les objets

Publié le 7 Mai 2019

LE GALET

Le galet. Décrivez-le, racontez son histoire en prose ou en sonnet et, éventuellement, comme pour "Per te praesentit aruspex" de Guillaume Apollinaire, imaginez les sentiments de l'artiste qui l'a peint, la muse qui l'a inspiré, le message qu'il a voulu transmettre...

Atelier :

Le sonnet

LECTURE

Per te praesentit aruspex de Guillaume Apollinaire

Ô mon très cher amour, toi mon œuvre et que j'aime,
A jamais j'allumai le feu de ton regard,
Je t'aime comme j'aime une belle œuvre d'art,
Une noble statue, un magique poème.

Tu seras, mon aimée, un témoin de moi-même.
Je te crée à jamais pour qu'après mon départ,
Tu transmettes mon nom aux hommes en retard
Toi, la vie et l'amour, ma gloire et mon emblème;

Et je suis soucieux de ta grande beauté
Bien plus que tu ne peux toi-même en être fière:
C'est moi qui l'ai conçue et faite tout entière.

Ainsi, belle œuvre d'art, nos amours ont été
Et seront l'ornement du ciel et de la terre,
Ô toi, ma créature et ma divinité !

Per te praesentit aruspex - Guillaume Apollinaire - recueil de poèsie "Poèmes à Lou"

 

LES TEXTES

Voir les commentaires

Rédigé par Atelier Ecriture

Publié dans #Les objets

Repost0

Publié le 7 Mai 2019

LE SONNET DU GALET

En marchant sur la plage il l’avait ramassé

Non sans auparavant en avoir choisi d’autres

Beaucoup d’autres qu’il avait entassés dans sa hotte

Puis dans son jardin il les a tous alignés

 

Son choix s’est au final porté sur le dernier

Il savait bien déjà ce qu’il voulait en faire

Il voulait un symbole d’union sur cette terre

Et dans sa main déjà son pinceau s’agitait

 

Au pourtour du galet des cercles concentriques

Comme une coupe d’arbre révèle son historique

Au centre, plus compact, se trouvait le noyau

 

Ces points peints plus serrés symbolisaient l’union

Les motifs du milieu, comme en observation,

Surveillaient tour à tour la fuite des cerveaux.

Voir les commentaires

Rédigé par Bernadette

Publié dans #Les objets

Repost0

Publié le 7 Mai 2019

DU MERCANTOUR...

Du Mercantour il est descendu

La rivière doucement l’a roulé

Sur la plage il s’est échoué

Finissant dans ma main le chemin parcouru

 

Message d’un dieu inconnu

Ecriture en cercle inexpliquée

Comme une relique je l’emportais

Chez moi il était le bienvenu

 

Galet tu portes en toi l’histoire

Ta couleur sombre, presque noire

Me rappelle l’origine de l’homme

 

Lui qui est venu du pays de l’ivoire

Darwin nous a dit que le monde, il faut le croire

Ne s’était pas construit sur un trognon de pomme

Voir les commentaires

Rédigé par Bernard

Publié dans #Les objets

Repost0

Publié le 7 Mai 2019

LE GALET

Un galet comme une toile où tracer la vie
Le pinceau qui l’effleure et dessine un chemin,
Les traces balisées d'un éphémère destin
Qui tournoie et se pose sans nul bruit ni souci.

Tu pourrais le laisser sur la grève de l'oubli,
Tout au fond d'un vallon, digne et triste orphelin
Le semer dans la ville pour tromper ton chagrin,
Ou bien le malaxer telle une œuvre en sursis..

La rosace fleurie comme au source du monde
Exhale un chant sacré entraînant dans sa ronde
Le subtil mandala sur son socle nacré.

Si la fleur du secret peut tenir dans ta main,
C'est qu’elle rêve de voler, éternel parchemin,
Et de river les yeux sur l'infime vérité..

Voir les commentaires

Rédigé par Nadine

Publié dans #Les objets

Repost0

Publié le 7 Mai 2019

OBJET ?

Quand apparut, sortit, on ne sait d’où, ce drôle d’objet ?

Quand sans rire, mais non, sans un malin sourire

Notre maître d’atelier nous déclara aller quérir

Dans note mol cervelet de quoi faire un sonnet ?

 

Mado, Mado, peux-tu seulement imaginer,

Mado, Mado, quelle souffrance est d’écrire

Un objet, un sonnet, versifier, ah ! Je voudrais fuir,

Quitter ces quatre murs, retrouver la liberté.

 

Sur une plage polluée, chercher un galet rond,

Sur une place d’église, au mendiant faire un don,

Sur un trottoir bondé, bousculer le passant ;;

 

Voilà une bonne idée, tamponner les trottinettes

Et rire de les voir se casser la binette,

Mais un objet, un sonnet, mon cerveau va chintant.

