Publié le 16 Octobre 2017

quand un coquelicot se prend pour...  - Bernard BRUNSTEIN

quand un coquelicot se prend pour... - Bernard BRUNSTEIN

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Reprise de l'atelier le 11 septembre 2017 sur le thème :

 

 

MUSIQUE ET DANSE

 

 

Cette année, nous allons faire un recueil de nouvelles, éventuellement avec quelques poèmes, voire chansons, mais sans les petits textes de l'atelier. Chacun doit écrire une nouvelle sur le sujet et y intégrer - ou pas, selon le contexte - les chapitre rédigés lors des ateliers.

 

L’atelier se fera mélodieux, harmonique, poétique et donnera à entendre les sons à travers les mots en utilisant la description sensorielle auditive, les assonances et allitérations, les métaphores subtiles et autres comparaisons qui seront revues au fil des séances.

 

"La poésie est une sorte de musique, il faut l’entendre pour en juger" disait Voltaire.

Alors, faisons entendre la musique !

  • LES ATELIERS :

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Publié le 16 Octobre 2017

tout au fond de la grotte
l'absence de lumière équivaut au silence
le stalactite sanglote
chut goutte à goutte le temps prend patience

la musique de l'obscurité
est une symphonie inachevée
Plic et ploc plic et ploc
de bric et de broc

La stalagmite l'attend
un jour ils seront amants
dans la nuit de la terre
l'amour est sédimentaire

Plic et ploc plic et ploc
Chut entre nous pas d'équivoque
je sais un an cent ans mille ans un jour
tu me déclareras ton amour

tu es mon stalactite
je suis ta stalagmite
tu me dessines et me construis
avec le temps notre amour s'écrit

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Rédigé par Bernard

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Publié le 10 Octobre 2017

Les violons d'Arman

Les violons d'Arman

La musique est invisible et impalpable, d’où la difficulté de raconter ce que l’on entend. Le vocabulaire spécifique aux sons, les métaphores, comparaisons, assonances, allitérations, ainsi que le rythme des phrases participent à sa description.

 

  • Le vocabulaire :

Quelques verbes :

ouïr, entendre, écouter, auditionner, tendre l’oreille, distinguer, percevoir, capter, surprendre, se boucher les oreilles, assourdir...

Les verbes de parole, (crier, murmurer, etc...) liés au son.

 

Quelques noms :

son, musique, bruit, cris, voix, vacarme, brouhaha, bruissement, martèlement, rires, pleurs, chuchotements, chants, hurlement, fréquence, densité, gazouillement, gazouillis, crépitement, craquement, chuintement, grondement, soufflement, ronronnement, tous les cris d’animaux, rumeur, clameur, tintement, bourdonnement, gémissement, vrombissement, murmure, paroles, vibration… On peut évaluer la proximité, le volume sonore.

 

Quelques adjectifs :

aigu, grave, tonitruant, doux, distinct, pincé, vibrant, sifflant, ronflant, rond, riche, net, nourri, nasillard, métallique, harmonieux, grinçant…

... Et soudain une note aiguë, un cri vibrant troua ma cervelle, hérissa la peau de mon échine : la dame chantait. À ce premier cri, jailli du plus profond de sa poitrine, succéda la langueur d’une phrase, nuancée par le mezzo le plus velouté, le plus plein, le plus tangible que j’eusse entendu jamais…

"La dame qui chante" - Les vrilles de la vigne - Colette

Plus le vocabulaire transmis par Hervé, ci-dessous :

