musique

Publié le 19 Juin 2018

La joueuse de mandoline  - Bernard Brunstein

La joueuse de mandoline - Bernard Brunstein

 

La musique est-elle narration ? 

 

[...]
Il existe un point commun entre la musique et le texte, que l’on ne retrouve ni dans la peinture, ni dans la sculpture : celle d’une structure linéaire. La musique a un début, un milieu et une fin, on l’appréhende dans une temporalité, à l’inverse par exemple d’une image ou d’un tableau.

[...]
Bien sûr, une œuvre musicale ne peut guère raconter une histoire au sens verbal du terme. Le langage musical ne fonctionne pas selon la double articulation de la langue, et ne sécrète donc pas de sens linguistique. Pour autant, il est possible de considérer la musique comme un protorécit.

Le discours musical s’inscrit dans le temps, et possède donc une organisation syntaxique propre. Rythmes, accents, tons, longueurs, syllabes font partie intégrante de la musique (mousikê en grec désigne la poésie lyrique). Dès lors, la musique peut très bien imiter la courbe intonative d’un récit sans paroles, un récit « en creux ».

http://www.plume-escampette.com/la-musique-peut-elle-raconter-une-histoire/

Comment raconter la musique ?

La musique est invisible et impalpable, d’où la difficulté de raconter ce que l’on entend. Le vocabulaire spécifique aux sons, les métaphores, comparaisons, assonances, allitérations, ainsi que le rythme des phrases participent à sa description. Selon le style de musique et les émotions ressenties, la longueur de la phrase et sa construction participent à l’effet recherché : phrases fluides, phrases hachées, énumérations…

 

Exemple : un extrait de La Dame qui chante de COLETTE

Repérez les assonances et allitérations, les comparaisons, les métaphores...

[…]
À ce premier cri, jailli du plus profond de sa poitrine, succéda la langueur d’une phrase, nuancée par le mezzo le plus velouté, le plus plein, le plus tangible que j’eusse entendu jamais…
[...]
Sa grande bouche généreuse s’ouvrait, et j’en voyais s’envoler les notes brûlantes, les unes pareilles à des bulles d’or, les autres comme de rondes roses pures… Des trilles brillaient comme un ruisseau frémissant, comme une couleuvre fine ; de lentes vocalises me caressaient comme une main traînante et fraîche.
[…]

"La dame qui chante" - Les vrilles de la vigne - Colette

ÉCRITURE :

Le sujet consiste à écrire en écoutant un air de musique, interprété "en live" à la mandoline.

Que vous raconte cette musique ?  Comment la racontez-vous ?

Trois étapes d’écriture :

- faire d’abord son portrait chinois,

- puis décrivez-la en quelques lignes, racontez ce que vous raconte cette musique

- et ensuite rédigez un poème ou une chanson à réciter ou à chanter sur l'air en question.

***

Ci-dessous, le petit air de musique interprété à la mandoline lors de l'atelier...

... et les paroles de ce chant de troubadour du XIIe siècle, intitulé :

"Quand le rossignol s'écrie"

Quand le rossignol s'écrie
Qui nous desduit de son chant.

Pour ma belle douce amie
Vois mon coeur rossignolant.

Jointes mains merci lui crie
Car jamais rien n'aimai tant.

Et bien sais s'elle m'oublie
Que jolie me va finant.

https://www.partitionsdechansons.com/pdf/15062/Traditionnel-Quand-le-rossignol-s-ecrie.html

Traduction
Quand le rossignol chante
Qui nous charme par son chant

Pour ma belle, douce amie,
Je vois mon cœur rossignolant.

