me confie-t-elle les joues rosies et la mine gourmande, certains de ses élèves ne manquent jamais de prendre de ses nouvelles et de lui en donner.

Carlotta a su dès l'âge de 5 ans qu'elle voulait être « derrière le bureau comme la dame ». Issue d'une famille très pauvre mais remplie d'amour, elle se reconnaissait en chacun de ces « cancres » affublés de qualificatifs dévalorisants qu'ils traînaient depuis l'école primaire comme une fatalité.

Premier jour de classe, les gamins lui disent « M'dame, l'école ça sert à rien pour nous et puis les instits sont nuls, tous nuls ». Et Carlotta leur donne raison. Elle les laisse parler, se défouler, les écoute. Et maintenant Stop. Aujourd'hui dans ce beau collège tout neuf on va commencer par s'éplucher.

Je la regarde étonnée, pensant qu'elle a fait une faute de français, peut-être… Peut-être pas ?

Oui, s'éplucher, je ne parle pas d'épluchage mais bien de s'éplucher, ce que nous avons tous fait jusqu'à la fin de ce premier cours et du suivant, car on en tenait tous des couches dont il fallait se débarrasser pour repartir sur plus de joie, d'espoir d'avenir, sans oublier du travail.

Des couches de t'es paresseux, de bête comme ses pieds, de qu'est-ce qu'on va faire de toi,

de moins que rien, et autres gracieusetés qui vous collent à la peau, vous laissent englués tels ces alcidae victimes d'une marée noire, et vous assignent à une place peu désirable dans la société.

 

J'ai enseigné avec la même gourmandise, les mêmes convictions pendant près de 40 ans, me confie-t-elle. Et aujourd'hui j'enseigne encore. Ma récompense est d'avoir relevé et élevé ceux qui devaient rester au bord du chemin et de m'élever avec eux.

C'est au moment de descendre que je lui ai demandé comment elle s'appelait : Carlotta Rubini.

Carlotta me ramène en 1986, année de l'entrée au cours préparatoire de ma fille. Inquiétude de la mère pour ce rituel de passage, d'autant plus que nous venions de quitter l'Ardèche pour Draguignan et ne connaissions encore personne. La maîtresse nous a réunis trois jours après la rentrée. Marie-Thérèse Collombat, petite, menue, cheveux et dégaine à la Zizi Jeanmaire s'exprime avec une voix claire et la fougue de ses propos me laisse penser qu'aucune maman (pas de papa ce jour-là mais ils furent bien présents tout au long de l'année) ne pouvait se sentir à la hauteur de la flamme qui l'habitait quand elle parlait de nos gosses. Dans sa classe, elle accueillait les enfants étrangers qui arrivaient en cours d'année et ne savaient pas parler notre langue. Elle prenait volontiers les insupportables que les autres maîtresses et maîtres n'arrivaient pas à gérer. Les défis la stimulaient. Sa ferveur contaminait enfants et parents. Marithé, férue d'art, a monté des spectacles poétiques auxquels nous assistions, émus et étonnés d'entrevoir une facette inconnue de nos enfants. Marithé apaisait nos inquiétudes parentales. Marithé, avec laquelle je partageais des idées et envies communes, est rapidement devenue une amie.
Quand elle a changé d'établissement pour une école plus uniforme socialement, elle a eu cette phrase : « Que veux-tu, je les aime bien mais je n'ai pas grand chose à leur apprendre à ces petits bourgeois. J'ai besoin de me sentir utile ». Ce n'était absolument pas du mépris puisque nous-même appartenions à ces petites bourgeoises Deux ans après, elle retournait au combat.

 

Odile

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Rédigé par Odile

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Publié le 22 Décembre 2025

 

Quatre poétesses pour Marie-Thérèse 

 

ANAIS SEGALAS 1811 /1893

Par Inconnu. Upload, stitch and restoration by Jebulon — Bibliothèque nationale de France, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=27946497

LES OISEAUX DE PASSAGE

Il est temps de partir, mes oiseaux passagers,
Assemblez-vous, et puis adieu, groupes légers,
La branche où l' on se pose,
Le nid de mousse à l' ombre, où l' on n' a rien à voir,
Il faut les fins : partez, vous au plumage noir,
Vous au plumage rose
 
C' est un large océan que vous allez passer !
Quand un groupe en chantant cherche à le traverser,
Parfois le vent l' emporte,
Là jamais de repos, point d' abris, d' arbres verts ;
Oh ! Pour ne pas tomber, quand on franchit ces mers,
Il faut une aile forte !
 
Qu' importe : allez ! L' espace est si grand, si vermeil ;
I l a des ouragans, mais il a du soleil.
Les nuages, la grêle
Certes sont effrayants, mais l' arc en ciel est beau
Allons, quittez le nid ; que sert-il d' être oiseau,
Quand on ferme son aile ?
 
