Publié le 27 Février 2017

La licorne bleue, Dali

La licorne bleue, Dali

ATELIER DU 27 FÉVRIER 2017

 

MERVEILLEUX, FANTASY, FANTASTIQUE ET SCIENCE FICTION

 

 

Il ne faut pas confondre merveilleux, fantasy, fantastique et science-fiction.

 

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  • LE MERVEILLEUX

 

Dans le récit merveilleux, l'irrationnel est accepté par le narrateur et les personnages. Personne ne s’étonne devant l’étrange. Les objets usuels sont dépouillés de leur habituel et deviennent insolites. Aucune intrusion de forces occultes, c’est le monde des contes, de la magie, de la féerie, où les choses surnaturelles se déroulent d’une façon presque familière, voire rassurante. Les textes commencent souvent par une formule comme "Il était une fois" ou  "Dans un pays lointain"...

Alice au pays des Merveilles, Le Petit prince appartiennent au domaine du merveilleux.

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  • LA FANTASY

 

La fantasy, considérée parfois comme le prolongement moderne du merveilleux, se situerait à la croisée de ce dernier et du fantastique. C’est un genre qui rencontre aujourd’hui un grand succès particulièrement auprès des jeunes. Elle présente souvent un aspect mythique, le magique y tient une large place et les faits se déroulent dans des mondes parallèles ou dans un lointain passé oublié.

Le Seigneur des Anneaux appartient à la fantasy.

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  • LE FANTASTIQUE

 

Dans le fantastique, une perturbation irrationnelle apparaît dans la vie quotidienne. Le doute, l'inquiétude persistent tout au long du récit. Le lecteur hésite entre explication surnaturelle et rationnelle. Le naturel et l'étrange se mêlent de façon inquiétante, la rencontre de l'impossible, liée à une athmosphère particulière, provoque l'angoisse. Dans un quotidien ordinaire se sont glissés équivoque et ambiguïté, le réel se peuple de vision imprécise, bruits inquiétants, rythmes sourds, frôlements suspects, courants d’air, odeurs bizarres. Le récit est souvent en « je » . La peur est souvent présente mais elle n'est pas une condition formelle du genre fantastique.

Pour écrire du fantastique, le meilleur moyen est de suggérer sans montrer, de dire sans dire, d’utiliser des comparaisons imprécises : « c’était comme si… cela ressemblait… On aurait dit une espèce de…»

Le doute persiste jusqu’à la fin qui reste ouverte, pas de retour au monde réel, car sinon, ce serait un roman policier.

Le Hola de Maupassant appartient au genre fantastique.

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  • LA SCIENCE-FICTION

 

Le récit de science-fiction répond à la question : que se passe-t-il si... ? par un monde imaginaire ne relevant ni du merveilleux, ni du religieux, mais construit à partir des connaissances, théories ou spéculations scientifiques. Pour que ce monde soit accepté comme réel par le lecteur, l’auteur donne des éléments tels que objets techniques, indices de structures sociales, etc... Dans la science-fiction, le décor est souvent largement aussi important que l’intrigue : tout doit donner l’illusion de la réalité.

La SF est basée sur l’hypothèse d’un éventuel futur ou de ce qu'auraient pu être le présent voire le passé (planètes éloignées, mondes parallèles, uchronies), en partant des connaissances actuelles. Elle se distingue du fantastique qui inclut une dimension inexplicable et de la fantasy qui fait souvent intervenir la magie. Les thèmes spécifiques de la SF concernent l'espace, le temps, les machines, les autres mondes, l'homme transformé.

Fondation d’Asimov appartient à la SF.

