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Publié le 20 Avril 2016

Jeunes filles au piano - Auguste Renoir

Jeunes filles au piano - Auguste Renoir

En 2015, l'atelier d'écriture a exploré... un peu... le thème de la musique. Quelques petits textes écrits lors des séances, une ou deux nouvelles, et des chansons, ou du moins, des paroles sur des airs connus ont émergé de cette aventure. Les voici, ci-dessous :

 

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Rédigé par Carmella

Publié dans #Musique

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Publié le 20 Avril 2016

"Quand les mots rencontrent la musique..." ils se transforment en nouvelle...

HYMNES

"Cela est divin et rare
d'ajouter un chant éternel
à la voix des Nation
s"
Michelet


1792 :

Je dormais dans les mots d'une affiche, dans le patriotisme des hommes, dans la fraternité d'une nation. Mon père, le capitaine, m'a réveillée.
Tout a commencé en avril 1792. Depuis trois ans, la France a renversé les despotes. En juillet 1789, le peuple a pris la Bastille, les citoyens, le pouvoir. Les vieilles monarchies européennes craignent la contagion, elles forment des coalitions pour combattre le jeune état révolutionnaire.
À Strasbourg, l'Armée du Rhin veille sur la frontière. Mon père le capitaine, affecté au bataillon “ Les enfants de la Patrie ”, s'y trouve déjà depuis un an. Poète et musicien, il est familier des milieux artistiques de la ville. Le maire, le baron de Dietrich, l'accueille volontiers dans son salon lors de soirées où se côtoient hommes politiques, officiers, musiciens. Le soir du 25 avril, le salon est en effervescence ; le maire vient de recevoir la nouvelle : le 20 avril, la France a déclaré la guerre au roi de Bohême et de Hongrie. Point de musique ce soir, le salon n'est plus que brouhaha. Dans les discussions, surgit l'idée d'écrire un chant hardi, pour encourager les soldats qui montent au front afin de remplacer le traditionnel “ Ça ira, ça ira ”.
“ Trouvez-nous un beau chant pour ce peuple soldat qui surgit de toutes parts à l'appel de la patrie en danger et vous aurez bien mérité de la Nation ”, demande le baron au capitaine poète.
Quand mon père repart, il longe les murs de la ville sur lesquels les affiches des Amis de la Constitution appellent la population à se battre :

Aux armes, citoyens ! L'étendard de la guerre est déployé ! Le signal est sonné ! Aux armes ! Il faut combattre, vaincre, ou mourir.
Aux armes, citoyens ! Si nous persistons à être libres, toutes les puissances de l'Europe verront échouer leurs sinistres complots. Qu'ils tremblent donc, ces despotes couronnés ! L'éclat de la Liberté luira pour tous les hommes. Vous vous montrerez dignes enfants de la Liberté, courez à la Victoire, dissipez les armées des despotes !
Marchons ! Soyons libres jusqu'au dernier soupir et que nos vœux soient constamment pour la félicité de la patrie et le bonheur de tout le genre humain !
Mon père s'imprègne de ces mots qui résonnent si fort à son cœur patriote. Il passe la nuit à composer, accompagné de son violon ; il me réveille, me crée. Au matin, je suis prêt. Je vais sillonner la France, galvaniser les troupes avec le “ Chant de guerre de l'Armée du Rhin ”. Belliqueux et fraternel à la fois, au diapason des valeurs de la France, j'appelle à la paix malgré le combat comme le suggère ce couplet :
Français, en guerriers magnanimes
Portez ou retenez vos coups!
Épargnez ces tristes victimes
À regret s'armant contre nous

Les paroles de ce chant, recopiées mille fois, imprimées dans les journaux, distribuées partout, voyagent. Je les accompagne sur les routes, dans les villes, les garnisons. Parti de Strasbourg, je traverse la France, frappe le Midi, reviens comme un écho. Me propageant sur tout le territoire, je participe à l'unité nationale. Les hommes se lèvent. Les Fédérés partent de Bretagne, de Montpellier, de Marseille. Moi, je marche au pas avec eux.
Au Moyen-Âge, la Geste chevaleresque chantait les exploits des seigneurs par la voix des troubadours et des jongleurs. Moi, je chante pour la liberté, l'égalité, la fraternité. Au fil des jours, je deviens symbole, je deviens révolution, république, je deviens peuple de France. Je porte le courage, j'exalte la grandeur. Les mots pulsent au rythme d'un cœur qui bat, qui combat, comme un cri fédérateur, un fort sentiment d'appartenance.
À Marseille, le “ Chant de guerre de l'armée du Rhin ” subjugue les Fédérés. Début juillet, ils se préparent à monter à Paris pour combattre l'invasion et défendre “ la patrie en danger ”.

