ecriture collective

Publié le 22 Mars 2020

UNE STATUE DANS L’IMMEUBLE

Souvenez-vous : l’année dernière, dans l’immeuble de trois étages situé au 2, pont René Coty à Nice, des personnages découvrent une citation, puis un tableau qui, un jour, a disparu. Mais la présence d’une œuvre d’art dans le hall manque aux habitants. Ils décident alors d’y installer une statue. Cette décision va les amener à rédiger du courrier, à participer à un concours d’écriture, et à monologuer sur une citation de Salvador Dali. Une aventure à laquelle vont participer les nouveaux locataires arrivés cette année..

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LES ATELIERS

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LES PERSONNAGES

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Vous pouvez retrouver les élucubrations de l'an passé ici :

 

 

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 22 Mars 2020

Le hall du chat Fleuri..

Eve la frivole m'avait planté là pour tomber dans les bras de Stéphane..

Un chat fleuri.. vous avez déjà vu ça ? Ça ne vous fait pas réfléchir un peu ?

La fleur.. symbole de beauté féminine.

Il faut vous dire... Le chat fleuri, c'est moi.

Née de sexe féminin, sans artifice aucun.

Mon père rêvait d'un beau garçon.. pour lui passer sa passion des statues, grecques ou turques, comme ce Mr Diana de Genco Gulan… où il se lovait dans la fusion des genres..

Ma vie n'est pas un long fleuve tranquille.. plutôt une épopée, de vagues et de chaos.

Il faut dire que je viens d'une famille éclectique, pour ne pas dire piquée des vers.

Une aïeule lavandière sur des rives insalubres, joviale et loquace, aimant sans crainte, de ses rudes mains de cendre, laver son linge sale en famille.. sans égard pour notre réputation.

Un aïeul dandy nonchalant, friand de lingerie fine, nuisettes et dentelle raffinée, aux nuances chinées ou pois revisités.. un pervers 100 % coton..

Et moi dans tout ça ?

J'ai voulu courir le monde. Ma féminité un peu évaporée, je me suis retrouvé dans une bande dessinée.. sous les traits grossiers d'un danseur de rumba.. par les mains créatives du docteur Geluck, un ami de mon père. Un gus mégalo qui rêve de me statufier en bronze, décliné en multiples sosies sur les Champs-Élysées..

J'ai dû opter pour un nouveau chat-pitre.

Comme chacun sait, je peux toujours retomber sur mes pattes. Et user de sept vies, ou niveaux vibratoires.

C'est parfois bien utile pour contrer les humains.

Je me souviens..

Ce Dali qui se pose en penseur..

Juste après la guerre, celle de l'ère atomique, il a voulu visualiser l'antimatière, l'antigravitation, et donc la suspension.. sur moi !

Ses sbires m'ont jeté en l'air avec de l'eau.. des heures d'essais et de torture pour une photo dans "Life".

Et il parle d'immobilisme ?

Sept vies vont-elles suffire ?

Au vu de mon histoire, difficile de rester figé dans un hall !

Un félin confiné doit savoir s'enfuir sans faute...

Le déclic est venu par la visite de Virginie "Apocalypse", alors que la jeune Eve m'y avait laissé comme une âme en peine.

Nos regards se sont croisés, elle a souri à peine, puis murmuré sa phrase fétiche, symbole de la rébellion..

Désormais, on se lève et on se casse !

Il n'en fallait pas plus pour faire la nique à Dali !

