Publié le 14 Octobre 2019

 

MÉMOIRE – TEMPS DU RÉCIT

 

 

Racontez les mémoires d’un fauteuil de cinéma, d’une caméra, ou de l’atelier de menuiserie de la Victorine, du tapis rouge du palais des festivals de Cannes.

LECTURE :

Ne le dis à personne – Harlan Coben – (un roman adapté au cinéma)

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Rédigé par Atelier Ecriture

Publié dans #Cinéma

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Publié le 14 Octobre 2019

Ce qui m’arrive est à peine croyable ! Jusqu’ici, je coulais des jours tranquilles dans ce bel appartement de Manhattan. Je faisais partie des meubles, pourrait-on dire et du décor plutôt chic et luxueux de cette grande pièce aux larges baies vitrées. Contrairement à la plupart de mes semblables, je ne servais pas à entasser toutes sortes d’objets que l’on veut cacher à la vue des visiteurs et que l’on se promet de ranger un jour ou l’autre. J’étais quasiment vide. J’étais là pour la qualité de mon bois, le raffinement de mes ferrures, mon volume en harmonie avec l’ensemble de la pièce. Recouvert d’un joli tissu qui servait parfois de nappe, j’accueillais cocktails, apéritifs et autres collations auxquels étaient conviés des invités élégants, courtois et discrets ; parfois aussi on déposait des boîtes à cigares, des cendriers, des briquets, même plus rarement des clés ou autres bricoles ordinaires dont on vidait ses poches et que je n’appréciais guère, car elles me semblaient trop triviales pour moi.

 

Mais ce soir, mon destin a basculé. Brandon a invité Philip et David, ses camarades d’université et a réussi à persuader Philip qu’ils pouvaient commettre le crime parfait en assassinant David. Ils l’ont étranglé avec une corde, une scène atroce. En outre, il s’agit d’un acte parfaitement gratuit, destiné à mettre en pratique les enseignements de leur professeur de philosophie et à gagner ses faveurs. Brandon a voulu illustrer la théorie nietzschéenne du surhomme qui reconnaît aux êtres supérieurs, dont bien sûr il pense faire partie, le droit de tuer les êtres inférieurs, dont David lui apparaît comme un représentant. Philip, fasciné par Brandon, n’a pu faire autrement que s’associer à cette exécution.

 

Que faire du corps ? J’ai tout de suite compris : j’étais la cache idéale, personne ne viendrait y chercher David. Le corps a lourdement chuté et mon couvercle a été hâtivement refermé. Je me sentais vraiment mal à l’aise d’être impliqué dans cette macabre affaire, comme si j’étais complice de ce crime horrible. Dès lors je n’ai souhaité qu’une chose : que l’on ouvre mon couvercle et découvre la vérité. En aucun cas je ne voulais être associé à cette sinistre entreprise.

 

Mais je n’étais pas au bout de mes peines : Brandon, dans son scénario diabolique, avait décidé d’inviter à un cocktail les parents de David, sa fiancée, ses amis et bien sûr, le professeur de philosophie. Ils ont remis la nappe et disposé verres en cristal, assiettes en porcelaine, couverts en argent, car tout devait être parfait pour cette soirée exceptionnelle. Je me sentais de plus en plus mal.

 

La mère de David s’est brièvement inquiétée de l’absence de son fils, mais Brandon a aussitôt trouvé les mots pour la rassurer, en apparence du moins, évoquant quelque obligation qui le retenait à l’université.

 

Tout le monde semble jouer un rôle dans une mauvaise comédie. On boit, on grignote, on papote, mais le cœur n’y est pas. L’ombre du doute plane sur la petite assemblée. Brandon, pervers cynique, est sûr de lui et de son acte et ne montre aucun signe d’inquiétude ou d’agitation. Philip, c’est autre chose. Beaucoup plus fragile, visiblement dominé par Brandon, je dirais même soumis à son emprise, il est bourré de remords, rongé par la culpabilité. Très nerveux, il a du mal à cacher la panique qui le saisit par moments. Brandon, très volubile, circule parmi les invités, sert à boire, passe les assiettes garnies de petits fours, ose même quelques plaisanteries. Philip est plus taciturne et réussit à grand peine à se donner une contenance.

