MINISAGA

Publié le 22 Mai 2022

02/05/2022

Une foule immense dans les rues de Paris contre la réforme des retraites

Les manifestations contre la réforme des retraites se sont poursuivies hier, samedi 24 septembre 2022. Selon les organisateurs, 100.000 manifestants se sont pressés sur les champs Elysées, 10.000 selon la police. Dans l’ensemble, la manifestation s’est déroulée dans le calme. Quelques inévitables casseurs ont néanmoins attiré l’attention sur eux. Mais les commerçants, les particuliers et la police ayant pris leurs précautions, les dégâts sont restés limités.

Pour une fois, la gauche et l’extrême droite se sont retrouvées ensemble, marchant presque main dans la main. Il y avait, en tête du cortège, Eric Zemour et Marine Lepen, Jean-Luc Mélenchon et Eric Jadot. Parmi les nombreuses pancartes, on a remarqué certaines empreintes d’un trait d’humour, comme celle qui préconise une grève jusqu’à la retraite. D’autres se veulent plus violentes, plus menaçantes, faisant un jeu de mots entre points et poings.

La mesure phare de la réforme envisagée est en effet, en plus du départ à la retraite (comme en Allemagne) à 67 ans, le basculement vers un régime à points. Ici, dans les Alpes-Maritimes, un certain nombre de salariés, c’est-à-dire plus précisément ceux qui travaillent dans la Principauté de Monaco, sont familier de ce régime. Le salarié accumule un certain nombre de points qui dépendent de ses cotisations, qui, elles, dépendent des mois travaillés et du salaire versé. Donc, plus le salaire est important, plus la carrière est longue, plus le salarié obtient des points. Dans la plupart des différents régimes français actuels, le montant de la retraite dépend des trimestres travaillés et aussi de la rémunération. Alors, quelle est la différence ? allez-vous demander. Voici la réponse : Dans ces régimes, le montant de la retraite ne peut jamais baisser, il est plus ou moins – plutôt moins en fait – indexé sur l’inflation. Par contre, dans le régime à points, le budget disponible pour payer les retraites est divisé par le nombre de points accumulés par les retraités. Ce budget est alimenté par les cotisants, il est donc soumis à des fluctuations. La valeur du point peut donc augmenter, ce qui était notamment le cas à Monaco le 1er mai dernier. Mais la valeur du point peut aussi baisser. Le retraité peut donc voir sa retraite diminuer, et apparemment, le projet de loi ne prévoit aucune retraite minimum, contrairement aux promesses électorales de notre président.

L’Assemblée nationale et le Sénat sont en partie hostiles à cette réforme, les députés et sénateurs de l’opposition risquent d’introduire des nombreux amendements pour perturber les débats et retarder le vote final. Il est donc fort probable que le gouvernement va recourir, comme en mars 2020, à l’article 49.3 de la constitution pour faire passer son projet de loi. Toutefois, il me semble que la rue n’a pas dit son dernier mot.

09/05/2022

Le look distingué de Lee Wang, un Chinois de Hong Kong, résulte aussi bien de son physique que de son style vestimentaire. Il est mince, se tient très droit, ce qui le fait paraître plus grand qu’il ne l’est. Un petit ventre se pointe toutefois depuis quelques mois, dû à l’excellente cuisine de sa belle-mère, un vrai cordon bleu champenois. En vain il s’efforce à contrôler ce début d’embonpoint par des séances régulières de fitness. En ce qui concerne sa façon de s’habiller, il porte presque exclusivement des vêtements faits sur mesure, soit des costards, assortis à des chemises à col italien achetées dans une boutique de luxe, soit, comme aujourd’hui, des vêtements d’aspect décontracté et très confortables. Il est en effet en chemin pour l’aéroport. Son vol pour Hong Kong dure onze heures, il vaut mieux être à l’aise.

