Publié le 13 Mai 2022

 

« Tous les personnages sont des dormeurs clandestins nourris de nos rêves et de nos pensées, eux-mêmes pétris dans le limon des mythes et des fables... »

« Les personnages » de Sylvie Germain

 

ATELIER :

Le personnage littéraire - le sommaire et l'ellipse

LECTURE :

"Fondation" de Isaac Asimov - page 8/9/10

ÉCRITURE :

Choisir une photo. Présentez votre personnage, donnez-lui un nom, des traits de caractère, un métier, un environnement social, privé, etc.

Reliez-le à l’événement traité lors du dernier atelier, faites-lui vivre sa première aventure qui peut être contemporaine ou pas de cet événement et utilisez l’ellipse ou le sommaire pour le faire avancer dans le temps.

Clic sur les bandes d'images pour les agrandir..

ATELIER 2 :  LE PERSONNAGE
ATELIER 2 :  LE PERSONNAGE
ATELIER 2 :  LE PERSONNAGE
ATELIER 2 :  LE PERSONNAGE

LES TEXTES

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 13 Mai 2022

Scientifique de premier plan, sur la planète " Antarius ", Tahidja avait convoqué son subordonné Claodius. Elle venait de subir quatre espaces temps de punition à cause de lui et tenait à le mettre en garde contre un nouveau relâchement coupable envers les dogmes prônés par les sages dirigeants de cette planète.

Vêtue d'une belle robe rouge sang qui s'accordait avec bonheur à sa coiffe brune, elle l'attendait, assise sur un fauteuil, les deux pieds posés sur une vieille mappemonde, vestige des temps passés.

Jeune homme, à la fois mince et élégant dans son bel uniforme blanc et noir, Claodius se présenta à elle un sourire éclatant aux lèvres, mais ses yeux disaient le contraire et ils avaient du mal à cacher une certaine appréhension.

- Bonjour Tahidja. Je te prie d'excuser mon retard à venir saluer ton retour, mais j'ai été envoyé en mission sur la Terre et les liaisons avec celle-ci sont toujours sujettes à beaucoup de contraintes.

- Bonjour Claodius. Je vois que tes centres d’intérêts sont restés les mêmes. Je te rappelle, néanmoins que la punition que j'ai subie est le résultat de tes prises de position concernant les populations qui sont restées sur terre. Tu sais qu'étant ta supérieure je suis responsable de tes lubies et les sages ne me pardonneront pas de faire preuve, une nouvelle fois, de laxisme envers le jeune fou que tu es. En terme clair, si tu insistes dans cette voie tu te retrouveras seul face à tes juges… De toute façon, je pense que le problème a été résolu avec le temps et que tes attentions vont se porter désormais au bénéfice de la vie sur Antarius.

- Ne m'en veux pas Tahidja, je sais que je suis responsable de mes écrits mais la mission que je viens de d’exécuter sur terre me donne raison. Ces hommes et ces femmes que nous avons abandonnés à leur sort, ont développé des ressources de survie remarquables. Dans leur lutte pour leur existence journalière, ces nouvelles générations d'humains, ont réappris les gestes du passé. Grace à des vieux outils, retrouvés dans les ruines, ils ont creusé le sol pour trouver de l'eau. Ils cultivent la terre et la respectent. Celle-ci le leur rend bien en laissant pousser de la nourriture. La nature s'est calmée et les tempêtes se sont rendormies. Leur soleil s'éteint doucement, dans la plénitude des quelques milliers d'années terrestres qui lui restent à vivre. Ils ne dépendent plus de nous, mais le plus important c'est qu'ils ont reçu la visite d'un être humain venu d'on ne sait où qui va de village en village prêcher la non violence et la tolérance et il leur promet la vie éternelle… pas la nôtre… la leur, celle de Dieu. Il est grand, ses yeux sont clairs, à la fois bienveillant et sans partage. Il raconte qu'un de ses ancêtres lointain est mort cloué sur des bouts de bois, mais qu'à sa mort des êtres, brillants comme des éclairs, sont venus le chercher, lui ont rendu la vie et l'on emmené au paradis. Et il promet ce paradis à tous ceux et à toutes celles qui respecteront les préceptes d'une vie paisible.

