voyage

Publié le 20 Avril 2018

American Locomotive- Edward Hopper

American Locomotive- Edward Hopper

CARNET DE VOYAGE OU RÉCIT DE VOYAGE

 

L’imagination nous emmènera souvent vers des mondes qui n’existent pas, mais sans elle, nous n’irons nulle part.

Carl Sagan

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Le projet « VOYAGE », prévu pour mars et avril 2018, consiste à rédiger un carnet de voyage ou un récit de voyage soit avec ses souvenirs si on a voyagé, soit imaginaire ou bien intérieur, voire métaphorique, à partir de citations sur le thème du voyage. Une citation sera donnée à chaque atelier, ainsi que qu’une proposition d’écriture... comme un nouveau chemin à explorer. Tant qu’à voyager, profitons-en pour pratiquer différents styles. « Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine… Elle est mortelle ! » (Paulo Coehlo)

 

Le carnet de voyage, « genre ouvert, non figé, fragmentaire, qui autorise et même appelle différents modes d’écriture », évoque le voyage dans son sens large : voyage intérieur, exploration d'une terre inconnue…

« Qu’il s’adresse à d’autres ou à soi-même, qu’il soit voyage intérieur, déplacement en territoire familier ou exploration d’une terre inconnue, il doit donner au lecteur à voir, à sentir, à penser et à rêver, et pour ce faire, il s’exprime aussi bien par le poème, le récit, la lettre, le portrait, la description, ou par de simples notes prises sur le vif. Il suit les méandres des paysages traversés, il en emprunte les reliefs. »(Michèle Sigal, écrivaine et auteure dramatique)

Les textes sont souvent accompagnés de croquis, dessins, photos.

 

Le récit de voyage ne se compose que de textes. C’est le récit que fait l’auteur d’un voyage vécu ou ressenti, sans autre référence que sa propre vision et connaissance de la réalité du monde. Il rend compte d’impressions, de rencontres, d’émotions, des choses vues et entendues. La narration est structurée.

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Sources :

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LES ATELIERS

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LES TEXTES ISSUS DES ATELIERS

Les voyages de Nadine :

Les voyages de Inge :

Les voyages de Françoise :

Les voyages de Christine :

Les voyages de Dominique :

Les voyages de Bernard :

Les voyages de Gérald :

Les voyages de Mado :

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VOYAGES PARRALLÈLLES

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 17 Avril 2018

Le Vietnam. Ça faisait des années que j’avais envie d’y aller. Enfin mon compagnon y consentit. La lecture des prospectus me fit rêver. Ils sont faits pour ça allez-vous me dire. Je cherchais à assimiler les noms étranges des villes, Hue, Dalat, Cau Da, Dô Son, Danang, Hanoi, Phan Thiet, des rivières, celles dont on connaît le nom français, comme le fleuve rouge et le fleuve jaune, la rivière interdite, la rivière des parfums, la rivière de la Queue d’hirondelle, Yan Vi en vietnamien, d’autres dont on ne connaît que le nom vietnamien, comme la rivière Song Lai et la rivière Han. Il y a des endroits magiques à visiter, comme la vallée de l’Amour et le col des Nuages. Rien que les noms nous transporte loin d’ici. Il ne faut pas oublier les baies. Il n’y a pas que la baie d’Halong, même si elle est la plus célèbre. Il y a aussi la baie de Nha Trang et celle des Nuages. Je me suis rappelée² l’histoire récente de ce pays meurtri. Jeune adulte, c’était bien la guerre du Vietnam qui m’avait traumatisée, et avec moi toute une génération. C’est cette guerre-là qui est restée gravée dans mon esprit comme aucune autre. C’est dire à quel point ce voyage comptait pour moi.

Pas coutumiers de grands voyages, nous avions envoyé nos passeports au voyagiste choisi pour les trois visas qu’il nous fallait, acheté des bagages, des chaussures et des vêtements qui nous paraissaient adaptés pour un voyage que nous imaginions assez rustique. Notre premier escale prévu était Bangkok, ensuite trajet en train jusqu’à Ventiane, capital du Laos, pays peu visité à l’époque, c’est-à-dire en 1995, puis avion pour Hôchiminh-ville. Je me voyais déjà dans le train, un train à vapeur, bien sûr. Pour la fin du voyage, nous avions ajouté une semaine de farnienté à Ko Samui. C’est ma sœur qui m’avait parlé de la beauté de cette île.

