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Publié le 5 Novembre 2022

 

LA CAVE DU KARTIER

 

Dans ce quartier d’un morceau de Nice,

elle avait loué un studio,

enfin, un bout de cave, pour finir ses études aux Beaux Arts.

 

L’avantage, elle était tout près de la fac.

L’inconvénient,

elle n’avait ni fenêtre, ni vasistas sur l ‘extérieur.

 

Julie, quand même un peu artiste et plutôt rêveuse,

avait trouvé la solution,

du moins des échappatoires

pour aménager sa propre vie de quartier.

 

Chaque moment du jour, elle copiait la couleur vive des gens

et les odeurs sucrées des pâtisseries pour les décalquer,

à la tombée de la nuit, dans son antre.

 

On disait qu’elle cherchait à fouiller dans l‘ailleurs

pour vivre tous horizons

quand elle s’adossait à son paysage.

 

Souvent alanguie, elle posait le tout de son alentour,

son diurne en fuite sur une toile,

une couche sur l’autre pour croquer chaque jour une autre page.

_________________________

LE KARTIER IDÉAL

 

Dans sa Gaule pleine d’agrumes, César, le Druide du coin,

la cueillait bien mûre et très colorée.

 

Il n’est prenait qu’une seule.

C’était suffisant pour le coupe faim quotidien.

 

Il avait l’habitude de festoyer à l’ombre de son char.

 

Comme toujours, avec son canif il commençait par le point d’attache

là où le cordon ombilical avait scellé le lien,

pour entailler la peau.

Ensuite, il partageait en quatre

le reste de l ‘enveloppe avec le pouce.

 

Ne restait alors qu’une mince peau de chagrin

qu’il dégusterait avec le reste du fruit.

 

Le moment à redouter était ce partage des quartiers en quartiers.

Même en ayant tout prévu,

même avec la racine carrée de l’hypoténuse,

rien ne se passait proprement.

 

Les tranches s’emmêlaient, les pépins bondissaient,

le jus régurgitait et suintait,

l’odeur collait au goût.

 

Malgré, notre Druide César pardonnera toujours

à ce penchant marqué pour les oranges

à cette saveur qui se rapporte à cette couleur,

phénix des hôtes de ces bois.

 

Alors tant pis pour la tanche parfaite

et tant pis pour le quartier idéal.

 

 

 

Dany-L

 

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Rédigé par Dany-L

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Publié le 5 Novembre 2022

 

CESSOLE, résidence LA PAMPA

C ‘est mon quartier depuis quarante cinq ans

Évidemment j’y vis sereinement

Sous le soleil, sous la pluie,

Samedi, dimanche ou lundi

Où vivre ailleurs ! Mon bonheur est ici.

Le petit plus aujourd’hui, à deux pas de chez-moi

Ecrire en votre compagnie est une grande joie

 

Le nom évasion de ma résidence

Aux stores verts, couleur de l’espérance

 

Pour moi, un vrai coin de paradis, un partage

Avec en prime, un très bon voisinage.

Ma terrasse, jardin de plantes vertes ou en fleurs

Parfum délicat, qui sous les rayons du soleil

Absorbe les états d’âme de mon coeur.

IL Y A...

Il y a une maison bleue, le rendez-vous niçois des seniors

Il y a un club de pétanque, pass obligatoire cheveux blancs.

Il y a un jardin d’enfants où fusent rires et larmoiements.

Il y a des arbres qui se parent de feuilles rouilles et or.

Il y a un chassé croisé de nouveaux bus rouges silencieux.

Il y a une aire pour chiens, c’est bruyant et ennuyeux.

Il y a des arômes sucrés, alléchants aux abords des pâtissiers.

Il y a tôt le matin le roucoulement des tourterelles, réveil assuré.

Il y a beaucoup d’animations dans mon quartier.

Il y a une villa toute proche qui me rappelle mon passé.

Il y a moi, qui profite du soleil et des nuits étoilées

Il y a mon nid douillet où j’ai retrouvé paix et sérénité.

JE ME SOUVIENS

Je me souviens du train à vapeur et de son épaisse fumée.

Je me souviens de mes jeudis dans le jardin de l’Église russe

Je me souviens du Pope, religieux russe à la longue barbe blanche 

Je me souviens des patins à roulettes en fer, attachés aux chaussures, avec de simples lanières.

Je me souviens des parties d’osselets rouges et un blanc.

Je me souviens de la cuisson des plats et gâteaux dans le four du boulanger.

Je me souviens du pot à lait en aluminium que j’allais fièrement faire remplir au Bon Lait.

Je me souviens des pots en verre de yaourts parfumés remplis à la louche par la crémière.

Je me souviens de la motte de beurre et de la grosse roue de gruyère.

Je me souviens des beignets d’amourettes de veau cuisinés par ma grand-mère.

Je me souviens des festins du quartier où l’on savourait les mains grasses pan-bagnat et pissaladières.

Je me souviens de mon déménagement et de l’appartement avec une salle de bain.