Si l' orage vous prend, si l' on tend des lacets,
Eh bien ! Dites : '' l' oiseau doit s' attendre aux filets,
Doit s' attendre aux orages :
D' ailleurs tout peut passer, ouragan, tourbillon ;
Il reparaîtra bien là-haut quelque rayon
Pour sécher nos plumages. ''
 
Par malheur, vous verrez cent rivaux dans les cieux
Qui perlent mieux leur chant, qui l' assouplissent mieux,
S' élèvent d' avantage :
L' aigle que rien n' abat, qui lutte avec le vent ;
Et puis le rossignol qui semble un luth vivant
Caché dans le feuillage ;
 
Puis des oiseaux de fée aux colliers chatoyants,
Au plumage semé de mille yeux de brillant,
Aux accords séraphiques ;
D' étincelants rivaux, sortis des cages d' or,
Qui ne s' ouvrent jamais que pour donner l' essor
A des oiseaux magiques !
 
Et les mille chanteurs, âmes de nos buissons,
Charmeront les passants, en jetant leurs chansons,
En montrant leurs aigrettes :
Si vos voix parcouraient des claviers aussi doux,
Vous seriez écoutés : hélas ! Que n' êtes-vous
Rossignols ou fauvettes !
 
Mais adieu, vous partez ; et vous passez dans l' air
Plus vite qu' un nuage ou qu' un rayon d' éclair.
Bientôt mes oiseaux frêles,
Vous aurez disparu de nos monts, de nos champs,
Sans que l' air garde rien des notes de vos chants
Et du bruit de vos ailes !
 
 
 
MARCELINE DESBORDES – VALMORE 1789 /1859
 

Par Constant Joseph Desbordes — FreeCorp, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=107870589

L' ESCLAVE ET L' OISEAU /// exergue à propos d' élévation de Baudelaire

Ouvre ton aile au vent, mon beau ramier sauvage !
Laisse à mes doigts brisés ton anneau d' esclavage
Tu n' as que trop pleuré ton élément : l' amour ;
Sois heureux comme lui ; sauve-toi sans retour !
 
Que tu montes la nue ou que tu rases l' onde,
Souviens-toi de l' esclave en traversant le monde,
L' esclave l' affranchit peut te rendre à l' amour ;
Quitte-moi comme lui : sauve-toi sans retour
 
Va retrouver dans l' air la volupté de vivre !
Va boire les baisers de dieu qui te délivre !
Ruisselant de soleil et plongé dans l' amour,
Va-t' en ! Va-t'en ! Va-t'en ! Sauve-toi sans retour !
 
Moi, je garde l' anneau ; je suis l' oiseau sans ailes
Les tiennes sont aux cieux : mon âme est devant elles
Va, je les sentirai frissonner dans l' amour ;
Mon ramier sois-béni ! Sauve-toi sans retour !
 
Va demander pardon pour les faiseurs de chaîne
Et fuyant les bourreaux, laisse tomber les haines
Va plus haut que la mort, emporté dans l' amour ;
Sois élément comme lui. Sauve-toi sans retour !
 
 
 
MARIE DE REGNIER ou GERARD D' HOUVILLE 1875 / 1963
 

     Par Paul Nadar — Publié dans Le Monde de Proust vu par Paul Nadar, édition du Patrimoine, 2000, ISBN:2-85822-307-6, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26717017

                Texte tiré de PETITS POÈMES

 
                                           LE MATIN
 
Ma vie, il faut venir. La naissante journée
Déjà me semble triste et trop longue sans toi ;
N' entends-tu pas le son de ma flûte alternée,
Et mon plus doux pigeon roucouler sur ton toit ?
 
Viens printanière, viens ! Le reflet de ton âge
N' est pas dans l' argent pur où rit ton front joyeux,
Ton fidèle miroir est mon aimant visage ;
Ma vie, il faut venir : viens te voir dans mes yeux.
 
Pourquoi tant de parure ? Et pourquoi ces prières ?
Puisque à ton rose seuil à l' envi te guettant,
Les dieux adolescents dansent dans la lumière...
Depuis que je suis né, je crois que je t' attends.
Ma vie, il faut venir. Peux-tu donc être heureuse
Si seule ? Hâte-toi, car c' est un triste jour,
Un jour sombre et pareil à la mort ténébreuse.
Que l' on passe, O mon cœur, sans joie et sans amour.
 
 
 
 CÉCILE SAUVAGE 1883 /1927
( mère d' Olivier Massiean )
 

               Par Auteur inconnu — Remy de Gourmont, Muses d'aujourd'hui, 1910 https://archive.org/details/musesdaujourdhui00gouruoft/page/n6/mode/1up, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=112774241

                      Tiré de FUMÉES : Je ne veux qu' un rêve
 
Je ne veux qu' un rêve
A demi-flottant
Que mon âme brève
Passe en voletant,
Que la brume fine
L' enveloppe aussi ;
Qu' elle s' achemine
Sans autre souci
Que celui d' errer
Avec une brise,
Sur l' arbre léger,
Sur la terre grise.
 
 
 
Marie-Thérèse
 
 

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Rédigé par Marie-Thérèse

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