Trois semaines avant le début du voyage, les valises, en fait des objets hybrides qui s’ouvraient comme des valises mais pouvaient se porter comme des sacs à dos, étaient quasiment faits. Nous étions vaccinés contre les maladies tropicales et disposions d’une réserve de Nivaquine conséquente. Nous connaissions notre trajet par cœur. Les croissants que j’ achetais chaque matin me paraissaient fade, j’avais hâte de déguster au petit déjeuner une bonne soupe vietnamienne, appelé pho dans la langue du pays. Vous voyez que je m’y préparais avec enthousiasme. S’il n’y avait pas eu mon compagnon bien français, attaché à ses croissants, j’aurais commencé le régime soupe toute de suite.

J’étais dans cette disposition, tout mon être, chaque cellule de mon corps attendait ce voyage avec impatience, quand le facteur m’apporta une lettre recommandée de notre voyagiste. Le voyage était annulé, faute d’un nombre suffisant de participants.

Le lendemain nous avons trouvé un autre voyagiste. Le problème, c’était de récupérer nos passeports. Le nouveau voyagiste était bien moins angoissé que nous, il avait l’habitude et tout c’est bien passé.

Nous voilà à Paris où nous avons fait la connaissance des autres membres du groupe avant de monter dans l’avion. Laisser tout derrière moi, oublier le travail et les tracas de la vie quotidienne, me suis-dit, installée confortablement dans l’avion. Non, je ne lis pas Le Monde pourtant gratuit, je ne regarde pas le film américain programmé. J’avais apporté un petit recueil de Poésie vietnamienne, je l’ai sorti, lu un poème par ci, par-là en rêvassant et en imprégnant de ce que je prenais pour l’âme vietnamienne.

Après douze bonnes heures de vol, l’avion s’apprêtait à atterrir à Singapour.

Lumières scintillantes dans le noir, quelle beauté

Un chapelet d’îles, enroulé sur lui-même

Je suis là, Singapour, me voilà me suis-je vantée.

Singapour je t’aime.

A l’aéroport, l’ambiance était hélas moins poétique. C’est un grand supermarché ou tout est moins cher, paraît-il. J’avais commis l’erreur de ne pas apporter de l’argent et dû me contenter du plaisir des yeux.

Après un dernier vol, arrivée à Hôchiminh-Ville, anciennement Saigon. Un guide souriant attendait notre petit groupe de cinq voyageurs. L’atmosphère, les odeurs, les bruits étaient bien différents de ceux de Singapour. L’aventure pouvait commencer.

Le soleil se lève

Les Vietnamiens s’affairent

Rues bien encombrées.

Les Vietnamiens sont des lève-tôt. On nous l’avait annoncé : rendez-vous dans la halle de l’hôtel à six heures du matin pour la visite de la ville. Devant l’hôtel, notre guide ignore notre minibus pour nous diriger vers des cyclo-pousse. Il parlemente quelques minutes avec les conducteurs. Finalement, tout le monde paraît satisfait, la visite peut commencer. Éternellement souriant devant les touristes, nos conducteurs vietnamiens nous saluent avec un hochement de tête et nous aident à nous installer sur les sièges. C’est parti ! Ils pédalent à toute allure, au point de me faire peur.

Peur de l’accident

Hantise d’un carambolage

Manque de confiance.

 

Nos conducteurs paraissent sûrs d’eux. Ils semblent s’amuser de la tension, de la crispation qu’ils captent en nous. Petit à petit, je me détends, me laisse gagner par l’exotisme de la ville, des bruits, des odeurs. Ville exotique et en même temps familier, avec des grands buildings datant de l’époque coloniale, des motos, des vélos, des hommes rasés de près, habillés d’une chemisette, bien propre, bien repassée. Ils ne transpirent jamais, eux ? Des femmes avec leurs tuniques colorées sur des pantalons de couleur sombre, avec leurs chapeaux de paille en forme de cône.

Tant de choses à voir

Tant de bruits à écouter

Musique de la ville.