S’il est vrai que la SF exprime des thèmes universels communs à toute littérature, elle le fait avec une thématique qui n’appartient qu’à elle, où se mêlent sciences exactes et mondes imaginaires.
– L’espace : le voyage dans l’espace, la colonisation de l’espace, la terraformation, les océans cosmiques et leur mythologie, les extraterrestres, les civilisations extraterrestres, l’invasion extraterrestre, les histoires du futur.
– Le temps : le voyage dans l’avenir, le voyage dans le passé, d’autres écoulements du temps, l’uchronie, les immortels, les fins du monde, les sociétés postcataclysmiques.
– Les machines : les robots, cerveaux électroniques et intelligences artificielles.
– D’autres mondes, d’autres dimensions : la quatrième dimension et les autres, les mondes parallèles, les mondes microscopiques.
– L’homme transformé : les mutants, les clones, les hybrides homme-machine (cyborg).

https://www.ac-clermont.fr/disciplines/fileadmin/user_upload/Lettres-Histoire/formations/Lettres/presentation_av_scientifs.pdf

SOURCES :

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LECTURES :

Extrait de Le Petit prince de Saint-Exupéry :

 

Ah! petit prince, j’ai compris, peu à peu, ainsi, ta petite vie mélancolique. Tu n’avais eu longtemps pour distraction que la douceur des couchers de soleil. J’ai appris ce détail nouveau, le quatrième jour au matin, quand tu m’as dit :

J’aime bien les couchers de soleil. Allons voir un coucher de soleil...

Mais il faut attendre...

Attendre quoi?

Attendre que le soleil se couche.

Tu as eu l’air très surpris d’abord, et puis tu as ri de toi-même. Et tu m’as dit :

Je me crois toujours chez moi !

En effet. Quand il est midi aux États-Unis, le soleil, tout le monde le sait, se couche sur la France. Il suffirait de pouvoir aller en France en une minute pour assister au coucher de soleil. Malheureusement la France est bien trop éloignée. Mais, sur ta si petite planète, il te suffisait de tirer ta chaise de quelques pas. Et tu regardais le crépuscule chaque fois que tu le désirais...

Un jour, j’ai vu le soleil se coucher quarante-trois fois !

Et un peu plus tard tu ajoutais :

Tu sais... quand on est tellement triste on aime les couchers de soleil...

Le jour des quarante-trois fois tu étais donc tellement triste?

Mais le petit prince ne répondit pas.

 

Extraits de Le Seigneur des Anneaux de Tolkien

 

Trois anneaux pour les Rois Elfes sous le ciel,
Sept pour les Seigneurs Nains dans leurs demeures de pierre,
Neuf pour les Hommes Mortels destinés au trépas,
Un pour le Seigneur des Ténèbres sur son sombre trône
Dans le Pays de Mordor où s'étendent les Ombres.
Un anneau pour les gouverner tous,
Un anneau pour les trouver,
Un anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier
Au pays de Mordor où s'étendent les Ombres.

 

Un extrait du Horla de Maupassant :

 

En face de moi, mon lit, un vieux lit de chêne à colonnes ; à droite, ma cheminée ; à gauche ma porte fermée avec soin, après l’avoir laissée longtemps ouverte, afin de l’attirer ; derrière moi, une très haute armoire à glace, qui me servait chaque jour pour me raser, pour m’habiller, et où j’avais coutume de me regarder, de la tête aux pieds, chaque fois que je passais devant.
Donc je faisais semblant d’écrire, pour le tromper, car il m’épiait lui aussi ; et soudain, je sentis, je fus certain qu’il lisait par-dessus mon épaule, qu’il était là, frôlant mon oreille.
Je me dressai, les mains tendues, en me tournant si vite que je faillis tomber. Eh bien ?…. on y voyait comme en plein jour, et je ne me vis pas dans ma glace ! Elle était vide, claire, profonde, pleine de lumière ! Mon image n’était pas dedans… et j’étais en face, moi ! Je voyais le grand verre limpide du haut en bas. Et je regardais cela avec des yeux affolés ; et je n’osais plus avancer, je n’osais plus faire un mouvement, sentant bien pourtant qu’il était là, mais qu’il m’échapperait encore, lui dont le corps imperceptible avait dévoré mon reflet.
Comme j’eus peur ! Puis voilà que tout à coup je commençai à m’apercevoir dans une brume, au fond du miroir, dans une brume comme à travers une nappe d’eau ; et il me semblait que cette eau glissait de gauche à droite, lentement, rendant plus précise mon image, de seconde en seconde. C’était comme la fin d’une éclipse. Ce qui me cachait ne paraissait point posséder de contours nettement arrêtés, mais une sorte de transparence opaque, s’éclaircissant peu à peu.
Je pus enfin me distinguer complètement, ainsi que je le fais chaque jour en me regardant.
Je l’avais vu ! L’épouvante m’en est restée, qui me fait encore frissonner.