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Rédigé par Nadine

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Publié le 20 Mars 2020

Ce n'est pas moi, non, non, ce n'est pas moi. Je ne l'ai pas volé. Pourtant je l'avais envisagé. Ce chat, j'avais même envie de voter pour lui, j'ai beaucoup hésité. J'ai choisi l'Incas par défaut, il me permettait des jeux de mots médiocres, j'en conviens, je n'ai pas résisté. Je reprochais une chose à ce chat, sa queue. Vous la voyez raide, pointant vers le ciel, on dirait un médius qui nous nargue à notre passage. Un résident, ou un visiteur a dû en prendre ombrage. Peut être un collectionneur, une piste à suivre. Nous devrions enquêter dans ce sens. Si un Waston voulait m'épauler, je ferais bien un Arsène Lupin. Je sais, il ne sont pas de la même époque, mais un Lupin, voleur lui aussi est plus à la cool pour élucider cette affaire qu'un Sherlok Holmes avec une loupe pour suivre les traces de pas, qui n'existent pas si le minou en question n'a pas posé les pieds sur terre. Je reprends mon souffle, ouf ! Après le mystère de la chambre jaune, celui ci devrait être vite résolu, lu et approuvé, ou pas. D'abord, connaître l'origine de ce chat, je l'avais bien examiné, sous le chat, une signature difficilement lisible m'avait interpellé. Ce n'était pas Limoges, j'ai cru déchiffrer « made in china » d'avant Mao. D'avant Mao, vous vous rendez compte ! Moi pas.

Enfin bref, un nouveau pépin sur le chemin de la vérité. Mais un Lupin malgré un pépin ne désarme jamais. Je vous demande huit jours et vous retrouverez le cha avec son aiguille sur les hauteurs de Chamonix. Je veux dire le chat sur son étagère. Vous aviez rectifié de vous même sans mon consentement, mais chose promise, chose due.

Une semaine après, le chat trônait sur son étagère. Comment se peut-être ?

La solution se trouvera sans doute dans les récits des autres résidents. Sinon, j'en ai une.

 

Le moins que l'on puisse demander à une culture, c'est qu'elle évolue, Je m'y entraîne !

 

 

Louis

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Rédigé par Louis

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Publié le 15 Mars 2020

Chong Hu vient d'arriver au 2 Pont René Coty, la semaine dernière. Elle a emménagé,

en toute discrétion, avec une amie taï au dernier étage de la Tour Carrée.

Orlando, le gardien, habite la Tour depuis bientôt 10 ans. Il vient du Venezuela.

Grand gagnant du marathon de Nice, il a définitivement posé ses baskets ici.

Roi du balai et champion de la serpillière, on l'aime bien dans l'immeuble.

Mais depuis quelques jours, Orlando n'est plus le même.

Quand il entend les semelles souples de Chong Hu,

leur effleurement coton sur les marches, dans un balancement délicat,

Orlando en perd son balai.

La demoiselle s'arrête, chaque matin au tri sélectif pour jeter ses baguettes de la veille.

Orlando adore lui tenir la porte pendant qu'elle incline le couvercle jaune.

Si Orlando voulait encore marcher dans les pas de Chong Hu, du 32,

il ne pourrait même pas poser la pointe du pied.

Pour cause, Orlando a gagné le mondial de la plus grande pointure : un 57.

On entend des bruits de couloirs, enfin au Conseil des Vieux,

que ces deux là pourraient trouver chaussure à leur pied,

mais on chuchote aussi que Chong HU a déjà trouvé la bonne taï.

Alors, pour une fois, le Conseil des Jeunes veut jouer des idées.

Finis les croûtes, les lapins ballons plus que culotés car tellement gonflés,

le sosie de Jules César et sa jupette en pamoison devant sa Shiva électrique.

ils ne kiffent plus du tout dans le genre.

Ils écriront eux-mêmes au syndic une bafouille.

Ils veulent du mode, du trach, du solide, du dur.

Ils couleront une dalle en béton juste devant les vide ordures.
Dans le frais du ciment, Orlando posera son pied droit

et à côté, Chong Hu son pied gauche.
Ensemble, ils feront désormais une paire de champions.

Statu Quo.

 

Ce matin, il pleut. Le facteur est en retard.

La fenêtre de l 'enveloppe grimace sous les gouttes

tandis que la belle tout en kraft est précipitée dans la boîte aux lettres de Chong Hu.

Orlando le sait déjà, le syndic ne veut pas prendre son pied,

ni celui de Chong Hu, des pointures trop chère à payer.

Sur le palier du dernier étage, ils ont réuni leurs colères.

