les objets

Publié le 5 Juin 2021

Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 4 Juin 2021

Rédigé par JAK

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Publié le 4 Juin 2021

 

Ma vie n'est pas glorieuse, je n'ai que piètre allure,

et ne peux me vanter de monter jusqu'aux cieux, 

destinée plus heureuse ont certains qui me jurent 

ne jamais fréquenter que de très nobles lieux. 

 

Ils en ont entendu des scandales de cour, 

d'intimes confidences, bruits et chuchotements

d'illustres inconnus ou vedettes glamour, 

de grises éminences, notables dans le vent. 

 

Ils en ont admiré des croupes et gambettes, 

des dessous affolants occultant bien leur jeu 

sous des dehors discrets, d'hypocrites toilettes,

des décolletés plongeants attirant tous les yeux. 

 

Mon sort est moins brillant et je n'ai l'avantage

de côtoyer beau monde, écouter ses cancans,

ragots et grincements me font craquer de rage 

quand je rêve de blondes aux pas caressants. 

 
Que ne suis-je à Paris, Montmartre ou Champ de Mars,

aux foules bigarrées en quête de hauteurs !

Après les quais fleuris, leurs merveilles éparses,

je leur ferais goûter à combien de splendeurs,

 

voir Paris à leurs pieds, ses flèches et coupoles,

ses toits et chiens assis veillant sur ses ruelles, 

ses quartiers variés, rues sages ou frivoles,

de jour comme de nuit, Paris vous mène au ciel. 

 

Sans moi ! qui me lamente, aux communs d'un château.

Ouvert aux courants d'air, dédié à la piétaille 

laquelle ne me fréquente qu'en de vieux godillots,

j'ai beau dire, j'ai beau faire, j'ai le coeur en tenaille. 

 

Bien sûr, j'entends parfois des potins de soubrettes,

aux charmes sauvageons et pouvoirs ravageurs,

j'ai vu même des rois, oubliant l'étiquette, 

risquer mon ascension pour tâter au bonheur.

 
Pourquoi alors envier les marches de la gloire,

si de plus misérables peuvent mener aux cieux,

chics ou déguenillés, les jupons de l'Histoire

offrent contes et fables pour le plaisir des dieux. 

 
J'ai donc, moi aussi, droit à ma part de rêves,

Je monte et je descends, complice de maints ébats.

De jour comme de nuit,  l'amour n'a pas de trêve, 

il monte et il descend et a le coeur qui bat. 

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Rédigé par Jacqueline

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Publié le 4 Juin 2021

 

La fourchette.

 

Cinq amis dînent chez l'un deux. Le repas se déroule dans une bonne ambiance. Au dessert, la maîtresse des lieux apporte six gâteaux ; un convive n'ayant pu y assister, il en resta un. Personne n’osa prendre le dernier. Il fut décidé d'éteindre la lumière. Aussitôt un cri se fit entendre ! Les lampes rallumées, on aperçut une fourchette plantée dans quatre mains.

 

 

La petite cuillère.

 

C'est l'histoire étrange d'une petite cuillère dans une dînette de jeune enfant. La petite fille ouvrait son cadeau et renversait tout en battant des mains. La petite cuillère ne le supportait plus. Elle voulait se gonfler comme la grenouille. Elle avait une telle volonté qu'elle progressait à mesure que l'enfant grandissait, et bientôt atteignit la taille d'une cuillère à soupe. Mais cela ne lui suffisait plus. Ce qu'elle voulait maintenant, c'était luire. Elle s'attaqua à ce nouveau défi. Sa force de persuasion fit des miracles. Elle muait, changeait de ton, approchait l'éclat de l'argent, se prenait même pour une pièce de collection. La petite fille avait grandi, sa mère se défit des jouets d'enfant en les bradant à un brocanteur, qui lui, l’estampilla et la cuillère se retrouva dans la cuisine d'un grand restaurant. Maltraitée par des apprentis peu scrupuleux, elle perdit foi en son destin. Elle se résigna, se ratatina, redevint plus petite que ce qu'elle avait été. Invisible, elle finit dans une poubelle.