Tout est soldat pour vous combattre
S'ils tombent, nos jeunes héros
La France en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre.

Ils leur faudra presque un mois pour parvenir au terme de leur voyage. Dans les villes et villages qu'ils traversent, je suis là, avec eux, à pleine voix. Le chant donne du sens, les mots rassemblent. De partout, des volontaires les rejoignent. Une fois, alors que retentit Amour sacré de la Patrie, tous les citoyens se mettent à genoux. Le député Barbaroux, notre chef, debout sur une chaise, en avait les yeux rougis. Le peuple communie dans ce “ Te Deum révolutionnaire ”.
Le 30 août, nous rentrons dans Paris, le “ Chant de guerre de l'armée du Rhin ” en tête. Le moment où les Marseillais agitent leurs chapeaux et leurs sabres en criant Aux armes, citoyens fait frissonner. Les mots ont rencontré la musique sur la grande pensée de l'affranchissement du monde. Les Parisiens, sans se soucier de mon titre originel, me baptise l'Hymne des Marseillais, puis la Chanson Marseillaise. Le 10 août, nous participons à l'insurrection du palais des Tuileries aux côtés des sans-culottes. Le roi est fait prisonnier. Ce jour-là, j'ai vu la fin d'une monarchie vieille de près de mille ans, j'ai vu naître la république ; ce jour-là, je suis devenue “ La Marseillaise ”.
Je suis née dans les mots d'une affiche, dans le patriotisme des hommes, dans la fraternité d'une nation. Mon père, le capitaine Rouget de Lisle, m'a réveillée. Allons enfants...

1871 :
Un jour, d'autres mots ont rencontré ma musique.
En juin 1871, la Commune de Paris, insurgée, a été écrasée. Dans les prisons, les Communards attendent la mort. Le poète Eugène Pottier, révolutionnaire et goguetier, écrit un poème en l'honneur des milliers de victimes de la Semaine sanglante, de l'Internationale Ouvrière, et le dédie plus particulièrement à Gustave Lefrançais, instituteur républicain et anarchiste. Poésie puissante, née de la rébellion des opprimés, de la solidarité ouvrière des nations, elle répond à l'appel de Karl Marx “ Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ”. L'Internationale est son nom.
La tradition goguettière veut qu'un auteur chante son poème sur un air connu. Tout naturellement, L'Internationale sera entonnée sur l'air d'un autre chant révolutionnaire, le mien, La Marseillaise. Comme une continuité, nous nous rejoignons sur la musique. Mais si moi je glorifie la patrie et la liberté, elle, dénonce la misère de ces “ damnés de la Terre ”, ces “ forçats de la faim ”, condamne les prélèvements effectués sur les salaires des ouvriers :