abasourdissement, abasourdissant, acoustique, a cappella, baroque, accordéon, divas, accent aigre amplificateur antiphonie blues alto soliste accord aigüe audition cantera classique basson choriste assonance ample baffle diaphonie comedie musicale caisse claire contralto assourdissement argentin baguette diphonie country castagnettes mezzo-soprano bacchanale assourdissant chef d'orchestre fausset electronique celesta soprano borborygme bas fréquence gamak folklorique clarinette basse boucan brillant haut-parleur heterophonie guitare clavecin baryton bourdonnement bruyant mégaphone hoquet hip-hop cloches ténor brillance chaud microphone khöömei jazz contrebasse contre-ténor brouhaha clair note monodie metal contrebasson sopraniste bruire claquant onde monophonie percussions cor anglais bruissement confus orchestre plain-chant punk cymbales bruit criard oreille polyphonie rap cymbalum cacophonie diffus ouïe tahrir reggae épinette chant discordant partition tuilage rock flute a bec chantonnement dissonant phonème salsa flute traversiere charivari distinct phonographe soul et funk fouet charivarique doux pupitre yeye glockenspiel chevrotement éclatant radiophonie gong choc étourdissant sonorisation grosse caisse chuchotement faible sonoriser guitare baroque clabauderie feutré timbre harpe clameur fort voix hautbois clapotage froid hautbois d'amour clapotement grave luth clapotis grinçant lyre clappement growl mandoline cliquetis harmonieux marimba consonance haut piano country imperceptible piccolo craquement indistinct saxophone crépitant infernal tambour crépitation juste tambourin crépitement large tambourin crescendo léger tam-tam cri long timbales crissement métallique triangle détonation nasillard vibraphone diabolique net viole de gambe discordance nourri violon dissonance perçant violoncelle distinct pincé xylophone doux plaintif écho plein éclat résonnant explosion retentissant folk riche fracas rond frou-frou ronflant gargouillement sec gargouillis sifflant gazouillement sourd gémissement strident glapissement terne glouglou vibré grincement grondement harmonie hourvari huée intonation modulation murmure pépiement percussion pétarade pincé pincer plainte répercussion résonance ronron roucoulement rumeur sabbat sifflement sonore sonorité souffle soupir sourdine susurrement tapage tapageur tintamarre tintement tohu-bohu ton tonalité train vacarme vibration voix

Un lien sur le vocabulaire de la danse, envoyé par Bernard, ci-dessous :

 

  • Les métaphores et comparaisons

Si la comparaison rapproche deux éléments au moyen d'un mot comparatif, la métaphore est une comparaison implicite, sans mot comparatif.

Ex :

Comparaison : la musique est comme une mer. (comme est le mot comparatif)

Métaphore : la musique est une mer.

 

  • Les assonances et allitérations

L’allitération est une figure de style qui consiste en la répétition d'une ou plusieurs consonnes dans un vers ou une même phrase. Elle permet un effet rythmique et renforce, sur le plan phonique, le sens de la phrase.

E: Andromaque de RACINE (acte V, scène 5)

« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? »

 

L’assonance est la répétition d’une même voyelle dans une phrase ou dans un vers. L'effet recherché est, comme dans le cas de l'allitération, la répétition expressive ou harmonique.

Ex : Alcools - Guillaume APOLLINAIRE

« Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos am
ours
Faut-il qu'il m'en s
ouvienne
La joie venait t
oujours après la peine »

... Sa grande bouche généreuse s’ouvrait, et j’en voyais s’envoler les notes brûlantes, les unes pareilles à des bulles d’or, les autres comme de rondes roses pures… Des trilles brillaient comme un ruisseau frémissant, comme une couleuvre fine ; de lentes vocalises me caressaient comme une main traînante et fraîche.

"La dame qui chante" - Les vrilles de la vigne - Colette

 

  • Le rythme des phrases

Selon le style de musique, les émotions ressenties, la longueurs de la phrase, sa construction participe à l’effet recherché : phrases fluides, phrases hachées, énumérations…

Voir lien ci-dessous pour lus de précisions :

***

LECTURE :

"La dame qui chante" de Colette :