- Comment se nomme ce homme Claodius ?

-Il dit s'appeler "Expérios" et les Terriens commencent à bâtir des temples pour l'honorer.

-Nous aussi nous avons nos temples et nos saints, Claodius.

-Nos temples, Tahidja, sont les laboratoires qui nous tiennent en respect, grâce aux traitements que nous devons assimiler dans nos organismes et les saints que nous honorons sont les professeurs et les savants qui sont les véritables maitres d'Antarius. Quant à la vie éternelle qu'ils nous promettent elle est liée à tellement de contraintes que je retrouve, à travers elles, les notions d'esclavage des temps passés. Et...

-Prends garde Claodius, modère tes paroles, je ne te sauverai pas une deuxième fois. Tu pourrais payer cher ton admiration pour ces culs terreux.

-Rends-toi compte Tahidja. Ils viennent d'inventer la roue !

- La roue ? c'est quoi ça ? et ça sert à quoi ?

 

 

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Rédigé par Fernand

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Publié le 13 Mai 2022

Pour ceux qui me connaissent en tant que grand reporter avec Eric, mon binôme et caméraman préféré, nous ne reculons pas devant une offre de destination lointaine pour le bien de l’humain.

Nous partons en AFGHAR, au KASHMIR région de l’Inde septentrionale, petit état sous le règne du Grand SLAM, despote, autoritaire.

Un soulèvement fait grand bruit…..

Le jour du départ, moi JUDITH, mes renseignements, mon indic. PARI-DELHI, une véhicule nous attend avec un traducteur namasté, namasté, pour faire 600 km. Nous somme briffés rapidement : des réfractaires courageux pour qu’un soulèvement fasse sauter la soupape de la pauvreté, de la misère.

Une photo m’avait frappée, je l’emporte avec moi, on y voyait SAMIRA mon indic, en grande difficulté.

L’objectif, sensibiliser, intéresser et faire découvrir ce petit état au bord de l’explosion, sous gouvernance musulmane, dans un pays aux multiples religions.

Une femme d’âge mûr me donne un voile le « Ghunghat », à poser sur la tête.

- Attention à vous, me chuchote-t-elle me prenant les mains.

La route est caillouteuse, mais durant le voyage le traducteur nous fait voir les bidonvilles dans les marécages, des bambins se promenant pieds nus dans la boue.             

Depuis peu l’eau de la rivière serait empoisonnée par des déchets toxiques et des combats non autorisés évidemment font rage.

Notre rôle, dénoncer auprès du gouvernement indien-via L’Unicef, mais ce dernier est en grande partie  responsable de ce soulèvement voulant annexer cette partie de l’Inde.

...

 -J’ouvre un œil, puis l’autre et mes yeux se posent sur un

                           sourire et des yeux rieurs.

                                             -SAMIRA, ma petite déesse adorée…..  Je me souviens des

                           mots doux de maman.

                                             Les genoux repliés, je me rappelle de mon premier amour

                           connu à la fac de sociologie /politique en Suisse, lui blanc aux yeux

                           bleus, sa mèche rebelle, incoiffable, ses paroles douces, ses gestes

                           protecteurs, son regard toujours m’obsède, ARNAUD, amoureux de

                           l’étrange et du mystique.

                                            Moi,  SAMIRA devenue rebelle que l’injustice dérange.

                           sa perle d’Orient avec mes cheveux noirs et mon ‘Bindi’ au milieux du

                           front, mon troisième œil protecteur.

                                            La première visite chez mes parents à Bénarès, sa nonchalance

                           frisait l’impertinence de notre culture, mais son amour pour moi avait

                           fini de conquérir mon père.

                                            Notre point commun, l’empathie, la justice, l’invincibilité de

                           notre être, de notre moi intérieur, très tôt concernés.

                                            Je donnerais ma vie pour mon pays et la pauvreté régnante.