Jointes mains, je la supplie
Car jamais je n'aimai tant

Je sais bien que si elle m'oublie
C'en est fini de mon bonheur.

https://www.partitionsdechansons.com/pdf/15062/Traditionnel-Quand-le-rossignol-s-ecrie.html

LES TEXTES DE L'ATELIER :

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Rédigé par Atelier Ecriture

Publié dans #Musique, #Musique et Danse

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Publié le 19 Juin 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle, elle joue de la mandoline

quelques notes en sourdine

je ferme mes yeux

et devant moi couleur du ciel bleu

 

d'une source tu jaillis

entre les pierres de ce pays

tu ruisselles doucement

en allant vers l'avant

 

tu chutes entre les rochers

vers la plaine ensoleillée

ou là tu paresses

tendrement comme une caresse

 

tes méandres façonnent le paysage

vers la mer et son rivage

torrent fantastique

je t'écoute comme une symphonie classique

 

sur tes rives poussent les coquelicots

qui s'abreuvent de ton eau

taches de sang vermeil

de la nature qui s'éveille

 

j'entends tes gargouillis

rimes de ta poésie

c'est la fin de ton voyage

tes eaux avec la Méditerranée tu partages

 

elle, elle vient de plaquer son dernier accord

sa musique disparaît vers le dehors

en emportant avec elle les images

de mon esprit en vagabondage

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Rédigé par Bernard

Publié dans #Musique et Danse, #Musique

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Publié le 18 Juin 2018

                                               Telle une plume au vent, les notes s'envolent afin de raconter l'histoire du premier amour, 

                    de Paul et Virginie vivant leur adolescence dans une période troublée de fin de guerre.

                                               Le film " Un été 42 ", sa sublime musique racontait leur vie, comme une marguerite que

                    l'on effeuille avec le cœur, que l'on décompte avec le temps.

                                               Virginie pétillante comme un diabolo menthe, admirait la présence débordante de puissance,

                    de joie communicative des libérateurs.

                                               Paul une turquoise de poésie savourant le début de l'été, tous deux prenaient le temps de

                    s'asseoir sur leur banc dans ce jardin, entourés de petits moineaux sautillant, respirant les odeurs fruitées

                    s'échappant des arbustes fleuris.

                                               Une petite musique dans la tête, leur trottait, leur trottait comme un esprit malin, poète

                    et amoureux.

 

  ***
 
 
CHANSON POUR MADO
 
                                           De la prose aux vers
                                           Des haïkus aux quatrains
                                           Partons au pays de Molière
                                          
                                           La musicienne des temps lointains
                                           Grattant ton instrument avec joie
                                           Tristan et Iseult dansant au loin
                                           Vivant leur mythique amour courtois
 

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Rédigé par Dominique

Publié dans #Musique, #Musique et Danse

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Publié le 18 Juin 2018

MUSIQUE, NARRATION ET GOGUETTE

 

La musique de la mandoline

 

Sous les doigts, les cordes de la mandoline tintent… Les notes, grelots minuscules et nacrés, bondissent, sautillent d’une corde à l’autre, s’irisent en arc-en-ciel d’aigus, dégringolent en délicates gouttelettes.

La musique, légère comme une brise d’été, s’égrène en clapotis de notes-perles, dans le murmure bruissant d’une rose froissée…

 

 

 

 

La musique à l’atelier

 

La musique à l’atelier, c’est une drôle de nouveauté,

Un p’tit air de mandoline pour méninges torturer.

 

Et compter les notes, les croches pour mesures garder,

Tu parles, c’est compliqué !

Une petite chanson, sans aucune prétention, rien que pour vous dédiée,

Pour finir en beauté !

♬  A chanter sur l’air de « Quand le rossignol s’écrie »… ouvrir le lien ci-dessous :

 

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Rédigé par Mado

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Publié le 20 Avril 2016

Jeunes filles au piano - Auguste Renoir

Jeunes filles au piano - Auguste Renoir

En 2015, l'atelier d'écriture a exploré... un peu... le thème de la musique. Quelques petits textes écrits lors des séances, une ou deux nouvelles, et des chansons, ou du moins, des paroles sur des airs connus ont émergé de cette aventure. Les voici, ci-dessous :

 

***

En 2017/18, Musique et Danse ont été le thème du recueil "ARPÈGES et ARABESQUES"

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Rédigé par Carmella

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Publié le 20 Avril 2016

"Quand les mots rencontrent la musique..." ils se transforment en nouvelle...