 

La soirée s’étire. Je sens qu’il va se passer quelque chose, je ne sais pas quoi, mais la situation va se retourner, j’en ai la conviction. Certains invités sont déjà partis. On commence à débarrasser. Bientôt, on va enlever la nappe. Le professeur –lui, bien sûr- semble se douter de quelque chose. J’attends.

 

 

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Rédigé par Monique

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Publié le 14 Octobre 2019

  • C’est pas pour dire, mais on commence à s’emmerder ici, ma parole !

  • Ben t’avais qu’à rester en bas ! Qu’est-ce qui t’a pris de te tirer comme ça ? T’étais pas bien où t’étais ? Personne a eu le temps de dire ouf et te vla ! T’aurais pu faire ça plus peinard !

  • Ouais, je sais, mais y avait plus rien dans le frigo et j’avais pas envie de faire les courses.

  • Ben en vla une raison qu’elle est bonne, t’as rien trouvé de mieux ? C’est qu’y en a dans c’te caboche !

[Faut dire que moi, j’ai pas fait aussi classe, j’ai mis du temps, j’ai traîné des pieds, à quoi bon finalement ? De toute façon, tu finis toujours les pieds devant, alors autant y aller ! ]

Bon, à vrai dire, moi aussi je m’emmerde, mais j’osais pas vendre la mèche tout de suite.

« La vérité n’est jamais amusante, sinon, tout le monde la dirait. »

  • C’est ce qu’elle me disait, ma bourgeoise, y en a là-dedans, mais je la croyais pas, de toute façon, faut pas croire tout ce qu’elles racontent, les bonnes femmes.

Bon, c’est pas tout ça, si on en trouvait deux autres pour faire une belote ? Ca nous ferait passer les temps. L’éternité, comme dit l’autre, c’est vachement long.

  • Et encore, t’as pas tout vu…

  • Ah bon, y a quoi d’autre à voir ?

  • J’sais pas, Dieu par exemple, ou la Sainte Vierge.

  • Non, tu déconnes ! Ils existent en vrai ?

  • Y en a qui disent que oui, pour ma part je les ai jamais vus. Mais on dit que d’y croire, ça aide à passer les temps, alors...

[Il commence à me courir, le nouveau, avec toutes ses questions ! J’aimais mieux avant, j’étais plus peinard ! S’il faut tout expliquer à chaque fois, va falloir que j’embauche une secrétaire ! En plus, ça me coûtera que dalle ! ]

  • Ah oui ! C’est qui qui disait « Faites semblant de croire et bientôt vous croirez » ?

  • Oh là là ! Déjà, je me rappelle plus de mes répliques, j’en ai dit des milliers, alors celles des autres…

  • Mais non ! C’était pas dans un film ! C’est un philosophe, je crois.

[Il se la péterait pas un peu, celui-là ? Moi aussi j’ai tourné dans plein de films, mais je la ramène pas comme ça, j’en fais pas un fromage ! Tout ça pour finir tous au même endroit ! ]

  • Un quoi ?

[D’où qu’il me sort, ce gonze ? ]

  • Un mec qui pense, quoi ! Qui dit pas que des conneries, forcément.

  • Bon, je crois que finalement, on va la faire, cette belote, là, j’ai le cerveau qui commence à trop chauffer, j’ai plus l’habitude !

  • Allez, c’est parti ! Mais on triche pas ! Ici, y a plus rien à gagner, de toute façon.

 

 

 

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Rédigé par Monique

Publié dans #Cinéma

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Publié le 14 Octobre 2019

Des effluves d'encens sur le plateau..

Une table immense fièrement dressée, jonchée de plats et de couverts argentés.. les restes éparpillés d'un repas copieusement arrosé.. des taches de vin comme du sang sur la nappe d'une pureté excessive.

