Publié le 8 Novembre 2019

« Ce n’est pas son jour, ce n’est jamais son jour »¹

Voilà ce qu’il pensait souvent en se regardant dans la glace le matin. Il ne s’était pas coupé en se rasant, pourtant… Ce n’est pas tous les jours vendredi 13 pensait-il. Ce jour, frappé d’interdit, il ne sortait pas de la maison, restait calfeutré, tout pouvait arriver et en fait il ne se passait rien de plus que la vie avec ses hauts et ses bas.

Aujourd’hui c’est différent, tout se recoupait. D’abord l’horoscope sur le journal, plus que favorable. Cette participation à l’émission « La vie en toute simplicité » à laquelle il avait participé la veille. Vous êtes un chanceux lui avait asséné l’animatrice, voyez les choses autrement. Et puis cette annonce, là, sous les yeux : « Studios la Victorine recherche figurants pour scènes de ville », c’est décidé, il ira se présenter, on ne laisse pas passer une occasion pareille.

Évidement, la queue à l’entrée des studios, c’est la rançon du succès futur.

Quelques mots échangés avec de possibles concurrents et voilà que ce bout de corniche, qui n’avait pas lu l’horoscope, décide de lui témoigner toute son affection.

L’instant d’après, il est allongé sur l’asphalte avec en bruit de fond :

-Ouvrez les yeux monsieur, ne vous endormez pas !

Il ne ressent plus rien.

« L’important ce n’est pas la chute, mais l’atterrissage »²

 

 

¹ : La Chèvre de Francis Veber

² : La Haine de Matthieu Kassovitz

 

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Rédigé par Gérald

Publié dans #Cinéma

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Publié le 7 Novembre 2019

Si vous n’aimez pas la mer… Si vous n’aimez pas la montagne… Si vous n’aimez pas la ville… Allez vous faire foutre ! ¹

 

Tout çà parce que je lui disais que j'adorais aller à la campagne tout en lui chantonnant :
Couchés dans le foin
Avec le soleil pour témoin
Un p'tit oiseau qui chante au loin
On s'fait des aveux
Et des grands serments et des voeux
On a des brindill's plein les ch'veux
On s'embrasse et l'on se trémousse
Ah! que la vie est douce..


Sans doute avait-elle deviné mes mauvaises pensées mais bon, elle avait l'âge.

Et puis c'est pas son jour. C'est jamais son jour² d'ailleurs, pensai-je. Depuis le temps que je la connaissais j'aurais dû le savoir.


Se tournant vers moi, elle me demanda :

Ça vous ennuie que je me repoudre le nez ? Il brille mon nez... C'est pas comme mon avenir.³
 

Plagiant Pierre Dac, je lui répondis :

Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir.

Et puis, j'ajoutai un peu agacé :

Arrêtez de parler de votre avenir vivez le présent intensément, souvenez vous de votre passé. 
– Parlez-m'en de mon présent, ç
a fait plus de 6 mois que je suis inscrite à Pôle Emploi !
Pour la réconforter, je lui proposai de prendre un café et alors que j'appelais le garçon, je lui dis

Les yeux dans les yeux, je vous le demande et vous supplie de me répondre : Voulez-vous du beurre sur le pain ?³*

Je l'ai perdue de vue et n'arrive pas à me souvenir si elle met du beurre sur son pain.

 

¹ : A bout de souffle de Jean-Luc Godard

² : La Chèvre de Francis Veber

³ : Trop belle pour toi de Bertrand Tavernier

³* : Faisons un rêve de Sacha Guitry

 

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Rédigé par Françoise M.

Publié dans #Cinéma

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Publié le 7 Novembre 2019

.. entre Mado et Bernard à la sortie du cinéma où ils ont vu un court métrage sur la vie des pigeons.

Bernard : C’est drôle de penser que cette bestiole qui pollue les statues de nos parcs et jardins soit le descendant direct des dinosaures.

Mado : Oui, tu as raison « Un pigeon c’est plus con qu’un dauphin d’accord mais ça vole »¹

Bernard : Vole certes, mais il aurait pu apprendre à nager comme le canard et comme ça, cela il aurait pu jouer avec le dauphin qui lui aurait appris à être moins con.

Mado : Con, con tu sais très bien que « le temps ne fait rien à la faire, quand on est con on est con »² alors tu penses, depuis des millions d’années.

