divers

Publié le 27 Janvier 2022

 

Avec un extrait de Bernard, en italique

 

 Nous étions tous les deux. Elle, elle chantait et moi, je riais. La vie nous appartenait. Nous roulions le long d’un grand champ de blé quand soudain tout s’est arrêté.

Quand, soudain, le ciel s'est obscurci. Au loin, d'abord, un épais nuage arrive dans notre direction en prenant de plus en plus d'ampleur. L'endroit où nous étions était une oasis de verdure, mais tous les palmiers disparaissent à l'approche de ce phénomène. Ne reste que le sable soulevé en tourbillons par la première poussée du vent avant le gros de l'ouragan. Nous nous retrouvons seuls, sans abris pour affronter cette tempête de sable. Nous nous allongeons sur le sol, nous nous protégeons la bouche et les yeux avec nos foulards. L'obscurité est trouée en intervalles irréguliers par des éclairs accompagnés de roulements de tonnerres effrayants. Nous creusons une tanière pour nous terrer l'un contre l'autre. La dernière chose que nous voyons et entendons avant d'être ensevelis, c'est un troupeau de buffles fuyant au galop devant ce danger. Dominic et moi nous nous rapprochons pour ne pas être séparés. Nous avons dû nous évanouir car en nous réveillant au pied d'un palmier, enlacés comme deux amants, l'oasis est réapparue. Dominic s'étant réveillée avant moi m'appelle en disant tendrement mon nom : Dominique, Dominique. J'ouvre un œil, Que je referme aussitôt ébloui par un premier rayon de soleil déjà chaud. Nous croyons avoir rêvé ces derniers événements, mais le fait de nous retrouver dans ce trou, prouve que non.... L'étrange de cette histoire n'est pas la tempête de sable précédée de la horde de buffles, non. Ce serait presque une anecdote au vu de la situation.... C'est que Dominic est lesbienne et moi homosexuel, et que, apparemment, dans l'affolement de cette nuit nous avons copulé. Comme le dit si bien la chanson : Dominique nique nique !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Louis

Publié dans #Divers

Repost0

Publié le 26 Janvier 2022

 

Avec un extrait de Gérald, en italique

Je restais là silencieux devant ces trois mots «  elle est morte » je venais là de rendre un jugement définitif sur la vie de cette jeune femme, que je ne connaissais pas. Pourtant, il avait, se dit-il interrogé tous les voisins de l’immeuble. Il se repassa le film de la journée.

Tous les habitants défilent dans sa tête et là il se rend compte qu’il ne sait pas grand-chose d’eux. Depuis le départ de ma femme, je m’étais un peu réfugié dans le travail. Finalement il avait fallu que quelqu’un bouscule ses habitudes pour s’ouvrir aux autres. (Extrait d’un texte de Gerald)

C’est drôle, se dit-il, il a fallu une morte pour que je retrouve la vie. Le visage de la morte lui revint en mémoire. Elle semblait dormir ; qui avait osé lui retirer son droit de vivre ? Et lui qui était–il pour qu’en trois mots sans la connaître il écrive son épitaphe sur un rapport qui allait terminer sur une des étagères poussiéreuses des archives de la criminelle. Non, se dit-il ! Je saurais le pourquoi. Il se leva rentra dans le bureau du chef et il expliqua qu’elle ne pouvait pas être qu’un simple numéro dans un dossier non résolu. Il allait reprendre les éléments de l’enquête pour faire la lumière sur cette affaire. Le chef lui donna une semaine pas un jour de plus. Confiant dans sa réussite, il retourna interroger les habitants de l’immeuble.

Personne ne la connaissait !

Personne n’avait entendu quoi que ce soit !

Seule une voisine de palier se souvint qu’elle pensait avoir entendu, mais elle n’en était pas sûre, un bruit le fameux soir. Tout cela commençait mal, il pénétra dans la chambre après avoir retiré les scellés. Allait-elle lui fournir un début de piste ? Allait-elle parler pour l’aider dans sa quête de la vérité


 

Voir les commentaires

Rédigé par Bernard

Publié dans #Divers

Repost0

Publié le 26 Janvier 2022

 

Avec un extrait de Nadine, en italique

Eric regarde ses pieds, soupire, ouvre la bouche, la referme... cherche ses mots.