HYMNES

"Cela est divin et rare
d'ajouter un chant éternel
à la voix des Nation
s"
Michelet


1792 :

Je dormais dans les mots d'une affiche, dans le patriotisme des hommes, dans la fraternité d'une nation. Mon père, le capitaine, m'a réveillée.
Tout a commencé en avril 1792. Depuis trois ans, la France a renversé les despotes. En juillet 1789, le peuple a pris la Bastille, les citoyens, le pouvoir. Les vieilles monarchies européennes craignent la contagion, elles forment des coalitions pour combattre le jeune état révolutionnaire.
À Strasbourg, l'Armée du Rhin veille sur la frontière. Mon père le capitaine, affecté au bataillon “ Les enfants de la Patrie ”, s'y trouve déjà depuis un an. Poète et musicien, il est familier des milieux artistiques de la ville. Le maire, le baron de Dietrich, l'accueille volontiers dans son salon lors de soirées où se côtoient hommes politiques, officiers, musiciens. Le soir du 25 avril, le salon est en effervescence ; le maire vient de recevoir la nouvelle : le 20 avril, la France a déclaré la guerre au roi de Bohême et de Hongrie. Point de musique ce soir, le salon n'est plus que brouhaha. Dans les discussions, surgit l'idée d'écrire un chant hardi, pour encourager les soldats qui montent au front afin de remplacer le traditionnel “ Ça ira, ça ira ”.
“ Trouvez-nous un beau chant pour ce peuple soldat qui surgit de toutes parts à l'appel de la patrie en danger et vous aurez bien mérité de la Nation ”, demande le baron au capitaine poète.
Quand mon père repart, il longe les murs de la ville sur lesquels les affiches des Amis de la Constitution appellent la population à se battre :

Aux armes, citoyens ! L'étendard de la guerre est déployé ! Le signal est sonné ! Aux armes ! Il faut combattre, vaincre, ou mourir.
Aux armes, citoyens ! Si nous persistons à être libres, toutes les puissances de l'Europe verront échouer leurs sinistres complots. Qu'ils tremblent donc, ces despotes couronnés ! L'éclat de la Liberté luira pour tous les hommes. Vous vous montrerez dignes enfants de la Liberté, courez à la Victoire, dissipez les armées des despotes !
Marchons ! Soyons libres jusqu'au dernier soupir et que nos vœux soient constamment pour la félicité de la patrie et le bonheur de tout le genre humain !
Mon père s'imprègne de ces mots qui résonnent si fort à son cœur patriote. Il passe la nuit à composer, accompagné de son violon ; il me réveille, me crée. Au matin, je suis prêt. Je vais sillonner la France, galvaniser les troupes avec le “ Chant de guerre de l'Armée du Rhin ”. Belliqueux et fraternel à la fois, au diapason des valeurs de la France, j'appelle à la paix malgré le combat comme le suggère ce couplet :
Français, en guerriers magnanimes
Portez ou retenez vos coups!
Épargnez ces tristes victimes
À regret s'armant contre nous

