Publié le 18 Octobre 2022

 

Le soleil et ses rayons nous disent bonsoir, en colorant le ciel de ses magnifiques nuances apaisantes.

Le fleuriste rentre ses plantes fleuries et les senteurs sucrées les accompagnent en disparaissant.

J’ai plaisir à regarder les gens qui vont aller remplir leurs devoirs familiaux, ce silence qui s’installe et la nuit qui arrive.

Je suis une couche tard, très tard, j’aime m’installer devant mon bloc de papier afin de continuer mon roman, la nuit m’inspire !!

Ce fut une journée d’automne avec un doux soleil timide et rassurant.

A la terrasse, vers 22 heures, on ressent un air apaisant, quelques feuilles s’envolent laissant un joli tapis orange et jaune sur le sol aux pieds des platanes.

Le dernier sur le terre-plein devant chez moi donne l’impression de me dire bonsoir.

Je sors un instant, une tasse de café à la main, m’appuyant à la rambarde je regarde mon voisin qui promène ses deux Cané Corso, ces énormes chiens aussi doux et gentils qu’imposants, il me fait une petit signe de la main.  

Ma voisine de 90 ans, en trottinant, sort son petit caniche gris aussi âgé que sa maîtresse.

Puis, je rentre me remettre au travail, les idées reviennent.

Ce petit manège durera pratiquement jusqu’à trois heures du matin.

L’envie de revoir la nuit, les étoiles et la lune, cette dernière timide se cache à demi derrière un nuage gris.

La douceur de la nuit, le silence s’installe, quoi que non, des livreurs de pizzas passent encore, fatigués, ils roulent moins vite.

Les feuilles d’automne tombent doucement, comme pour ne réveiller personne, tristes de quitter leurs mères nourricières…

Morphée m’appelle, je sens la fatigue me fermer les yeux insidieusement alors, je vais rentrer, fermer mon bloc, un dernier regard dans mon quartier que j’aime bien, tout est calme et serein, le jour ne va pas tarder à pointer le bout de son nez.       

 

Voir les commentaires

Rédigé par Dominique

Publié dans #Ville

Repost0

Publié le 18 Octobre 2022

 

Soir d’automne, envie de me perdre dans les constellations…

Le Cygne glisse vers l’ouest et la Grande Ourse vire sur ma tête. A l’est, Pégase caracole au-dessus de Jupiter qui court après Saturne. La Lune, presque pleine, éclaire le chemin. Elle dessine sur le sol une dentelle sombre, ombre tombée des branches d’un arbre.

Une clameur monte dans la nuit. Elle provient du stade de rugby, dans la plaine, au bout du chemin des Arboras. Il est éclairé par quatre immenses panneaux de lumière blanche, incongrus et agressifs ; ils déchirent violemment la douceur de la nuit, éteignent les étoiles au-dessus d’eux. Pollution lumineuse, l’un des fléaux du siècle !

Mon regard les fuit pour suivre, derrière eux, la crête de la colline qui se découpe, toute nette, sur le ciel d’un bleu presque noir. La nuit, la colline est divisée en trois bandes parallèles, trois rubans lumineux : un qui suit la crête, un qui la partage en son milieu et le dernier qui souligne sa base. Je devine les trois routes, invisibles depuis ma maison le jour, qui se dévoilent la nuit et parent la colline de colliers de lumière. Un amas de réverbères ajoutent à sa parure en dessinant les Pléiades. Quand cet amas d’étoiles n’est pas dans le ciel, je sais que je peux le trouver épinglé à la colline d’en face. Magie de l’imaginaire…

Au bout de la colline, vers le nord-ouest, le Baou de Saint-Jeannet. Tout vêtu de bleu clair au soleil, de gris doux sous la pluie, il devient dans la nuit une masse sombre et inquiétante… peut-être est-ce là que se cache le « babaou », monstre terrifiant de mon enfance… Baou, babaou… sonorités emmêlées dans ma tête d’enfant.

