patrimoine & mediterranee

Publié le 11 Janvier 2017

Les yeux clos sous mon chapeau de paille, je goûte le plaisir de cet instant immobile, allongée au soleil de la plage. Un galet rond et chaud épouse la paume de ma main, un autre pointe à peine sous mon omoplate ; à peine... pas de quoi bouger. Je suis bien ! Parfois le souffle léger de la brise effleure ma peau encore mouillée. Une goutte d'eau ruisselle sur mon ventre, laissant son empreinte chatouilleuse.

Quelques rires d'enfants me parviennent, se superposent au bruissement régulier du ressac. Quiétude dans tout mon être.

Le parfum doucereusement vanillé de l'ambre solaire flotte au-dessus de moi, réveille les souvenirs d'autres plages, d'autres moments identiques au temps ralenti, quelque chose qui tend vers l'immuable tout en mêlant éphémère et éternité, ou peut-être est-ce juste l'accueil éveillé de la Vie ?

La chaleur du soleil se fait insistante. J'ai soif. Lèvres sèches que je tente d'hydrater en y passant la langue. Aussitôt, le sel me pique. À tâtons, j'attrape ma gourde d'eau, presse le goulot sur ma bouche. Une bienfaisante fraîcheur s'écoule de la bouteille, rivière joyeuse irrigant tout mon corps.

Les yeux clos sous mon chapeau de paille, j'écoute... Communion intime avec moi-même, avec le Monde... je suis bien... je m'endors...

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Rédigé par Madeleine

Publié dans #Patrimoine & Méditerranée

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Publié le 11 Janvier 2017

Il y a de la pluie sur la ville assoupie

Il y a le trottoir miroitant sous les gouttes

Il y a le ciel blanc qui fuit à l'infini

Il y a la mer grise qui roule et qui l'épouse

 

Il y a la douceur des couleurs assourdies

Il y a devant moi trois grands parapluies rouges

Il y a la Promenade, il y a des clapotis

Il y a le vent dansant et les drapeaux qui bougent

 

Il y a la nostalgie, il y a le silence

Il y a la rêverie par cette pluie bercée

Il y a une baie où s'envolent des anges

Il y a la poésie sur la vitre embuée

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Rédigé par Madeleine

Publié dans #Patrimoine & Méditerranée

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Publié le 11 Janvier 2017

Malte, des îles en chapelet

                                   Drapées de bleu marine

                                                               Où s’égrènent des villes

                                                                                            Poudrées d’or et de ciel.

 

L’ombre des Chevaliers à la Croix

Millénaire

Glisse au pied d’un clocher hissé vers la lumière.

 

Le temps fait une pause,

Le temps...

D’un flottement...

 

Dans le port les bateaux balancent

Mollement

 

Et moi, je m’émerveille.

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Rédigé par Madeleine

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Publié le 11 Janvier 2017

Les élégantes sont beaucoup moins élégantes aujourd’hui. C’est que j’en ai vu passer depuis plus d’un siècle dans mes couloirs. Hôtel Westminster, c’est mon nom ! Ah ! J’en aurais des histoires à raconter! Des histoires d’amour le plus souvent. J’en ai abrité des jeunes mariés, des amants, des maîtresses, des demi-mondaines…

La plus belle histoire d’amour dont je me souviens n’est pas celle d’une élégante et d’un dandy, mais celle d’une modeste jeune fille, douce et timide.

C’était dans les années 1920, elle s’appelait Madalena. Elle était italienne, au service d’une richissime Anglaise qui séjournait dans ma plus belle suite. Quand Madame ordonnait, Madalena obéissait. Elle s’occupait de tout ce qui concernait le confort de Madame. Sa journée était remplie de tâches nombreuses que Madame lui confiait.