Je suis venu pour qu’on parle de ce qui s’est passé ce jour-là.

J’ai envie de fuir, ça remue trop la douleur, j’ai envie de hurler… Il pose sa main sur mon épaule.

C’est important pour toi et pour moi, faut mettre tout au clair, on vivra mieux après.

Pas l’impression qu’il vive si mal que ça lui, avec son violon ! C’est moi qui aurait dû l’avoir ce violon, c’est moi qui étais admis au conservatoire… J’ai envie de le tuer..

Il ajoute :

Il faut qu’on se rappelle les faits, le comment, le pourquoi.

Le comment, le pourquoi… la salle de chimie… un joli jour de mai ensoleillé. On était en classe devant nos éprouvettes à mélanger des trucs dont j’ai oublié le nom quand, près de moi, s’est approché un léger parfum. Françoise. Tellement belle… elle m’a demandé quelque chose, j’ai répondu, je la regardai en espérant trouver dans son regard un peu plus que de la simple camaraderie.. Pendant ce temps, derrière moi, sans bruit, le mal… Juste une ombre furtive, juste une odeur fugace… imprégnée dans T-shirt crasseux… l’odeur du pétard fraîchement fumé dans les chiottes… l’odeur d’Eric. Je me suis retourné, il était déjà retourné à sa place, il me toisait de son air narquois. Pourtant, j’ai bien senti sa présence dans mon dos. J’en suis sûr.

C’est à ce moment-là qu’est intervenu le professeur :

Mademoiselle, retournez donc à votre table.

Françoise est repartie vers ses tubes et moi, j’ai repris les miens là où je les avais laissés. Je m’en souviens encore : trois pincée de poudre violette dans l’éprouvette de gauche, mélange avec celle de droite et on devrait voir sortir du tube et se répandre sur la table une espèce de fumée blanche. Sauf que cette fois, il n’y a pas eu de fumée. Cette fois, quand j’ai mélangé les deux tubes, il y a eu une explosion.

Je me suis retrouvé assis par terre au milieu des débris, la main droite en sang. Devant moi, le carreau cassé et je ne sais pourquoi, sur le moment j’ai pensé qu’il avait été brisé par une balle tirée par un sniper. Et je voyais les feuilles du platane de la cour qui dansaient dans la brise, indifférentes au carnage. Ce carreau cassé, c’est le seul point tangible auquel je me suis accroché pendant quelques minutes... quelques heures… je ne sais pas, j’étais sourd et sonné.

Puis, les pompiers, l’hosto, l’opération, le handicap. Trois doigts arrachés, ma main droite, ou ce qu’il en reste, inerte. La vie qui bascule… adieu violon, adieu conservatoire.

Je suis resté longtemps prostré, enfermé dans un désarroi insondable.

Aujourd’hui, j’ai retrouvé quelque sérénité mais je rêve à ce carreau cassé. L'impact d'une balle, éphémère et précise, cible hallucinée d'un projectile perdu. Comme pour forcer le destin, mener le corps vers les cimes, échapper à l'enfer de la routine, de la rigueur.. retrouver l'élan vital !

Je n’y suis pas encore à l’élan vital mais j’y travaille et il n’est pas question que cet abruti vienne tout saccager une fois de plus.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Mado

Publié dans #Divers

Repost0

Publié le 25 Janvier 2022

Avec un extrait de Gérald en italique

 

La saison avance, déjà la rentrée des classes, les enfants dans le parc comparent leurs cartables, leurs nouvelles baskets.

L’automne n’est pas triste, mais une période de transition.

Marcel, c’est mon nom, je sais depuis quelques temps, je ne m’appartiens plus et reste discret sur mon ‘moi intérieur’.

 

Tous les habitants défilent dans ma tête et là je me rends compte, que je ne sais pas grand-chose d’eux. Depuis le départ de ma femme, je m’étais un peu réfugié dans mon travail. Finalement il avait fallu que quelqu’un bouscule mes habitudes pour m’ouvrir aux autres.