Un grondement ronronnant, un tintement cliquetant interrompent mes divagations. Le tram rouge arrive à l’arrêt Arboras-Université, attire mon regard qui traverse rapidement la plaine sombre jusqu’à lui. Le tram s’est tu à présent. Il attend. La station dresse fièrement ses deux T de lumière blanche qui contrastent avec les feux rouges et verts du carrefour. Ici, c’est le seul point coloré de la nuit. L’avenue Sainte-Marguerite, l’avenue Simone Veil, le chemin des Arboras sont déserts. Vides de gens, et surtout de voitures. Le calme après les klaxons, les vrombissements, les pétarades de la journée. Juste le tram qui redémarre en tintant et ronronnant.

Alors, je quitte la plaine pour revenir au ciel. Les constellations immuables poursuivent leur route vers l’ouest. Mes yeux piquent, je vais poursuivre la mienne dans le sommeil qui m’appelle.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Mado

Publié dans #Ville

Repost0

Publié le 18 Octobre 2022

 

Accoudé à la fenêtre, je regarde dehors

Le soleil qui dans le ciel s’étire vers le port

Emportant la lueur du jour

 

Les vieux lampadaires allument leurs lampes

Qui attirent les papillons comme une vieille amante

Dans une valse éphémère

Ou leurs ailes se brulent dans la lumière

 

La nature doucement s’endort

Instant ou tout s’arrête, petite mort

Le bruit s’estompe dans le firmament

J’arrête de conjuguer le présent

 

La lumière diffuse des ombres chinoises

Sur l’écran blanc de mon ardoise

J’écris des phrases des mots

Pour faire fuir mes maux

 

Quand la lumière se tamise

Instant magique où ma raison se brise

Le regard de mes yeux au fur et à mesure cesse

La nuit l’emporte par une caresse

 

Je m’enfonce dans mon lit

Demain un jour nouveau une nouvelle vie

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bernard

Publié dans #Ville

Repost0

Publié le 17 Octobre 2022

 

Le quartier

Je me souviens du quartier de mon enfance.

Je me souviens qu'il était plein de charme, ce petit quartier au pied de la colline.

Je me souviens de cette sympathique avenue, pas très grande, vue avec des yeux d'enfant. A l'époque, pas de voitures, mais des fleurs partout, elles pendaient le long des murs blancs ou ocres.

Je me souviens des rosiers parfumés, des glycines couleur lavande ; des bougainvilliers embaumaient tout l'espace.

Je me souviens que chaque petite maison avait son jardin potager, elles laissaient échapper des odeurs diverses.

Je me souviens, les papillons et les abeilles butinaient de fleurs en fleurs, amassant le précieux nectar, accompagnés d'une douce musique faite par leurs ailes.

Cet endroit, c'était le Jardin d’Éden, mon village à moi.

Je me souviens, le long de l'avenue bardée d'acacias, un parfum subtil se dégage ; il m'imprégnait sa quiétude et sa sérénité.

C'était le quartier où vivait mon grand-père.

Je me souviens d'y avoir passé des jours heureux. Ces instants furtifs coulent toujours en moi.

Quel brouhaha lorsque venait le chant des grenouilles !

Je me souviens du plongeon des enfants, glissant au fond du bassin ; quel plaisir simple fait de rigolade, c'était chouette !

Je me souviens, parfois les enfants faisaient de grosses bêtises, les punitions pleuvaient pour la semaine.

Partout dans l'espace ensoleillé, un parfum tournait dans l'air, le raisin sous la tonnelle, la tarte aux prunes, ainsi que l'odeur du thym, romarin, sauge, qui se retrouvait dans les bons petite plats.

Je me souviens combien d'amour cette campagne donnait.

Aujourd'hui, tous les jours je passe devant, c'est le lieu de ma résidence, mais elle a perdu son âme, sa musique et ses rêves.

 

Le restaurant guinguette

Je me souviens d'une très grande maison

Je me souviens de son grand salon

Je me souviens de son piano mécanique

Je me souviens de son restaurant typique

Je me souviens des grandes fêtes rieuses

Je me souviens d'une ambiance joyeuse

Je me souviens des danses effrénées

Je me souviens des matins enjoués

Je me souviens de mon joli quartier

 

La petite fabrique de bonbons

Je me souviens d'une effluve capiteuse

Je me souviens d'une odeur subtile et délicate

Je me souviens d'une image, celle d'enfants qui sortaient de l'école

Je me souviens du chemin de retour

Je me souviens de leur allure ralentie3

Je me souviens qu'ils savouraient l'air parfumé

Je me souviens qu'ils humaient le doux parfum de vanille

Je me souviens qu'elle embaumait l'étroite ruelle

Je me souviens de la petite entreprise

Je me souviens qu'elle fabriquait des biscuits et des bonbons

Je me souviens encore aujourd'hui d'une impalpable nostalgie

 

Le petit cordonnier

Il était très âgé, il travaillait dans deux mètres carrés. Je me souviens, assis sur son tabouret sans dossier, il était fagoté d'un grand tablier.