 

La table.

 

Pour la Saint Sylvestre, la table se revêtit de sa plus belle nappe (vintage) des années 1950 style provençal, à grandes bandes jaunes et vertes, ornées de tournesols d'un ton ocre plus soutenu et de petits bouquets d'olives vertes et noires. Sorti du fond d'un bahut style provençal, le service de table en porcelaine de Limoges légué de génération en génération, utilisé uniquement pour de grandes occasions. Les couverts en argent, signés Christophle évidemment, les fourchettes, couteaux, cuillères à soupe, à café, dont seule manque la petite qui s'est volatilisée dans une autre histoire. Puis, les trois verres alignés devant chaque assiette : le verre à porto, à vin, à eau. Ces verres qui font entendre le bruit du mistral quand on caresse leur bord avec l'index. Nous ne sortirons les flûtes que pour le champagne. Seule exception, le café sorti des capsules est servi dans des tasses ultra-modernes.

 

Louis

 

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Rédigé par Louis

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Publié le 28 Mai 2021

 

Madame XTRA Arielle

9 rue du Vinaigre Blanc

09999 - LEGENIE

N° de Tél 06 06 06 06 06

Mail : legeniedarielle@BLABLABLA.comme

 

OBJET 1 : - Politique

Bla bla bla

 

Madame XTRA Arielle

9 rue du Vinaigre Blanc

09999 - LEGENIE

N° de Tél 06 06 06 06 06

Mail : legeniedarielle@BLABLABLA.comme

 

OBJET 2 : - Finances

Bla bla bla

 

Madame XTRA Arielle

9 rue du Vinaigre Blanc

09999 - LEGENIE

N° de Tél 06 06 06 06 06

Mail : legeniedarielle@BLABLABLA.comme

 

OBJET 3 : - Religions

Bla bla bla

 

Madame XTRA Arielle

9 rue du Vinaigre Blanc

09999 - LEGENIE

N° de Tél 06 06 06 06 06

Mail : legeniedarielle@BLABLABLA.comme

 

OBJET 4 : - Economie

Bla bla bla

 

 

 

Madame XTRA Arielle

9 rue du Vinaigre Blanc

09999 - LEGENIE

N° de Tél 06 06 06 06

Mail : legeniedarrielle@BLABLABLA.comme

 

objet 5 : - Femme d'intérieur

Je règle la température à 60. Je glisse une pastille à double face dans l'orifice du lavage.

je n'utilise pas d 'assouplissant. Je refermer le crochet du tambour et j appuis sur le bouton en haut à gauche pour démarrer le programme couleurs de mon lave linge Indésit de 20 ans d'âge et de 5 KGS de charge.

Une heure après je reviens pour vider la machine après avoir remis le bouton stop en face du zéro. La lampe témoin s'éteint et je peux ouvrir le taquet en inox qui bloque, en cours de lessive, son ouverture. Je prends ma cuvette rouge rectangulaire que je place en dessous du tambour et je tire le paquet. Tout le tas se précipite dans le récipient convenu sauf une culotte jaune qui tombe à côté.
Je la ramasse et je referme presque complètement la porte mais pas tout à fait, pour laisser l'humidité s'évaporer jusqu'au lundi matin 9 heures prochain.

Ensuite, il me faut quitter la buanderie avec sous le bras droit, la cuvette rouge trop pleine qui mouille mon tee shirt voir plus - mais on fera pas voir - et dans la main gauche l'étendage plié en quatre, plein de vieilles pinces à linges de ma grand-mère mais de toutes les couleurs.

Bon. Je vois que je finis par vous fatiguer avec toute cette histoire et encore, je vous passe tous les menus détails !

Des bla bla bla sans fin, des mots inutiles dont tout le monde se fout,

c'était bien l'OBJET.......

 

Dany - L

 

sujet demandé : choisir 5 Objets

 

 

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Rédigé par Dany-L

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Publié le 25 Mai 2021

 

 La tasse de café, le porte-plume, l’ordinateur, le peignoir

et la paire de lunettes


 

Tous les matins, qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il neige

Quand la brume s’étire doucement

Comme une procession, un cortège

Je sais que pour moi, il est temps.