 

Les autres oui, mais l’autre aussi me perturbait, je ne suis pas parano, ancien gendarme que la retraite avait vieilli d’un coup, après la perte des deux êtres les plus chers à mon cœur.

Je relativisais, des informations glanées ici et là me poussaient à suspecter un dangereux malfaiteur dans la personne de Albert. Et si son étui à violon contenait autre chose qu’un instrument de musique !!

Mon instinct d’enquêteur refit surface, je décelais des tâches suspectes sur l’engin, tandis que son propriétaire faisait le guignol avec les enfants. Des marques rouges, du sang peut être, de qui, de quoi….

Je m’étais renseigné sur Internet et fabulais sur un hypothétique meurtrier, ou un détraqué sexuel se servant d’un violon comme appât. Fin septembre, je vis de loin cet énergumène en haillons, veston déchiré, une seule chaussure, un œil au beurre noir, titubant.

-Eh bien, lui dis- je que s’est il passé ?

-Qui êtes vous bégaya t il, elles sont toutes folles ces chiennes, je crois que je viens d’en massacrer une, blondasse qui ne voulait pas me laisser monter dans sa voiture.

N’insistant pas je me levais et partais.

Les infos du soir, prévenaient qu’un dangereux individu, échappé d’un asile, venait de commettre une agression particulièrement atroce. La photo ne me permettait aucun doute… c’était Albert.

Le lendemain, mes petites amies les tourterelles, m’attendaient.

Pas d’Albert, les jours suivants non plus.

Début octobre, par une journée pluvieuse et venteuse d’automne, je m’apprêtais à partir, lorsque je vis Albert arriver très chiquement vêtu, son précieux violon à bout de bras.

-Comment allez vous cher monsieur, me demanda t il ?

Un peu surpris et sur mes gardes, je répondis par un sourire.

-Connaissez-vous le monde des magiciens, clowns et autres hypnotiseurs… non, eh bien ce sont des mondes pleins de surprises. Mon frère jumeau, Maurice en est un, plein de surprises, il retourne dans son deuxième « chez lui », vous connaissez l’établissement psychiatrique Sainte Marie. Il est fou, fou, oh il ne ferait pas de mal à une mouche.

A ce moment, Albert ouvrit l’étui de son instrument et des foulards de toutes les couleurs s’envolèrent des notes de musique en sortirent.

-Je suis un clown triste, un peu bizarre, venez me voir et m’applaudir ce soir au «Cirque du Bonheur ». 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Dominique

Publié dans #Divers

Repost0

Publié le 22 Janvier 2022

 

ATELIER :

Rappel de la construction de la nouvelle.


LECTURE :

Histoire du soldat F. de Louis RUBELLIN

SUJET :

Choisissez un des extraits proposés comme incipit et poursuivez l’histoire jusqu’à l’élément déclencheur.

 

EXTRAITS :

Elle avait appris à savourer les gourmandises à sa portée : mûres ou framboises offertes par des buissons longeant les sentiers, une pomme rouge ou une poire acidulée tendue par une branche bienveillante sur son chemin, une gorgée d’eau fraîche d’une source enfouie dans la mousse…

Annie

 

Depuis toujours il marchait. Du moins, c’est ce qui se disait dans ces montagnes. Louis avait-il jamais été bébé rampant à quatre pattes ? Nul ne s’en souvenait. Depuis toujours il marchait. Sans autre but que le bonheur de marcher, de s’enivrer du spectacle des montagnes et du chant des oiseaux.

Benoît

 

Olivier rentrait chez lui après avoir passé ce que l’on appelle « les Fêtes » loin d’ici. Plus de famille, des amis dans le monde entier et une sainte horreur de la fin de l’année ; trois bonnes raisons pour être parti ces trois dernières semaines.

