Publié le 29 Avril 2020

 

Aujourd’hui à la radio à la télé

On nous dit, il faut le porter,

C’est pour votre santé,

Le virus, il faut l’arrêter.

 

Hier encore, en carton peint

A carnaval, on jouait au malin

On se déguisait, on dissimulait

Derrière le masque son identité.

 

Derrière lui, on pouvait ne pas montrer

Son caractère, ses sentiments,

Cacher sa vérité,

Être sûr et non pas hésitant.

 

Que vont devenir aujourd’hui, demain

Toutes ces expressions du français et du latin

Qui, dans les dictionnaires, sont écrites

« Jeter le masque, tomber le masque » Sont-elles maudites?

 

Parfois il faudra bien « le lever »

Pour montrer nos intentions.

On ne peut vivre continuellement caché

Derrière un masque en papier ou en carton.

 

Gardons pour vous mesdames, comme une caresse

Le masque de grossesse

Ou de beauté sur votre visage,

Pour garder de vous l’amour de votre image.

 

Aujourd’hui à la radio à la télé,

On nous dit, il faut le porter.

 

 

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Rédigé par Bernard

Publié dans #Confinement

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Publié le 29 Avril 2020

Y a-t-il un confinement heureux ?

 

ATTESTOUT : Petit bout de papier indispensable qui permet d’acheter du pain, promener son chien (ou celui du voisin), se rendre à la pharmacie pour demander des masques qui n’arrivent jamais…Document utilisé en temps ordinaire pour ne pas se rendre à son travail ou excuser son gamin qui a séché un cours… Autres temps, autres mœurs.

ARGOUSIN : Se déplacent généralement à deux, à l’abri d’une fourgonnette blanche et bleue reconnaissable au code émis par un phare de toit :

R.S.T.CHé.VOU !

BOUSCULADE : Vieux souvenir d’un temps qui semble si loin.

CLOTURE : Horizon d’un confiné, au-delà voir Attestout.

COLLECTION : Se dit généralement d’une grosse quantité de choses plus ou moins utiles mais très importantes pour le collectionneur. Exemple : pâtes et papier hygiénique.

DENONCIATEUR : Personne qui surveille les allers-retours à vélo de son voisin et estime pour des raisons obscures que cela ne se fait pas.

ECRAN : D’ordinaire de taille moyenne, destiné à se protéger du regard des autres pour enfiler un maillot. En cas de confinement devient indispensable quelque soit la taille du dit écran, petit, grand, tactile, à télécommande mais répand aussi angoisses et peu d’espoir. A éviter aux heures de grande diffusion

FLANDRIN : Se dit généralement d’une personne qui au lever demande ce qu’on fait aujourd’hui ! Alors que c’est tous les jours pareil pour un confiné.

GARGOTE : Rêve de tout confiné : artichauts à la barigoule, langoustes thermidor, loup en croûte de sel ne sont que rêves. Salade d’endives, coupe-faim à toute heure, une réalité.

HABITUDE : Deviens une seconde nature pour un confiné. Le plus dur sera de s’en séparer lorsqu’arrivera le déconfinement.

IMMORAL : Cocher toutes les cases de son attestout afin de parer toute interrogation des argousins.

JAMAIS : Amère constatation du confiné qui disait « je ne ferais jamais ceci ou cela ». Force est de constater qu’il fait souvent ce qu’il ne voulait jamais…

KILOMETRE : Qui aurait cru en période hors confinement que l’on pouvait faire plusieurs kilomètres sur son balcon ? Bon sang, je ne le voyais pas si grand !

LECTURE : Indispensable en période de confinement. Histoire de se rappeler que Steinbeck et Giono ce n’est pas le même sud et qu’un Raymond Devos ne perd jamais le nord.

MASQUES : Sujet de toutes les discordes. Langage ésotérique : FFP1, FFP2, FFP3, EPI et que sais-je encore ? De toutes façons ils n’existent que virtuellement.

OCTAVIN : Instrument à vent qu’utilisent fréquemment (en période de confinement évidement) nos chers dirigeants.

PARLOCOUDE : Essayer de faire le code d’un parlophone avec le coude, vous m’en direz des nouvelles.

QUESTIONS : Innombrables après deux mois de confinement : La priorité, c’est à droite ou à gauche, hors ronds-points ? L’attestation pour aller au ciné je la trouve où ?

RADOTAGE : Risque important en sortie de confinement.

-Que faisiez vous en mars/avril 2020 ?