 

Je suis heureuse. Contente d’être là. J’ai bien fait d’insister pour qu’on fasse ce voyage plutôt que de passer, une fois de plus, nos vacances en Bretagne, avec la belle-mère. Une citation d’Orson Wells me vient à l’esprit : « Il faut viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles ».

Oser l’aventure

Ce qui paraissait chimère

Devient réalité.

 

Je chasse ces idées pour m’imprégner entièrement de ce qui m’entoure. Voici la cathédrale, et la poste à côté. Une halte s’impose. Venant de l’Europe du Sud, la cathédrale ne présente aucun intérêt pour nous. La poste par contre, c’est autre chose. Selon le Bison Futé, la poste de Hôchiminh-Ville est le seul endroit dans tout le Vietnam où on peut acheter des timbres pour l’Europe.

Devoir de touriste

Envoyer des cartes postales

Témoins du voyage.

 

Il y a aussi les photos, bien sûr. Chahutée sur le cyclo-pousse par les aspérités de la chaussée, elles risquent d’être floues. Vite, vite, des photos de la poste et de la cathédrale avant que nous continuons notre parcours. Les Vietnamiens nous observent, s’amusent de nous, nous font des sourires. Certains veulent être pris en photo avec nous. Je remarque que ce sont surtout les jeunes femmes qui posent avec mon compagnon. La France fait toujours rêver.

Le lendemain, à mon réveil, je lis la citation du jour, elle est de Nicolas Bouvier : « en route, le mieux c’est de se perdre. Lorsqu’on s’égare, les projets font place aux surprises et c’est alors, mais alors seulement, que le voyage commence. »

Pas le temps de méditer sur cette affirmation, nous faisons un voyage organisé réglé comme du papier à musique, aucune chance de se perdre. Justement, à rêvasser ainsi, me voilà en retard. Je cours vers le bus, tout le monde m’attend. Nous partons vers le delta du Mékong. Après avoir roulé pendant une bonne heure, le minibus s’arrête. Déjà arrivé ? Je regarde à droite et à gauche, j’allonge mon cou, me lève, je ne vois pas le fleuve. Wong, le chauffeur, sort une carte, discute avec Kim, notre guide, se gratte la tête. Ils tournent la carte dans tous les sens, discutent encore. Finalement, Kim se retourne, s’adresse à nous pour nous annoncer qu’on était perdu, qu’on n’était pas là ou on aurait dû être et qu’il était impossible de rattraper le bon chemin.

Mais, poursuit-il, Wong connaît très bien la région, il y a de la famille qui exploite un grand jardin où poussent des mangues, des papayes, des fruits de la passion et des litchis. Je pense alors que le chauffeur avait peut-être fait exprès. Comment peut-il se perdre s’il connait si bien la région ? Je pense aussi à la citation que j’avais lu le matin. A nous, l’aventure !

Le jardin des cousins de Wong, quelle merveille. De la verdure partout. Des verts de toute la palette, du clair au foncé, tirant vers le jaune, tirant vers le bleu, multitude de verts, quelle composition. De l’eau qui coule, qui fait des ruisseaux, qui se faufile partout, qui fait une petite musique apaisante. Des senteurs, douces, rafraîchissantes, surprenantes.

Les arbres fruitiers donnent aussi de l’ombre. C’est là qu’on déjeune ? Nos hôtes ont dressé une table pour nous. Je hume le parfum délicieux, subtil qui se dégage des plats qu’ils apportent et qui se mélange harmonieusement avec l’odeur des arbres fruitiers qui nous entourent. Nous dégustons des plats savoureux, exotiques, authentiques, bien meilleur que ceux de l’hôtel. En dessert, les fruits du jardin : mangues, papayes, litchis, quel délice !

Après le thé qui termine le repas, Wong nous propose une escapade en sampan, sorte de bateau à rames, sur le Mékong.

  • Il est loin ?

  • Non, juste au bout du jardin.

Nous embarquons sur deux sampans, Wong et Kim se réinventent en sampaniers. Le clapotis du fleuve, les rames qui fendent l’eau. Sinon, le silence. Nous avançons d’une allure régulière, le paysage se déroule devant nos yeux fascinés. Apocalypse Now me vient à l’esprit. Non, on ne va pas se gâcher un moment si agréable, si paisible. Nous passons devant un village flottant. Ses habitants nous font des signes, nous appellent, nous sourient. On répond par des signes joyeux. Ils veulent nous vendre du poisson. Kim leur explique. Wong en prend pour ses cousins. Discussion sur le prix, finalement, le marché est conclu. A l’avantage de qui ? Nous ne le saurons jamais. Le soleil commence à décliner. Nous retrouvons notre minibus, notre hôtel et l’habituel dîner pour touristes. Peut-être la plus belle journée de ce voyage ?