Bernard : Oui mais tu sais, il est plus difficile de voler que de nager. Dans l’eau Archimède l’a dit on reçoit une poussée opposée au poids et au volume déplacés donc on flotte. Alors que Newton, avec sa loi sur la gravitation, nous apprend pourquoi les pommes tombent toutes seules des arbres et elles s’écrasent.

Mado : En conclusion, si j’ai bien compris ton raisonnement, il vaut mieux nager que voler, on risque moins de tomber et de chuter lourdement.

Bernard : Oui tu as raison !

Mado : Bon sang, «  L’important n’est pas la chute mais l’atterrissage »³ Il faudrait donc apprendre aux pigeons non pas à atterrir mais à amerrir comme ça il pourrait rencontre les dauphins et ……devenir moins cons.

Bernard : Mado, le cinéma peut nous faire rêver, mais on ne peut pas lui demander l’impossible. Si l’on pouvait sur une pellicule faire disparaître la connerie. Le monde deviendrait une Magnifique comédie. Hélas le pigeon sera toujours pigeon même avec l’évolution.


 

¹ : Faut pas prendre les Enfants du Bon Dieu pour des Canards sauvages de Michel Audiard

² : Le temps ne fait rien à l’affaire – chanson de Georges Brassens

³ : La Haine de Matthieu Kassovitz

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Rédigé par Bernard

Publié dans #Cinéma

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Publié le 6 Novembre 2019

Sa copine va bien mieux. Elle tremble un peu mais elle dit qu'elle est étanche.¹

 

Elle aime, comme ça être bien protégée,

à l'abri des vents debout

mais parfois, entre deux portes, le courant d'air s'engouffre.

Elle est rigolote... un vrai petit bonhomme Michelin.

 

Elle aime faire son cinéma, elle change tous les jours la prise de vue.

Elle assortie les couleurs vives à son pétillant minois

et capuche ses cheveux crépus pour en cacher le tantinet rebelle.

 

Du matin au soir, elle ne veut plus le quitter

au cas où ils se seraient trompé dans leurs prévisions météo.

 

A la moindre averse, elle déroule prestement de son col

la protection résonnante de papier froissé et autosuffisante .


Elle déteste se mouiller.

 

Se mouiller aussi dans sa vie, jamais elle ne risque.

Si imperméable à tous et à tout, elle fait son chemin.

 

Elle ne marche pas non plus sur des malentendus,

toujours lovée dans son K-Way zippé.

 

Une porte fermée à toutes les fenêtres.²

 

 

¹ : Phrase inspirée par une réplique de Marche à l’ombre de Michel Blanc

² : La vérité si je mens ! 2 de Thomas Gilou

 

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Rédigé par Dany-L

Publié dans #Cinéma

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Publié le 6 Novembre 2019

"Dans mille ans, il y aura plus ni mec ni nana.. que des branleurs ! Je trouve ça génial.."¹

Il dit ça d'un air entendu. En fait, c'est le thème du débat. Qui se passe dans un hall de gare plutôt désaffecté. Nous sommes attablés en rang d'oignons, entre une cafétéria self-service et des clients isolés en salle d'attente.

Je connais Claude depuis longtemps, adeptes que nous sommes des cafés philo, où l'on débat de tout pour ne rien dire de nous.. ou bien l'inverse.

À côté, Gil gigote sur sa chaise et lance une vanne de potache, pour signifier qu'il n'a rien compris au sujet. Rien de nouveau sous le soleil.

Bernie se vautre sur sa chaise et dans ses pensées.

C'est quoi un branleur au fait ?

"Et bien.. c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres"²

Tu as froid ou quoi ? " On est pas venu pour beurrer les sandwichs"

Il vient ce garçon ? Ou plutôt la fille ?

Je veux deux cafés dans deux tasses séparées. Sans sucre et avec du lait. En poudre.. et c'est quoi cette musique d'ambiance ?

"Quand j'écoute Pergolèse, j'ai envie d'éteindre le soleil.. les temps sont durs pour les rêveurs."³

Le débat tourne court, les paroles se déchirent, nul n'écoute, et Claude en sueur frappe du poing sur la table.

Silence.. on reprend !

"Le monde se scinde en deux catégories non binaires : ceux qui causent et ceux qui casquent."

Chris se poudre le nez ou plutôt les narines, sourire ébahi. Chacun connaît ses soirées débridées en backroom, au terme desquelles il est rarement étanche.

Une joyeuse mixture des errances urbaines...

