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Publié le 20 Février 2024

 

Jonathan

Le monde se fissure t-il ? La montagne répondit par un craquement sinistre dont le son fit frissonner les arbres des forêts. Un énorme bloc de glace glissa sur le sentier que venait d'emprunter le troupeau de Jonathan. L'énorme amas de terre et de neige s'immobilisa à quelques mètres de lui. Il devint pendant un instant la représentation divine d'un dieu qui, comme au temps de la préhistoire, interpellait les hommes. Un silence religieux, comme une brume impalpable, enveloppa la vallée.

Jonathan se mit à crier pour faire fuir son angoisse puis, devant ce mystère, il posa ses mains sur la face glacée pour en ressentir les vibrations. Ces ondes venues du cœur de la montagne, musique d’un autre âge où naturellement il se mit à prier.

La porte lumineuse

« Mon Dieu toi qui as fait le monde donne-moi une réponse à ce mystère ».

 

Il resta là un moment, entouré par le silence, lorsqu'il entendit son ami qui s'approchait faisant crisser les pierres du chemin.
Alors Jonathan se leva et, comme un somnambule, il se dirigea vers le sommet de la montagne. Traversant une porte lumineuse encadrée par deux grandes colonnes de pierre rappelant les colonnes d'Hercule.
 
Allait-il trouver au-delà de ce passage la réponse à sa question ?.
Le sablier du temps s'était-il arrêté ?
Jonathan ne le sut pas, la voix de son ami résonnait dans sa tête
  • Ça va réveille-toi
  • C'est moi ton ami
Enfin doucement, il ouvrit les yeux et il sut !
Que le monde son monde ne pouvait exister sans amour ni amitié.
La montagne lui avait parlé en lui montrant sa blessure, ce bloc de neige et de pierres était un appel au secours, il devait la protéger de la folie des hommes.

Pierres préhistoriques

Fini le temps de l’estive, Jonathan redescendit vers son village juché sur les pentes de la montagne où le temps s'écoule au gré des saisons. Un nouvel instituteur s'était installé au village, depuis son absence. C’est au café, que Jonathan fit sa connaissance. Entre les deux hommes un courant de sympathie s'installa. C'est comme cela que Marcel lui parla de sa découverte et de ses inquiétudes. Un soir, il lui montra les objets qu'il avait découverts au cours d'une ballade dans la montagne. Une pierre longue et polie en forme de hache taillée dans un silex de couleur sombre.
Jonathan l’a pris dans ses mains pour en sentir la douceur, il en ressentit comme sur le bloc de glace, une vibration, une musique venue d’un monde lointain. Il ferma les yeux la pierre lui parla.
- Je suis la quintessence de ton toi ce maillon ce relais indéfini qui depuis que le monde est monde se passe de génération en génération
- C’est une hache du néolithique, s’exclama Marcel.
Jonathan sorti de son rêve
- Et cette pierre grise que tu vois là, c’est un chopper l’ancêtre en quelque sorte du marteau, c’est avec lui que les hommes de la préhistoire tallaient les silex pour en faire des flèches, des bifaces et tout objet utile à leur vie.
- Je suis sûr que l’on doit en trouver encore la haut.
- Mais je suis inquiet car le site est menacé. Une entreprise Américaine d’extraction de gaz de schistes à l’intention d’exploiter le lieu. Ce qui va entrainer un désastre écologique du coin, une catastrophe pour le village.
Jonathan, qui ne connaissait rien à la préhistoire, compris que c’était la le message qu’avait voulu lui donner la montagne.
- J’ai un ami d’enfance Marc qui travaille au service archéologique de la métropole. Je suis sur qu’il va pouvoir nous aider. Je le contacte des demain.
Et c’est comme ça que Marcel, Jonathan et le représentant du service archéologique se rendirent sur les lieux. La aux bords de la falaise de nombreux éclats de silex jonchés le sol ce qui laisser entrevoir à l’expert archéologue l’importance de la découverte de Marcel. A son retour dans son service, l’archéologue fit interdire le lieu au public. Pour Jonathan et Marcel, c’était une première victoire qu’ils fêtèrent le soir au café.
Ce n’était qu’un début car il fallait encore lutter contre la puissante entreprise d’extraction du gaz de schistes.
Le combat allait être long et difficile, mais comme David devant Goliath les deux hommes n’avaient pas peur.
Les deux pierres venues du fond des âges avaient réussie à faire vibrer leurs cœurs et comme les chevaliers de l’ordre du temple, ils allaient partir en croisade, pour la sauvegarde de ce patrimoine et de leur montagne.

La montagne

Le temps des combats contre le géant américain était terminé. Marcel et Jonathan avaient gagné, toute la région était devenue un parc naturel et le site archéologique, un lieu de visite pour touristes.
Aujourd'hui, ils avaient décidé de rendre visite à leur amie, cette montagne pour qui ils s'étaient tant battus. Assis au bord du lac, ils contemplent cette cathédrale de pierre qui s'élève vers les cieux. Devant eux, les éboulis de pierre comme autant de larmes versées par cette vieille dame semblaient la protéger. Aujourd'hui, elle souriait et dans l'eau verte du lac, elle se mirait ; le vent entre les roches sifflait une mélodie du bonheur. Jonathan prit son carnet et se mit à écrire.
 