Tout autour de lui des étagères trônaient ; d'un côté il y avait les souliers, tristes et déformés, de l'autre, des paires de chaussures ravigotées. Il fallait voir comme elles étaient fières à nouveau, capables d'enrubanner de jolis pieds.

Je me souviens, le petit cordonnier, il tapait toute la journée ; sa bouche était pleine de clous rouillés. A la question posée, c'était sa tête qui bougeait.

Je me souviens de son visage illuminé en caressant son précieux objet.

Je me souviens, ce travail, il fallait vraiment l'aimer.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Arlette

Publié dans #Ville

Repost0

Publié le 17 Octobre 2022

Je me souviens de ma rue

 

Je me souviens de la rue Aurore, qui était encore une impasse où l’on pouvait jouer librement. Nous nous en donnions à cœur joie.

Je me souviens du baby foot que nous sortions du garage et dont nous faisions payer les parties une somme symbolique aux enfants de la rue qui se bousculaient.

Je me souviens de nos déambulations à vélo, trottinette, patins à roulettes sur le bitume rugueux et cabossé qui nous faisait chuter parfois, ce qui nous valait des genoux couronnés du rouge vif du mercurochrome.

Je me souviens du bébé dans son landau que sa mère nous donnait imprudemment à garder et que nous, les grandes filles, nous battions pour en avoir le privilège, lui faisant mille risettes et babillant dans son langage.

Je me souviens du concours de hoola hop de la rue, que j’étais fière d’avoir gagné, espérant vainement qu’un entraînement intensif me ferait perdre un peu de mes hanches que je trouvais déjà trop rondes.

Je me souviens du fracas des travaux de la Voie Rapide qui commençaient et des explosions qui nous faisaient sursauter et déplorer cette blessure dans le paysage.

Je me souviens du vendeur à la criée de la pogne de Romans qui arpentait les rues en annonçant de sa voix forte et rythmée comme un slam, au bel accent du sud « Un franc la belle pogne, bien fraîche, bien bonne », et nous courions derrière lui avec nos pièces de monnaie, en attendant de déguster cette délicieuse galette qui ressemblait à une couronne des rois en plus simple.

Je me souviens des chats qui couraient en liberté, car il n’y avait encore ni barrières, ni grillages, ni portails. Le nôtre, un vagabond, ne rentrait que le soir pour son dîner.

Je me souviens des appels des mamans par les fenêtres, le soir venu, pour ramener toute cette marmaille à la table du dîner familial « Marie-Laure ! Jean-Jacques ! Patricia ! Jeannot ! A table ! ». Mais les enfants faisaient semblant de ne pas entendre pour continuer leurs jeux et faisaient enrager leurs mères qui s’époumonaient.

Je me souviens de tout ce petit monde, mouvementé mais tranquille, que l’ouverture de la rue a transformé. Les enfants ont grandi, sont partis. Aujourd’hui les enfants ne jouent plus dans la rue.

 

______________________________________

 

Je me souviens de la rue Aurore, ce jeudi après-midi-là, un des premiers après la rentrée des classes. C’était une vraie noria de roues et de roulettes dans la rue. Les trottinettes se disputaient l’espace avec les vélos, quant aux patins à roulettes, ils faisaient ce qu’ils pouvaient pour se faufiler dans ce charivari ponctué de sonnettes, de rires et d’exclamations joyeuses ou apeurées.

Soudain, un grand cri : Michel, sur sa trottinette a été percuté par Alain sur son vélo. Les deux garçons étaient par terre, en pleurs, examinant affolés leurs éraflures et le sang qui s’en écoulait.