LA DAME QUI CHANTE

La dame qui allait chanter se dirigea vers le piano, et je me sentis tout à coup une âme féroce, une révolte concentrée et immobile de prisonnier. Pendant qu’elle fendait difficilement les jupes assises, sa robe collée aux genoux comme une onde bourbeuse, je lui souhaitais la syncope, la mort, ou même la rupture simultanée de ses quatre jarretelles. Il lui restait encore quelques mètres à franchir ; trente secondes, l’espace d’un cataclysme… Mais elle marcha sereine sur quelques pieds vernis, effrangea la dentelle d’un volant, murmura « Pardon », salua et sourit, la main déjà sur l’obscur palissandre du Pleyel aux reflets de Seine nocturne. Je commençai à souffrir.
J’aperçus, à travers le brouillard dansant dont se nimbent les lustres des soirées finissantes, le dos arqué de mon gros ami Maugis, son bras arrondi qui défendait contre les coudes un verre plein… Je sentis que je le haïssais d’être parvenu jusqu’à la salle du buffet, tandis que je m’étiolais, bloqué, assis de biais sur la canne dorée d’un siège fragile…
Avec une froideur insolente, je dévisageai la dame qui allait chanter, et je retins le ricanement d’une diabolique joie, à la trouver plus laide encore que je l’espérais.

Cuirassée de satin blanc métallique, elle portait haut une tête casquée de cheveux d’un blond violent et artificiel. Toute l’arrogance des femmes trop petites éclatait dans ses yeux durs, où il y avait beaucoup de bleu et pas assez de noir. Les pommettes saillantes, le nez mobile, ouvert, le menton solide et prêt à l’engueulade, tout cela lui composait une face carline, agressive, à qui, avant qu’elle eût parlé, j’eusse répondu : « Mange ! »
Et la bouche ! la bouche ! J’attachai ma contemplation douloureuse sur ces lèvres inégales, fendues à la diable par un canif distrait. Je supputai la vaste ouverture qu’elles démasqueraient tout à l’heure, la qualité des sons que mugirait cet antre… Le beau gueuloir ! Par avance, les oreilles m’en sifflèrent, et je serrai les mâchoires.

La dame qui allait chanter se campa impudique, face à l’assistance, et se hissa dans son corset droit, pour faire saillir sa gorge en pommes. Elle respira fortement, toussa et se racla la gorge à la manière dégoûtante des grands artistes.

Dans le silence angoissé où grinçaient, punkas minuscules, les armatures parfumées des éventails, le piano préluda. Et soudain une note aiguë, un cri vibrant troua ma cervelle, hérissa la peau de mon échine : la dame chantait. À ce premier cri, jailli du plus profond de sa poitrine, succéda la langueur d’une phrase, nuancée par le mezzo le plus velouté, le plus plein, le plus tangible que j’eusse entendu jamais… Saisi, je relevai mon regard vers la dame qui chantait… Elle avait sûrement grandi depuis un instant. Les yeux larges ouverts et aveugles, elle contemplait quelque chose d’invisible vers quoi tout son corps s’élançait, hors de son armure de satin blanc… Le bleu de ses yeux avait noirci et sa chevelure, teinte ou non, la coiffait d’une flamme fixe, toute droite. Sa grande bouche généreuse s’ouvrait, et j’en voyais s’envoler les notes brûlantes, les unes pareilles à des bulles d’or, les autres comme de rondes roses pures… Des trilles brillaient comme un ruisseau frémissant, comme une couleuvre fine ; de lentes vocalises me caressaient comme une main traînante et fraîche. Ô voix inoubliable ! Je me pris à contempler, fasciné, cette grande bouche aux lèvres fardées, roulées sur des dents larges, cette porte d’or des sons, cet écrin de mille joyaux… Un sang rose colorait les pommettes kalmouckes, les épaules enflées d’un souffle précipité, la gorge offerte… Au bas du buste tendu dans une immobilité passionnée, deux expressives petites mains tordaient leurs doigts nus… Seuls les yeux, presque noirs, planaient au-dessus de nous, au-dessus de tout, aveugles et sereins…