Toi mon amie
Ma montagne chérie
Aujourd’hui je suis en paix
Le monde les hommes t'ont épargnée
J’ai entendu ton message
En évitant le ravage
De cette entreprise américaine
Tu vois aujourd'hui je n'ai plus de haine
 
Jonathan déchira la feuille de son carnet. Il forma une boule sous le regard interrogateur de Marcel et, sous un cairn, il l'enterra.
Alors le ciel se Zébra de nuages comme une écriture des dieux, la montagne venait de lui dire merci.
Il était temps de rentrer et de laisser ce monde de silence s'enfoncer dans la nuit.
Marcel ne sut jamais ce que Jonathan avait écrit. Mais la montagne, un soir, une nuit, est venue sur sa fenêtre lui déposer une petite pierre, un caillou scintillant de mille feux comme les étoiles dans les cieux.
 
Bernard
_________________________________
 

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Rédigé par Bernard

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Publié le 20 Février 2024

Le temps des combats contre le géant américain était terminé. Marcel et Jonathan avaient gagné, toute la région était devenue un parc naturel et le site archéologique, un lieu de visite pour touristes.
Aujourd'hui, ils avaient décidé de rendre visite à leur amie, cette montagne pour qui ils s'étaient tant battus. Assis au bord du lac, ils contemplent cette cathédrale de pierre qui s'élève vers les cieux. Devant eux, les éboulis de pierre comme autant de larmes versées par cette vieille dame semblaient la protéger. Aujourd'hui, elle souriait et dans l'eau verte du lac, elle se mirait ; le vent entre les roches sifflait une mélodie du bonheur. Jonathan prit son carnet et se mit à écrire.
 
Toi mon amie
Ma montagne chérie
Aujourd’hui je suis en paix
Le monde les hommes t'ont épargnée
J’ai entendu ton message
En évitant le ravage
De cette entreprise américaine
Tu vois aujourd'hui je n'ai plus de haine
 
Jonathan déchira la feuille de son carnet. Il forma une boule sous le regard interrogateur de Marcel et, sous un cairn, il l'enterra.
Alors le ciel se Zébra de nuages comme une écriture des dieux, la montagne venait de lui dire merci.
Il était temps de rentrer et de laisser ce monde de silence s'enfoncer dans la nuit.
Marcel ne sut jamais ce que Jonathan avait écrit. Mais la montagne, un soir, une nuit, est venue sur sa fenêtre lui déposer une petite pierre, un caillou scintillant de mille feux comme les étoiles dans les cieux.

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Publié le 18 Février 2024

Lou Ray

En troupeau, au jour d’aujourd’hui,
Tout le monde est de sortie.
Fini l’enfermement dans cette salle
et nos idées chauffées blanc sale.
 
Dans ce pré d’élevage, à cheval sur les mots,
chacun fait le gros dos, un lourd fardeau.
Quand certaines ruminent
D’autres, en aparté, fulminent.
 
La Mado, l’avion, elle l’a pris,
une petite valise et vive Tahiti,
Laissant là les écrits fumants
Incendier l’atelier de leurs gaz hilarants.
 
Elle reviendra tard dans l’envie,
quand nos nuées de vieilles mouches
auront brisé leurs ailes, saint Nitouche,
le long des écrits plumetis.
 
Marginaux, on broute toujours la consigne
pour ne garder que la racine.
On le vœux, l’herbe sous le pied,
malgré les affaires, entre nous mal lavées,
jamais ne nous sera coupée.

Grève

Maintenant bien bio-ressourcée

Depuis l’incartade en champs les chevaux
Avec l’orgeat, sa paille et la grève, je suis tombée
Sur Clément De La Fourrière, style aristo.
 
L’homme menait à mal, les biens
Ceux de la campagne de ses ancêtres.
On écrirait plus l’histoire, les liens.
Les tracteurs se conduisent tout seuls, piètres.
 
Voilà comment jouer aux concours de circonstances,
Le premier prix d’une beauté paysanne, césar du volant
Suffit d’accorder sa cotte avec la machine en toute élégance.
Mais je regrette, tu n’as pas de beaux yeux, Clément.
 
Sur le podium numéro un, elle a gagné le tandem.
Celui de l‘élastique toi et moi rapprochés, ficelés
Je réfléchis, le regard vertige. Entre nous, un dilemme.
Se laisser sauter ou brouter encore les mots de l’atelier ?

L'objet du débat

Elle les laisse tituber dans le bio de l’eau claire du ruisseau.
De très verts, ils passeront au dorée fané
Elle a rendez-vous à la ville, tracteur en main, tôt.
Le cresson, elle n’a plus le temps de le poêler.
 
