ecologie et environnement

Publié le 22 Octobre 2018

Le 10 octobre 2050, l'institut médico-chirurgical Karolin de Stockholm porta à la connaissance du public qu’il décernait le prix Nobel de médecine à la Professeure Geneviève Genet pour ses travaux sur le génome humain.

Le lendemain, Le Monde y consacra un long article. Voici les principaux extraits :

« Ce n’est pas courant que cette distinction soit décernée à une Française. Le choix effectué n’est pourtant pas une surprise. La Professeure Geneviève Genet, généticienne connue, a en effet apporté une solution à deux problèmes majeurs de notre civilisation.

Le premier combat se joua sur le front du réchauffement climatique. La Professeure Genet avait dans un premier temps déterminé les endroits les plus chauds de la planète. Elle s’est ensuite rendue en Australie, en Libye, en Iran, au Koweït, au Pakistan, en Éthiopie et en Israël pour faire des prélèvements d’ADN des habitants de ces régions où la température ambiante est particulièrement élevée. Elle a ensuite procédé au décryptage des plusieurs milliers d’échantillons pris. En en croisant les résultats, elle a pu isoler le gène Chla qu’elle trouva dans le génome de quasiment tous les habitants des régions qui enregistraient traditionnellement des chaleurs élevées, tandis qu’il est absent du génome des habitants des régions à température jadis modérée. Utilisant la technique maintenant bien maîtrisée de la transgenèse, elle a ensuite détaché le gène identifié de son support naturel pour le transférer dans le génome de souris. Ceci lui a permis d'en étudier la fonction, le fonctionnement et le rôle. Ses recherches confirmaient son hypothèse de départ : les peuples habitant des régions traditionnellement chaudes sont munis d’un gène leur permettant de mieux supporter la chaleur.

Tirant les conséquences de ses recherches, la Professeure proposa alors de transplanter ce gène dans le génome des personnes qui en sont dépourvues. Une longue bataille politico-juridique, largement commentée et alimentée par les médias, commença alors. Certains invoquaient la Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l'homme adoptée en 1997 au sein de l'UNESCO. Selon eux, compléter le génome par un gène étranger serait une pratique contraire à la dignité humaine. D’autres rétorquaient que cette déclaration, qui datait de plus d’un demi-siècle, n’était plus du tout adaptée à l’avancement des sciences. Puis, ils ajoutaient que cette déclaration n’était pas contraignante, qu’il ne s’agissait pas d’un traité qui aurait lié ses signataires. D’autres encore spéculaient sur la brevetabilité de ce procédé. La première demande de brevet, déposée par la Professeure elle-même, avait été refusée. Un procès est pendant à ce sujet. Créant un précédent, le verdict des juges est attendu avec impatience. Des manifestations pour et contre la transplantation du gène avaient eu lieu dans le monde entier, avec quelques débordements dus surtout à la chaleur dont souffraient les manifestants.

Avec le réchauffement constant de la planète et la réduction, pour ne pas dire l’effondrement de l’espérance de vie, l’opinion publique s’est finalement ralliée très majoritairement à l’autorisation de la transplantation. Un traité international posa quelques principes et régla les détails pratiques. La porte était ainsi ouverte à l’implantation de ce gène à toutes les personnes qui n’en avaient pas. L’homme génétiquement modifié était né ou plutôt construit. Cette mesure reste toutefois facultative pour les populations, mais, en France, elle est remboursée par la Sécurité sociale, même si ne pas disposer de ce gène naturellement n’est pas exactement une maladie. La question avait déjà été soulevée au sujet de la pilule contraceptive. A l’époque, au siècle dernier, la loi fut modifiée pour que les caisses puissent rembourser la pilule contraceptive et l’avortement.