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Rédigé par Inge

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Publié le 17 Avril 2018

Le voyageur voit ce qu'il voit, le touriste voit ce qu'il est venu voir.

(G. Chesterton)

 

 

Tu ne vois rien que tu ne connaisses déjà.

Ou plutôt tu ignores ce que ton œil n’intègre pas à ta mémoire. Une mémoire flash qui vacille et s'enflamme, traîne le long des quais, soulève la reliure déconfite des bouquins amassés comme en classe, flâne et s’échoue au bord d'une péniche rutilante.. le nez en alerte.

 

Tu ne vois que ce que tu sens. L'odeur du métro, fade et désuète, au moins dans ta tête. Tu la rejettes comme tous tes souvenirs... évacuer sans conter.

Tu as fui la guerre, les tranchées, les gibets, puis les églises, les dolmens, les stèles en tout genre.Tu fuis tout ce qui porte un nom, ce qu'on peut classer, ranger, numéroter. Ton ombre aussi.

 

Ici tout est nouveau. Jamais arpenté ces champs monochromes, ces abris de pierre sèche, ces Moulins désaffectés qui brassent le vent et te tendent leurs ailes.

Tu te frottes les yeux d'un air las.

Au loin, comme un village de parapluies, sans l’ondée. Elles arrivent à pas lents, menées par un pépin fermé. Impossible de les ignorer, elles viennent vers toi en masse compacte, visage voilé contre une invisible pollution.

Un mirage vaporeux de silhouettes élancées, au sillage parfumé. Tu en es bouche bée. Jamais pensé croiser des touristes dans ce village perdu, un village choisi par hasard sur la carte du monde.

Tu es venu trouver du blé, le vrai, celui du pain cuit dans un four.

Elles, sont en quête du frisson de l'inconnu. Tu distingues leurs traits, leur peau si pâle qu'on aurait peur de la toucher. L’ orient en désarroi, tombé d'un car obtus, appareil photo en bandoulière…

Ton empreinte qui s'agite, le rêve qui s'effrite. Fuir encore. Les hommes, les femmes, les reliefs trop fertiles. Une Borie pour éphémère refuge.

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Rédigé par Nadine

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Publié le 16 Avril 2018

 " Le Vieux Pont sur la Nervia à Dolceacqua " - Claude Monet

" Le Vieux Pont sur la Nervia à Dolceacqua " - Claude Monet

  • CITATION

Le voyageur voit ce qu'il voit, le touriste voit ce qu'il est venu voir !

Gilbert Keith Chesterton

 

  • LECTURE : extrait de Mémoires d'un touriste, Stendhal -

Nantes, le 25 juin 1837.

Rien de plus désagréable en France que le moment où le bateau à vapeur arrive: chacun veut saisir sa malle ou ses paquets, et renverse sans miséricorde la montagne d'effets de tous genres élevée sur le pont. Tout le monde a de l'humeur, et tout le monde est grossier.

Ma pauvreté m'a sauvé de cet embarras: j'ai pris mon sac de nuit sous le bras, et j'ai été un des premiers à passer la planche qui m'a mis sur le pavé de Nantes. Je n'avais pas fait vingt pas à la suite de l'homme qui portait ma valise, que j'ai reconnu une grande ville. Nous côtoyions une belle grille qui sert de clôture au jardin situé sur le quai, devant la Bourse. Nous avons monté la rue qui conduit à la salle de spectacle. Les boutiques, quoique fermées pour la plupart, à neuf heures qu'il était alors, ont la plus belle apparence; quelques boutiques de bijouterie éclairées rappellent les beaux magasins de la rue Vivienne. Quelle différence, grand Dieu! avec les sales chandelles qui éclairent les sales boutiques de Tours, de Bourges, et de la plupart des villes de l'intérieur! Ce retour dans le monde civilisé me rend toute ma philosophie, un peu altérée, je l'avoue, par le froid au mois de juin, et par le bain forcé de deux heures auquel j'ai été soumis ce matin. D'ailleurs le plaisir des yeux ne m'a point distrait des maux du corps. Je m'attendais à quelque chose de comparable, sinon aux bords du Rhin à Coblentz, du moins à ces collines boisées des environs de Villequier ou de la Meilleraye sur la Seine. Je n'ai trouvé que des îles verdoyantes et de vastes prairies entourées de saules. La réputation qu'on a faite à la Loire montre bien le manque de goût pour les beautés de la nature, qui caractérise le Français de l'ancien régime, l'homme d'esprit comme Voltaire ou La Bruyère. Ce n'est guère que dans l'émigration, à Hartwell ou à Dresde, qu'on a ouvert les yeux aux beautés de ce genre. J'ai ouï M. Le duc de M... parler fort bien de la manière d'arranger Compiègne.