Christian se lève, le regard vacillant, s'éclaircit la voix, étreint son verre comme on s'accroche à une bouée.

Cher Père.. aujourd'hui tu as 60 ans..

Les sourires s' ébauchent sur l'assemblée des nantis.

Tu m'as choisi pour successeur à la tête de notre société. La tâche me semble lourde.. difficile.. trop ardue peut-être.. sans ma jumelle Christine.

Un Silence froid dans la salle. Il poursuit.

Christine ! Veux-tu m'aider à prendre en main ces rênes tortueux.. tachés de ton sang ?

La caméra se fige, se détache de la scène, remonte vers l'écran vidéo perché au-dessus du plateau.

Une incrustation fantomatique.. le visage de Christine se précise, nimbé d'un halo de brume. Ses yeux fixes regardent la salle.. une larme coule, traverse l'écran, se répand en un filet limpide sur la nappe immaculée.

L'assemblée se fige.

Impossible.. Christine, tu es...?

Christian reprend.

Oui bien sûr.. une apparition ! Pour moi.. toujours vivante pour moi !

Helge, le père, visage livide.

Christine ? ​ Elle sourit.

Oui, papa c'est moi..

Le visage s'anime, prend des couleurs.

J'aurais voulu te dire.. comment as-tu pu ? Tes mains sur ma peau, ton odeur sur mon corps.. je vois encore la salle de bain. Toi, moi,et Christian.. comment as-tu pu ? Tes propres enfants..

La voilà, de chair et d'os sur le plateau. Une résurgence hallucinante.

Christian titube, lève son verre.Un toast à la Sainte Famille.. à toi maman, complice passive. À toi Michael, qui n'a rien vu. Et toi Hélène, trop ambitieuse pour dénoncer.

Un flash subit. L'écran s'éteint.

Christine a disparu. Une corde à ses pieds.

Christian lève les yeux vers l'écran, la scène.

Attends-moi..

Les plombs qui sautent. La nuit. La voix d'Hélène en coulisse.

Attendez.. je veux vous expliquer.. c'était un jeu.. pour moi !

La nappe s'est vidée de tout relief.

Cyril, le dramaturge, prend le porte-voix.

Et maintenant.. un spectateur sur le plateau s'il vous plaît. On reprend le repas.. avec les acteurs. Regardez-les.. ils sont perdus. Le chagrin, l'émotion.

Tu veux y aller ?

Il me fixe d'un air hagard, se racle la gorge..​ tu veux jouer ?

Je me lève du fauteuil, regarde la salle, les spectateurs, puis les acteurs en suspens.. sur l'écran, le visage de Christine, à nouveau figé et souriant.

Linda.. elle s'appelait Linda !​ Je susurre entre mes lèvres moites.

Christine, c'est moi. Je suis écrivaine !

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Rédigé par Nadine

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Publié le 10 Octobre 2019

 

SUSPENSE- FANTASTIQUE- MERVEILLEUX

 

Trois sujets au choix :

1) Comme dans La Rose pourpre du Caire, vous êtes au cinéma et un personnage, un animal ou un objet sort de l’écran et vient vers vous ou vers le personnage que vous avez créé.

Vous pouvez utiliser l’objet que vous avez choisi la dernière fois (atelier 3) et imaginer une suite à votre texte...

 

2) L’inverse : c’est vous qui passez à travers l’écran du cinéma ou de votre télévision… Racontez votre aventure.

Là aussi, vous pouvez choisir de vous retrouver dans le film dont vous avez parlé la dernière fois.

 

3) Inventez un synopsis de film S.F ou Fantasy. Rédigez-le de façon littéraire et sans plagier Woody Allen, bien sûr !

 

CINÉMA : atelier 4
LECTURE DE SYNOPSIS :

Dans les années 1930 aux États-Unis, pendant la Grande Dépression, une jeune serveuse de brasserie, Cécilia, a un mari chômeur et tire-au-flanc. Elle se console en passant ses soirées au cinéma, sa grande passion.