Les paroles de ce chant, recopiées mille fois, imprimées dans les journaux, distribuées partout, voyagent. Je les accompagne sur les routes, dans les villes, les garnisons. Parti de Strasbourg, je traverse la France, frappe le Midi, reviens comme un écho. Me propageant sur tout le territoire, je participe à l'unité nationale. Les hommes se lèvent. Les Fédérés partent de Bretagne, de Montpellier, de Marseille. Moi, je marche au pas avec eux.
Au Moyen-Âge, la Geste chevaleresque chantait les exploits des seigneurs par la voix des troubadours et des jongleurs. Moi, je chante pour la liberté, l'égalité, la fraternité. Au fil des jours, je deviens symbole, je deviens révolution, république, je deviens peuple de France. Je porte le courage, j'exalte la grandeur. Les mots pulsent au rythme d'un cœur qui bat, qui combat, comme un cri fédérateur, un fort sentiment d'appartenance.
À Marseille, le “ Chant de guerre de l'armée du Rhin ” subjugue les Fédérés. Début juillet, ils se préparent à monter à Paris pour combattre l'invasion et défendre “ la patrie en danger ”.

Tout est soldat pour vous combattre
S'ils tombent, nos jeunes héros
La France en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre.

Ils leur faudra presque un mois pour parvenir au terme de leur voyage. Dans les villes et villages qu'ils traversent, je suis là, avec eux, à pleine voix. Le chant donne du sens, les mots rassemblent. De partout, des volontaires les rejoignent. Une fois, alors que retentit Amour sacré de la Patrie, tous les citoyens se mettent à genoux. Le député Barbaroux, notre chef, debout sur une chaise, en avait les yeux rougis. Le peuple communie dans ce “ Te Deum révolutionnaire ”.
Le 30 août, nous rentrons dans Paris, le “ Chant de guerre de l'armée du Rhin ” en tête. Le moment où les Marseillais agitent leurs chapeaux et leurs sabres en criant Aux armes, citoyens fait frissonner. Les mots ont rencontré la musique sur la grande pensée de l'affranchissement du monde. Les Parisiens, sans se soucier de mon titre originel, me baptise l'Hymne des Marseillais, puis la Chanson Marseillaise. Le 10 août, nous participons à l'insurrection du palais des Tuileries aux côtés des sans-culottes. Le roi est fait prisonnier. Ce jour-là, j'ai vu la fin d'une monarchie vieille de près de mille ans, j'ai vu naître la république ; ce jour-là, je suis devenue “ La Marseillaise ”.
Je suis née dans les mots d'une affiche, dans le patriotisme des hommes, dans la fraternité d'une nation. Mon père, le capitaine Rouget de Lisle, m'a réveillée. Allons enfants...

1871 :
Un jour, d'autres mots ont rencontré ma musique.
En juin 1871, la Commune de Paris, insurgée, a été écrasée. Dans les prisons, les Communards attendent la mort. Le poète Eugène Pottier, révolutionnaire et goguetier, écrit un poème en l'honneur des milliers de victimes de la Semaine sanglante, de l'Internationale Ouvrière, et le dédie plus particulièrement à Gustave Lefrançais, instituteur républicain et anarchiste. Poésie puissante, née de la rébellion des opprimés, de la solidarité ouvrière des nations, elle répond à l'appel de Karl Marx “ Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ”. L'Internationale est son nom.
La tradition goguettière veut qu'un auteur chante son poème sur un air connu. Tout naturellement, L'Internationale sera entonnée sur l'air d'un autre chant révolutionnaire, le mien, La Marseillaise. Comme une continuité, nous nous rejoignons sur la musique. Mais si moi je glorifie la patrie et la liberté, elle, dénonce la misère de ces “ damnés de la Terre ”, ces “ forçats de la faim ”, condamne les prélèvements effectués sur les salaires des ouvriers :

