Publié le 4 Mars 2025
Ça se bouscule devant la boulangerie. Comme tous les jours vers midi, la file d'attente déborde sur le trottoir. Étudiants de l'école Pigier, employés de la banque, ouvriers du chantier en cours, pompiers de la caserne, mères de familles pressées, tous arrivent à la même heure pour trouver pitance.
Faut dire que la vitrine est alléchante, fourmillante, délicieusement colorée. En suivant du regard les pizzas, pissaladières, quiches et tartes salées, vous dégustez des yeux du rouge, du brun, du jaune, du vert... et que dire des salades composées qui offrent, dans une seule barquette, toute une palette de couleurs terriblement appétissantes, surtout à l'heure du déjeuner !
Quant aux petits gâteaux, je vous laisse imaginer... meringues et framboisiers, tartes aux fruits et opéras chocolatés, et tant d'autres encore... j'en salive rien que de les énumérer...
Derrière la vitrine, c'est l'étagère des pains qui propagent ses odeurs chaudes, craquantes et croustillantes vers toutes les narines du quartier passant à proximité ; et, entre vitrine et étagère, se tient la boulangère.
Charmante, aimable, souriante, avenante, toute fraîche et nette dans sa blouse impeccable, bien repassée... professionnelle, quoi. Elle virevolte d'une salade à une pâtisserie, d'une baguette à une viennoiserie, d'une boîte à gâteaux à son tiroir-caisse. Ça cliquète les additions, ça tintinnabule les piécettes, ça bourdonne les billets de banque, ça sourit de toutes ses dents, la belle boulangère, la recette sera bonne.
Bien que la file n'avance pas vite, je ne m'impatiente pas, j'observe les comportements, je joue à deviner ce que vont choisir les personnes qui me précèdent, j'admire la diligence gracieuse de la boulangère qui danse sur cette symphonie visuelle et odorante, j'y trouve de la beauté, de la poésie, mais quand-même, ça finit par faire un peu long pour enfin conquérir ma baguette quotidienne.
Demain, c'est sûr, je viendrai un peu plus tôt !
Mado
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