Bernadette

 

Bonjour, je m’appelle Sylvain Vaugas. Je suis cuisinier au prestigieux hôtel «  Le Negresco ». Je viens d’avoir 25 ans. Je roule en moto et j’aime les beaux habits. Comme la nature m’a doté d’un physique agréable, j’aime aussi les jolies filles qui me le rendent bien.

Bernard

 

Tout petit déjà Antoine était compliqué. Il avait beaucoup de mal avec l’autorité. A l’école il s’ennuyait, ne comprenait pas le but des exercices qu’on lui imposait, refusait la docilité que montraient ses camarades.

Brigitte

 

Ils n'ont pas de bagage ces deux là. Elle a les cheveux déplacés et lui la cravate de travers. Ils ont fait vite pour quitter l'hôtel.

Dany

 

Elle avait fait un mauvais rêve, ouvrant un œil encore humide de larmes, Maeva prit le gardien de ses nuits, son vieil ours râpé, dans ses bras.

Dominique

 

Charles Louis était toujours aussi ébahi lorsqu'il observait son épouse se préparer pour sortir. Ancien rentier de 71 ans, il appréciait davantage les soirées dans lesquelles il pouvait laisser paraître sa richesse. Sa carrure svelte n'en était rien  face à l'assurance qu'il dégageait. C'est cela qui avait séduit sa dulcinée lors de leur rencontre.

Emma

 

Il ne fermait jamais sa librairie. Si on lui en faisait la remarque, ses yeux pétillaient et il nous répondait, je veux avoir la liberté de donner à celui qui manifeste la liberté de prendre. Comment refuser le savoir à celui qui veut s'instruire ?

Fernand

 

Chaque après-midi quand le temps me le permet je m’assois sur « mon banc » – souvent seul – dans un jardin public parisien ; mais ce jour-là un jeune homme portant un violon s'assied à côté de moi.

Françoise M.

 

La petite lampe vacille. Les reflets sur la page blanche tremblent. L’ombre de l’abat-jour ballotté par l’éclat de l’ampoule capricieuse escalade les murs, dégringole et se fixe sur le regard concentré du rédacteur. J’écris avec frénésie.

Gérald

 

C’est au petit matin que nous sommes arrivés à Hô-Chi-Minh-Ville. Fatigués après douze heures de vol, mais excités par la perspective de découvrir une ville, un pays, un continent inconnus, nous avions nos nez aplatis aux hublots pour ne rien perdre de la vue qui s’offrait à nous.

Inge

 

Nouveau dans cet immeuble du quartier Bon Voyage où je viens de poser mes valises, je ne sais pas encore où je mets les pieds. Je prends mon courrier en rentrant, la boîte à lettres, engorgée, vomit un vrac de prospectus que je me promets de jeter dans son container approprié.

Louis

 

La dame de l’appartement d’en face n’a pas tiré ses rideaux ce soir. La pièce se dévoile dans la lumière dure, presque nue, révèle un pauvre mobilier paré de couleurs vives, comme pour combler le vide.

Mado

 

La répétition reprend. Lou regagne sa place et sa position, sans enthousiasme. Elle adore ce cours de danse où elle vient depuis quelques années, au moins trois fois par semaine, même quatre quand elle peut. Mais en fin d’année, il y a toujours ce spectacle à préparer.

Monique

 

Au cœur de la jungle amazonienne.. Une moiteur touffue propice à la torpeur.. Les rayons lumineux se fraient un chemin sous la canopée, irisent des perles d'eau.. Les Rangers de Corinne s'enfoncent dans le sol boueux, où se mêlent brindilles, branche morte, insectes en errance, reptiles en sursis.. les yeux mi-clos, lèvres frémissantes, les mains rivées sur un lourd sac à dos.

Nadine

_____________________________________________

 

LES TEXTES

Voir les commentaires

Rédigé par Atelier Ecriture

Publié dans #Divers

Repost0

Publié le 22 Janvier 2022

 

Avec un extrait de Gérald pour incipit.

La petite lampe vacille. Les reflets sur la page blanche tremblent. L’ombre de l’abat jour ballotté par l’éclat de l’ampoule capricieuse escalade les murs, dégringole et se fixe sur le regard du rédacteur. J’écris avec frénésie.