Je me souviens de ma tristesse d’avoir quitter l’école St Philippe pour St Maurice.

Je me souviens des grands platanes de l’avenue Borriglione, ombre naturel de l’été.

Je me souviens des bus verts, ouverts à l’arrière, et du contrôleur qui poinçonnait les tickets à chaque montée.

Je me souviens de la Dauphinoise, alimentation générale, de mes parents avenue St Lambert.

Je me souviens de la traction familiale noire avec laquelle on partait chez la Grand-Mère de

Puget-Théniers.
Je me souviens de la musique de Jazz qui a bercé mon enfance et que j’écoute en pensant à mon père.

Je me souviens du cinéma Plazza, où j’ai découvert les premiers films en noir et blanc de Laurel et Hardi, de Fernandel etc.

Je me souviens d’une enfance et d’une adolescence heureuse, choyée par ceux qui restent aujourd’hui dans mon cœur.

SOIRÉE AUTOMNALE DE MON QUARTIER

Les bruits de la journée s’estompent lentement. Plus de cris dans le jardin d’enfants, ni d’éclats de rire dans le clos des boulistes. La circulation, plus fluide, donne une impression de silence. Juste quelques aboiements de chiens qui font leur dernière promenade.

Le soleil décline illuminant le ciel d’une couleur flamboyante. La mer au loin se pare de rayons argentés dès que la lune apparaît.

Assise sur mon balcon, j’aime cet instant où la nuit m’enveloppe d’un manteau indigo fascinant. Je savoure la beauté de ce moment, où l’air est encore tiède. Son souffle me caresse le visage telle une main câline, source d’apaisement. J’inspire avec délice le délicat parfum de la nature.

Je regarde, amusée, O’Malley, le chat de ma voisine qui par de petits miaulements semble vouloir entamer une discussion ! La nuit favorise l’éclat doré de ses yeux.

L’immense pin parasol se dessine dans la clarté du ciel devenu sombre. Sur les collines les maisons semblent minuscules, certaines reflètent une pâle lueur derrière les volets encore ouverts.

Les goélands sont partis vers d’autres horizons. Ils ont cessé leurs rondes infernales, certains nichent encore sur les toits pour notre grand désarroi.

Je lève mes yeux vers ce ciel obscur, ce soir, constellé d’une multitude de points brillants qui paraissent m’entraîner vers un paradis inconnu.

Un moment magique qui me permet de rêver éveillée. La nuit me fascine, elle rend les images de mon quartier invisibles, le décors disparaît mais inconsciemment mes pensées le dessine tel qu’au réveil je le contemplerais.

L’heure est tardive, une douce somnolence me fait bailler. Je jette un regard indiscret sur les balcons allumés, je souris gentiment à cette fugace intrusion dont je garderai le secret.

MON QUARTIER IDÉAL

l y aurait de ravissantes maisons semblables à des champignons.

Il y aurait des arbres aux feuilles tricotées bordées de dentelle.

Il y aurait des fleurs multicolores aux parfums de friandises sucrées.

Il y aurait des carrosses conduits par des âmes célestes aux auréoles dorées.

Il y aurait l’astre roi pour notre sourire et notre joie de vivre.

Il y aurait la lune pour aguicher la mer.

Il y aurait des perles de cristal pour arroser les trous de verdure.

Il y aurait des enfants aux rires cristallins.

Il y aurait des animaux aux yeux bleu nuit.

Il y aurait un arc-en-ciel qui parlerait d’amour.

Il y aurait un carnaval où sa Majesté distribuerait des pétales de bonheur.

Il y aurait vous tous, invités dans ce quartier, pour finir d’écrire ce conte

que je viens d’imaginer.

 

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Rédigé par Josiane

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Publié le 5 Novembre 2022

 

L’ÉCOLE EN BOIS

Il y a trois cabanes en bois accolées les unes aux autres avec leurs cheminées qui fument l'hiver venu .

Il y a la classe de Melle DART qui enseigne aux filles, avec dans ses yeux toute la tendresse que l'autorité de son poste se plait à cacher

Il y a la classe des garçons, avec ses trois rangées de bancs d'école. On passe d'une à l'autre chaque année comme lorsqu'on change de classe.

Il y a le maître, monsieur DOMASSON , qui a perdu une jambe lors du dernier conflit et qui marche péniblement avec l'aide d'une canne.

Il y a un bureau en bois et un grand tableau noir avec une éponge au bout d'une ficelle accrochées à un clou .

Il y a , au mur, des grandes cartes de géographie avec des pays en couleur qui n'existent plus alors que d'autres ne vont pas tarder à naître.

Il y a au fond de la classe un poêle qui selon les moments est à charbon ou à bois. Quoi qu'il en soit, bien pratique pour dégeler nos petits doigts engourdis .

Il y a le " coin " derrière l'armoire aux livres, où les punis vont se calmer avec le chapeau d'âne sur la tête.

Il y a les encriers en porcelaine qu'ils faut remplir chaque matin d'une encre violette que le maître prépare avec soin. Il désigne ensuite un " volontaire " pour la corvée de remplissage .