                           J’ai remplacé mes habits de fête aux couleurs vives, moi SAMIRA, grande

                           à l’esprit que rien n’ébranle, mes yeux verts, trahis par la fatigue, qui

                           sont toujours mon miroir de l’âme.

                           On me voit de loin, on me crie, m’attrape, me serre, se réconforte en

                           moi, de moi, mes hurlements encouragent.         

                                            Aujourd’hui, je suis seule au combat, la grand faucheuse est

                           passée en coup de vent en emportant mes êtres chers, mes parents

                           veillent sur moi, je les sens si fort, ARNAUD ses yeux bleus sont dans un

                           coin de mes souvenirs.

                                            Des amis journalistes, JUDITH et ERIC viennent d’arriver, un

                           soutien parmi tant d’autres, défenseurs des humains, qui risquent

                           leur vie à documenter le monde.  

...

Nous nous retrouvons après plusieurs semaines d’investigations dans une confusion mitigée.

L’état de siège du Grand SLAM n’avait pas eu raison du soulèvement des opprimés.

Fatigué, son état de santé s’était détérioré, il avait succombé à une crise cardiaque, laissant pour la plus grande joie  du petit peuple  de l’AFGAR, place à son fils aîné JASHMAR, 33 ans au pouvoir plus proche de son peuple, s’investissant pour le bien être des humains malgré les contraintes de son père.

SAMIRA ayant reçu le soutien d’une majorité du gouvernement indien, dont notre participation médiatique avait fait grand bruit, s’en réjouissait, avec le temps beaucoup de choses rentraient dans l’ordre, la vie reprenait lentement son cours.

Des bidonvilles toujours présents, mais une prise de conscience alimentaire faisait son chemin.

Des contrôles scientifiques contrôlaient l’eau de la rivière, les animaux pourraient à nouveau s’y abreuver.

Sur la route du retour, notre reportage prenant fin, nous quittons cette femme merveilleuse, SAMIRA avec ses yeux verts et son regard pénétrant, ayant repris un tout petit peu de distance avec son rôle de meneuse de troupe.

Mon photographe ERIC ne peut s’empêcher de prendre en photo cette indienne en tenue colorée, son ‘Bindi’ protecteur au milieu du front, ses cheveux couleur jais, ondulant sous son ‘ Ghunghat’.

Les adieux se font amicaux sans débordement, mais sincères, avec la promesse de lui envoyer notre reportage.

En chemin, sous la brume du petit matin, nous apercevons un troupeau de vaches sacrée sans doute en traine de paître tranquillement, nous laissant une image de paix.

De retour au journal, ‘Le Républicain’, nous nous mettons au travail, trois semaines après pour notre grande joie, notre intervention en Inde fut retransmis à la télévision.

Tout ceci fut communiquer à SAMIRA pour le bonheur de ses combattants de fortune, heureux à présent.

 

A quand notre prochaine mission quelque part dans le monde.

 

                                                      JUDITH et ERIC

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Rédigé par Dominique

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Publié le 13 Mai 2022

 

                                             -J’ouvre un œil, puis l’autre et mes yeux se posent sur un

                           sourire et des yeux rieurs.

                                             -SAMIRA, ma petite déesse adorée…..  Je me souviens des

                           mots doux de maman.

                                             Les genoux repliés, je me rappelle de mon premier amour

                           connu à la fac de sociologie /politique en Suisse, lui blanc aux yeux

                           bleus, sa mèche rebelle, incoiffable, ses paroles douces, ses gestes

                           protecteurs, son regard toujours m’obsède, ARNAUD, amoureux de

                           l’étrange et du mystique.

                                            Moi,  SAMIRA devenue rebelle que l’injustice dérange.

                           sa perle d’Orient avec mes cheveux noirs et mon ‘Bindi’ au milieux du

                           front, mon troisième œil protecteur.

                                            La première visite chez mes parents à Bénarès, sa nonchalance

                           frisait l’impertinence de notre culture, mais son amour pour moi avait

                           fini de conquérir mon père.