 

A quoi peut bien ressembler le cerveau d’Hervé... ?

Voir les commentaires

Rédigé par Hervé

Publié dans #Les objets

Repost0

Publié le 6 Mai 2019

LE GALET

La rivière l’a laissé sur sa rive sauvage ;

Un galet circulaire, aux reflets violacés,

Attendant un artiste pour pouvoir exister,

Être une part de rêve loin de ces bruts rivages.

 

Une pierre polie aspirant au voyage

Espérant un miracle qui la sublimerait,

Elle deviendrait mystère, révélant sa beauté,

Elle deviendrait unique en traversant les âges.

 

Le rêve l’a touchée, et l’artiste sensible,

Emportée vers l’ailleurs, aspirée par la cible,

A plongé bien au centre de la pierre envoûtée.

 

Aux songes exaltés, aux spirales du temps,

Sur le galet violet a semé maintenant

Toute sa délicatesse… et les fleurs ont poussé.

Voir les commentaires

Rédigé par Mado

Publié dans #Les objets

Repost0

Publié le 1 Mars 2019

LA BOITE

Une petite boite. D’où vient-elle ? Que contient-elle ou qu’a-t-elle contenu ? Décrivez-la, racontez son histoire en prose ou en vers et, éventuellement, comme pour Le Vase brisé, transformez-la en métaphore d’un sentiment ou d’une idée.

 

Atelier :

Les figures d'analogie

LECTURE

Le Vase brisé – Armand Sully Prudhomme

Le vase où meurt cette verveine
D’un coup d’éventail fut fêlé ;
Le coup dut effleurer à peine :
Aucun bruit ne l’a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D’une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s’est épuisé ;
Personne encore ne s’en doute ;
N’y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu’on aime,
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde ;
Il est brisé, n’y touchez pas.

René-François Sully Prudhomme, Stances et poèmes

****

  • LES TEXTES :

Voir les commentaires

Rédigé par Atelier Ecriture

Publié dans #Les objets

Repost0

Publié le 1 Mars 2019

Une petite boite décorative. D’où vient-elle ? Facile. C’est Mado qui l’a apportée. Son contenu ? De l’air, si j’ai fait bien attention à l’école. La boite est octogonale, petite, soigneusement travaillée. Le couvercle est décoré d’une mosaïque à base de nacre, avec des cercles rouges et verts et des triangles. En regardant de plus près, on voit que les cercles sont aussi composés de triangles. C’est très original. Elle est très belle. Un vrai bijou.

Son histoire ? A inventer.

C’est la belle-mère de Mado qui lui a offert cette boite pour son mariage. Sur un coussin de velours il y avait un pendentif en argent, un bijou de famille. Disons un pendentif. L’ambre s’impose à mon imagination. Mais y-a-t-il de l’ambre en Arménie ? Je n’en sais rien. Disons alors que le grand-père du mari de Mado a fait un voyage en Pologne, a séjourné au bord de la mer Baltique. Un jour, en se promenant sur la plage, il a trouvé cette merveille d’ambre. Il est pur, ne renferme aucun insecte. Tant mieux. Il est lisse, agréable à toucher, d’une forme harmonieuse, couleur miel de sapin. En rentrant en Arménie, le grand-père en a fait faire un bijou. Il l’a montré à sa mère qui est parti avec le bijou et revenu avec la boite que nous avons devant nos yeux, le pendentif lové dedans. Rendant visite à sa fiancée, il lui a dit que contrairement à ses espoirs, il n’avait pas fait fortune en Pologne. Voulait-elle quand même de lui ? Elle l’a embrassé. Il lui a offert ce pendentif comme symbole de leur amour, de sa pureté, de sa profondeur, de sa constance. La fiancée a accepté. Elle a légué le pendentif à sa fille, la belle-mère de Mado, qui, elle, l’a donné en gage de bonheur à sa bru.

Voir les commentaires

Rédigé par Iliola

Publié dans #Les objets

Repost0

Publié le 28 Février 2019

Une Boîte à rêves, bridée.

Refuge octogonal à fleurs striées, codées, rangées.

Trop petite pour être honnête.

À ne pas mettre entre toutes les mains.

Une boîte volée au détour d'un sentier.

On a volé les rêves enfouis sous l'oreiller. Un rêve avec de beaux atours. Un rêve de papier mâché qui s'envole en fumée. Ou la boîte de Pandore. Les vices du monde prennent forme et déambulent. Le voleur il y a laissé son âme.

Une fourmi porteuse de charme. Ant-woman s'éveille quand s'ouvre le couvercle.

Et te scrute perplexe en sautant dans ta paume. Une paume un peu moite qui dit ton émoi.

La Fourmi gisait dans le rêve du voleur... et rêve d'embraser le monde.. elle trouve ses congénères à l' œuvre, creusant des galeries, rêve d'infini, des milliers de synapses dans le rêve du dormeur.