Ensemble ils feront des pieds et des mains pour résister.

Ils joueront même des coudes, si nécessaire.

Ils n'en veulent pas de ces trois statuettes minables, haute comme trois sushis.

Regarde-la, celle là.

Noire de fumée et bras cassé d'une histoire d'avant.

Et puis, celle-ci d'un autre temps, aux lipomes pendants et ragoûtants.

Une légende menteuse pour maléfices de sorciers.

Reste le chat. Pas trop matou.

Ce qui prête quand même à confusion, permettez,

c'est cette queue équivoque, street art, en direction de l érection.

On l'a vu plusieurs fois, Orlando, garçon pudique et réservé, cramoisi de honte.

Chong HU de son côté, n 'appelle pas toujours un chat, un chat,

Elle peut aussi poser un lapin à son horoscope.

Statu Quo

 

Une SUV rouge vient de se garer sur le parking dépose minute.

Le Président du Conseil des Vieux sort sur sa terrasse. Orlando aussi.

S'ensuivent discussions et sourires décoincés du gardien

qui se charge déjà d'un énorme carton parmi pleins d'autres dans le coffre de la voiture.

Sans conteste, la demoiselle emménage au rez-de-chaussée surélevé avec Eve.

On dit d'Eve que, même un peu écervelée, c'est une artiste.
Elle aurait gagné le concours des nouvelles recrues chez staana,

la plus rapide dans le dévissage des monte escaliers.

Les bruits courent aussi qu'elle ne fréquente que des minets.

Ca ne dure pas longtemps, ils disparaissent au fur et à mesure, un mystère.

Lou, c'est écrit sur la boîte aux lettres depuis hier soir,

une souris très sexy, une pin up mannequin, n'en finit pas de minauder avec Orlando.

Pour Chong Hu s'en est fini. Elle est passée des baguettes à la fourchette.

Dans cette histoire, la statue devrait toujours être à la même place mais non, parce que chacun vole de ses propres ailes au 2 Pont René Coty.

Désolée Dali, on ne pourra pas l'éviter, les sculptures ça bouge dans la Tour Carrée,

quand bien même le statu quo.

 

 

 

 

                                                                                                               Dany-L

 

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Rédigé par Dany-L

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Publié le 15 Mars 2020

Atelier 3 : LA CHUTE

Contre toute attente, c’est Ève, la jolie esthéticienne écervelée qui a gagné le concours de nouvelles. Sans doute pas si écervelée que ça la pin-up ! La statue choisie, le chat fleuri, trône dans le hall depuis une semaine mais l’histoire se répète : ce matin, la statue a disparu.

Imaginez pourquoi, comment, par qui, et incluez dans votre texte cette citation de Salvador Dali :

 

"Le moins que l'on puisse demander à une sculpture, c'est qu'elle ne bouge pas."

(1904-1989 / Les Cocus du vieil art moderne)

 

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 13 Mars 2020

La vie s’écoulait, tranquille et douce, pour les locataires du petit immeuble niçois « Bon Voyage ». Depuis les événements liés à l’installation énigmatique du tableau dans le hall, début 2019, chacun portait attention à son voisin, empruntait volontiers l’escalier plutôt que l’ascenseur dans l’espoir plus ou moins conscient de croiser un voisin, et, surtout, personne ne manquait d’adresser en passant un regard au tableau, un regard furtif, amical, chargé de souvenirs ou d’émotion, ou encore une observation soutenue d’un nouveau détail qui avait échappé jusqu’alors.

Peu avant Noël, la jeune Nathalie avait déménagé ses couleurs et son infographie pour se rapprocher d’Antibes où elle avait décroché un contrat de travail plus en rapport avec ses compétences. Et au premier janvier, Lucile lui avait succédé dans le petit appartement du 3°étage. Changement de style : Nathalie soignait son apparence et sa féminité, Lucile semblait ne pas s’en soucier, arborant éternelles salopettes, sweat-shirt et godillots de chantier, les pommettes roses et les ongles terreux. Elle s’était présentée comme jardinière affectée aux parcs et jardins de la ville, emploi qui la faisait lever tôt et coucher tout aussi tôt. Son travail rude en extérieur l’avait accoutumée au froid et elle semblait supporter le chauffage défaillant bien mieux que la précédente locataire.

