voyage

Publié le 21 Mars 2018

Une île refuge, où gît le mont Olympe,

Nature apaisante au climat doucereux,

Femmes en liberté, propice à poésie,

Un rêve d'oubli..

 

Le livre glisse à terre. Les yeux clos tu t'enlises.

En vue du port, le soleil te sidère,la solitude t’accable.

La barque tangue encore, les passagères débarquent.

Un monde nouveau.Tu veux y croire.

Elle, se projette déjà..les fouilles sous la chaleur, les sites enfouis, une extension de la mémoire, la dérive du métier.

Toi tu fuis. La route, la famille, la ZAD dévastée.

Un accueil insolite, le tour de l'île en Amazones, comme sur les dépliants jaunis.

Tu as changé. La peau, les vêtements, Ou plutôt l'armure fraîchement tombée. Comme une offrande.

Tu foules d'un pas léger le sable gris, aperçois au loin les carrières de marbre bleu.

Elle, suit à pas feutrés... hésitante, en attente. Toujours ces barreaux insondables devant les yeux. Comment y échapper. Trop de temps enfermée pour une faute inavouée. Et l'absence.

L'île comme une prison dorée. Ou plutôt une autre planète,de sources, de gouffres.. Une terre hors patrie. Une zone blanche, fertile. Tu seras fille d'Éole, libre de mouvement, hors contrôle.

 

Bannir l'habitude, repousser les carcans.

Tu prends dans tes mains une poignée de sable.

Qui glisse et s'infiltre tout au fond de ton cœur.

Les pieds dans la terre.

 

Le souffle se lève. Elle, offre son corps éclatant aux rayons de lumière.Tu la suis comme une ombre éphémère... Nuit de feu.

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Rédigé par Nadine

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Publié le 21 Mars 2018

Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ Même. On Ouvre l’ Atlas, on rêve sur les cartes. On répète des noms magnifiques.

Le mouvement, de l'Intérieur , qui fait vibrer Tout du long.

Avancer, bousculer l'habitude, sans laisser de traces, ou si peu, comme un criminel qui veut déjouer d'éventuels Poursuivants. Espérer le renouveau sans trop s'y attacher ,Poser une empreinte sur la neige fraîche.Dans la brume opaque du matin.Les mains dans le vent.

S'offrir en pâture à l'inconnu.

les yeux vidés de toute image

Les cils qui battent au moindre Zéphyr

S'allonger tendrement tout au creux de tes reins

observer la buée sur le miroir sans tain

déguster l'Eskimo au fond d'une salle obscure

Broyer dans sa paume le rendez-vous manqué

Se lisser les cheveux comme pour la dernière fois

Et guetter l'orage en s’ humectant les lèvres.

Mais tu es homme de science.

Cellule souche qui découvre un corps usé, circulation anesthésiée, carrefour encombré.

Une cellule Innocente et naïve en quête d'étourdissements. Une synapse avant l'autre.

Elle s’immisce et s'incruste, défie le temps, sans arrogance, parcourt le flux, se mêle aux globules, ceux qui portent la vie, le souffle, ceux qui vident les déchets, s'opposent aux intrus.

Les intrus. Tu les observes d'un œil malin .On pourrait les ignorer. Ils ne sont que des clones à peine différents, juste assez pour être uniques.

Sortir du noyau... comment faire, sans dégénérer. Changer juste un bout de l’hélice, et le monde peut s'écrouler ou du moins... Évoluer.

Évoluer, c'est ça. Changer la donne. Ne pas ressasser.

Laisser tourner les aiguilles, ou vouloir Gripper les rouages comme par magie.

Le flux continu. Celui qui irrigue le corps et lui donne vie. Une vie en mouvement.

Inventer les étapes nouvelles, celles que l'histoire a Oubliées, ou posées sur le bord du fossé.

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Rédigé par Nadine

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Publié le 19 Mars 2018

Chamanisme - Bernard Brunstein

Chamanisme - Bernard Brunstein

  • CITATION

A quoi sert de voyager si tu t’emmènes avec toi ? C’est d’âme qu’il faut changer, non de climat.
Sénèque

  • LECTURE :

Cliquer sur le texte pour l'agrandir.