                                            Notre point commun, l’empathie, la justice, l’invincibilité de

                           notre être, de notre moi intérieur, très tôt concernés.

                                            Je donnerais ma vie pour mon pays et la pauvreté régnante.

                           J’ai remplacé mes habits de fête aux couleurs vives, moi SAMIRA, grande

                           à l’esprit que rien n’ébranle, mes yeux verts, trahis par la fatigue, qui

                           sont toujours mon miroir de l’âme.

                           On me voit de loin, on me crie, m’attrape, me serre, se réconforte en

                           moi, de moi, mes hurlements encouragent.         

                                            Aujourd’hui, je suis seule au combat, la grand faucheuse est

                           passée en coup de vent en emportant mes êtres chers, mes parents

                           veillent sur moi, je les sens si fort, ARNAUD ses yeux bleus sont dans un

                           coin de mes souvenirs.

                                            Des amis journalistes, JUDITH et ERIC viennent d’arriver, un

                           soutien parmi tant d’autres, défenseurs des humains, qui risquent

                           leur vie à documenter le monde.   

 

 

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Rédigé par Dominique

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Publié le 12 Mai 2022

Bien que niçois, dans les années 1945, 1950, je m'étais exilé dans un petit village de l'arrière-pays nommé Briscaille. Ce jour-là, en sortant du train des Pignes à Puget-Théniers, je vis descendre d'un autre wagon une jeune femme très élégante entièrement vêtue de violet, coiffée d'une capeline agrémentée d'un ruban mauve. Mon village était le seul desservi par un tortillard qui faisait plusieurs arrêts avant d'arriver au terminus. En peu de temps tout le village connut la nouvelle et fut surpris de la voir s'installer dans la vieille auberge fermée depuis un an. Ne sachant rien d'elle le Maire la surnomma avec beaucoup d'élégance : Aubergine. Elle fit venir des entrepreneurs pour restaurer la salle de restaurant, la façade et un petit espace couvert d'une tonnelle pour accueillir quelques clients aux beaux jours. Elle venait souvent au village boire un café, s'intéressait à la vie de la communauté. Lorsque les travaux furent terminés elle pendit la crémaillère. Tous les Briscaillais et beaucoup de ses amis niçois furent invités. Le soleil étant de la partie, le village connut une animation comme jamais auparavant. Une jeune fille lui ressemblant et un jeune garçon d'environ quatre ans restèrent à l'auberge. Le dimanche suivant quelques amis d'amis vinrent déjeuner puis le village retrouva sa tranquillité. Aubergine qui ne manquait pas d'idées alla voir le patron du bistro pour lui proposer d'organiser ensemble un tournoi de belote. Si le nombre d'inscrits tenait dans son café, le tournoi aurait lieu chez lui sinon, il se ferait à l'auberge et ils partageraient les bénéfices. Quelques villageois participèrent à la soirée qui se tint dans le village 

Ce fut une soirée très réussie et une quinzaine de jours plus tard quand elle lança l'idée d'une soirée « LOTO ». L’engouement fut tel qu'elle se déroula à l'auberge dans les mêmes conditions de rémunérations. La télé n'étant pas encore arrivée à Briscaille elle fit des samedis après-midi cinéma car l'hiver approchait et les nuits étaient froides. A l'ouverture de la chasse, plusieurs chambres furent louées car le gibier ne manquait pas sur ces hauteurs. Deux ans passèrent avec une clientèle qui leur permit de garder l'auberge ouverte. Le garçonnet grandissait, il fréquenta l'école de Puget-Thénier en pension car le tortillard ne faisait le trajet que les weekends. Il se fit des copains et cette vie lui plaisait bien...

Mais qui était cette « Aubergine » ? Son accent slave laissait supposer soit une princesse russe émigrée ou rejetée par le pouvoir en place, soit une aventureuse délaissée par son Soutien ? Vous le saurez ou pas, la semaine prochaine !

Louis

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Rédigé par Louis

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Publié le 9 Mai 2022

 

ARRESTATION DE L’INSAISISSABLE

BERTRAND DUPUY

 

Trois policiers de la BSI ont capturé le fugitif ce matin à l’aube.

