BRUME ONIRIQUE

Publié le 5 Mars 2019

La brise légère fend l'eau qui frémit..

La barque glisse et chaloupe pour enfin s'apaiser. Chaleur écrasante sous ciel laiteux.

Le groupe écarlate sent la sueur s'égrainer sur le sol aride. La lagune s'épuise et semble s'enfoncer. Au loin les collines, comme un troupeau docile qui cherche sa pâture.

Le rêve s'ébroue, transpire. Désarroi du désert austral, où les mirages abondent, illusion de fusion quand l'horizon déraisonne.

La lumière embrase un silence pesant.

C'est l'heure entre chien et loup où la chaleur chuinte en sourdine, s'accroche à la peau, chuchote, clapote, chute enfin sur les couvres chefs.

La vue se brouille, les paupières palpitent à petit feu, s'abritent pour que gouttent entre les cils des larmes lumineuses. Vaporeuse pensée qui peine à percer le plafond de verre.

L'appareil à distance respectable est posé sur un pied qui pallie l'absence. Le retardateur est programmé pour figer ce goût d'éternité, aux confins du désert. Peut-être a-t-il du mal à se blottir, et chasser la brume qui court sous la chaleur. Toujours est-il que la lentille esquisse un pas de danse, où suinte un trop-plein de chagrin.

La scène immobile ondule et vacille comme le frêle esquif sur les flots ombragés.

Un rayon transparent rencontre l'objectif et le trouble à jamais. Une silhouette blanchie à la chaux par la note bleue d'un blues évanescent.

Rédigé par Nadine

Publié dans #Ecrire sur des photos

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