 

Extrait de Fondation d'Asimov :

 

Il s'appelait Gaal Dornick et c'était un bon provincial qui n'avait encore jamais vu Trantor. Du moins, pas en réalité. Il l'avait vue bien des fois à l'hypervidéo, ou bien dans une bande d'actualités en tridi à l'occasion du couronnement impérial ou de l'ouverture d'un concile galactique. Il avait beau vivre sur la planète Synnax, qui gravitait autour d'une étoile aux confins de la Nébuleuse bleue, il n'était pas coupé de toute civilisation. D'ailleurs, à cette époque, il en allait de même pour les habitants de tous les points de la Galaxie.

On comptait alors près de vingt-cinq millions de planètes habitées dans la Galaxie, touts soumises à l'autorité impériale dont le siège se trouvait sur Trantor... pour une cinquantaine d'années encore.

Pour Gaal, ce voyage marquait l'apogée de sa jeune vie d'étudiant. Il n'en était pas à sa première expédition dans l'espace : la traversée ne faisait donc guère impression sur lui. Bien sûr, il n'était jamais allé plus loin que l'unique satellite de Synnax, où il avait dû se rendre pour recueillir les renseignements sur la mécanique des météores dont il avait besoin pour sa dissertation ; mais dans l'espace, qu'on parcourût un million de kilomètres ou d'années-lumière, c'était tout comme.

 

Nouvelle Le vent de Ray Bradbury

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SUJETS D'ÉCRITURE :

 

SUJET FANTASTIQUE

 

Depuis quelques jours, votre animal de compagnie vous paraît parfois étrange. Il lui arrive de se comporter bizarrement de plus en plus souvent. Lorsque ces drôles de crises lui arrivent, vous avez l’impression que l’atmosphère change dans la maison, quelque chose d’indéfinissable et inquiétant. Même la bête semble se métamorphoser tout en restant elle-même.

Décrivez ces changements subtils, installez le malaise, faites monter l’angoisse…

 

 

SUJET MERVEILLEUX

 

Votre animal de compagnie sait si bien vous signifier ce qu’il attend de vous ! Un jour, lors d’une promenade, il vous entraîne vers un sentier que vous n’aviez jamais remarqué jusqu’ici. Dès que vous l’empruntez, tout bascule vers un monde magique, peuplé d’animaux bavards et féeriques, d’objets facétieux. Votre animal aussi a la parole ; il vous raconte ce qu’il pense de vous, vous explique pourquoi il vous a emmené ici, vous initie à cet univers de contes de fées.

Racontez-nous…

 

 

SUJET FANTASY

 

Dans le monde glacé du Septentrion Rugissant, le peuple des Urselfiens se compose d’elfes et d’ours. A chaque elfe son ours, à chaque ours son elfe. Indissociables, ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre, la mort de l’un entraîne la mort de l’autre. Comme si l’un était l’étincelle de vie de l’autre et inversement. Un Urselfien est en fait une seule personne composée de deux êtres ou un seul être composé de deux personnes : un elfe et un ours physiquement inséparables, liés par un lien invisible insectionnable.