Lorsque la transplantation de ce gène fut enfin autorisée, la Professeure s’était déjà orientée vers un autre projet de recherche, projet largement financé par l’industrie automobile. Elle s’était attaquée aux nanoparticules ultrafines émises par les moteurs diesel. Comme nous le savons tous, les leaders politique du monde entier baissent les bras devant le lobby tout puissant de l’industrie automobile. La Professeure a alors utilisé une méthode similaire à celle employée pour le gène Chla. Elle a choisi des personnes réunissant deux critères. Elles devaient habiter dans des endroits très pollués par la circulation automobile et avoir atteint un âge plutôt exceptionnel, c’est-à-dire avoir plus de 50 ans. Pour que des particularités régionales des populations ne perturbent pas les résultats de ses recherches, elle a, là aussi, fait des prélèvements dans le monde entier. De nouveau, la Professeure Genet avait pu isoler un gène. Celui-ci, le gène Dsli, semblait protéger ses porteurs du cancer des poumons. Le génie génétique lui avait ensuite permis de corroborer son hypothèse et de trouver la méthode de transplantation la plus adéquate. Cette fois-ci, la bataille politico-juridique, et surtout médiatique, était gagnée d’avance. Comme les effets bénéfiques sur la santé des transplantations du gène Chla, ou gène de la chaleur, comme on l’appelait, étaient avérés, la modification génétique pour tous dans le sens d’une meilleure résistance aux nanoparticules ultrafines fut autorisée rapidement. Depuis, la courbe de longévité a pris un nouvel essor. L’attribution de ce prix Nobel à la Professeure Genet correspond donc bien à la condition qu’Alfred Nobel avait posée dans son testament. Il souhaitait que soient récompensés des chercheurs qui « auront apporté les plus grands bienfaits à l'humanité » ».

Dernière minute : on vient d’apprendre que le prix Nobel de l’économie va à l’Américain Amadé Smith pour sa modélisation des conséquences de l’augmentation de l’espérance de vie sur l’équilibre financier des caisses de retraite.

Voir les commentaires

Rédigé par Iliola

Publié dans #Écologie et environnement

Repost0

Publié le 18 Octobre 2018

Je vais vous raconter ce que d’autres commenceraient par « Il était une fois », moi je vous dirais plutôt : connaissez-vous Nimbus ?

Les enfants, bouche bée, buvaient les paroles du conteur aux cheveux blancs. Seuls quelques timides nooon ! s’élevèrent dans la salle.

Et bien, je vais vous expliquer.

 

Nimbus est un petit nuage. Vous savez ces petits nuages que l’on voit de temps en temps. Lorsque j’étais jeune, c'est-à-dire il y a très longtemps, on ne les voyait plus. Le soleil les avait chassés très loin, ils ne pouvaient plus redescendre. Canicule la terrible écrasait de chaleur la terre, les hommes transpiraient, souffraient, avaient du mal à respirer. La terre se craquelait, les récoltes s’étouffaient par manque d’eau. Canicule s’en moquait, elle avait chassé Nimbus. Heureusement maintenant ça n’existe plus. Je vais vous dire pourquoi.

 

Nimbus avait toujours trouvé le moyen de se moquer de Canicule. Il traînait haut au-dessus des montagnes et la nuit il s’approchait des lacs pour caresser Fiska la truite qui prenait le frais près de la surface. Si vous saviez comme ils s’entendaient ces deux-là !

Mais voilà, Canicule n’aimait pas que l’on se moque d’elle. Elle a atteint les lacs d’altitude et l’eau s’est évaporée. Le niveau a baissé, baissé. A tel point que Fiska s’est retrouvée suspendue sur un rocher près du fond du lac, mais hors de l’eau.

Nimbus a tout de suite compris le danger de la situation. Il a essayé de soulever la truite, mais elle était trop lourde pour lui. Alors il s’est révolté.

Il grimpa haut, très haut. Alla chercher ses amis Cirrus, Stratus, Altocumulus, Cumulonimbus et tous ensemble ils redescendirent la nuit et déversèrent plein d’eau dans le lac.

Orages, tonnerre, éclairs, foudre, pluie torrentielle firent peur à Canicule qui s’en alla.

Fiska ouvrit les yeux, elle flottait dans son lac.

Folle de joie elle plongea, remonta à la surface, sauta hors de l’eau et recommença à s’amuser avec son ami Nimbus qu’elle ne remercierait jamais assez.

Depuis, tout est redevenu normal. Les saisons se succèdent et l’on apprécie toujours autant le soleil d’été, mais pas Canicule la terrible !

Faites attention les enfants à ce que Canicule ne revienne jamais. Parlez-en à vos parents, eux ils sauront quoi faire.

Voir les commentaires

Rédigé par Gérald

Publié dans #Écologie et environnement

Repost0

Publié le 18 Octobre 2018

La ‘‘Grande Endormeuse’’ a surgi comme par enchantement un soir d'orage...

On a vu des éclairs avec des yeux et des doigts fourchus ricaner, partir par intermittence d'ondées, revenir de plus belle, puis dans un immense fracas, la créature s'est posée en fendant de haut en bas le plus vieux platane de la ville. Celui qui abritait les étourneaux lors de leur passage.