Je les regarde. Ils sont moches. Et c'est rassurant. Mais.. moi je vibre. Je suinte de tout mon corps, endormi sur mon canapé, en état lamentable.

Je soulève avec peine mes paupières. Face à moi.. un reflet plus que piteux. C'est donc bien vrai..

"Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus avant de renvoyer les images.."³*

 

 

¹ : Trainspotting de Danny Boyle

² : La Vérité si je mens ! 2 de Thomas Gilou

³ : Le fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet

³* : Le sang d’un poète de Jean Cocteau

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Rédigé par Nadine

Publié dans #Cinéma

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Publié le 5 Novembre 2019

« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images. »¹

 

C’est ce que qu’aurait dû faire cette caméra, qui a filmé en un long travelling les aventures insensées du super héros qui en fait n’avait plus grand-chose de super et qui bientôt, sous peu et très prochainement allait être rétrogradé dans le fond du classement des héros du grand écran.

Un zéro.

Pointé.

Oui, c’est ce qu’elle mérite cette petite vidéo. Je ne peux pas appeler ça un film.

 

Un film ça fait rêver. Ça fait voyager. Ça nous emporte. Ça raconte une histoire, qu’elle soit belle, mystérieuse, romantique, dramatique, effrayante, comique, terrifiante, futuriste, qu’elle nous tienne en haleine, qu’elle nous interpelle, qu’elle nous fasse nous questionner, qu’elle nous captive quoi !

 

Mais surtout pas qu’elle nous agace, nous énerve, nous désespère à force d’attendre quelque chose qui ne vient pas.

 

Je me tassais de plus en plus au fond de mon fauteuil, à la limite de regretter de ne pas avoir acheté un pot géant de pop-corn, en manque terrible de fraises Tagada et de roudoudous à dérouler. C’est dire l’ennui qui me poussait à avoir des envies d’engraisser mon postérieur d’une manière aussi stupide.

 

Je m’en voulais même de vouloir rester jusqu’à la fin, têtue comme je suis. Je me disais « C’est pas possible, il va bien se passer quelque chose »…

 

J’ai aussi pensé que j’aurais dû rester à la maison, « tranquillou-relaxou-avec-mon-chouchou ».

 

Ah mais non, j’y pense ! Si je suis venue au cinéma, c’est parce que lorsqu’il est rentré tout à l’heure, mon chouchou, il avait rapporté une nouvelle version des Walkyries…

 

« Et moi, quand j’écoute du Wagner, j’ai envie d’envahir la Pologne ».²

 

 

 

¹ : Le sang d’un poète de Jean Cocteau

² : Meurtre mystérieux à Manhattan de Woody Allen

 

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Rédigé par Bernadette

Publié dans #Cinéma

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Publié le 5 Novembre 2019

Écoutez Thérèse, je n’aime pas dire du mal des gens, mais effectivement, elle est gentille.¹

Ce trait d’humour de l’acteur hilare ne parvient pas à calmer Thérèse. Thérèse, c’est la réalisatrice et elle fulmine. Là, c’est trop ! Elle va la virer illico cette assistante. Cette Mina qui n’est jamais à son poste, qui oublie les scripts, qui arrive en retard, qui papillonne devant tous les hommes qu’elle croise…

Mina minaude. C’est la seule chose qu’elle fait consciencieusement. Elle minaude dans la loge de l’acteur qui se prépare, froufroute au milieu des pots de crème, gêne la maquilleuse.

Pousse-toi de là, Mina !

Elle minaude sur le plateau pendant le tournage, virevolte autour du cameraman.

Pousse-toi de là, Mina !

Elle minaude dans la lumière des projecteurs, l’ombre de sa silhouette dansant sur le décor au grand dam du chef électricien.

Pousse-toi de là, Mina !

Et aujourd’hui, en pleine scène d’amour… Dans un décor de chambre à coucher, le héros, l’héroïne, le lit, le baiser… reflétés dans le miroir de l’armoire à glace… la passion, l’amour, tout était parfait. La caméra discrète laisse les amants s’aimer, glisse vers l’armoire pour ‘‘flouter’’ leur reflet dans le miroir… Dans le miroir où Mina minaude !!

Hurlement de Thérèse !

Pousse-toi de là Mina !!!! Bon sang, les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images !²

 

 

¹ : Le Père Noël est une ordure de Jean-Marie Poiré

² : Le sang d’un poète de Jean Cocteau

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Rédigé par Mado

Publié dans #Cinéma

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Publié le 4 Novembre 2019

La vraie liberté dans ce contexte, il n'y en a pas ou très peu, les contraintes d'une guerre  sauvage ......