Imaginez leur société, leur coutumes, racontez un mariage par exemple. Qui tombe amoureux ? Est-ce que c’est le côté ours de la personne qui choisit le partenaire ou l’inverse ? Et si les deux parties elfes s’aiment, les parties ours s’aiment-elles automatiquement ou bien faut-il leur consentement pour pouvoir épouser l’Urselfien(ne) de son choix ?

Inventez un monde magique ; vous pouvez aussi créer un autre univers et d’autres personnages que ceux-ci.

 

 

SUJET SF

 

De plus en plus, les cellules animales se mêlent aux cellules humaines. Les valves cardiaques porcines sont implantées dans les cœurs malades, les sérums lymphocytaires de cheval se répandent dans les corps, les vaccins et autres insulines, crées à partir d’animaux, pénètrent dans nos organismes. Au fil de temps, ces mélanges "animal-humain" ont modifié notre espèce.

Imaginez ces hommes du futur, leur transformation, leur relation avec les bêtes - d'ailleurs, sont-elles encore des "bêtes" ? - la place des animaux dans leur société, les décors et paysages dans lesquels ils vivent.

 

 

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Publié le 18 Février 2017

Monologue intérieur

***

« Et bien, il n’y a pas de temps à perdre, la lumière est parfaite ! pense t-il, une brindille de blé entre les dents. Allongé au bord du chemin, soulevé sur un coude, Claude attend… Ses idées vagabondent.

 

Camille a-t-elle dit qu’elle s’appelait ? Oui, c’est ça ! Camille, j’aime bien ce prénom ! Blonde, oui blonde, c’est une teinte de cheveux que l’on n’oublie pas. Son allure aussi attire le regard. Des formes qui suggèrent, bien présentes mais pas provocantes. Et bien, tu te rappelles tout ça toi ? Il souriait intérieurement.

Et cette robe en tissu léger, imprimé de grosses fleurs, la portera t’elle aujourd’hui ? Du meilleur effet avec ces blés fauchés qui s’étalent jusqu’à la rivière. Mais, viendra-t-elle ?

Ah, ces nuages à l’horizon ! Il ne faudrait pas qu’ils envahissent cette lumière !

Bon, arrête de ronchonner, ils n’auront pas le temps !

Pas le temps, pas le temps, vite dit mais l’heure tourne et elle n’est toujours pas là. Mais enfin, suis-je sûr qu’elle viendra ?

Comment saisir le sens de son propos ? Je pense ne pas rater le train !

Pourquoi le raterait-t-elle ? Si ce n’est pour me rendre plus impatient !

Et puis quoi, c’est une femme, il faut bien qu’elle se fasse désirer !

Bon, je ne vais pas regretter de l’avoir invité et elle d’avoir accepté. Alors attendons !

Ce pont au loin pourrait clôturer le tableau et annoncer ces nuages …Bon sang, ils avancent trop vite ces nuages ! Et sa robe à fleurs alors, les nuances, j’en fais quoi si l’ombre envahit le paysage ?

Je devrais commencer par installer le vert sombre de ces alignements d’arbres et le jaune de ces prés fauchés. Mais non, je ne peux pas, c’est elle le personnage principal, je construirais le reste après ! Il mâchouille sa brindille »

-Bonjour, je ne suis pas trop en retard ?

Claude se retourne, surpris, il ne l’avait pas entendu arriver, Camille Doncieux était là avec sa robe à fleurs et son ombrelle bleue et jaune, Claude Monet en était émerveillé …

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Rédigé par Gérald

Publié dans #Divers

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Publié le 18 Février 2017

A la place d’un animal

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Le sable gicle sous les sabots de Nexus, les spectateurs sont figés.

Je vois ça dans leurs yeux. Maintenir le trot ample, généreux, cadencé, régulier, c’est ce que veut ma cavalière, je l’ai bien compris … Flop…Flop…Flop.