J’écris mon rapport qui, pour mon supérieur, semblait d’une importance capitale. La moiteur du bureau faisait couler de mon visage de grosses gouttes de sueur, que j’épongeais à l’aide de mon grand mouchoir à carreaux noir et blanc.

Je me remémorais la scène et la vision du cadavre aperçu du pas de la porte pour, comme ils m’ont dit, ne pas souiller la scène du crime. Elle était allongée en travers du lit. Que faisait-elle la loin de son domicile qui, d’après ses papiers, se situait dans le quartier est de la ville. Pourquoi le chef tenait-il à ce que je lui fournisse rapidement une solution à ce crime.

La petite lampe du bureau continuait à vaciller en projetant des reflets sur ma page blanche qui demeurait désespérément vide. Cette affaire, c’était peut-être l’affaire de ma vie, moi inspecteur débutant, je me voyais comme l’éclat de l’ampoule capricieuse escalader les échelons de la hiérarchie. Alors je me suis mis à écrire avec frénésie.

De là ou je me trouvais j’ai pu voir le corps qui était là, au beau milieu d’un grand lit, elle était nue et ne bougeait plus. Seul le soleil jouait à faire vivre les ombres dans cette pièce plongée dans un silence de mort. Un de la scientifique, la couvrit avec un drap trouvé dans l’armoire. Un parfum de lavande envahit la chambre me faisant oublier le pourquoi j’étais là.

  • Alors ce rapport il arrive, cria le chef depuis son bureau

Je me mis comme les reflets sur la page blanche à trembler en essayant de me rappeler les cours de l’école de police. Ma feuille termina dans la corbeille, que pouvais-je lui dire. Je pris une nouvelle feuille sur laquelle j’écrivis :

  • Elle était morte


 

Voir les commentaires

Rédigé par Bernard

Publié dans #Divers

Repost0

Publié le 21 Janvier 2022

Avec un extrait de Nadine pour incipit.

Au cœur de la jungle amazonienne… Une moiteur touffue propice à la torpeur… Les rayons lumineux se fraient un chemin sous la canopée, irisent des perles d’eau… Les Rangers de Corinne s’enfoncent dans le sol boueux, où se mêlent brindilles, branches mortes, insectes en errance, reptiles en sursis… Les yeux mi-clos, lèvres frémissantes, les mains rivées sur un lourd sac à dos, elle avance.

Ethnologue de profession, elle a réussi le pari fou de monter une expédition afin de rencontrer une des dernières peuplades isolées du monde au cœur de la forêt brésilienne.

Avec elle trois aventuriers du même acabit. Raphaël le paléontologue, Vigo le cameraman et Diego leur guide.

La clairière, à la lisière de la forêt naissante, les décida pour installer leur campement de nuit. Très vite Corinne réunit quelques branchages pendant que les trois hommes installaient les hamacs en hauteur surmontés de leurs bâches imperméables.

Le soleil léchait l’horizon et les quelques nuages effilochés, étirés à l’infini commençaient à rougir.

Le silence n’était troublé que par quelques feuilles froissées suite au passage d’un singe auquel répondait le cri des perroquets.

Une toile tendue entre les arbres abritait la petite équipe occupée à préparer le repas du soir : une bouillie de maïs et des racines de manioc. Raphaël entama la discussion :

-Voilà dix jours que nous marchons, nous ne devons plus être très loin de la réserve des petits hommes repérée par avion.

Diego enchaîna,

-En fait nous devrions l’atteindre sous quatre jours. Il faudra traverser le fleuve Parra sur des radeaux que nous devrons préparer… Si la chance continue de nous assister.

Vigo qui ne disait rien jusqu’à présent intervint :

-Pourquoi voulez-vous que la chance nous quitte ?

Diego souriait,

- Espérons-le ! Mais leur agressivité est grande vis-à-vis de toute civilisation autre que la leur. Même si le gouvernement a édité, voilà plus de vingt ans, des lois les protégeant. Ces « Lois de la Capitale » qui nous valent tant d’hostilité de la part des responsables présents ici et tant d’obstacles auprès des administrations qui sont supposées les faire appliquer.