Mémoires d'un touriste, Stendhal

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  • ÉCRITURE :

Terminer le voyage dans le style que vous voulez. Éventuellement, rédigez une conclusion à comparer avec les attentes du début.

 

Proposition d’écriture : Vous pouvez rependre l'une des formes d’écriture d’un des ateliers « Voyage », cela contribuera à harmoniser votre carnet.

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 14 Avril 2018

En route, le mieux c'est de se perdre. Lorsqu'on s'égare, les projets font place aux surprises et alors mais alors seulement, que le voyage commence.

Nicolas Bouvier

Écrivain, photographe, iconographe et voyage suisse (1929 1998).


 

Il est une senteur qui m'invite à naviguer sur une île où les douces vagues se défilent comme un banc de poissons. C'est le joyeux vivant caché où le silence est. Est comme lui, il Est. Est comme elle, elle Est.

 

Être !

 

Tu sens de nouveau parfums / tu chéris ton corps avec douceur / tu découvres de nouvelles fleurs bleues /

Leur noms sont subtiles.Les vagues sonnent la clé de sol. Les Palmiers chantent en sol. Les chemins bordés de fleurs de toutes les couleurs te donnent le sourire, tu cueilles les aromates et les légumes dans les prairies vertes et tu en fais de plats savoureux.

Tout est là dans ce jardin extraordinaire.

 

Crépuscule, sous la lune, le vent aromatise ton intérieur de mille et une idée.Tu en fixes une sur le mur du salon douillet et chaleureux, tel le mouvement de la libellule.

Un tableau noir suspendu, où est écrit être une créature créatrice. Volent au plafond, des voiles de papier japonais. Au sol, un tapis bleu, du bleu au bleu qui s'étire à un infini de bleus où se fonde comme la plume d'un oiseau qui te susurre à l'oreille l'important, l'important c'est l'amour.

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Rédigé par Christine

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Publié le 12 Avril 2018

 

En route le mieux est de se perdre. Lorsqu'on s'égare, les projets font place aux surprises, et c’est alors, mais alors seulement, que le voyage commence. Nicolas Bouvier (Écrivain, photographe)

 

Le cordon de sécurité s'est mis en place.

Elle, s'est égarée sur la voie de la nature, le retour à la terre, le désir essentiel. Revenir aux sources. Un reflet dans l'eau vive du torrent ; elle se mire et s’étonne. Une jeunesse au creux de l'herbe, des arbres, à dévaler les pentes rieuses de l'insouciance.

Sofia vit au rythme des abeilles, butine le miel de ses rencontres, fredonne au diapason des saisons. La mélodie des sens. Aujourd'hui elle fait face aux tuniques, et son visage se fige.

Elle défend son carré de terre blême, son lopin de rêve, ses fleurs fières et fanées, sa cabane de bergère enchantée. Le rêve, ou la vie.

 

Face à elle, une tunique armée d'un bouclier. Une autre femme égarée sur la voie du droit, de l'ordre, de la sécurité. Une femme lassée... des années de luttes intestines. Les yeux cernés par une brume aride... Se poser enfin. Les rêves noyés par le temps, broyés sur la pointe des pieds. Le rêve, ou la vie.

Mon enfant, ma sœur... songe à la douceur…

Une confrontation délicate. Les deux songent à Baudelaire.

D'un camp à l'autre le murmure monte et puis s'étiole, comme une vague à l'assaut des falaises.