Ses voisins du 3° la croisaient rarement en raison de ses horaires de travail. Cependant, un dimanche, elle avait engagé la conversation avec Stéphane sur le palier ; ils avaient parlé aménagement paysager ; elle avait évoqué ses rêves de transformer les Jardins Albert Premier façon Versailles, avec allées de graviers blancs bordées de buis taillé au carré, fontaines majestueuses et sculptures. Mais modernes, les sculptures, car elle voulait vivre avec son temps qui n’est plus celui de Louis XIV. Stéphane était resté pensif et séduit par ce petit brin de femme très nature, un rien bourrue peut-être, mais à la sensibilité artistique.

De fil en aiguille, la conversation avait dérivé sur la sculpture dont Lucile parlait avec enthousiasme. Ils s’étaient découvert un penchant commun pour les œuvres contemporaines, figuratives ou non. Et ils avaient convenu d’écrire un courrier au syndic pour demander l’installation d’une statue dans le hall ; Lucile très inspirée devait en faire un brouillon.

Nice, le …

Les locataires de l’immeuble Bon Voyage
à Syndic…

Madame, Monsieur,

Ce courrier n’est pas une réclamation et je vous prie de bien vouloir à y apporter toute votre attention.

J’ai emménagé au début de cette année au 3° étage de ce petit immeuble niçois sans prétention où il fait bon vivre. Dès mon arrivée j’ai pu apprécier les attentions à mon égard des autres locataires et du gardien lui-même. Je me suis sentie accueillie en raison de la gentillesse des occupants, de la propreté et de la décoration des locaux communs. Et la présence du tableau dans le hall n’y est pas pour rien ! Mes voisins m’ont raconté son histoire mouvementée qui a si bien favorisé les bonnes relations entre locataires.

Aussi je vous propose de réitérer l’expérience avec une autre forme d’art, la sculpture. Si la peinture s’adresse au regard, la sculpture, elle, est une expérience multi sensorielle, sollicitant le regard dans le mouvement, le toucher, voire l’odorat selon la matière ou encore l’ouïe pour certaines œuvres contemporaines.

Je vous propose d’installer dans le hall de l’immeuble Bon Voyage une réplique en taille réduite de la sculpture « Le nomade » créée par Jaume Plensa.

Vous n’êtes pas sans savoir que la Ville de Nice a acquis des œuvres de ce plasticien pour orner majestueusement la Place Masséna.

Dans le cadre de mon activité professionnelle aux espaces verts métropolitains, je côtoie les projets d’aménagement des Jardins Albert Premier qui, à ma connaissance, incluent l’installation de sculptures modernes en complément de l’Arc Monumental de Venet.

Dans ce contexte, la mise en place d’une sculpture de Jaume Plensa dans l’immeuble Bon Voyage ne pourrait que renforcer l’image de votre syndic auprès des autorités locales.

Je joins à ce courrier une photographie de l’œuvre originale exposée à Antibes et reste à votre disposition pour exposer ce projet plus en détail et débattre des modalités pratiques.

Confiante en la faveur que rencontrera ma proposition, je vous prie de croire, Madame, Monsieur…

Signé Pour les locataires de Bon Voyage, Lucile…

LUCILE

Stéphane en restait coi, décontenancé par l’écriture de ce petit brin de femme sans prétention. Il entreprit une relecture plus soutenue. Assurément, lui-même n’aurait pas formulé les choses ainsi. Et il aurait banni le « je » au profit d’un « nous » collectif, sans doute plus persuasif à son avis mais dont il doutait maintenant de la véracité. Au terme de sa troisième lecture, enfin convaincu, il félicita Lucile pour l’habileté de sa plume et l’encouragea à transmettre le courrier en l’état. La jeune femme, touchée par le compliment, reconnut son penchant pour l’écriture et précisa qu’elle fréquentait assidûment un atelier d’écriture dans le quartier.
Quelques jours plus tard, la réponse du syndic fut affichée à la loge du gardien, malheureusement négative en raison de contraintes budgétaires. Le courrier ménageait toutefois une ouverture en évoquant la possibilité d’acquérir une petite sculpture de production industrielle à choisir parmi trois photographies jointes.

