PREPARATIFS

Publié le 18 Mars 2018

Enfant, je rêvais souvent de l’Italie.

J’écoutais mes oncles parler entre eux cette langue que je ne comprenais pas.

Leurs discussions se terminaient souvent avec larges sourires et gestes explicatifs.

Le mystère n’en était que plus grand.

 

Nous habitions dans le même petit immeuble dont le toit-terrasse était utilisé pour le séchage des grandes lessives avec draps blancs flottant au vent.

J’écartais ces draps pour me rendre au local attenant la buanderie, une sorte de faux-grenier, pour y lire les journaux qu’ils recevaient d’Italie.

Je découvrais des revues aux noms exotiques « Corriere della sera » ou la « Stampa » et bien que n’y comprenant rien, j’étais subjugué par la musique des mots et par les photos de faits divers ou de bâtiments millénaires (nous n’avions pas ça dans nos journaux).

Le parfum d’aventure a dû naître là et ce pays n’a cessé de m’attirer.

 

Plus tard, lorsque j’appris l’Italien au lycée, je découvris, sans doute à cause de la consonance des mots, un monde parallèle comme un cousin éloigné dont on a oublié l’existence bien qu’il fasse partie de la famille…

 

L’âge de voyager arriva. Le premier voyage de notre jeune couple sera Roma.

On nous recommanda de bonnes lectures sur Firenze, Siena, Cremona, Gubbio, Venezia et… Roma.

Le simple fait de les prononcer nous faisait déjà voyager au-delà du mont Agel que j’apercevais de ma fenêtre !

Évidemment, notre maigre pécule ne me permettra pas de fréquenter les grands hôtels de Stresa, Lugano ou Bellagio. Qu’à cela ne tienne, les trattorie avec leurs nappes à carreaux et le repas pris à la table du patron feront l’affaire.

 

L’Italie toute entière ressemble à un musée à ciel ouvert, c’est bien connu.

Je potassais Rome. La vraie Rome, celle de l’empire, celle de la ville éternelle, celle des ruines, des colonnes tronquées, des arcs de triomphe, des arènes. Des hommes aussi mais figés dans le marbre, prenant des postures autoritaires, comme celle des femmes vêtues de draperies sensuelles pour l’éternité.

Les places de Rome m’interpellaient, meublées de statues, de fontaines où l’on jette une pièce le dos tourné et être convaincu de revenir à Rome pour la retrouver.

Il faudra pour y arriver traverser les collines de Toscane et la campagne romaine. Notre petite voiture tiendra-t-elle le coup ?

Bien sur, les tableaux, les livres, les vestiges, les manuscrits sont à l’abri dans des galeries. Mais les mosaïques, les fresques, les pierres gravées, les campaniles, les dômes, les canaux qui longent les remparts, les jardins débordant de fleurs sont étalés en plein air et s’offrent à ceux qui savent apprécier.

 

Le jour précédant le départ, allongé, je lis un ouvrage sur la Toscane et je m’attarde sur une photo.

Un savant dosage entre espaces dégagés et alignement de cyprès, le calme, un sentiment d’harmonie, voilà ce qu’il s’en détache.

La brise semble perceptible avec cette poussière soulevée à l’arrière d’une charrette tirée par un âne.

Au loin, sur cette photo, une collégiale nichée parmi les longs arbres fins diffuse sur la campagne un parfum de tranquillité.

En prêtant l’oreille, j’entendrais le tintement des cloches de l’angélus.

 

Je m’endors, la tête embrumée de collines, de façades en terre de Sienne, de douceur de vivre…Piazza Navone, villa Médicis… j’y suis déjà !

Rédigé par Gérald

Publié dans #Voyage

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