Sophia se voile la face, prête à l'assaut.. Affronter la vie.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté…

Elle revoit les prairies enfantines, les vallées de verdure, les troncs lacérés, les mains enlacées.

Aimer à loisir, aimer et mourir…

Elle serre les poings, se griffe la paume. Croire aux rêves mieux qu'à la vie.

Le bouclier en tunique prépare l'affrontement. Un ordre en attente, la hiérarchie toute-puissante. L'ordre, sans la volupté. Les fleurs mêlent leurs odeurs à celle de la poudre. Senteur d'extase et ciel mouillé..

Leurs yeux traîtres se croisent...Assouvir l'humeur vagabonde des âmes secrètes.

Une lumière chaude, violente. Sophia ferme les yeux. Le monde s'endort. La Sirène hurle.

Le rêve, ou la vie.

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Rédigé par Nadine

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Publié le 11 Avril 2018

 

                                                          En route, si on s'emmène toutes les deux

                                                          Pourquoi ne pas se perdre dans ses idées

                                                          Le chemin est tracé, la carte reste le mieux

                                                          Chemin faisant, les surprises sortent par ci par là.  

                                                          

                                                          Le camping pour se poser et se demander

                                                          Oh un chevreuil bondissant !

                                                          En nous coupant la route, nous regarde surpris

                                                          Un petit, puis un deuxième se dandinant

                                                          Que la forêt est belle, le soleil couchant

                                                          Nous dit au revoir et rit.

 

                                                          La route sera longue demain

                                                          Et si l'on se perd, l'astre du jour

                                                          Nous montrera le chemin

                                                          Bonne nuit mon amie l'éphémère nous dit bonjour !

 

                                                          Mon Dieu as tu vu où nous sommes !

                                                          On s'est réellement égarée dans le jardin du bonheur

                                                          Des tulipes à perte de vue, des cloches sonnent

                                                          Des chouettes perchées dans les hauteurs

                                                          Des vélos immobiles chargés de fleurs

                                                          Le monde du matin s'éveille

                                                          L'humidité nous enveloppe et pleur.

 

                                                          Les premiers visiteurs arrivent, la poésie du petit matin

                                                          Fait place à des éclats de voix surgissant

                                                          Les animaux et les fleurs sont plus malins

                                                          Partons vite, les moulins sont en mouvement.

 

                                                          Le voyage continue, sortons incognito

                                                          Les oiseaux s'envolent nous traçant le chemin

                                                          Ramassons les vélos et les sacs à dos

                                                          Un petit creux se fait sentir et nous tient.

 

                                                          Des allées cheminent le long d'un cours d'eau

                                                          Maman canne sort de son lit

                                                          Mon amie dit " bonjour les oiseaux" !

                                                          Au bout de la route la ville apparait

                                                          Ouf, je pensais que nous n'arriverions jamais.

 

                                                          L'ambiance est festive, la ville accueillante

                                                          La lune dit au revoir au soleil, riante

                                                          Et la vie des humains reste bienveillante.

 

                                                          Amsterdam nous a réjouit

                                                          Les moulins, les canaux, les tulipes

                                                          Les nuits rouges nous éblouissent

                                                          Merci pour ce voyage, mais pas de cannabis. 

 

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Rédigé par Dominique

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Publié le 11 Avril 2018

Bien sûr je suis revenue raisonnablement par bateau..

Les mois ont passé et un soir que je feuilletais un cahier sur lequel j'avais retranscrit proverbes et citations ; deux ont retenu mon attention :

 

  • Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine… Elle est mortelle ! » (Paulo Coehlo)

  • en route, le mieux c'est de se perdre. Lorsqu'on s'égare, les projets font place aux surprises et c'est alors, mais alors seulement, que le voyage commence (Nicolas Bouvier).

 

Sans hésitation, sans réflexion, sans destination précise, je suis partie et je me suis perdue si vite que le voyage n'a pas commencé. Heureusement, si je puis dire, personne ne m'attendait contrairement à Ulysse pour qui Penelope tricotait.

