Publié le 15 Novembre 2017

HAÏKU MUSIQUE et DANSE

Danseuse éphémère,
musique enveloppante,
Soir de première.

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HAÏKU MUSIQUE et DANSE

Le Balafon joue,
le lion dresse l'oreille,
silence des Tam-Tam.

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HAÏKU MUSIQUE et DANSE

Rythme des cordes,
envolée des accords,
orchestre silencieux.

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HAÏKU MUSIQUE et DANSE

Jambes ciselées,
délicatesse des poignets,
magie d'une danse.

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Rédigé par Gérald

Publié dans #Musique et Danse

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Publié le 15 Novembre 2017

 

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La musique -
tremble ton pinceau
du réel à l'invisible
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HAÏKU MUSIQUE et DANSE

Les cordes

sont tendues d’impatience

et soupirent au son délivrant

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HAÏKU MUSIQUE et DANSE

Le cœur palpite

les cymbales soupirent –

Explosion des sons

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HAÏKU MUSIQUE et DANSE

Les sons ne sortent pas

La voix aphone, la guitare sourde –

Au secours

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HAÏKU MUSIQUE et DANSE

Les trois grâces

telles des roses qui explosent –

Une musique douce les envole

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HAÏKU MUSIQUE et DANSE

La musique –

la ballerine attend

le transport des sons la délivre

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HAÏKU MUSIQUE et DANSE

Sombre est la vie

Une ombre chavire

L’interprète est ravie

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Rédigé par Dominique

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Publié le 14 Novembre 2017

HAÏKU MUSIQUE et DANSE

Sur la scène sombre

le contrebassiste embrasse

les sons assourdis

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HAÏKU MUSIQUE et DANSE

Un pétale blanc

se dépose sur la scène –

Non ! Un petit rat

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HAÏKU MUSIQUE et DANSE

Un tutu tout blanc

s’envole sur la musique

comme un papillon

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HAÏKU MUSIQUE et DANSE

L’étrange kora

envoûte ceux qui l’écoutent –

Sons ensorcelés

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HAÏKU MUSIQUE et DANSE

Derrière la trompette

une double croche noire –

Lunettes sur le nez

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Rédigé par Mado

Publié dans #Musique et Danse

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Publié le 6 Novembre 2017

 

 

ARTICLE DE PRESSE À L’ATELIER !

 

 

Les membres de l’atelier d’écriture d’AnimaNice Bon Voyage se lancent dans l’écriture journalistique.

 

Ce lundi 6 novembre 2017, Bernard, Dominique, Gérald, Inge, Louis, Marie, Nadine et Mado ont pour mission de rédiger un article de presse à inclure à leur nouvelle.

Après un bref rappel des règles de cet exercice, les valeureux 'écrivants' dégainent stylos et cahiers. Dans le silence studieux, bercés par la soufflerie de la climatisation, chacun échafaude des stratagèmes pour respecter la consigne et réussir à intégrer de mieux possible l’article à l’histoire.

 

 

La musique et la danse au bout de la plume.

 

Les prometteuses nouvelles en cours ont pour thème La Musique et la Danse et sont destinées au recueil de l’année. Au cours des ateliers, il fut question de description, personnages, narration sensorielle, humour, poésie, jusqu’à l’écriture journalistique, sujet du jour. À chaque séance, les participants font progresser leur histoire, font évoluer leurs personnages.

Sous la musique de la plume glissant sur le papier, les phrases font des arabesques, l’imaginaire devient réalité.

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Rédigé par Mado

Publié dans #Musique et Danse

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Publié le 2 Novembre 2017

Musique de Rezvani :  J’ai le cerveau en sueur,

http://www.paroles.net/jeanne-moreau/paroles-j-ai-la-memoire-qui-flanche

 

J’ai le cerveau en sueur,

Une p'tite chanson de rien.

Ecrire, chanter, me mets en pleurs

Vraiment ça n’me vaut rien.

Vaut mieux courir après les filles,

Plutôt qu’après les mots.

Cette chanson, suis pas tranquille,

Quelle drôle d’idée Mado.

 

J’ai les méninges en feu,

je crois toucher le fond

Que de paroles, et pour si peu

J’ai vraiment l’air d’un son.

Son de ma voix, je vous accable

J’m’e sens un peu coupable

Elle est finie, c’est pas trop tôt

Sacrée soirée Mado.

