Publié le 27 Juin 2024
ecrire sur des photos
Publié le 19 Juin 2024
La lumière s'apaise, le bruit s'évade et part en voyage vers d'autres contrées.
La douceur des couleurs à l'approche de la lune, qui sort du néant, illumine le décor.
La barrière vient de fermer, les touristes ont battu des ailes comme des oiseaux craintifs.
Tu enjambes la porte en bois, sourire aux lèvres, et poses la plante du pied sur le sable ocre, comme un bain de paillettes tièdes.. l'empreinte s'enfonce avec jubilation, tu observes tes orteils recouverts de granules orangés, la marque éphémère d'un passage sur terre.
Au loin le grincement d'une nuée de cigales, vigiles aux aguets, compagnes d'escapade.
Tu avances lentement, grimpes pieds nus les monticules au camaïeu ocre jaune.
Un far west provençal dans la douceur du soir, sans cowboy de pacotille ni violence incongrue.
Le silence te ronge, te noie, comme une anesthésie, infusion sereine et régulière.
Tu nages dans le sable, tes pupilles ingurgitent les tons crème, café chaud, marron tiède, jaune désert.. les grains se collent à ta paume, tu les malaxes, les frottes un peu, les regardes s'envoler, particules magiques tirées de ton chapeau.
Les cigales se faufilent à nouveau vers tes oreilles, curieuses ou inquiètes, elles entonnent une mélopée rugueuse et saccadée.
Tu rêves…
Bouche entrouverte, tu t'enfonces dans le sable comme au fond de gorges chaudes, l'Ardèche, le Verdon, tu sens les vagues te submerger, te goûter, tu ouvres une brèche et te fraies un passage, tout ton corps se libère en nageant sans fin, sans frein, tu t'épuises à garder les yeux ouverts et t'enfoncer encore.
Les vagues te lèchent, te distillent un baume tendre et vaporeux, tu ruisselles, tes lèvres s'offrent à la lumière, tes pieds vagabondent, hésitent, savourent le délice moite, onctueux, tu plonges les yeux fermés, un désert d'eau sableuse, tu ne sais plus, tu oublies tout, c'est si loin.. le kayak suivait son cours, s'enfonçait dans les gorges, tes yeux loin derrière s'immisçant dans les flots…
Une piqûre.. la peau te brûle, tu t'es assoupi au creux des dunes sableuses. Le noir t'enveloppe.
Ouf… tu suffoquais presque.
Drôle de rêve.
Tu reprends vie, les nuages bousculent le ciel, tes oreilles vibrent, un grondement au loin..
Il faut reprendre pied.
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Publié le 19 Juin 2024
Le sentier débouche sur les roches du Roussillon. Elles se dressent en contrebas comme un rempart teinté de sang. Quelle terrible bataille ont-elles connu pour en garder cette couleur corail ? Mon imagination file aussitôt vers des chevaliers en armure, des épées magiques, des ruines de vieux châteaux. Rouges, ocres, verticales, acérées, les roches me racontent une histoire qui n'a pas eu lieu et moi, immobile, je me perds à la contempler.
La forêt ajoute au mystère en encerclant de vert profond ces merveilles vermillon, aussi hautes que les arbres. Couleurs, contrastes, beauté... Je m'assois pour mieux m'en imprégner.
Un vent léger court sur les cimes, court sur mes bras nus, rafraîchit ma nuque en sueur. Il m'apporte le parfum mauve des lavandes, celui plus sucré des genêts fleuris. J'en aurais presque le goût sur la langue... Mes papilles frétillent... les insectes du coin aussi. Le silence bourdonne... Parfois, de la forêt, les trilles virtuoses d'un invisible oiseau s'envolent vers un ciel à l'azur parfait.
Mais mon horizon, cerné par le bord de mon chapeau de paille, me ramène sans cesse à ces roches rouges, au garde-à-vous, sentinelles éternelles du passé de la Terre, et moi, je m'émerveille...
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Publié le 2 Juin 2024
Vous connaissez le roman-photo ? Et bien nous, on va faire une nouvelle-photo, en quatre ateliers.
