MOI LE SINGE

Publié le 1 Janvier 2017

Sur le thème LES ANIMAUX, le narrateur et le point de vue...

SUJET D'ÉCRITURE :

Par une volonté divine ou par la magie de l'écriture, vous venez de vous réincarner en animal. Choisissez l'animal que vous voulez, et partez à la découverte de son environnement. Vos sens en alerte captent tout ce qui se passe autour de vous. Soyez à leur écoute, racontez vos sensations. Peut-être certains sens sont plus développés que d'autres, selon l'animal que vous êtes devenu...

Imaginez, inventez une histoire, ou bien racontez juste l'exploration de votre nouveau lieu de vie et votre relation aux choses qui vous entourent.

 

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MOI LE SINGE

 

Je n’y croyais pas et pourtant ! Me voici réincarné en singe ! Tant mieux ! Il paraît qu’on est en voie d’extinction alors un singe de plus est le bienvenu !

Je suis perché au sommet de cet arbre à larges feuilles, bruissantes d’arômes appétissants. Odeurs sucrées, portées par la brise, qui me font saliver. Je hume par ici, par là-bas, par là ! C’est de là que ça vient !

Je m’approche avec précaution, la branche ploie, un craquement léger accompagne son balancement ; instinctivement mes pieds se cramponnent de tous leurs doigts préhenseurs.

La grande feuille luit sous le soleil, gondole doucement, comme une vague de verdure. Je me hasarde à la caresser, ravi de la sentir si lisse et soyeuse sous ma main. Ma main ! Rugueuse, faite de cuir et de poils, aux ongles de corne noire. Je suis un singe... et j’ai faim ! L’exhalaison entêtante de fruits très mûrs s’exacerbe, me pénètre, pulvérise ma prudence. Je plonge sous la lame verte.

Là, un magnifique régime me tend ses bananes. Mes papilles s’électrisent, ma salive dégouline ; mes doigts enserre la banane moelleuse, promesse de festin, quand un cri strident me percute et me fige.

Une guenon énervée se dresse devant moi, gueule en soprano cacophonique. Aurai-je fait une bourde ? Je tente un gémissement contrit qui l’émeut apparemment, car elle vient s’asseoir auprès de moi. La chaleur de son corps contre le le mien, son odeur sauvage de tanière, de tribu, me bouleverse. Elle me sourit, babines retroussées. L’orgie peut commencer ! Ensemble, nous dégustons ce merveilleux repas végétarien et cent pour cent bio à grands renforts de grognements satisfaits, éructations libératrices, savourant le fruit pâteux qui s’écrase sous le palais avant de diffuser sa singulière saveur. Rien que du bonheur, vous dis-je !

Publié dans #Les animaux

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