Extrait de La Nuit de feu -  Eric-Emmanuel Schmitt

Extrait de La Nuit de feu - Eric-Emmanuel Schmitt

***

  • ÉCRITURE :

En poème ou en prose, écrire une nouvelle étape de votre voyage en tenant compte du propos de la citation.

Proposition d'écriture :  la strophe sapphique... à intégrer dans le texte du jour... éventuellement.

La strophe sapphique (ou plus simplement strophe saphique) est une forme de versification dont la création est attribuée à la poétesse grecque Sappho (VIe siècle av. J.-C.).
[...]

Elle se compose de 3 vers hendécasyllabes saphiques (ou grands saphiques) et d'un vers adonique de 5 syllabes.
[...]

Dans la strophe grecque originelle, on considère souvent que le troisième grand saphique et l'adonique ne constituent qu'un seul grand vers de seize syllabes.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Strophe_sapphique

Plus d'explications sur le lien ci-dessous :

Exemples de strophe sapphique :

L'homme fortuné qu'enivre ta présence

Me semble l'égal des Dieux, car il entend

Ruisseler ton rire et rêver ton silence,

Et moi, sanglotant,

.

Je frissonne toute, et ma langue est brisée,

Subtile, une flamme a traversé ma chair,

Et ma sueur coule ainsi que la rosée

Âpre de la mer ;

.

Un bourdonnement remplit de bruits d'orage

Mes oreilles, car je sombre sous l'effort,

Plus pâle que l'herbe, et je vois ton visage

à travers la mort

.

(Traduction de "L'égal des Dieux", Renée Vivien, Sapho, Paris, 1903)

Sappho, poètesse de la Grèce antique, née dans l'île de Lesbos.
Œuvres situées entre 630 et 570 av. J.-C
 
***

Ut queant lapsis resonare fimbris

Mira gestorum famuli tuorum,

Solve polluti labii reatum,

Sancte Iohannes

(Guido d'Arezzo,vers 990 – ? après 1033 - Hymne à saint Jean-Baptiste)

***
Comparer l'on peut, ce me semble, à un Dieu,
Un qui peut, assis, se placer davant toi,
Pour, de près, goûter de ta voix la douceur,
L'aise de ton ris.

(Jean-Antoine de Baïf, 1539 – 1589 - Chansonnette II-23, str.)    

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 18 Mars 2018

Enfant, je rêvais souvent de l’Italie.

J’écoutais mes oncles parler entre eux cette langue que je ne comprenais pas.

Leurs discussions se terminaient souvent avec larges sourires et gestes explicatifs.

Le mystère n’en était que plus grand.

 

Nous habitions dans le même petit immeuble dont le toit-terrasse était utilisé pour le séchage des grandes lessives avec draps blancs flottant au vent.

J’écartais ces draps pour me rendre au local attenant la buanderie, une sorte de faux-grenier, pour y lire les journaux qu’ils recevaient d’Italie.

Je découvrais des revues aux noms exotiques « Corriere della sera » ou la « Stampa » et bien que n’y comprenant rien, j’étais subjugué par la musique des mots et par les photos de faits divers ou de bâtiments millénaires (nous n’avions pas ça dans nos journaux).

Le parfum d’aventure a dû naître là et ce pays n’a cessé de m’attirer.

 

Plus tard, lorsque j’appris l’Italien au lycée, je découvris, sans doute à cause de la consonance des mots, un monde parallèle comme un cousin éloigné dont on a oublié l’existence bien qu’il fasse partie de la famille…

 

L’âge de voyager arriva. Le premier voyage de notre jeune couple sera Roma.

On nous recommanda de bonnes lectures sur Firenze, Siena, Cremona, Gubbio, Venezia et… Roma.

Le simple fait de les prononcer nous faisait déjà voyager au-delà du mont Agel que j’apercevais de ma fenêtre !

