Publié le 28 Mars 2026
____________________
Un atelier d'écriture, des thèmes variés, les textes des membres de l'atelier.
Publié le 28 Mars 2026
____________________
Publié le 28 Mars 2026
C’est la fin. Ils vont venir me chercher dans quelques instants. Quel dommage. Je n’aurais pas revu ma fille Louise-Jeanne. J’aurais tellement aimé la prendre dans mes bras une dernière fois…
J’ai tellement vécu, j’ai tellement voyagé que mon âme s’est égarée entre les mille bras de mes amants telle une déesse javanaise.
Je pense aussi à mon petit garçon Normand-John qui est parti trop tôt, empoisonné par mes domestiques, que je vais bientôt rejoindre.
J’ai eu des moments de gloire. J’ai dansé pour les plus grands sous le nom de Mata Hari qui signifie soleil en javanais.
Toute ma vie, j’ai rayonné de mille feux et le soleil va s’éteindre aujourd’hui. J’étais une femme libre. J’ai voyagé, eu de nombreux amants de toutes nationalités. Je parle de nombreuses langues et je pourrais encore aider la nation.
On m’accuse de tout, d’être une espionne au service des Allemands ou au service des Français et pourquoi pas des Russes ?
On dit de moi que je suis une courtisane, une aventurière, une prostituée même. Oui, j’ai dansé nue sur scène. Oui, j’ai divorcé. Oui j’ai voyagé. Oui j’ai eu des liaisons avec des hommes sans être mariée. Oui, j’ai aimé l’argent, les fourrures, les mondanités, les hôtels et restaurants de luxe, mais cela ne fait pas de moi une traîtresse. Mon avocat n’a pas pu me défendre et je n’ai pas eu droit à un procès équitable. Une belle femme en 1917 est obligée de se plier à la pensée des hommes.
Ils sont là. Il est tôt. Ils frappent à ma porte « quelle étrange coutume des français que d’exécuter le gens à l’aube »
Brigitte
Publié le 28 Mars 2026
Jusqu’à l’âge de vingt ans, il n’y a pas eu de miroirs à la maison. Nous habitions une ferme isolée en montagne et nous ne portions pas grand intérêt à ces choses-là. Mes parents se levaient tôt pour donner à manger aux bêtes, les moutons et deux vaches, puis ils partaient aux champs. Ils labouraient, cultivaient, creusaient, désherbaient, repiquaient. Pendant ce temps, mon frère et moi allions à l’école. Il fallait être propre et nous faisions une petite toilette de chat avant de partir. Le dimanche, c’était le bain dans la cuisine familiale.
Ma mère installait le baquet et le remplissait d’eau fumante. Je me baignais la première, puis mon frère, ma mère et enfin mon père. Mais chacun gardait sa pudeur et le seul miroir était le reflet de nos yeux. Ma mère nous regardait toujours avec admiration et gentillesse. Personne ne faisait de commentaire sur notre physique, notre aspect ou notre allure.
Mes copains, c’était pareil. On jouait voilà tout. Seule, une des mes copines, Corinne, était toujours coquette, bien mise, bien habillée en toutes circonstances.
A dix-huit ans, je suis partie en ville vivre chez ma tante. Chez elle, il y avait de grands miroirs. J’étais fascinée. Je me tournais et retournait ; essayais de voir mon dos, mon profil, examinais mes yeux, mes sourcils, mon nez, mes seins, mais tout me semblait à la fois parfait et à la fois lointain. Je ne me reconnaissais pas dans cette jeune fille. J’avais l’impression d’avoir une sorte de jumelle en face de moi qui avait sa propre vie. Et comme une enfant, j’essayais de la surprendre : qui était-elle dans la réalité : elle ou moi ? Je la trouvais plutôt jolie et gracieuse mais je n’arrivais pas à me défaire de cette idée. Cette personne-là n’était pas moi. Elle me ressemblait certes mais j’étais soupçonneuse…
Ma tante souriait en me regardant faire. Elle me prêtait ses robes, ses chaussures, ses bijoux. Mais non, rien à faire : cela allait bien à mon double mais pas à moi. Je croisais « l’autre » dans la rue, devant une devanture de magasin, dans le métro, au musée. Elle me suivait partout. Je ne pouvais faire un pas sans la rencontrer.
J’en vins à la détester. Je ne voulais plus sortir. J’avais peur d’elle. Je restais des heures et des jours enfermée dans ma chambre. Ma tante s’inquiétait. Elle pensait que je devais aller voir un psy, que j’étais en dépression. Elle me renvoya chez moi.
A peine arrivée, je courus voir mon chien et les moutons. Ah, quelle vie saine ! Je me coupais sans faire exprès à une feuille d’un chêne et rentrais à la maison. Ma mère examina ma plaie et me mis un pansement. Elle m’annonça ensuite que mon père et elle avaient investi dans une salle de bains dans laquelle trônait un grand miroir. Je regardais la jeune fille en face de moi, sa main, son bandage et éclatais de rire. Ah c’était bien moi ! J’étais revenue à la maison !
Brigitte
Publié le 27 Mars 2026
Publié le 26 Mars 2026
Publié le 24 Mars 2026
/image%2F2034508%2F20260210%2Fob_5c430b_3.jpg)
____________________________________
Publié le 24 Mars 2026
Publié le 24 Mars 2026
Publié le 24 Mars 2026
Mon Compte-rendu de notre échange sur le texte de Amélie Nothomb : Les Combustibles
Situation générale : dehors la guerre, le chaos : bruits, explosions, fuite, destructions etc...
dedans logement d' un professeur d' université, la cinquantaine ; il est assis tout seul et lis un livre; entre son jeune assistant Daniel
Une conversation s' amorce ; que lit le professeur ? Quelles sont ses préoccupations, des questions/ réponses dessous l' urgence de se réchauffer et surtout avec quoi ! de l' importance et de la relativité des besoins et où se place l' objet littéraire ...
Entrée de Marina, jeune étudiante en littérature, amoureuse de Daniel, en conflit avec elle-même face à la situation elle semble en urgence et réagit d' une manière instinctive : elle a terriblement froid et menace en quelque sorte de vouloir brûler les livres pour se réchauffer car ils ne servent plus à rien, n' ont plus d' importance et les valeurs de convenance et d' humanité basculent en devenant obsolètes tant la guerre accapare le corps...dans ce huis-clos Marina victime se transforme en animal agressif et blessée demande la crémation des livres,
Cynique et opportuniste un professeur abonde dans cette vision des choses, devient le prédateur qui va utiliser la situation à son avantage, on brûle les livres qui ne servent à rien car il faut bien qu' ils se rendent utiles, on réchauffe la situation et une demoiselle en urgence, on se gausse de l' assistant assez naïf pour croire son mentor diablement cynique en magnifique imposteur ;
Ainsi toute cette vie d' enseignant devient pour les jeunes gens une vaste fumisterie puisque de toute façon l' urgente réalité leur a ouvert les yeux sur la relativité des besoins et la nécessité de s' adapter aux événements en toute situation car dans l' immédiat de l' instable toute chose peut disparaître avec leurs rêves et projets
Dans ces extrémités, il ressort de ce désastre des éclairs de sauvegarde, d' un désir de beauté comme d' un ultime sentiment d' humanité
Des questions réelles sont jetées sur le tapis : qu' est ce qu' un être humain, qu' est ce qu' un homme, qu' est-ce qu' un animal devant le froid, le feu, le tsunami...
Marie-Thérèse
Publié le 22 Mars 2026