Les jours qui suivent sont tristes, les rivières débordent, des incendies se déclenchent sans raison. Les humains et les animaux rapetissent.

Dans les champs malades de pesticides, la terre devient un étang boueux, les fleurs sèchent. Les ‘‘Volants’’, nos amies les abeilles devenues folles, forment une masse comme un boulet de canon prête à exploser.

Une fois, l'astre du jour ne se coucha pas, bizarre ...

Une force extraordinaire réchauffe la terre.

Une confrontation épouvantable a lieu entre Machiavella et le Soleil, cela ne dure pas longtemps.

Au petit matin, tout le monde merveilleux des ‘‘Minimoys’’ que nous sommes devenus, retrouve sa taille. Les coccinelles restent petites, un point noir s’ajoute aux autres, elles grandissent d'un coup ...

Mais la nature n'a pas repris ses droits, les gardiens des ruches, les ‘‘Apiculteurs’’ se désolent ; plus de miel ! La Reine des abeilles n'a plus de pouvoir sur ses sujets.

Les arbres brûlés par des incendies laissent un paysage triste, les écureuils ne savent plus où grimper et tournent en rond.

-  La fin du monde est proche, dit le vieux paysan en tirant sur sa pipe…

 

Sophie rêve.

-  Où es tu mon cœur ? demande-elle en cherchant sa peluche.

Il faut dire que le temps des sourires, des grattouilles et autres cajoleries dont nous, les "Petits" étions friands, a bien changé.

Dans le monde de demain que deviendront les plus faibles ? Encore plus maigres, comme ces bébés africains squelettiques ? Avec des malformations dues à l'évaporation de produits chimiques, comme en Bretagne où des bébés naissent sans bras ?

Ou bien périront-ils dans des massacres entre pauvres, clochards ou autres sans le sou comme ces retraités ayant travaillé toute leur vie pour une pension de misère, ou ces étudiants courageux qui sont réduits à faire les poubelles ?

Réjouissons-nous dans le présent des choses qui nous ravissent, qu'est-ce que demain nous réserve… ?

 

Voir les commentaires

Rédigé par Dominique

Publié dans #Écologie et environnement

Repost0

Publié le 17 Octobre 2018

Aujourd’hui, le silence règne sur la Terre. Non parce qu’il n’y a plus de bruit, non ! Les oiseaux continuent de piailler, les avions de rugir, les divers moyens de transport de vrombir. La vie produit des sons en pagaille mais plus personne ne les entend.

 

Tout a commencé au début du XXIe siècle. A cette époque, les gens prirent l’habitude de se balader en baladeurs, se fermant, ainsi que leurs oreilles, au fracas du monde. Des écouteurs diffusaient en continu, ou presque, des musiques choisies par leurs auditeurs qui se laissaient emporter loin de l’instant présent. Ils traversaient ainsi les lieux et le temps, oublieux de leur environnement immédiat.

Déconnectées de ce monde, isolées dans le leur, focalisées sur les vibrations déversées sur leurs tympans, les oreilles ont entamé leur mutation. Pourquoi ouvrir grand son pavillon si c’est pour ne recueillir que des sons minuscules ? se sont-elles demandé.

Frustrées de ne pouvoir capter brouhaha et murmures, cris et chuchotements, gazouillis et gémissements, rires et pleurs, les oreilles se sont concentrées sur les seuls sons qu’on leur autorisait. Les pavillons ont rétréci, les grandes oreilles en feuilles de chou ont disparu à l’instar de l’homme à la tête de chou (fin XXe). Les lobes, atrophiés, ont entraîné la disparition de ces jolis bijoux anciens appelés boucles d’oreille.

 

Aujourd’hui, plus d’oreilles pour encadrer le visage. Saviez-vous qu’elles servaient aussi à retenir les branches de lunettes posées sur le nez ? Maintenant, les lunettes ont rejoint les boucles d’oreille dans les musées ; les visiogènes au carotène implantés à l’arrière de la cornée permettent une vision parfaite tout au long de la vie. Mais les oreilles, elles, privées des bruits du monde durant des décennies, ne captent plus que les sons électroniques par le truchement de sondes insérées dans ce qui reste de leur conduit auditif. La musique est devenue synthétique car plus personne n’est capable de l’entendre de manière naturelle et par conséquent de la reproduire, voire de la créer. Les algorithmes rythment les partitions que de virtuels orchestres déchiffrent.