 

Pa dou di dou da di dou di
Pa dou di dou da di dou

Pa dou di dou da di dou
Pa dou da di dou di
Pa dou di dou da dou da
Pa dou da dou da di dou

 

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Rédigé par Hervé

Publié dans #Musique et Danse

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Publié le 16 Octobre 2017

tout au fond de la grotte
l'absence de lumière équivaut au silence
le stalactite sanglote
chut goutte à goutte le temps prend patience

la musique de l'obscurité
est une symphonie inachevée
Plic et ploc plic et ploc
de bric et de broc

La stalagmite l'attend
un jour ils seront amants
dans la nuit de la terre
l'amour est sédimentaire

Plic et ploc plic et ploc
Chut entre nous pas d'équivoque
je sais un an cent ans mille ans un jour
tu me déclareras ton amour

tu es mon stalactite
je suis ta stalagmite
tu me dessines et me construis
avec le temps notre amour s'écrit

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Rédigé par Bernard

Publié dans #Musique et Danse

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Publié le 30 Juillet 2017

MéditerraNice

PRÉFACE

 

 

Pour son 5ème recueil, inspiré par le projet d’inscription de la Prom’ au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’atelier d’écriture AnimaNice Bon Voyage a choisi le thème :

 

PATRIMOINE NIÇOIS ET MÉDITERRANÉE.

 

Une aventure qui commence à Nice, explore la Promenade, exhume les souvenirs, se promène en ville, avant de s’embarquer vers d’autres paysages, d’autres cultures, d’autres destins.

Car notre histoire est méditerranéenne ; les Grecs, les Romains, les Sarrasins, les Turcs – ah ! Catherine Segurane… – ont laissé leurs empreintes sur les terres niçoises.

 

Les récits, nouvelles, poèmes se mêlent pour raconter Nice et la Méditerranée, avec légèreté, sincérité, poésie, humour. Au retour du voyage, le Temps et l’Histoire se sont télescopés, les plumes niçoises s’égarent en uchronies. Puis, le rideau s’ouvre sur le théâtre d’AnimaNice Pasteur et son dialogue aussi savoureux qu’un pan-bagnat.

 

La langue, comme l’architecture – et le pan-bagnat – fait partie du patrimoine. Le recueil se referme sur les images d’une Promenade dans Nice, accompagnées de légendes traduites en niçois, bien sûr ! Ou plutôt : en nissart, segur !

 

Traduction que nous devons à Madame Carlòta RUBINI, professeure de niçois, à qui nous adressons nos plus sincères remerciements.

 

 

Madeleine Cafedjian

animatrice de l’atelier d’écriture AnimaNice Bon Voyage

 

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LES ATELIERS ET TEXTES

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Rédigé par Atelier Ecriture

Publié dans #Patrimoine & Méditerranée

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Publié le 29 Juillet 2017

MEDITERRANICE -  THÈME : Patrimoine niçois et Méditerrannée

Pour son 5ème recueil, l'atelier d'écriture AnimaNice Bon Voyage a choisi le thème "Patrimoine niçois et Méditerrannée".

Le recueil, intitulé MéditerraNice a été présenté le 30 juin 2017, à AnimaNice Bon Voyage. La présentation a été associée au vernissage de l'expo "Promenade dans Nice - Passejada dins Niça" de Bernard Brunstein.

 

Quelques images de l'expo :

 

MEDITERRANICE -  THÈME : Patrimoine niçois et Méditerrannée
MEDITERRANICE -  THÈME : Patrimoine niçois et Méditerrannée
MEDITERRANICE -  THÈME : Patrimoine niçois et Méditerrannée
MEDITERRANICE -  THÈME : Patrimoine niçois et Méditerrannée

Quelques textes :

NICE, MA VILLE...

MÉMOIRES MÉDITERRANÉENNES

 

DESTINÉES CONTRARIÉES

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Le sujet a beaucoup inspiré les "écrivants", si bien que certains textes ne seront pas publiés par manque de place. Ils le sont ici :

Le projet et les ateliers :

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Publié le 29 Juillet 2017

Vicenzo Barletti descend de la citadelle d’un pas assuré. Son bel uniforme, veste bleue sur pantalon blanc, complété par un chapeau à plumes fait l’admiration de Maria sa maman. Il arrive rue du Malonat pour le repas dominical. Maria lui ouvre la porte, et sous l’émotion, glisse sa main à la bouche. Elle enchaîne en parlant toute seule :

Officier du duc de Savoie, vous vous rendez-compte ! Quand on pense que ce freluquet de roi de France voulait raser le château ! Non mais, pour qui il se prend ce Louis combien déjà ?