Madalena rêvait à l’amour, comme toutes les jeunes filles de son âge et vous savez quoi ? C’est dans mes cuisines qu’elle l’a rencontré. Un vigoureux Piémontais livrait les blocs de glace – oui, il n’y avait pas de réfrigérateurs à l’époque. Madalena, envoyée par sa maîtresse aux cuisines pour préparer un thé digne de ce nom – il paraît que le chef de mon restaurant en était incapable – Madalena, donc, tombe nez à nez avec Pietro, le livreur de glace. Un bel homme ce Pietro. Grand, fort, des yeux aussi bleus qu’un lac de montagne… J’ai bien vu, quand leurs regards se sont croisés, que l’amour s’annonçait. Ça n’a pas traîné…

J’ai su, par Madame qui l’a raconté lors d’un dîner quelques temps après, que Pietro avait épousé Madalena et qu’ils s’étaient installés sur la colline, hors de Nice. Ils n’étaient plus domestiques maintenant, ils cultivaient la terre, travaillaient dur, mais travaillaient pour eux.

Je ne sais pas ce qu’ils sont devenus. La riche Anglaise a disparu aussi. Le temps emporte plus vite les gens que les pierres, car moi, je suis toujours là.

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Rédigé par Carmella Marengo

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Publié le 11 Janvier 2017

Quand je leur ai dit que je voulais partir pour voir la mer, ils ont tous essayé de me dissuader.

Ils m’ont répondu : Toi ! le montagnard !… au bord de la mer !… Avec ton caractère sauvage, tu es bien trop âpre pour ceux d’en bas. Ils sont doux, dociles, alanguis sur leurs plages. Tu vas t’ennuyer ferme ! Toi, tu es un roc, aussi minéral que les sommets du Mercantour.

 

Je ne les ai pas écoutés. Moi, j’en avais assez de la montagne, trop froide, trop rude.

Ils ont ajouté : Tous ceux qui, avant toi, sont descendus vers la mer ne sont jamais revenus. Elle les a peut-être engloutis ?... Certains disent qu’elle les transforme et qu’à fréquenter ceux d’en bas, ils finissent par leur ressembler. C’est ça que tu veux ? Abandonner l’alpage, la prairie, la roche grise pour cette mer traîtresse ?

 

Je ne les ai pas écoutés, je voulais la mer, le soleil, le farniente. Alors je suis parti au petit matin. Au loin une clarine a salué mon départ. J’étais heureux, j’ai fait quelques roulades dans la rosée de la prairie ; l’aventure commençait.

J’ai suivi le torrent. Il bondit en cascades joyeuses de rocher en rocher pendant que je dévale la pente. Quelques truites fusent parfois, troublant sa transparence. La descente est rapide, enfin je crois. J’ai perdu la notion du temps mais je garde le cap : la mer est au bout du chemin.

 

Bientôt, l’herbe rase d’altitude disparaît, de grands arbres feuillus la remplacent. La plaine s’ouvre devant moi, le tumulte devient murmure. L’eau ralentit dans la rivière tranquille. Moi, je me repose sur la rive. Là-haut, les miens m’observent, c’est sûr. Ils ne resteront pas éternellement accrochés aux cimes, j’en connais qui vacillent sur leurs certitudes ; ils ne tarderont pas à me rejoindre. Moi, je suis bien ici. Je suis resté longtemps dans la plaine. Plusieurs saisons peut-être… je ne sais plus. Je n’oublie pas la mer, non, mais je prends mon temps.

 

Un jour d’orage, l’eau m’appelle à nouveau, je repars. La rivière, enflée de pluie, déborde son lit. Je ne l’ai pas vue venir. Elle m’attrape, me projette contre un arbre que le vent a couché. Je suis resté empêtré dans ses branches, j’ai bien cru que j’allais y rester, mais j’ai réussi à me dégager et j’ai suivi son cours. Elle me montre la route. Elle devient de plus en plus large et moi, de plus en plus maigre au fil du voyage. Il me tarde d’arriver à présent, je décline, je décline...

 

Mon vœu est exaucé : l’horizon plat et bleu se dresse devant moi. La mer immense… peuplée de cris d’oiseaux, de poissons énormes et même d’anges, m’a-t-on dit...

J’ai plongé en elle avec allégresse, lui abandonnant ma substance, ma rudesse. J’y suis resté une éternité, roulé, malaxé, pétri par le remous, massé au sel de la vague. L’eau m’a rendu lisse, doux et rond. Finie, l’âpreté. Une fois ma transformation terminée, une lame m’a déposé sur la plage, parmi les autres, les vieilles roches alpines devenues les galets de Nice, comme moi.