-Je marchais en travers !

-Et maintenant ?

-Je marche en long !

SILENCE : Cette chose que l’on recherche avec passion 1 jour par semaine en temps ordinaire et que l’on voudrait bien fuir tous les jours pour un confiné.

SCIENTIFIQUE : Se dit d’une personne éminente qui en impose par son savoir. En cas de con...finement il y a con...fusion :

Il y a ceux qui cherchent,

Il y a ceux qui trouvent,

Il y a ceux qui parlent, qui parlent, qui se contredisent,

Il y a ceux qui expliquent à un amphithéâtre d’étudiants

Il y a ceux qui sont sauvés,

Il y a ceux que l’on expérimente…

TOC : Obsession du confiné dans la répétition des tâches : Faut-il astiquer les poignées de portes avant le passage de l’aspirateur ou l’inverse ?

TYPHON : Risque considérable en sortie de confinement.

USTENSILE : Accessoire destiné à préparer de bons petits plats. En ces temps perturbés libère le talent musical de toute une population de confinés. A noter que connaître la gamme classique n’est pas obligatoire !

VAGABOND : Confiné errant dans la limite d’un kilomètre autour de son pavillon.

VARIABLE : Humeur du confiné en rapport avec la clôture, la collection, le dénonciateur, les écrans, les scientifiques (voir ci avant).

WEEK-END : Tous les jours pour un confiné.

ZOMBI : Risque important sur le devenir d’un confiné passé soixante jours de confinement.

 

 

 

Gérald IOTTI

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Rédigé par Gérald

Publié dans #Confinement

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Publié le 25 Avril 2020

Depuis toi, je ne suis plus le même.

Depuis que tu es arrivé dans ma vie,

Je suis devenu abstème

Et mon ciel n’est plus bleu, mais gris.

 

Je me surprends à parler seul

Et même parfois, je m’engueule.

Je me dis des mots grossiers

Que la morale désapprouverait.

 

Tu vois, tu peux me croire,

Je ne te raconte pas d’histoire,

Tu m’as transformé.

J’étais doux, je suis devenu enragé.

 

Car j’ai beau me persuader

Que je suis pour toi le meilleur des amants

J’aimerais que tu me laisse un peu de liberté,

Juste le temps de respirer.

 

Le temps d’une promenade

Aller voir Villefranche et sa rade

Ou juste la Promenade des Anglais

Quand le jour est ensoleillé.

 

Mais non tu es égoïste

Il n’y a que toi qui existes ?

Toi, toi mon « Confinement ».

Je sais que tu m’aimes pourtant.

 

Que tu te méfies du Coronavirus

Cet inconnu, cet olibrius

Qui voudrait m’emporter

En m’étouffant, en m’empêchant de respirer.

 

Alors tu vois, moi aussi, je t’aime.

Ne jouons pas aujourd’hui ou demain un requiem

Et restons sagement enfermés.

Alors demain, nous pourrons à nouveau nous promener.

 

 

 

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Rédigé par Bernard

Publié dans #Confinement

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Publié le 24 Avril 2020

J’aime monter

Ma tête est rouge

J’aime monter

Mes jambes bougent

 

Quand je monte

Mon sang circule

Et en moi remonte

La canicule

 

Ho ! Plus je monte

Plus c’est bon

A califourchon

Et sans honte

 

Je gesticule

Vers la jouissance

Avec aisance

Je circule

 

Plus c’est long

Plus c’est bon

Et à l’arrivée

C’est le sommet

 

A la vue du col

C’est la jouissance

Et je décolle

De tous mes sens

 

Vive le vélo !

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Rédigé par Olivier

Publié dans #Divers

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Publié le 24 Avril 2020

Cercle des poètes disparus

Odes à l’amour des mots

Nostalgie des lettres

Fin d’une illusion

Immense joie des retrouvailles

Nuit longue d’impatience

Espoir du lendemain

Mirage inaccessible

Emoi des étreintes

Notre amitié

Tient à la fidélité

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Rédigé par Maryam

Publié dans #Confinement

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Publié le 23 Avril 2020

Nice, le 23 avril 2020


 

Ma chère Astrid,

Alors vous êtes confinés, vous aussi. Nous, ça fait maintenant cinq semaines que ça dure. Cette immobilité forcée nous donne l’occasion de réfléchir, sur toutes sortes de choses, comme l’état du monde, notre avenir, notre passé individuel mais aussi collectif, notre vie. C’est sur elle que je m’arrête quelques instants, le temps d’écrire cette lettre.