Corinne occupée à attiser le feu répondit sans lever son regard des braises,

-Le gouverneur ne plie que lorsque notre supérieur à Porto-Cruz intervient. Et après qui appliquent les décisions prises ? L’aventure c’est pour nous !

Le feu fut ravivé pour prendre le relais du soleil qui ne tarderait pas à disparaître. La nuit tombait très vite sous ces latitudes.

Les hommes se préparaient. Chacun déroulait sa couverture à proximité du foyer et s’allongeait sur un coude dans l’attente de la rituelle boisson du soir : le maté.

C’était le travail de Diego. Corinne appréciait particulièrement ce moment de détente,

-Quelle bonne idée, d’avoir pensé à apporter ces feuilles de maté. Depuis mon arrivée dans ce pays, j’avoue avoir succombé à ce petit plaisir du soir.

Les buissons à proximité remuèrent. L’alignement à l’ombre des grands arbres fut bousculé. Des formes humaines semblèrent se dessiner au travers des feuillages. Corinne essaya de rassurer la petite équipe. Les ballots déchargés étaient protégés par de grandes feuilles pour l’humidité de la nuit. De l’un d’eux dépassaient des instruments de musique.

-Jouons décida t’elle. J’ai lu qu’ils étaient très sensibles à la musique. Une parole supérieure peut-être ? Et puis, il est bien connu que la musique adoucit les mœurs. Les notes de la flûte et de la guitare s’élevèrent en une mélodie harmonieuse, apaisante.

Au travers des buissons, les formes humaines, parfaitement visibles maintenant, s’étaient accroupies, arcs et flèches entre les jambes, écoutaient, envoutées par l’intensité émotionnelle du Clair de lune de Debussy.

Pour combien de temps…

 

Gérald IOTTI

Voir les commentaires

Rédigé par Gérald

Publié dans #Divers

Repost0

Publié le 20 Janvier 2022

 

Avec un extrait de Françoise M. pour incipit.

Chaque après-midi quand le temps me le permet je m’assois sur « mon banc » – souvent seul – dans un jardin public parisien ; mais ce jour-là un jeune homme portant un violon s'assied à côté de moi.

Je ne l’ai pas reconnu tout de suite. J’ai juste vu un jean, un pull, des cheveux châtains, des lunettes, la silhouette d’un homme jeune, un violon, ou plutôt son étui, tout ça en l’espace d’une milliseconde. J’ai salué brièvement de la tête et me suis replongé dans mon bouquin.

Mais il avait rompu ma précieuse tranquillité. Sa présence sur ce banc m’empêche de me concentrer sur ma lecture. De plus, je sens son regard insistant sur moi, qui m’examine sans gêne.

Didier… ?

Diable ! Ce jeune homme connaît mon prénom.. Je lève la tête, le dévisage à mon tour.

Euh… oui, mais je ne vois pas trop…

Eric, on était en terminale ensemble.

Comme un abysse. Je tombe tout droit dans des souvenirs que je veux oublier. Le lycée Carnot, la salle de chimie, les éprouvettes… Je le détaille, c’est lui et ce n’est pas lui. Le Eric de ma classe de terminale est un rebelle à cheveux longs, crasseux, fume des joints dans les toilettes, embête les filles, et me persécute dès qu’il en a l’occasion. Mais le Eric qui se tient près de moi sur ce banc est propre, soigné et m’offre un regard amical. Quelle métamorphose ! Et un violon.. ? La seule musique qu’il écoutait à s’en faire péter les tympans était du métal sauvage, guttural, aux lignes de basses tonitruantes.

Je suis content de t’avoir retrouvé, me dit-il. Ça fait longtemps que je te cherche, tu sais. J’ai dû passer par les anciens du lycée, remonter les pistes. Personne ne savait ce que tu étais devenu, où tu habitais. Finalement, c’est Françoise qui m’a renseigné. Tu te souviens de Françoise ?

