Publié le 11 Octobre 2018

Mesdames ; Mesdemoiselles, Messieurs, bienvenue à cette conférence sur une période sombre et peu connue de notre histoire humaine.

Pour bien comprendre le monde actuel, notre mode de vie, il nous faut remonter dans le passé, au 15° siècle par exemple, et même au temps des pyramides, pour le sujet qui nous concerne aujourd’hui.

Depuis la nuit des temps, l’homme a cherché à apprivoiser la courbe, allant même jusqu’à vouloir dompter le Cercle. Bien sûr, les astres sphériques, la sainte courbe du soleil autour de notre Terre. Bien sûr l’arrondi d’une colline ou le méandre du fleuve. Mais ces éléments sont bien entendu d’ordre divin ; rien à voir avec le galbe d’une jambe ou le voûté du vieillard ! Nous autres ne sommes que de pauvres créatures tellement imparfaites au regard de la divine Nature.

Et pourtant, il y a de cela des milliers d’années, l’Homme a accompli le sacrilège de copier le cercle solaire en inventant la « roue ». Et dans quel but hérétique ? Transporter sans effort des rocs pour bâtir des pyramides afin, summum de la prétention humaine, d’élever leurs rois défunts vers le divin.

Il faut bien reconnaître que la roue se révéla à l’époque fort pratique : elle permit un développement technologique sans précédent et apporta à l’Homme un niveau de confort totalement indécent au regard de sa place dans la Nature. Mais je ne rentrerai pas dans les détails pour épargner les jeunes oreilles ici présentes.

Revenons maintenant au 15° siècle. Des fanatiques hérétiques ont imaginé et voulu prouver que, excusez le terme, « la Terre est ronde » ; quelle idée ! Comme si notre misérable monde pouvait se hausser au niveau des astres divins ! La théorie en question aurait pu passer inaperçue dans l’histoire humaine si un roi portugais ne s’était laissé convaincre par le discours fougueux de certains hérétiques parvenus à infiltrer les plus hautes instances de la Science. Ce roi finança alors une folle expédition maritime destinée à prouver que « la Terre est ronde ». En 1492, trois frêles caravelles prirent solennellement la mer, par l’ouest, avec la folle intention de revenir à bon port par l’est.

Bien entendu les embarcations disparurent à l’horizon, finirent par chuter au Bout du Monde et ne revinrent jamais. Le roi du Portugal, vexé et furieux d’avoir ainsi été foulé, fit crucifier les pseudo-scientifiques hérétiques et interdit à tout jamais « la Chose Ronde », c’est-à-dire la fabrication d’objets sphériques, tubulaires ou circulaires. Ces actes de foi furent bientôt suivis par les autres monarques de l’époque. Voilà pourquoi la période de l’histoire humaine allant jusqu’à 1492 est appelée « Rondolithique » alors qu’après cette date symbolique on parle de « Platolithique ».

Les objets et machines sacrilèges inventés durant la période Rondolithique ont été rapidement démantelés par les pouvoirs publics mais certains ont pu échapper à la destruction et nous possédons quelques beaux spécimens dans les caves du Musée des Arts et Métiers de Paris. Ils ne sont bien sûr pas exposés au public mais j’ai pu observer par exemple la « charrette à bras » et ses successeurs « charrette à bœufs » et « charrette à cheval », représentants caractéristiques des « véhicules à roues ». Même si nous en savons peu sur leur usage, il semble que la roue permettait le transport de charges lourdes à peu d’effort ainsi que des déplacements plus rapides. Quel sacrilège !

J’ai pu observer aussi le curieux « sac de billes ». Ce dernier est à mon sens significatif du degré de perversion de l’époque : un jeu à base de sphères diverses représentant un système astral ; comment ne pas se croire Dieu parmi les Dieux quand on tient l’univers au creux de la main, qu’on peut bousculer l’Ordre Universel d’un simple lâcher de billes ! Les jeux de ce type ne pouvaient qu’être imaginés pour manipuler et conditionner les enfants dès leurs plus jeunes années.

Heureusement pour l’Humanité, aujourd’hui l’Homme marche simplement sur ses deux jambes et porte ce qu’il peut de ses deux bras, comme le font les autres créatures terrestres. La Nature est bien faite, respectons-la et gardons-nous bien de la tentation de la dompter ou d’échapper à notre condition.

Je vous remercie de votre attention.