LES ATELIERS
https://un-atelier-d-ecriture-a-nice.over-blog.com/2024/04/la-nouvelle-en-photos-atelier-1.html
https://un-atelier-d-ecriture-a-nice.over-blog.com/2024/04/la-nouvelle-en-photos-atelier-2.html
https://un-atelier-d-ecriture-a-nice.over-blog.com/2024/04/la-nouvelle-en-photos-atelier-3.html
https://un-atelier-d-ecriture-a-nice.over-blog.com/2024/04/la-nouvelle-en-photos-atelier-4.html
LES TEXTES
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Publié le 2 Juin 2024
« Roméo, va au coin ! »
Comme cet enfant semble malheureux ! Que lui est-il arrivé ? Qu’a-t-il fait pour qu’on le punisse, pour que sa maîtresse d’école l’envoie au coin ? Il doit avoir à peine neuf ou dix ans… A cet âge-là, a-t-il vraiment fait quelque chose d’assez grave pour qu’un adulte lui interdise de bouger ou de s’exprimer ? Il a l’air de compter avec ses doigts, peut-être à cinquante ou à cent aura-t-il le droit de retourner jouer avec ses copains dans la cour, au lieu de rester enfermé en classe pendant la récréation, sous le regard sévère de l’institutrice, Mademoiselle Lambert. Elle l’a envoyé au coin parce que ce n’est pas la première fois que Roméo n’a pas fait les devoirs indiqués dans son cahier de textes, deux exercices de maths, et une fable de La Fontaine à apprendre par cœur. Il avait le week-end pour cela, la maîtresse ne comprend pas qu’il n’ait rien fait. Cet enfant respire la tristesse, elle le voit bien. Elle se sent obligée de le punir parce qu’il ne lui donne pas la raison de son attitude, si elle lui demande pourquoi il n’a rien fait, Roméo se ferme, baisse la tête et prend un air malheureux. Si Mademoiselle Lambert s’écoutait, elle le prendrait dans ses bras pour le consoler, cet enfant à l’air si fragile ! Il retrouverait vite le sourire. Mais non, elle doit se montrer sévère, sinon elle perdrait son autorité devant sa classe.
Elle ne doit pas faire de différence entre ses élèves, même si elle sent que Roméo est un peu différent des autres. Il y a là des enfants de commerçants du village, la fille du boucher et le fils de l’épicier, les deux jumeaux du pharmacien, les autres sont presque tous enfants d’agriculteurs. Dans l’ensemble, elle constate que les parents surveillent les devoirs des enfants. Le père de Roméo est agriculteur, mais elle ne le connaît pas, et elle n’a jamais vu non plus sa maman. C’est son premier poste, à Mademoiselle Lambert, elle fait de son mieux, mais elle se pose parfois des questions sur l’attitude à adopter. Ce n’est pas facile, une classe unique de la maternelle au CM2, même si elle n’a que quinze élèves. Roméo est un enfant intelligent, c’est certain, il lève le doigt lorsque la maîtresse interroge sa classe, il est très bon en lecture, mais il semble parfois préoccupé, comme s’il avait de gros soucis. Roméo est vraiment un mystère pour son institutrice.
Drame dans la vie de Roméo
Un si joli tableau
Roméo, souvent seul à la maison, s’invente des jeux. Depuis leur déménagement, son père a entassé des objets ramenés de son ancien foyer, pour lesquels il n’a pas encore trouvé d’emplacement idéal. C’est vrai qu’il n’a pas beaucoup de temps pour s’occuper de la décoration de leur nouvelle maison. Il essaie de passer son peu de temps libre avec son fils.
Roméo, heureusement, a une imagination débordante, ce qui lui permet de ne pas trop souffrir de sa solitude. Ce matin, il est monté au grenier, parce qu’il avait remarqué dans un coin un tableau entreposé recouvert de toiles d’araignées. Avec un balai trouvé sur place, il a débarrassé la peinture de son décor de soie, tout en surveillant les deux araignées qui se sont enfuies sous la caresse du balai. Roméo, qui a été élevé dans une ferme, n’est pas impressionné par les insectes et autres bestioles de toutes sortes. De la main, il essuie la poussière qui masque le dessin, et découvre l’étrange tableau : une fenêtre ouverte sur un paysage marin, des arbres qui balancent leurs branches, il sent presque le vent dans les feuillages… Des petits voiliers naviguent au premier plan sur une mer aussi bleue que le ciel, et, à l’arrière, un transistor géant, les pieds dans l’eau…
Roméo ne comprend pas très bien ce que fait ce poste de radio dans l’eau, c’est peut-être quelqu’un qui l’a jeté. Roméo sait bien qu’il ne faut pas se débarrasser des objets inutiles dans la nature, il faut les emmener à la déchetterie. La maîtresse leur avait fait faire une sortie éducative en début d’année, elle avait emmené tout son petit monde au bord de la rivière dans un endroit un peu isolé, et les enfants avaient constaté que des gens avaient jeté dans l’eau des objets inattendus : une machine à laver, un vélo tout rouillé, des pneus de voitures, beaucoup de bouteilles en plastique et en verre, et d’autres choses indéfinissables. Mademoiselle Lambert avait distribué des gants en plastique et des sacs poubelles à ses élèves, et ils avaient nettoyé les bords de la rivière en enlevant les petits objets à leur portée. Ils avaient séparé le verre et le plastique des autres détritus. Un monsieur était venu avec sa camionnette prendre les sacs pour la déchetterie. Et le lendemain, Monsieur le Maire était venu apporter des biscuits et des bonbons pour les enfants. Ils avaient été félicités, et on avait pris des photos. On avait bien profité de ces moments agréables.