« Amour !… » chanta la voix… Et je vis la bouche irrégulière, humide et pourprée, se resserrer sur le mot en dessinant l’image d’un baiser… Un désir si brusque et si fou m’embrassa que mes paupières se mouillèrent de larmes nerveuses. La voix merveilleuse avait tremblé, comme étouffée d’un flot de sang, et les cils épais de la dame qui chantait battirent, une seule fois… Oh ! boire cette voix à sa source, la sentir jaillir entre les cailloux polis de cette luisante denture, l’endiguer une minute contre mes propres lèvres, l’entendre, la regarder bondir, torrent libre, et s’épanouir en longue nappe harmonieuse que je fêlerais d’une caresse… Être l’amant de cette femme que sa voix transfigure, – et de cette voix ! Séquestrer pour moi, – pour moi seul ! – cette voix plus émouvante que la plus secrète caresse, et le second visage de cette femme, son masque irritant et pudique de nymphe qu’un songe enivre !…

Au moment où je succombais de délice, la dame qui chantait se tut. Mon cri d’homme qui tombe se perdit dans un tumulte poli d’applaudissements, dans ces « ouao-ouao » qui signifient bravo en langue salonnière. La dame qui chantait s’inclina pour remercier, en déroulant entre elle et nous un sourire, un battement de paupières qui la séparaient du monde. Elle prit le bras du pianiste et tenta de gagner une porte ; sa traîne de satin piétinée, écrasée, entravait ses pas… Dieux ! allais-je la perdre ? Déjà je ne voyais plus d’elle qu’un coin de son armure blanche… Je m’élançai, sauvage, pareil en fureur dévastatrice à certains « rescapés » du bazar de la rue Jean-Goujon…
Enfin, enfin, je l’atteignis quand elle abordait le buffet, île fortunée, chargée de fruits et de fleurs, scintillante de cristaux et de vins pailletés.

Elle étendit la main, et je me précipitai, mes doigts tremblants offrant une coupe pleine… Mais elle m’écarta sans ménagements et me dit, atteignant une bouteille de bordeaux : « Merci bien, monsieur, mais le champagne m’est contraire surtout lorsque je sors de chanter. Il me retombe sur les jambes. Surtout que ces messieurs et dames veulent que je leur chante encore La vie et l’amour d’une femme, vous pensez… » Et sa grande bouche – grotte d’ogre où niche l’oiseau merveilleux – se referma sur un cristal fin qu’elle eût, d’un sourire, broyé en éclats.

Je ne ressentis point de douleur, ni de colère. J’avais retenu seulement ceci : elle allait chanter encore… J’attendis, respectueux, qu’elle eût, d’un geste qui récure, essuyé les ailes de son nez, les coins déplorables de ses lèvres, aéré ses aisselles mouillées, aplati son ventre d’une tape sévère et affermi sur son front le « devant » postiche de ses cheveux oxygénés.
J’attendis, résigné, meurtri, mais plein d’espoir, que le miracle de sa voix me la rendit…

"La dame qui chante" - Les vrilles de la vigne - Colette

***

ÉCRITURE :

Imaginez ou pensez à un air que vous aimez, ou pas… Sélectionnez quelques éléments de vocabulaire qui vous paraissent convenir le mieux.

Pour trouver des métaphores ; vous pouvez aussi faire un portrait chinois du morceau de musique et choisir l’élément le mieux adapté.

Pensez éventuellement à utiliser le son des mots pour renforcer l’effet avec quelques assonances et/ou allitérations et construisez vos phrases en leur donnant un rythme en rapport avec la musique que vous avez en tête.

***

Ci-dessous, un lien sur la relation entre musique et narration :

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 25 Septembre 2017

Des glaneuses - J.F. Millet

Des glaneuses - J.F. Millet

DÉFINITION :

Passage d'une œuvre où l'auteur décrit la réalité concrète, les personnages ou le contexte dans lequel se situe l'action.

