voyage

Publié le 7 Février 2023

 
ATELIER :
Décrire la musique
 
LECTURE :
La dame qui chante de Colette
 
- à lire en cherchant dans le lien ci-dessous - voir le menu à gauche de la page -
 
 
TROIS SUJETS AU CHOIX
 
1) Un après-midi au Carnaval
Votre personnage est à Nice pour le Carnaval. Il le raconte, y compris par une description de la musique.
 
2) Une citation de Carnaval
Inspirez-vous d’une des citations proposées pour raconter le Carnaval, sans oublier de décrire, en quelques lignes, un air de musique carnavalesque.
Au carnaval tout le monde est jeune, même les vieillards. Au carnaval, tout le monde est beau, même les laids. (Nicolaï Evreïnov / Inventions théâtrales)
C’est souvent après le carnaval que beaucoup d’entre nous mettent leurs masques. (Lume, accueillante scolaire)
En carnaval toute bouffonnerie est bonne. - de Proverbes romains
Tout invite à regarder le carnaval moderne comme une sorte d’écho de fêtes antiques du type des Saturnales. - Roger Caillois, L’Homme et le sacré.
 
3) Votre char de Carnaval
Imaginez votre char de Carnaval avec un ou plusieurs de vos trésors du monde, précédemment racontés dans vos textes, et mettez-y un peu de musique.
🎶
Quelque soit le sujet choisi, pour celles et ceux qui ont gardé le même personnage au fil des ateliers, essayez de faire une transition cohérente avec vos textes précédents. Courage, on en voit le bout !
🎵

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LES TEXTES

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Publié le 6 Février 2023

LES TRÉSORS DU MONDE

Le Temps qui, sans repos, va d'un pas léger,

Emporte avecque lui toutes les belles choses :

C'est pour nous avertir de le bien ménager

Et faire des bouquets en la saison des roses.

Tristan l'Hermite

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Inspiré par le thème du Carnaval de Nice pour son 150e anniversaire, à savoir "Les Trésors du Monde", ce projet consiste à rédiger un carnet ou récit de voyage à découverte des trésors de notre monde.

Le thème sera traité en 6 ateliers ainsi répartis :

- Trois ateliers sur les trésors matériels, le premier sur les trésors disparus, le second sur les trésors construits par l’homme, le troisième sur les trésors de la nature.

- Deux ateliers sur les trésors immatériels, un sur le trésor immatériel d’un pays au choix, un sur notre trésor niçois : le Carnaval pour son 150e anniversaire. Cet âge vénérable mérite bien un atelier !

- Un atelier sur nos trésors personnels, voyage intérieur pour terminer le journal ou récit.

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LES ATELIERS

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Publié le 6 Février 2023

 
ATELIER :
Focalisation interne et parole rapportée
 
LECTURE :
Extrait de L’homme qui voulait être heureux -  Laurent Gounelle
 
SUJET :
Les fêtes rituelles, les savoir-faire de l’artisanat traditionnel, les spectacles folkloriques, les traditions ou les expressions vivantes héritées de nos ancêtres, toutes ces coutumes constituent un fabuleux patrimoine à préserver pour les générations futures. De la confection des tapisseries d'Aubusson à la célébration des morts au Mexique, du tango argentin à la calligraphie chinoise, en passant par la fête des patios de Cordoue, le monde est riche de trésors immatériels.
Choisissez-en un et poursuivez votre journal ou récit de voyage. Utilisez la focalisation interne pour raconter un (ou plusieurs) personnage que vous allez rencontrer. Vous le regardez vivre, vous n’avez pas accès à ses pensées, mais en donnant à voir, vous donnez à comprendre.
Vous pouvez aussi imaginer un dialogue avec un des personnages rencontrés ou rapporter ses paroles.

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LES TEXTES

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Publié le 6 Février 2023

 
ATELIER :
Description sensorielle
 
LECTURE :
L’usage du monde – Nicolas Bouvier
 
SUJET :
Votre personnage poursuit sa quête, son voyage, qui le mène vers un autre trésor du monde, un trésor naturel. Faites le lien avec votre précédent récit et écrivez une nouvelle page du journal de voyage en racontant aussi les bruits, les odeurs, les sensations variées. Si vous le souhaitez, vous pouvez agrémenter votre récit d’un peu de suspense, d’une anecdote, une rencontre, une découverte, etc...