 

Bertrand Dupuy, accusé d’avoir égorgé sa femme avec un couteau de cuisine, était en fuite depuis le meurtre. Les faits remontent au 2 avril 2022. Ce matin-là, la petite ville de TRANTOR s’est réveillée dans l’horreur : Marie Dupuy est retrouvée gisant dans une mare de sang sur le sol de sa cuisine. Très vite les soupçons se portent sur son mari, d’autant plus que ce dernier est introuvable. Les voisins, interrogés par la police, confirment plusieurs disputes assez violentes chez le couple.

 

Un assassinat bien planifié

L’enquête révéla que l’homme avait soigneusement planifié son crime. Il avait vidé son compte en banque ainsi que celui de son épouse. Il s’était débarrassé de son téléphone, n’utilisait plus sa carte bancaire. Il était devenu transparent. L’insaisissable, comme on l’avait alors surnommé, s’était volatilisé.

 

Une enquête en toute discrétion      

L’enquête fut confiée à la BSI, la Brigade Spéciale Internationale, spécialisée dans la traque de dangereux criminels partout dans le monde. Suite à un travail de fourmi, des enquêtes top secrètes, des recoupages d’informations dont nous n’avons pu avoir le détail, la BSI a réussi, au bout d’un mois à peine, à localiser l’Insaisissable. Il coulait des jours heureux et apparemment sans remords dans une villa à San Pipo, une paisible bourgade argentine. L’opération n’a duré que quelques minutes. Bertrand Dupuy est sorti menotté, encadré par trois policiers d’élite.

 

 

 

_______________

BERT

Vingt ans plus tard, dans la rue où s’est déroulé le drame, Bert, artiste peintre, met la touche finale à son œuvre. Une œuvre monumentale qui couvre tout un mur. Avec son tablier en caoutchouc, sa chemise à carreaux, son pantalon informe, il ressemble plus à un paysan qu’à un artiste. Sa peinture, brute, presque monochrome, lui ressemble. Étalée à grands coups de brosse, elle s’enroule sur elle-même, refuse de se révéler, circonvolute sur ses secrets, mais occupe l’espace pour exister, pour déverser le trop plein de son âme. Par dessus cet enchevêtrement, des formes surgissent qui rappellent ici, peut-être une tête de bovidé, ou peut-être des racines qui sortent de terre, là un hérisson ou peut-être une touffe d’herbe… Chacun y trouve ce qu’il cherche, disent certains journalistes de revues spécialisées dans les arts. Seul Bert sait que c’est la mort, ou peut-être la morte qui veut s’échapper de son cercueil. Ça, les journalistes ne le sauront jamais. Ils aimeraient bien rencontrer l’artiste mais personne n’a réussi à connaître son nom, ni son adresse. Bert se veut discret, il reste une énigme insaisissable.

Insaisissable ! Ce mot le renvoie vingt ans en arrière. C’est comme ça qu’on l’avait surnommé à l’époque, après l’assassinat de Marie. Marie qui l’avait rendu fou d’amour, fou de haine. Marie qui le harcelait, lui reprochait d’être ce qu’il était, Marie qui en voulait toujours plus, plus d’argent, plus de ceci, plus de cela, Marie qui le trompait, le provoquait, l’humiliait. Elle a fini par lui vriller le cerveau, il l’a tuée.

Puis, la fuite, la planque, et un matin, la police. L’insaisissable en a pris pour vingt ans. Vingt ans de taule, vingt ans pour réfléchir, prendre conscience. Vingt ans à essayer de se pardonner… Vingt ans à essayer de se reconstruire.

C’est la peinture qui l’a sauvé. En prison, il a découvert la puissance réparatrice de l’art dans un atelier peinture qu’il a suivi assidûment. Il s’y est consacré entièrement et il continue. Depuis sa libération, il peint. Son domaine, c’est la rue, les murs. Il y a toujours un mur qui l’attend dans la ville. Aujourd’hui, c’est celui qui longe son ancienne adresse. Pas étonnant, ces formes blanches qui veulent sortir de terre. C’est Marie qui gratte de ses ongles de sorcière. Elle l’empêche de se réaliser pleinement. Il ne peut pas se faire connaître, se faire reconnaître car pour le monde, il sera toujours Bertrand Dupuy, l’assassin de Trantor.