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Rédigé par Benoit

Publié dans #Écologie et environnement

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Publié le 11 Octobre 2018

Gavrilo Princip, arrivé depuis peu à Sarajevo, avait pour mission d'assassiner l'empereur François Joseph et son épouse Sophie. Mêlé à la foule, il était prêt, sûr de ses convictions. Mais voilà, devant la beauté de la duchesse Sophie, son bras fléchit et il cacha vite son arme.

Le cortège passa, Gavrilo Princip ne savait pas qu'à cet instant précis, il venait de sauver la vie de millions d'hommes jeunes de toute l'Europe: " La guerre de 14 n'aura pas lieu" et la face du monde gardera ses traditions.

La France rurale continue de vivre forte de sa jeunesse. L'industrie, bien sûr, progresse lentement, attirant dans les villes quelques aventuriers qui délaissent leur village. Certains parlent d'exode ; ils exagèrent, je vois bien dans notre village, on est tous là.

Moi, je suis fils de paysan et paysan moi même ; j'ai eu 20 ans en 1914, je suis parti, comme tous mes amis, faire mon service militaire pendant trois ans. J'étais fier d'être de la classe 1914 et en même temps j'étais angoissé, je partais pour la première fois loin de ma famille de mes amis. Je garde un très bon souvenir de cette époque, je ne connaissais pas Verdun – oui c'est là que j'ai passé mes trois ans sous les drapeaux. Aujourd'hui c'est le 11 novembre nous fêtons la Saint-Martin, patron du village, lui qui a partagé son manteau, signe fort de l'amitié entre les hommes. Sur la place du village est érigé un monument à sa gloire, la vie s'écoule au rythme des saisons. Parfois des orateurs viennent nous faire des discours sur la nouvelle politique d'un certain Jean Jaurès, du socialisme, qu'ils appellent. Je ne sais vraiment pas si ça prendra, n'empêche qu'il a un franc succès ; l'Humanité, journal communiste, titre en première page : " Ils ont écouté Jaurès" ; lui qui proclame : "il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir".

"Tout homme qui se tient debout est le plus beau des monuments."

Quoi ? Qu'est ce qui se passe ?

Je suis dans un trou d'obus, mon ventre me fait mal. Je saigne ! Mon village est loin, non je ne peux pas mourir, je n'ai que 20 ans. Ils avaient dit : à Berlin ! et moi je suis là dans ce trou et je me vide de mon sang. Pourquoi, Gravilo, tu n'as pas succombé à la beauté de la duchesse Sophie ? Moi, je ne t'avais rien fait. Doucement je sens ma vie partir... Que restera-t-il de moi ? Un nom sur le monument aux morts de la place du village, qui remplacera celui de Saint-Martin.

Ma capote couleur de terre m'enveloppe comme un linceul, j'étais fils de paysan comme des millions de frères. Adieu !

Mon monde s'enfonce dans la terre comme moi je disparais, je laisse la place à un nouveau monde celui de l'industrie, celui de la bureaucratie. Et toi, ma femme, je te laisse sans avoir connu le bonheur de vivre à tes cotés. Demain, habillée de noir, tu seras ma veuve, celle dont le mari est inscrit sur le monument ; personne ne trouvera à te redire, tu portes l'enfant d'un héros.

Mon enfant, c'est à toi que je pense tout au fond de ce trou où mon sang se mélange à cette terre d'Argonne. J'aurais voulu que Gavrilo Princip te connaisse avant son geste. Pourquoi ? Pour qui a-t-il tiré sur le couple impérial ?

Pan pan ! Deux sons brefs dans le ciel de Sarajevo, deux secondes qui vont s'éterniser pendant quatre ans faisant disparaître dix-huit millions de jeunes. Moi, j'étais fils de paysan et paysan moi même, je venais d'avoir 20 ans. Sur la place de mon village est érigé le monument aux morts où est inscrit le nom de mes amis, le mien " morts pour la France". Fini la fête de Saint-Martin. Le 11 novembre sera désormais le souvenir, le deuil de la France. Avec moi et mes amis se meurent nos village ; plus personne pour travailler la terre... La ville, comme un miroir aux alouettes, attire les derniers bras valides, le monde d'hier vient de s'écrouler.