LUCILE

Le syndic, soucieux d’entretenir les bonnes relations de voisinage dans l’immeuble, proposait un concours de nouvelles parmi les locataires pour élire la sculpture qui trônerait dans le hall.

Lucile, surmontant sa déception et sa timidité, rendit visite à chacun des locataires pour promouvoir le projet et les convaincre de participer au concours. Bien décidée à remporter le prix, en raison de son appétence pour l’écriture de nouvelles, elle posa un jour de congé et s’attela à la tâche.

Remontons dans le temps ; oh ! pas si loin, juste quelques années en arrière.

Souvenez-vous : Nice, son Paillon couvert et recouvert d’une horrible construction aussi austère qu’un building soviétique, abritant une sinistre gare routière délabrée. A la nuit, un repaire de marginaux de tous poils partageant l’espace avec des animaux de tous poils, rongeurs divers devenus les proies faciles d’une nuée de félins sauvages.

Un beau jour, il fut décidé la destruction de l’édifice au profit d’un vaste espace paysagé, la Coulée Verte, présentée comme un véritable poumon au cœur de la ville. Les travaux de démolition et de déblaiement révélèrent bientôt à la population ébahie une nouvelle perspective sur la ville et certains de ses monuments aussi bien classiques que modernes comme le Théatre de Nice ou le Lycée Masséna.

Puis ce fut la mise en place des espaces délimités par de larges allées aux courbes harmonieuses faites d’un dallage précieux importé d’Italie, et l’apport massif de terre végétale.

Restait alors à réaliser semis et plantations des multiples végétaux représentatifs de la flore méditerranéenne. L’ampleur du chantier nécessitait une cohorte de jardiniers : la commune recruta en masse. La préférence était donnée aux professionnels de la région mais il fallut faire face à la pénurie de candidatures et c’est ainsi qu’un jardinier auvergnat fut embauché.

Autant l’avouer tout net, il ne fut pas accueilli à bras ouverts par ses collègues autochtones, passablement chauvins, et il fut l’objet de bien des quolibets principalement en raison de son accent. Si le niçois a l’accent chantant, l’auvergnat a l’accent chuintant.

Mais notre jardinier n’en avait cure et il continuait son bonhomme de chemin, semant, plantant et taillant avec assiduité et compétence. Il s’était même pris d’une affection particulière pour un buisson dense qu’il devait sculpter en forme animale.

Vint enfin le jour de l’inauguration de la majestueuse Coulée Verte, cérémonie en grandes pompes rassemblant tout le gratin niçois et régional. Après les discours d’usage, tout ce petit monde s’adonna à une courte promenade exploratoire. Le personnel technique au grand complet était réparti sur le parcours, prêt à répondre aux questions des officiels. Quand le groupe fit halte devant le buisson sculpté en forme de chat et son géniteur, le Maire engagea la conversation :

« Bonjour, ça va ?

- Oui, merchi, cha va bien.

- Alors, ça pousse…

- Oh ! Oui ! cha pouche ! Et cha fleurit ! »

S’ensuivit une hilarité générale et un fou-rire du Maire qui ne pouvait s’empêcher de répéter « cha fleuri, cha fleuri ».

Et c’est ainsi que le buisson sculpté fit baptisé, qu’il devint l’emblème de la ville et que les boutiques touristiques exposent maintenant des répliques diverses du « chat fleuri ».


 

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Les aventures de Nathalie, l'ancienne locataire de cet appartement en 2019 sont ici :

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Rédigé par Benoît

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Publié le 13 Mars 2020

RAMINA

Ramina chantait comme personne.