Je rêve entre deux tirs, mon esprit divague, le cerveau peut être indépendant des gestes automatiques.

Je pensais que j'étais libre de faire ce que je voulais, sans contraintes.

A l'heure actuelle, je prends la liberté de pleurer, ce n'est même pas une liberté mais une réaction indépendante de ma volonté.

Tel est l'humain, un rire nerveux, secoué de larmes.

Pas de souci sur l'opinion des autres, pas le temps de s'y intéresser, je vis, je pense, je frôle la mort.

Seule liberté, une jolie jeune fille qui passe par à, est ce un rêve!!!

L'important n'est pas la chute, de l'esprit, du corps, de l'espérance, mais l'atterrissage, une métaphore suggérant le retour à la réalité réelle ou imaginée.

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Rédigé par Dominique

Publié dans #Cinéma

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Publié le 4 Novembre 2019

 

NOUVELLE A CHUTE

 

Sur le thème "Le Cinéma", rédigez une courte nouvelle qui ménage, si possible, une surprise finale. Pour ce faire, choisissez deux phrases ci-dessous, une pour incipit de votre histoire, une pour la chute.

 

 Les pauvres c'est fait pour être très pauvre et les riches très riche! ”

“ C'est pas son jour. C'est jamais son jour. ”

“ Écoutez Thérèse. Je n'aime pas dire du mal des gens mais effectivement elle est gentille. ”

“ Ah, elle va marcher beaucoup moins bien, forcément! 

"Tu vois, le monde se divise en deux catégories: ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi tu creuses."

‘‘Les temps sont durs pour les rêveurs’

« La vie c'est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber.  »

"Dans mille ans, y aura plus de mecs ni de nanas. Que des branleurs. Je trouve ça génial."

La médecine, le droit, le commerce sont nécessaires pour assurer la vie, mais la poésie, la beauté, la romance, l’amour, c’est pour ça qu’on vit. -

‘‘Quand j'écoute du Wagner ça me donne envie d'envahir la Pologne."

"Nous aurons toujours Paris."

"Mais dis-donc, on est tout de même pas venu pour beurrer les sandwichs !"

"Un pigeon, c'est plus con qu'un dauphin, d'accord... mais ça vole."

"Ecoute viens, y a ton copain qui va pas bien, Il tremble, il dit qu'il est plus étanche"

"L'important n'est pas la chute, mais l'atterrissage."

"C'est la porte ouverte à toutes les fenêtres."

"Dis-toi bien que si quelque chose devait me manquer, ce ne serait plus le vin, ce serait l'ivresse !"

"On sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher !"

‘‘Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute.’’

‘‘Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît’’

‘‘N’avez vous jamais réfléchi à la vraie liberté ? Liberté à l’égard de l’opinion d’autrui ? Et même à l’égard de l’opinion que vous avez sur vous ?’’

‘‘Y paraît que celui qui a inventé la bombe atomique, il aimait vachement les gens ! Alors arrête de me rendre service, tu veux !’’

« N'ayant pas l'âge d'aimer Bernadette, nous décidâmes de la haïr et de tourmenter ses amours. »
“J'écoute uniquement les chansons parce qu'elles disent la vérité... Plus elles sont bêtes, plus elles sont vraies.’’
“Ca vous ennuie que je me repoudre le nez ? Il brille mon nez... C'est pas comme mon avenir...”
“- Les yeux dans les yeux, je vous le demande et vous supplie de me répondre : Voulez-vous du beurre sur le pain ?”

« Quelque fois dans la rue, il y a devant moi une belle fille qui marche les cheveux au vent. Les battements de mon cœur s'accélèrent, je presse le pas pour arriver à sa hauteur. Je la regarde, elle est moche. Et bien je vous assure, je suis soulagé. Je trouve ça rassurant. »
“Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus avant de renvoyer les images.”
“Vous êtes riche et vous voudriez être aimé comme un pauvre. Et les pauvres on ne peut quand même pas tout leur prendre aux pauvres !”
"Vous avez le vin petit et la cuite mesquine, dans le fond vous ne méritez pas de boire !"
“Avec un peu de chic, elle serait pas mal. C'est comme mon hareng, avec un peu de sauce, il serait pas mal...”
"Vous au moins vous ne risquez pas d'être un légume puisque même un artichaut a du cœur !”
“On ne peut pas faire l’amour du matin au soir. C’est pour ça qu’on a inventé le travail.”
"Ne serait-ce qu'à cause de ton vocabulaire, tu ne connaîtras jamais l'atroce volupté des grands chagrins d'amour... mais tout le monde n'a pas la stature d'un tragédien... contente-toi du bonheur, la consolation des médiocres."