Depuis son acné, elle noue ces bouquets de verdure.
Les élastiques n’ont plus de secrets quand elle dépote.
Elle nous exagère l’acide folique et les vitamines pures.
Comme j’aime le nasitort. Je suis toute à sa botte.
 
Elle refuse le saut de l'ange du haut de ses amours
Même au bord du gouffre quand les liens se tendent
Elle préfère écrire la nature de ses doigts gourds,
Libre et cultivée le long des tiges fragiles et tendres.
 
Mais l’aristo insiste, la bouche pleine de babillage,
Clément De La Fourrière se gausse, je le jure primesautier.
Vont-ils tomber dans le velouté du potage
ou échanger ses clés à pipe au fond de l‘atelier ?

 

Panthéon

Dans un concert de moissonneuses le long de la Seine
Elle se faufile avec sa machine à godet pleine de verdure
Une faucheuse la double, place nette sur l’amitié, Jo entre en scène
Il manifeste, il va se noyer dans le flot des dettes, fluctuat nec mergitur.
 
Loin du bruit des contestations, le Panthéon tourne la boule.
Perpétuel mouvement, il nous vertige la terre sur elle même
On l’a contrarié les forces. Sur son axe, il devient maboule.
Tu pendules de Foucault, régulier au bout de ton fil d ‘acier, à même.
 
Elle gyre de la tête, la belle paysanne, Jo a quitté sa casquette
Dans un mouvement de balancier leurs regards se croisent.
Un rotation suffit souvent pour que des sentiments forts s’apprêtent
Elle l’a embrassé rouge sang sous un ciel turquoise.
 
Puis elle a mis bas le Panthéon et élevé l’honneur de Jo au rang de chevalier.
Ils ont mélangé leur agriculture de valeur et planté le début de leur bonheur
de pied ferme et d’amour de leur métier.
Ensemble, ils parieront sur l ‘avenir, le reste finira en apesanteur.
 
 
Dany-L

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Publié le 18 Février 2024

 

Dans un concert de moissonneuses le long de la Seine
Elle se faufile avec sa machine à godet pleine de verdure
Une faucheuse la double, place nette sur l’amitié, Jo entre en scène
Il manifeste, il va se noyer dans le flot des dettes, fluctuat nec mergitur.
 
Loin du bruit des contestations, le Panthéon tourne la boule.
Perpétuel mouvement, il nous vertige la terre sur elle même
On l’a contrarié les forces. Sur son axe, il devient maboule.
Tu pendules de Foucault, régulier au bout de ton fil d ‘acier, à même.
 
Elle gyre de la tête, la belle paysanne, Jo a quitté sa casquette
Dans un mouvement de balancier leurs regards se croisent.
Un rotation suffit souvent pour que des sentiments forts s’apprêtent
Elle l’a embrassé rouge sang sous un ciel turquoise.
 
Puis elle a mis bas le Panthéon et élevé l’honneur de Jo au rang de chevalier.
Ils ont mélangé leur agriculture de valeur et planté le début de leur bonheur
de pied ferme et d’amour de leur métier.
Ensemble, ils parieront sur l ‘avenir, le reste finira en apesanteur.
 
 
Dany-L

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Rédigé par Dany-L

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Publié le 17 Février 2024

 

 

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LA NOUVELLE EN PHOTOS : atelier 3
LA NOUVELLE EN PHOTOS : atelier 3
Atelier 3 :
La description, l'hypotypose. (cf le lien ci-dessous)
 
Sujet :
Choisissez une image, décrivez l'objet, tentez l'hypotypose et faites avancer votre histoire. Rappelez-vous que la semaine prochaine, c’est suite et fin ! Enfin !

LES TEXTES

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 17 Février 2024

Le départ

 

17 h 02 ! Une gare assourdissante !

 
Mon train s’apprête à partir et quand Olga rentrera chez nous, je serais déjà très loin.
Très loin de cette ville, très loin d’elle, très loin de tout. Rester, je ne le pouvais plus.
 
Cela faisait des jours, des semaines, des mois que ce besoin de retrouver une destination inconnue me malmenait l’esprit : je n’en dormais plus.
 
17 h 06 ! Nouvelle annonce dans les hauts parleurs pour un départ imminent.
Au même instant, à quelques minutes de là, Olga arrive devant notre immeuble en fouillant dans son sac à la recherche de son trousseau de clés. Elle imagine sans doute nos retrouvailles quotidiennes de son retour de travail. Mais une fois la porte d’entrée passée, ce sera un appartement vide et silencieux qui l’attendra.
 
17 h 08 ! Je me cale au fond de mon siège en skaï, ma joue collée sur la vitre froide et terne de mon wagon.
Je me cache à la vue de tous ces anonymes qui partagent mon voyage. Et le convoi donne un premier à-coup, un deuxième et la marche amorce son mouvement lancinant.
Je commence une autre étape dans mon existence, qui s’apparente, j’en conviens, à une sorte de fuite, mais rester devenait compliqué, comme dans cette chanson qui dit que partir c’est laisser un peu de son âme, partir c’est laisser un peu de son cœur, partir c’est quitter une femme. Ça me ressemble étrangement.
 