Mais ce transistor, là, c’était bizarre… et soudain, sous les yeux ébahis de Roméo, le poste de radio se transforme en paquebot. L’antenne devient une grande cheminée qui se met à fumer, le bateau possède des hublots, et des ponts sur lesquels les passagers se promènent. Il entend les conversations et les cris de joie des enfants embarqués pour aller en Corse. Aller en Corse, comme l’avait fait sa Tata Marie, elle avait débarqué à Calvi, elle avait montré des photos à Roméo. Là, sur le Transistor-Bateau, Roméo aperçoit sa maîtresse et les élèves de son école. Il est heureux, il va enfin faire un voyage, il en rêvait depuis longtemps. En regardant le bateau plus attentivement, Roméo va constater que le capitaine, à l’avant du bateau, n’est autre que son Papa, et le Second, avec cette belle casquette, mais oui, c’est Maman ! Plus de prison, plus de visite encadrée par les Gardiens pour aller la voir : tous sont libres, heureux, sur cette mer si bleue et si calme !
Une partie de pêche
Publié le 2 Juin 2024
LES TEXTES
Publié le 2 Juin 2024
Publié le 29 Mai 2024
José B...
Il a troqué les plaines fleuries contre un building en verre glacé. Et la combinaison pour un veston cosy. Le regard perçant, sourire moqueur sous une moustache fournie.
Le pas débonnaire et décidé, il monte l'escalator, son assistant et une stagiaire sur les talons.
Sa pipe en main, il sourit. Objet sculpté qui lui tient lieu de mascotte.
Il rêve.. la ferme rustique en pierre de taille, baignée dans la brume ardente du Larzac, au soleil couchant.
Le ciel de feu avant la guerre, celle du camembert et des produits chimiques.
Une guerre de cris contre une colonisation qui ne dit pas son nom.
Lui… un Gaulois moustachu au franc-parler, la lutte commune avec ses amis fiers et rageurs, durs à la tâche…. Sauver les champs, les bêtes, la vie rurale, garder un mode de vie âpre et discret. Nourrir le monde.
La vie comme un combat. Les échauffourés contre l'uniforme et la pensée unique. Le long chemin entre les champs de fleurs et les micros, les caméras. Les marches à gravir, les actions en justice, les succès, les échecs, la colère médiatisée, les séjours en prison.
Il est arrivé.
Bruxelles, 5e niveau du Parlement européen. Obtenir les documents nécessaires, contacter les membres de l'Office de Lutte Anti Fraude.
Il s'installe au bureau, entouré par ses acolytes. Il est un caillou dans les chaussures vernies de ses collègues députés.
Il veut la clarté d'un fonctionnement démocratique au sein des institutions.
Et dénoncer les lobbies au sein des commissions. Résister au temps qui use.
C'est l'heure du rendez-vous avec les Suédois, de mèche avec Philippe Morris.
Des yeux... et des tuyaux
Un dédale de tuyaux qui courent autour du lit, une débauche d'écrans aux lumières flashy, un arc-en-ciel de graphiques et de courbes au chevet des tubulures. Qui donc actionne les robinets ?
Ils sont flux et reflux au gré des humeurs, un débit joyeux, limpide, quand surgit la Boule Noire. Celle qui fait bloc, s'insurge et s'insinue.
Une résistance obscure au cours majestueux du liquide.
La vie en suspens.
Les yeux s'écarquillent en silence, bleus comme l'azur qui se voile sans savoir, sans vouloir, le jeu du mouvement perpétuel, aller-retour, ouvert-fermé, un jeu dangereux.