Il y a la troisième cabane qui sert de local de débarras où s'entassent, outre le charbon et le bois, tout un tas de chaises à trois pieds et des mobiliers cassés qui doivent datés du siècle passé.

Il y a la cour de récréation avec sa grotte de ronces bien pratique pour torturer ceux qui ont trop de bonbons, et qui ne veulent pas partager de bon gré.

Il y a les toilettes sous un préau où le maître s'endort parfois en satisfaisant un besoin. Nous prenons bien garde de ne pas le réveiller et nous rentrons dans notre classe qui nous appartient pour quelques instants.

Il y a José, un grand échalas qui court sans arrêt pour attraper " la dame blanche " Pauvre José ! L'attrapera-t-il un jour ?

Il y a moi. Ma troisième rangée terminée, ma prochaine rentrée se fera dans une école avec des murs. Il y a, paraît-il, beaucoup de classes. Pourquoi le temps passe-t-il si vite.

JE ME SOUVIENS...

Je me souviens de cette grande place, de sa fontaine où venaient s'abreuver les moineaux, de ses grands arbres, marronniers et platanes et de ses jeux de boules qui avaient tellement de fidèles qu'ils abritaient la première religion du quartier.

Je me souviens de mon école en bois. Pourquoi en bois ? Simplement parce qu'elle était vraiment en bois. Trois années s'entassaient dans la même classe et l'hiver, le poêle ronronnait comme il pouvait pour réchauffer nos pauvres petits doigts engourdis par le froid. Une odeur de craie, d'encre et de vieux papier imprégnait les murs, habillés d'anciennes cartes de géographie où figuraient des pays qui n'existaient plus.

Je me souviens de tous ces bistrots qui ceinturaient le quartier. Avoir soif relevait du défi le plus improbable à relever, et les jours d'arrivée du tour de France, ils affichaient tous le résultat de l'étape sur une ardoise. Les commentaires allaient fort. Les Bartali, Coppi, Bobet et autres tenaient le haut du pavé.

Je me souviens lors des concours du Dimanche, du protocole en cas de "fanny". Le cortège était constitué de celui qui tenait la serviette blanche sur laquelle allaient s'agenouiller les perdants. Derrière suivait celui qui portait bien haut, le tableau de cette belle femme joufflue, dont une partie de son anatomie allait recevoir les hommages, respectueux, pendant qu'un troisième larron faisait tinter une grosse cloche, pour que toutes les parties s'arrêtent et que tout le monde puisse profiter du spectacle de la déchéance de ces malheureux qui allaient raser les murs pendant quelques semaines.

Je me souviens de ce personnage perché sur un vélo sans chaîne et sans pneus qu'il faisait avancer en ramant sur le sol avec un soulier sans semelle. Il vendait, tous les soirs, le journal L'Espoir. Il annonçait, à grand cris, les dernières nouvelles de la journée.

Je me souviens de ce accordéoniste qui venait régulièrement s'installer sur un petit pliant pour donner aux gens du quartier un instant de divertissement en échange de quelques piécettes. Certains chantonnaient avec lui quelques tubes de l’après-guerre, Piaf, Gréco, Chevallier et tant d'autres, étaient les préférés des petites gens.

Je me souviens du boulanger qui, le Dimanche, faisait cuire dans son four tous les farcis et gigots du quartier. Il vendait, encore, des croissants et des brioches élaborés avec du vrai beurre.

Je me souviens de l'auto-école qui donnait ses leçons de conduite sur des vieilles voitures Citroën Trèfle qui démarraient à l'aide d'une manivelle. Elle s'est malgré tout modernisée avec des quatre chevaux Renault qui étaient dotées d'un démarreur.

Je me souviens du coiffeur Martin et de son fils Jojo. Avec la mère Martin ils mangeaient un kilo un quart et une " pésugagnia " de spaghetti chaque midi. Il faut dire que cela se voyait.

Je me souviens de mon conseil de révision. On fanfaronnait , mais on se posait des questions sur l'avenir qui nous attendait.

Je me souviens de cette belle et jeune " affat " qui m'a fait cette première prise de sang et qui ne trouvait pas mes veines. J'ai failli me pâmer.*

Je me souviens de mes vingt ans sur le bateau" L'adjézair " qui m'a offert une croisière jusqu'à Mers-el-Kébir.

Je me souviens, qu'à mon retour une seule pensée trottait dans ma tête. C'était qu'une page venait de se tourner .

PILE OU FACE

A la fin des années cinquante, l'ambiance musicale du temps était dominée par la musique "yéyé". Les chats, pirates, chaussettes et autres bestioles nous faisaient danser et trémousser au son des guitares électriques. Nous nous retrouvions dans des " boums " plus ou moins organisées dans des arrières salles de bar ou dans des caves, où l'insalubrité le disputait à l'exiguïté. Un tourne disque suffisait et quelques bouteilles de mousseux bon marché complétaient notre bonheur.