Quelques liens :

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LES TEXTES

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Publié le 6 Février 2023

 
ATELIER :
Le journal ou récit de voyage
 
LECTURE :
Le palais du Grand Khan, Le Livre des Merveilles – Marco Polo
 
SUJET :
- Créer un personnage, placez-le dans un environnement de votre choix et faites en sorte qu’il reçoive le récit précédent – à vous d’imaginer comment : télé, bouquin, rêve, truc surnaturel, rédaction d’un enfant, etc... Il peut même l’avoir écrit ou le lire à son petit-fils, etc.
- A partir de ce trésor disparu (à vous d’imaginer la transition) votre personnage part en voyage, soit réel, soit depuis chez lui à travers un bouquin ou une émission télé, au au ciné, soit par rêve, divagation, vers un trésor du monde bien réel. Il peut aussi partir accompagné.
Ce trésor est une création humaine chère à l’humanité, comme un site remarquable inscrit au patrimoine de l’Unesco par exemple, mais peut être accompagné de trésors moins connus chers à votre personnage.
- Suivant le genre de voyage que vous choisissez, rédigez votre texte sous forme d’un carnet de voyage ou récit de voyage.
Vous pouvez inventer des anecdotes, des aventures pour rendre le récit plus attractif.

Si besoin...

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LES TEXTES

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Publié le 6 Février 2023

 
ATELIER :
Prosopopée
 
LECTURE :
La pipe de Baudelaire
 
SUJET :
Une multitude de trésors ont disparu. Perdus ou volés, ils se cachent quelque part, sous nos pieds, au fond des océans ou sont dissimulés par les hommes. D’autres ont été détruits et sont perdus à tout jamais. Mais, perdus, détruits ou volés, de là où ils sont, certains nous laissent des messages… Choisissez un trésor disparu et laissez-le se décrire et raconter son histoire.
 
Pour vous aider si nécessaire, vous pouvez choisir dans la liste des trésors disparus - voir lien ci-dessous - ou opter pour une des Merveilles du monde, elles aussi perdues, et dont voici la liste :
- Les jardins suspendus de Babylone
- La statue de Zeus à Olympie
- Le temple d’Artémis à Ephèse
- Le mausolée d’Halicarnasse
- Le colosse de Rhodes
- Le phare d’Alexandrie

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LES TEXTES

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Publié le 20 Avril 2018

American Locomotive- Edward Hopper

American Locomotive- Edward Hopper

CARNET DE VOYAGE OU RÉCIT DE VOYAGE

 

L’imagination nous emmènera souvent vers des mondes qui n’existent pas, mais sans elle, nous n’irons nulle part.

Carl Sagan

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Le projet « VOYAGE », prévu pour mars et avril 2018, consiste à rédiger un carnet de voyage ou un récit de voyage soit avec ses souvenirs si on a voyagé, soit imaginaire ou bien intérieur, voire métaphorique, à partir de citations sur le thème du voyage. Une citation sera donnée à chaque atelier, ainsi que qu’une proposition d’écriture... comme un nouveau chemin à explorer. Tant qu’à voyager, profitons-en pour pratiquer différents styles. « Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine… Elle est mortelle ! » (Paulo Coehlo)

 

Le carnet de voyage, « genre ouvert, non figé, fragmentaire, qui autorise et même appelle différents modes d’écriture », évoque le voyage dans son sens large : voyage intérieur, exploration d'une terre inconnue…

« Qu’il s’adresse à d’autres ou à soi-même, qu’il soit voyage intérieur, déplacement en territoire familier ou exploration d’une terre inconnue, il doit donner au lecteur à voir, à sentir, à penser et à rêver, et pour ce faire, il s’exprime aussi bien par le poème, le récit, la lettre, le portrait, la description, ou par de simples notes prises sur le vif. Il suit les méandres des paysages traversés, il en emprunte les reliefs. »(Michèle Sigal, écrivaine et auteure dramatique)

Les textes sont souvent accompagnés de croquis, dessins, photos.