(Larousse)

***

La description peut se placer au début ou à l’intérieur d’un récit. Elle permet de situer l’action dans un contexte, un paysage, une atmosphère, de marquer une pause dans le texte ou de présenter un personnage. Elle fige un moment les événements, ralentit la progression du récit. il faut donc éviter de la prolonger trop longtemps.

La difficulté consiste à décrire progressivement un paysage, un objet, que le regard embrasse dans son ensemble :

Prenons pour exemple la fameuse description du gâteau de mariage d'Emma dans "Madame Bovary":

"À la base, d'abord c'était un carré de carton bleu figurant un temple avec des portiques, colonnades et statuettes de stuc, tout autour, dans des niches constellées d'étoiles en papier doré; puis, se tenait au second étage un donjon en gâteau de Savoie, entouré de menues fortifications en angélique, amandes, raisins secs, quartiers d'orange; et enfin, sur la plate-forme supérieure qui était une prairie verte où il y avait des rochers avec des lacs de confitures et des bateaux en écales de noisettes, on voyait un petit Amour, se balançant à une escarpolette de chocolat, dont les deux poteaux étaient terminés par des boutons de rose naturelle, en guise de boules, au sommet."

http://www.unige.ch/lettres/framo/enseignements/methodes/description/deintegr.html

Comment organiser une description ?
Le gâteau de Madame Bovary est décrit en partant du bas vers le haut, peut-être en suivant la fabrication du gâteau, ou bien en suivant le regard, la description étant achevée lorsqu’on arrive au sommet.
Dans la description classique, on part généralement du plan le plus proche vers le plus lointain, mais cette organisation spatiale peut être modifiée comme dans ce passage tiré du roman de J.K. Huysmans (écrivain et critique français du XIXe siècle), À rebours, où, dans le paysage nocturne où les plans se brouillent, les couleurs priment sur la perspective et la description s’achève sur un détail :

Par sa fenêtre, une nuit, il avait contemplé le silencieux paysage qui se développe en descendant, jusqu'au pied d'un coteau sur le sommet duquel se dressent les batteries du bois de Verrières.
Dans l'obscurité, à gauche, à droite, des masses confuses s'étageaient, dominées, au loin, par d'autres batteries et d'autres forts dont les hauts talus semblaient, au clair de la lune, gouachés avec de l'argent, sur un ciel sombre.
Rétrécie par l'ombre tombée des collines, la plaine paraissait, à son milieu, poudrée de farine d'amidon et ensuite de blanc de col-cream; dans l'air tiède, éventant les herbes décolorées et distillant de bas parfums d'épices, les arbres frottés de craie par la lune, ébouriffaient de pâles feuillages et dédoublaient leurs troncs dont les ombres barraient de raies noires le sol en plâtre sur lequel des caillasses scintillaient ainsi que des éclats d'assiettes.

http://www.unige.ch/lettres/framo/enseignements/methodes/description/deintegr.html

La description peut aussi entrer en résonance avec les sentiments du personnage et devenir une métaphore de ce qu’il vit ou ressent. Dans le passage ci-dessous, tiré des Rêveries du promeneur solitaire de Rousseau, chaque élément descriptif devient métaphore d’un état d’âme :

Depuis quelques jours on avait achevé la vendange; les promeneurs de la ville s'étaient déjà retirés; les paysans quittaient les champs jusqu'aux travaux d'hiver. La campagne encore verte et riante, mais défeuillée en partie et déjà presque déserte, offrait partout l'image de la solitude et des approches de l'hiver. Il résultait de son aspect un mélange d'impression douce et triste trop analogue à mon âge et à mon sort pour que je n'en fisse pas l'application. Je me voyais en déclin d'une vie innocente et infortunée, l'âme encore pleine de sentiments vivaces et l'esprit encore orné de quelques fleurs, mais déjà flétries par la tristesse et desséchées par les ennuis. Seul et délaissé, je sentais venir le froid des premières glaces…

http://www.unige.ch/lettres/framo/enseignements/methodes/description/deintegr.html

SOURCES :

LECTURE :

Incipit de Au Bonheur des Dames d’Émile Zola

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Publié le 18 Septembre 2017

LA CONSTRUCTION DU RÉCIT

 

Il existe plusieurs façons de construire un récit. En voici trois, à expérimenter…

 

  • En suivant un ordre chronologique et les 5 étapes de la nouvelle classique :

 

1) La situation initiale : on plante le décor, on présente les personnages

2) L'élément déclenchant : une action qui perturbe la situation de départ.