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Rédigé par Bernard

Publié dans #Écologie et environnement

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Publié le 11 Octobre 2018

C’était en 1985, un homme, Charles Bourseul, de métier télégraphe avait eu l’idée de mettre au point un appareil servant à diffuser la voix humaine. Il avait même écrit un mémoire à ce sujet « Transmission électrique de la parole ». C’était prometteur, mais lorsqu’il présenta ce mémoire à sa Direction, celle-ci ne voulut « rien entendre » et lui conseilla de rester à sa place, ce qu’il fit. C’en était fini de son rêve et les ébauches de cette invention sont restées « lettre morte ».

On devrait désormais se contenter des « bip-bip » des télex, de l’alphabet morse pour les opérations d’urgence et –comment dire ?- du « do it yourself », cher à une nouvelle génération décidée à s’en sortir seule ?

Dans les plaines reculées d’Amérique du Nord, les tribus indiennes continueraient à envoyer leurs signaux de fumée. Dans les ruelles étroites du Vieux Nice, il suffirait d’ouvrir les fenêtres et de brailler pour faire passer ce que l’on avait à dire. Dans les villages, les crieurs faisaient office d’informateurs fidèles.

Mais aujourd’hui ?

Aujourd’hui on peut sortir de chez soi sans vérifier deux fois si on a bien pris son téléphone.

On peut parler entre amis bien réels, même au restaurant.

On ne « like » pas quelque chose ou quelqu’un, on lui dit qu’on a apprécié en le regardant.

On a un réseau social bien vivant, en chair et en os autour de nous et tant pis si l’on n’a pas 357 « amis » qui pourraient éventuellement savoir où on est et ce que l’on a mangé à midi.

Bref, on n’a pas besoin d’un chargeur pour communiquer.

Quand on va faire les courses, on n’a pas besoin d’appeler la maison pour savoir si c’est le paquet bleu ou le paquet jaune qu’il faut prendre.

Quand on rencontre un pote, il ne nous demande pas, avant toute chose, « T’es où ? »

On peut même se serrer la main, il n’y a pas d’objet « Grand Solliciteur Manuel » (GSM) greffé à l’intérieur.

Si on cherche quelque chose, il y a des livres, des dictionnaires.

Si on cherche son chemin, il y a des cartes routières et on n’est pas obligés d’écouter la « Gonzesse qui Papote en Solo » (GPS) nous dire qu’il faut prendre la troisième sortie au prochain rond-point.

Si on parle tout seul dans la rue, c’est simplement qu’on a un petit vélo dans la tête et non pas un abruti au bout du fil que l’on n’entend pas car il est dans un tunnel…

Et tout à l’heure, quand j’attendrai mon bus, je me fiche bien de savoir s’il va arriver dans 3 minutes ou bien si à cause d’un trafic perturbé, il me faudra attendre pendant 12 minutes…

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Rédigé par Bernadette

Publié dans #Écologie et environnement

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Publié le 7 Octobre 2018

L'éléphant  -  Bernard Brunstein

L'éléphant - Bernard Brunstein

Il est urgent de placer l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations et l’économie à leur service. S’obstiner à maintenir le profit illimité et la croissance indéfinie comme fondement de l’ordre mondial est totalement suicidaire. Place donc à l’utopie qui n’est pas la chimère mais le ‘‘non-lieu’’, et j’ajouterais ‘‘de tous les possibles’’, à un réalisme qui réunisse l’intuition et la raison ; que celles-ci nous permettent de sortir de la léthargie et de la peur pour une aventure dans laquelle le risque devient l’expression suprême de la liberté. C’est à ce prix qu’un nouveau paradigme peut enfin advenir.

Pierre RABHI - La part du colibri

SUJET D'ÉCRITURE :

Dans les rêves tout devient possible, les souhaits se réalisent pour créer un monde idéal. Racontez le monde de rêve :

- d’un enfant ou adulte d’ici ou d’ailleurs.

- d’un animal. Vous pouvez reprendre l’animal que vous avez choisi au dernier atelier s’il vous inspire.

- d’un végétal.

Intégrez à votre récit une description.

 

Voir lien ci-dessous :

LECTURE :

Extrait de L'usage du monde de Nicolas Bouvier : Octobre - Route de Sungurlu (Anatolie)

LES TEXTES :

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Rédigé par Atelier Ecriture

Publié dans #Écologie et environnement

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Publié le 7 Octobre 2018

Je me suis endormie le livre de Pierre Rabhi, « la part du colibri » dans les mains. Dernière phrase lue avant de sombrer dans le sommeil : « place donc à l'utopie qui n'est pas la chimère mais le « non-lieu ». En rêve, ce mot me replongea dans mon passé et quel passé : j'avais été placée en garde-à-vue pour « vol de chaussures de couleur rouge à talons hauts », appartenant à la dame dont j'étais la femme de ménage.