 

Aujourd’hui, le silence règne sur la Terre. Et les oiseaux s’envolent, les avions décollent, les moyens de transport roulent… sans un bruit. Les gens déambulent, se croisent, se saluent d’un sourire vague.

Car en perdant l’ouïe, nous avons aussi perdu la parole, alors, si vous voulez nous entendre, lisez-nous...

Voir les commentaires

Rédigé par Mado

Publié dans #Écologie et environnement

Repost0

Publié le 17 Octobre 2018

Écoutez, écoutez les enfants je vais vous raconter ! C’est ainsi que notre gouvernante nous appelait pour nous parler du temps jadis. En ce temps là, disait-elle, il y avait des livres où l’on apprenait des mots. Des mots, des verbes qui nous faisaient rêver. C’est ainsi qu’un jour elle nous parla de l’amour.

L’amour était un mot magique qui permettait à deux êtres humains de se rencontrer de s’unir et ainsi avoir des enfants.

Pour nous c’était un conte merveilleux, nous qui étions nés dans des tubes à essai ; elle nous parlait des prémices, des poèmes, d’un monde aujourd’hui disparu derrière les écrans des appareils électroniques.

Oui, aujourd’hui l’homme et la femme échangent leurs sentiments à travers des SMS, des mails sans jamais se rencontrer. Un système de livraison à domicile permet – sous contrôle judiciaire et médical – à une femme, dès la réception d’une éprouvette préalablement conditionnée en laboratoire, d’avoir un enfant. Monde de solitude où les hommes et les femmes vivent séparés. Pour limiter les naissances, ainsi en avaient décidé nos dirigeants.

 

C’est pour cela que je ne manquais jamais les récits de notre gouvernante qui nous racontait des contes merveilleux qui, pour nous, enfants de l’an 3000, étaient un peu comme de la préhisscience-fiction. Il suffisait d’ouvrir le livre, un dictionnaire, pièce précieuse, une antiquité qu’elle possédait, dans lequel à chaque page nous découvrions des mots aujourd’hui disparus.

Amitié, échange, solidarité, sincérité, fraternité et aussi liberté, tous ces mots sonnaient à nos oreilles comme des histoires pour enfants sages. Des contes merveilleux que notre gouvernante, issue elle-même d’une éprouvette, avait appris de sa maman.

Imaginez le mot Amitié ; quand elle le prononçait nous avions l’impression d’entendre une musique symphonique.

Souvent nous lui demandions : « épelle-nous un mot »

Alors elle nous racontait, le monde des voyelles et des consonnes. Les vingt six lettres de l’alphabet qui permettaient de s’exprimer. Le monde d’aujourd’hui ne résonne que des cliquetis des claviers et dans les yeux des enfants ne brille que la lumière des écrans bleutés.

Ce jour là, je me suis surpris à crier :

« Dessine moi un mouton !»

Voir les commentaires

Rédigé par Benard

Publié dans #Écologie et environnement

Repost0

Publié le 17 Octobre 2018

Une crise politique sans précédent secoue la planète. Les humains se divisent en deux camps, les pro et les anti pluie. Ils s’affrontent de plus en plus fréquemment un peu partout sur Terre.

Pour contrer cette vague de violence, la Commission Universelle est réunie en Congrès exceptionnel depuis deux jours. Rappelons qu’il s’agit de la plus haute instance de régulation de la vie sur Terre, composée de personnalités scientifiques et politiques issues du nouvel ONU (Ordre Nouveau Universel) instauré en 2020 pour tenter de sauver la planète d’une faillite annoncée en raison des agissements irraisonnés des générations précédentes.

Le monde retient son souffle ; la trêve est jusqu’à présent respectée. On attend de la Commission des Résolutions et innovations aussi radicales que par le passé. Citons pour mémoire l’abandon définitif du pétrole, au profit des biocarburants végétaux et animaux, qui a mis fin à la pollution atmosphérique, la fin de l’habitat individuel amorcé en 2035, qui a permis de donner un toit à chacun des vingt milliards d’humains qui peuplent la planète, l’adoption de l’eau de synthèse en 2036, qui a éradiqué la soif dans le monde et les sécheresses, ou encore, pour ce qui nous concerne aujourd’hui, la domestication de la Météo, immense chantier entrepris depuis 2037 et dont les premiers effets se font déjà ressentir.

