MERVEILLEUX, FANTASY, FANTASTIQUE ET SCIENCE-FICTION

Publié le 27 Février 2017

La licorne bleue, Dali

La licorne bleue, Dali

ATELIER DU 27 FÉVRIER 2017

 

MERVEILLEUX, FANTASY, FANTASTIQUE ET SCIENCE FICTION

 

 

Il ne faut pas confondre merveilleux, fantasy, fantastique et science-fiction.

 

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  • LE MERVEILLEUX

 

Dans le récit merveilleux, l'irrationnel est accepté par le narrateur et les personnages. Personne ne s’étonne devant l’étrange. Les objets usuels sont dépouillés de leur habituel et deviennent insolites. Aucune intrusion de forces occultes, c’est le monde des contes, de la magie, de la féerie, où les choses surnaturelles se déroulent d’une façon presque familière, voire rassurante. Les textes commencent souvent par une formule comme "Il était une fois" ou  "Dans un pays lointain"...

Alice au pays des Merveilles, Le Petit prince appartiennent au domaine du merveilleux.

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  • LA FANTASY

 

La fantasy, considérée parfois comme le prolongement moderne du merveilleux, se situerait à la croisée de ce dernier et du fantastique. C’est un genre qui rencontre aujourd’hui un grand succès particulièrement auprès des jeunes. Elle présente souvent un aspect mythique, le magique y tient une large place et les faits se déroulent dans des mondes parallèles ou dans un lointain passé oublié.

Le Seigneur des Anneaux appartient à la fantasy.

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  • LE FANTASTIQUE

 

Dans le fantastique, une perturbation irrationnelle apparaît dans la vie quotidienne. Le doute, l'inquiétude persistent tout au long du récit. Le lecteur hésite entre explication surnaturelle et rationnelle. Le naturel et l'étrange se mêlent de façon inquiétante, la rencontre de l'impossible, liée à une athmosphère particulière, provoque l'angoisse. Dans un quotidien ordinaire se sont glissés équivoque et ambiguïté, le réel se peuple de vision imprécise, bruits inquiétants, rythmes sourds, frôlements suspects, courants d’air, odeurs bizarres. Le récit est souvent en « je » . La peur est souvent présente mais elle n'est pas une condition formelle du genre fantastique.

Pour écrire du fantastique, le meilleur moyen est de suggérer sans montrer, de dire sans dire, d’utiliser des comparaisons imprécises : « c’était comme si… cela ressemblait… On aurait dit une espèce de…»

Le doute persiste jusqu’à la fin qui reste ouverte, pas de retour au monde réel, car sinon, ce serait un roman policier.

Le Hola de Maupassant appartient au genre fantastique.

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  • LA SCIENCE-FICTION

 

Le récit de science-fiction répond à la question : que se passe-t-il si... ? par un monde imaginaire ne relevant ni du merveilleux, ni du religieux, mais construit à partir des connaissances, théories ou spéculations scientifiques. Pour que ce monde soit accepté comme réel par le lecteur, l’auteur donne des éléments tels que objets techniques, indices de structures sociales, etc... Dans la science-fiction, le décor est souvent largement aussi important que l’intrigue : tout doit donner l’illusion de la réalité.

La SF est basée sur l’hypothèse d’un éventuel futur ou de ce qu'auraient pu être le présent voire le passé (planètes éloignées, mondes parallèles, uchronies), en partant des connaissances actuelles. Elle se distingue du fantastique qui inclut une dimension inexplicable et de la fantasy qui fait souvent intervenir la magie. Les thèmes spécifiques de la SF concernent l'espace, le temps, les machines, les autres mondes, l'homme transformé.

Fondation d’Asimov appartient à la SF.