18 h 12 ! On a déjà dépassé les limites de la métropole et ses frontières limitrophes. On roule à grande vitesse et le paysage défile en un ruban multicolore et abstrait. Parfois, à l’approche de certaines agglomérations, il ralentit et je distingue des habitations aux pièces éclairées, ainsi que les silhouettes furtives qui les peuplent. Je me mets alors à imaginer les histoires qu’elles détiennent, la trame qu’elles vivent. Ces personnes sont-elles heureuses ?
Dans la poche intérieure de mon blouson, mon téléphone vibre de nouveau. Je sais que c’est elle. Pour l’instant, je ne pourrais pas, je ne saurais pas trouver les mots justes pour mon départ et ma présence dans ce train. Je sais que je me montre injuste envers elle, elle n’y est pour rien, car tout est de ma faute. Comment pourrais-je lui expliquer que je la quitte alors que je l’aime, que je pars malgré tout cet amour.
Oui, je pourrais la rassurer, lui dire que c’est juste un mauvais moment que je vais revenir. Juste la nécessité de retrouver le fil de mon histoire, tout ce qui nous réunit, elle et moi depuis tout ce temps. J’ai paumé quelque chose, je ne sais pas où, ni quand, et c’est pour cela que je m’éloigne de plus en plus, avec ce train, ce destin, projeté sur cette trajectoire en diagonale.
 
18 h 35, il est temps de dormir un peu.

Tumulte

A peine arrivé, débarqué de mon train, le pied posé sur le quai, je quitte cette gare anonyme de ma ville étape.
Me voilà à présent en plein centre-ville ; ma quête sur l’instant, trouver un hôtel pour me reposer.
Derrière, soudain, des cris, hurlements, un tintamarre assourdissant.
Je fais volte-face, et face à moi un attroupement en marche lancinante.
A quelques mètres, sur le qui-vive, un cordon de police qui canalise et balise sa progression saccadée.
Sur des pancartes en carton et autres supports de tissus, érigés comme autant d’étendards baroques, peints à la bombe noire, des revendications et slogans pour les droits civiques.
Moi qui voulais de l’espace du calme et du temps pour esquisser ma nouvelle destination, me voilà servi, épinglé sur ce point sur la carte, en pleine tourmente.
 
J’éprouve depuis longtemps une certaine défiance pour tous ces groupes syndicalistes et associatifs qui se lancent sans détour, baïonnettes au canon.
Crier, hurler, vociférer à outrance, renforce-t-il les causes et combats à mener ?
S’exprimer avec calme, mesure, ne serait-il pas plus judicieux ?
L’individu lui-même arrive-t-il à se frayer une place quand il se retrouve submergé par la masse ?
 
Olga mène aussi son combat, sa révolte contre moi, suite à mon départ, mon absence inexplicable.
« Pourquoi me quitter alors qu’il ne cesse de me dire qu’il tient à moi ?
Dois-je être triste, en furie, et subir l’afflux de mes cris qui se bousculent en moi ? »
 
Ici, près de moi, les esprits s’échauffent, la menace de débordement gronde, donc je fais demi-tour. Vite un train pour reprendre ma révolte solitaire, sans heurts, sans clameurs, juste mon silence.

Effluves

Voilà presque un mois aujourd’hui que j’habite cette petite maison, dans ce petit village au creux de la vallée au cœur des Alpes. Contre mon aide pour l’entretien de sa ferme, Gustave m’offre le gîte et le couvert pour le temps que je veux. Je suis tombé sur lui en faisant du stop sur la nationale. Nous avons sympathisé de suite. Chaque jour qui passe il me raconte sa vie d’aventures aussi incroyables que rocambolesques. Un jour après avoir parcouru le monde, retour au pays et pour reprendre la ferme de ses parents aujourd’hui disparus.
Je ne sais pas si je dois y voir le fruit du hasard ou un signe du destin, mais cette rencontre mais je me demande si elle était aussi imprévue que ça. Je trouve en lui mon Jiminy Cricket, ma conscience personnifiée qui trouve réponses à tous mes questionnements. Quand je lui raconte mes questionnements, mes tourments, au lieu de jouer les moralistes, lui il éclate de rire.
Le soir, après le dîner, on s’adonne à notre rituel : on sort dehors sous la pergola, on allume une cigarette, il pose sa bouteille de whisky, sur le petit muret, la libère du bouchon cacheté de cire noire, et verse de ce liquide aux reflets caramel ambré dans deux verres. Au début, la première gorgée cogne un peu le palais mais à partir de la deuxième tout s’adoucit, s’assagit, comme si par magie l’alcool de ce breuvage possédait la vérité du monde, de chacun de nous.
Je ne parle pas d’ivresse mais d’évasion. Et Gustave, emporté par son bien être nocturne, me gratifie de nouveau d’un pan incroyable de son existence. Finalement cette flasque de verre, son contenu couleur cuir, devient un vaisseau immatériel pour partir à l’espace et le temps.
 
