RÉSOLUTIONS

Publié le 17 Octobre 2018

Une crise politique sans précédent secoue la planète. Les humains se divisent en deux camps, les pro et les anti pluie. Ils s’affrontent de plus en plus fréquemment un peu partout sur Terre.

Pour contrer cette vague de violence, la Commission Universelle est réunie en Congrès exceptionnel depuis deux jours. Rappelons qu’il s’agit de la plus haute instance de régulation de la vie sur Terre, composée de personnalités scientifiques et politiques issues du nouvel ONU (Ordre Nouveau Universel) instauré en 2020 pour tenter de sauver la planète d’une faillite annoncée en raison des agissements irraisonnés des générations précédentes.

Le monde retient son souffle ; la trêve est jusqu’à présent respectée. On attend de la Commission des Résolutions et innovations aussi radicales que par le passé. Citons pour mémoire l’abandon définitif du pétrole, au profit des biocarburants végétaux et animaux, qui a mis fin à la pollution atmosphérique, la fin de l’habitat individuel amorcé en 2035, qui a permis de donner un toit à chacun des vingt milliards d’humains qui peuplent la planète, l’adoption de l’eau de synthèse en 2036, qui a éradiqué la soif dans le monde et les sécheresses, ou encore, pour ce qui nous concerne aujourd’hui, la domestication de la Météo, immense chantier entrepris depuis 2037 et dont les premiers effets se font déjà ressentir.

En effet, depuis maintenant deux ans, chaque portion de la planète bénéficie d’un climat tempéré alternant les quatre saisons par roulement ; quand le printemps s’annonce en Europe, c’est déjà l’hiver aux Amériques et l’Asie profite d’un été radieux. On a déjà pu voir revenir la neige au cœur du Sahara et les pôles refleurir. Depuis la domestication du climat et l’adoption de l’eau de synthèse, la pluie du ciel, devenue totalement inutile, n’est plus programmée par Météo Monde, l’organe régulateur du climat.

Dans chaque pays, le secteur hôtelier bénéficie pleinement de ce nouvel état d’ensoleillement perpétuel. Les stations balnéaires et touristiques se multiplient et empiètent sur les zones urbaines et agricoles. Certains villages-vacances sont peu à peu devenus de véritables cités, voire des métropoles comme dans le sud-est français, au détriment des autochtones condamnés à se retirer au fond de vallées reculées, froides et obscures, avec tous les problèmes quotidiens liés à la distance, dans l’attente impatiente de moyens de télétransportation fiables.

Effectivement, le « beau temps » (comme on disait avant) ne fait pas que des heureux. Le secteur agricole est en pleine ébullition : l’arrêt des pluies nécessite des travaux permanents d’arrosage à l’eau de synthèse qui restent pénibles et coûteux, ce qui a entraîné la flambée des prix agricoles que l’on connaît. Elle touche plus particulièrement les plus défavorisés (en attendant l’adoption du Revenu Unique dont la mise en place se révèle plus compliquée que prévu). On assiste donc depuis quelques semaines à des pétitions et contre-pétitions rassemblant des milliards de signatures, à des joutes mondovisées rivalisant d’arguments et contre-arguments, et à des soulèvements populaires qui se terminent trop souvent en affrontements violents.

Alors, pluie ou pas pluie ? Et si oui, selon quelles modalités géographiques et périodiques ? La question reste entière. La réponse repose sur les épaules de nos Commissaires Universels. Espérons en une Résolution de l’ONU aussi sage que les précédentes et qui mettra fin à cette période noire de notre histoire du Temps.

Rédigé par Benoit

Publié dans #Écologie et environnement

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article