En effet, depuis maintenant deux ans, chaque portion de la planète bénéficie d’un climat tempéré alternant les quatre saisons par roulement ; quand le printemps s’annonce en Europe, c’est déjà l’hiver aux Amériques et l’Asie profite d’un été radieux. On a déjà pu voir revenir la neige au cœur du Sahara et les pôles refleurir. Depuis la domestication du climat et l’adoption de l’eau de synthèse, la pluie du ciel, devenue totalement inutile, n’est plus programmée par Météo Monde, l’organe régulateur du climat.

Dans chaque pays, le secteur hôtelier bénéficie pleinement de ce nouvel état d’ensoleillement perpétuel. Les stations balnéaires et touristiques se multiplient et empiètent sur les zones urbaines et agricoles. Certains villages-vacances sont peu à peu devenus de véritables cités, voire des métropoles comme dans le sud-est français, au détriment des autochtones condamnés à se retirer au fond de vallées reculées, froides et obscures, avec tous les problèmes quotidiens liés à la distance, dans l’attente impatiente de moyens de télétransportation fiables.

Effectivement, le « beau temps » (comme on disait avant) ne fait pas que des heureux. Le secteur agricole est en pleine ébullition : l’arrêt des pluies nécessite des travaux permanents d’arrosage à l’eau de synthèse qui restent pénibles et coûteux, ce qui a entraîné la flambée des prix agricoles que l’on connaît. Elle touche plus particulièrement les plus défavorisés (en attendant l’adoption du Revenu Unique dont la mise en place se révèle plus compliquée que prévu). On assiste donc depuis quelques semaines à des pétitions et contre-pétitions rassemblant des milliards de signatures, à des joutes mondovisées rivalisant d’arguments et contre-arguments, et à des soulèvements populaires qui se terminent trop souvent en affrontements violents.

Alors, pluie ou pas pluie ? Et si oui, selon quelles modalités géographiques et périodiques ? La question reste entière. La réponse repose sur les épaules de nos Commissaires Universels. Espérons en une Résolution de l’ONU aussi sage que les précédentes et qui mettra fin à cette période noire de notre histoire du Temps.

Voir les commentaires

Rédigé par Benoit

Publié dans #Écologie et environnement

Repost0

Publié le 17 Octobre 2018

Edwin Drake ingénieur de la compagnie des chemins de fer de Pennsylvanie avait mis au point un système ingénieux de forage permettant par un mouvement à bascule sans fin de percer tous les sols jusqu’à une profondeur inégalée à ce jour. Un liquide noirâtre, visqueux avait jailli de ses forages. Il pensait avoir trouvé la solution pour l’énergie des siècles à venir.

Ah ! Prétention humaine ! Le pétrole sera vite abandonné. Trop polluant, trop instable. Seules ses fonctions ancestrales liées à l’éclairage continueront à être exploitées.

 

Une autre découverte avait fait moins de bruit et pourtant…

Cette drôle d’invention, modeste, axée sur l’attirance et le rejet de deux masses allait révolutionner le monde.

L’aimant et ses champs magnétiques étaient nés.

Michael Faraday, époux de la bouillante Ernestine, réfléchissait sur le mouvement naturel qu’il venait de créer.

Il suffisait de modifier le magnétisme de deux pôles, un « plus » et un « moins » pour créer un déplacement.

Sa première idée fut d’installer un « plus » à l’avant d’une calèche et un « moins » à l’arrière pour assurer le mouvement de l’engin.

Adieu chevaux, écuries, corvées de foin et de crottin. Il voyait déjà les avantages de sa découverte appliquées à l’utilisation des attelages dans les grandes villes.

Comme tout chercheur, le côté rêveur n’était pas le trait le plus mince de sa personnalité.

Mais Michael avait épousé une femme ayant bien les pieds sur terre.

-Au lieu de rêvasser à tes engins diaboliques tu ferais mieux de réfléchir à nous trouver un chauffage qui éliminera le charbon de notre existence !

-Le jour où tu découvriras une énergie propre, alors là oui ! Tu auras découvert quelque chose !

Ernestine n’arrêtait pas de fulminer contre le charbon qui polluait tout.

Indispensable pour le chauffage, cette énergie empestait l’atmosphère, tachait le linge qui séchait sur les fils, retombait des cheminées et pénétrait dans chaque maison dès que l’on ouvrait les fenêtres.

 

Nous étions en plein été et Michael, contrarié des remarques incessantes de son épouse, décida de rejoindre un bistrot de la vieille ville qui lui plaisait particulièrement.

Le patron, gouailleur à souhait, le faisait rire et lui permettait de se changer les idées.