Mais Evelyne, douze ans et déjà la petite maman du groupe, avait tout prévu. Elle sortit de ses poches le mercurochrome, les compresses, les pansements. Après avoir apaisé d’une voix douce les pleurs des gamins, elle désinfecta délicatement leurs blessures –il n’y eut plus une larme- et leur appliqua de jolis et solides pansements. Les deux garçons semblaient tout fiers. Tous les autres s’étaient arrêtés pour assister à la scène, mi-inquiets, mi-admiratifs. Certains étaient peut-être un peu jaloux de ne pas être au centre de l’attention de tous, et d’Evelyne en particulier.

Encore quelques minutes et le joyeux manège reprit de plus belle, dans le même désordre, chacun se frayant un chemin dans le tourbillon incessant des petits bolides mécaniques.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Monique

Publié dans #Ville

Repost0

Publié le 17 Octobre 2022

 

Fouillis des voies entrecroisées dans leur laideur de béton gris

Roulement des feux en mystérieuses suites

Arrivée en grappes des jeunes lycéens

Nul passant ne s’attarde au grondement des moteurs

Crasse des fumées des pots d’échappement

Ordinaire ballet des roues de toutes sortes

Imagine un peu, on démolit tout ça

Suivent des fleurs, des arbres et du gazon partout

 

Grand fracas des voitures au milieu des carrefours

Roulement des motos, des camions, des scooters

Oublié le calme des ruelles alentour

Sifflement du train s’approchant de la gare

Sales, si sales, les abords de la passerelle

Ordinaire parcours d’une passante pressée

 

IL Y A

(dans mon quartier)

 

Il y a ce grand parc avec son olivier millénaire que je viens saluer à chaque fois et de petits chemins caillouteux

Il y a d’étranges bâtisses sur pilotis aux couleurs improbables

Il y a des haies toutes fleuries de mauve, d’orange, qui cachent les jardins aux yeux des passants

Il y a des vélos bleus oubliés dans les rues, comme jetés au hasard sur les trottoirs

Il y a des jeunes gens assis par terre à l’heure du déjeuner, qui mordent dans leurs pizzas, tout en jouant sur leurs téléphones et en discutant dans de bruyants éclats de rire

Il y a des enfants qui sortent de l’école et serrent fort la main de leur maman

Il y a le calme tout près du fracas

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Monique

Publié dans #Ville

Repost0

Publié le 17 Octobre 2022

 

Je me souviens le boulevard d’avant le tram, avec les platanes, la rue plus large.

Je me souviens d’avoir juste la rue à traverser pour aller dans l’épicerie de ma grand-mère

Je me souviens de cette personne qui venait parfois et qui criait : « VITRIER »

Je souviens du Milk Club, chez Jeannette et Olive, des glaces a l’eau parfumée au cola, de la gratta keka.

Je me souviens des courses cyclistes certains soirs d’été, tout autour du quartier.

Je me souviens des vieux bus verts N°5

Je me souviens d’avoir appris à lire l’heure en décryptant la position des aiguilles sur l’horloge du clocher de l’église.

Je souviens des bancs couleurs moutarde et verts aussi

Je souviens du bruit des roulettes des patins sur le trottoir.

Je souviens de la vue sur la colline en face avant qu’une paroi d’immeuble ne la cache.

Je me souviens du manège sur la place.

Je souviens de l’auberge de la tranquillité, du bruit des boules, qui tapaient contre le mur de la salle à manger, de la fiesta d’un soir de mai 81 qui a durée une semaine.

Je me souviens des premières descentes et remontées en mobylette du boulevard.

Je me souviens des chars de la bataille des fleurs qui passaient devant la maison direction la promenade.

Je me souviens des gros réservoirs d’essence de Bon voyage.

Je me souviens du marché qui s’étalait tous le long avant d’échouer sur la place.

______________________________

 

Souvenir du magasin de ma grand-mère

 

Un quartier c’est comme un village, le mien Saint Roch, il ne déroge pas à cette règle.

J’y suis né et je vis dans la même maison en plein centre du boulevard depuis quasiment depuis toujours.

Mes dix premières années je les ai passées dans l’épicerie de ma grand-mère maternelle, sur le trottoir juste en face. Ma mère l’aidait et c’était le point de rendez-vous de toute la famille. Celle d’ici et celle en dehors de Nice. Avec les autres magasins, la petite boucherie, le salon du photographe, la boucherie chevaline de ma marraine, la petite mercerie tout à côté c’était aussi comme une autre famille.