 

Le récit de voyage ne se compose que de textes. C’est le récit que fait l’auteur d’un voyage vécu ou ressenti, sans autre référence que sa propre vision et connaissance de la réalité du monde. Il rend compte d’impressions, de rencontres, d’émotions, des choses vues et entendues. La narration est structurée.

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Sources :

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LES ATELIERS

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LES TEXTES ISSUS DES ATELIERS

Les voyages de Nadine :

Les voyages de Inge :

Les voyages de Françoise :

Les voyages de Christine :

Les voyages de Dominique :

Les voyages de Bernard :

Les voyages de Gérald :

Les voyages de Mado :

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VOYAGES PARRALLÈLLES

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Publié le 17 Avril 2018

Le Vietnam. Ça faisait des années que j’avais envie d’y aller. Enfin mon compagnon y consentit. La lecture des prospectus me fit rêver. Ils sont faits pour ça allez-vous me dire. Je cherchais à assimiler les noms étranges des villes, Hue, Dalat, Cau Da, Dô Son, Danang, Hanoi, Phan Thiet, des rivières, celles dont on connaît le nom français, comme le fleuve rouge et le fleuve jaune, la rivière interdite, la rivière des parfums, la rivière de la Queue d’hirondelle, Yan Vi en vietnamien, d’autres dont on ne connaît que le nom vietnamien, comme la rivière Song Lai et la rivière Han. Il y a des endroits magiques à visiter, comme la vallée de l’Amour et le col des Nuages. Rien que les noms nous transporte loin d’ici. Il ne faut pas oublier les baies. Il n’y a pas que la baie d’Halong, même si elle est la plus célèbre. Il y a aussi la baie de Nha Trang et celle des Nuages. Je me suis rappelée² l’histoire récente de ce pays meurtri. Jeune adulte, c’était bien la guerre du Vietnam qui m’avait traumatisée, et avec moi toute une génération. C’est cette guerre-là qui est restée gravée dans mon esprit comme aucune autre. C’est dire à quel point ce voyage comptait pour moi.

Pas coutumiers de grands voyages, nous avions envoyé nos passeports au voyagiste choisi pour les trois visas qu’il nous fallait, acheté des bagages, des chaussures et des vêtements qui nous paraissaient adaptés pour un voyage que nous imaginions assez rustique. Notre premier escale prévu était Bangkok, ensuite trajet en train jusqu’à Ventiane, capital du Laos, pays peu visité à l’époque, c’est-à-dire en 1995, puis avion pour Hôchiminh-ville. Je me voyais déjà dans le train, un train à vapeur, bien sûr. Pour la fin du voyage, nous avions ajouté une semaine de farnienté à Ko Samui. C’est ma sœur qui m’avait parlé de la beauté de cette île.

Trois semaines avant le début du voyage, les valises, en fait des objets hybrides qui s’ouvraient comme des valises mais pouvaient se porter comme des sacs à dos, étaient quasiment faits. Nous étions vaccinés contre les maladies tropicales et disposions d’une réserve de Nivaquine conséquente. Nous connaissions notre trajet par cœur. Les croissants que j’ achetais chaque matin me paraissaient fade, j’avais hâte de déguster au petit déjeuner une bonne soupe vietnamienne, appelé pho dans la langue du pays. Vous voyez que je m’y préparais avec enthousiasme. S’il n’y avait pas eu mon compagnon bien français, attaché à ses croissants, j’aurais commencé le régime soupe toute de suite.

J’étais dans cette disposition, tout mon être, chaque cellule de mon corps attendait ce voyage avec impatience, quand le facteur m’apporta une lettre recommandée de notre voyagiste. Le voyage était annulé, faute d’un nombre suffisant de participants.

Le lendemain nous avons trouvé un autre voyagiste. Le problème, c’était de récupérer nos passeports. Le nouveau voyagiste était bien moins angoissé que nous, il avait l’habitude et tout c’est bien passé.