Ce jour là, attablé face à son verre de bière, il écoutait les dernières trouvailles du bistrotier.

-Ici l’apéro est un verre de contact et tout devient plus clair, disait-il aux nouveaux arrivants.

Quelques secondes plus tard, deux costauds livraient des paquets de glace :

-« directement de la montagne » pour votre plaisir messieurs.

-Toi qui trouve tout Michael, voilà ce qu’il faut trouver : on peut stocker de la glace et l’utiliser quand il fait chaud et on ne peut pas stocker du chaud et le redistribuer lorsqu’il fait froid ! Le soleil est présent plus d’une moitié de l’année, il devrait chauffer l’autre moitié où la météo est plus mauvaise.

 

Et voilà le grain de sable qui a tout précipité !

Michael imagina un système qui, avec un miroir, renvoyait la chaleur du soleil vers des barres de fer entreposées au sous sol de sa maison. La chaleur ainsi emmagasinée était stockée, conservée sous la protection d’un pôle « plus » de ses aimants. Pour la distribuer ensuite vers les différentes pièces munies de pôles « moins » il suffisait d’inverser le sens d’attirance des aimants.

Cette invention révolutionna le monde. Aujourd’hui encore on en a oublié l’origine !

 

L’automne s’engage dans l’été. Les branches dénudées griffent désespérément le ciel dans l’attente d’un nouveau feuillage. Sur les boulevards, les voitures glissent en silence, actionnées par ces satanés aimants.

Les frimas commencent à s’installer.

Ernestine, installée dans un fauteuil, coud au salon, regarde au dessus de ses lunettes son « Géo trouve-tout » de mari.

-Michael, tu devrais inverser la manette de ton système. Il fait un peu frisquet tu ne trouves pas ?

 

Voir les commentaires

Rédigé par Gérald

Publié dans #Écologie et environnement

Repost0

Publié le 11 Octobre 2018

Mesdames ; Mesdemoiselles, Messieurs, bienvenue à cette conférence sur une période sombre et peu connue de notre histoire humaine.

Pour bien comprendre le monde actuel, notre mode de vie, il nous faut remonter dans le passé, au 15° siècle par exemple, et même au temps des pyramides, pour le sujet qui nous concerne aujourd’hui.

Depuis la nuit des temps, l’homme a cherché à apprivoiser la courbe, allant même jusqu’à vouloir dompter le Cercle. Bien sûr, les astres sphériques, la sainte courbe du soleil autour de notre Terre. Bien sûr l’arrondi d’une colline ou le méandre du fleuve. Mais ces éléments sont bien entendu d’ordre divin ; rien à voir avec le galbe d’une jambe ou le voûté du vieillard ! Nous autres ne sommes que de pauvres créatures tellement imparfaites au regard de la divine Nature.

Et pourtant, il y a de cela des milliers d’années, l’Homme a accompli le sacrilège de copier le cercle solaire en inventant la « roue ». Et dans quel but hérétique ? Transporter sans effort des rocs pour bâtir des pyramides afin, summum de la prétention humaine, d’élever leurs rois défunts vers le divin.

Il faut bien reconnaître que la roue se révéla à l’époque fort pratique : elle permit un développement technologique sans précédent et apporta à l’Homme un niveau de confort totalement indécent au regard de sa place dans la Nature. Mais je ne rentrerai pas dans les détails pour épargner les jeunes oreilles ici présentes.

Revenons maintenant au 15° siècle. Des fanatiques hérétiques ont imaginé et voulu prouver que, excusez le terme, « la Terre est ronde » ; quelle idée ! Comme si notre misérable monde pouvait se hausser au niveau des astres divins ! La théorie en question aurait pu passer inaperçue dans l’histoire humaine si un roi portugais ne s’était laissé convaincre par le discours fougueux de certains hérétiques parvenus à infiltrer les plus hautes instances de la Science. Ce roi finança alors une folle expédition maritime destinée à prouver que « la Terre est ronde ». En 1492, trois frêles caravelles prirent solennellement la mer, par l’ouest, avec la folle intention de revenir à bon port par l’est.

Bien entendu les embarcations disparurent à l’horizon, finirent par chuter au Bout du Monde et ne revinrent jamais. Le roi du Portugal, vexé et furieux d’avoir ainsi été foulé, fit crucifier les pseudo-scientifiques hérétiques et interdit à tout jamais « la Chose Ronde », c’est-à-dire la fabrication d’objets sphériques, tubulaires ou circulaires. Ces actes de foi furent bientôt suivis par les autres monarques de l’époque. Voilà pourquoi la période de l’histoire humaine allant jusqu’à 1492 est appelée « Rondolithique » alors qu’après cette date symbolique on parle de « Platolithique ».