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Rédigé par Mado

Publié dans #Patrimoine & Méditerranée

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Publié le 3 Janvier 2017

 

Vie antérieure, vie antérieure... Deux vocables chuchotés par une voix intérieure... antérieure ? Un souvenir ténu de ce que j'ai dû être... je ne sais pas trop... En tout cas, pas quelqu'un de célèbre, j'en suis sûre ! Plutôt une personne qui a traversé sa vie sans laisser de traces. C'est pour cela que j'ai des difficultés d'introspection. Patience, ça se précise...

 

Voilà : je suis Catarina, non, pas Catarina Segurane, non, Catarina, fille d'Italie, pauvre d'entre les pauvres. Quand j'étais enfant, je travaillais pour aider mes parents à gagner quatre sous, je ne suis pas allée à l'école. Je ne sais ni lire, ni écrire. Je suis une mondina. Je travaille dans les rizières avec d'autres. Des journées entières, l'eau jusqu'aux genoux, pieds nus, le dos plié, noué de fatigue. Pour éviter les piqûres d'insectes, les brûlures d'un soleil trop dur, je cache tête et cou sous un foulard et un chapeau à large bord. Chaleur, labeur pénible, exploitée, peu payée... un jour j'en ai eu assez. Avec les copines, on s'est regroupées en ligue contre les patrons. On s'est battues pour nos droits, pour une vie décente et on a gagné ! C'était en 1906...1909... je ne sais plus.

Catarina se fond dans la rizière et déjà un autre visage surgit : celui de Victor.

 

C'est vrai, j'ai été Victor aussi – Oh ! Étonnante cette voix grave, cela surprend... Je vis dans cette ville que l'on dit phocéenne, que j'adore, que je connais par cœur ! Je pensais y rester pour toujours, pourtant je suis parti en 1791 - deux ans après la prise de la Bastille de 89, vous vous souvenez ? - j'ai quitté la Provence à l'appel de la Patrie. On était tout un bataillon, avec des fourches, des bâtons. On a traversé la France. On a investi les Tuileries, capturé le roi. Ce jour-là, j'ai vu naître la République. On chantait ce chant superbe de Rouget de Lisle, le Chant de guerre de l'Armée du Rhin. On le chantait de toute notre ferveur. On le chantait tout le temps. À force de nous entendre, les Parisiens l'ont rebaptisé la Marseillaise… et Victor disparaît dans un lointain tout flou pour laisser apparaître Antonia.

 

Antonia, drapée dans sa toge antique raconte : j'ai une vie agréable, confortable, auprès de ce riche époux, négociant en huile. Nous possédons une villa sur la colline, entourée d'oliviers, dans la ville de Cemenelum. Elle est bien située, rien n'accroche le regard. Il coule sans heurts sur le paysage : d'abord, juste au-dessous de nous, sur la ville, puis sur les vignes, les prés, les cultures, et plus bas, au loin, sur le rivage, sur Nikaïa qui accueille les barques des pêcheurs. Ensuite, il ne rencontre que du bleu jusqu'à l'horizon, du bleu partout. Et du soleil. La villa est parfaite pour inviter, conclure des affaires. Nous recevons des personnes de haut rang pour des fêtes privées très prisées. Lyre, cithare, repas raffiné, c'est le festin des sens. Nos esclaves, bien traités, nous sont fidèles ; ils assurent un service sans défaut. Que la vie est douce dans ce beau pays !

Je vais parfois assister à des spectacles dans l’arène. J'ai une place réservée, je fais partie des notables de la cité. Ici, ce sont des jeux, mais à Rome, après les gladiateurs, j’ai vu les chrétiens contre les lions. Plutôt cruel, j'en conviens. Ils le cherchent aussi, avec leur Dieu unique ! Jupiter, Saturne, Vénus et tous les autres n'approuvent pas cette nouvelle religion. J'ai peur qu'ils ne soient très en colère. Et la colère de Jupiter, avec sa foudre et ses éclairs, cause des ravages terribles dans nos oliviers. Alors, dans les grandes arènes, les lions dévorent les chrétiens. Pour que Jupiter, Saturne, Vénus et tous les autres continuent à briller au ciel de la nuit.