Quand je regagne mon lit souvent l’aube arrive. Le soleil annonce sa venue en colorant petit à petit les crêtes des montagnes alentours.
Ce matin, j’ai dormi jusqu’à très tard et empiété sur un après-midi bien entamé. Accoudé au rebord de ma fenêtre, une tasse de café très fort près de moi, je regarde le paysage : les herbes hautes du pré qui ondulent sous l’effet de la brise, le chien qui roupille sous la table du jardin, des pies qui voltigent au-dessus des pommiers fraîchement élagués, tous ensembles de choses qui rendent ce tableau, vivant mouvant et émouvant. Je ne sais pas si le paradis existe mais cela devait être le cas, j’espère de tout cœur qu’il puisse ressembler à tout ça. Mais une chose tout à coup me rend triste. Comme le dit Christopher Mc Candeless dans «  Into the Wild » un bonheur ne vaut rien si on ne peut pas le partager.
Ce soir j’appelle Olga.

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Rédigé par Jean-Michel

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Publié le 17 Février 2024

 
Voilà presque un mois aujourd’hui que j’habite cette petite maison, dans ce petit village au creux de la vallée au cœur des Alpes. Contre mon aide pour l’entretien de sa ferme, Gustave m’offre le gîte et le couvert pour le temps que je veux. Je suis tombé sur lui en faisant du stop sur la nationale. Nous avons sympathisé de suite. Chaque jour qui passe il me raconte sa vie d’aventures aussi incroyables que rocambolesques. Un jour après avoir parcouru le monde, retour au pays et pour reprendre la ferme de ses parents aujourd’hui disparus.
Je ne sais pas si je dois y voir le fruit du hasard ou un signe du destin, mais cette rencontre mais je me demande si elle était aussi imprévue que ça. Je trouve en lui mon Jiminy Cricket, ma conscience personnifiée qui trouve réponses à tous mes questionnements. Quand je lui raconte mes questionnements, mes tourments, au lieu de jouer les moralistes, lui il éclate de rire.
Le soir, après le dîner, on s’adonne à notre rituel : on sort dehors sous la pergola, on allume une cigarette, il pose sa bouteille de whisky, sur le petit muret, la libère du bouchon cacheté de cire noire, et verse de ce liquide aux reflets caramel ambré dans deux verres. Au début, la première gorgée cogne un peu le palais mais à partir de la deuxième tout s’adoucit, s’assagit, comme si par magie l’alcool de ce breuvage possédait la vérité du monde, de chacun de nous.
Je ne parle pas d’ivresse mais d’évasion. Et Gustave, emporté par son bien être nocturne, me gratifie de nouveau d’un pan incroyable de son existence. Finalement cette flasque de verre, son contenu couleur cuir, devient un vaisseau immatériel pour partir à l’espace et le temps.
 
Quand je regagne mon lit souvent l’aube arrive. Le soleil annonce sa venue en colorant petit à petit les crêtes des montagnes alentours.
Ce matin, j’ai dormi jusqu’à très tard et empiété sur un après-midi bien entamé. Accoudé au rebord de ma fenêtre, une tasse de café très fort près de moi, je regarde le paysage : les herbes hautes du pré qui ondulent sous l’effet de la brise, le chien qui roupille sous la table du jardin, des pies qui voltigent au-dessus des pommiers fraîchement élagués, tous ensembles de choses qui rendent ce tableau, vivant mouvant et émouvant. Je ne sais pas si le paradis existe mais cela devait être le cas, j’espère de tout cœur qu’il puisse ressembler à tout ça. Mais une chose tout à coup me rend triste. Comme le dit Christopher Mc Candeless dans «  Into the Wild » un bonheur ne vaut rien si on ne peut pas le partager.
Ce soir j’appelle Olga.

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Rédigé par Jean-Michel

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Publié le 17 Février 2024

Incipit

Lecteur, cette aventure est littéralement impensée, aussi je passe par le mot pour l'inventer

 
Me voilà confondue avec une image ; cette image m'a choisie...
... Elle est intéressante sur un plan formel, plastique ; Étant neutre d'émotions envers elle je ne saurais la regarder autrement car elle attend que je la signifie et la renseigne. Donc cette image interpelle d'autres fonctionnalités chez moi... Mon esprit d'observation un peu particulier, ou le goût de l'étrange...
 
Le signifiant, La photo, l'Image, description ;
 
La photo est traversée de souffles contraires qui dessinent en filigranes les lignes directives du lieu. Dans un espace sombre un avant-plan vertical noir, au delà du sombre un mur gris que troue un fenestron repeint en blanc au bout duquel un cadre de fenêtre mal peint saigne d'un bleu sali ! Disons qu'un intérêt vital se trouverait derrière la vitre dépolie (ou serait-ce une image collée ), où une forme humaine délavée de bleu dans la lumière blafarde se signale. A cet instant précis, l'avant-plan personnage vertical noir réagit ; Un regard échangé entre eux deux, et une conversation muette et intense circule en accéléré, une connexion s'établit en un message codé. Urgence ou bien Interrogatoire ?
 