"Je ne déteste pas les femmes à lunettes sombres : ça leur donne un genre énigmatique qu’il est assez agréable de profaner."

"Cocu est un mot pour les riches. Moi, si ça m’arrivait, je ne serais pas cocu, je serais malheureux."

"J’adore ces ambiances d’ANPE, c’est convivial, c’est chaleureux, et puis c’est agréable d’être humilié de temps en temps"

"Je n’ai jamais rien volé... sauf une écuelle, un jour, à un chien... qui en avait deux"
"A quoi sert un terrain de golf ? A jouer au golf. Un court de tennis ? A jouer au tennis. Eh bien un camp de prisonniers, ça sert à s'évader."
"Avoir l'air d'un faux-jeton à ce point-là, j'te jure que c'est vraiment de la franchise !"
"Si vous n’aimez pas la mer… Si vous n’aimez pas la montagne… Si vous n’aimez pas la ville… Allez vous faire foutre !"

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Rédigé par Atelier Ecriture

Publié dans #Cinéma

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Publié le 1 Novembre 2019

Je descends la rue Borriglione à Nice. Juste après avoir traversé la rue Raiberti, je sens derrière moi un mouvement de foule, je me retourne et je vois deux hommes cagoulés sortir de la Société Générale, mitraillette d'une main, sac de voyage dans l'autre. L'un me fixe, tétanisé. Moi, je perds la notion du réel, je gravite dans une autre dimension, une espèce de flou m'environne, je deviens justicier.

Donne le sac, je lui dis, ce qu'il fait sans réfléchir. Le plus naturellement possible, je le saisis et me dissous subrepticement dans la foule. Je ne comprends pas ma réaction ni celle du malfrat. Ils disparaissent avant l'arrivée de la police.

Le lendemain, dans le journal « Nice-Matin » un article relate le vol armé d'une certaine somme d'argent en espèces. Que vais-je faire de cet argent, je ne sais pas combien se sac contient, je ne l'ai pas ouvert, je l'ai jeté dans un coin, il me fascine, me fait horreur. Six jours plus tard, je reçois sur mon portable, une photo de moi, de trois quart de dos, avec un sac à la main, le sac contenant le butin. Une semaine après les faits, je ne comprends toujours pas ma réaction. Moi, plutôt discret, évitant au maximum les complications, de m'être projeté en avant, ce n'est pas moi. Pourquoi n'avoir pas amené le sac à la police, mystère ! Mes nuits deviennent difficiles, je dors très mal. De savoir cet argent caché chez moi, dans un sac de sport m'insupporte. Puis, à nouveau, une nouvelle photo avec un message : rendez-vous mardi 22h où vous savez ! Qu'est ce que cette histoire, il doit y avoir malentendu sur la personne. Pourtant, le message arrive sur mon portable, avec ma photo. Comment saurai-je ? Je ne sais rien ! Nous sommes samedi, trois jours, il me reste trois jours pour analyser la situation.