 

Entre nous, c’est un cérémonial,

Un peu comme un vol nuptial.

Il me prend dans sa main,

Me regarde, m’étreint.

 

Pourtant il m’épouvante

Avec une eau bouillante

Et pour se faire pardonner

Il devient tout sucré.

 

Même ébréchée,

Il continue de m’aimer.

Mon Homme a du mal à se réveiller

Sans moi, sa petite tasse de café

 

…………………………………………………………………………….

Sur la page blanche,

Il me laisse courir.

Il m’arrive parfois que je me penche

Pour pouvoir mieux lui écrire.

 

Avec moi, il joue

Comme avec une marionnette

A sa volonté, mes gestes se soumettent

Plein et délié, pas de jaloux

 

Parfois je fais des arabesques

Et quelques taches burlesques,

Mais jamais je ne pars à l’aventure

Quand il s’agit de sa signature.

 

Je me dis souvent que j’ai de la chance

D’être un objet de prestance.

Quand je pense à mes cousins jetables

Je me sens parfois coupable.

 

Je ne suis qu’un porte-plume

Fait dans de l’écume

Il me laisse courir

Pour pouvoir lui écrire.

……………………………………………………………………………

Le matin, son premier geste

C’est de m’allumer.

Parfois il m’arrive que je peste

Comme on dit, de « buguer »

 

Il faut que j’ouvre les fenêtres

En sachant parler anglais.

Windows me fait apparaitre

Sur un fond bleuté.

 

Là commence ma dure journée.

Pas un instant pour me reposer

Orange, Facebook se disputent l’écran.

Parfois avec Photoshop, il prend le temps

 

Mais pour moi, pas de repos.

J’enregistre, les messages, les photos.

Seuls moments de répits,

Quand doucement tombe la nuit.

 

Alors j’apprécie le tic tac des heures

Où, pendant un moment,

J’écoute la respiration du temps.

Poète, non ! Je ne suis qu’un ordinateur.

 

……………………………………………………………………………

 

Doucement en moi il s’insère

Son corps mouillé espère

Ressentir le doux contact

Comme la buée qui rend opaque

Le miroir sur lequel il se mire

Sa peau frissonne elle respire

 

Il s’enveloppe, il est nu

Tout contre mon tissu

Son parfum se mélange

A mon adoucissant

Comme une alchimie étrange

Nous sommes virtuellement amants

 

Je le sèche, je l’essuie

Je suis elle il est lui

D’un geste je me retrouve parterre

Puis accroché à la patère

Pour attendre demain

Qu’il me reprenne entre ses mains

La nuit je garde l’espoir

Je ne suis qu’un simple peignoir

 

………………………………………………………………………………………..

Sans moi son monde devient trouble,

Parfois même il se dédouble.

Je le force à se concentrer

Pour lire les mots sur le cahier.

 

Il est complètement perdu

Quand il ne me trouve plus.

Parfois il m’accroche à une chaine

Depuis qu’il a eu la cinquantaine

Pour être sur de ne pas se tromper.

Lorsque je ne suis pas sur son nez

Je suis plus qu’une amourette.

Il me caresse avec une chiffonnette

Je sais ce que vous allez me dire, je suis bête,

Je ne suis qu’une paire de lunettes.

Mais sans moi pour régler la vision,

Combien d’amour et de passion

Seraient tombés dans l’oubli

Si je n’avais pas arrangé leur myopie.

 

 

 

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Rédigé par Bernard

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Publié le 24 Mai 2021

 

La Poupée, l’Ours, le Bol Rouge, Le Livre et La Collection

 

 

Ils sont là, une présence tranquille, le regard et le toucher que l’on porte sur eux.

Laissons-leur la parole.

 

LA POUPÉE 

Je suis ‘vieille’, plutôt ‘ancienne’.

Gardée précieusement par la maman de Domi, belle, blonde aux cheveux longs, sur lesquels elle m’a posée une petite dentelle.

Ma robe vert pâle recouvrant un pantalon de même couleur.