-Je vois, tu parles, je réponds, car je me re-connais... cette image est signifiée.
 
Transpercés comme par une lame en ces nanosecondes qui durent des siècles ces deux humains, au regard de ces paramètres improbables ont la conscience brutale de partager la même pensée !
 
Mais laquelle ?

Mérovée

 

- MEROVEE - En rêvassant Mérovée caresse le chrisme qu'il porte au cou et une onde intense lui parcourt le cerveau. Il se lève, piétine un nid de fourmis en hurlant, arrache sa tenue de travail et se quitte à l'instant même, atteint par l'acide formique il s'endort !!!

 
-Je rêve ou quoi, j'entends des bruits,cela n'a aucun sens, des gens sont en colère mais bon dieu cela fait des lustres que ça dure, que ça bugge et que ça gueule… je suis fatigué
Mérovée a un songe :
-Dans son rêve il marche, ou plutôt le monde marche pour lui car il atteint l'immobilité parfaite
-dans la rue descend en bataillon serré une armée de bouches qui n'ont plus de visage dans ce 'no-land', des bouches qui de concert vomissent en chœur une ventrée de mots de sons machinalement éructés et balancés à l'air, à la ville, à l'autorité.
-Des siècles et des siècles défilent sous ses paupières, rois, querelles intestines, parentèles toxiques qui s'étripent gaillardement depuis toujours ; et les même revendications, le même combat revient à la surface, peur, faim, quête du pouvoir et du territoire, violences, homicides, infanticides, séquestrations, chaise électrique, conflit sociétal et genré… de l'humain quoi !
-tel un essaim bourdonnant un carré de têtes noires se déploie dans un sens et puis dans un autre innovant une 'novlangue' réducteur de paroles scandées et ressassées.
-Dans son sommeil les images s'entrechoquent, la prise de Poitiers, les Sarrasins, les Burgondes et l'Austrasie, la guerre de Cent ans, Ravaillac et son bon roi de la poule au pot, le roi Soleil jouant avec Lulli encore des images, l'Esclavage et la traite des noirs, 1848, le Résorgimento Italien, la baie des cochons, le Vietnam / Vietkong et le communisme, le fascisme, Fukushi/Nagasaki, des tonnes d'images qui disent des tonnes d'histoires et la rengaine en boucle : j'ai peur, j'ai faim… famines, pestes, palu.., typhoide qui jonchent le chemin en des traces indélébiles, 1936 l'Espagne, les camps, les Afriques etc, etc, des images des histoires notre histoire
…......................................................................................................................................................
-Mérovée sous ses paupières closes entend tintinabuler le son grêle et pur d'une comptine enfantine … Il s'endort... Ils étaient trois petits enfants qui s' en allaient glaner aux champs aux champs aux champs
…......................................................................................................................................................
 
- BASSETERRE - - Hé.... un court-circuit, hé... c'est moi qui te regarde depuis mon bureau...
-c'est quoi ce court-jus ?
 
Soudain il étouffe dans le noir ; et l'humidité très vite lui suce la peau, il s'arrache le vêtement pour respirer un peu, tend les bras, trouve le mur a l'aveuglette le palpe en évalue les aspérités, les trous, le salpêtre, les moisissures, les glaviots qui dégoulinent et s'échappent de ses doigts
 
-Ça pue un max !!!
 
Une telle décomposition le prend à la gorge l'enveloppe et le tétanise ! Alors avec une rare violence il s'empare d'un manche qui traîne - pic ou merlin- ou je ne sais quoi encore et se met à cogner son mur frénétiquement, la chaux cloquée s'en échappe et dépoudre en laissant fuir son sable malodorant ; comme un piétinement de plusieurs corps en colère, à lui tout seul, Basseterre se démène rageusement, blanchi, aveuglé par les poussières et baignant dans son jus il se bouscule et atterrit dans la crasse ; il contemple son travail en souriant.

Horus

Basseterre
 
En avançant dans sa conquête du mur, Basseterre exhume de la blocaille des objets fort intéressants et insolites:une guimbarde, une poupée barbie, des pièces de monnaie en cuivre, une médaille dédiée à la sainte vierge, des bracelets en bakélite, des bagues en plastique de toutes couleurs...Des billes... une poche se détache promptement du lot avec un bruit mat il en jaillit de l'or, de l'antimoine et de la turquoise comme en un déploiement d' ailes vigoureux... sous son nez...il est tellement ému !
Subjugué et confondu il ne peut décrire ce phénomène ce bijou en l’occurrence plus...... précisément !!! dans un halo de poussières d'or il entend :
 