S’il est vrai que la SF exprime des thèmes universels communs à toute littérature, elle le fait avec une thématique qui n’appartient qu’à elle, où se mêlent sciences exactes et mondes imaginaires.
– L’espace : le voyage dans l’espace, la colonisation de l’espace, la terraformation, les océans cosmiques et leur mythologie, les extraterrestres, les civilisations extraterrestres, l’invasion extraterrestre, les histoires du futur.
– Le temps : le voyage dans l’avenir, le voyage dans le passé, d’autres écoulements du temps, l’uchronie, les immortels, les fins du monde, les sociétés postcataclysmiques.
– Les machines : les robots, cerveaux électroniques et intelligences artificielles.
– D’autres mondes, d’autres dimensions : la quatrième dimension et les autres, les mondes parallèles, les mondes microscopiques.
– L’homme transformé : les mutants, les clones, les hybrides homme-machine (cyborg).

https://www.ac-clermont.fr/disciplines/fileadmin/user_upload/Lettres-Histoire/formations/Lettres/presentation_av_scientifs.pdf

SOURCES :

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LECTURES :

Extrait de Le Petit prince de Saint-Exupéry :

 

Ah! petit prince, j’ai compris, peu à peu, ainsi, ta petite vie mélancolique. Tu n’avais eu longtemps pour distraction que la douceur des couchers de soleil. J’ai appris ce détail nouveau, le quatrième jour au matin, quand tu m’as dit :

J’aime bien les couchers de soleil. Allons voir un coucher de soleil...

Mais il faut attendre...

Attendre quoi?

Attendre que le soleil se couche.

Tu as eu l’air très surpris d’abord, et puis tu as ri de toi-même. Et tu m’as dit :

Je me crois toujours chez moi !

En effet. Quand il est midi aux États-Unis, le soleil, tout le monde le sait, se couche sur la France. Il suffirait de pouvoir aller en France en une minute pour assister au coucher de soleil. Malheureusement la France est bien trop éloignée. Mais, sur ta si petite planète, il te suffisait de tirer ta chaise de quelques pas. Et tu regardais le crépuscule chaque fois que tu le désirais...

Un jour, j’ai vu le soleil se coucher quarante-trois fois !

Et un peu plus tard tu ajoutais :

Tu sais... quand on est tellement triste on aime les couchers de soleil...

Le jour des quarante-trois fois tu étais donc tellement triste?

Mais le petit prince ne répondit pas.

 

Extraits de Le Seigneur des Anneaux de Tolkien

 

Trois anneaux pour les Rois Elfes sous le ciel,
Sept pour les Seigneurs Nains dans leurs demeures de pierre,
Neuf pour les Hommes Mortels destinés au trépas,
Un pour le Seigneur des Ténèbres sur son sombre trône
Dans le Pays de Mordor où s'étendent les Ombres.
Un anneau pour les gouverner tous,
Un anneau pour les trouver,
Un anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier
Au pays de Mordor où s'étendent les Ombres.

 

Un extrait du Horla de Maupassant :

 

En face de moi, mon lit, un vieux lit de chêne à colonnes ; à droite, ma cheminée ; à gauche ma porte fermée avec soin, après l’avoir laissée longtemps ouverte, afin de l’attirer ; derrière moi, une très haute armoire à glace, qui me servait chaque jour pour me raser, pour m’habiller, et où j’avais coutume de me regarder, de la tête aux pieds, chaque fois que je passais devant.
Donc je faisais semblant d’écrire, pour le tromper, car il m’épiait lui aussi ; et soudain, je sentis, je fus certain qu’il lisait par-dessus mon épaule, qu’il était là, frôlant mon oreille.
Je me dressai, les mains tendues, en me tournant si vite que je faillis tomber. Eh bien ?…. on y voyait comme en plein jour, et je ne me vis pas dans ma glace ! Elle était vide, claire, profonde, pleine de lumière ! Mon image n’était pas dedans… et j’étais en face, moi ! Je voyais le grand verre limpide du haut en bas. Et je regardais cela avec des yeux affolés ; et je n’osais plus avancer, je n’osais plus faire un mouvement, sentant bien pourtant qu’il était là, mais qu’il m’échapperait encore, lui dont le corps imperceptible avait dévoré mon reflet.
Comme j’eus peur ! Puis voilà que tout à coup je commençai à m’apercevoir dans une brume, au fond du miroir, dans une brume comme à travers une nappe d’eau ; et il me semblait que cette eau glissait de gauche à droite, lentement, rendant plus précise mon image, de seconde en seconde. C’était comme la fin d’une éclipse. Ce qui me cachait ne paraissait point posséder de contours nettement arrêtés, mais une sorte de transparence opaque, s’éclaircissant peu à peu.
Je pus enfin me distinguer complètement, ainsi que je le fais chaque jour en me regardant.
Je l’avais vu ! L’épouvante m’en est restée, qui me fait encore frissonner.