Évidemment, notre maigre pécule ne me permettra pas de fréquenter les grands hôtels de Stresa, Lugano ou Bellagio. Qu’à cela ne tienne, les trattorie avec leurs nappes à carreaux et le repas pris à la table du patron feront l’affaire.

 

L’Italie toute entière ressemble à un musée à ciel ouvert, c’est bien connu.

Je potassais Rome. La vraie Rome, celle de l’empire, celle de la ville éternelle, celle des ruines, des colonnes tronquées, des arcs de triomphe, des arènes. Des hommes aussi mais figés dans le marbre, prenant des postures autoritaires, comme celle des femmes vêtues de draperies sensuelles pour l’éternité.

Les places de Rome m’interpellaient, meublées de statues, de fontaines où l’on jette une pièce le dos tourné et être convaincu de revenir à Rome pour la retrouver.

Il faudra pour y arriver traverser les collines de Toscane et la campagne romaine. Notre petite voiture tiendra-t-elle le coup ?

Bien sur, les tableaux, les livres, les vestiges, les manuscrits sont à l’abri dans des galeries. Mais les mosaïques, les fresques, les pierres gravées, les campaniles, les dômes, les canaux qui longent les remparts, les jardins débordant de fleurs sont étalés en plein air et s’offrent à ceux qui savent apprécier.

 

Le jour précédant le départ, allongé, je lis un ouvrage sur la Toscane et je m’attarde sur une photo.

Un savant dosage entre espaces dégagés et alignement de cyprès, le calme, un sentiment d’harmonie, voilà ce qu’il s’en détache.

La brise semble perceptible avec cette poussière soulevée à l’arrière d’une charrette tirée par un âne.

Au loin, sur cette photo, une collégiale nichée parmi les longs arbres fins diffuse sur la campagne un parfum de tranquillité.

En prêtant l’oreille, j’entendrais le tintement des cloches de l’angélus.

 

Je m’endors, la tête embrumée de collines, de façades en terre de Sienne, de douceur de vivre…Piazza Navone, villa Médicis… j’y suis déjà !

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Rédigé par Gérald

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Publié le 13 Mars 2018

La carte de Fra Mauro (1459)

La carte de Fra Mauro (1459)

  • CITATION

Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues…       

Joseph Kessel

  • LECTURE :

- Le livre des Merveilles de Marco Polo

Comment Nicolas et Matteo Polo s’en allèrent en Orient.

L’an de Jésus-Christ 1253, sous l’empire du prince Baudoin, empereur de Constantinople, deux gentilshommes de la très illustre famille des Pauls, à Venise, s’embarquèrent sur un vaisseau chargé de plusieurs sortes de marchandises pour le compte des Vénitiens ; et ayant traversé la mer Méditerranée et le détroit du Bosphore par un vent favorable et le secours de Dieu, ils arrivèrent à Constantinople. Ils s’y reposèrent quelques jours ; après quoi ils continuèrent leur chemin par le Pont-Euxin, et arrivèrent au port d’une ville d’Arménie, appelée Soldadie ; là ils mirent en état les bijoux précieux qu’ils avaient, et allèrent à la cour d’un certain grand roi des tartares appelé Barka ; ils lui présentèrent ce qu’ils avaient de meilleur. Ce prince ne méprisa point leurs présents, mais au contraire les reçut de fort bonne grâce et leur en fit d’autres beaucoup plus considérables que ceux qu’il avait reçus. Ils demeurèrent pendant un an à la cour de ce roi, et ensuite ils se disposèrent à retourner à Venise. Pendant ce temps-là il s’éleva un grand différend entre le roi Barka et un certain autre roi tartare nommé Allau, en sorte qu’ils en vinrent aux mains ; la fortune favorisa Allau, et l’armée de Barka fut défaite. Dans ce tumulte nos deux Vénitiens furent fort embarrassés, ne sachant quel parti prendre ni par quel chemin ils pourraient s’en retourner en sûreté dans leur pays ; ils prirent enfin la résolution de se sauver par plusieurs détours du royaume de Barka ; ils arrivèrent d’abord à une certaine ville nommée Guthacam, et un peu au delà ils traversèrent le grand fleuve ; après quoi ils entrèrent dans un grand désert, où ils ne trouvèrent ni hommes ni villages, et arrivèrent enfin à Bochara, ville considérable de Perse. Le roi Barach faisait sa résidence en cette ville ; ils y demeurèrent trois ans.