Ah oui ! Ne pas oublier le port de tête. Oreilles dressées, naseaux fumants, rendre la démarche élégante. Pourtant un œil avisé aurait pu apercevoir les gouttes de sueur sur son front et les jointures blanchies de ses doigts. Toujours attentive à ne pas trop tirer sur le mors. Une pression de ses genoux, j’oblique dans le sens demandé. J’anticipe ses ordres, alors, pas de soucis ma belle !

-Tu es trop concentrée ma petite ! Ne t’inquiètes pas, on fait corps unique, tout ira bien …Flop…flop…flop…

La démarche en diagonale, souple dans le sable aéré surprend toujours le spectateur non averti. Ça je le sais aussi, mais je ne peux m’empêcher de relever chaque fois leurs airs surpris. On a beau leur expliquer en détail, tous les points cruciaux de l’épreuve, ils sont toujours stupéfaits par le pas cadencé que je m’applique à respecter…Flop…Flop…Flop…

-Tu as vu, dis l’un c’est aérien !

Et oui mon p’tit, on s’entraîne dur avec ma maîtresse, alors pas de surprise.

Le maintien que je qualifierai d’irréprochable de ma cavalière, avec ses bottes, son pantalon et sa chemise blanche, sa veste longue et son chapeau Andalou noir, me rendent très fier. Et hop ! J’anticipe. Elle, d’un doigt, sait qu’elle peut compter sur moi !

L’épreuve se termine, le charme est rompu. Je rejoins le paddock au petit trot, me déhanchant de la croupe. Puissance retenue. Ma petite maîtresse saute en souplesse de la selle. Elle attend les résultats. Elle me tient gentiment par le licol, tout en douceur, me caresse l’encolure, les naseaux. Moi, tout en soupirs, je lui prouve que je suis bien par plusieurs souffles frémissants. Oreilles en pointe, attentif au moindre bruit, je pivote ma tête vers ma complice. J’attends les flatteries. La voix calme qui me susurre des mots à l’oreille. J’aime beaucoup ça.

Ah ! Elle est au courant de mes points faibles. On est une équipe non ? Bon ! Il ne faut pas exagérer, je la rassure aussi. Elle sait que je l’écoute, que j’intègre ses conseils. Quelques mini-hennissements pour lui transmettre mon message :

-Alors, qu’est-ce que tu en penses ? Pas mal, non ?

Je n’aime pas qu’elle se fasse de la bile pour rien. Un brouhaha me parvient de la tribune. Un haut-parleur diffuse les résultats. Voilà qu’elle m’embrasse les naseaux ! Tu vois, je te l’avais dit !

J’aperçois son œil humide lorsqu’elle me conduit à mon box.

-Allons, allons ma petite maîtresse, tu sais que tu peux compter sur moi ! Je tourne ma tête, caresse ses cheveux, j’aime bien son odeur, pousse un hennissement doux, naseaux dilatés. Elle, sourit… Tout va bien …

Pour le diplôme, on verra plus tard.

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Rédigé par Gérald

Publié dans #Les animaux

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Publié le 9 Février 2017

Sur le thème LES ANIMAUX, le monologue intérieur...

SUJET D'ÉCRITURE :

Tirer au sort une fable de La Fontaine et réécrire l’histoire en prose, avec un vocabulaire actuel, et en incluant les bribes de monologue intérieur de l'un des personnages. Puis, comme il restait du temps, l'histoire a été transformée en FIB.

 

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1°) Monologues intérieurs

 

  • Waouh le bœuf ! C’est pas vrai ! Comment il est gros, un truc de ouf ! Jamais j’y arrive ! Je fais quoi moi ?

  • Elle est barge c’te grenouille ! Ca va pas la tête ? Qu’est-ce qu’elle a à gonfler comme ça ? J’ te dis pas, elle croit quoi ? Jamais vu un truc pareil !