 

La nuit... La nuit dissout Antonia, ne laisse que les astres. Seule dans le silence, plurielle dans la conscience, je reviens d'un voyage étourdissant. Là-haut, Jupiter, Saturne, Vénus et tous les autres scintillent, et les étoiles balisent les routes perdues…

 

Madeleine Cafedjian

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Publié le 28 Décembre 2016

Je leur avais bien dit que montrer son cul à tout le monde provoquerait des commentaires à n’en plus finir. « Ouah regarde ce cul comme il est beau ! » Normalement les culs sont tous cachés, enveloppés, emmaillotés dans une culotte ou un slip, le tout recouvert d’une jupe, d’un pantalon ou même d’une robe. Alors pourquoi moi, je me trimballe le cul à l’air ? Non mais franchement : c’est indécent à la fin ! Et bien je vais vous le dire : parce que je suis docile ! C’est la vérité, je ne fais jamais de vagues et ne dis jamais rien pour m’opposer aux autres qui savent mieux que moi ce qui est bon pour moi. En l’occurrence c’est mon père qui m’a conseillé de me comporter comme cela. Voilà mon tort ! Je le paie cher, vous ne croyez pas ? Mais c’est ainsi. Je ne suis pas un homme libre.

Combien de femmes et surtout de vieilles s’exclament, portent mes fesses aux nues, m’avouent même qu’elles me les malaxeraient bien. J’ai envie de leur crier « cachez ce sexe que je ne saurais voir ». Forcément il faut que ça tombe sur moi. Ce n’est pas mes congénères, en face de moi qui pourraient entendre leurs désirs. Ils sont trop haut perchés ! Eux aussi sont trop dociles. Ca me rassure de ne pas être tout seul. Les jours où je suis rebelle, je cherche d’un regard ce que je pourrais voler pour cacher mes deux faces de pêche. Malheureusement je suis ainsi fait. Que ne rêve-je pas d’un kilt ou même d’un slip en bonbons pour cacher ceux de devant !

D’un côté c’est bien je prends l’air mais aussi malheureusement des coups de soleil l’été et des coups de froid l’hiver. Ca fait un mal un chien ! Si vous ne me croyez pas, vous n’avez qu’à essayer !

« Oh regarde, il est là ! Qu’est ce qu’il est beau ! » Enfin je peux l’admirer, regarde les beaux muscles de son dos. Oh et puis là, regarde !!!! c’est qu’il est bien constitué dis donc ! »

« Tu le regardes comme si c’était la première fois, alors que je t’ai déjà envoyé sa carte postale la dernière fois ! »

Et voilà. C’est toujours pareil…. A Nice, tout le monde me connaît. Alors je parle. Je parle encore. Mais personne ne m’écoute jamais. Et pourtant, j’en ai vu dans ma vie. J’en ai des choses à raconter. Des leçons à donner. Ca fait des années qu’on m’a posé là, à contempler la ville. Quel ennui. Moi qui rêve de voir la mer. Les ans n’altèrent pas mon corps de pierre. Ici, on m’appelle l’Apollon.