https://www.larevuedesressources.org/le-livre-des-merveilles-de-marco-polo-livre-premier,1466.html

***

- Journal de bord de Christophe Colomb

Extraits du journal de Christophe Colomb

extrait 1: Le départ de Palos le 3 août 1492 : une mission du roi d'Espagne

«En cette année 1492, après que vos Altesses eurent mis fin à la guerre contre les Maures en la très grande cité de Grenade [...] elles pensèrent, comme ennemis de la secte de Mahomet, m'envoyer aux Indes. Elles m'ordonnèrent d'emprunter la route de l'ouest, [...] m'anoblirent et [...] décidèrent que je serais grand amiral de la flotte océane et vice-roi des terres découvertes et à découvrir. [...] Je quittai le port de Palos. »
 
10 octobre 1492
Toujours rien en vue, les caravelles voguent depuis trente quatre jours ; trente quatre jours pendant lesquels on n’a vu que le ciel et l’eau ! « Où veut nous emmener ce fou de génois ? » Mais il est inutile de se lamenter car il a entrepris le voyage pour atteindre les Indes et est décidé à poursuivre jusqu’à ce qu’il les trouve ;

extrait 2: Dimanche 21 octobre 1492

 « Ensuite, je veux partir pour une autre île, très grande, qui doit être Cipango si j’en crois les indications que me donnent les Indiens que j’emmène avec moi, laquelle ils nomment Cuba et disent qu’on y rencontre beaucoup de gens de mer et de très grandes nefs, et de cette île j’irai à une autre qu’ils appellent Bosio et disent aussi très grande. (…) Mais encore je suis résolu d’aller à la terre ferme et à la cité de Guinsay[1] remettre les lettres de Vos Altesses au Grand Khan, lui demander réponse et revenir avec elle ».

[1] Quinsay, la ville royale chinoise dans Marco Polo. 

http://ccfcaphistoiregeographie.over-blog.com/article-extriats-du-journal-de-bord-de-christophe-colomb-88762870.html

***

  • ÉCRITURE :

Inspirez-vous de la citation, exprimez ce que vous attendez de ce voyage, ce que vous espérez trouver, ce qui vous donne envie de partir, ce qui vous fait un peu peur, etc.

 

Suggestion d'écriture : un inventaire poétique vos attentes ou une énumération, à inclure dans votre narration.

 

Exemple d'inventaire

Choses qui font battre le cœur

Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Passer devant un endroit où l’on fait jouer de petits enfants.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée.
S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne vous voit, on se sent heureuse du fond du cœur.
Une nuit où l’on attend quelqu’un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison.
.................................................................................................
Choses qui remplissent d’angoisse

Regarder les courses de chevaux.
Tordre un cordon de papier, pour attacher ses cheveux.
Avoir des parents ou des amis malades, et les trouver changés. À plus forte raison, quand règne une épidémie, on en a une telle inquiétude qu’on ne pense à rien d’autre.
Ou bien un petit enfant qui ne parle pas encore se met à pleurer, ne boit pas son lait, et crie très longtemps, sans s’arrêter, même quand la nourrice le prend dans ses bras.
Quand une personne que l’on déteste s’approche de vous, on ressent, de même, un trouble indicible.

Notes de chevet Sei Shônagon (XIe siècle)

Exemple d'énumération

Il voyagea.

Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l’étourdissement des paysages et des ruines, l’amertume des sympathies interrompues.

Il revint.

Flaubert - L’Éducation sentimentale

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 12 Mars 2018

 

*       *

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LA PRÉPARATION

 

Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues…        Joseph Kessel

 

La carte du ciel s’étale sur la table. Sur le fond sombre, les constellations s’éparpillent. Elles ressemblent à ces dessins d’enfants où l’on doit relier des points par un trait de crayon afin de faire apparaître une image.

