UN PARFUM DE LAVANDE

Publié le 2 Février 2022

La petite lampe vacille. Les reflets sur la page blanche tremblent. L’ombre de l’abat jour ballotté par l’éclat de l’ampoule capricieuse escalade les murs, dégringole et se fixe sur le regard du rédacteur. J’écris avec frénésie (extrait d’un texte de Gerald)

Mon rapport qui pour mon supérieur semblait d’une importance capitale. La moiteur du bureau faisait couler de mon visage de grosses gouttes de sueur, que j’épongeais à l’aide de mon grand mouchoir à carreaux noir et blanc.

Je me remémorais la scène et la vision du cadavre aperçu du pas de la porte pour comme ils m’ont dit ne pas souiller la scène du crime. Elle était allongée en travers du lit. Que faisait elle la loin de son domicile qui d’après ses papiers se situait dans le quartier est de la ville. Pourquoi le chef tenait il à ce que je lui fournisse rapidement une solution à ce crime.

La petite lampe du bureau continuait à vaciller en projetant des reflets sur ma page blanche qui demeurait désespérément vide. Cette affaire, c’était peut-être l’affaire de ma vie, moi inspecteur débutant, je me voyais comme l’éclat de l’ampoule capricieuse escalader les échelons de la hiérarchie. Alors je me suis mis à écrire avec frénésie.

De là ou je me trouvais j’ai pu voir le corps qui était la au beau milieu d’un grand lit, elle était nue et ne bougeait plus. Seul le soleil jouait à faire vivre les ombres dans cette pièce plongée dans un silence de mort. Un de la scientifique, la couvrit avec un drap trouvé dans l’armoire. Un parfum de lavande envahit la chambre me faisant oublier le pourquoi j’étais la.

  • Alors ce rapport il arrive cria le chef depuis son bureau

Je me mis comme les reflets sur la page blanche à trembler en essayant de me rappeler les cours de l’école de police. Ma feuille termina dans la corbeille, que pouvais-je lui dire. Je pris une nouvelle feuille sur laquelle j’écrivis :

  • Elle était morte

Je restais là silencieux devant ces trois mots «  elle est morte » je venais là de rendre un jugement définitif sur la vie de cette jeune femme, que je ne connaissais pas. Pourtant, il avait se dit-il interrogé tous les voisins de l’immeuble. Il se repassa le film de la journée.

Tous les habitants défilent dans sa tête et là il se rend compte qu’il ne sait pas grand-chose d’eux. Depuis le départ de ma femme, je m’étais un peu réfugié dans le travail. Finalement il avait fallu que quelqu’un bouscule ses habitudes pour s’ouvrir aux autres. (Extrait d’un texte de Gerald)

C’est drôle se dit-il il a fallu une morte pour que je retrouve la vie. Le visage de la morte lui revint en mémoire. Elle semblait dormir qui avait osé lui retirer son droit de vivre ? Et lui qui était –il pour qu’en trois mots sans la connaitre il écrive son épitaphe sur un rapport qui allait terminer sur une des étagères poussiéreuses des archives de la criminelle. Non se dit-il ! Je saurais le pourquoi. Il se leva rentra dans le bureau du chef et il expliqua qu’elle ne pouvait pas être qu’un simple numéro dans un dossier non résolu. Il allait reprendre les éléments de l’enquête pour faire la lumière sur cette affaire. Le chef lui donna une semaine pas un jour de plus. Confiant dans sa réussite, il retourna interroger les habitants de l’immeuble.

Personne ne la connaissait !

Personne n’avait entendu quoi que ce soit !

Seule une voisine de palier se souvint, qu’elle pensait avoir entendu mais elle n’en était pas sure un bruit le fameux soir. Tout cela commençait mal, il pénétra dans la chambre après avoir retiré les scellées. Allait-elle lui fournir un début de piste ? Allait-elle parler pour l’aider dans sa quête de la vérité

Il restait là assis dans cette chambre où la lumière du monde pour elle s’était éteinte. Il se laissa envahir par le silence de la pièce que seul le tic tac de la pendule murale venait perturber. Il fouilla, l’armoire et le meuble de bureau.

Tandis que s’élève vers ses narines un bouquet de flaveurs boisées, suave et sauvages à la fois, le bouquet des essences perdues, ce jus amer et tendre où danse à jamais le grand cygne du lac (Extrait d’un texte de Nadine)

La mort du cygne de Saint-Saëns lui revint en mémoire, il imagina cette jeune femme dansant sur la pointe des pieds, tout là haut au paradis. Un bruit de porte le sortit de sa rêverie, ayant fait le tour de la pièce il referma emportant avec lui cette odeur capiteuse de lavande celle la même qu’il avait senti quand il avait découvert le corps. Les indices matériels étaient maigres. Quelques flacons rangés sur l’étagère de la salle de bains. Les parfums de marque Dior, Chanel qui contrastaient avec cette odeur de lavande entêtante l’invitèrent à suivre la piste olfactive.

De retour au commissariat, il relut en détail le rapport du légiste, avait-il oublié un détail ? Il apprit ainsi que la jeune femme était ce que l’on appelle un Nez dans le monde de la parfumerie et qu’elle avait un poste important dans l’entreprise de parfumerie Grassoise.

Le lendemain à la première heure il se rendit à la parfumerie pour en savoir un peu plus. Le directeur effondré lui apprit qu’elle venait de mettre au point un nouveau parfum qui allait bousculer le marché de la haute parfumerie. L’entreprise venait de remporter un marché international.

En continuant ses investigations auprès de ses camarades de laboratoire, il apprit qu’elle travaillait sur la dénaturation de la lavande pour en extraire la quintessence et ainsi libérer l’entreprise des aléas des producteurs de cette fleur. Sa découverte élevait son parfum sur le podium des plus grands.

Au mot lavande, son cerveau se mit en ébullition.

Non le parfum senti dans la chambre, sortait directement d’un super marché et ne pouvait rivaliser avec les grands. L’auteur du crime avait-il voulu lui faire comprendre l’importance de la fleur de lavande dans la réalisation du produit parfum ?

L’enquête devenait limpide, il fallait qu’il s’oriente vers les producteurs de cette fleur emblème de la Provence qui était en relation commerciale avec l’entreprise de Grasse.

Il n’eut pas de mal à trouver ce vieil horticulteur qui avait passé sa vie pour et dans la lavande et que la victime venait de détruire le pourquoi de son existence. Ils s’étaient donné rendez-vous pour essayer de discuter, mais la différence d’âge et la fougue de la jeunesse. Elle, elle écoutait d’une oreille et entendait de l’autre. Il l’a bousculé, elle est tombée sa tête heurtant le sol. Quand il réalisa ce qu’il venait de faire,il l’aspergea du parfum de lavande comme pour lui demander pardon.

Il n’avait pas voulu cela, c’était un accident.

 

Rédigé par Bernard

Publié dans #Divers

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