Je trouve que les gens de notre génération ont eu beaucoup de chance. Nous sommes nées après la guerre. Nos parents, encore secoués par ses horreurs, mais plein d’espoir et de soif de bonheur, nous ont élevées avec bienveillance. Dans notre enfance, nous avons connues une amélioration des conditions de vie sans précédent. Il faut s’être réveillé tous les matins dans une maison frigorifiée pour apprécier à sa juste valeur le chauffage central, puis le frigo et la machine à laver.

C’est pendant ce qu’on appelle les Trente Glorieuses que nous sommes entrées sur le marché du travail. Nous en avons donc trouvé toute de suite, on avait même le choix. Autre conséquence de la pénurie (relative) de main d’œuvre, les conditions de travail se sont améliorées, à la fois en ce qui concerne la pénibilité que la durée. Nous avons alors cru naïvement que ça ne pouvait aller que vers le mieux.

Dans notre jeunesse, nous avons aussi connu la liberté sexuelle. Les codes d’avant la guerre étaient désuets, la pilule avait été inventée, puis, il n’y avait pas encore le sida. Au moment où ce virus-là a pointé son nez, nous connaissions les gestes barrière.

Pareil pour le travail, au moment où le nombre de chômeurs a augmenté, nous étions expérimentées, bien installées dans nos métiers, encore dans la force de l’âge, dans l’ensemble protégés par les indemnités de licenciement.

En fait, il était devenu normal qu’une femme travaille, qu’elle ait ses propres revenus, ce qui la rend indépendante des hommes. Nous sommes des femmes émancipées, grâce aux combats de nos ancêtres.

Nous avons pu voyager, ouvrir notre esprit, élargir notre horizon intellectuel, nous installer où nous voulions. C’est ainsi que tu as abouti en Australie, et moi sur la Côte d’Azur.

Aujourd’hui, le covid-19 ravage le monde entier, et nous avons de nouveau de la chance. Retraitées, nous ne sommes pas obligées de risquer tous les jours notre vie en allant travailler. Encore autonome, nous pouvons rester tranquillement à la maison, nous ne sommes pas parquées dans un EPHAD ou une autre institution. Nous pouvons occuper nos journées agréablement, enfin lire tous les livres que nous voulions toujours lire, voir des films que nous n’avions pas eu le temps de regarder avant, et, last but not least, écrire des lettres.

Prends bien soin de toi.

Inge

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Rédigé par Iliola

Publié dans #Confinement

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Publié le 23 Avril 2020

 

Comment parler de confinement ?

On ne le sait pas vraiment,

Nions-le ou pas, sans médicaments,

Fièrement, la fleur en paravent

Inéluctablement,

Non violent, sûrement perdant,

En chœur et tous en rangs,

Mêlant les cris et les chants,

Et les pamphlets alarmants,

Nous battrons les intrigants,

Tous, tous les malfaisants !

 

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Rédigé par Louis

Publié dans #Confinement

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Publié le 22 Avril 2020

Ce matin je me suis réveillé

Je suis resté dans mon rêve

Pour refuser la réalité.

Ma course, même si elle fut brève,

M’a nourri de liberté.

A travers champ rempli de fleurs,

J’allongeais ma foulée,

Pas de mur pour m’empêcher

De savourer ce bonheur.

Un petit vent frais, une brise,

Se faufilait dans mes cheveux

Et sur le lac qui se frise

De cercles qui s’en allaient deux par deux.

J’aurais voulu avec eux partir

A la règle, désobéir,

Sortir de mon confinement,

Redevenir pour un instant un enfant

Qui joue à faire des ricochets

Sur le miroir de l’eau avec un galet,

Sentir sous mes pas l’herbe crisser

En faisant fuir sauterelles et criquets,

Marcher sans but à l’aventure,

En écoutant les bruits de dame nature,

Chants d’oiseaux et vent dans les branches.

La brume comme une danseuse blanche

Sur cet environnement acoustique

Danse un ballet fantastique

Devant moi, spectateur privilégié.

Pourtant il a fallut me lever,

Sortir doucement de mon rêve,

Laisser au loin la grève

De mon lac imaginaire

Et retrouver solitaire

Le paysage de mon confinement,

Les murs de mon appartement.