Mes yeux sont en verre fixe, ma jolie bouche entr’ouverte découvre deux petites dents.

Ma tête, mes bras et mes jambes sont en porcelaine.

Voilà, c’est moi, je n’ai pas de nom, Domi m’a assise sur un fauteuil ‘Emmanuelle’, où je repose en toute simplicité, sous l’œil plein de tendresse de Domi.

Je suis une poupée en porcelaine, avec une certaine estimation marchande ai-je entendu dire un jour…

Et surtout une valeur sentimentale.  

 

L’OURS

Je suis là assis, toujours près d’elle depuis… 67 ans, oui, je sais, je suis ancien, maintes fois ma fourrure à été recouverte.

Je suis son vieil ours, aux yeux de bottine noirs.

J’ai toujours la même expression de bienveillance, de réconfort, lorsqu’ elle est triste, m’a-t-elle souvent dit, me prenant dans ses bras.

Je ne suis qu’un rêve, mais Domi ne s’en doute pas, la boîte à musique de mon enfance, ne fonctionne plus, mais à la place, j’ai un ‘cœur’ qui bât, moi, je le sais, je suis un peu comme un ange…

Le vieil ours ‘Robert’, comme le prénom d’un petit ami de Domi à leur âge de trois ans…

 

LE BOL ROUGE et LE STYLO

Je suis le vieux mini bol rouge, fissuré par les années, mais toujours prêt à être rempli du café matinal sans sucre accompagné du BN à la fraise.

Rejoint sur le bureau pour une matinée, qui se prolongera, de son stylo noir qui laissera courir des mots et des phrases sur le grand bloc.  

Nous ne savons pas quelle ‘mouche écrivaine’ l’a piquée, mais c’est un geste automatique et récurrent, matinal.

Moi, le bol rouge, je ne saurais jamais pourquoi je suis son préféré, mais toujours rempli à loisirs d’un café stimulant.

 

LE LIVRE

Moi, le livre de poche, petit mais costaud !! Une attraction curieuse, mais réelle.

Je sais qu’avec ses doigts respectueux de mes feuilles qui, à force d’être tournées, je crois qu’elle m’a lu trois fois, n’ont plus la même vigueur.

Mon histoire débute tristement, ma lectrice n’est pas masochiste, mais pas heureuse et prend plaisir à se remémorer son séjour en Irlande.

Premier roman des huit à venir de Agnès M.L.

 

LA COLLECTION

Des objets, nous sommes nombreux à évoquer des souvenirs ou un intérêt particulier, nous faisons partie des ‘meubles’ devant lesquels on passe tous les jours sans nous voir.

Des gens nous ont aimé, puis détesté au point de nous abandonner à d’autres.

Certains d’entre nous constituons une collection dont notre hôte est fière.

Des Chouettes, c’est chouette.. je sais c’est nul.

Nous sommes partout, sur les murs, les étagères, près d’elle à côté de l’ordinateur.

Une protection dit-on, un amusement, une décoration.

 

Les objets de tous genres, en porcelaine, en peluche ou autre ont ‘un esprit irréel’, qui peut prendre vie selon le besoins imaginaires de chacun….

 

 

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Rédigé par Dominique

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Publié le 24 Mai 2021

-aspirateur

-cire

- planche à repasser

-fer à repasser

-produit pour faire les carreaux

 

- Marie a fini le ménage. Il est 1 h ! Pas drôle que la bourgeoise qui était assise à table depuis midi n'arrêtait pas sans arrêt de déplacer le verre, puis les couverts, l'assiette quand en se levant sans faire attention elle est tombée et s'est cassée une jambe. Du coup elle n'est pas prête de manger. Un petit séjour à l'hôpital ne lui fera pas de mal à sa silhouette parce que vous avez vu les poignets d'amour qu'elle se paie. C'est pas avec elles qu'elle va re-séduire son mari, dit le fer à repasser.
- Je crois que tu possèdes la plus mauvaise langue de la maison ?
-Tu l'as entendue la bourgeoise lorsque la Marie au lieu de mettre de l'eau dans mon réservoir a mis du produit pour les carreaux. Le linge était couvert de traces jaunes ainsi que moi, ajouta la table à repasser. Il a fallu tout laver et repasser. Ça fera des heures supp en plus à la Marie.
- Dis Marie il faudrait que tu te dépêches de passer la cire sur le plancher du salon, Monsieur reçoit des amis pour bridger ce soir.
La cire grommelle « oui mais pas trop, sans quoi ma boîte va être vide et on va me mettre dans la poubelle, la bonne, enfin j'espère, car je n'ai pas envie de me retrouver avec les épluchures de légumes et autres détritus plus dégoûtants les uns que les autres.
Soudain on entend Marie crier : Elle a brûlé le col de chemise de Monsieur!
Puis elle se calme vite en se disant que Madame étant à l'hôpital, Monsieur ne pourra pas la renvoyer...