Un jour où elle est venue revoir, pour la cinquième fois, le même film au Jewel Palace, un incident extraordinaire se produit : l'un des personnages de La Rose pourpre du Caire, Tom Baxter, l'interpelle dans la salle. Il sort de l'écran, passe du film en noir et blanc au monde en couleurs et l'entraîne dans une aventure aux rebondissements imprévus.

À l'écran, c'est la panique : les autres personnages du film ne savent plus que faire, l'intrigue habituelle ne pouvant plus suivre son cours. Ils échangent des propos acerbes entre eux et avec les spectateurs furieux. Les producteurs du film, alertés, paient la presse pour acheter son silence, mais apprennent que d'autres Tom Baxter dans d'autres salles de cinéma ont tenté de sortir, et qu'un autre a oublié son texte pendant la projection.

Affolés, les producteurs dépêchent sur les lieux de l'évasion Gil Shepherd, l'acteur qui interprète Tom Baxter, pour tenter de rattraper le fuyard. Il y parviendra, non sans avoir au passage séduit à son tour la pauvre Cécilia, qui ne sait plus à quel rêve se vouer. Cécilia décide de suivre Gil qui lui propose de venir avec lui à Hollywood. Elle annonce à Baxter, dépité, son choix, arguant qu'il ne représente pas la vie réelle malgré son attirance pour lui. Baxter retourne dans l'écran pour de bon, au grand soulagement des autres personnages.

Mais quand Cécilia revient après avoir été chercher ses affaires, elle apprend que Gil est parti sans elle avec la direction de son studio. Dans l'avion du retour, Gil éprouve quelques remords d'avoir laissé Cécilia derrière lui mais ne fait rien pour changer sa décision.

Effondrée, Cécilia, restée dans la salle de cinéma, regarde "Le Danseur du dessus" (Top Hat) avec  Ginger Rogers et Fred Astaire.

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 10 Octobre 2019

Je me balade entre nuages, collines et routes poussiéreuses. Un tourbillon, c’est un plaisir. Le calme plat j’aime aussi, c’est du repos pour moi. J’attends. L’action ne va pas tarder, elle ne tarde jamais. J’adore le désert du Nevada, ses buissons que je déplace, ses rapaces que je fixe pour le plaisir de caresser leurs ailes, sa vie au ralenti.

 

Une voiture s’arrête, une valise s’écrase sur la piste. Une femme rondelette avec chapeau à plume en descend, bras ballants, désemparée. La voiture redémarre en trombe dans un nuage de projections. La portière claque, emportée par la vitesse.

J’entends : -Adieu Jasmine !

Je m’approche gentiment, une brise de jour d’été :

-vous avez besoin d’aide peut-être ?

Elle, hagarde, me fixe sans me voir, ne répond pas…

Elle se décide à faire rouler cette lourde valise.

Je n’ai rien d’autre à faire, je décide de l’aider. J’envoie une bourrasque dégager l’horizon. Je sais qu’il y a l’auberge de Brenda un peu plus loin.

Allons bon, le vent se soulève ! ll ne manque plus que ça !

Quelle ingratitude ! Je prends de la hauteur. A l’auberge aussi scène de ménage, claquement de portes (je n’y suis pour rien), haussements de voies.

Jasmine entre dans ce motel de quatrième zone, demande une chambre et attend que Brenda daigne lever les yeux.

J’interviens : un souffle envoi valser la pile de feuilles déposée en désordre sur un semblant de bureau.

-Ah bon sang, ce maudit vent, quel pays !

Brenda toise sa visiteuse :

-Vous voulez une chambre ici ? En cette saison ? C’est vingt dollars payable d’avance !

La rondelette au chapeau à plume paye et se dirige vers sa chambre sordide.

Des cris, encore des cris.

Incapable de réparer la machine à café ? Le compagnon propre-à-rien de la logeuse décide de quitter le domicile conjugal. La vieille guimbarde s’ébranle porte ouverte. La fille adolescente du couple arrive au même instant, assise sur le dossier de la banquette arrière d’une décapotable hors d’âge, accompagnée de déjantés de la côte Ouest qui ne pensent qu’à la fête.