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Bernard

Publié dans #Confinement

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Publié le 20 Avril 2020

Combien de plaisirs redécouverts
Oubliées, les amies, tendrement saluées
Nous, eux, moi, mon chez moi
Force, nous devons en faire preuve
Inquiétant, le retour à la vie
Non, à l'ennui, livres, stylo et papier
Encore en pyjama !
Mécontents, nous sommes
Enveloppée, dans mes rêves
Nature, escargots, capucines et fraises rosies
Tous ensemble à la fenêtre.
 
 
                                                                              TANKA
 
                                                                              Dans mon cœur meurtri
                                                                              Confinement inédit
                                                                              Seule ici, je suis !
                                                                              Petites filles m'oublient
                                                                              Le soleil s'éteint, vilain.
 

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Rédigé par Dominique

Publié dans #Confinement

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Publié le 20 Avril 2020

La fenêtre du grand hall, ça fait partie de l’univers de Pascal.

Pascal est factotum au Régina, un ancien hôtel datant du début du XXe siècle transformé en 60 appartements. Malgré le confinement il ne manque pas de travail.

 

8h00 - Astiquage des sols, portes vitrées, boites aux lettres, parlophone. Par la fenêtre, premier coup d’œil au jardin du parc.

-Tiens, il faudra tondre la pelouse dans la semaine, le jardinier ne vient plus !

 

9h00 – Ouverture de la fenêtre pour l’aération. Dehors c’est le grand silence. Plus de sirènes de voitures prioritaires, plus de démarrages intempestifs au feu rouge du coin de la rue, seuls les oiseaux du parc se partagent les grands arbres, tout content d’offrir branches et feuillages naissants à tout ce monde bruyant.

Ne pas oublier de remplir les petits bacs à eau, ça fera des heureux.

 

10h00 – Par la fenêtre le facteur est repéré au bas du petit chemin. Il fait signe à Pascal, lui dépose le sac du courrier qu’il reprendra demain ou après-demain. Pascal distribue les lettres. Pour les colis il appelle par l’interphone les personnes concernées. Louis, la personne âgée du quatrième, réagit aussitôt :

-Je descends de suite !

-Non, non ne bougez pas je vous l’apporte, vous devez rester confiné, répond Pascal !

-Et m….. J’ai le droit de me promener non ?

Ils en rient tous les deux, il faudra respecter les distances, ça n’est pas le moment de…

 

11h00 – Pascal aperçoit le sportif du premier qui revient de ses courses. Sac à dos, deux paniers remplis à ras bord. La prochaine fois il lui faudra une corde de rappel, pour les piolets ça sera difficile. Un grand sourire.

Une trace sur le vitrage de la fenêtre lui avait échappé tout à l’heure. Enlevée sur le champ.

 

12h00 – La fenêtre est ouverte. Pascal essaie de saisir les effluves du jardin. On dirait que le printemps est en retard cette année, au ralenti lui aussi ? Pourtant les hortensias comment à fleurir… c’est une illusion certainement…

Et la petite fontaine du bassin ? On ne l’entend plus, j’irais voir tout à l’heure, ça ne doit pas être grand-chose.

 

14h00 – Silence, c’est la sieste. Tout le monde se repose sauf la petite dame du troisième qu’il aperçoit avec sa canne dans le parc. Elle le voit derrière la fenêtre du hall, lui fait signe.

-Ah Pascal, vous avez-vu à la télé…

-Madame Martin, je vous l’ai déjà dit, arrêtez de regarder les informations en continu, je vais demander une ordonnance a votre médecin : Interdit de journal télévisé. Je vous passerai des cassettes et puis sur le journal il y a plein de jeux, tenez je vous laisse le mien sur la petite table… pensez à le prendre en remontant.

 

16h00 – D’habitude le petit salon au pied de la fenêtre déborde de visiteurs qui attendent que Pascal prévienne les résidents. Les enfants glissent comme à Courchevel sur le marbre lustré. Là, Pascal, les mains derrière le dos, suit au travers des vitrages la transformation des nuages, le ciel bleu qui s’installe, qui disparaît, qui revient … Le bruit de la fontaine le rassure… ça n’était vraiment pas grand-chose.

 

20h00 – tout s’anime brusquement. Applaudissements, instruments de musique sur les balcons, concerts improvisés, cris, sifflets. Par la fenêtre il aperçoit les faisceaux lumineux qui scandent le rythme des chansons. La vie étouffée semble se réveiller.

 

20h15 Le silence revient. La nuit s’impose. Demain sera un autre jour.

En avril ne te déconfine pas d’un fil…

 

 

Gérald IOTTI

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Rédigé par Gérald

Publié dans #Confinement

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