Dix années sont passées. Bert a connu d’autres villes, d’autres murs mais persiste à rester anonyme. L’affaire Marie Dupuy est oubliée depuis bien longtemps. Plus personne n’en parle, le nom de Bertrand Dupuy n’évoque plus rien à quiconque, d’autres drames ont occupé les médias et le gens au fil du temps. Sauf pour Bert. Marie, sa gorge ensanglantée, le couteau de cuisine reviennent régulièrement dans ses cauchemars. Pour les fuir, il a quitté Trantor, erré de bourgs en villages, vivant de petits boulots, trois mois ici, six mois là-bas, laissant une trace de son passage sur les murs.

Ce vagabondage artistique et anonyme lui a valu quelques articles élogieux dans les revues d’art. Son œuvre avait un côté jeu de piste qui passionna un temps les amateurs d’art. Il s’agissait pour eux de deviner où Bert l’Insaisissable irait peindre sa prochaine œuvre. Mais Bert vivait chichement. Ses revenus plus que modestes ne lui permettaient pas souvent l’achat de peinture et matériel. Ses fresques se firent de plus en plus rares, les gens se lassèrent et finirent par l’oublier. Avec le temps, ses peintures monumentales se dégradèrent et furent recouvertes par les tags colorés de jeunes artistes.

Aujourd’hui, Bert ne peint plus sur les murs. Il s’est installé dans une petite ville au bord de la mer, travaille comme manutentionnaire dans le supermarché de son quartier, juste au-dessous de son studio. Solitaire, toujours insaisissable, il a découragé toutes les tentatives d’amitié de ses collègues.

Quant à l’amour… Trop dangereux pour lui… et surtout pour elle.. Trop peur de la récidive, trop de douleur, de remords, trop… de tout. A éviter définitivement. Juste la solitude et les souvenirs pour compagnons. Le prix à payer.

Le soir, quand le passé se fait trop présent, il va marcher au bord de la mer. Sur le large trottoir aux pavés mauves, du sable, déposé par le vent ou peut-être la vague, crisse sous ses pas. Il aime ce moment apaisant. La mer s’étale, tranquille. Le ciel change de couleur, passe du bleu au rose en s’approchant de l’horizon. L’horizon, parallèle à la balustrade en colonnes. Paysage graphique. Graphique… c’est le mot juste. Des lignes, des plans et rien d’autre. Minimaliste comme sa vie.

 

Alors Bert s’évade. Il saute par dessus la balustrade, vole vers le grand large, loin de sa petite vie.

 

_______________

Épilogue

 

ON A RETROUVÉ BERT,

L’INSAISISSABLE ARTISTE DES RUES

 

Qui se souvient de Bert ?

L’artiste avait connu quelques moments de célébrité avec ses peintures sur les murs des villes, comme autant d’indices d’un jeu de piste. Mais personne n’a jamais réussi à l’approcher, puis l’Insaisissable avait disparu, ses fresques monumentales aussi, effacées par le temps et les bombes des tagueurs.

C’est en promenant son chien sur la plage au petit jour, qu’une dame a trouvé Bert, inconscient, au pied de la balustrade. A côté de lui, un carton à dessin et les esquisses d’anciennes œuvres qu’il avait peintes sur les murs de diverses cités, ce qui a permis de l’identifier.

L’homme a-t-il fait une chute ou a-t-il sauté ? Pour l’instant, nous n’avons aucune réponse à cette question. Bert est actuellement à l’hôpital, ses jours ne sont pas en danger, pour la plus grande joie des amateurs d’art qui commencent à arriver dans la ville pour faire enfin sa connaissance. La galerie Jeanne Frescot souhaite vivement exposer les esquisses de l’artiste. Une renaissance pour Bert ? L’avenir nous le dira...