Libérée de la prison Bonne Nouvelle à Rouen, après avoir bénéficié d'un non-lieu, quelle ne fut pas ma surprise de voir Mistigri m'attendre à la sortie dans sa boîte. A peine eus-je le temps de le caresser et de le délivrer, car pour moi maintenant rien ne valait plus que la liberté. Il s'engagea sur le bas-côté de la nationale. Toutefois, je lui fis signe de s'arrêter à Franprix pour lui acheter des croquettes bio ainsi que quelques sandwiches pour moi : puis nous reprîmes la route comme Jack Kerouac à la recherche d'un nouveau mode de vie.
La nuit nous allâmes dormir dans un refuge pour SDF – n'en n'étions-nous pas nous-mêmes – et à l'aube nous reprîmes le chemin. C'est ainsi qu'après être passés de la rive droite à la rive gauche ou bien peut-être de la rive gauche à la rive droite, je ne sais plus trop, étape après étape, jour après jour, semaine après semaine, après avoir traversé la zone industrielle de Grand-Quevilly, les campagnes de la Haute-Normandie, telles Pont-Audemer, nous arrivâmes à Livarot où je ne manquai pas de faire provision de fromages. Arrivés en Basse-Normandie, la maigreur de Mistigri me fit comprendre qu'il nous fallait trouver un point de chute. Passant devant un camping à Saint-Aubin sur Mer sur la Côte de Nacre, j'appris que les responsables cherchaient une femme de service.

Et c'est ainsi qu'une nouvelle vie commença pour nous...

Je fus réveillée par la sonnerie de mon réveil et sautai du lit. Une heure après j'étais dans le tramway, direction Pasteur. Je m'arrêtai à la station Pont-Michel pour rejoindre mon lieu de travail quand soudain je réalisai que j'avais oublié de changer la litière de la boîte de Mistigri et de remplir sa gamelle de croquettes bio...

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Rédigé par Françoise

Publié dans #Écologie et environnement

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Publié le 6 Octobre 2018

Les herbes folles viennent chatouiller la plante de mes pieds nus, un doux rayon de soleil vient caresser mon visage, une légère brise fait danser mes cheveux. Je cours, je cours si vite, aussi vite qu’un guépard, mes jambes semblent voler et ne plus toucher le sol.

Non, Sophie ne me retrouvera pas, je vais me cacher derrière cet énorme rocher. J’entends la voix de mon amie qui m’appelle et me cherche. La voix se rapproche puis s’éloigne. Je suis si bien cachée qu’elle ne me retrouvera jamais. Au bout d’un long moment qui me semble interminable je l’appelle et enfin elle me trouve : accroupie, à moitié ankylosée, ne faisant qu’un avec le bloc de pierre. Elle me tire par la jambe, je me débats, nous tombons à la renverse dans l’herbe et nous dévalons la petite pente en faisant des roulades à n’en plus finir et en hurlant de rire.

Que ferons-nous après notre partie de cache-cache ? Construire une cabane dans les arbres ? Se baigner dans la rivière ou faire une promenade à bicyclette sur le sentier qui longe la forêt ?

Ensuite direction la maison, ou maman nous aura préparé pour le goûter, une bonne tarte aux prunes toute chaude sortie du four.

Des devoirs ? Que nenni ! Ici il n’y a pas d’école, pas de punitions, pas de zéros mais juste l’envie d’apprendre. Alors c’est Jacqueline, la mémé de Lucie, qui nous apprend à lire, écrire et compter et toutes les choses de la vie. Sans nous brusquer, sans nous presser, sans nous obliger. Dans notre monde il n’y a que gentillesse et bienveillance. On grandit dans l’amour sans connaître les contraintes, on joue presque toute la journée.

Mais, me direz-vous, nous ne serons pas parées pour affronter les réalités du monde des adultes, nous ne saurons pas prendre les bonnes décisions pour passer à travers la drogue, la crise, le chômage, le réchauffement climatique, les pesticides et autres horreurs du 21ème siècle ?

Ah ! la bonne blague ! Pas de soucis, car dans notre monde, le monde des adultes est semblable au notre : idéal.