3) Conséquences : l'élément déclenchant provoque des péripéties, des réactions des personnages.

 

4) Résolution : quelque chose permet de résoudre le problème, dénouement qui mène à la chute.

 

5) Chute : fin de l'histoire, inattendue. Dans la nouvelle à chute, la chute parfaite, c'est quand le dernier mot donne la clé de l'histoire.

 

Voir lien ci-dessous :

EXEMPLE : Pauvre petit garçon de Dino Buzzati

"Pauvre petit garçon", nouvelle à chute de Dino Buzzati

http://lewebpedagogique.com/asphodele/files/2012/02/PAUVRE-PETIT-GAR%C3%87ON1.pdf

*****

 

  • En commençant le plus près possible de la fin :

 

Au lieu de suivre l’ordre chronologique, le récit commence presque au dénouement. La situation dans laquelle se trouve le personnage est expliquée au moyen d’analepses, entrecoupées de temps actuel de l’action. Ce procédé ajoute du suspense à l’histoire.

 

Voir lien ci-dessous :

EXEMPLE : La fenêtre de Gérald Iotti

*****

 

  • En écrivant à la façon d’un journal intime, livre de bord ou roman épistolaire :

Le texte, rédigé de façon régulière ou intermittente, raconte un histoire, les réflexions ou les sentiments du personnage ou de l’auteur. Ses entrées sont habituellement datées.

 

Voir lien ci-dessous :

EXEMPLE : Extraits de Le journal d’Anne Frank et des Liaisons dangereuses de Choderlos de laclos

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Publié le 11 Septembre 2017

L'île au trésor - MAGRITTE - 1942

L'île au trésor - MAGRITTE - 1942

Pour chercher des idées, il existe un mode de réflexion bien utile : les associations d’idées.

 

Un mot nous en suggère un autre, puis un autre, selon le sens, les sonorités, le souvenir personnel...

A partir du mot de départ naît tout un vocabulaire pouvant appartenir à divers thèmes sémantiques. De cette "collection" pourra s’effectuer le choix qui mène à la création.

 

« L’art commence au choix »

Soulages

 

Et si choisir, c’est éliminer, alors, plus on dispose de matériaux, c’est-à-dire de mots en ce qui concerne l’écriture, plus on donne du sens au choix.

 

 

Pour débuter notre atelier sur le thème « MUSIQUE ET DANSE », nous ferons des associations d’idées avec les mots : musique et danse.

 

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Publié le 6 Septembre 2017

HUMOUR

Si l’humour arrive facilement dans la conversation, il est parfois moins spontané dans l’écriture. Voici quelques astuces trouvées sur le net :

 

 

  • LES CATÉGORIES :

 

L’humour : Forme d'esprit qui s'attache à souligner le caractère comique, ridicule, absurde ou insolite de certains aspects de la réalité ; marque de cet esprit dans un discours, un texte, un dessin, etc. : Raconter ses propres mésaventures avec humour. (Larousse)

L’humour exprime moins qu’il ne veut dire. Sa figure de prédilection est la litote, le raccourci.