J'essaie de comprendre, de réfléchir. Je me remémore le trajet avant d'arriver sur la place. Un homme m'a accosté, sympathique, m'a rappelé vaguement quelqu'un, m'a beaucoup parlé d'une voie agréable, envoûtante dirai-je. Sans m'en apercevoir, il avait poursuivi son chemin, j'étais bien, léger, détendu. Pourquoi ai-je traversé à cet endroit, alors que d'habitude je change de trottoir pour aller vers le boulevard Joseph Garnier. J'étais téléguidé, Hypnotisé. Le voleur est venu délibérément vers moi, il savait que je serai là, j'ai été manipulé. Que m'arrive-t-il ? Jamais je ne me suis trouvé dans une situation pareille. Il me faut aller à ce rendez vous. Je visionne ma vie à l'envers, les années défilent, 40 ans,30 ans, 20 ans, 15 ans. J'ai une touche, entre 10 et 15, nous étions quelques copains à partir à la découverte d'autres quartiers. Au bout de la rue de la gendarmerie, un coin de colline encore sauvage, appelé la gypière avec des grottes désaffectées. (Ces grottes ont servi d'abris pendant les alertes de la guerre 39-45). Nous y allions souvent, c'était un nouveau terrain de jeux. Je me persuade que le rendez-vous est là. Je vais y aller quoi qu'il advienne. Le mardi à l'heure dite, je m'aperçois que le quartier a complètement changé, des immeubles ont poussé comme partout en ville. Pas un réverbère d'allumé, je suis dans le noir, blanc comme un linge, vert de peur. Je n'attends pas longtemps, une voiture arrive, juste les veilleuses d'allumées, un homme en descend, un masque sur son visage. Il me scrute de ses yeux froids, tend la main, je lui donne le sac, il l'ouvre, regarde avec une torche, et à l'intérieur, que des vieux journaux déchirés en vrac. Il ouvre la portière arrière de la voiture et m'ordonne de monter. Je me retrouve coincé entre deux hommes masqués, silencieux. Je tremble de trouille, nous nous arrêtons devant une maison isolée. On me fait entrer dans une pièce plongée dans le noir. Les lampes s'allument, devant moi, un buffet bien achalandé. Six hommes me font face. L'un après l'autre, ils enlèvent leur masque, et je reconnais, vieillis bien sûr, mes six copains d'enfance qui ont imaginé ce canular pour me fêter mes cinquante ans. Mes nerfs me lâchent, je pleure de joie, rassuré après les épreuves que je viens de subir et le plaisir de revoir mes six potes. On s'embrasse, se congratule, se donne des tapes dans le dos. Je parle de six amis, mais parmi eux il y a deux filles. Une est là, heureuse de ces retrouvailles. Après un certain temps de joyeuse pagaille, je demande le silence : Qui a eu l'idée de cette mise en scène ?

JEAN : C'est moi Jean avec la collaboration de Paule qui m'épaule.Tu te souviens de Paule, la moitié de la bande était amoureux d'elle. C'est moi qu'elle a choisi, pour notre bonheur. Il faut te dire que nous baignons dans le cinéma. Nous avons publié des courts métrages avec quelques scènes tournées à la Victorine. C'est grâce à mes connaissances que nous avons pu tourner ce simulacre de hold-up à la place de la Libération.

ANTOINE : Moi je suis l'hypnotiseur, tu as bien réagi, tu t'es trouvé juste à l'endroit voulu devant Mathieu. Pour la suite, rien n'était arrêté, nous n'avions pas prévu que tu n'ouvrirais pas le sac.

LOUIS narrateur : je n'ai pas bien compris ce qu'il m'arrivait, je suis resté deux jours dans un flou qui n'avait rien d'artistique  Vous m'avez fait passer quelques journées angoissantes. Puis le dernier message : rendez-vous ou vous savez, après réflexion, je ne voyais que cet endroit sans penser que cela pouvait être un canular. C'est vrai que jeunes, nous étions dingues de cinéma, de cowboys, le grand John, son nom m'échappe, tellement grand que son cheval semblait être un poney. Puis les guerres de Sécession, les indiens pourchassés par le général Grant. Mais au fait, Madeleine n'est pas là, c'était bien Madeleine, nous l'appelions Mado il me semble.

GABRIEL : Nous étions trois à être amoureux d'elle, nous n'avons jamais su qui a été l'heureux élu, c'est bizarre qu'elle ne soit pas là, elle avait juste une petite course à faire. Ah, la voilà. Et bien Mado, nous commencions à nous inquiéter.

MADO : Je suis navrée, je n'ai pas trouvé ce que vous vouliez, tous les magasins fermés. Bonjour Louis, tu ne viens pas m'embrasser ?

LOUIS : J'arrive, et nous nous donnons un vrai baiser d'amoureux. Après quoi courrais-tu, il ne manque rien, il y a une super table, de quoi manger, boire. Je profite pour vous remercier de tout mon cœur, mais que manque t-il ?

GABRIEL : Les bougies.

Me dirigeant vers le sac abandonné dans un coin, je fouille dedans et j'en sors un paquet de cinquante bougies.

JEAN : Depuis quand tu sais ?

LOUIS : Le lendemain du vol, quand les vapeurs de l'hypnose se sont évaporées, j'ai revu à travers les ouvertures dans le masque, l'éclat des yeux bleus de Mathieu. Au fait, nous vivons ensemble avec Mado depuis cinq ans.

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Rédigé par Louis

Publié dans #Cinéma

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