 

Extrait de Fondation d'Asimov :

 

Il s'appelait Gaal Dornick et c'était un bon provincial qui n'avait encore jamais vu Trantor. Du moins, pas en réalité. Il l'avait vue bien des fois à l'hypervidéo, ou bien dans une bande d'actualités en tridi à l'occasion du couronnement impérial ou de l'ouverture d'un concile galactique. Il avait beau vivre sur la planète Synnax, qui gravitait autour d'une étoile aux confins de la Nébuleuse bleue, il n'était pas coupé de toute civilisation. D'ailleurs, à cette époque, il en allait de même pour les habitants de tous les points de la Galaxie.

On comptait alors près de vingt-cinq millions de planètes habitées dans la Galaxie, touts soumises à l'autorité impériale dont le siège se trouvait sur Trantor... pour une cinquantaine d'années encore.

Pour Gaal, ce voyage marquait l'apogée de sa jeune vie d'étudiant. Il n'en était pas à sa première expédition dans l'espace : la traversée ne faisait donc guère impression sur lui. Bien sûr, il n'était jamais allé plus loin que l'unique satellite de Synnax, où il avait dû se rendre pour recueillir les renseignements sur la mécanique des météores dont il avait besoin pour sa dissertation ; mais dans l'espace, qu'on parcourût un million de kilomètres ou d'années-lumière, c'était tout comme.

 

Nouvelle Le vent de Ray Bradbury

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SUJETS D'ÉCRITURE :

 

SUJET FANTASTIQUE

 

Depuis quelques jours, votre animal de compagnie vous paraît parfois étrange. Il lui arrive de se comporter bizarrement de plus en plus souvent. Lorsque ces drôles de crises lui arrivent, vous avez l’impression que l’atmosphère change dans la maison, quelque chose d’indéfinissable et inquiétant. Même la bête semble se métamorphoser tout en restant elle-même.

Décrivez ces changements subtils, installez le malaise, faites monter l’angoisse…

 

 

SUJET MERVEILLEUX

 

Votre animal de compagnie sait si bien vous signifier ce qu’il attend de vous ! Un jour, lors d’une promenade, il vous entraîne vers un sentier que vous n’aviez jamais remarqué jusqu’ici. Dès que vous l’empruntez, tout bascule vers un monde magique, peuplé d’animaux bavards et féeriques, d’objets facétieux. Votre animal aussi a la parole ; il vous raconte ce qu’il pense de vous, vous explique pourquoi il vous a emmené ici, vous initie à cet univers de contes de fées.

Racontez-nous…

 

 

SUJET FANTASY

 

Dans le monde glacé du Septentrion Rugissant, le peuple des Urselfiens se compose d’elfes et d’ours. A chaque elfe son ours, à chaque ours son elfe. Indissociables, ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre, la mort de l’un entraîne la mort de l’autre. Comme si l’un était l’étincelle de vie de l’autre et inversement. Un Urselfien est en fait une seule personne composée de deux êtres ou un seul être composé de deux personnes : un elfe et un ours physiquement inséparables, liés par un lien invisible insectionnable.

Imaginez leur société, leur coutumes, racontez un mariage par exemple. Qui tombe amoureux ? Est-ce que c’est le côté ours de la personne qui choisit le partenaire ou l’inverse ? Et si les deux parties elfes s’aiment, les parties ours s’aiment-elles automatiquement ou bien faut-il leur consentement pour pouvoir épouser l’Urselfien(ne) de son choix ?

Inventez un monde magique ; vous pouvez aussi créer un autre univers et d’autres personnages que ceux-ci.

 

 

SUJET SF

 

De plus en plus, les cellules animales se mêlent aux cellules humaines. Les valves cardiaques porcines sont implantées dans les cœurs malades, les sérums lymphocytaires de cheval se répandent dans les corps, les vaccins et autres insulines, crées à partir d’animaux, pénètrent dans nos organismes. Au fil de temps, ces mélanges "animal-humain" ont modifié notre espèce.

Imaginez ces hommes du futur, leur transformation, leur relation avec les bêtes - d'ailleurs, sont-elles encore des "bêtes" ? - la place des animaux dans leur société, les décors et paysages dans lesquels ils vivent.

 

 

Publié dans #Les ateliers

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