 

Je me suis retrouvée dans le fossé

au fond duquel il y avait un vélo
me prenant pour Jeannie Longo

je l'ai enfourché

au même moment j'ai vu

des cyclistes, qui participaient sans doute au tour de France,

passer à toute allure

j'ai voulu en être et ce jusqu'à Paris

avec passion j'ai suivi le peloton

mais celui-ci m'a vite semée

découragée je me suis allongée

dans un champ de coquelicots

personne n'est venu en cueillir

alors je me suis endormie

au petit matin le beuglement des vaches m'a réveillée

j'en ai trait une pour boire son lait

le fermier a porté plainte pour abus de biens sociaux

je fus jugée en comparution immédiate

l'avocat commis d'office fut brillant

et le tribunal m'acquitta

c'était l'été, les vacances

mon avocat et moi sommes partis à l'aventure

sa voiture est tombée en panne sur un chemin vicinal

nous continuâmes à pied
et c'est ainsi que notre voyage a vraiment commencé.

 

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Rédigé par Françoise

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Publié le 11 Avril 2018

Le jour se lève

Le soleil joue avec moi

je dois m'arrêter

 

De rêver, de me laisser porter par les mots qui se bousculent dans ma tête. Le mieux c'est de me perdre, entre le jour et la nuit ou les rêves font place aux surprises de se retrouver là. Pourtant, c'est alors que le voyage commence, mon regard retrouve le livre qui, dans son écrin de cuir, m'ouvre les portes vers le voyage interrompu par le rayon de lumière qui est venu éblouir l'écran blanc de ma nuit.

 

Voyage en solitaire

sur la musique des vers

Sur le chemin au hasard

je me laisse aller je m'égare

bercé par les mots de Baudelaire

de Rimbaud deux contestataires

je me perds au détour d'une page

emporté par une rage

de lire sans m'arrêter

les mots que j'ai peur d'oublier

qu'il est doux de partir

juste dans la tête quelques sourires

les yeux grands ouverts

je lis à haute voix leurs vers

qui m’entraînent dans un tourbillon

vol nuptial d'un papillon

qui vient un instant éphémère

mourir à la lumière

le jour emporte mes rêves

juste le temps d'une trêve

je prends doucement rendez-vous

ce soir mes mots je suis à vous

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Rédigé par Bernard

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Publié le 9 Avril 2018

Luxe, calme et volupté de Henri Matisse

Luxe, calme et volupté de Henri Matisse

  • CITATION

En route, le mieux c'est de se perdre. Lorsqu'on s'égare, les projets font place aux surprises et c'est alors, mais alors seulement, que le voyage commence.

Nicolas Bouvier

 

  • LECTURE :

L’INVITATION AU VOYAGE
Petits poèmes en prose

Il est un pays superbe, un pays de Cocagne, dit-on, que je rêve de visiter avec une vieille amie. Pays singulier, noyé dans les brumes de notre Nord, et qu’on pourrait appeler l’Orient de l’Occident, la Chine de l’Europe, tant la chaude et capricieuse fantaisie s’y est donné carrière, tant elle l’a patiemment et opiniâtrement illustré de ses savantes et délicates végétations.

Un vrai pays de Cocagne, où tout est beau, riche, tranquille, honnête ; où le luxe a plaisir à se mirer dans l’ordre ; où la vie est grasse et douce à respirer ; d’où le désordre, la turbulence et l’imprévu sont exclus ; où le bonheur est marié au silence ; où la cuisine elle-même est poétique, grasse et excitante à la fois ; où tout vous ressemble, mon cher ange.

Tu connais cette maladie fiévreuse qui s’empare de nous dans les froides misères, cette nostalgie du pays qu’on ignore, cette angoisse de la curiosité ? Il est une contrée qui te ressemble, où tout est beau, riche, tranquille et honnête, où la fantaisie a bâti et décoré une Chine occidentale, où la vie est douce à respirer, où le bonheur est marié au silence. C’est là qu’il faut aller vivre, c’est là qu’il faut aller mourir !

Oui, c’est là qu’il faut aller respirer, rêver et allonger les heures par l’infini des sensations. Un musicien a écrit l’Invitation à la valse ; quel est celui qui composera l’Invitation au voyage, qu’on puisse offrir à la femme aimée, à la sœur d’élection ?

Oui, c’est dans cette atmosphère qu’il ferait bon vivre, — là-bas, où les heures plus lentes contiennent plus de pensées, où les horloges sonnent le bonheur avec une plus profonde et plus significative solennité.