Les objets et machines sacrilèges inventés durant la période Rondolithique ont été rapidement démantelés par les pouvoirs publics mais certains ont pu échapper à la destruction et nous possédons quelques beaux spécimens dans les caves du Musée des Arts et Métiers de Paris. Ils ne sont bien sûr pas exposés au public mais j’ai pu observer par exemple la « charrette à bras » et ses successeurs « charrette à bœufs » et « charrette à cheval », représentants caractéristiques des « véhicules à roues ». Même si nous en savons peu sur leur usage, il semble que la roue permettait le transport de charges lourdes à peu d’effort ainsi que des déplacements plus rapides. Quel sacrilège !

J’ai pu observer aussi le curieux « sac de billes ». Ce dernier est à mon sens significatif du degré de perversion de l’époque : un jeu à base de sphères diverses représentant un système astral ; comment ne pas se croire Dieu parmi les Dieux quand on tient l’univers au creux de la main, qu’on peut bousculer l’Ordre Universel d’un simple lâcher de billes ! Les jeux de ce type ne pouvaient qu’être imaginés pour manipuler et conditionner les enfants dès leurs plus jeunes années.

Heureusement pour l’Humanité, aujourd’hui l’Homme marche simplement sur ses deux jambes et porte ce qu’il peut de ses deux bras, comme le font les autres créatures terrestres. La Nature est bien faite, respectons-la et gardons-nous bien de la tentation de la dompter ou d’échapper à notre condition.

Je vous remercie de votre attention.

Voir les commentaires

Rédigé par Benoit

Publié dans #Écologie et environnement

Repost0

Publié le 11 Octobre 2018

Gavrilo Princip, arrivé depuis peu à Sarajevo, avait pour mission d'assassiner l'empereur François Joseph et son épouse Sophie. Mêlé à la foule, il était prêt, sûr de ses convictions. Mais voilà, devant la beauté de la duchesse Sophie, son bras fléchit et il cacha vite son arme.

Le cortège passa, Gavrilo Princip ne savait pas qu'à cet instant précis, il venait de sauver la vie de millions d'hommes jeunes de toute l'Europe: " La guerre de 14 n'aura pas lieu" et la face du monde gardera ses traditions.

La France rurale continue de vivre forte de sa jeunesse. L'industrie, bien sûr, progresse lentement, attirant dans les villes quelques aventuriers qui délaissent leur village. Certains parlent d'exode ; ils exagèrent, je vois bien dans notre village, on est tous là.

Moi, je suis fils de paysan et paysan moi même ; j'ai eu 20 ans en 1914, je suis parti, comme tous mes amis, faire mon service militaire pendant trois ans. J'étais fier d'être de la classe 1914 et en même temps j'étais angoissé, je partais pour la première fois loin de ma famille de mes amis. Je garde un très bon souvenir de cette époque, je ne connaissais pas Verdun – oui c'est là que j'ai passé mes trois ans sous les drapeaux. Aujourd'hui c'est le 11 novembre nous fêtons la Saint-Martin, patron du village, lui qui a partagé son manteau, signe fort de l'amitié entre les hommes. Sur la place du village est érigé un monument à sa gloire, la vie s'écoule au rythme des saisons. Parfois des orateurs viennent nous faire des discours sur la nouvelle politique d'un certain Jean Jaurès, du socialisme, qu'ils appellent. Je ne sais vraiment pas si ça prendra, n'empêche qu'il a un franc succès ; l'Humanité, journal communiste, titre en première page : " Ils ont écouté Jaurès" ; lui qui proclame : "il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir".

"Tout homme qui se tient debout est le plus beau des monuments."

Quoi ? Qu'est ce qui se passe ?

Je suis dans un trou d'obus, mon ventre me fait mal. Je saigne ! Mon village est loin, non je ne peux pas mourir, je n'ai que 20 ans. Ils avaient dit : à Berlin ! et moi je suis là dans ce trou et je me vide de mon sang. Pourquoi, Gravilo, tu n'as pas succombé à la beauté de la duchesse Sophie ? Moi, je ne t'avais rien fait. Doucement je sens ma vie partir... Que restera-t-il de moi ? Un nom sur le monument aux morts de la place du village, qui remplacera celui de Saint-Martin.