 

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Rédigé par Mado

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Publié le 9 Mai 2022

 

Vingt ans plus tard, dans la rue où s’est déroulé le drame, Bert, artiste peintre, met la touche finale à son œuvre. Une œuvre monumentale qui couvre tout un mur. Avec son tablier en caoutchouc, sa chemise à carreaux, son pantalon informe, il ressemble plus à un paysan qu’à un artiste. Sa peinture, brute, presque monochrome, lui ressemble. Étalée à grands coups de brosse, elle s’enroule sur elle-même, refuse de se révéler, circonvolute sur ses secrets, mais occupe l’espace pour exister, pour déverser le trop plein de son âme. Par dessus cet enchevêtrement, des formes surgissent qui rappellent ici, peut-être une tête de bovidé, ou peut-être des racines qui sortent de terre, là un hérisson ou peut-être une touffe d’herbe… Chacun y trouve ce qu’il cherche, disent certains journalistes de revues spécialisées dans les arts. Seul Bert sait que c’est la mort, ou peut-être la morte qui veut s’échapper de son cercueil. Ça, les journalistes ne le sauront jamais. Ils aimeraient bien rencontrer l’artiste mais personne n’a réussi à connaître son nom, ni son adresse. Bert se veut discret, il reste une énigme insaisissable.

Insaisissable ! Ce mot le renvoie vingt ans en arrière. C’est comme ça qu’on l’avait surnommé à l’époque, après l’assassinat de Marie. Marie qui l’avait rendu fou d’amour, fou de haine. Marie qui le harcelait, lui reprochait d’être ce qu’il était, Marie qui en voulait toujours plus, plus d’argent, plus de ceci, plus de cela, Marie qui le trompait, le provoquait, l’humiliait. Elle a fini par lui vriller le cerveau, il l’a tuée.

Puis, la fuite, la planque, et un matin, la police. L’insaisissable en a pris pour vingt ans. Vingt ans de taule, vingt ans pour réfléchir, prendre conscience. Vingt ans à essayer de se pardonner… Vingt ans à essayer de se reconstruire.

C’est la peinture qui l’a sauvé. En prison, il a découvert la puissance réparatrice de l’art dans un atelier peinture qu’il a suivi assidûment. Il s’y est consacré entièrement et il continue. Depuis sa libération, il peint. Son domaine, c’est la rue, les murs. Il y a toujours un mur qui l’attend dans la ville. Aujourd’hui, c’est celui qui longe son ancienne adresse. Pas étonnant, ces formes blanches qui veulent sortir de terre. C’est Marie qui gratte de ses ongles de sorcière. Elle l’empêche de se réaliser pleinement. Il ne peut pas se faire connaître, se faire reconnaître car pour le monde, il sera toujours Bertrand Dupuy, l’assassin de Trantor.

 

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Rédigé par Mado

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Publié le 9 Mai 2022

 

ATELIER :

L'article

LECTURE :

Quelques "articles" de Fondation de Isaac Asimov

ÉCRITURE :

Choisissez une photo dans la série de situations proposées. Elle sera le point de départ de votre mini-saga. Décrivez l’éventuel contexte historique, politique, événementiel, situez-le dans le temps. Vous pouvez rédiger soit un récit, soit un article ou même une page de journal intime.

N’introduisez pas encore votre personnage principal. Ce dernier arrivera dans le prochain atelier, sur de nouvelles photos..

 

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ATELIER 1 : L'ARTICLE
ATELIER 1 : L'ARTICLE
ATELIER 1 : L'ARTICLE

LES TEXTES

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Rédigé par Atelier Ecriture

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Publié le 9 Mai 2022

 

Pour ceux qui me connaissent en tant que grand reporter avec Eric, mon binôme et caméraman préféré, nous ne reculons pas devant une offre de destination lointaine pour le bien de l’humain.

Nous partons en AFGHAR, au KASHMIR région de l’Inde septentrionale, petit état sous le règne du Grand SLAM, despote, autoritaire.

