YACHT SHOW !

Publié le 18 Octobre 2020

 

Ce n’est pas par hasard que je me promène au Vieux Port de Monaco. Je suis venue pour le Monaco Yacht Show, événement annuel où le monde de la plaisance de luxe tient salon. Des yachts luxueux se disputent la vedette avec des voiliers racés, élégants. C’est une invitation qui m’a permis de quitter pour quelques heures ma vie de petite fonctionnaire et de me téléporter dans ce monde ou l’arrogance, l’extravagance, l’élégance et la beauté côtoient le mauvais goût de luxe.

Mes yeux tombent sur une petite capsule installée sur le quai. Elle me fait penser aux télécabines d’Isola 2000, communément appelé les « œufs ». Je m’approche, interroge le présentateur. Il m’explique que c’est une sorte de sous-marin minuscule. Deux personnes et un pilote peuvent s’y tenir assis et descendre vers des profondeurs abyssales.

  • On peut faire un essai ?

  • Vous étés intéressée pour l’acheter ?

Après avoir gambadé plusieurs heures sur le port, je connais la réponse adéquate à cette question.

  • Oui, bien sûr !

Le présentateur consulte son planning et me propose une sortie pour le lendemain à 10:00 heures.

Le lendemain, je suis là à 9:30 heures. Je n’ai pas eu de mal à me réveiller vu que je n’ai pas dormi de la nuit. Un homme attend déjà. Il est assez grand. Je devine des muscles puissants sous son t-shirt. J’apprends que c’est avec lui que je vais faire le voyage. Le présentateur et le pilote arrivent vers 9:55 heures. Ils nous donnent des consignes de sécurité, nous font mettre des vêtements, de sécurité aussi, paraît-il, qui nous font ressembler à des astronautes. Je suis de plus en plus excitée et heureuse. Nous entrons dans la capsule avec notre pilote. Le présentateur la ferme hermétiquement. Ai-je bien fait ? Mon cœur bat jusqu’au cou. La capsule glisse sur une rampe, s’immerge dans l’eau, quitte le port, s’enfonce dans la mer. Plus le temps d’avoir peur. C’est trop beau et il y a tant de choses à voir !

Au bout de cinq minutes ressenties, le pilote nous dit que nous sommes là depuis une demi-heure et qu’il faut retourner. C’est à ce moment que mon coéquipier sort un long couteau effilé, je ne sais d’où.

  • Vous allez gentiment tourner vers l’Est. Vous croyez vraiment qu’on va se contenter d’une petite balade autour du port de Monaco ? Vous allez nous amener vers la Péloponnèse, où se trouve la fosse de Matapan avec une profondeur de 5121 m.

J’ai le souffle coupé. Je ne dis rien, me fais toute petite. Si je pouvais, je me rendrais invisible, à cause du couteau, mais aussi à cause du frisson d’excitation qui court le long de ma colonne verticale. Quelle aventure ! Le pilote s’exécute en tremblant. Mon voisin me regarde, tout content.

- On va voir ce que cet engin a dans le ventre, dit-il.

Nous filons à toute allure. Les poissons s’écartent en vitesse à droite et à gauche de notre capsule. Les calamars font pareil. J’écarte les yeux pour ne rien perdre du spectacle. Nous arrivons à la fosse de Matapan un peu avant midi. Le pilote ralentit, descend dans l’abîme. Je n’arrive pas à y croire. Moi à plus de cinq kilomètres sous la mer. L’obscurité est totale. Le pilote allume les phares. Les poissons ont des formes bizarres, allongés, ronds, cubiques, trapézoïdales, cylindriques. Ils ont des couleurs arc-en-ciel fluorescents. Certains sont petits, d’autres immenses, bien plus grands que notre capsule. Ils commencent à s’intéresser à nous. L’un nous pousse, nous sommes bousculés. Un autre nous retourne. Sommes-nous leur nouveau jouet ? Ils semblaient nous renifler et aboutir à la conclusion que cette capsule n’est pas comestible. Comme elle ne semble pas non plus être dangereuse, ils se détournent de nous, nous laissant tout loisir pour les observer. Des heures plus tard, les deux hommes me débarquent à Nauplie, avec assez d’argent pour que je puisse rentrer en France. Eux, ils continuent l’aventure. Dommage qu’ils ne m’y associent pas.

 

 

Rédigé par Illiola

Publié dans #Rêves

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