Les rois de la mine et du rail,
Ont-il jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Elle revendique l’égalité sociale, l'égalité de droits en reprenant les mots inscrits sur le drapeau de la Commune, « Pas de droits sans devoirs, Égaux, pas de devoirs sans droits ! ».
Des mots qui m'ont vue naître, prononcés par le révolutionnaire Babeuf en 1790. Des mots cités par Karl Marx en 1864 dans le préambule des statuts de l'Association Internationale des Travailleurs. Des mots, comme un pont dans le temps, de la Révolution française au communisme international.
Mes couplets patriotiques, remplacés par les vers militants du combat prolétarien, créent un sentiment d'appartenance sociale. C'est la “ lutte finale ”, celle des classes. Moi, je ne corresponds plus aux aspirations du monde du travail. Félix Pyat, personnalité de la Commune de Paris, l’a pressenti : « La Marseillaise de l’avenir, sera sans doute le chant de guerre contre ce qui restera d’ennemi à l’homme, le chant du travail dans sa lutte avec les éléments et contre la tyrannie de la matière… »
L'Internationale ne peut survivre sur ma musique. Ma musique fait corps avec mes paroles, je suis unique, je suis nation. Nous nous séparons. Je deviens l’hymne national français en 1879 ; elle, s'endort, dans l'attente des notes qui la réveilleront pour en sublimer l'émotion, pour en illuminer la substance idéologique. Son auteur, condamné à mort par contumace, s'exile aux États-Unis en 1873 ; il reviendra en France après l'amnistie de 1880. L'Internationale sera publiée en 1887 et remarquée par un poète guesdiste, Charles Gros, qui la communique à la section lilloise du parti ouvrier. Le maire de Lille demande alors à Pierre Degeyter, ouvrier et musicien, de la mettre en musique. C'est là le début de sa prodigieuse épopée.
Les mots ont trouvé leur rythme. L'Histoire a trouvé ses mots. Nous avons chacune nos valeurs. Je suis restée, plantée comme un drapeau tricolore au cœur de la France ; elle s'est envolée, rouge de révolte, tout autour de la Terre. Traduite dans une multitude de langues, elle accompagne les luttes sociales, les espoirs révolutionnaires ; elle porte, suivant le mot du militant socialiste et écrivain prolétarien Marcel Martinet, « la douleur et l’espérance de tant de millions d’hommes déshérités ».
Les mots ont rencontré leur musique, les hommes se sont levés. Les hymnes, comme des repères dans la marche du monde, en balisent le chemin. Pourtant, que sont devenues les idées généreuses de partage, de fraternité, de liberté ? Pourquoi faut-il que toujours, elles meurent sous quelque dictature politique ou économique ? Peut-être est-il de se réveiller à nouveau ? Debout, l'humanité...

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Rédigé par Mado

Publié dans #Musique

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Publié le 20 Avril 2016

"Quand les mots rencontrent la musique"... ça débouche parfois sur une nouvelle...

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Antoine était un jeune espoir au conservatoire de Nice. Ses compositions, pleines d’originalité, de surprises, faisaient vibrer les cordes sensibles. Ses parents, comblés, très fiers de leur fils musicien qui avançait vers un avenir prometteur, ne lésinaient pas sur les moyens à mettre à sa disposition. Ils lui avaient aménagé un studio high-tech au rez-de-jardin de leur villa, où le jeune homme pouvait composer en toute tranquillité.

Il passait son temps entre la musique, qu’il servait avec passion et beaucoup de talent, et une vie sociale insouciante. Il vivait chez ses parents qui l’aidaient généreusement. Il composait pour lui-même, comme il le disait en plaisantant : des danses, quelques concertos, des airs de jazz. Il rêvait de créer une symphonie, mais ne s’était pas encore sérieusement attelé à la tâche.

Il se consacrait ainsi entièrement à sa passion, sans autre souci que de trouver la note juste, l’accord parfait quand la mort de son père bouleversa sa vie tranquille. Il s’avéra qu'il ne laissait rien à sa famille, ses comptes en banque étaient vides. Antoine dut alors gagner sa vie lui-même. Pianiste acceptable, il trouva du boulot dans des piano-bars de la Côte, jouant ce qu’on attendait de lui, en y glissant de temps en temps un morceau de sa propre composition.

Un soir, une jeune femme vint le voir pendant sa pause.. Elle le félicita pour son jeu – c’était la première fois que ça lui arrivait depuis qu’il jouait dans les piano-bars – et l’interrogea ensuite sur un des morceaux qu’il avait joué peu avant. C’était une de ses compositions préférées, un tango. Bien que le tango ne soit plus à la mode, il s’était essayé, par curiosité, à cette danse. Lorsque la jeune femme apprit qu’il l'avait composé lui-même, elle lui demanda :

  • Est-ce que je pourrais écrire des paroles sur cet air ? Il m’inspire. Je chante aussi, et si mes paroles vous plaisent, je pourrais chanter la chanson.


Tout son Être se révolta : mettre des paroles sur sa musique, quel sacrilège ! Il n’était pas un vulgaire compositeur de chansonnettes, il allait composer sa symphonie, et le monde verrait ! Mais devant les yeux et le sourire de la jeune femme, ses lèvres formèrent les voyelles o-u-i.

  • Donnez-moi la partition, je reviendrai demain avec les paroles.

Elle tint sa promesse. Le lendemain, elle était là. Ce soir-là, Antoine interpréta beaucoup de ses compositions, rassuré par l’intérêt qu’elle lui portait et pour lui montrer l’étendue de son talent. Elle le rejoignit pendant sa pause.