Deux de mes camarades avaient commencé à gratter laborieusement quatre accords sur une guitare et massacraient avec obstination Guitar Boogie.

Ils cherchaient pour partager leur fantasme un batteur pour taper, si possible en rythme, sur une caisse claire et une cymbale. Çà! ça me parlait. Mais problème de taille, il faut du matériel.

C'était l'époque du carnaval et la solution a été toute trouvée. Grâce à une relation nous avons trouvé un groupe de grosses têtes qui cherchait des porteurs. A la fin des corsos nous avons réuni nos gains et nous sommes allés louer un matériel chez Gatty.

N'ayant pas de véhicule, mes comparses m'ont aidé à porter la batterie jusque chez moi. Mais j'avais négligé un détail d'une importance capitale : Ma mère.

Nous avons failli, mes amis, la batterie et moi passer par la fenêtre. Elle qui ne rêvait que d'une chose, me voir étudier l'accordéon, considérait ce qu'elle appelait des tam-tams comme des instruments de sauvages et n'était pas disposée à changer d'avis.

Mes amis, ayant pris peur, m'ont lâchement abandonné et m'ont laissé seul face aux foudres maternelles. Il m'a fallu deux heures de patience pour lui faire comprendre qu'un instrument à percussion avait aussi sa place dans des orchestres de tango, valse et autres musiques " honnêtes ".

Avec ma mare c'était à prendre où à laisser. Pile ou face

Dieu merci, elle s'est calmée, ce qui m'a permis de sévir une trentaine d'années dans ce milieu musical qu'il est si difficile d'abandonner.

UN SOIR D’ÉTÉ

Après une journée éprouvante où la chaleur moite de l’après-midi avait chassé la brise bienfaisante du matin, mon coin de ville prenait, doucement, ses quartiers de nuit. Le soleil, tel un seigneur peu habitué à ce qu'on lui dise ce qu'il devait faire, s'éloignait avec nonchalance et s'effaçait derrière les collines dans une explosion éphémère de rayons rouges et ors qui donnait une impression de feu d'artifice.

La lune, elle, prenait son temps. La faible lueur qu'elle dispensait à la terre avait du mal concurrencer la lumière diffuse des lampadaires qui parsemaient la place. L'obscurité qui s'installait offrait à mes yeux un paysage d'ombres et de relief propre à distancer toute vie qui quelques minutes auparavant animait ce endroit aussi vivant que la place d'un village un jour de marché.

Pourtant, sur un des bancs en bois disposés autour des jeux de boules, quelques noctambules continuaient leur journée à refaire le monde tel qu'ils souhaitaient qu'il fût. La fumée de leur tabac arrivait en spirale, jusqu'à ma fenêtre et l'odeur de la gauloise prenait pour quelques instants, possession de mon nez.

Plus loin, face à moi, la statue éclairée de la Vierge dominait des hauteurs du toit de l'église, la pendule que tout le monde consultait d' un rapide coup d’œil, en cas de besoin. Autour des arbres, des chauves-souris virevoltaient dans un manège incessant, à la recherche de nourriture et les lucioles dansaient comme dans une salle de bal qu'elles magnifiaient avec leurs éclats de lumière intermittents, comme si elles envoyaient un message en morse qu'elles étaient les seules à savoir déchiffrer.

La douceur de la nuit se laissait respirer comme un parfum de calme et de plénitude. Cette fragrance de fin d'été reposait l'âme perturbée par l'agitation journalière qui imprégnait, inexorablement notre mode de vie.

Ceux du banc ne rallumèrent pas de nouvelles cigarettes, les chauves souris s'éloignèrent, les lucioles ne brillaient plus, seule l'église restait éclairée, telle un phare qui donne la direction à suivre. Je refermais mes volets. Une nouvelle année scolaire allait prendre le relais, l'automne ne tarderait pas à réclamer sa part du festin et les cheminées allaient commencer à fumer.

J'AIMERAIS

J'aimerais que mes matins, embrumés par mes frasques de la veille, aient l'indulgence de m'accueillir avec un arc en ciel semblable à la palette d'un peintre fou qui laisserait vagabonder son imagination créative pour offrir à mes yeux le miracle de la naissance d'un jour nouveau.

J'aimerais que ce torrent qui longe cette belle place porte bien son nom et ne soit pas un simple filet d'eau qui peine à se faufiler dans un vallon empierré, enjolivé par quelques taches éparses peuplées de pavots aux fleurs éclatantes dont les couleurs ont été rehaussées par des milliers de gouttes de rosée déposées par la main féerique de la nature.

J'aimerais que le boulanger, qui passe à l'aube sous mes fenêtres pour livrer ses croissants et ses brioches si odorants, chante un air d'opéra Italien en dansant comme une étoile sur la pointe de ses galoches.

J'aimerais que cette fin d'été permette aux arbres de se libérer de leur frondaison afin que toutes ces feuilles jaunies par le temps, puissent former sur le sol un doux tapis aux couleurs fauves permettant à l'automne une arrivée silencieuse sans heurt ni fracas, avec toute la noblesse que l'on doit à l'ambassadeur de Messire l'Hiver.