XIV maman, Louis XIV.

Quand à toi, si j’avais su que tu voulais jouer les héros, je lui aurais dit à ton comte Frassasco que tu n’avais pas toute ta tête !

Vicenzo sourit.

Mais ne te préoccupe plus, maman, c’est du passé tout ça. Nous allons devenir une grande nation. Le duc a lancé les études pour agrandir la calanque Limpia et y construire un port.

Mais nous avons déjà Villefranche, non ?

Oui ! Mais il faut y aller en calèche et prendre un canot pour rejoindre les navires. Tu imagines un port au pied du château ? Un quai qui nous permettrait d’embarquer directement ?

Ah ! Vous les jeunes, vous avez toujours la tête dans les nuages.

C’est chaque fois la même chose. Mère et fils se chamaillent autour d’un bon plat d’agneau confit sur son lit de lamelles de pommes de terre aux oignons.

Plus haut, le drapeau à croix blanche sur fond rouge flotte sur la citadelle. Pourtant vingt ans plus tôt…

 

Son père Guiseppe venait d’investir dans une barque à voile latine et rêvait pour lui d’un avenir de pêcheur. Vicenzo Barletti, lui, avait choisi de gagner sa vie en approchant les grands de sa ville. Il serait militaire, officier, attaché auprès du gouverneur de Nice.

On était en 1690. Vicenzo avait vingt-cinq ans, fait ses armes à Turin. Appris le maniement des explosifs. S’était spécialisé dans l’utilisation de l’artillerie, ce qui l’occupait de temps en temps par des exercices en campagne. Le reste du temps il bénissait les dieux de vivre en cette ville stratégique qui possédait les plus belles filles du comté. Le temps s’écoulait serein, sans nuages.

Des informations dont on ne mesurait pas l’importance circulaient :

Torricelli analysait les conséquences de l’élévation du mercure chaud dans un tuyau, Joseph Campani avait découvert l’utilisation de verres convexes pour correction de la dioptrie, Louis XIV allait se lancer dans une guerre dont il se souviendrait longtemps.

Des choses sans grande importance finalement…

 

Guiseppe Barletti tirait ses filets sur la plage des Ponchettes.

Il réfléchissait. Contrarié par son fils qui n’avait pas choisi la même profession que lui et fier en même temps de sa position au château.

Maria, son épouse, allait écouter trois fois par semaine sœur Marie-Antoine, supérieure du couvent, à la chapelle des pénitents noirs. Cette religieuse savait si bien calmer les angoisses de tout le monde. A son mari qui se moquait d’elle, Maria répondait que sœur Marie-Antoine était toujours de bon conseil. On ne pouvait pas attendre autre chose d’une « Personne de belles manières et d’esprit très cultivé ». C’était ce qui se disait. Certes des bruits de guerre circulaient depuis des mois. Les relations entre le duc de Savoie et le roi de France n’étaient pas des meilleures. Elle connaissait tout cela par Vicenzo. Enfin, on verrait bien !

 

Ce jour là un gamin, dont l’histoire oubliera le nom, se précipitait en ville chevauchant un âne essoufflé. Il arrivait des berges du Var, criant a tout va : Ils arrivent. Les Français arrivent. Des chevaux, des canons, une armée innombrable. Rentrez chez vous !

 

Guiseppe aperçut la foule qui courrait dans tous les sens et qui alertait les pêcheurs en dehors des remparts. Il rangea précipitamment son filet. La pêche de ce jour fut à moitié abandonnée sur les galets. Il se précipita à sa maison rue du Malonat.

Maria et les femmes de la ville basse se rendirent à la chapelle Sainte-Rita pour implorer la protection de la Sainte. La situation semblait désespérée. Les mains gantées comme les mains calleuses étaient réunies pour des prières intenses. Tous les yeux reflétaient la même ferveur :

Sainte Rita protégez-nous !

Elle, un léger sourire compréhensif, semblait leur dire :

Ne vous inquiétez pas, tout s’arrangera !