JE SUIS HORUS PROTECTEUR DE PHARAON CELUI QUI EST AU-DESSUS DE TOUT-

 
-Basseterre !... je t'ordonne en ces jours de Carnaval, je t'ordonne de me créer un masque d'orpiment par lequel je soufflerai à nouveau le fluide vital à la lumière de Aton-Reh......Et tout s'éteint. Alors qu'il est enfin arrivé à la pierre du mur et sur les genoux, il dégage encore la fenêtre et se jette à l'air libre de l'autre côté et il dit :
- Astre inconçu et puissant allié de Nout, suis-je en hypotypose ? Si tel n'est pas le cas, irradie mon humble personne et permet que j'offre à ta face sublime mes pauvres armes...
Ainsi il fait allégeance à Aton-Râ
Tel l'Oracle, la voix d'un historien célèbre lui parvient alors en ces mots :
 
- 'l'homme qui songe ne peut engendrer un art : ses mains sommeillent ;l'art se fait avec les mains.Elles sont l'instrument de la création mais d'abord l'organe de la connaissance'...Secoue-toi Oh... Basseterre et finis cette œuvre commencée : ce 'carré noir sur fond gris' que veut-tu en dire ?
 
enfin de l'autre côté du mur Basseterre prend de la distance et murmure tout bas : quel rapport entre ce mur et support/surface ou pop culture par exemple ???
 
Mérovée
 
Après des siècles et des siècles d'horreur, Mérovée ouvre un œil, baille les larmes aux yeux, s'étire et se lève ;
-tiens il n'y a plus de soleil... où est mon chrisme ensoleillé...Bah je le retrouverai plus tard, là je n'ai pas le temps de chercher...
-Mais que s'est-il passé ?
Il remet son vêtement et va au travail, il est l'heure...Mérovée est chef de chantier sur un site de rénovation du patrimoine
Ses potes à l'intérieur rassemblent les outils et font du net dans la pièce. On a bien travaillé ce matin, voilà un appareillage de pierres bien régulier, mur propre et convenable !
-Ça va les gars ?
- Rémi ! tu te mets sur les rejointoiements à vérifier et les ragréages au mortier sans oublier d'éponger sur l'humide...On garde le mur tel que, nous avons assez bossé dessus !
-Clotaire ! avec moi il faut dégager les sacs de gravats jusqu'au fourgon
...et c'est parti
…......................................................................................................................................................
Basseterre devient un carré noir sur fond gris car pour l'heure sa pensée a été occultée subitement...
 

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Rédigé par Marie-Thérèse

Publié dans #Ecrire sur des photos

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Publié le 17 Février 2024

Basseterre
 
En avançant dans sa conquête du mur, Basseterre exhume de la blocaille des objets fort intéressants et insolites:une guimbarde, une poupée barbie, des pièces de monnaie en cuivre, une médaille dédiée à la sainte vierge, des bracelets en bakélite, des bagues en plastique de toutes couleurs...Des billes... une poche se détache promptement du lot avec un bruit mat il en jaillit de l'or, de l'antimoine et de la turquoise comme en un déploiement d' ailes vigoureux... sous son nez...il est tellement ému !
Subjugué et confondu il ne peut décrire ce phénomène ce bijou en l’occurrence plus...... précisément !!! dans un halo de poussières d'or il entend :
 

JE SUIS HORUS PROTECTEUR DE PHARAON CELUI QUI EST AU-DESSUS DE TOUT-

 
-Basseterre !... je t'ordonne en ces jours de Carnaval, je t'ordonne de me créer un masque d'orpiment par lequel je soufflerai à nouveau le fluide vital à la lumière de Aton-Reh......Et tout s'éteint. Alors qu'il est enfin arrivé à la pierre du mur et sur les genoux, il dégage encore la fenêtre et se jette à l'air libre de l'autre côté et il dit :
- Astre inconçu et puissant allié de Nout, suis-je en hypotypose ? Si tel n'est pas le cas, irradie mon humble personne et permet que j'offre à ta face sublime mes pauvres armes...
Ainsi il fait allégeance à Aton-Râ
Tel l'Oracle, la voix d'un historien célèbre lui parvient alors en ces mots :
 
- 'l'homme qui songe ne peut engendrer un art : ses mains sommeillent ;l'art se fait avec les mains.Elles sont l'instrument de la création mais d'abord l'organe de la connaissance'...Secoue-toi Oh... Basseterre et finis cette œuvre commencée : ce 'carré noir sur fond gris' que veut-tu en dire ?
 
enfin de l'autre côté du mur Basseterre prend de la distance et murmure tout bas : quel rapport entre ce mur et support/surface ou pop culture par exemple ???
 
Mérovée
 
Après des siècles et des siècles d'horreur, Mérovée ouvre un œil, baille les larmes aux yeux, s'étire et se lève ;
-tiens il n'y a plus de soleil... où est mon chrisme ensoleillé...Bah je le retrouverai plus tard, là je n'ai pas le temps de chercher...
-Mais que s'est-il passé ?
Il remet son vêtement et va au travail, il est l'heure...Mérovée est chef de chantier sur un site de rénovation du patrimoine
Ses potes à l'intérieur rassemblent les outils et font du net dans la pièce. On a bien travaillé ce matin, voilà un appareillage de pierres bien régulier, mur propre et convenable !
-Ça va les gars ?
- Rémi ! tu te mets sur les rejointoiements à vérifier et les ragréages au mortier sans oublier d'éponger sur l'humide...On garde le mur tel que, nous avons assez bossé dessus !
-Clotaire ! avec moi il faut dégager les sacs de gravats jusqu'au fourgon
...et c'est parti
…......................................................................................................................................................
Basseterre devient un carré noir sur fond gris car pour l'heure sa pensée a été occultée subitement...
 