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Rédigé par Marie

Publié dans #Patrimoine & Méditerranée

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Publié le 28 Décembre 2016

Version 1

Le chien du Negresco

 Je lui avais bien dit que porter son collier en diamant me serait préjudiciable. Tout le monde me snobe du coup. Non mais qui sont les patrons ici ? hein ? Non mais alors ! J’ai le droit de porter ma fortune autour du cou si j’en ai envie, non ? Tout travail mérite salaire, surtout quand on dirige 150 salariés et qu’on engendre 18 millions d’euros de chiffre d’affaires. Obligé de fourrer mon nez partout, dans les moindres recoins, de vérifier la luisance des poignées de cuivre, la transparence des vitres et vitrines sans compter la propreté du sol. Contrôler c’est avant tout le maître mot du patron. Et je contrôle, tête haute et collier de diamant droit devant. Savoir bien recruter aussi fait partie des tâches du patron. Moi, Patron, je n’embauche pas sur CV mais au feeling. Soit je sens les gens soit je ne les sens pas et c’est à tchao bonsoir. Pas besoin de parler plusieurs langues, une seule suffit : l’éducation. Et qui dit éducation, dit hygiène corporelle entre autres. Dans un établissement comme le nôtre, c’est ultra important la propreté et même de sentir le parfum. Un parfum discret, cela va de soi, afin de ne pas gêner l’odorat de nos clients. Je le sens tout de suite si le candidat a une haleine de phoque ou d’ultrabrite. Et si c’est le phoque, je ne peux pas m’empêcher de faire une grimace. Bon, c’est l’heure de la pause. Enfin, je vais pouvoir aller mes dégourdir les jambes sur la Prom’, déjeuner face à la mer. Un bel homme s’approche de moi. Je le sens bien lui. Il me caresse la tête. Il est gentil. Je lui lèche les mains…. Alors le toutou, c’est donc toi l’héritier du Negresco ?

***

Version 2 :

Le travailleur incognito

Sous prétexte que je n’ai pas fait HEC, le conseil d’administration ne veut pas que j’interfère dans les affaires de l’hôtel. C’est à peine croyable ! Je suis le propriétaire quand même ! Bon d’accord, un des propriétaires parmi trois ! Mais que c’est vexant ! Je me mets à la place de Largo Winch, ou de Paris Hilton, enfin non là ce n’est pas un bon exemple. Bref, vous seriez content, vous, d’être un patron de paille ? Moi avec mon sale caractère, assurément non. J’embrase la paille ou la tricote ! Ils ne veulent pas m’apprendre ? Soit ! Je travaillerai tout de même dans MON entreprise, MAIS au black ET en douce. Les royalties peuvent tomber, j’aurai la conscience tranquille. Non mais, pour qui me prennent-ils, ses sous-fifres…pfff… Alors, je contrôle. Derrière leur dos, mais je contrôle tout quand même. C’est épuisant. Debout du matin jusqu’au soir à inspecter les moindres courbes et recoins de l’établissement, à vérifier la brillance des objets en cuivre, en argent, et en je ne sais quel autre métal, puis la transparence des vitres sans compter la propreté du sol allant jusqu’au paillasson des chambres. Je me sens obligé de fourrer mon nez partout comme si de rien n’était, comme un espion. Quoi ? moi ? Que fais-je là ? Mais rien, Monsieur, mais rien, je n’ai pas fait HEC, moi, Monsieur, je ne fais rien et ne sais rien. Je suis petit moi, Monsieur. Au revoir Monsieur. Et je retourne sur mes talons bien décidé à continuer mon inspection. Je me fais mon idée à moi du personnel embauché. Au feeling. Soit je sens les gens, soit je ne les sens pas et à ce moment- là j’ai envie de leur dire « A ciao Bonsoir ». Pas besoin de parler plusieurs langues, une seule suffit : l’éducation. Et qui dit éducation, dit hygiène corporelle entre autres. Dans un établissement comme le nôtre, c’est ultra important la propreté et même de sentir le parfum. Un parfum discret, cela va de soi, afin de ne pas gêner celui de nos clients, qu’on suit à la trace, entre nous... Je le sens tout de suite si le candidat a une haleine de phoque ou d’ultrabrite. Et si c’est le phoque, je ne peux pas m’empêcher d’éternuer. Mon Dieu ! Comment ont-ils pu l’embaucher celui-là ! pfff… A midi on sort sur la Prom avec les deux autres propriétaires de paille. Je leur fais le compte rendu de mes inspections et ils savent tout de suite si nous sommes en droit d’être satisfaits. Dans la foule que nous croisons, un homme s’approche de moi. Il me caresse la tête. Il est gentil. Je lui lèche les mains…. Alors le toutou, c’est donc toi l’héritier du Negresco ?

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Rédigé par Marie

Publié dans #Patrimoine & Méditerranée

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Publié le 3 Décembre 2016

En novembre, l'atelier a terminé les textes pour le recueil consacré au "Patrimoine niçois et Méditerranée" avec quelques uchronies.