J'aimerais que mon quartier retrouve quelques images de ma prime jeunesse, quand la valeur du temps était celle du rythme des chevaux qui tiraient des voitures menées par des cochers droits comme des I. Ils étaient aussi fiers que des maîtres de ballets, attentifs au bruit des sabots qui claquaient en cadence sur des sols pas toujours bitumés.

J'aimerais que la fontaine continue à laisser couler son eau douce bienfaisante dans le bassin où les moineaux se baignaient en agitant leurs ailes dans une sarabande digne des plus belles danses de palais.

J'aimerais, qu'à leur retour les hirondelles retrouvent le nid qu'elles ont bâti avec amour les années précédentes

J'aimerais que mon quartier se rebâtisse sous mes yeux, et que j'en sois le témoin privilégié. Fasse, ensuite, que l'image se fige et qu'un mur se dresse et ferme le passage à certains progrès néfastes qui n'ont pour vocation que la destruction de la pensée.

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Rédigé par Fernand

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Publié le 5 Novembre 2022

 

CIMIEZ

Colline
Intemporelle
Majestueuse
Inaltérable
Etincelante
Zone privilégiée

 

IL Y A...

Il y a de la verdure
Il y a des pins majestueux
Il y a des cyprès conquérants
Il y a des oliviers impassibles
Il y a des ruines, vestiges dun autre temps
Il y a de lhistoire
Il y a de lémotion
Il y a de lart
Il y a lombre de Matisse
Il y a les œuvres de Chagall
Il y a le calme
Il y a des escaliers cachés
Il y a des sentiers pour sortir de la ville
Il y a des jardins fleuris
Il y a des citronniers lumineux
Il y a des orangers parfumés
Il y a des traditions tenaces
Il y a des chansons entêtantes
Il y a des cougourdons festifs
Il y a le « Festin des reproches »
Il y a des boulistes
Il y a plein de boulistes
Il y a une ambiance bon enfant
Il y a des bâtisses sublimes
Il y a une lumière particulière
Il y a la vie en retrait
Il y a encore un peu du temps passé

LE PORT

  • Je me souviens de cette petite plage abritée, sous la digue du port en face du Monument aux Morts.
  • Je me souviens de mon apprentissage en patins à roulettes en fer sur le quai du port, exactement où sont les rails du tram maintenant.
  • Je me souviens de ce clochard (qualificatif de l’époque et il n’y en avait qu’un dans le quartier) qui enjambait la barrière de la place Ile de Beauté pour rentrer dans un trou du mur en dessous y passer la nuit.
  • Je me souviens du vitrier, son matériel sur le dos, qui arpentait les rues en hurlant "Vitrier ! Vitrier !" , il avait un œil qui disait zut à l’autre. Il me faisait peur.
  • Je me souviens du « Passagin », le vrai, qu’un gentil vieillard pilotait sans encombres à coups de rames pour nous emmener de l’autre côté du port moyennant un sou.
  • Je me souviens de la fenêtre devant laquelle mon père m’installait pour aider mes dents de lait très branlantes à tomber ceci pour éviter que je les avale.
  • Je me souviens de mes explorations de la colline du Château. Je l’ai arpentée dans tous les sens avec mon frère aîné. C’était notre jardin, dès que l’on sortait de l’école.
  • Je me souviens des « bateaux » improbables, faits de bâtons ou d’écorces diverses que l’on posait dans la rigole qui court le long de la route qui descend du Château et dont on suivait les caprices en courant à côté.
  • Je me souviens du spectacle du « canoun de miejour » tiré à partir d’une des placettes supérieures.
  • Je me souviens du chemin de l’école, qui traversait le port et remontait le début du boulevard Carnot. En automne on traînait des pieds dans les amoncellements de feuilles des platanes sur le large trottoir.
  • Je me souviens la Tour Rouge, de la Villa la Côte et du kiosque où l’on achetait des « gratta keka ».
  • Je me souviens de cette pâtisserie mythique traverse Martin Seytour, dont le maître à bord au sourire permanent faisait des monstrueuses meringues à la crème chantilly.
  • Je me souviens du « Bon Lait » et des deux sœurs qui tenaient la boutique, adorables figures du quartier.
  • Je me souviens du Napoléon, bateau qui reliait la Corse et qui venait s’amarrer sous nos fenêtres dans le bassin Lympia, j’étais fascinée par le nombre de voitures qui en sortait.
  • Je me souviens du magasin de bonbons au coin de la rue, détour obligé avant ou après l’école.

 

JE ME SOUVIENS...

« Je me souviens de mes explorations de la colline du Château ».