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Rédigé par Leslie

Publié dans #Écologie et environnement

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Publié le 5 Octobre 2018

Il s’était endormi comme une masse, tourmenté par le lendemain, stressé par aujourd’hui, des échanges houleux avec ses clients, des remarques et rien qui avançait. Sa première heure de sommeil passée, il retrouva « son » rêve, sa nouvelle vie comme il disait, car ce rêve était récurrent.

Par la fenêtre ouverte de sa minuscule maison, il entendait les oiseaux qui se réveillaient chacun à leur tour. La nuit faisait place à une lueur bleutée, faisant apparaître peu à peu son environnement quotidien. D’abord l’énorme chêne, champignon géant au bout de son jardin, dont la stature laissait encore dans l’ombre le minuscule plan d’eau qu’il avait réussi à aménager près de la source découverte un peu par hasard, à force de patauger dans ce petit marécage tourbeux. L’odeur de la terre mouillée arrivait dans ses narines. Ça, c’est la nature ! Il adorait cette odeur, telle celle qui remonte du sol après une grosse averse, mélange de terre et d’herbes mouillées, qui disparaîtrait dès que les rayons du soleil auraient un peu chauffé l’air ambiant.

Allongé dans son lit, il goûtait ces instants magiques, se réveillant peu à peu en rythme avec la nature. Le coq se manifesta plusieurs fois… Ses copines les poules commençaient à se mouvoir. Il percevait le bruissement maladroit de leurs ailes fripées au fur et à mesure qu'elles se réveillaient de leur ponte. Avec un peu d’imagination, il aurait pu sentir la chaleur des œufs frais qui passait dans sa main quand il allait les ramasser. Les derniers semis pointaient leurs petites épines vert pâle, dans lesquelles s’accrochaient des gouttes de rosée.

Il lui tardait vraiment de redécouvrir son jardin tous les matins.

Et puis cette divine surprise il y a quelques jours : au pied des plans de tomates noires de Crimée, rampaient depuis quelque temps des lianes de courges (ou courgettes ?...) probablement issues du compost qu’il avait répandu dans la rangée de tomates. Mais non, il avait découvert, émerveillé, qu’au bout de ces lianes, cachés dessous ces feuilles vert foncé, commençaient à grossir deux melons, également fruits du compost. Tout se recycle de manière naturelle, reproduction à l’identique des déchets déposés dans son grand bac en bois.

Il se prit à rêver d’un champ de caféiers, issu des résidus de sa bonne vieille cafetière… Ah ! Ce ne sont pas les capsules d’aluminium qui pourraient faire de moi un torréfacteur accompli, pensait-il, le sourire aux lèvres.

Il pensait à tout ça… Le soleil rentrait à présent dans la chambre. Il repoussa la couette devenue trop chaude et il ouvrit les yeux… Sur le dossier de sa chaise, la cravate de la veille était mauvais signe, son téléphone mis sur silencieux clignotait avec insistance…

Et si seulement il pouvait se rendormir !

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Rédigé par Bernadette

Publié dans #Écologie et environnement

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Publié le 3 Octobre 2018

Je plane… Le vent d’altitude me porte… L’air siffle à mes oreilles.

Nous glissons au travers d’un échafaudage de coton sur fond de ciel d’azur. Je ferme les yeux.

Le vol en escadrille des cigognes a fait ses preuves. La route est toute tracée pour notre migration. Après le désert de Mauritanie, cette petite rivière et ses marais d’Andalousie nous font rêver. C’est loin, mais nous allons y arriver à notre petit paradis.

L’humidité me frôle. Je sais que nous sommes au dessus de la Méditerranée avec ses vagues couronnées de blanc. Elles ondulent, s’étirent et caressent la côte d’Espagne.

Les plages sont encore vierges en ce mois de mai. Seuls quelques oiseaux de mer flottent face au vent, ailes déployées, plumage ébouriffé. Un plongeon brusque lorsqu’une forme sombre s’approche de la surface, voilà leur activité.

La chaleur revient. Je sais que nous sommes au dessus des oliviers en fleurs, alignés, très peu bousculés par le vent. Villages blancs accrochés au bord de falaises, palmiers, montagnes bleues sur l’horizon. Au-delà, les domaines regorgent de taches de couleur, bleues, rouges, les blés sont hauts et ondulent. Les hommes sont prêts pour la récolte.

C’est ici que nous avons rendez-vous depuis toujours. C’est ici que se situe notre petit paradis, parmi ces champs que je reconnaîtrai entre tous. Une paysanne nous attend moi et mes copines au bord de cette petite rivière...