Le robinet se coince, hasard ou malveillance, usure des jointures, la rouille qui déboule, obstrue le futur.
Le tuyau s'alanguit, gémit doucement, s'aplatit sans un mot sous le poids des années.
Où vont donc les tuyaux ?
Il s'isole, vérifie ses outils.
Oublier les réseaux, revenir à la peau, le derme tenu, charnu, si fragile et subtil à la fois.
La peau, une caresse éphémère du vent, et le tuyau revit. Ou bien se replie timoré au plus profond du moi.
Les écrans se gaussent d'un semblant de pouvoir. Le vert titube le bleu sursaute le rouge s'assoupit. La nuit s'endort et lui revit. Il rêve les yeux ouverts.
La porte est close et l'espace confiné. Un air de déjà-vu.
La boule tourne, ne veut pas stopper. Le hasard et la nécessité. La chambre aseptisée. Tous les coups sont permis, il s'agit d'une vie.
Le labeur les yeux fermés, un sourire généreux.
Il faut bouger, faire des mains et des pieds, vêtir l'armure du soldat augmenté, le casque du scaphandrier, se rêver araignée ou bien drone argenté dans le ciel étoilé.
La puissance du réseau, des synapses en alerte. Les mots invisibles qui jaillissent de l'iris, un regard perforant qui retrousse les sourcils.
Tu vas y arriver… la source au plus profond.. le maître des écluses ou des veines trop polluées. Le flux en souffrance n'attend que ton clin d'œil, une pulsion écarlate, un souffle éperdu qui exclut les intrus.
La main se creuse, l'œil aux abois. La balle au rebond est dans ton camp. La lunette vise le ciel et la galaxie.
Tes yeux mobiles au milieu des tuyaux. Tu rêves, tu souris.
Le pont
Un pont-bascule entre deux mondes verticaux. L'éclat métallique d'un ciel soucieux, qui se mire dans le fleuve parsemé de voiles nonchalantes.
Un flux à sens unique, comme une inquiétude à franchir l'obstacle éphémère, lunatique.
Un arbre esseulé pointe son âme vers la cime… des tours comme des ruches assoupies où rien ne se butine.
Le fleuve, seule note de vie, celle qui bouge et fait bouger, une pulsion sereine et silencieuse,
dernier espoir d'un monde en souffrance.
Une sirène assourdie, plainte monocorde, le temps qui passe ou s'accélère.
L'un qui grimpe l'escalier, pipe au bec et sourire rageur, un rêve éternel et fragile au creux des lèvres. Le fil de sa vie, une voix grave et obstinée qui chante le besoin d'une nature à taille humaine. Comme un oxymore vivant au sein de ces tours visant le ciel.
L'autre est cloîtré sur un lit de misère, cœur blessé, main offerte, les yeux azur en prière immobile.
Le flux, un pont…. Joindre des rives incertaines, houleuses et volatiles.
La sirène incessante, le chemin comme un but, trouver la voie de l'ouverture.
Les rives de pierre, de terre et de verre, érigées en une gloire éphémère.
Le pont se lève, vaincu, laisse passer les guerriers aquatiques, fixe les rives opposées, comme un automate au sourire figé qui refuse de choisir.
Plus tard apaisé, il pourra consentir à rejoindre les rives, un choix encore fragile, franchir le Styx sous une lune noire, ramer, ramer, ramer encore.
Se battre bien sûr, retrouver le fil d'Ariane qui fait rugir le sang dans les artères.
L'un monte les marches en souriant, son pouls pulse au gré de ses pas. Il va convaincre, il veut gagner.
L'autre ferme le point, serre les lèvres et reprend peu à peu le contrôle du battement, le contrôle de son corps, une enveloppe étale qui veut retrouver vie.
Le pont dérive, se brise vers le ciel, un insecte géant qui frémit, bat des ailes, secoue son corps mou, lévite et suffoque, refuse les adieux.
Un fleuve de vie où s'agitent des fourmis indolentes, un ballet majestueux, incestueux, une rupture en un élan joyeux.
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Publié le 29 Mai 2024
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Un dédale de tuyaux qui courent autour du lit, une débauche d'écrans aux lumières flashy, un arc-en-ciel de graphiques et de courbes au chevet des tubulures. Qui donc actionne les robinets ?