Sur des panneaux luisants, ou sur des cuirs dorés et d’une richesse sombre, vivent discrètement des peintures béates, calmes et profondes, comme les âmes des artistes qui les créèrent. Les soleils couchants, qui colorent si richement la salle à manger ou le salon, sont tamisés par de belles étoffes ou par ces hautes fenêtres ouvragées que le plomb divise en nombreux compartiments. Les meubles sont vastes, curieux, bizarres, armés de serrures et de secrets comme des âmes raffinées. Les miroirs, les métaux, les étoffes, l’orfèvrerie et la faïence y jouent pour les yeux une symphonie muette et mystérieuse ; et de toutes choses, de tous les coins, des fissures des tiroirs et des plis des étoffes s’échappe un parfum singulier, un revenez-y de Sumatra, qui est comme l’âme de l’appartement.

Un vrai pays de Cocagne, te dis-je, où tout est riche, propre et luisant, comme une belle conscience, comme une magnifique batterie de cuisine, comme une splendide orfèvrerie, comme une bijouterie bariolée ! Les trésors du monde y affluent, comme dans la maison d’un homme laborieux et qui a bien mérité du monde entier. Pays singulier, supérieur aux autres, comme l’Art l’est à la Nature, où celle-ci est réformée par le rêve, où elle est corrigée, embellie, refondue.

Qu’ils cherchent, qu’ils cherchent encore, qu’ils reculent sans cesse les limites de leur bonheur, ces alchimistes de l’horticulture ! Qu’ils proposent des prix de soixante et de cent mille florins pour qui résoudra leurs ambitieux problèmes ! Moi, j’ai trouvé ma tulipe noire et mon dahlia bleu !

Fleur incomparable, tulipe retrouvée, allégorique dahlia, c’est là, n’est-ce pas, dans ce beau pays si calme et si rêveur, qu’il faudrait aller vivre et fleurir ? Ne serais-tu pas encadrée dans ton analogie, et ne pourrais-tu pas te mirer, pour parler comme les mystiques, dans ta propre correspondance ?

Des rêves ! toujours des rêves ! et plus l’âme est ambitieuse et délicate, plus les rêves l’éloignent du possible. Chaque homme porte en lui sa dose d’opium naturel, incessamment sécrétée et renouvelée, et, de la naissance à la mort, combien comptons-nous d’heures remplies par la jouissance positive, par l’action réussie et décidée ? Vivrons-nous jamais, passerons-nous jamais dans ce tableau qu’a peint mon esprit, ce tableau qui te ressemble ?

Ces trésors, ces meubles, ce luxe, cet ordre, ces parfums, ces fleurs miraculeuses, c’est toi. C’est encore toi, ces grands fleuves et ces canaux tranquilles. Ces énormes navires qu’ils charrient, tout chargés de richesses, et d’où montent les chants monotones de la manœuvre, ce sont mes pensées qui dorment ou qui roulent sur ton sein. Tu les conduis doucement vers la mer qui est l’Infini, tout en réfléchissant les profondeurs du ciel dans la limpidité de ta belle âme ; — et quand, fatigués par la houle et gorgés des produits de l’Orient, ils rentrent au port natal, ce sont encore mes pensées enrichies qui reviennent de l’infini vers toi.

L'invitation au voyage

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  • ÉCRITURE :

Racontez la suite de votre voyage en tenant compte des propos de la citation...

 

Proposition d’écriture : le poème en prose pour raconter cette nouvelle étape.

« Une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime... », Baudelaire

C’est une composition littéraire assez courte, écrite en prose, et qui constitue un ensemble autonome. Comme le poème en vers, il forme un tout, contient de nombreuses images, conserve des effets de rythme dans ses phrases et des jeux sur les sonorités. Le poème en prose est une unité close sur elle-même et ne peut donc caractériser telle page de roman ou de discours qui manifesterait çà ou là des qualités "poétiques".

Sa construction avec des paragraphes soignés rappelle les strophes du poème en vers. La prose permet de développer davantage le propos.

Cliquez sur le lien du site, ci-dessus, pour découvrir une intéressante comparaison entre poème en prose et poème en vers de L'INVITATION AU VOYAGE de Baudelaire.

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Rédigé par Atelier Ecriture

Publié dans #Voyage

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