Toutes y croyaient… Les portes des remparts grincèrent sur leurs gonds, furent cadenassées…

 

La canonnade des assaillants fut violente. Les ripostes aussi. Les remparts tenaient. Le siège durait depuis un mois. Aucune victoire ne se dessinait. Vicenzo Barletti demanda une entrevue au gouverneur de la citadelle. Il avait une idée pour sortir de l’impasse. Le brigadier-général comte de Frassasco l’écouta.

Avec sa longue vue, Vicenzo avait remarqué que la puissance de feu des troupes françaises était très importante côté Terra Amata. Ailleurs, les courtines, les bastions, l’artillerie du château protégeaient la citadelle et la ville basse. Côté Est, la falaise seule ne suffisait pas. Un plan fut conçu. Le gouverneur donna son accord. L’intervention aurait lieu une nuit sombre.

Le dix avril, la lune était cachée par d’épais nuages. Vicenzo et quatre de ses meilleurs hommes, habillés de noir (une première pour cette époque) sortirent par la porte des Ponchettes. Ils mirent à l’eau, avec beaucoup de précaution, une chaloupe et commencèrent à ramer. Ils s’éloignèrent des rochers de Rauba Capeu, dépassèrent l’embouchure du Limpia et accostèrent sur une plage de galets vers le Lazaret. Ils se glissèrent parmi les broussailles et arbustes et attendirent. Les batteries observées depuis les remparts avaient révélé l’endroit où devaient être stockées poudres et munitions : la grotte du Lazaret. C’est là que Vicenzo voulait frapper. Les campements se tenaient à bonne distance à cause du danger lié à un tel endroit. La grotte, isolée, était gardée par deux hommes la nuit. Comme dans toutes les armées, la relève aurait lieu à cinq heures. Ils interviendraient un peu avant, lorsque les sentinelles épuisées par une nuit de veille seraient moins attentives.

Une cavalcade attira l’attention des cinq hommes. Un groupe d’officiers venait inspecter la position et donner les ordres pour l’attaque du lendemain. Vicenzo reconnut Nicolas Catinat, lieutenant général des troupes françaises, entouré de son état-major. La tentation fut grande de tirer sur le représentant du roi de France, mais l’opération aurait été éventée et le sort des armes fortement contrarié. Rien ne fut tenté. Le silence de la nuit revint.

Sur un signe de Vicenzo, les hommes se déplacèrent vers l’entrée de la grotte. Les sentinelles assoupies furent neutralisées. Les brûlots allumés et projetés à proximité des caisses de poudre. Les cinq hommes s’échappèrent et se mirent à l’abri près des rochers du Lazaret.

Une formidable explosion pulvérisa la grotte. Un fracas assourdissant survola la ville, franchit le paillon et rejoignit la plaine d’Antibes dans un grondement de fin du monde. Il était quatre heures cinquante.

La panique atteignit les sœurs du monastère de Cimiez qui débutaient matines à genoux dans l’allée du cloître. Elles se dispersèrent comme une volée de moineaux croyant que cette bombe avait été tirée sur elles.

Des traînées de poudre noire jonchaient le sol depuis la grotte vers les diverses batteries de Terra Amata. Sans doute, dues à l’imprévoyance des soldats ayant approvisionné les pièces. L’onde de feu se propagea, lécha les canons, couleuvrines et accentua l’œuvre de destruction.

Cette explosion était le signal pour les troupes du duc de Savoie arrivées à marche forcée par la vallée de la Roya et positionnées auprès du mont Alban.

Les brigadiers à cravates rouges et la cavalerie ducale fondirent, à revers, sur l’armée française aux cris de « Savoia ». La débandade fut générale. Le lieutenant général Catinat fut fait prisonnier ainsi que son état major. Trompettes et roulement de tambours annoncèrent le retrait des troupes dans l’impossibilité de contenir ce raz-de-marée. Les Français capitulèrent. Le sort était jeté. Nice garderait son château et le drapeau du duché de Savoie flotterait toujours sur la citadelle.

 

Un traité fut signé dont l’histoire retiendra que l’abbé commanditaire de Saint-Pons, habile négociateur, aura rédigé les plus belles pages. Le lieutenant général Catinat rendu à son roi. L’avenir des Niçois semblait dégagé.