  • Voilà les paroles que j’ai mises sur votre tango.

  • Je vais les regarder plus tard.

  • Non, regardez-les maintenant, s’il vous plaît. Sinon, je ne pourrai pas dormir de toute la nuit.

En lisant le texte, il constata qu'il sonnait juste. Une histoire de passion, de vengeance, de descente en enfer. Juste ce qu’il fallait pour un tango. Des paroles dures, sans sentimentalisme superflu. Il cherchait quelque chose à critiquer. Il ne trouva rien. Finalement, il lui dit :

  • Ça va, ce n’est pas trop mal.

Avec son sourire énigmatique, elle lui proposa :

  • Je peux chanter toute de suite, juste après la pause.

  • Le patron du bar ne va pas être d’accord, rétorqua-t-il.

  • Je me suis déjà arrangée avec lui, répondit-elle.


Après la pause, elle se mit debout devant le piano, il frappa les premiers accords. Avec sa voix un peu rauque, elle commença à chanter. Les conversations s'arrêtèrent, le brouhaha disparut. Tout le monde écoutait en regardant les musiciens. C’était magique. Des applaudissements tonitruants ponctuèrent la fin de la chanson. Antoine se leva. Valérie, la jeune femme, l’embrassa, le serra contre elle avant de retourner s’asseoir dans la salle. Il continua son répertoire. Les conversations reprirent petit à petit. Valérie observait. Le rejoignant à la fin de la soirée, elle lui dit :

  • On pourrait voir ensemble tes autres compositions, il y en a certainement quelques-unes sur lesquelles je pourrais ajouter des paroles. Tu sais, j’ai aussi la tête pleine de paroles. Tu pourrais composer des airs en partant de mes textes.

Elle l’avait charmé, il se laissa faire et lui répondit :

  • Dans mon studio, on est tranquille.


Ils passèrent la moitié de la nuit ensemble, à discuter, à choisir des morceaux et à essayer des airs.

Antoine était heureux. Il ne se l’était jamais avoué : souvent, il avait eu l’impression qu’il manquait quelque chose à sa musique, que ce n’était pas tout-à-fait ce qu’il voulait faire, mais il n’y arrivait pas, ce qu’il entendait n’était pas exactement ce qu’il avait eu en tête lorsqu’il s’était mis à composer. Avec les paroles et la voix de Valérie, certaines de ses compositions sonnaient juste. Il avait trouvé la solution, ou faut-il dire que la solution l’avait trouvé ?



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Rédigé par Iliola

Publié dans #Musique

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Publié le 20 Avril 2016

Un testament à la manière de Léo Ferré... La première strophe est celle de la chanson.

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Avant de passer l'arme à gauche

Avant que la faux ne me fauche

Tel jour telle heure en telle année

Sans fric sans papier sans notaire

Je te laisse ici l'inventaire

De ce que j'ai mis de côté

Cet edelweiss que tu m'avais donné,

L'album photo des premières vacances,

Les vieux faire-parts de nos jolis bébés

Que tu créas au jour de leur naissance.

Toutes les étoiles qui scintillent au ciel,

Albiréo qui a ma préférence

Et les jours bleus éclairés de soleil

Les fins d'été lorsque les feuilles dansent.

Les notes claires au son de ta guitare,

Les grands fous-rires sous l'ancien cabanon,

Les secrets clos au fond de la mémoire,

Nos chiens, nos chats autour de la maison.

Et tout le reste, les choses indicibles,

La poésie au creux du quotidien,

La traversée, le temps à la dérive,

Comme du sable qui coule de nos mains.

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Rédigé par Carmella

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Publié le 20 Avril 2016

Sur le thème : "Quand les mots rencontrent la musique..."

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Quand les mots rencontrent la musique, s’éveillent les vibrations, vibrations de l'ouïe, vibrations de l’esprit.

Moi je suis la note, do, ré, mi, fa, sol, la, si, do, peu importe, retrouver le mot est mon seul boulot.

Moi je suis le mot, juste la parole pour soutenir la note qui s’envole allégretto.

Moi je suis la note, je me moque que le mot soit de l’argot, du jargon militaire ou le chant de ma mie.

Moi je suis le mot, le mot choisi pour dire joie et souffrance, espoir ou amour.

Quand les mots rencontrent la musique, nous devenons chansons, opéras, chants ou sérénades.

