PARTIE 3 : LA LAVANDE

Publié le 2 Février 2022

Tandis que s’élève vers ses narines un bouquet de flaveurs boisées, suave et sauvages à la fois, le bouquet des essences perdues, ce jus amer et tendre où danse à jamais le grand cygne du lac (Extrait d’un texte de Nadine)

La mort du cygne de Saint-Saëns lui revint en mémoire, il imagina cette jeune femme dansant sur la pointe des pieds, tout là-haut au paradis. Un bruit de porte le sortit de sa rêverie, ayant fait le tour de la pièce il referma emportant avec lui cette odeur capiteuse de lavande celle la même qu’il avait senti quand il avait découvert le corps. Les indices matériels étaient maigres. Quelques flacons rangés sur l’étagère de la salle de bains. Les parfums de marque Dior, Chanel qui contrastaient avec cette odeur de lavande entêtante l’invitèrent à suivre la piste olfactive.

De retour au commissariat, il relut en détail le rapport du légiste, avait-il oublié un détail ? Il apprit ainsi que la jeune femme était ce que l’on appelle un Nez dans le monde de la parfumerie et qu’elle avait un poste important dans l’entreprise de parfumerie Grassoise.

Le lendemain à la première heure il se rendit à la parfumerie pour en savoir un peu plus. Le directeur effondré lui apprit qu’elle venait de mettre au point un nouveau parfum qui allait bousculer le marché de la haute parfumerie. L’entreprise venait de remporter un marché international.

En continuant ses investigations auprès de ses camarades de laboratoire, il apprit qu’elle travaillait sur la dénaturation de la lavande pour en extraire la quintessence et ainsi libérer l’entreprise des aléas des producteurs de cette fleur. Sa découverte élevait son parfum sur le podium des plus grands.

Au mot lavande, son cerveau se mit en ébullition.

Non le parfum senti dans la chambre, sortait directement d’un super marché et ne pouvait rivaliser avec les grands. L’auteur du crime avait-il voulu lui faire comprendre l’importance de la fleur de lavande dans la réalisation du produit parfum ?

L’enquête devenait limpide, il fallait qu’il s’oriente vers les producteurs de cette fleur emblème de la Provence qui était en relation commerciale avec l’entreprise de Grasse.

Il n’eut pas de mal à trouver ce vieil horticulteur qui avait passé sa vie pour et dans la lavande et que la victime venait de détruire le pourquoi de son existence. Ils s’étaient donné rendez-vous pour essayer de discuter, mais la différence d’âge et la fougue de la jeunesse. Elle, elle écoutait d’une oreille et entendait de l’autre. Il l’a bousculé, elle est tombée sa tête heurtant le sol. Quand il réalisa ce qu’il venait de faire, il l’aspergea du parfum de lavande comme pour lui demander pardon.

Il n’avait pas voulu cela, c’était un accident.

 

Rédigé par Bernard

Publié dans #Divers

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