La logeuse effondrée n’arrive pas à pleurer. Jasmine dans l’embrasement de la porte de sa chambre a tout vu.

Par la fenêtre, le soleil se couche dans un grand nuage rouge.

Je décide d’intervenir…

 

La nuit est profonde. La fenêtre ouverte. Je m’infiltre, me glisse dans les courriers. J’ouvre les tiroirs. J’écris, je note les adresses, ne regardant que mes doigts qui filent comme le vent. Ma main esquisse ce que je sens être le futur de

cette maison et chaque mot devrait porter. J’écoute la parole de mes aïeux, ces tornades qui soufflaient et pliaient tout sur leurs passages, inondaient les campagnes et favorisaient l’apparition du soleil qui succédait et tout recommençait.

Je note encore et je file. Je survole Bradbury, la Miranda, Monterey. Les gens dorment englués dans leurs rêves, j’y dépose la nouvelle.

Lorsque je m’arrête, l’horizon s’éclaircit…

 

La femme au chapeau a troqué son galurin contre un tablier Bavarois d’un effet identique. Elle s’installe à la cuisine et prépare des Bretzels, genre de pâtisserie salée, et des délicieux Bavarois au café avec sa petite cafetière de voyage, à faire craquer tous les adeptes de régime.

Des voitures arrivent, se garent n’importe comment, des jeunes, des moins jeunes en sortent.

-C’est ici ? demandent-ils.

Le brouhaha s’installe, les conversations fusent, les claques dans le dos résonnent, les rires sonores s’envolent de table en table.

-Mais qu’est-ce-que c’est ce Bazar ? s’interroge Brenda.

La salle se remplit, on en redemande.

-Mais c’est vrai ce qui se dit, c’est excellent ici !

Jasmine s’éponge le front.

-On va tomber en panne de café, il faudrait faire des provisions.

Brenda se dit qu’elle rêve, mais comment ont-ils su ?

 

Je m’éloigne. Un tourbillon sur la route 66 que personne ne perçoit. Je m’élève à la recherche d’air frais et de hauteurs.

Un rapace flotte dans le ciel d’azur, j’en profite pour lui caresser les plumes.

Ils n’ont plus besoin de moi. Il y a bien quelque part un endroit où je serais utile,

Je grimpe, je grimpe…

 

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Rédigé par Gérald

Publié dans #Cinéma

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Publié le 8 Octobre 2019

Depuis hier, j'étais accroché à la patère de l'entrée où je m'ennuyais quelque peu. Soudain mon propriétaire, excédé visiblement par le train-train de sa vie, m'attrapa et je remplis ainsi ma fonction première de couvre-chef.
Je l'
entendis murmurer en son for intérieur que nous allions au cinéma voir « le Mecano de la Générale » de Buster Keaton. Le ticket en main, nous prîmes place et c'est ainsi que je me retrouvai sur un siège entre mon propriétaire et une jolie femme qui ressemblait à Annabelle, l'amoureuse de Buster.
Je ne voyais pas très bien ; alors, discrètement, j'allai sur un fauteuil du premier rang au moment de la séquence où le train déraille et où tout le le monde se retrouve dans le fossé, moi y compris… Je fus stupéfait : le chapeau acteur était mon sosie. Comment cela était-il possible ?
Au mot « fin », mon propriétaire se leva, me remit sur sa tête et nous filâmes prendre le dernier train.

Quant à moi, pastichant Boris Vian, j
e me demande si je ne suis pas en train de jouer avec les mots. Et si les mots étaient faits pour ça ? 

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Rédigé par Françoise M.