Quand nous devenons chansons, nous entonnons chansons à boire, chansons à mourir ou douces ballades.

Quand nous devenons opéras, lyriques, épiques, ou ballets, nous rehaussons l’or des palais impériaux.

Quand nous devenons chants, nous trillons comme l’oiseau-lyre ou bruissons tel un ruisseau.

Quand nous devenons sérénade, nous contons à une belle les gracieux poèmes de l’amour.

Quand les mots rencontrent la musique, naissent nos héros, cantatrices, ténors, chanteurs ou troubadours graves.

Quand naissent nos héros, cantatrices, divas, atteignent d’un souffle le do dièse à la septième octave.

Quand naissent nos héros, ténors, barytons, nous ensorcellent au plus profond de nos cœurs.

Quand naissent nos héros, chanteurs et pop stars mettent le feu à des stades en fureur.

Quand naissent nos héros, les troubadours vont par les châteaux réciter aubade à l’amour.

Quand les mots rencontrent la musique, naît l’union universelle du rêve et de l’amour.

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Rédigé par Hervé

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Publié le 20 Avril 2016

Sur le thème : "quand les mots rencontrent la musique..."

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Si la musique pouvait s'écrire avec des mots

Laisse-les s'envoler, le vent les emporte

Dans un tourbillon comme des feuilles mortes

L'orchestre du temps joue en solo

Valse de mots, sur la musique des sons

Pureté de l'âme, douceur d'un violon

Ils forment une chanson que tu fredonnes

Comme un cadeau que la vie te donne

Do ré mi fa sol la si do

Sur les touches noires et blanches du piano

Mes doigts glissent et écrivent

Des phrases d'une émotion interrogative

Là, pas besoin de grammaire

Pour la conjugaison il suffit de quelques accords

En do en fa j'exagère

Il faut quand même un support

Le babillage d'un enfant

C'est de la musique des premiers temps

Où le langage n'était que des sons

De l'origine de la grande explosion

La musique est-elle comme l'espéranto

Un langage universel

Où il suffit de chanter quelques voyelles

En crescendo pianissimo ?

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Rédigé par Bernard

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Publié le 20 Avril 2016

Un pu de slam pour la musique...

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Je viens pour te parler de mon pays niçois,

Nice y soit célébrée par le slam cette fois.

Je viens te raconter les murs de rouge et d'ocre,

Les beautés, les laideurs, la grandeur, le médiocre.

Je viens te murmurer les embruns de la mer,

La mer qu'on voit danser...♪ sur des affaires pas claires.

Je viens pour « m'embiler » sur toutes les magouilles

De nos pourris du coin qui s'en mettent plein les fouilles.

Je viens pour réciter, pour faire l'inventaire,

Pour inventer du slam plutôt que de me taire.

Y en aurait tant à dire, sais pas où commencer...

Je laisse à la parole toute sa liberté.

Il y a les collines jadis fleuries d'œillets

Où le béton s'étale, en vrac, une vraie pitié !

Il y a la plaine du Var qui a perdu sa « bléa »

Pour un stade de foot dédié aux « cagabléa ».

Il y a du baroque dans les vieilles églises,

Des clochers vernissés qui luisent sous la brise...

Il y a un lavoir patiné par le temps,

Tant battu au battoir des « bugadières » d'antan.

Il y a la mémoire qui plisse au Vieux-Nice,

Hisse passé glorieux vers aujourd'hui trop lisse.

Ségurane s'immisce, miss libératrice,

Authentique ou factice, toujours triomphatrice.

Je viens pour te chanter un pays fantasmé

Où « la mieu bella Nissa » continue de rêver

Sur son passé perdu, errance nostalgique

D'un monde sublimant quelques faits historiques.

Je viens pour me trouver dans ma dualité :

« Quauque mot d'aqui » rédigés en français

Pour que résonnent ici accueil et tolérance

Sous le soleil niçois, sous le grand ciel de France.

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Lexique :

« m'embiler » : m'énerver, me mettre en colère

« bléa » : la blette, très appréciée des niçois... Connaissez-vous la tarte de blettes ?

« cagabléa » : littéralement : chieurs de blettes. C'est ainsi que l'on surnomme les niçois, grands consommateurs de blettes.