Il y avait belle lurette que Grobis, le chat à fleurs, avait repéré cette tourterelle étonnamment célibataire, qui était arrivée dans le jardin au début du printemps. Ses trilles le charmait, il devait le reconnaître, surtout quand elle attaquait les grands airs d’opéra où elle excellait.

Il en oubliait parfois qu’il avait aussi l’intention de s’en faire un festin, ce qui était dans l’ordre des choses.

Tenter de l’attraper tout de suite, ou découvrir un nouvel air… Grobis était perturbé par ce choix cornélien.

 

Ramina l’avait bien compris, qui, telle Schéhérazade, ne distillait qu’un grand air par soirée et prenait garde en outre de ne choisir que des positions hautes où Grobis ne pouvait l’atteindre.

 

L’arrivée de deux nouveaux jardiniers vint compliquer la situation.

Le premier était originaire de Centrafrique, plus précisément d’un village où la spécialité culinaire des menus de fêtes était le ragoût de tourterelle. Dès le premier jour il remarqua Ramina et se promit de la capturer, de lui tordre le cou, et de l’emporter discrètement dans la gamelle de sa pause-repas.

 

L’autre jardinier, mexicain converti au bouddhisme, nota lui aussi la présence de Ramina et se promit de la recueillir et de l’apprivoiser car il était conquis par ses prouesses musicales.

Fort aise, il avait envie de l’entendre chanter tout l’été !

 

L’après-midi touchait à sa fin. Chacun avait son plan quand Ramina attaqua « Addio del passato »

Et l’on ne sut jamais qui, du chat Grobis ou des deux jardiniers, avait été le plus habile.

 

Ce qui est certain, c’est qu’on ne revit plus jamais la tourterelle dans ce jardin devenu banalement silencieux.

 

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Rédigé par Brigitte

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Publié le 11 Mars 2020

L'oiseau de feu du dieu  Ayahuasca

Au cœur de la jungle amazonienne..
Une moiteur touffue propice à la torpeur..
Les rayons lumineux se fraient un chemin sous la canopée, irisent des perles d'eau..
Les Rangers de Corinne s'enfoncent dans le sol boueux, où se mêlent brindilles, branche
morte, insectes en errance, reptiles en sursis.. les yeux mi-clos, lèvres frémissantes, les
mains rivées sur un lourd sac à dos.
Elle se noie dans son rêve.
Un road trip en Amazonie.
Ethno-musicienne spécialiste des percussions, elle peine à gérer le deuil récent de son
époux. Et souhaite rencontrer la tribu Yagua, dans les chamans utilisent l'ayahuasca pour
communiquer avec les esprits défunts, par des séances rituelles de transe collective. Au
rythme saccadé des tambours.
Son esprit s'évade. Son savoir en phytothérapie s'étend jusqu'au pouvoir psychotrope de
ces écorces de liane, mixées à certaines feuilles. Pour atteindre des états modifiés de la
conscience... Une empathie totale avec l'environnement. Elle va tester.
Le village se dévoile à ses yeux fatigués.
Un feu géant se dresse sur la place centrale, face à la statue du dieu Ayahuasca, assis en
lotus, visage souriant, serrant dans ses mains l'oiseau de feu, l'esprit des défunts.
Corinne rêve. Retrouver Paul, son amour perdu, faire que leurs esprits se joignent à
nouveau..
La chamane l'invite autour du feu.
Corinne s'approche, prend sa place au sein du groupe, qui entonne déjà les chants
diphoniques rituels au rythme des tambours. Vibrations, incantations se mêlent en
mélopée scandée.. une touche magique.
Corinne frappe son tambour, accélère, freine, reprend, accélère encore..
Ses yeux frémissent, son corps se raidit peu à peu, sa tête s'incline, l'ayahuasca dans ses
veines semble danser un cercle de feu.
Absente à elle-même, elle vibre au martèlement des tambours, son corps entier s'exalte,
tremble, se mue en torche vivante.
Elle s'écroule convulsive, paupières closes, au pied de la statue qui semble prendre vie.
Ayahuasca se penche vers elle, il est couleur sanguine, et libère doucement l'oiseau
moqueur.. qui se pose sur Corine en transe.L'âme de Paul sur le corps évanoui.
En phase à nouveau. Une empathie nouvelle, célébrée par la drogue et les vibrations.
La chamane l'observe en silence, puis lui prends la main.
Tu as le pouvoir... Tu es chaman !
Le début d'un nouveau voyage...