  • I’ m’ regarde le bœuf, j’y crois pas, i’ s’ fout d’ ma gueule ! J’ suis pas aveugle ! I’ s’ gondole, j’ vois bien ! Non mais des fois ! Tu vas voir ça ! Plus grosse que toi, même, j’ vais être ! I’ s’ marre, i’ s’ marre. J’en ai rien à battre. I’ va voir ! I’m’ prend pour une quiche ! M’en fous ! Rien à cirer ! J’ continue ! Rira bien qui rira le dernier !

  • Ma parole, elle est grave perchée, la batracienne ! J’ sais pas où elle a pêché l’idée ! Gonflée, ouais c’est ça, gonflée ! Mort de rire ! Mais c’est que… oups ! Non, j’y crois pas ! Explosée, elle est ! Bien fait pour sa gueule ! Non mais ! Pour qui elle se prenait ? Ca lui apprendra ! J’ai plus qu’à ramasser les morceaux, ça m’ f’ ra mon dîner ! J’ t’en foutrais, moi, des allumées comme ça !

 

***

 

 

2°) FIB

 

Eh !

Quoi !

C’est ça ?

Pas du tout !

J’y suis pas encore ?

Jamais tu y arriveras !

 

Elle

S’enfle

S’étend

Pas plus grosse qu’un œuf

Veut se faire aussi grosse qu’un bœuf

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Rédigé par Monique

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Publié le 7 Février 2017

Sur le thème LES ANIMAUX, le monologue intérieur...

SUJET D'ÉCRITURE :

Tirer au sort une fable de La Fontaine et réécrire l’histoire en prose, avec un vocabulaire actuel, et en incluant les bribes de monologue intérieur de l'un des personnages. Puis, comme il restait du temps, l'histoire a été transformée en FIB.

 

***

1°) Monologues intérieurs

 

Il était une fois un Rat des Villes qui avait invité un Rat des Champs à déjeuner dans une belle demeure bourgeoise. Ils festoyaient tous deux, installés confortablement sur un tapis de Turquie. Un repas raffiné. Le Rat des champs se régalait d’ortolans. Délice. Mmm... Et quel cadre !

Soudain, un bruit à la porte de la salle. Panique. Le Rat des Villes détale, le Rat des Champs le suit. Zut ! Mes ortolans !! Heureusement, le calme revient vite et le Citadin dit :

Achevons notre rôt.

Mais le Rustique n’apprécie guère que l’on interrompe ainsi son repas. La bouffe, c’est sacré. Il décline, manger avec la trouille au ventre, tu parles d’un plaisir, et, à son tour, invite son ami, précisant que chez lui, si il n’y a pas de festin de roi, au moins, on peut savourer son repas tranquillement. La moindre des choses, quand même !

***

2°) FIB

 

Le

Rat

Des Villes

Invita

Le Rat campagnard

Mais le bon repas fut gâché.


 

Le

Rat

Des Champs

Préféra

Repartir chez lui

Où il pouvait dîner tranquille.

 

 

Le beau Rustique repartit

Car dans sa campagne

Pas d’ennui ;

On mange

Sans

  Peur !

 

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Publié le 7 Février 2017

 E. Hopper. Compartment C, Car 293. 1938

E. Hopper. Compartment C, Car 293. 1938

ATELIER DU 06 FÉVRIER 2017

 

LE MONOLOGUE INTÉRIEUR

 

Le monologue intérieur est un procédé qui permet de suivre les pensées d’un personnage.

Édouard Dujardin, écrivain du XIXe siècle l’utilisa dans Les lauriers sont coupés, et en donne la définition suivante :

« Discours sans auditeur et non prononcé par lequel un personnage exprime sa pensée la plus intime, la plus proche de l'inconscient, antérieurement à toute organisation logique, c'est-à-dire dans son état naissant, par le moyen de phrases directes réduites au minimum syntaxial de façon à donner l'impression tout-venant. »

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Employé de façon ponctuelle, il permet d’entrer dans la tête du personnage qui “se parle”, en quelque sorte, à lui-même. Il n’est pas censé être écouté, il est fait des petits riens qui font la conversation intime, d'associations d'idées, de délires, d’apartés que l’on se fait à soi-même, etc... et s'exprime en phrases brèves souvent nominales.