Nous voilà à Paris où nous avons fait la connaissance des autres membres du groupe avant de monter dans l’avion. Laisser tout derrière moi, oublier le travail et les tracas de la vie quotidienne, me suis-dit, installée confortablement dans l’avion. Non, je ne lis pas Le Monde pourtant gratuit, je ne regarde pas le film américain programmé. J’avais apporté un petit recueil de Poésie vietnamienne, je l’ai sorti, lu un poème par ci, par-là en rêvassant et en imprégnant de ce que je prenais pour l’âme vietnamienne.

Après douze bonnes heures de vol, l’avion s’apprêtait à atterrir à Singapour.

Lumières scintillantes dans le noir, quelle beauté

Un chapelet d’îles, enroulé sur lui-même

Je suis là, Singapour, me voilà me suis-je vantée.

Singapour je t’aime.

A l’aéroport, l’ambiance était hélas moins poétique. C’est un grand supermarché ou tout est moins cher, paraît-il. J’avais commis l’erreur de ne pas apporter de l’argent et dû me contenter du plaisir des yeux.

Après un dernier vol, arrivée à Hôchiminh-Ville, anciennement Saigon. Un guide souriant attendait notre petit groupe de cinq voyageurs. L’atmosphère, les odeurs, les bruits étaient bien différents de ceux de Singapour. L’aventure pouvait commencer.

Le soleil se lève

Les Vietnamiens s’affairent

Rues bien encombrées.

Les Vietnamiens sont des lève-tôt. On nous l’avait annoncé : rendez-vous dans la halle de l’hôtel à six heures du matin pour la visite de la ville. Devant l’hôtel, notre guide ignore notre minibus pour nous diriger vers des cyclo-pousse. Il parlemente quelques minutes avec les conducteurs. Finalement, tout le monde paraît satisfait, la visite peut commencer. Éternellement souriant devant les touristes, nos conducteurs vietnamiens nous saluent avec un hochement de tête et nous aident à nous installer sur les sièges. C’est parti ! Ils pédalent à toute allure, au point de me faire peur.

Peur de l’accident

Hantise d’un carambolage

Manque de confiance.

 

Nos conducteurs paraissent sûrs d’eux. Ils semblent s’amuser de la tension, de la crispation qu’ils captent en nous. Petit à petit, je me détends, me laisse gagner par l’exotisme de la ville, des bruits, des odeurs. Ville exotique et en même temps familier, avec des grands buildings datant de l’époque coloniale, des motos, des vélos, des hommes rasés de près, habillés d’une chemisette, bien propre, bien repassée. Ils ne transpirent jamais, eux ? Des femmes avec leurs tuniques colorées sur des pantalons de couleur sombre, avec leurs chapeaux de paille en forme de cône.

Tant de choses à voir

Tant de bruits à écouter

Musique de la ville.

 

Je suis heureuse. Contente d’être là. J’ai bien fait d’insister pour qu’on fasse ce voyage plutôt que de passer, une fois de plus, nos vacances en Bretagne, avec la belle-mère. Une citation d’Orson Wells me vient à l’esprit : « Il faut viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles ».

Oser l’aventure

Ce qui paraissait chimère

Devient réalité.

 

Je chasse ces idées pour m’imprégner entièrement de ce qui m’entoure. Voici la cathédrale, et la poste à côté. Une halte s’impose. Venant de l’Europe du Sud, la cathédrale ne présente aucun intérêt pour nous. La poste par contre, c’est autre chose. Selon le Bison Futé, la poste de Hôchiminh-Ville est le seul endroit dans tout le Vietnam où on peut acheter des timbres pour l’Europe.

Devoir de touriste

Envoyer des cartes postales

Témoins du voyage.

 

Il y a aussi les photos, bien sûr. Chahutée sur le cyclo-pousse par les aspérités de la chaussée, elles risquent d’être floues. Vite, vite, des photos de la poste et de la cathédrale avant que nous continuons notre parcours. Les Vietnamiens nous observent, s’amusent de nous, nous font des sourires. Certains veulent être pris en photo avec nous. Je remarque que ce sont surtout les jeunes femmes qui posent avec mon compagnon. La France fait toujours rêver.