Les rois de la mine et du rail,
Ont-il jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Elle revendique l’égalité sociale, l'égalité de droits en reprenant les mots inscrits sur le drapeau de la Commune, « Pas de droits sans devoirs, Égaux, pas de devoirs sans droits ! ».
Des mots qui m'ont vue naître, prononcés par le révolutionnaire Babeuf en 1790. Des mots cités par Karl Marx en 1864 dans le préambule des statuts de l'Association Internationale des Travailleurs. Des mots, comme un pont dans le temps, de la Révolution française au communisme international.
Mes couplets patriotiques, remplacés par les vers militants du combat prolétarien, créent un sentiment d'appartenance sociale. C'est la “ lutte finale ”, celle des classes. Moi, je ne corresponds plus aux aspirations du monde du travail. Félix Pyat, personnalité de la Commune de Paris, l’a pressenti : « La Marseillaise de l’avenir, sera sans doute le chant de guerre contre ce qui restera d’ennemi à l’homme, le chant du travail dans sa lutte avec les éléments et contre la tyrannie de la matière… »
L'Internationale ne peut survivre sur ma musique. Ma musique fait corps avec mes paroles, je suis unique, je suis nation. Nous nous séparons. Je deviens l’hymne national français en 1879 ; elle, s'endort, dans l'attente des notes qui la réveilleront pour en sublimer l'émotion, pour en illuminer la substance idéologique. Son auteur, condamné à mort par contumace, s'exile aux États-Unis en 1873 ; il reviendra en France après l'amnistie de 1880. L'Internationale sera publiée en 1887 et remarquée par un poète guesdiste, Charles Gros, qui la communique à la section lilloise du parti ouvrier. Le maire de Lille demande alors à Pierre Degeyter, ouvrier et musicien, de la mettre en musique. C'est là le début de sa prodigieuse épopée.
Les mots ont trouvé leur rythme. L'Histoire a trouvé ses mots. Nous avons chacune nos valeurs. Je suis restée, plantée comme un drapeau tricolore au cœur de la France ; elle s'est envolée, rouge de révolte, tout autour de la Terre. Traduite dans une multitude de langues, elle accompagne les luttes sociales, les espoirs révolutionnaires ; elle porte, suivant le mot du militant socialiste et écrivain prolétarien Marcel Martinet, « la douleur et l’espérance de tant de millions d’hommes déshérités ».
Les mots ont rencontré leur musique, les hommes se sont levés. Les hymnes, comme des repères dans la marche du monde, en balisent le chemin. Pourtant, que sont devenues les idées généreuses de partage, de fraternité, de liberté ? Pourquoi faut-il que toujours, elles meurent sous quelque dictature politique ou économique ? Peut-être est-il de se réveiller à nouveau ? Debout, l'humanité...

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Rédigé par Mado

Publié dans #Musique

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Publié le 20 Avril 2016

"Quand les mots rencontrent la musique"... ça débouche parfois sur une nouvelle...

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Antoine était un jeune espoir au conservatoire de Nice. Ses compositions, pleines d’originalité, de surprises, faisaient vibrer les cordes sensibles. Ses parents, comblés, très fiers de leur fils musicien qui avançait vers un avenir prometteur, ne lésinaient pas sur les moyens à mettre à sa disposition. Ils lui avaient aménagé un studio high-tech au rez-de-jardin de leur villa, où le jeune homme pouvait composer en toute tranquillité.

Il passait son temps entre la musique, qu’il servait avec passion et beaucoup de talent, et une vie sociale insouciante. Il vivait chez ses parents qui l’aidaient généreusement. Il composait pour lui-même, comme il le disait en plaisantant : des danses, quelques concertos, des airs de jazz. Il rêvait de créer une symphonie, mais ne s’était pas encore sérieusement attelé à la tâche.

Il se consacrait ainsi entièrement à sa passion, sans autre souci que de trouver la note juste, l’accord parfait quand la mort de son père bouleversa sa vie tranquille. Il s’avéra qu'il ne laissait rien à sa famille, ses comptes en banque étaient vides. Antoine dut alors gagner sa vie lui-même. Pianiste acceptable, il trouva du boulot dans des piano-bars de la Côte, jouant ce qu’on attendait de lui, en y glissant de temps en temps un morceau de sa propre composition.