« bugadières » : lavandières

« La mieu bella Nissa » : ma belle Nice, titre de « l'hymne national niçois »

« Quauque mot d'aqui » : quelques mots d'ici

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Rédigé par Carmella

Publié dans #Musique

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Publié le 20 Avril 2016

Petite délire en si... ou plutôt, sans...

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Et si je refaisais le monde ? Et si j'avais un marteau ? Et... ah !si j'étais riche... Et... si on chantait, la, la, la, la... ♪ ♪

Il a suffit que je me penche au bord d'une portée. La clé de sol, envoûtante de circonvolutions élégantes, m'enlace. Je tombe sur son horizon hachuré. Là, une symphonie me happe... me harpe ?

Emportée par une ronde allegro, je valse sur un sol en trémolo sur une corde. Une cascade de croches me fait un croche-patte, je trébuche sur un bémol tout proche. Un dièse me reçoit, fenêtre ouverte sur le la, là, au milieu de la portée. Une suite en farandole de noires cramponnées en triolet, de blanches joufflues comme des bulles, court, saute de ligne en ligne. Tout en bas, tout bas, le do barré résonne, ponctué d'un silence.

Sur le soupir, je fais la pause.

Puis, la musique recommence, bancale. Les notes ont perdu le la, le fa dégringole vers le ré, le mi se hisse jusqu'au do. Une fausse note coupe la mesure ; toute la gamme est en effervescence. Il se passe quelque chose de grave, je crois... C'est au point d'orgue que tout a dérapé. Les notes s'emballent... Il en manque une ! Qui ? Pourquoi ?

Cacophonie sur la portée ; ça s'agite, ça s'entrechoque, ça vocalise : do, ré, mi, fa, sol, la, , do.

Soupir entre la et do ? Le si a disparu ! De triolets en triple-croches, un bourdon se propage...

Et si le si s'en était allé siffler là-haut sur la colline ? Et si c'était ça, refaire le monde ? ♫

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Rédigé par Carmella

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Publié le 20 Avril 2016

Les objets s'animent dans le cabinet des curiosités...

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La nuit se répand dans le château du baron de Segonzac. La pluie crépite sur les tuiles. Dans le CABINET DES CURIOSITÉS, la pénombre s'installe. C'est l'heure à laquelle les objets s'animent. La pipe de Georges Brassens crachote un nuage bleu :

  • Hum, hum... tu es réveillée ?

La guitare d'Elvis Presley frémit de toutes ses cordes.

  • Maintenant oui, chantonne-t-elle.

  • Entends-tu la pluie sur le toit ? Ça me rappelle le jour où j'ai rencontré Georges, soupire la pipe. C'était il y a longtemps, très longtemps. J'attendais dans la vitrine d'un magasin que quelqu'un veuille bien m'adopter. Le temps menaçait. De gros nuages emplissaient tout le ciel. Je les observais quand un pardessus s'interposa entre eux et moi. Surmontant le pardessus, une moustache, un regard fixé sur moi. Au-dessus du regard, un chapeau. Puis le clic de la porte qui s'ouvre, quelques paroles, une main qui me saisit. Georges, car c'était lui, m'examine, me caresse, me porte à sa bouche et m'achète. À peine sorti du magasin, il bourre ma tête de tabac, craque une allumette. En quelques bouffées, la chaleur, la fumée m'envahissent. Nous flânons, heureux, moi pendu à ses lèvres quand une goutte me frappe, puis une autre, et encore une autre... La pluie nous rattrape, tourbillonne autour de nous ; les gouttes grésillent sur mon foyer, je m'étouffe. Georges tente de me protéger du bord de son chapeau, mais l'eau gicle sur le tabac incandescent. Au moment où j'allais me noyer, un toit providentiel surgit. Une jeune femme magnifique - elle avait quelque chose d'un ange - nous offre un p'tit coin de parapluie. Elle nous accompagne jusque devant la porte de Georges, nous sourit, nous quitte. Il me semble avoir vu alors une larme rouler sur la joue de Georges... à moins que ce ne soit une goutte de pluie... En tout cas, je sais qu'il a fait de cette rencontre une chanson, sauf qu'il s'est donné le beau rôle. Il raconte que c'est lui qui abrite la jeune femme, mais c'est faux ! Je le sais, j'y étais...