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Publié le 7 Octobre 2019

 

PROSOPOPÉE ET NARRATEUR ET POINT DE VUE

 

Réécrire la scène du film du point de vue de l’objet :

- la robe noire de Mireille D’arc dans Le Grand Blond avec une chaussure noire,

- la 2CV de Bourvil dans Le Corniaud,

- la clé à molette de Chaplin, ou la machine, ou l'un des rouages, dans Les Temps modernes,

- les longs gants de Rita Hayworth dans Gilda,

- la chambre ou l’un des meubles de la chambre dans 2001, l’Odyssée de l’espace,

- la robe de mariée de Jeanne Moreau dans La mariée était en noir,

- l’harmonica de Charles Bronson dans Il était une fois dans l’Ouest,

- le sabre-laser de Dark Vador ou de Luke Skywalker dans Star Wars.

- la locomotive dans L’arrivée du tarin en gare de La Ciotat,

- le vélo-solex de Jacques Tati dans Mon Oncle,

- le couteau de Eiko Matsuda dans L’Empire des sens,

- le landau dans Le Cuirassé Potemkine,

- la DeLorean de Doc dans Retour vers le futur,

- la robe de Marylin Monroe dans Sept ans de réflexion.

CINÉMA : atelier 3
CINÉMA : atelier 3
CINÉMA : atelier 3
LECTURE DE PROSOPOPÉE :

L’ÂME DU VIN

Un soir, l’âme du vin chantait dans les bouteilles :
« Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité !

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
De peine, de sueur et de soleil cuisant
Pour engendrer ma vie et pour me donner l’âme ;
Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,

Car j’éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d’un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.


Entends-tu retentir les refrains des dimanches
Et l’espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content ;

J’allumerai les yeux de ta femme ravie ;
À ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
Et serai pour ce frêle athlète de la vie
L’huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l’éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur ! »

 

Les Fleurs du Mal - BAUDELAIRE

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 7 Octobre 2019

Imaginez un dialogue ‘‘à la Audiard’’ entre deux acteurs morts, là-haut, au paradis des acteurs. Entrecoupez de quelques monologues intérieurs ; inventez si vous pouvez les dialogues dans l’esprit Audiard et incluez aussi quelques répliques de films.

 

 

  • « Inventez si vous pouvez » Pas un énoncé, une sentence !

  • Ho, ho, l’hère, l’ire l’air d’haïr vous donne.

  • Ben ça alors, ben ça, tu me la copieras !

  • Ho hère, mon brave, dites-moi.

  • T’es qui toi ?

  • Marcelin-Henry de Saint Guodillo, sociétaire de la comédie française de son vivant, âme damnée maintenant. Si j’osai…

  • Ose mon pote, « les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît. » (Les tontons flingueurs)

  • Con, moi, Marcelin-Henry de Saint Guodillo ? Brave hère « vous savez quelle différence il y'a entre un con et un voleur ? Un voleur de temps en temps ça se repose. » (Le guignolo) et là je me repose… pour l’éternité. Oui, vivant j’ai volé, volé des mots, d’esprit ou seulement bons parfois, plus souvent vulgaires ou simplement grossiers, volé des tirades interminables à de piètres auteurs, de lyriques envolées à d’antiques poètes hellènes, des rires à de gros nigauds pleins de frics, des larmes à d’adorables minois désargentés. Alors voleur oui, con je ne vous le permets pas. J’attends des excuses.

  • Te fâche pas collègue, des excuses, tout de suite les grands mots, remarque bien « je suis pas contre les excuses je suis même prêt à en recevoir. » (Les grandes familles) mais n’empêche, moi je dis que c’est une sentence, pas un énoncé.

  • A quels écrits faîtes-vous allusion ?

  • L’énoncé de l’exercice de l’atelier d’écriture.

Marcelin-Henry s’assoit confortablement sur un petit cumulo-nimbus onctueux, blanc, entreprend la lecture du fameux texte objet de mon ire.

  • Fichtre ! Ce n’est pas un énoncé mais une sentence !

  • Comme je te le dis, y va m’entendre le gros Père.

  • Le gros Père ?

  • Saint Pierre, chaque semaine sa nymphette nous donne un devoir sur table à faire pour la semaine suivante, nous faire passer le temps qu’elle nous dit, comme si on savait pas que l’éternité c’est pour tout le temps. T’es nouveau ici ?