Fidèle, bienveillante, elle a préparé de quoi nous retaper : des écrevisses, de l’eau. Elle nous soigne si bien, nous parle à voix basse, on aime fort cet accueil.

Le GPS n'est d’aucune utilité. Je sais que nous y sommes. J’ouvre les yeux.

 

Une immense décharge apparaît. Une fumée âcre nous prend à la gorge. Des norias de camions débordant de déchets, soulèvent une poussière piquetée de mouettes et goélands affamés. Plus loin buses et rapaces nous guettent.

La petite rivière si fragile se découvre avec une eau saumâtre parsemée de mousse. Les marais ont disparu. Des énormes citernes précédées de tracteurs déversent un liquide jaunâtre en périphérie de cet immense bas-fond.

Quelle tristesse. Mais est-ce qu’ils savent ce qu’ils font, en bas ?

 

Le chef d’escadrille bifurque. Claquètement réprobateurs unanimes. L’ensemble du vol en V suit d’un seul mouvement d’ailes. Notre amie au sol a disparu.

Spoliée ? Dépossédée ? Expropriée ?

Je ressens quelque chose d’humide au coin de chaque œil.

Tiens ! Ça pleure une cigogne ?

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Rédigé par Gérald

Publié dans #Écologie et environnement

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Publié le 3 Octobre 2018

Toi, qui es-tu pour décider que je dois disparaître ?
Oui je sais, tu es un homme, enfin, un humain.
Alors laisse-moi te dire !

J’ai fait un rêve, I have à dream.
Oui moi, l’insecte, le tout petit, celui que tu ignores et que tu massacres avec tes pesticides. Pourtant tu vois, sans moi tu n’es rien, enfin, presque rien.
Oui j’ai fait un rêve où toi et moi nous pourrions vivre en osmose. Toi tu plantes et moi je butine, je permets aux fleurs de devenir fruits et légumes. Toi, tu les veilles et les vends au marché. Moi, je suis ton ouvrier agricole, celui qui te permet aujourd’hui de dire que tu fais du bio.

Tu vois, toi l’humain, du haut de ta grandeur, penche-toi vers le tout petit que je suis. Je voudrais te rappeler qu'un certain La Fontaine, humain comme toi, a dit un jour dans une de ses fables : "on a souvent besoin d’un plus petit que soi".
Alors mon rêve, c’est que toi et moi nous puissions vivre en harmonie.

I have a dream !

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Rédigé par Bernard

Publié dans #Écologie et environnement

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Publié le 3 Octobre 2018

 

                                                        - Te souviens-tu de notre escapade en forêt ?

                                                        - Nos tentes vertes se fondaient avec l'environnement

                                                        - La nuit avec le bruissement des feuilles, on rêvait

                                                        - Des yeux nous regardaient bizarrement !!!

 

                                                        - Un coup de fusil, le sursaut, la peur

                                                        - On chavire nos abris

                                                        - Des gémissements, je fais glisser le zip, frayeur

                                                        - Bambi est couché près d'ici.

 

                                                       - Pan Pan et les autres se rapprochent de nous, humains !!!

                                                       - Le soleil fait son apparition à travers les feuilles

                                                       - Je distingue encore mal la rosée du matin, chagrin

                                                       - Tout est embrouillé, on cache, on recueille.

 

                                                       - Des aboiements se font entendre plus près, d'ailleurs...

                                                       - Des cris de joie, mon amie et moi sortons de nos cachettes

                                                       - Le Roi de la forêt est emporté par des chasseurs rieurs

                                                       - La maman du faon nous regarde, pleure et rouspète.

 

                                                       - La chasse à courre est pourtant interdite

                                                       - Son altesse en a décidé autrement, c'est malin

                                                       - La tête du cerf en trophée dans le salon, maudite,

                                                       - Cette nature immonde du genre humain.

 

                                                       - C'est tuer par sadisme, domination et prétention

                                                       - La famille de la forêt est anéantie.

                                                       - Nous sommes effondrés, c'est la consternation

                                                       - Que faire, la journée s'annonçait belle, tant pis!!!

 

                                                       - Un monde idéal, ça n'existe pas, c'est une utopie

                                                       - Mais on peut rêver à une existence meilleure

                                                       - Où les êtres vivants doués de sentiments et de cœur

                                                       - Humains et animaux seraient heureux et confiants en la vie.

 

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Rédigé par Dominique

Publié dans #Écologie et environnement

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