Françoise, une jolie brune sans histoire, discrète et sympa. Bien sûr que je m’en souviens…

Françoise crèche dans le quartier, me raconte Eric. Elle passe souvent par ce jardin, elle t’a reconnu, sur ce banc avec ton livre. Mais elle n’a jamais osé t’aborder à cause de… tu sais... Je crois bien qu’elle avait le béguin de toi à l’époque.

Première nouvelle ! Dommage que je n’ai pas eu le temps de m’en rendre compte. La colère monte en moi. Je le toise :

Pourquoi t’es là ? Qu’est-ce que tu veux ?

 

Voir les commentaires

Rédigé par Mado

Publié dans #Divers

Repost0

Publié le 20 Janvier 2022

 

Avec un extrait de Benoît pour incipit

Depuis toujours il marchait. Du moins, c'est ce qui se disait dans ces montagnes. Louis avait-il jamais été bébé rampant à quatre pattes ? Nul ne s'en souvenait. Depuis toujours il marchait. Sans autre but que le bonheur de marcher, de s’enivrer du spectacle des montagnes et du chant des oiseaux.
 

Tout était vraiment beau et rien ne venait le perturber, pourtant un sentiment étranger à toute cette sérénité tentait de s'emparer de son esprit. Que se passait-il ? La nature qui l'escortait jusqu'à présent, riante et flamboyante, devenait triste et larmoyante. Les petits oiseaux qui charmaient ses oreilles de leur ramage s'étaient volatilisés. Ce ciel, immense et d'un bleu éclatant s'était transformé. Il ressemblait à un marécage boueux, tel que nul être vivant ne survivrait à le traverser. Ce doux chemin où ses pieds s'enfonçaient comme dans un tapis persan tissé de la plus belle soie n'était plus. Il marchait, toujours , mais ses pieds nus s'écorchaient désormais sur des pierres coupantes telles les silex les plus tranchants. Il ne comprenait plus ; ses souvenirs, les moins lointains, lui donnaient l'image d'un homme bien habillé. Il avait revêtu son plus bel uniforme de gala. Ses galons, biens astiqués brillaient comme des diamants et toutes ses belles décorations gagnées au combat, pour avoir tué une nuée de combattants adverses, étaient les témoins de sa vaillance et de son courage… Mais voilà !! ce sentiment étrange effaçait tout et s'emparait de son âme.

Louis était maintenant seul. Seul avec lui même. Pieds nus et en guenille. Le froid s'emparait de son corps. Ce même corps qui lui été devenu étranger. Il se traînait , sans force, seule une obligation, venue d'on ne sait où, le poussait à avancer vers un but qui était certainement écrit sur les pages d'un livre qu'il ne lira jamais.

Il marche, encore et encore, ses pieds saignent, sa tête est vide. Vide de toutes idées. Il voudrait des réponses mais il ne sait pas poser les questions, et surtout, il ne sait pas à qui les poser. Au loin, devant lui, un horizon grisâtre semble l'appeler. De lourds nuages noirs, zébrés d'éclairs, s'avancent, le tonnerre gronde, Louis a peur. Tout le menace. Il tremble, sans vraiment savoir pourquoi. Une pensée l’effleure. Ne serait-il pas en train de payer une dette ? Pourtant, tout allait bien avant qu'il ne s'endorme......

 

Voir les commentaires

Rédigé par Fernand

Publié dans #Divers

Repost0

Publié le 20 Janvier 2022

 

Avec un extrait de Dany-L pour incipit

Ils n'ont pas de bagage ces deux là. Elle a les cheveux déplacés et lui la cravate de travers. Ils ont fait vite pour quitter l'hôtel.

L’hôtel dont ils étaient gérant a périclité au court des dernières années car le quartier chic ou il était implanté a été appauvri. Cela à cause de dealers de plus en plus présents qui ont marginalisés l'endroit, au détriment de tous les habitants. Les efforts de la police n'ont jamais eu de résultats, et les clients de l’hôtel ont désertés. Débordés par les impayés, avec leurs dernières ressources ils ont pris deux billets d'avion pour une destination....... inconnue.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Louis

Publié dans #Divers

Repost0