Le lendemain, à mon réveil, je lis la citation du jour, elle est de Nicolas Bouvier : « en route, le mieux c’est de se perdre. Lorsqu’on s’égare, les projets font place aux surprises et c’est alors, mais alors seulement, que le voyage commence. »

Pas le temps de méditer sur cette affirmation, nous faisons un voyage organisé réglé comme du papier à musique, aucune chance de se perdre. Justement, à rêvasser ainsi, me voilà en retard. Je cours vers le bus, tout le monde m’attend. Nous partons vers le delta du Mékong. Après avoir roulé pendant une bonne heure, le minibus s’arrête. Déjà arrivé ? Je regarde à droite et à gauche, j’allonge mon cou, me lève, je ne vois pas le fleuve. Wong, le chauffeur, sort une carte, discute avec Kim, notre guide, se gratte la tête. Ils tournent la carte dans tous les sens, discutent encore. Finalement, Kim se retourne, s’adresse à nous pour nous annoncer qu’on était perdu, qu’on n’était pas là ou on aurait dû être et qu’il était impossible de rattraper le bon chemin.

Mais, poursuit-il, Wong connaît très bien la région, il y a de la famille qui exploite un grand jardin où poussent des mangues, des papayes, des fruits de la passion et des litchis. Je pense alors que le chauffeur avait peut-être fait exprès. Comment peut-il se perdre s’il connait si bien la région ? Je pense aussi à la citation que j’avais lu le matin. A nous, l’aventure !

Le jardin des cousins de Wong, quelle merveille. De la verdure partout. Des verts de toute la palette, du clair au foncé, tirant vers le jaune, tirant vers le bleu, multitude de verts, quelle composition. De l’eau qui coule, qui fait des ruisseaux, qui se faufile partout, qui fait une petite musique apaisante. Des senteurs, douces, rafraîchissantes, surprenantes.

Les arbres fruitiers donnent aussi de l’ombre. C’est là qu’on déjeune ? Nos hôtes ont dressé une table pour nous. Je hume le parfum délicieux, subtil qui se dégage des plats qu’ils apportent et qui se mélange harmonieusement avec l’odeur des arbres fruitiers qui nous entourent. Nous dégustons des plats savoureux, exotiques, authentiques, bien meilleur que ceux de l’hôtel. En dessert, les fruits du jardin : mangues, papayes, litchis, quel délice !

Après le thé qui termine le repas, Wong nous propose une escapade en sampan, sorte de bateau à rames, sur le Mékong.

  • Il est loin ?

  • Non, juste au bout du jardin.

Nous embarquons sur deux sampans, Wong et Kim se réinventent en sampaniers. Le clapotis du fleuve, les rames qui fendent l’eau. Sinon, le silence. Nous avançons d’une allure régulière, le paysage se déroule devant nos yeux fascinés. Apocalypse Now me vient à l’esprit. Non, on ne va pas se gâcher un moment si agréable, si paisible. Nous passons devant un village flottant. Ses habitants nous font des signes, nous appellent, nous sourient. On répond par des signes joyeux. Ils veulent nous vendre du poisson. Kim leur explique. Wong en prend pour ses cousins. Discussion sur le prix, finalement, le marché est conclu. A l’avantage de qui ? Nous ne le saurons jamais. Le soleil commence à décliner. Nous retrouvons notre minibus, notre hôtel et l’habituel dîner pour touristes. Peut-être la plus belle journée de ce voyage ?

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Rédigé par Inge

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Publié le 17 Avril 2018

Le voyageur voit ce qu'il voit, le touriste voit ce qu'il est venu voir.

(G. Chesterton)

 

 

Tu ne vois rien que tu ne connaisses déjà.

Ou plutôt tu ignores ce que ton œil n’intègre pas à ta mémoire. Une mémoire flash qui vacille et s'enflamme, traîne le long des quais, soulève la reliure déconfite des bouquins amassés comme en classe, flâne et s’échoue au bord d'une péniche rutilante.. le nez en alerte.

 

Tu ne vois que ce que tu sens. L'odeur du métro, fade et désuète, au moins dans ta tête. Tu la rejettes comme tous tes souvenirs... évacuer sans conter.

Tu as fui la guerre, les tranchées, les gibets, puis les églises, les dolmens, les stèles en tout genre.Tu fuis tout ce qui porte un nom, ce qu'on peut classer, ranger, numéroter. Ton ombre aussi.