La guitare d'Elvis sonne un la de compréhension :

  • Tu sais, Elvis aussi... Écoute ça : il était très jeune et pas encore connu, mais je l'accompagnais déjà partout. Un jour, on a dormi dans une maison qui louait des chambres aux voyageurs. On y est restés quelques temps, on s'y trouvait bien. Le soir, Elvis, me sortait de l'étui, me serrait contre lui et grattait mes cordes de ses doigts experts. La musique jaillissait, je lui offrais des sons nouveaux, puissants, pour porter ses textes. Dans cette maison vivait un jeune garçon aux jambes faibles, cerclées d'un appareillage en métal. Il venait nous écouter, il dansait. Il avait un jeu de jambes plutôt cocasse avec son appareillage. Genoux fléchis, pieds écartés, il tricotait un peu de la guibolle, tout en se déhanchant. Hé bien, tu sais quoi ? Elvis s'est inspiré de cette danse, l'a travaillée, et c'est ce qui a fait une partie de son succès, et aussi de son scandale dans l'Amérique puritaine de l'époque !... L'enfant s'appelait Forrest... Forrest Gump je crois... Il me semble même qu'on a fait un film sur lui...

La guitare se tait dans un vibrato nostalgique. Puff, puff... la pipe souffle un souvenir de fumée. Dans le CABINET DES CURIOSITÉS d'autres objets se racontent. Là-bas, la plume de Jules Verne prend des notes...

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Rédigé par Carmella

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Publié le 20 Avril 2016

Sur le thème "musique", un fait divers...

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Sous le pavois illuminé, papotent, se bousculent la fine fleur de la société niçoise.

Personnages pittoresques, vous reconnaîtrez ceux que la musique ennuie mais pas les mondanités, les permanentées, les emperlousées, précieuses et ridicules. Vous reconnaîtrez ceux qui vivent de prébendes, l’œil toujours à l’affût, la main prête à happer celle d’un hypothétique mécène. Vous reconnaîtrez peut être le véritable mélomane, vêtu à la va comme je te pousse, qui discrètement gagne le poulailler. Pathétiques, vous direz-vous ? Non pas, humains seulement.

Corsage froissé, jupe de travers, coiffure en désordre, Juliette reprend sa place derrière la caisse. Le guichet à peine ouvert pleuvent les récriminations.

  • Mais où étiez-vous donc ?

  • Mademoiselle, mon mari et moi piétinons depuis trop longtemps !

  • Mademoiselle, c’est inadmissible, j’attends depuis plus de vingt minutes !

  • Mademoiselle, je vais me plaindre à la direction !

  • Mademoiselle, je vais téléphoner à qui de droit, vous serez licenciée !

  • Mademoiselle, si c’est pas malheureux, me faire attendre, moi !

Juliette sourit, béate. Juliette, une jeune femme splendide si, aujourd’hui, elle n’avait la goutte au nez.

  • Atchoum ! Un énorme éternuement pour toute réponse.

Sans l’heureuse présence de l’hygiaphone, plus d’un chapeau, plus d’une perruque auraient voleté sous la bourrasque.

Commence la distribution des billets.

  • Deux places en corbeille s’il vous plaît.

  • Atchoum ! Trente euros.

  • Trois places, au parterre s’il vous plaît.

  • Sniff, sniff renifle Juliette, 60 euros.

Yeux pleurants, nez coulant, la caissière poursuit son travail ponctué de spasmes.

A la sonnerie, chacun se précipite vers son fauteuil, bousculades, engueulades susurrées à mi-voix, le calme revient, le silence s’établit.

Le rideau frémit

  • Aaah, d’aise du public.

Le rideau se lève sur l’orchestre philharmonique de la paroisse de Saint-Pancrace.

  • Clap, clap. Applaudissements. La tension monte.

Entre le chef d’orchestre.

  • Clap, clap, clap. Applaudissements nourris. L’impatience augmente encore.

Entre le Ténor au bras de la Soprano.

  • Clap, clap, clap - Clap, clap, clap. Explosion d’applaudissements, la folie.

Le chef d’orchestre salue, entraîne dans son mouvement ténor et soprano. Chacun gagne sa place. Le premier violon s’assoie, le chef d’orchestre monte au pupitre, lève sa baguette. La soprano rosit.

Le Ténor redresse sa stature, ouvre grand la bouche

  • Atchoum, Atchoum ! Double magistraux ébrouements.

Contagieuse Juliette ? Allez donc mauvaises langues !!!

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Rédigé par Hervé

Publié dans #Musique

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