  • Oui, hier. Celle-là tu la connais ? « Il remontait la rivière à contre-courant » Entendue à la télé, juste avant de partir.

  • Pas mal, mais moi tu sais « je suis ancien combattant, militant socialiste et bistrot. C'est dire si, dans ma vie, j'en ai entendu, des conneries. » (Un idiot à Paris) C’est pas tout ça, je vais y causer du pays au ventru.

  • Calme hère ami, d’haïr cesse, réfléchissons, « deux intellectuels assis vont plus loin qu'une brute qui marche. » (Un taxi de Tobrouk) Positivez, rencontrez notre bon père, souriez lui, explicitez votre déconvenue…

  • De quoi, de quoi « mais pourquoi j'm'enerverais ? Monsieur joue les lointains ! D'ailleurs je peux très bien lui claquer la gueule sans m'énerver ! » (Le cave se rebiffe)

  • Arguez de votre talent, expliquez votre mécontentement, insistez sur le fait que « la justice c'est comme la Sainte Vierge. Si on la voit pas de temps en temps, le doute s'installe. » (Pile ou face.) Enfin n’oubliez pas « Il vaut mieux s'en aller la tête basse que les pieds devant. » (Archimède le clochard)

  • Les pieds devant, c’est fait !

 

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Rédigé par Hervé

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Publié le 7 Octobre 2019

Je suis – ou plutôt j’étais – le fidèle compagnon d’Antoine Marechal. C’était un modeste commerçant qui tenait sa boutique dans un quartier populaire de Paris. Pendant de nombreuses années, nous étions inséparables. Tous ses voisins connaissaient sa 2 chevaux. Le dimanche matin, quand son magasin était fermé, il me bichonnait, me lavait, me lustrait, ce qui faisait mieux ressortir ma belle couleur bleue dont j’étais si fière. Je lui rendais bien les soins qu’il me prodiguait. En toute circonstance, il pouvait compter sur moi. Qu’il pleuve, qu’il vente, je démarrais au quart de tour, et c’était pareil lorsque le thermomètre descendait à moins dix.

Hélas, un événement tragique a mis fin à notre belle amitié. Comme tous les ans, Antoine baissa le rideau de sa boutique le premier août pour s’accorder quelques semaines de vacances bien méritées. Vacances pour lui, heures sup pour moi. J’étais pourtant heureuse. Après avoir passé onze mois à Paris, entrecoupés par quelques petites escapades en Normandie, j’avais besoin du grand air, du Sud, du soleil. Nous partions sur la Côte d’Azur, où une vieille tante d’Antoine nous attendait avec impatience. En échange du logis, Antoine effectuait des petits travaux. Dans une maison, il y a tant de choses à faire ! Nous voilà partis, moi toute rutilante, après une révision à fond, Antoine avec un chapeau pour le protéger du soleil. Nous cherchons notre chemin à travers un Paris encombré pour rejoindre la RN 7, bien connue comme la route des vacances. Profitant de notre priorité, nous traversons un carrefour, ou plutôt, nous tentons de traverser un carrefour, car en plein milieu, une Rolls Royce énorme, costaude comme un tank, me transforme littéralement en pièces détachées. Tout hébété, Antoine reste là, assis sur la chaussée, encerclé des débris de moi, sa voiture. Mais rapidement, le conducteur du tank, je veux dire de la Rolls Royce, arrive pour amener Antoine avec lui. Moi, je reste là, au milieu du carrefour. Naïve comme je suis, je m’attends à ce qu’Antoine s’occupe de moi, qu’il ramasse mes morceaux et qu’il m’amène dans notre garage habituel. Mais Antoine ne revient pas. Finalement, c’est un dépanneur, appelé par la police, qui s’est chargé de l’enlèvement de mon squelette pour m’amener au cimetière des voitures.

C’est là que je guette le retour d’Antoine, depuis des nombreuses années maintenant. Il ne peut pas m’abandonner. Mais, va-t-il me reconnaître ? Je suis toute rouillée. Presque rien ne reste de ma belle couleur bleue.

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Rédigé par Iliola

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