 

Exemple :

Menica l’Ancien tire une bouteille de piquette de sa besace. Une bonne lampée à la régalade et il s'essuie la moustache d'un revers de manche. Pas mauvais son vin cette année. Les vignes de sa terre, à Magnan, sont vigoureuses. Faudra qu’il en fasse des boutures. Et vite ! Depuis quelques temps, les villas poussent plus vite que les ceps au bord de mer !

 

Les phrases soulignées sont du monologue intérieur. Les phrases "Les vignes... vigoureuses" et "Depuis quelques temps... au bord de mer"  peuvent l'être aussi. Difficile parfois de distinguer le narrateur du monologue intérieur...

 

***

 

Le monologue intérieur, appelé aussi courant de conscience, peut être pratiqué en tant que genre sur toute la durée d’un roman :

Le courant de conscience est habituellement considéré comme une forme spécifique de monologue intérieur et est caractérisé par des sauts associatifs (et parfois dissociatifs) dans la syntaxe et la ponctuation qui peuvent rendre le texte difficile à suivre […] Dans le courant de conscience, les processus de pensée du locuteur sont le plus souvent décrits comme entendus (ou adressés à soi-même) ; il s'agit principalement d'un outil de fiction.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Courant_de_conscience

Certains critiques compare le monologue intérieur à un monologue bavardé :

 

« Que voyons-nous ? quelqu'un qui dialogue avec lui-même d'une façon beaucoup plus continue, plus détaillée, que nous n'avons coutume de le faire dans la vie courante, et qui énumère pour soi des objets. En quoi peut-on prétendre que j'atteins ici la « pensée intime en formation » ? Bien plus, on discute avec soi, devant moi, on s'interroge. Si ce n'est pas là un « monologue bavardé », je veux être pendu. [...] Comment ne pas voir que c'est là un simple procédé d'écriture, bien plus : un découpage à la machine et que les interminables périodes de Proust traduisent beaucoup plus directement le devenir intérieur que ce laborieux pointillisme verbal.» (Gabriel Marcel, in La Nouvelle Revue française, février 1925).

 

 

« Il y a aussi le bavardage, et ce qu’on a appelé le monologue intérieur , qui ne reproduit nullement, on le sait bien, ce qu’un homme se dit à lui-même, car l’homme ne se parle pas, et l’inimitié de l’homme est non pas silencieuse, mais le plus souvent muette, réduite à quelques signes espacés. Le monologue intérieur est une imitation fort grossière, et qui n’en imite que les traits d’apparence, du flux ininterrompu et incessant de la parole non parlante. Ne l’oublions pas, la force de celle-ci est dans sa faiblesse, elle ne s’entend pas, c’est pourquoi on ne cesse de l’entendre, elle est aussi près que possible du silence, c’est pourquoi elle le détruit complètement. Enfin, le monologue intérieur a un centre, ce « Je » qui ramène tout à lui-même, alors que l’autre parole n’a pas de centre, elle est essentiellement errante et toujours au-dehors. »
Maurice Blanchot, Le Livre à venir, 1959.

 

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LECTURE :

Un extrait d' ULYSSE de James JOYCE, 

Un extrait d' AURÉLIEN de Louis ARAGON

Un extrait de LES LAURIERS SONT COUPÉS d'Édouard DUJARDIN

Un extrait de L'ARRACHE-CŒUR de Boris VIAN

Voir les liens ci-dessous :

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SUJET D'ÉCRITURE :

 

Tirer au sort une fable de La Fontaine et réécrire l’histoire en prose, avec un vocabulaire actuel, et en incluant les bribes de monologue intérieur de l'un des personnages.

 

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