 

Tout un bestiaire fantastique, des dieux païens, de belles histoires inscrites depuis des millénaires sur la nuit. Comme un pont traversant les âges, un sésame vers le passé, vers un voyage merveilleux sur un chemin d’étoiles. Des noms mythologiques, du rêve au firmament pour un périple immobile, pour un paysage changeant au fil des saisons.

 

En ce début de mars...

 

Le Taureau s’enfuit à l’ouest. Brille Aldébaran, son œil rouge, comme un rubis serti dans l’écrin des Hyades

Les Pléiades, filles d’Atlas, le chevauchent dans leur halo bleuté

Orion le magnifique dans ses étoiles mythiques, Betelgeuse, Bellatrix, Rigel, Saïph, les poursuit, indéfiniment.

Son Grand Chien l’accompagne dans la lumière de Sirius, étincelante

Castor et Pollux, inséparables Gémeaux, s’élèvent à mi-chemin

Le Lion émerge à l’est, porté par Régulus, le petit roi

 

Traquer les cotonneuses nébuleuses, les galaxies ténues, les linceuls de soleils morts.

Plonger dans l’oculaire, vertige d’infini…

Dans la solitude nocturne, peut-être un voyage vers soi-même… ?

 

***

UN VOYAGE IMMOBILE

 

A quoi sert de voyager si tu t’emmènes avec toi ? C’est d’âme qu’il faut changer, non de climat.

Sénèque

 

La nuit pour un voyage immobile. Dérrière les ruines du village médiéval de Châteauneuf-Villevieille, le soleil décroît lentement. Les bruits s’estompent dans la pénombre, ouate sombre qui les étouffe un à un, épargnant parfois les bruissements infimes d’une vie cachée.

 

La nuit, espace étiré vers l’infini

Abolit les choses, leur proximité fuit

Dans les vieilles terreurs, voilées de pénombre

Par son velours noir.

 

Conscience aiguë de l’insignifiance, minuscule présence. Tout est nivelé, enveloppé de néant. ‘’Le silence éternel de ces espaces infinis’’ résonne au fond de l’être. Le vivant n’a pas plus d’importance que l’inerte… Impuissance salutaire. Devant le paysage d’étoiles, en errance sur la Terre ronde, dans le tourbillon des mondes, juste un peu d’éternité... je me sens exister.

 

Dans la profondeur épaisse, chavire l’âme

Sur la joie, la vie précieuse comme un cadeau

Humble, devant l’infini, je remercie

Ma place dans le monde

 

***

SÉLÉNITÉ

 

Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles.
 

Oscar Wilde

 

 

   La dernière lumière

   S’enfuit derrière la montagne

   - Crêtes mordorées

 

Je veux la nuit profonde, quand les couleurs se fondent, aiguisent le regard. Ultimes lueurs sur le paysage. Les cimes du Mercantour, au loin, découpent le ciel. Au-dessous de moi, le crépuscule argente la mer noire et flotte la vieille chapelle sur le silence. Les vestiges des hommes tremblent sur le temps. A la croisée des paysages, entre montagne et mer, je goûte la beauté.

 

Juste un frémissement -

Une empreinte invisible

Cogne dans mon cœur

 

Sur la crête, les ruines du vieux village, comme des fantômes, chuchotent. Leurs histoires courent sur les vieux murs, sur un souffle de vent, volent jusqu’aux étoiles peut-être...

Sauront-elles me les raconter ?

Constellations magiques sur la tête des hommes. Là, Aldébaran, l’œil rouge, m’observe… Mystères mystiques, poésie cosmique. J’oublie les cotonneuses nébuleuses, les galaxies ténues, les linceuls de soleils morts. Télescope en berne. Juste mes yeux pour instrument.

Sur l’est, une lueur s'élève. Sa clarté nacrée irise la forêt, grimpe le long des arbres, grimpe le long du ciel. Par-dessus la chapelle, rassemble sa lumière...