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Rédigé par Marie-Thérèse

Publié dans #Ecrire sur des photos

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Publié le 16 Février 2024

Mais qui est-il ?

Mais qui est-il ? D’où vient-il ? Affublé d’un accoutrement hors du commun, son attitude porte à confusion. Agressif ? Prêt à se défendre, je m’interroge car cet individu mystérieux m’interpelle.  Cette photo, trouvée parmi celles de famille ne peut pas être un personnage de fiction. Au dos, une date « juillet 87 » ! En examinant plus attentivement, les traits de son visage ne me paraissent pas totalement inconnus.  J’ai l’impression d’avoir déjà vu ce regard sombre et dur à la fois.  Quant à ses vêtements, en parti déchirés, dévoilent un corps assez musclé. Dans cette boite remplie à ras bord, je fouille, je retourne tous les documents pour chercher un indice mais rien…..

 

Cinéma

Une nouvelle photo m’interpelle ! Une tout autre époque ! Sûrement les années 30 du temps d’Al Capone. Messieurs et dames sont affublés d’un chapeau, beaucoup plus élégant tout de même. Néanmoins j’avoue ne pas trouver le point commun entre ces deux images datées du même jour. Je flotte dans le flou artistique le plus total. Réveille-toi et cherche, ne dit-on pas qui cherche trouve ? Comment accéder à des archives sur les évènements passés ? Internet au secours. L’écran défile année par année pour s’immobiliser sur 1987. Quelle chance ! Parmi les animations de juillet s’affiche « la semaine du cinéma » à tarif réduit. Deux séances dans la même journée. Mais oui bien sûr, suis-je bête ça ne pouvait n’être que ça !

Le masque

Intriguée par les raisons qui ont pu motiver à conserver ces photos aussi longtemps, je poursuis mes recherches. Sur l’étagère, juste derrière moi, un carton, plus volumineux, sur lequel on peut lire « ne pas toucher ». Bien évidemment je suis troublée mais surtout curieuse. Après tout je suis seule, allons y. Et me voilà debout sur une chaise brinquebalante les bras en l’air essayant de braver l’interdit. Visiblement perché bien plus haut que ce que je ne pensais, j’ai du mal à atteindre le colis. Je me hisse sur la pointe des pieds en étirant mon bras à en faire craquer mes os. Mes doigts gesticulent nerveusement dans tous les sens, cherchant un angle d’attaque pour le faire basculer. Quand j’arrive enfin à l’empoigner, des effluves de poussière ancienne me chatouillent les narines et me font éternuer. Sûrement emballé depuis le siècle dernier ! A l’intérieur, quelques petits paquets soigneusement enveloppés d’un papier de soie. D’une main j’entrouvre fébrilement le premier et, sous le bruissement soyeux de l’emballage, l’objet se dévoile.

Un masque ! Bizarre ! Aurait-il un lien quelconque avec l’un des deux films ou serait-ce seulement le souvenir d’un voyage lointain ? J’effleure ce mystérieux visage aux contours vieillis par le temps.  Un ovale presque parfait qui semble raconter une histoire vécue. Je m’approche comme s’il devait me susurrer quelques secrets. Je savoure cette découverte et je me surprends à caresser ce visage orné d’éclats de céramique vernis disposés en quinconce. Cette mosaïque, qui évoque les créations artistiques du parc GUËL à Barcelone, me fascine.  Diapré de vert et de jaune en contrastes, ces couleurs reflètent l’intensité de la lumière naturelle. Au travers de ses yeux béants, surlignés de sourcils affinés, je perçois une certaine tristesse.

 

Mon index frôle l’arrête de ce nez aquilin paré de deux demi-sphères qui lui confèrent un modelé plus harmonieux. Son sourire, figé, me téléporte à Rome devant la « Bocca della Verità », masque de marbre qui trône dans le pronaos de la Basilique de Santa Maria in Cosmedin depuis 1632. Selon la légende cette bouche pouvait mordre la main des menteurs !

Je me souviens de mon hésitation avant d’y insérer craintivement la mienne et le frisson ressenti le long de mon échine, j’en trésaille encore. Les images de mon escapade romaine défilent lorsque, perdue dans mes pensées, je discerne soudain le faible cliquetis d’une clé dans la serrure.  Je sursaute au grincement de la porte qui s’ouvre et, d’un bond, je m’active pour éclipser toute trace de mon infraction. L’aventure se termine mais, ce n’est que partie remise, il me faudra poursuivre mes investigations rocambolesques.

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Rédigé par Christiane

Publié dans #Ecrire sur des photos

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