Coincé par la manifestation contre la réforme des retraites, son chauffeur et lui ont quitté la voiture pour voir ce qui se passe. Il bouillonne intérieurement, mais paraît calme, attitude qu’il s’efforce d’adopter en toute circonstance. Directeur d’une société d’import-export, il importe des textiles et des microprocesseurs et exporte du champagne, surtout celui venant des vignes de sa belle-famille. Les affaires marchent bien, ce qui lui permet de supporter les conditions de vie en France. Ce ne sont pas les conditions de sa vie privée qui lui posent problème. Il a une belle villa dans la banlieue sud de Paris, avec piscine et terrain de tennis, une belle femme douce et aimante et deux adorables enfants, encore trop petits pour poser des problèmes.

Ce qui le hérisse, ce sont les conditions de travail dans ce pays. Il pouvait prendre cette manifestation comme exemple. Alors qu’en Chine, on travaille jusqu’au moment où vraiment, on n’en peut plus, ici en France, les salariés arrêtent de travailler alors qu’ils sont encore en pleine forme et touchent ensuite une rémunération confortable pour ne rien faire. De même, pendant la vie active, les salariés travaillent 35 heures par semaine, et si on leur demande de faire des heures supplémentaires c’est toute une histoire. Alors qu’en Chine, les gens travaillent volontairement entre 12 et 14 heures par jour, certains dorment même sur leur lieu de travail pour ne pas perdre du temps. Puis, en France, il y a plein de jours fériés, les salariés en profitent pour revendiquer ce qu’ils appellent des ponts, il y a les congés payés, de maternité, de maladie pour le moindre bobo. En Chine, il n’y a qu’une période festive, c’est le nouvel an.


 

16/05/2022

Ce que Lee Wang ne voit pas, c’est que son comptable participe à la manifestation. Ce dernier, par contre, l’observe bien, il voit toute son arrogance, son impatience, tout son mépris pour la classe des travailleurs. Son patron étant un homme intelligent, en tant que comptable, il est assez bien payé, mais il voyait les salaires des manutentionnaires, des simples employés de bureau. Il connait, bien sûr, les bénéfices de l’entreprise, les bénéfices réels et ceux déclarés, puisqu’il maitrise à merveille ce qu’on appelle maintenant l’optimisation fiscale.

Dans la même manifestation, un peu plus loin dans le cortège, il y a aussi la femme de ménage qui assure tous les matins de quatre à sept heures la propreté des bureaux et autres locaux. Payée au SMIC, la semaine précédente, elle avait osé demander une augmentation de salaire, arguant de sa fiabilité, sa ponctualité, son honnêteté, son ancienneté dans l’entreprise. Il l’avait regardée, visiblement amusé, et lui avait répondu qu’il pouvait la remplacer à tout moment, qu’il y avait au moins 10 chômeurs qui seraient heureux d’avoir sa place. Donc, si elle n’était pas contente …

Comme le comptable, elle aussi, elle voit son patron. Contrairement à la discrétion de ce collègue de travail, prise par l’ambiance générale de contestation, par l’illusion de protection distillée par le groupe, elle s’avance vers son patron pour l’insulter. C’est comme si ses camarades de cortège n’attendent que ça. Eux aussi, ils se mettent à insulter ce patron habillé avec élégance. Ils ne le connaissent pas, ne savent rien de lui, mais ils sont solidaire avec son employée. Ils le prennent à partie, le coupent de sa voiture salvatrice, et ce n’est peut-être que grâce à l’arrivée de la police qu’il s’en tire avec quelques bleus et une veste déchirée.

Epilogue :

Ce jour-là, Lee Wang a loupé son avion. A la place, il s’est retiré à la campagne, dans son château récemment acquis. Il a fait venir sa famille et ils ont discuté, son épouse et lui, de l’ingratitude de ses salariés. Puis il a passé un coup de fil à son DRH pour faire licencier la femme de ménage pour faute grave.

 

 

Rédigé par Iliola

Publié dans #Ecrire sur des photos

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