 

 

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Rédigé par Françoise M.

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Publié le 23 Mai 2021

 

L’ORDINATEUR, LA TASSE BLANCHE, LES LUNETTES, LES BASKETS ET LE SAC

 

Nous sommes des objets usuels.

Cinq objets tirés au sort parmi la multitude.

Des objets du quotidien, insignifiants en apparence mais on a su se rendre indispensables.

Aujourd’hui, on nous donne la parole pour raconter quelques bribes de nos vies. Nos vies, si intimement liées à celle de notre propriétaire. Car nous ne sommes pas libres, nous sommes assujettis à son bon vouloir. C’est le propre d’un objet, être au service d’un humain. C’est bien pour ça que les hommes nous ont créés, n’est-ce pas ?

 

Moi, je suis l’ordinateur.

Ma vie commence dès mon arrivée dans cette maison, il y a quelques mois. Je me souviens de ses mains qui m’ont délicatement extirpé de l’emballage.

Depuis, ses mains pianotent sur mon clavier tous les matins. C’est notre rendez-vous quotidien. Sur le canapé. Moi sur ses genoux. J’adore.

Je me démène pour ouvrir les pages qu’elle me demande, je stocke consciencieusement tout ce qu’elle veut bien me confier, je veille jalousement sur ses secrets, je papote avec ses amis, je lui apporte son courrier.

Je me souviens de ses recherches. Des idées à trouver pour animer ses ateliers d’écriture. C’est d’ailleurs moi qui lui ai soufflé cette histoire d’autobiographie d’objets. J’avais envie de prendre la parole. J’ai un peu orienté sa navigation dans ce sens, je le confesse. Que voulez-vous, je suis un objet intelligent… Cela dit, je l’aide de mon mieux. Je la comprends avant même qu’elle ait terminé sa requête et je cours chercher l’information !

Mais assez parlé de moi. Ma mission du jour est aussi de recueillir les mots de mes camarades.

La parole est à toi, tasse blanche.

 

Merci ordinateur.

Moi, je suis la tasse blanche du café quotidien. Je suis dans cette maison depuis si longtemps que j’ai oublié comment j’y suis arrivée. Mais depuis que j’y suis, je crois bien que je suis la chouchou. Car sur l’étagère du placard, nous sommes nombreuses. Certaines sont bien plus jolies que moi avec leurs motifs colorés. Pourtant, c’est toujours moi qu’elle choisit pour son café.

Elle me pose auprès de la cafetière, je recueille le café brûlant, mes parois se réchauffent, ça fait du bien. Puis nous allons rejoindre l’ordinateur. Elle me boit à petites gorgées, mon bord rond est doux à ses lèvres, je le sais, elle me l’a dit pour que je l’écrive ici. A l’inverse, je pourrai vous confier que ses lèvres sont douces à mon bord rond, comme un baiser délicat...

Dans la journée, je sors quand il fait beau, je prends le soleil sur la terrasse, près d’un bouquin, avec des copines, en famille, c’est selon. Ce que j’aime c’est être sollicitée pour les moments agréables. Je symbolise le réveil, la journée qui commence, je réchauffe, je réconforte, je convivialise.

Mais me voilà vide à présent. Elle a terminé le café. Je laisse la parole aux lunettes.

 

Merci tasse blanche.