J’ai appris à lire l’heure en regardant les aiguilles du clocher de l’église, on allait "au" docteur dans l’immeuble juste à deux pas de porte. L’été quand c’était la saison des fraises j’allais chercher de la chantilly, à la boulangerie juste au coin. Après l’école je jouais devant, en apprenant à faire du vélo ou du patin à roulette.

Je le quittais parfois quelques secondes pour courir acheter pour 1 franc de bonbons au Milk Club, ou des glaces à l’eau au parfum cola ou menthe.

L’épicerie ne fermait presque jamais et le dimanche souvent c’était consacré à nos repas de famille, interminables.

Et puis en 74 ma grand-mère l’a vendu. Cette période mon existence a pris une nouvelle direction.

Le magasin est devenu une banque avec des murs noirs et des vitre teintées et occultantes sur l’intérieur.

La vie a repris son cours.

Bien des années plus trad, je parle de presque trente ans, au moment du tram… la banque a déménagé à son tour et s’est vu remplacée par un commerce de vêtements et accessoires de mode. Au départ je n’y ai pas prêté attention ; des ouvriers s’affairaient à des travaux de rénovations. C’est un soir en sortant mon chien que ça m’a chopé au cœur. J’ai tourné la tête vers ce passager assoupi de mon enfance dépourvu de sa vitrine opaque et j’ai revu son intérieur plein de lumière.

Comme si on apposait les causses électrifiés d’un défibrillateur sur les flancs immobiles d’une poitrine en arrêt cardiaque. Et revoir le souffle reprendre sa course en la soulèvent doucement. Je suis resté là à regarder ce spectacle. Quand il a rouvert un après midi je me suis décidé. Prétextant un achat d’anniversaire pour une amie, j’y suis retourné et en y pénétrant de nouveau la magie à opérée. Quelle Douce sensation soudaine ! Comme retrouver son foyer après de longues années d’absence.

Sans prévenir, une délicieuse émotion s’est emparée de moi, comme jeté brusquement dans les airs, un album de photos s’est ouvert tout en grand à l’improviste dans ma tête. J’ai revécu mille souvenirs, j’ai ressenti mille odeurs, j’ai réentendu mille mots phrases, rires.

J’ai revu ma mère et ma grand-mère derrière le comptoir, je me suis rappelé la cuisine dans l’arrière salle, j’ai revu mon oncle et ma tante et de leur pote d’école ; et la première fois ou j’ai fait connaissance de celui et celle qui en les épousant deviendraient une autre tante et un autre oncle, j’ai revu les marmites qui mijotaient tout le temps.

Je me suis souvenu de la camomille qu’on m’obligeait à boire quand j’étais barbouillé.

J’ai revu le vieux poste radio, et le lit dans le fond caché par un rideau rouge à fleurs. Je me suis souvenu que c’est ici qu’on m’avait annoncé qu’un petit frère venait d’arriver. C’était plein d’images qui surgissaient pêle-mêle devant mes yeux… Ce n’était pas triste juste nostalgique.

Et puis je suis ressorti, avec un sourire en dedans, comme empreint d’une légère ivresse, du genre qui nous donne cette sensation de marcher d’un pas tout léger. Je dis toujours qu’un quartier c’est un village, c’est vrai, mais moi ce village, mon village c’était ce petit bout de trottoir et petit bout de mon histoire.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Jean-Michel

Publié dans #Ville

Repost0

Publié le 17 Octobre 2022

 

Sortir de bonne heure. Ecouter !

Attraper les ambiances maraîchères. S’arrêter

Inviter, saluer, partager le goût du café

Naviguer, dériver, du présent au passé.

Trottoir d’une enfance. La mienne.

 

Revenir devant le vieux magasin effacer

Ouvrir le placard aux goûters oubliés

Comme une page d’un cahier d’écolier

Heureux temps d’avant, presque retrouvé.

_____________________

 

Il y a le long boulevard qui s’étale

Il y a la verdure du tram qui trimballe

Il y a le bitume qui l’emballe

Il y a le marché qui s’installe

Il y a Ulysse qui renifle et cavale

Il y a le temps qui passe et dévale

Il y a une rue mon quartier en amont, en aval

Il y a cet espace, un bout de ma ville.