 

Vol d'un ballon blanc

Sur la tenture de nuit

- La Lune sur le toit

 

Dans le silence immense elle gravit, céleste, tout le ciel de mon âme, emporte mon amour dans sa beauté si ronde. Et moi je vagabonde au creux de l'Univers, sur un tapis de temps

 

Nuit illuminée -

Sur un instant de grâce

La Lune m’emmène

 

Je visais les étoiles, j’ai atterri sur la Lune !

 

 

***

 

VAGABONDAGES

 

En route, le mieux c'est de se perdre. Lorsqu'on s'égare, les projets font place aux surprises et c'est alors, mais alors seulement, que le voyage commence.

Nicolas Bouvier

 

Là, je me suis perdue. La Lune ronde brouille mes pistes ; le chemin d’étoiles s’éteint. Lune, dunes blanches, si proche et si lointaine. Là-haut, dans un cratère, des vestiges figés traversent les siècles. Une trace de pas dans la poussière claire, des miroirs orientés qui renvoient la lumière, les hommes sont passés, la Lune s’en souvient.

 

Hommes aventureux, hommes explorateurs, en voyage toujours depuis l’aube des mondes… Tu marches. Dans les forêts, les déserts, les montagnes, tu marches. Et tu laisses ton empreinte dans les sols argileux et les grottes profondes où la mémoire s’est perdue.

Homme désespéré, le voyage est l’exil loin des cités guerrières, loin des terres arides de la faim, de la soif. L’exil pour la vie, l’espoir d’un soleil doux et d’une source fraîche, la Lune pour sémaphore dans l’opacité de ta nuit.

 

Homme debout, tu traverses les mers, tu traverses les ciels, remontes aux origines, en quête d’un Graal fou, du sens de toute chose, le mouvement inscrit au fond de l’ADN. Et moi, toujours perdue, je voyage avec toi sous la Lune millénaire.

 

***

 

PLANÈTE SENSIBLE

 

 

Le voyageur voit ce qu'il voit, le touriste voit ce qu'il est venu voir !

Gilbert Keith Chesterton

 

Le catalogue Messier m’indique tout ce qu’il convient de rechercher dans le ciel de Mars. Banale touriste en astronomie, je voulais pointer les astres accessibles, bien répertoriés, dûment recommandés, les astres à voir absolument !

 

Juste un tour de ciel

pour capturer les étoiles

dans mon télescope

 

Je voulais admirer Orion, les Pléiades, les nébuleuses cotonneuses, les galaxies ténues, les linceuls des soleils morts… et j'ai regardé les ruines du vieux village s’estomper dans le crépuscule, écouté les bruissements dans l’ombre, frémi au souffle du vent ; j’ai contemplé la Lune, suivi les empreintes des hommes dans mon imaginaire, bu la saveur de la vie...

 

Dans la nuit sereine

rêves et éveil emmêlés –

Voyage immobile

 

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Rédigé par Mado

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Publié le 12 Mars 2018

American Locomotive- Edward Hopper

American Locomotive- Edward Hopper

Le récit de voyage ne se compose que de textes. C’est le récit que fait l’auteur d’un voyage vécu ou ressenti, sans autre référence que sa propre vision et connaissance de la réalité du monde. Il rend compte d’impressions, de rencontres, d’émotions, des choses vues et entendues. La narration est structurée.

 

Le carnet de voyage, « genre ouvert, non figé, fragmentaire, qui autorise et même appelle différents modes d’écriture », évoque le voyage dans son sens large : voyage intérieur, exploration d'une terre inconnue…

« Qu’il s’adresse à d’autres ou à soi-même, qu’il soit voyage intérieur, déplacement en territoire familier ou exploration d’une terre inconnue, il doit donner au lecteur à voir, à sentir, à penser et à rêver, et pour ce faire, il s’exprime aussi bien par le poème, le récit, la lettre, le portrait, la description, ou par de simples notes prises sur le vif. Il suit les méandres des paysages traversés, il en emprunte les reliefs. »(Michèle Sigal, écrivaine et auteure dramatique)

Les textes sont souvent accompagnés de croquis, dessins, photos.

Application pratique :

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 1 Mars 2018

Rédigé par Bernard

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