Moi, je suis les lunettes. Quotidiennes aussi. Mais surtout indispensables. Nées pour son regard. Sans moi, elle est dans le flou. Rien n’est possible. Je suis ses yeux. Je l’accompagne partout, je guette, je visualise, je filtre, je donne à voir les plus belles images, les plus moches aussi. Tout passe à travers moi avant d’atteindre son œil. Je partage tout avec elle, en tout cas, toute sa vie éveillée. Il n’y a que quand elle dort que je dors aussi, sur sa table de nuit. Mais au petit matin, hop, je saute sur son nez pour le reste de la journée.

J’aime quand nos regards combinés se perdent dans quelques immensités. Des ciels infinis, des mers absolues, des paysages ouverts, des horizons larges. Et puis, on se recentre, le cercle se restreint à la dimension d’une pièce, à l’étagère d’une armoire, à la page d’un livre, à l’écran de l’ordi. Ma vision est espace, je vais de partout avec elle, comme toi, baskets, à qui je laisse la parole…

 

Merci lunettes.

Moi, je suis les baskets, je marche par paire. Je suis de toutes les sorties. Pour aller acheter le pain, pour balader avec le chien, pour les randonnées, pour piétiner dans un supermarché, c’est toujours moi autour de ses pieds. Je suis tellement confortable, ça me rend indispensable !

Et c’est tant mieux, car j’aime ça, partir, voir du pays, même s’il est tout petit. C’est toujours mieux que le placard, c’est moi qui vous le dis !

Il y a des bruits qui ne trompent pas : le cliquetis de la laisse du chien est associé à la balade qui arrive. Mes lacets en frétillent à chaque fois. Le top du top, ce sont les sorties nature. J’adore le lac du Broc par exemple. Là, la poussière colle aux semelles, parfois je tâte l’eau, je m’amortis sur l’herbe tendre, je m’endurcis sur les galets, je cours avec le chien, je bouge, je vis ma vie de super souliers sportifs tout terrain. Si j’ose dire, c’est le pied !

Mais je ne suis pas le seul objet qu’elle entraîne dans ses virées, il y a le sac aussi, à qui je laisse la parole.

 

Merci baskets.

Moi je suis le sac. Dépositaire du trésor. J’abrite, je garde, je trimballe tout un bric-à-brac. J’ai l’âme facétieuse parfois ; j’aime bien dissimuler quelques petites choses tout au fond de mon antre, comme le téléphone ou les clés ; ça marche à tous les coups, elle s’énerve, fouille toutes mes poches, ça me grattouille, ça me chatouille... C’est bon !

Je suis de toutes les balades. Depuis quelques temps, de nouveaux objets ont pris place entre le portefeuille et le chéquier : le masque et le gel hydroalcoolique. Ces deux-là, je les laisse toujours bien accessibles. J’ai bien compris qu’ils étaient importants. Elle les utilise souvent.

Mon grand bonheur, c’est d’arpenter les rues de la ville bien serré contre elle. Elle me porte en bandoulière, adossé à sa hanche qui me balance au gré de ses pas… Je voyage, rêvasse, contemple, tout en protégeant les gris-gris qu’elle m’a confiés. J’ai souvent l’impression d’être une sorte de caverne d’Alibaba ! Il arrive même qu’elle retrouve dans ce foutoir des bricoles qu’elle cherchait depuis longtemps ailleurs.

Mais je parle, je parle et je sens qu’elle s’impatiente. Je crois qu’elle veut sortir. Les lunettes sont sur son nez, les baskets autour de ses pieds, la tasse blanche dans l’évier et la souris de l’ordi sur l’icône ‘‘Marche/Arrêt’’.

Elle saisit ma bandoulière, vite, il est temps de conclure... avec Lamartine, bien sûr !

Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?

 

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Rédigé par Mado

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Publié le 10 Mai 2019

Red Balloon - Paul KLEE

Red Balloon - Paul KLEE

  • L’atelier "LES OBJETS" consiste à écrire à partir d’un objet, objet qui sera amené lors de la prochaine séance...
  • Atelier 1 :
  • Atelier 2 :

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Rédigé par Atelier Ecriture

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