Une statue fut édifiée cinq ans plus tard sur les bords du Limpia. On y voit Vicenzo Barletti en tenue d’officier de l’armée de Savoie pointant un doigt vers l’est de la baie, en dessous il y est gravé : c’est ici, à la grotte du Lazaret que tout s’est joué…

Le repas se termine. Vicenzo allume sa pipe. Sa maman termine la vaisselle, un torchon à la main.

C’est ton père qui aurait été fier de toi, si ce maudit boulet ne l’avait pas emporté.

Vicenzo baisse la tête. La fumée âcre de sa bouffarde n'est pour rien dans le picotement humide de ses yeux. Il enchaîne :

Tu sais, l’explosion de la grotte a mis à jour des vestiges que l’on ne soupçonnait pas. Des restes de rhinocéros, d’éléphants, tu te rends compte ?

Maria pose une assiette et, le regard dans le vague :

On appelle comment ces gens qui fouillent les ruines comme à Cimiez ?

Archéologues, je crois !

Et bien voilà ce qu’il faudra rajouter sur ta statue « Vicenzo Barletti archéologue, savant ! »

Après cette période troublée, la bonne humeur était de retour au 3 rue Malonat.

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Rédigé par Gérald

Publié dans #Patrimoine & Méditerranée

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Publié le 14 Juillet 2017

Les paparazzi se pressent sur la plage de Nice. Brigitte Bardot pose dans son bikini en vichy rose. Depuis qu’elle est devenue célèbre, une meute des journalistes la suit à la trace. Malheureusement pour nous, elle adore notre village. Il est vrai que Nice, blotti derrière ses remparts, sous le vieux château comtal, inspire douceur de vivre et sérénité. Dans les rues médiévales fraîches et colorées, hautes maisons, églises, palais baroques, veillent sur le passant ; la citadelle a traversé les siècles, résistant à tous les sièges… sauf à celui des stars et des photographes !

Pourtant, elle a bien failli être détruite par Louis XIV en 1706. L’un des rares combat où Nice a capitulé. Louis XIV avait ordonné au duc de Berwick de démolir les fortifications et le château. Mais le duc a désobéi. La place forte est trop belle. Il a préféré trahir le roi, se mettre au service des États de Savoie et sauver la citadelle. Tant mieux ! Allez savoir ce qu’il serait advenu du village si Nice avait perdu ses remparts ! Une grande ville peut-être… ?

Sur la plage, l’attroupement vocifère. Ça se bouscule, ça crie… Brigitte, Brigitte… par ici… non plus à gauche… une main sur la hanche... Nice est en train de devenir le lieu à la mode. Dans le petit port, les pointus disparaissent derrière les hors-bords, la jetée Saint-Lambert s’est transformée en plongeoir, le bistrot du quai s’agrandit, s’éclaire de néons, tout le show-biz s’y retrouve.

La plaine, de l’autre côté du Paillon, se couvre peu à peu de campings plus ou moins arborés et sur les collines autour du village, d’immenses villas grignotent les terres agricoles. Oliviers, citronniers et orangers sont abattus, les vignes arrachées, les forêts de chênes verts, décimées. Certaines de ces arrogantes bâtisses ont même une piste d’atterrissage pour hélicoptère. Le milliardaire évite ainsi les embouteillages qui se forment depuis quelques temps sur la route de France qui longe la baie. Mais à quel prix ! Le vacarme des moteurs en tout genre a remplacé les brouhahas tranquilles de la vie. Même les commérages des matrones, lancés de fenêtre à fenêtre au-dessus de la rue, se perdent dans la trépidation actuelle.

La séance de photos se termine. BB se rhabille, enfile ses ballerines, se dirige vers la porte de la Marine, disparaît derrière le rempart. Les journalistes suivent. Nice perd son âme et son peuple. La pression fiscale augmente de plus en plus, les Niçois sont obligés de partir.

Ah ! Si BB avait choisi un autre endroit pour passer ses vacances ! On serait bien peinards ! On regrette un peu le bon vieux temps, comme on dit ; on se console en écoutant la drôle d’histoire qui se murmure dans les ruelles : il paraît que dans un autre monde, c’est un petit village du Var, Saint-Tropez, qui a connu ce destin. C’est fou, non ?

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Rédigé par Mado

Publié dans #Patrimoine & Méditerranée

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