Un soir, une jeune femme vint le voir pendant sa pause.. Elle le félicita pour son jeu – c’était la première fois que ça lui arrivait depuis qu’il jouait dans les piano-bars – et l’interrogea ensuite sur un des morceaux qu’il avait joué peu avant. C’était une de ses compositions préférées, un tango. Bien que le tango ne soit plus à la mode, il s’était essayé, par curiosité, à cette danse. Lorsque la jeune femme apprit qu’il l'avait composé lui-même, elle lui demanda :

  • Est-ce que je pourrais écrire des paroles sur cet air ? Il m’inspire. Je chante aussi, et si mes paroles vous plaisent, je pourrais chanter la chanson.


Tout son Être se révolta : mettre des paroles sur sa musique, quel sacrilège ! Il n’était pas un vulgaire compositeur de chansonnettes, il allait composer sa symphonie, et le monde verrait ! Mais devant les yeux et le sourire de la jeune femme, ses lèvres formèrent les voyelles o-u-i.

  • Donnez-moi la partition, je reviendrai demain avec les paroles.

Elle tint sa promesse. Le lendemain, elle était là. Ce soir-là, Antoine interpréta beaucoup de ses compositions, rassuré par l’intérêt qu’elle lui portait et pour lui montrer l’étendue de son talent. Elle le rejoignit pendant sa pause.

  • Voilà les paroles que j’ai mises sur votre tango.

  • Je vais les regarder plus tard.

  • Non, regardez-les maintenant, s’il vous plaît. Sinon, je ne pourrai pas dormir de toute la nuit.

En lisant le texte, il constata qu'il sonnait juste. Une histoire de passion, de vengeance, de descente en enfer. Juste ce qu’il fallait pour un tango. Des paroles dures, sans sentimentalisme superflu. Il cherchait quelque chose à critiquer. Il ne trouva rien. Finalement, il lui dit :

  • Ça va, ce n’est pas trop mal.

Avec son sourire énigmatique, elle lui proposa :

  • Je peux chanter toute de suite, juste après la pause.

  • Le patron du bar ne va pas être d’accord, rétorqua-t-il.

  • Je me suis déjà arrangée avec lui, répondit-elle.


Après la pause, elle se mit debout devant le piano, il frappa les premiers accords. Avec sa voix un peu rauque, elle commença à chanter. Les conversations s'arrêtèrent, le brouhaha disparut. Tout le monde écoutait en regardant les musiciens. C’était magique. Des applaudissements tonitruants ponctuèrent la fin de la chanson. Antoine se leva. Valérie, la jeune femme, l’embrassa, le serra contre elle avant de retourner s’asseoir dans la salle. Il continua son répertoire. Les conversations reprirent petit à petit. Valérie observait. Le rejoignant à la fin de la soirée, elle lui dit :

  • On pourrait voir ensemble tes autres compositions, il y en a certainement quelques-unes sur lesquelles je pourrais ajouter des paroles. Tu sais, j’ai aussi la tête pleine de paroles. Tu pourrais composer des airs en partant de mes textes.

Elle l’avait charmé, il se laissa faire et lui répondit :

  • Dans mon studio, on est tranquille.


Ils passèrent la moitié de la nuit ensemble, à discuter, à choisir des morceaux et à essayer des airs.

Antoine était heureux. Il ne se l’était jamais avoué : souvent, il avait eu l’impression qu’il manquait quelque chose à sa musique, que ce n’était pas tout-à-fait ce qu’il voulait faire, mais il n’y arrivait pas, ce qu’il entendait n’était pas exactement ce qu’il avait eu en tête lorsqu’il s’était mis à composer. Avec les paroles et la voix de Valérie, certaines de ses compositions sonnaient juste. Il avait trouvé la solution, ou faut-il dire que la solution l’avait trouvé ?



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Rédigé par Iliola

Publié dans #Musique

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Publié le 20 Avril 2016

Un testament à la manière de Léo Ferré... La première strophe est celle de la chanson.

