ÉCRITURE BLANCHE ET DIALOGUE

Publié le 29 Mai 2017

Nighthawks - Edward Hopper

Nighthawks - Edward Hopper

L’expression « écriture blanche » nous vient de Roland Barthes dans Le degré zéro de l'écriture (1953).

C'est Roland Barthes qui a instauré l'expression d' « écriture blanche », dans Le degré zéro de l'écriture (1953), pour désigner un minimalisme stylistique caractéristique de la littérature d'après-guerre. Cet événement formel, il l'observe chez plusieurs auteurs qui s'imposent dès les années 1950 : Albert Camus, Maurice Blanchot, Jean Cayrol. Mais la formule reste valide pour décrire une bonne part de la littérature contemporaine, non seulement dans le domaine romanesque, de Henri Thomas à Annie Ernaux, mais aussi dans d'autres genres, voire même dans d'autres arts. Il faut entendre l' « écriture « blanche » comme on parlerait d'une voix blanche, c'est-à-dire sans intonation, dans une sorte d'absence énonciative. Barthes la définit comme une écriture « plate », « atonale », « transparente » ; plus encore, comme ce qui, dans le style même, nie la littérature : une écriture « alittéraire », « une absence idéale de style ».

https://www.unil.ch/fra/fr/home/menuguid/litterature-moderne/histoire-litteraire/ressources/xixe---xxie-siecles-d-kunz-w/ecriture-blanche-et-nouveau.html

En ce qui concerne cet atelier, plutôt qu’une écriture « plate », nous allons envisager l’écriture blanche comme une écriture neutre, près du réel qui décrit et suggère sans mettre en avant les jugements, perceptions des personnages, laissant le lecteur interpréter et exprimer lui-même son ressenti.

Il faut montrer plutôt que dire.

 

Ce sont les personnages qui dévoilent eux-mêmes leurs sentiments à travers le dialogue, dont les répliques alternent avec des passages narratifs en écriture blanche.

L’écriture blanche donne donne plus de force au récit en déléguant les émotions au lecteur.

 

Exemple :

 

Sophie eut l’air étonné :

Je t’ai fait de la peine ?

Non, non, balbutia Sonia en rougissant.

Elle baissa la tête, remonta ses lunettes de soleil tout contre ses yeux.

 

Dans ce passage, le lecteur est témoin d’une scène qu’il interprète selon son ressenti.

 

La même scène en focalisation interne :

 

Sophie s’étonna :

Je t’ai fait de la peine ?

Non, non, mentit Sonia rougissante, le cœur gros.

Elle sentit monter des larmes et les cacha derrière ses lunettes de soleil.

 

Dans ce passage, aucune place pour l’interprétation. L’auteur raconte tout.

  

Pour rédiger en écriture blanche, utilisez la focalisation externe : le narrateur décrit les scènes, les comportements des personnages comme le ferait une caméra.

 

Voir lien ci-dessous :

SOURCES :

LECTURE :

Extrait de Des souris et des hommes de John Steinbeck

 

SUJET D'ÉCRITURE :

Votre personnage a rendez-vous avec son correspondant dans le café de Lucie. La scène est racontée en écriture blanche par le narrateur. Le dialogue s’installe, entrecoupé de narration, toujours en écriture blanche, sur le comportement des deux personnages, sur ce qui se passe dans le café, etc...

Ce dialogue permet de conclure la relation établie entre les deux protagonistes par votre personnage, il doit terminer uniquement l’histoire de votre personnage.

Le but de l’exercice étant de maîtriser la focalisation externe et le dialogue qui fait avancer l’histoire.

 

Publié dans #Les ateliers

Repost 0
Commenter cet article