Ex de litote :  le "C'est pas faux" dans Kaamelott , d'Alexandre Astier :

"Quand vous comprenez pas, vous dites « C'est pas faux ». Comme ça, vous passez pas pour un glandu." -Karadoc

« L’humoriste dit parfois les choses les plus terribles sans avoir l’air d’y toucher.
Ex. : Dis, Chaton, comment s’est passée cette première journée d’école ? As-tu été sage, Chaton ? As-tu bien mangé ton goûter ? Et tu n’as pas fait pipi dans ta culotte, Chaton ? Et dis à Maman, Chaton, qu’est-ce que tu as appris à l’école aujourd’hui ?
— J’ai appris que je m’appelle Joseph. (d’après Lionel Rocheman) »

http://www.sculfort.fr/articles/ecrire/ironiehumour.html

L’ironie : Manière de railler, de se moquer en ne donnant pas aux mots leur valeur réelle ou complète, ou en faisant entendre le contraire de ce que l'on dit : Savoir manier l'ironie. (Larousse)

L’ironie est moqueuse, agressive, elle utilise plutôt l’antiphrase en signifiant le contraire de son propos.

Ex : - N’écoutant que son courage qui ne lui demandait rien, il se garda d’intervenir.

(pour Son manque de courage l’a empêché d’agir)                                                   Jules Renard

 

 

L’autodérision : Fait de se prendre soi-même en dérision. (Larousse)

C’est de l’ironie contre soi-même. On dit de l’autodérision qu’elle est « la politesse du désespoir ».

Ex : Pierre Cami, à 74 ans, venait d’être amputé d’une jambe :
« Tout va bien, j’ai déjà un pied dans la tombe. Et comme je deviens sourd, je n’entendrai pas ma dernière heure sonner. »

http://www.sculfort.fr/articles/ecrire/ironiehumour.html

  • LES MOYENS :

 

Les figures de style :

 

- La litote :

Figure de rhétorique consistant à affaiblir l'expression de la pensée pour laisser entendre plus qu'on ne dit. (Par exemple le « Va, je ne te hais point » de Chimène à Rodrigue, dans le Cid de Corneille.) (Larousse)

 

-L'ellipse :

Consiste à omettre un ou plusieurs éléments en principe nécessaires à la compréhension du texte, pour produire un effet de raccourci.

« Je n'avance guère. Le temps beaucoup » Eugène Delacroix

 

- L’antiphrase :

Manière de s'exprimer consistant à faire usage, par ironie ou euphémisme, d'un mot ou d'un groupe de mots signifiant le contraire de ce que l'on pense. (Larousse)

« C'est malin ! », pour signifier au contraire que c'est complètement idiot.

 

- Les clichés détournés :

Utiliser les clichés et métaphores les plus connus en les détournant, un peu à la manière de Raymond Devos : « La mer est démontée. Vous la remontez quand ? »

 

 

Les jeux de mots :

 

- La boutade :

Saillie vive, imprévue, originale, qui touche au paradoxe : Répondre à une attaque par une boutade. (Larousse)

« Mon Dieu, mon Dieu, délivrez-nous de toutes les religions. » Guy Bedos

 

- Le mot-valise :

Le mot formé par la fusion d'au moins deux mots existant dans la langue de telle sorte qu'un de ces mots au moins y apparaisse tronqué, voire méconnaissable.

Il permet d'enrichir la langue en « luttant contre les dictationnaires » (Bruno San Marco)

Ex : « … les permanentées, les emperlousées, précieuses et ridicules. » Hervé Farcy – Fait divers à l’opéra.

 

- Le calembour :

C’est un jeu de mots basé sur l’homophonie (mots qui se prononcent de la même façon) ou la polysémie (mot ayant plusieurs sens).

« Demandez nos exquis mots ! »

 

 

Les sonorités :

Les sons ke – gue – ou semblent avoir un effet plus comiques que les autres, surtout si ils sont répétés au mayen d’assonances et d’allitérations.

 

 

Le rythme ternaire :

Cela consiste à énoncer deux idées cohérentes sur un sujet et terminer par une troisième idée sur le même thème mais décalée, insolite.

Ex : « je lui souhaitais la syncope, la mort, ou même la rupture simultanée de ses quatre jarretelles. »

Colette – La dame qui chante

 

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Publié le 12 Août 2017

Quelques codes et autres règles et techniques pour améliorer son écriture...

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Publié le 12 Août 2017

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