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Rédigé par Nadine

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Publié le 11 Mars 2020

Notre requête sur l'installation d'une statue dans le hall de l'immeuble, nous en étant refusée par vos soins Monsieur, nous nous appliquons à concevoir un autre élément  pour agrémenter l'entrée de notre immeuble.

Je vois que vous avez eu la gentillesse de nous faire parvenir trois statuettes afin de faire notre choix. Ce dernier est difficile, mais pour ma part, j'opterais pour le chat, cet animal au caractère particulier.

En remontant le temps il fut un animal sacré dans l'Antiquité, BASKET, fille du dieu soleil RÂ, déesse bienveillante, protectrice de l'humanité, vénérée pour sa sagesse le bien être de sa puissance et le calme ressentie à son approche.

Cet exemplaire est la tendre représentation d'un chaton coquin, espiègle, joyeux, peut être à ce moment un peu effrayé par la position de sa queue, signe de contrariété ou simplement l'envie de jouer avec moi JUDITH, locataire du 3eme.

En réfléchissant, HERVE, le concierge et son gros matou tigré, MISTIGRI, vagabond, un peu ronchon, mais la mascotte à poils.

LOUIS, le retraité du 1er étage et sa PRINCESSE, superbe chatte angora noire aux yeux verts.

Je ne vais pas vous énumérer tous les propriétaires de chats dans la maison, mais à part deux chiens, je suppose qu'ils sont en majorité.

Donc, je souhaiterais sincèrement que le chat soit retenu, il apporterait, le calme, la douceur et certains lui diraient bonjour en souriant en passant devant lui.

L'effet prouvé pour améliorer certaine pathologies, le bienfait de son ronronnement en recevant des mains douces le caressant. Et bien d'autres démonstrations de l'utilité d'avoir cet animal à l'entré de votre immeuble.

Une petite anecdote, un jour, une chatte est rentée en catimini, silencieuse, apeurée, EVE locataire du 3eme étage, ma voisine l'a récupérée sans rien dire en rentrant du travail, en fait la minette a accouchée de trois petits dans la nuit, la jeune esthéticienne est venue frapper à ma porte me demandant de l'aide.

Cela fait six mois, EVE a pu faire adopter deux chatons à ses clientes et a gardé la maman.

Moi j'en ai gardé une FLECHE, speed et douce à la fois.

Ceci a de beaucoup influencé mon choix pour cette statuette, rigolote et tendre. 

Je serais heureuse que vous preniez ma demande en considération.

 

 

Cordialement

 

JUDITH

 

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Les aventures de Judith en 2019 sont ici :

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Rédigé par Dominique

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Publié le 9 Mars 2020

Atelier 2 : LA NOUVELLE

Le syndic n’est pas d’accord pour une œuvre aussi chère et propose trois statuettes de fabrication industrielle au choix. Pour déterminer le choix final, il propose un concours d’écriture : chacun choisit une des statuettes et invente une histoire à son sujet. La statuette de la meilleure histoire sera retenue.

Attention ! Il y a vote à la fin de la séance : chacun lit son texte, les autres l’écoutent, prennent des notes si besoin et lui donne une note entre 1 et 5. On ne vote pas pour le texte que l’on a écrit, évidemment.

A la fin des lectures, chacun écrit le nom du personnage qu’il estime avoir rédigé le meilleur texte sur un bulletin anonyme bien sûr ! Celui qui a le plus de suffrages a gagné.

Les statuettes proposées par le syndic

Les statuettes proposées par le syndic

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Rédigé par Atelier Ecriture

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