 

 

Le nombre de page autorisé étant atteint, nous allons réfléchir à d'autres sujets.

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En attendant, voici un poème-slam sur Nice qui ne sera pas dans le recueil, faute de place :

Raoul Dufy (1877–1953) La Baie des Anges, Nice

Raoul Dufy (1877–1953) La Baie des Anges, Nice

SLAM EN TERRES D'AQUI

Je viens pour te parler de mon pays niçois,
Nice y soit célébrée par le slam cette fois.
Je viens te raconter les murs de rouge et d'ocre,
Les beautés, les laideurs, la grandeur, le médiocre.

Je viens te murmurer les embruns de la mer,
La mer qu'on voit danser... sur des affaires pas claires.
Je viens pour « m'embiler » sur toutes les magouilles
De nos pourris du coin qui s'en mettent plein les fouilles.

Je viens pour réciter, pour faire l'inventaire,
Pour inventer du slam plutôt que de me taire.
Y en aurait tant à dire, sais pas où commencer...
Je laisse à la parole toute sa liberté.

Il y a les collines jadis fleuries d'œillets
Où le béton s'étale, en vrac, une vraie pitié !
Il y a la plaine du Var qui a perdu sa « bléa »
Pour un stade de foot dédié aux « cagabléa ».

Il y a du baroque dans les vieilles églises,
Des clochers vernissés qui luisent sous la brise...
Il y a un lavoir patiné par le temps,
Tant battu au battoir des « bugadières » d'antan.

Il y a la mémoire qui plisse au Vieux-Nice,
Hisse passé glorieux vers aujourd'hui trop lisse.
Ségurane s'immisce, miss libératrice,
Authentique ou factice, toujours triomphatrice.

Et puis la Promenade, les somptueux palais,
Au charme délicat, quelque peu suranné
Où l'âme des Anglais en vacances éternelles
Sifflote avec le vent les vieilles ritournelles.

Je viens pour te chanter un pays fantasmé
Où « la mieu bella Nissa » continue de rêver
Sur son passé perdu, errance nostalgique
D'un monde sublimant quelques faits historiques.

Je viens pour me trouver dans ma dualité :
« Quauque mot d'aqui » rédigés en français
Pour que résonnent ici accueil et tolérance
Sous le soleil niçois, sous le grand ciel de France.


Lexique :

« m'embiler » : m'énerver, me mettre en colère
« bléa » : la blette, très appréciée des niçois... Connaissez-vous la tarte de blettes ?
« cagabléa » : littéralement : chieurs de blettes. C'est ainsi que l'on surnomme les niçois, grands consommateurs de blettes.
« bugadières » : lavandières
« La mieu bella Nissa » : ma belle Nice, titre de « l'hymne national niçois »
« Quauque mot d'aqui » : quelques mots d'ici

http://il-y-a-un-atelier.over-blog.com/2014/06/slam-en-terre-d-aqui.html

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Publié le 4 Novembre 2016

L'atelier d'écriture AnimaNice Bon Voyage est fermé pendant les vacances scolaires, et reprendra le 7 novembre 2016.

En attendant, voici un récapitulatif des sujets abordés lors des séances de septembre et octobre sur le thème :

PATRIMOINE NIÇOIS ET MÉDITERRANÉE

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- Inventaire et associations d'idées, puis rédiger son inventaire personnel sur "La Prom" en s'inspirant de "Inventaire 66" de M. Delpech.

- Rappel des codes de la nouvelle à chute et lecture de "La femme du tueur" d'Annie Saumont, puis poème-en-un-seul-vers. Écriture de poèmes-en-un-seul-vers pour accompagner les tableaux de l'expo.

- Prosopopée et mot juste pour raconter les souvenirs d'une bâtisse Belle Époque de la "Prom".

- Poésie, prosodie, assonances et allitérations pour une escale sur une île méditerranéenne.

- Description sensorielle et imaginer sa vie ailleurs, dans un autre pays méditerranéen, en se glissant dans une nouvelle identité, une autre nationalité.

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