Ils sont flux et reflux au gré des humeurs, un débit joyeux, limpide, quand surgit la Boule Noire. Celle qui fait bloc, s'insurge et s'insinue.
Une résistance obscure au cours majestueux du liquide.
La vie en suspens.
Les yeux s'écarquillent en silence, bleus comme l'azur qui se voile sans savoir, sans vouloir, le jeu du mouvement perpétuel, aller-retour, ouvert-fermé, un jeu dangereux.
Le robinet se coince, hasard ou malveillance, usure des jointures, la rouille qui déboule, obstrue le futur.
Le tuyau s'alanguit, gémit doucement, s'aplatit sans un mot sous le poids des années.
Où vont donc les tuyaux ?
Il s'isole, vérifie ses outils.
Oublier les réseaux, revenir à la peau, le derme tenu, charnu, si fragile et subtil à la fois.
La peau, une caresse éphémère du vent, et le tuyau revit. Ou bien se replie timoré au plus profond du moi.
Les écrans se gaussent d'un semblant de pouvoir. Le vert titube le bleu sursaute le rouge s'assoupit. La nuit s'endort et lui revit. Il rêve les yeux ouverts.
La porte est close et l'espace confiné. Un air de déjà-vu.
La boule tourne, ne veut pas stopper. Le hasard et la nécessité. La chambre aseptisée. Tous les coups sont permis, il s'agit d'une vie.
Le labeur les yeux fermés, un sourire généreux.
Il faut bouger, faire des mains et des pieds, vêtir l'armure du soldat augmenté, le casque du scaphandrier, se rêver araignée ou bien drone argenté dans le ciel étoilé.
La puissance du réseau, des synapses en alerte. Les mots invisibles qui jaillissent de l'iris, un regard perforant qui retrousse les sourcils.
Tu vas y arriver… la source au plus profond.. le maître des écluses ou des veines trop polluées. Le flux en souffrance n'attend que ton clin d'œil, une pulsion écarlate, un souffle éperdu qui exclut les intrus.
La main se creuse, l'œil aux abois. La balle au rebond est dans ton camp. La lunette vise le ciel et la galaxie.
Tes yeux mobiles au milieu des tuyaux. Tu rêves, tu souris.
Publié le 29 Mai 2024
Un pont-bascule entre deux mondes verticaux. L'éclat métallique d'un ciel soucieux, qui se mire dans le fleuve parsemé de voiles nonchalantes.
Un flux à sens unique, comme une inquiétude à franchir l'obstacle éphémère, lunatique.
Un arbre esseulé pointe son âme vers la cime… des tours comme des ruches assoupies où rien ne se butine.
Le fleuve, seule note de vie, celle qui bouge et fait bouger, une pulsion sereine et silencieuse,
dernier espoir d'un monde en souffrance.
Une sirène assourdie, plainte monocorde, le temps qui passe ou s'accélère.
L'un qui grimpe l'escalier, pipe au bec et sourire rageur, un rêve éternel et fragile au creux des lèvres. Le fil de sa vie, une voix grave et obstinée qui chante le besoin d'une nature à taille humaine. Comme un oxymore vivant au sein de ces tours visant le ciel.
L'autre est cloîtré sur un lit de misère, cœur blessé, main offerte, les yeux azur en prière immobile.
Le flux, un pont…. Joindre des rives incertaines, houleuses et volatiles.
La sirène incessante, le chemin comme un but, trouver la voie de l'ouverture.
Les rives de pierre, de terre et de verre, érigées en une gloire éphémère.
Le pont se lève, vaincu, laisse passer les guerriers aquatiques, fixe les rives opposées, comme un automate au sourire figé qui refuse de choisir.
Plus tard apaisé, il pourra consentir à rejoindre les rives, un choix encore fragile, franchir le Styx sous une lune noire, ramer, ramer, ramer encore.
Se battre bien sûr, retrouver le fil d'Ariane qui fait rugir le sang dans les artères.
L'un monte les marches en souriant, son pouls pulse au gré de ses pas. Il va convaincre, il veut gagner.
L'autre ferme le point, serre les lèvres et reprend peu à peu le contrôle du battement, le contrôle de son corps, une enveloppe étale qui veut retrouver vie.
Le pont dérive, se brise vers le ciel, un insecte géant qui frémit, bat des ailes, secoue son corps mou, lévite et suffoque, refuse les adieux.
Un fleuve de vie où s'agitent des fourmis indolentes, un ballet majestueux, incestueux, une rupture en un élan joyeux.
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