C’était en fait notre « jardin », juste au-dessus de la maison. A pied, en vélo, en patins à roulettes. Je me souviens qu’un jeudi, ex « jour des enfants », transformés en « Indiana Jones » avant l’heure, mon frère et moi avions poussé nos aventures-découvertes un peu plus que d’habitude, notamment vers le dessous de la cascade, là où se trouvent des simili-grottes-bassins que nous avions décidé d’explorer à fond et vers d’autres recoins hors sentiers « balisés » qui nous avaient tellement occupés que l’on avait largement oublié l’heure limite fixée par notre maman pour nous retrouver dans le jardin central avant de redescendre. On s’était fait remonter les bretelles ce jour-là pour avoir tant traîné. Il faut dire que maman avait supplié le garde chargé de la fermeture « Monsieur, s’il vous plaît, ne fermez pas, il m’en manque encore deux » (d’enfants). Encore aujourd’hui je regrette de ne pas avoir assisté à ce sketch.
J’ai beaucoup de tendresse pour tous les souvenirs que j’ai engrangés sur cette colline. Beaucoup de mes anciens repères y sont encore. J’y remonte régulièrement c’est un besoin, comme un ressourcement et beaucoup d’apaisement.

MON QUARTIER LA NUIT

Le ciel, après s’être lézardé de larges bandes roses, jaunes puis orangées et carrément rouges vient de s’obscurcir derrière la colline de Pessicart, à l’ouest de la maison. Il est 19 heures. Toujours un peu de douce mélancolie quand je repense à la journée écoulée. Les lumières de la ville s’allument et leur halo se reflète dans le ciel en une couleur indéfinissable. La nuit tombe ensuite très vite. Je suis à l’extérieur. Bientôt la lune surgira de derrière l’Observatoire pour ensuite revenir par-dessus du Mont Boron, passer le Château et se planter au-dessus de la mer. Passés les oliviers à hauteur de mes fenêtres, j’écoute la ville en bas, elle est assez silencieuse, enfin ! La fraîcheur monte du jardin, l’herbe qui a tant souffert cet été reprend peu à peu sa couleur d’origine. De temps en temps, le bruit d’une voiture ou d’une moto qui passe dans l’avenue derrière. Rien de stressant. Quelques appartements éclairés renvoient leurs fenêtres de lumières sur les branches d’olivier. C’est calme. Il n’y aurait pas ces luminaires, on pourrait de temps en temps se demander si d’autres habitent ici. Je me prends à regarder ce cheminement en zig-zag éclairé en pointillé sur une des collines, il s’arrête brusquement au sommet. Par contre au-delà, il n’existe plus rien du Puy de Tourrettes ou même du Baou de Saint Jeannet, je les retrouverai demain matin. Au-delà des palmiers et des tourelles du Régina, de l’autre côté où se porte mon regard, la ville semble engloutie pour sa vie nocturne.

MON QUARTIER IDÉAL

Il y aurait avant tout de l’espace. Il serait sur les hauteurs d’une colline, parsemé d’espaces verts, alvéoles de poumons en mal d’oxygène.

Il y aurait quelques maisons toutes simples, comme posées au hasard. Des terrasses immenses en guise de halls d’accueil bienveillants. Il y aurait quelques petits commerces, juste ce qui est nécessaire, comme pour nous maintenir le plus possible dans ce microcosme.

Il y aurait des jardins, parcelles colorées pour les potagers, avec des courges comme des tabourets stylés, des tomates comme les feux stop dans les embouteillages, des haricots grimpants comme une barrière pour cacher le linge qui sèche derrière.

Il y aurait un énorme mimosa, comme le soleil les jours où il ne sort pas, un saule pleureur comme un immense parasol de verdure, des citronniers et des orangers comme des lampions de « balletti » et tout en bas, des cyprès hautains comme des gardiens de la colline.

Il y aurait un centre de vie dans ce petit quartier, avec quelques bancs ombragés, invitations à quelques papotages inter-générations ou bien incitations à la lecture tranquille.

Il y aurait une pièce d’eau vivante, abreuvoir pour les oiseaux qui s’avancent avec précaution, alimentée par un filet d’eau surgi de nulle part dont le glouglou, comme un long massage, nous inciterait à la rêverie.

Il y aurait une vie simple, comme un sourire devant un dessin d’enfant.

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Rédigé par Bernadette

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Publié le 4 Novembre 2022

24 octobre 2022

 

ATELIER :       Comparaison et métaphore

JEU ORAL :    Créer des images

ÉCRITURE :   Mon quartier idéal

Racontez votre quartier idéal en y glissant métaphores et comparaisons, sans oublier l’image créée lors de l’exercice oral. Toutes les fantaisies sont bien sûr permises et tous les délires encouragés !

Pour vous aider, si vous le souhaitez, vous pouvez faire une liste qui commence par "Il y aura..." ou "Il y aurait..." (à la manière de G. Apollinaire) pour compléter le "Il y a..." du premier atelier.

LES TEXTES

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 4 Novembre 2022

17 octobre 2022

 

DIRE LA NUIT

Dire la nuit de son quartier vue de sa fenêtre ou d’un balcon. Racontez le paysage, la place, la rue, le jardin, les bruits de la nuit, du dehors, de l’appartement d’à côté.