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Avant de passer l'arme à gauche

Avant que la faux ne me fauche

Tel jour telle heure en telle année

Sans fric sans papier sans notaire

Je te laisse ici l'inventaire

De ce que j'ai mis de côté

Cet edelweiss que tu m'avais donné,

L'album photo des premières vacances,

Les vieux faire-parts de nos jolis bébés

Que tu créas au jour de leur naissance.

Toutes les étoiles qui scintillent au ciel,

Albiréo qui a ma préférence

Et les jours bleus éclairés de soleil

Les fins d'été lorsque les feuilles dansent.

Les notes claires au son de ta guitare,

Les grands fous-rires sous l'ancien cabanon,

Les secrets clos au fond de la mémoire,

Nos chiens, nos chats autour de la maison.

Et tout le reste, les choses indicibles,

La poésie au creux du quotidien,

La traversée, le temps à la dérive,

Comme du sable qui coule de nos mains.

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Rédigé par Carmella

Publié dans #Musique

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Publié le 20 Avril 2016

Sur le thème : "Quand les mots rencontrent la musique..."

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Quand les mots rencontrent la musique, s’éveillent les vibrations, vibrations de l'ouïe, vibrations de l’esprit.

Moi je suis la note, do, ré, mi, fa, sol, la, si, do, peu importe, retrouver le mot est mon seul boulot.

Moi je suis le mot, juste la parole pour soutenir la note qui s’envole allégretto.

Moi je suis la note, je me moque que le mot soit de l’argot, du jargon militaire ou le chant de ma mie.

Moi je suis le mot, le mot choisi pour dire joie et souffrance, espoir ou amour.

Quand les mots rencontrent la musique, nous devenons chansons, opéras, chants ou sérénades.

Quand nous devenons chansons, nous entonnons chansons à boire, chansons à mourir ou douces ballades.

Quand nous devenons opéras, lyriques, épiques, ou ballets, nous rehaussons l’or des palais impériaux.

Quand nous devenons chants, nous trillons comme l’oiseau-lyre ou bruissons tel un ruisseau.

Quand nous devenons sérénade, nous contons à une belle les gracieux poèmes de l’amour.

Quand les mots rencontrent la musique, naissent nos héros, cantatrices, ténors, chanteurs ou troubadours graves.

Quand naissent nos héros, cantatrices, divas, atteignent d’un souffle le do dièse à la septième octave.

Quand naissent nos héros, ténors, barytons, nous ensorcellent au plus profond de nos cœurs.

Quand naissent nos héros, chanteurs et pop stars mettent le feu à des stades en fureur.

Quand naissent nos héros, les troubadours vont par les châteaux réciter aubade à l’amour.

Quand les mots rencontrent la musique, naît l’union universelle du rêve et de l’amour.

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Rédigé par Hervé

Publié dans #Musique

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Publié le 20 Avril 2016

Sur le thème : "quand les mots rencontrent la musique..."

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Si la musique pouvait s'écrire avec des mots

Laisse-les s'envoler, le vent les emporte

Dans un tourbillon comme des feuilles mortes

L'orchestre du temps joue en solo

Valse de mots, sur la musique des sons

Pureté de l'âme, douceur d'un violon

Ils forment une chanson que tu fredonnes

Comme un cadeau que la vie te donne

Do ré mi fa sol la si do

Sur les touches noires et blanches du piano

Mes doigts glissent et écrivent

Des phrases d'une émotion interrogative

Là, pas besoin de grammaire

Pour la conjugaison il suffit de quelques accords

En do en fa j'exagère

Il faut quand même un support

Le babillage d'un enfant

C'est de la musique des premiers temps

Où le langage n'était que des sons

De l'origine de la grande explosion

La musique est-elle comme l'espéranto

Un langage universel

Où il suffit de chanter quelques voyelles

En crescendo pianissimo ?

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Rédigé par Bernard

Publié dans #Musique

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