Ma capote couleur de terre m'enveloppe comme un linceul, j'étais fils de paysan comme des millions de frères. Adieu !

Mon monde s'enfonce dans la terre comme moi je disparais, je laisse la place à un nouveau monde celui de l'industrie, celui de la bureaucratie. Et toi, ma femme, je te laisse sans avoir connu le bonheur de vivre à tes cotés. Demain, habillée de noir, tu seras ma veuve, celle dont le mari est inscrit sur le monument ; personne ne trouvera à te redire, tu portes l'enfant d'un héros.

Mon enfant, c'est à toi que je pense tout au fond de ce trou où mon sang se mélange à cette terre d'Argonne. J'aurais voulu que Gavrilo Princip te connaisse avant son geste. Pourquoi ? Pour qui a-t-il tiré sur le couple impérial ?

Pan pan ! Deux sons brefs dans le ciel de Sarajevo, deux secondes qui vont s'éterniser pendant quatre ans faisant disparaître dix-huit millions de jeunes. Moi, j'étais fils de paysan et paysan moi même, je venais d'avoir 20 ans. Sur la place de mon village est érigé le monument aux morts où est inscrit le nom de mes amis, le mien " morts pour la France". Fini la fête de Saint-Martin. Le 11 novembre sera désormais le souvenir, le deuil de la France. Avec moi et mes amis se meurent nos village ; plus personne pour travailler la terre... La ville, comme un miroir aux alouettes, attire les derniers bras valides, le monde d'hier vient de s'écrouler.

Voir les commentaires

Rédigé par Bernard

Publié dans #Écologie et environnement

Repost0

Publié le 11 Octobre 2018

C’était en 1985, un homme, Charles Bourseul, de métier télégraphe avait eu l’idée de mettre au point un appareil servant à diffuser la voix humaine. Il avait même écrit un mémoire à ce sujet « Transmission électrique de la parole ». C’était prometteur, mais lorsqu’il présenta ce mémoire à sa Direction, celle-ci ne voulut « rien entendre » et lui conseilla de rester à sa place, ce qu’il fit. C’en était fini de son rêve et les ébauches de cette invention sont restées « lettre morte ».

On devrait désormais se contenter des « bip-bip » des télex, de l’alphabet morse pour les opérations d’urgence et –comment dire ?- du « do it yourself », cher à une nouvelle génération décidée à s’en sortir seule ?

Dans les plaines reculées d’Amérique du Nord, les tribus indiennes continueraient à envoyer leurs signaux de fumée. Dans les ruelles étroites du Vieux Nice, il suffirait d’ouvrir les fenêtres et de brailler pour faire passer ce que l’on avait à dire. Dans les villages, les crieurs faisaient office d’informateurs fidèles.

Mais aujourd’hui ?

Aujourd’hui on peut sortir de chez soi sans vérifier deux fois si on a bien pris son téléphone.

On peut parler entre amis bien réels, même au restaurant.

On ne « like » pas quelque chose ou quelqu’un, on lui dit qu’on a apprécié en le regardant.

On a un réseau social bien vivant, en chair et en os autour de nous et tant pis si l’on n’a pas 357 « amis » qui pourraient éventuellement savoir où on est et ce que l’on a mangé à midi.

Bref, on n’a pas besoin d’un chargeur pour communiquer.

Quand on va faire les courses, on n’a pas besoin d’appeler la maison pour savoir si c’est le paquet bleu ou le paquet jaune qu’il faut prendre.

Quand on rencontre un pote, il ne nous demande pas, avant toute chose, « T’es où ? »

On peut même se serrer la main, il n’y a pas d’objet « Grand Solliciteur Manuel » (GSM) greffé à l’intérieur.

Si on cherche quelque chose, il y a des livres, des dictionnaires.

Si on cherche son chemin, il y a des cartes routières et on n’est pas obligés d’écouter la « Gonzesse qui Papote en Solo » (GPS) nous dire qu’il faut prendre la troisième sortie au prochain rond-point.

Si on parle tout seul dans la rue, c’est simplement qu’on a un petit vélo dans la tête et non pas un abruti au bout du fil que l’on n’entend pas car il est dans un tunnel…

Et tout à l’heure, quand j’attendrai mon bus, je me fiche bien de savoir s’il va arriver dans 3 minutes ou bien si à cause d’un trafic perturbé, il me faudra attendre pendant 12 minutes…

Voir les commentaires

Rédigé par Bernadette

Publié dans #Écologie et environnement

Repost0