Superposer une description diurne à cette description nocturne. Éventuellement, dire pourquoi on est spectateur de nuit, pour quelle raison on ne dort pas s’il est tard.

LES TEXTES

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 4 Novembre 2022

10 octobre 2022

 

JE ME SOUVIENS…

Georges Perec, définissait ses « Je me souviens » ainsi lors de leur parution, en 1978 :

« Ces « Je me souviens » ne sont pas exactement des souvenirs, et surtout pas des souvenirs personnels, mais des petits morceaux de quotidien, des choses que, telle ou telle année, tous les gens d’un même âge ont vues, ont vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées ; elles ne valaient pas la peine d’être mémorisées, elles ne méritaient pas de faire partie de l’Histoire, ni de figurer dans les Mémoires des hommes d’État, des alpinistes et des monstres sacrés.
Il arrive pourtant qu’elles reviennent, quelques années plus tard, intactes et minuscules, par hasard ou parce qu’on les a cherchées, un soir entre amis ; c’était une chose que l’on avait apprise à l’école, un champion, un chanteur ou une starlette qui perçait, un air qui était sur toutes les lèvres, un hold-up

Voici un extrait de l’œuvre de Georges Pérec :

1 Je me souviens des dîners à la grande table de la boulangerie. Soupe au lait l'hiver, soupe au vin l'été.
2 Je me souviens du cadeau Bonux disputé avec ma sœur dès qu'un nouveau paquet était acheté.
3 Je me souviens des bananes coupées en trois. Nous étions trois.
4 Je me souviens de notre voiture qui prend feu dans les bois de Lancôme en 76.
5 Je me souviens des jeux à l'élastique à l'école.
6 Je me souviens de la sirène sonnant, certaines après-midi, à côté de l'école et qui vrombissait jusqu'à envahir l'espace que nous habitions.
7 Je me souviens de Monsieur Mouton, l'ophtalmo, qui avait une moustache blanche.
8 Je me souviens des coups de règle en fer sur les doigts.
9 Je me souviens des Malabars achetés chez la confiseuse au coin de la rue.
10 Je me souviens de l'odeur enivrante des livres, à la rentrée scolaire.
11 Je me souviens de mon grand-père qui se levait de sa chaise devant toute notre tablée pour pousser la chansonnette.
12 Je me souviens de lectures sous les draps, le soir, à la lampe de poche.
13 Je me souviens de ces départs en vacances où l'habitacle était aussi chargé que le coffre.
14 Je me souviens de la sécheresse de 1976.
15 Je me souviens des sacs plastiques accrochés aux fenêtres des cités universitaires.

16 Je me souviens des jeudis passés dans les bois à entasser la branchinette qui servirait à faire prendre le feu.
17 Je me souviens des oignons et de la petite fleur de Sidney Bechet, des disques 45 tours gagnés chez Antar avec les pleins de mobylette.
18 Je me souviens de Raymond le brave, toujours second, pas bien malin, toujours gentil.
19 Je me souviens de 1515.
20 Je me souviens des vaccinations en collectivité.
21 Je me souviens des fleurs de boutons d'or et de leur reflet doré sur le menton pour voir si « tu aimes le beurre ».
22 Je me souviens de ces défilés du 8 mai, 14 juillet, 11 novembre... de ces fêtes de village.
23 Je me souviens des essayages de morceaux de pull encore accrochés aux aiguilles à tricoter.

 

SUJET 1 :

Comme G. Perec, faites une liste d’une dizaine de « je me souviens » des choses, événements, ou personnes de votre quartier.

 

SUJET 2 :

Choisissez un de vos souvenirs et développez. Situez ce souvenir dans le temps, la saison, le lieu. Racontez l'anecdote, comment vous avez vécu cet événement à l'époque et terminez avec ce que ce souvenir provoque en vous aujourd’hui.

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LES TEXTES

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Rédigé par Atelier Ecriture

Publié dans #Ville

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Publié le 4 Novembre 2022

3 octobre 2022

 

Pour ce premier atelier, deux jeux d'écriture inspirés par Guillaume Apollinaire :

l'acrostiche et "Il y a..."

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L'ACROSTICHE

​​L’acrostiche est un texte poétique dont les premières lettres de chaque vers forment un mot lorsqu’on les lit à la verticale. Ce mot peut être le sujet du poème, le nom de l’auteur ou encore de la personne à laquelle il est destiné. L’acrostiche peut aussi être utilisé si l’on veut cacher un message dans un poème.

Exemple : Apollinaire « Ombre de mon amour » (1915) acrostiche sur le prénom Lou.

La nuit descend

On y pressent

Un long destin de sang.

Il est possible de varier la forme d'un acrostiche. L'acrostiche double est l'une de ces variantes. L'acrostiche double consiste en la reprise de la même lettre au début et à la fin du vers.

SUJET :

Écrire un acrostiche sur nom de votre quartier.

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IL Y A… dans votre quartier ...