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Jean-Michel

Publié dans #Ville

Repost0

Publié le 17 Octobre 2022

 
Je terminais mon jogging matinal et je m'arrêtais essoufflé sur la place tout en haut du village. Face à moi le 2 rue de la calade avec sa plaque toujours visible en rez de chaussée. Un rayon de soleil caressait la maison de grand-mère, disparue depuis longtemps.

Je me souviens de cet arrêté de mairie qui avait fait grand bruit en plein été...

-Comment ça on ne peut plus étendre son linge en façade ?

-Et bien oui, c'est une décision de la mairie !

Philomène assise dans son fauteuil regardait sa fille avec de grands yeux.

Maman occupée à mille choses ne comprenait pas elle aussi cet arrêté absurde.

-Mais enfin, enchaînait grand-mère, l'étendoir en façade a toujours existé dans le centre historique du village ! Je savais que ces machines à laver allaient nous apporter des ennuis. A l'époque de ma mère, je me souviens du lavoir et du linge étendu dans les prés, personne ne disait rien ! Avec vos machines il a fallu étendre à la maison et où sinon en façade. D'ailleurs en Italie ça ne choque personne !

Maman regardait mère réfléchir à voix haute, elle s'entendit lui répondre :

-Le maire a obtenu le classement du vieux village et les façades refaites ne supportent pas le linge en façade.

-Mais le linge qui sèche sur nos étendoirs c'est la vie et puis il sent tellement bon... A court d'arguments l'œil de Philomène étincela soudain :

-Ils savent à ta mairie que ton grand-père Gustave a fait danser Greta Garbot, Marlène Dietrich et Rudolf Valentino ?

J'observais maman qui souriait tout en préparant une tisane pour grand-mère. J'avais entendu cent fois cette histoire. Gustave était pianiste au Grand Escurial et il animait les films muets avec son piano. Maman petite rêvait toujours en entendant son père lui dire, face à un café fumant : « hier j'ai fait danser Greta Garbot » et l'inévitable question : « Qui ? toi ? Mais comment ? Raconte, raconte !

-Ah ! C'est un secret, et si je te le dis ça ne sera plus un secret, non ?

Maman réfléchit à ce que venait de lui rappeler grand-mère.

Le lendemain une plaque était posée en façade au pied de la maison.

« Ici Gustave a fait danser Greta Garbot, Marlène Dietrich, Rudolph Valentino au son de son piano » Une photo envoyée à la mairie.

La réaction ne tarda pas. Dans la journée monsieur le maire appelait  :

-C'est quoi cette plaque en bas de chez vous ?

-Comment vous ne saviez pas ? Et l'histoire cent fois entendue fut réécrite dans ses moindres détails.

-Ah bon ! Mais c'est très intéressant ce que vous me dites là. Maman sûre de son effet enchaînait,

-Pour ce qui est authentique, l'étendoir en façade en fait aussi parti non ?

-Évidement, évidement je vais revoir le cahier des charges et puis je l'ai toujours connu cet étendoir, je ne vois pas pourquoi...

Je devais avoir six, sept ans peut être, je m'en souviens encore, chère Philomène !

 

________________________

Suite de « Je me souviens »

 

-Je me souviens de ce pont interminable qui relit Venise au continent, du cliquetis sur les rails, bienveillant, débonnaire.

-Je me souviens de ces nuits étoilées d'été en réponse aux photophores clignotants du jardin.

-Je me souviens de cette salle de théâtre, de ce lustre gigantesque avec cette lumière qui s'abaisse lentement, de ce rideau qui s'ouvre tout aussi lentement.

-Je me souviens du chuchotement de ce nuage formé par le pollen des genêts dans ces prés que l'on traversait avec sac à dos et grosses chaussures.

-Je me souviens de cette brise de mer que l'on attendait le soir après une journée torride d'été.

-Je me souviens de cette chanson désuète « Printemps au Portugal » que fredonnait ma mère en étendant les draps après la grande lessive.

-Je me souviens de ces crayons à mine pointue, taillés avec l'appareil à manivelle du maître, distribués avant chaque dictée du vendredi.

-Je me souviens de ces ballades en canoë dans les gorges du Verdon et de l'écho de nos moindres paroles.