 

Ici tout est nouveau. Jamais arpenté ces champs monochromes, ces abris de pierre sèche, ces Moulins désaffectés qui brassent le vent et te tendent leurs ailes.

Tu te frottes les yeux d'un air las.

Au loin, comme un village de parapluies, sans l’ondée. Elles arrivent à pas lents, menées par un pépin fermé. Impossible de les ignorer, elles viennent vers toi en masse compacte, visage voilé contre une invisible pollution.

Un mirage vaporeux de silhouettes élancées, au sillage parfumé. Tu en es bouche bée. Jamais pensé croiser des touristes dans ce village perdu, un village choisi par hasard sur la carte du monde.

Tu es venu trouver du blé, le vrai, celui du pain cuit dans un four.

Elles, sont en quête du frisson de l'inconnu. Tu distingues leurs traits, leur peau si pâle qu'on aurait peur de la toucher. L’ orient en désarroi, tombé d'un car obtus, appareil photo en bandoulière…

Ton empreinte qui s'agite, le rêve qui s'effrite. Fuir encore. Les hommes, les femmes, les reliefs trop fertiles. Une Borie pour éphémère refuge.

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Rédigé par Nadine

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Publié le 16 Avril 2018

 " Le Vieux Pont sur la Nervia à Dolceacqua " - Claude Monet

" Le Vieux Pont sur la Nervia à Dolceacqua " - Claude Monet

  • CITATION

Le voyageur voit ce qu'il voit, le touriste voit ce qu'il est venu voir !

Gilbert Keith Chesterton

 

  • LECTURE : extrait de Mémoires d'un touriste, Stendhal -

Nantes, le 25 juin 1837.

Rien de plus désagréable en France que le moment où le bateau à vapeur arrive: chacun veut saisir sa malle ou ses paquets, et renverse sans miséricorde la montagne d'effets de tous genres élevée sur le pont. Tout le monde a de l'humeur, et tout le monde est grossier.

Ma pauvreté m'a sauvé de cet embarras: j'ai pris mon sac de nuit sous le bras, et j'ai été un des premiers à passer la planche qui m'a mis sur le pavé de Nantes. Je n'avais pas fait vingt pas à la suite de l'homme qui portait ma valise, que j'ai reconnu une grande ville. Nous côtoyions une belle grille qui sert de clôture au jardin situé sur le quai, devant la Bourse. Nous avons monté la rue qui conduit à la salle de spectacle. Les boutiques, quoique fermées pour la plupart, à neuf heures qu'il était alors, ont la plus belle apparence; quelques boutiques de bijouterie éclairées rappellent les beaux magasins de la rue Vivienne. Quelle différence, grand Dieu! avec les sales chandelles qui éclairent les sales boutiques de Tours, de Bourges, et de la plupart des villes de l'intérieur! Ce retour dans le monde civilisé me rend toute ma philosophie, un peu altérée, je l'avoue, par le froid au mois de juin, et par le bain forcé de deux heures auquel j'ai été soumis ce matin. D'ailleurs le plaisir des yeux ne m'a point distrait des maux du corps. Je m'attendais à quelque chose de comparable, sinon aux bords du Rhin à Coblentz, du moins à ces collines boisées des environs de Villequier ou de la Meilleraye sur la Seine. Je n'ai trouvé que des îles verdoyantes et de vastes prairies entourées de saules. La réputation qu'on a faite à la Loire montre bien le manque de goût pour les beautés de la nature, qui caractérise le Français de l'ancien régime, l'homme d'esprit comme Voltaire ou La Bruyère. Ce n'est guère que dans l'émigration, à Hartwell ou à Dresde, qu'on a ouvert les yeux aux beautés de ce genre. J'ai ouï M. Le duc de M... parler fort bien de la manière d'arranger Compiègne.

Mémoires d'un touriste, Stendhal

***

  • ÉCRITURE :

Terminer le voyage dans le style que vous voulez. Éventuellement, rédigez une conclusion à comparer avec les attentes du début.

 

Proposition d’écriture : Vous pouvez rependre l'une des formes d’écriture d’un des ateliers « Voyage », cela contribuera à harmoniser votre carnet.

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Rédigé par Atelier Ecriture

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