SUJET :

Comme Guillaume Apollinaire (voir poème ci-dessous), racontez ce qu’il y a dans votre quartier en commençant chaque vers par "Il y a"

Il y a

Guillaume Apollinaire

Il y a des petits ponts épatants
Il y a mon cœur qui bat pour toi
Il y a une femme triste sur la route
Il y a un beau petit cottage dans un jardin
Il y a six soldats qui s’amusent comme des fous
Il y a mes yeux qui cherchent ton image
Il y a un petit bois charmant sur la colline
Et un vieux territorial pisse quand nous passons
Il y a un poète qui rêve au ptit Lou
Il y a un ptit Lou exquis dans ce grand Paris
Il y a une batterie dans une forêt
Il y a un berger qui paît ses moutons
Il y a ma vie qui t’appartient
Il y a mon porte-plume réservoir qui court, qui court
Il y a un rideau de peupliers délicat, délicat
Il y a toute ma vie passée qui est bien passée
Il y a des rues étroites à Menton où nous nous sommes aimés
Il y a une petite fille de Sospel qui fouette ses camarades
Il y a mon fouet de conducteur dans mon sac à avoine
Il y a des wagons belges sur la voie
Il y a mon amour
Il y a toute la vie
Je t’adore

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LES TEXTES

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Rédigé par Atelier Ecriture

Publié dans #Ville

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Publié le 4 Novembre 2022

 

Il y aurait avant tout de l’espace. Il serait sur les hauteurs d’une colline, parsemé d’espaces verts, alvéoles de poumons en mal d’oxygène.

Il y aurait quelques maisons toutes simples, comme posées au hasard. Des terrasses immenses en guise de halls d’accueil bienveillants. Il y aurait quelques petits commerces, juste ce qui est nécessaire, comme pour nous maintenir le plus possible dans ce microcosme.

Il y aurait des jardins, parcelles colorées pour les potagers, avec des courges comme des tabourets stylés, des tomates comme les feux stop dans les embouteillages, des haricots grimpants comme une barrière pour cacher le linge qui sèche derrière.

Il y aurait un énorme mimosa, comme le soleil les jours où il ne sort pas, un saule pleureur comme un immense parasol de verdure, des citronniers et des orangers comme des lampions de « balletti » et tout en bas, des cyprès hautains comme des gardiens de la colline.

Il y aurait un centre de vie dans ce petit quartier, avec quelques bancs ombragés, invitations à quelques papotages inter-générations ou bien incitations à la lecture tranquille.

Il y aurait une pièce d’eau vivante, abreuvoir pour les oiseaux qui s’avancent avec précaution, alimentée par un filet d’eau surgi de nulle part dont le glouglou, comme un long massage, nous inciterait à la rêverie.

Il y aurait une vie simple, comme un sourire devant un dessin d’enfant.

 

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Rédigé par Bernadette

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Publié le 4 Novembre 2022

 

J'aimerais que mes matins, embrumés par mes frasques de la veille, aient l'indulgence de m'accueillir avec un arc en ciel semblable à la palette d'un peintre fou qui laisserait vagabonder son imagination créative pour offrir à mes yeux le miracle de la naissance d'un jour nouveau.

J'aimerais que ce torrent qui longe cette belle place porte bien son nom et ne soit pas un simple filet d'eau qui peine à se faufiler dans un vallon empierré, enjolivé par quelques taches éparses peuplées de pavots aux fleurs éclatantes dont les couleurs ont été rehaussées par des milliers de gouttes de rosée déposées par la main féerique de la nature.

J'aimerais que le boulanger, qui passe à l'aube sous mes fenêtres pour livrer ses croissants et ses brioches si odorants, chante un air d'opéra Italien en dansant comme une étoile sur la pointe de ses galoches.

J'aimerais que cette fin d'été permette aux arbres de se libérer de leur frondaison afin que toutes ces feuilles jaunies par le temps, puissent former sur le sol un doux tapis aux couleurs fauves permettant à l'automne une arrivée silencieuse sans heurt ni fracas, avec toute la noblesse que l'on doit à l'ambassadeur de Messire l'Hiver.

J'aimerais que mon quartier retrouve quelques images de ma prime jeunesse, quand la valeur du temps était celle du rythme des chevaux qui tiraient des voitures menées par des cochers droits comme des I. Ils étaient aussi fiers que des maîtres de ballets, attentifs au bruit des sabots qui claquaient en cadence sur des sols pas toujours bitumés.

J'aimerais que la fontaine continue à laisser couler son eau douce bienfaisante dans le bassin où les moineaux se baignaient en agitant leurs ailes dans une sarabande digne des plus belles danses de palais.

J'aimerais, qu'à leur retour les hirondelles retrouvent le nid qu'elles ont bâti avec amour les années précédentes

J'aimerais que mon quartier se rebâtisse sous mes yeux, et que j'en sois le témoin privilégié. Fasse, ensuite, que l'image se fige et qu'un mur se dresse et ferme le passage à certains progrès néfastes qui n'ont pour vocation que la destruction de la pensée.

 

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Rédigé par Fernand

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