-Je me souviens de ce grand chapiteau de cirque qui montait, aidé par les moteurs ronflants des chauffeurs-musiciens. Le « LA » était donné.

-Je me souviens de ces bibliothèques aux vieux murs, de ces échelles sur roulettes pour accéder aux ouvrages les plus hauts, de ces couvertures en cuir repoussé, de ces boiseries exotiques.

 

 

Gérald IOTTI

 

Voir les commentaires

Rédigé par Gérald

Publié dans #Ville

Repost0

Publié le 16 Octobre 2022

 

Je me souviens de cette petite plage abritée, sous la digue du port en face du Monument aux Morts.


Je me souviens de mon apprentissage en patins à roulettes en fer sur le quai du port, exactement où sont
les rails du tram maintenant.


Je me souviens de ce clochard (qualificatif de l’époque et il n’y en avait qu’un dans le quartier) qui enjambait la barrière de la place Ile de Beauté pour rentrer dans un trou du mur en dessous y passer la nuit.


Je me souviens du vitrier, son matériel sur le dos, qui arpentait les rues en hurlant "Vitrier ! Vitrier !" , il avait un œil qui disait zut à l’autre. Il me faisait peur.


Je me souviens du « Passagin », le vrai, qu’un gentil vieillard pilotait sans encombres à coups de rames pour nous emmener de l’autre côté du port moyennant un sou.


Je me souviens de la fenêtre devant laquelle mon père m’installait pour aider mes dents de lait très branlantes à tomber ceci pour éviter que je les avale.


Je me souviens de mes explorations de la colline du Château. Je l’ai arpentée dans tous les sens avec mon frère aîné. C’était notre jardin, dès que l’on sortait de l’école.


Je me souviens des « bateaux » improbables, faits de bâtons ou d’écorces diverses que l’on posait dans la rigole qui court le long de la route qui descend du Château et dont on suivait les caprices en courant à
côté.


Je me souviens du spectacle du « canoun de miejour » tiré à partir d’une des placettes supérieures.


Je me souviens du chemin de l’école, qui traversait le port et remontait le début du boulevard Carnot. En automne on traînait des pieds dans les amoncellements de feuilles des platanes sur le large trottoir.


Je me souviens la Tour Rouge, de la Villa la Côte et du kiosque où l’on achetait des « gratta keka ».
Je me souviens du magasin de bonbons au coin de la rue, détour obligé avant ou après l’école.


Je me souviens de cette pâtisserie mythique traverse Martin Seytour, dont le maître à bord au sourire permanent faisait des monstrueuses meringues à la crème chantilly.


Je me souviens du « Bon Lait » et des deux sœurs qui tenaient la boutique, adorables figures du quartier.


Je me souviens du Napoléon, bateau qui reliait la Corse et qui venait s’amarrer sous nos fenêtres dans le bassin Lympia, j’étais fascinée par le nombre de voitures qui en sortait.
 

________________


« Je me souviens de mes explorations de la colline du Château ». C’était en fait notre « jardin », juste au-
dessus de la maison. A pied, en vélo, en patins à roulettes. Je me souviens qu’un jeudi, ex « jour des enfants », transformés en « Indiana Jones » avant l’heure, mon frère et moi avions poussé nos aventures-
découvertes un peu plus que d’habitude, notamment vers le dessous de la cascade, là où se trouvent des
simili-grottes-bassins que nous avions décidé d’explorer à fond et vers d’autres recoins hors sentiers « balisés » qui nous avaient tellement occupés que l’on avait largement oublié l’heure limite fixée par notre
maman pour nous retrouver dans le jardin central avant de redescendre. On s’était fait remonter les bretelles ce jour-là pour avoir tant traîné. Il faut dire que maman avait supplié le garde chargé de la fermeture « Monsieur, s’il vous plaît, ne fermez pas, il m’en manque encore deux » (d’enfants). Encore aujourd’hui je regrette de ne pas avoir assisté à ce sketch.

J’ai beaucoup de tendresse pour tous les souvenirs que j’ai engrangés sur cette colline. Beaucoup de mes
anciens repères y sont encore. J’y remonte régulièrement c’est un besoin, comme un ressourcement et beaucoup d’apaisement.

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bernadette

Publié dans #Ville

Repost0