La toupie tourne, la boîte se fige.

Tu laisses tes doigts caresser le relief. La Boîte a brisé ton rêve en voulant l'abriter. Tu resserres ta pensée.

Le mauvais génie sort de la carafe.

Serait-ce toi dans la boîte ? Prisonnier d'une cage de verre, une cahute de bois.

Toi dans le piège du circuit fermé.

Une boîte à vœux pieux. Tu peux glisser ce que tu veux.. demain tu sauras lire écrire chanter danser folâtrer dans les nuées.. les claquettes sur le sable, le tango à Rio.

Tu dis ce que tu veux, tu ouvres la boîte.. c'est un jeu.

Le jeu pieux des adieux douloureux. Ou bien comment apprendre à être heureux.

Suffit de déposer la boîte. Fermer, clôturer sur le bord des paupières.

Le voleur a dû faire bien du chemin pour qu'elle soit si légère et si dense à la fois.

Pourquoi l'ouvrir plutôt que la fermer ?

La Fourmi s'interroge sur le bout du tunnel, elle sent vibrer ses cils.. affronter la colline. Un être aux abois qui creuse son trou sans voir le monde.Et la boîte en suspens comme ultime gageure. Tu y poses tes pensées, tes bijoux, ton doudou, ton smartphone, tes lunettes, la clé de ton grenier, le brasier de ton âme, la fleur de ton secret.

L'essence de ta croyance.. la magie du vide.

La Fourmi quant à elle est déjà repartie, inventant sans un bruit de nouvelles galaxies.

Le rêve dans la boîte attend nouvel esprit... comme une palette informe, le génie Créateur.

Voir les commentaires

Rédigé par Nadine

Publié dans #Les objets

Repost0

Publié le 27 Février 2019

Virginie ne pouvait plus compter que sur elle-même, sur ses propres ressources. La vie avait fini par quitter le corps de sa maman ; son âme libérée pourrait enfin rejoindre celle du père, parti pour l’au-delà quelques années auparavant. Maintenant venait le temps douloureux de ranger, de faire le vide, de jeter bien des objets accumulés durant des années dans cet appartement devenu inutile.

Le cœur gros, Virginie s’arma de courage pour s’atteler à cette tâche douloureuse. Les souvenirs suintaient de chaque pièce, chaque meuble, chaque bibelot exposé, chaque photographie punaisée au mur. Chaque objet touché, chaque regard, soulevait une vague d’émotion qui déferlait sur les rives de ses prunelles embuées. Virginie tenta d’endiguer la marée en se posant un moment dans la cuisine devant un verre d’eau.

Puis elle se remit à l’ouvrage. La « chambre des enfants » maintenant. Sa chambre. Son lit et son placard. Que faire de ces meubles chargés de son histoire ? Elle avait grandi depuis longtemps ; elle n’avait nul besoin de ce mobilier enfantin qui lui paraissait soudain vieillot et un peu ridicule. Virginie ouvrit le placard, bien décidée à tirer un trait définitif sur ce passé, mais quelle ne fut pas sa surprise d’y découvrir une vieille boite à chaussures, avec la simple mention « Virginie » portée par l’écriture tremblante des dernières années de sa mère. Après le décès du père, elle avait pourtant déjà trié, jeté, débarrassé ses objets personnels. Virginie ouvrit précautionneusement la boite en carton. Une lame de fond l’envahit quand elle aperçu la petite boite en bois décoré, sa « boite à baisers ».

Elle revoit tout : papa et maman de retour du grand voyage anniversaire de leurs amours, dans un autre pays, loin, là-bas, à Istanbul. Le bonheur des retrouvailles ; la pluie de cadeaux. Et cette petite boite à l’octogone étrangement allongé, décoré de mille motifs répétitifs et si minuscules qu’aucun pinceau ne pouvait être assez fin pour les dessiner.

« Mais, maman, il n’y a rien dedans…
- Tu y mettras ce que tu voudras, ma chérie, tes trésors ; tiens, voilà déjà un baiser. »

Et maman referme prestement le couvercle après y avoir soufflé son amour maternel.

Virginie ne pouvait détacher son regard humide de la boite à baisers. Sa main caressait le vernis, tournait et retournait l’objet pour y faire miroiter la lumière. Pendant toutes ses années d’enfance, elle n’avait pu se résoudre à soulever le couvercle, de peur de laisser échapper le précieux baiser.

Enfin, Virginie s’approcha de la fenêtre ouverte, démit délicatement le couvercle et offrit la boite ouverte aux caresses des vents.

« Voilà ; va rejoindre maman, dis-lui que jamais je ne l’oublierai. »

Enfin libérée du poids des émotions, Virginie se décida à se séparer de son enfance ; maintenant, elle pourrait se débarrasser de tout, à l’exception de la boite à baisers.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Benoit

Publié dans #Les objets

Repost0