Un soulèvement fait grand bruit…..

Le jour du départ, moi JUDITH, mes renseignements, mon indic. PARI-DELHI, une véhicule nous attend avec un traducteur namasté, namasté, pour faire 600 km. Nous somme briffés rapidement : des réfractaires courageux pour qu’un soulèvement fasse sauter la soupape de la pauvreté, de la misère.

Une photo m’avait frappée, je l’emporte avec moi, on y voyait SAMIRA mon indic, en grande difficulté.

L’objectif, sensibiliser, intéresser et faire découvrir ce petit état au bord de l’explosion, sous gouvernance musulmane, dans un pays aux multiples religions.

Une femme d’âge mûr me donne un voile le « Ghunghat », à poser sur la tête.

- Attention à vous, me chuchote-t-elle me prenant les mains.

La route est caillouteuse, mais durant le voyage le traducteur nous fait voir les bidonvilles dans les marécages, des bambins se promenant pieds nus dans la boue.             

Depuis peu l’eau de la rivière serait empoisonnée par des déchets toxiques et des combats non autorisés évidemment font rage.

Notre rôle, dénoncer auprès du gouvernement indien-via L’Unicef, mais ce dernier est en grande partie  responsable de ce soulèvement voulant annexer cette partie de l’Inde.

 

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Rédigé par Dominique

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Publié le 7 Mai 2022

 

En effet ! Nos scientifiques avaient été unanimes à le proclamer et même les oracles l'avaient prédit, ce siècle couronnerait l'aboutissement des travaux qui allaient résoudre tous les problèmes des humains vivant sur notre vieille terre.

Depuis que nos savants et nos techniciens ont vaincu l'espace, l'homme a commencé à investir des planètes dont il ignorait tout, il y a encore trois cents ans. Tout devait donc se dérouler avec bonheur et permettre aux humains des lendemains dénués de tous soucis.

Pourtant, tout ce qui devait être fait, ne l'a pas été . La découverte d'Antarius, magnifique planète, dix fois plus grosse que la terre, avec ses deux soleils et ses trois lunes, a déjà permis à une nombreuse population, triée sur le volet, de s'installer et de se multiplier avec bonheur dans ce nouveau paradis. Mais rappelons-nous ! Ce privilège ne devait pas être réservé à une certaine catégorie d'hommes et de femmes. Tous les humains devaient avoir droit à la vie et pouvoir quitter cette vieille terre stérile où l'eau n'est plus qu'un souvenir lointain et que les tempêtes de sable transforment en déserts arides. Déserts qui s'étendent de jour en jour sans pitié pour les populations de survivants qui attendent avec impatience le droit de quitter cet enfer.

Si quelques vaisseaux se posent encore, c'est uniquement pour distribuer des vivres et de l'eau, afin de continuer à assurer à ces laissés pour compte un espoir de survie de plus en plus précaire. Les gouvernements en place sur Antarius font la sourde oreille et invoquent des prétextes de plus en plus futiles pour retarder leur arrivées sur ce nouveau monde. Que devons-nous penser ? Allons-nous les laisser périr pour la simple raison qu'ils ne correspondent pas aux nouvelles normes de vie ?

Il est vrai que ces populations sont encore animées par leur foi et honorent des dieux qui n'ont plus leurs places sous ces nouveaux cieux. Ils regardent encore le ciel de notre vieille terre avec l'espoir d'apercevoir l'ange libérateur qui viendra à leur secours. Serrés, le uns contre les autres, pour se protéger des vents de sable, ils conservent l'espoir que les hommes aient encore, dans leurs cœurs, une petite place pour l'humanité.

La question se pose. Nos dirigeants vont-ils attendre que le problème se règle de lui même dans le temps ?

Nous, témoins de notre temps, exigeons des réponses, même si nos questions dérangent... Il serait bienvenu qu'un de nos estimables historiens se souviennent du nom d'un ancien navire, loin dans l'histoire, qui avait été baptisé " EXODUS "...


 

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Rédigé par Fernand

Publié dans #Ecrire sur des photos

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