LA DESCRIPTION SENSORIELLE

Publié le 30 Janvier 2017

 Jacques LINARD - Les cinq sens 1638, Musée des Beaux-Arts, Strasbourg

Jacques LINARD - Les cinq sens 1638, Musée des Beaux-Arts, Strasbourg

ATELIER DU 30 JANVIER 2017 

 

DESCRIPTION SENSORIELLE

 

 

Bien souvent, lorsque nous décrivons un lieu, une situation, nous n’utilisons qu’un ou deux sens : la vue, parfois l’ouïe. Bien que tous nos autres sens soient présents et emmagasinent les perceptions, nous les occultons. Pourtant, comment oublier la puissance d’une odeur, le fumet d’un bon petit plat, le doux parfum d’une peau de bébé, ou... les remugles d’une poubelle qui déborde ? Et que dire de la saveur sucrée d’un dessert, de l’explosion pétillante, finement acidulée, des bulles de champagne sur la langue, des leurs murmures crépitants, bondissant sur un remous d'écume, de la fraîcheur de la coupe qui glace le bout des doigts…

 

Soyez attentifs, à l’écoute de tous vos sens pour recueillir le maximum de sensations et les restituer, intactes, par l’écriture. Devant la page blanche, imaginez, revivez ces petits moments de vie, votre texte s’en trouvera enrichi.

 

La description sensorielle consiste à utiliser les cinq sens :

 

la vision, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher

 

***

 

  • Que font nos sens ?

 

Les verbes expriment l’action faite ou supportée par les sens :

 

OUÏE : ouïr, entendre, écouter, auditionner, tendre l’oreille, distinguer, percevoir, capter, surprendre, se boucher les oreilles, assourdir.

Les verbes de parole, (crier, murmurer, etc...) liés au son, concernent l’ouïe plutôt par les noms qui en découlent (cri, murmure, etc...)

 

VUE : regarder, voir, contempler, admirer, scruter, examiner, détailler, fixer, mirer, lorgner, observer, apercevoir, écarquiller les yeux, entrevoir, dévisager, distinguer...

 

GOÛT : savourer, déguster, goûter, boire, manger, téter, sucer, croquer, saliver, mordre, mâcher, lécher, aspirer, laper, brouter, se régaler...

 

ODORAT : sentir, humer, flairer, renifler, respirer, inhaler, exhaler, embaumer, fleurer...

 

TOUCHER : toucher, palper, effleurer, tâter, caresser, peloter, pétrir, tapoter, frotter, serrer, étreindre, gifler, griffer, attraper, saisir, agripper, tordre, prendre la main, lisser, écraser, modeler, chatouiller, malaxer, pincer, se brûler...

 

 

 

  • Que perçoivent nos sens ?

 

Les noms et adjectifs renseignent sur la perception :

 

Que voit-on ? Couleur, contraste, nuance, forme, espace, luminosité, obscurité, pénombre, ombre, illusion, mirage, mouvement, inertie. On peut définir l’objet vu, le nommer.

 

Que sent-on ? Odeur, fragrance, parfum, pestilence, puanteur, remugle, effluve, essence, arôme, émanation, relent, senteur, exhalaison, fumet.

 

Que goûte-t-on ? Goût, saveur, sapidité : salé, sucré, doux, amer, acide, acidulé, anisé, aromatisé, épicé, pétillant, piquant, âpre, acidulé, suret ; amertume, âpreté, unami (L'umami, se traduisant généralement par savoureux est l’une des cinq saveurs de base avec le sucré, l’acide, l’amer et le salé.)

Consistance : solide, liquide, pâteux, chaud, froid, tiède, glacé, juteux, sec, gras, moelleux, crémeux, fondant, croquant, croustillant, dur...

 

Qu'entend-on ? Son, musique, bruit, cri, voix, vacarme, brouhaha, bruissement, martèlement, rire, pleur, chuchotement, chant, hurlement, aigu, grave, fréquence, densité, gazouillement, gazouillis, crépitement, chuintement, grondement, soufflement, craquement, ronronnement, tous les cris d’animaux, rumeur, clameur, tintement, bourdonnement, gémissement, vrombissement, murmure, paroles, vibration. On peut évaluer la proximité, le volume sonore.

 

Que touche-t-on ? Texture, matière, corps, objet, forme, température, rugosité, lisse, piquant, soyeux, sec, humide, mouillé, trempé. On peut évaluer le poids, la température et la consistance des objets.

 

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Tout ceci peut être utilisé comme base de vocabulaire pour y puiser le mot juste. Posez-vous ces questions quand vous écrivez. Une écriture maîtrisée demande de la rigueur et de la précision. Le lecteur aura ainsi l’impression de vivre ce qu’il lit. On omet parfois de citer la sensation exacte, cela affaiblit le texte.

Un exemple : J’entends les oiseaux sur l’arbre.

Mais quel son provient de ces oiseaux ? Pépiement, sifflement, caquètement, battement d'aile ?

Dans cette phrase, aucun mot ne répond à la question : Qu'entend-on ?

 

Plusieurs suggestions de rédaction :

 - J’entends le pépiement des oiseaux sur l’arbre.

 - Le pépiement des oiseaux sur l’arbre me parvient.ou : me berce, me ravit, m’exaspère, me terrifie… (en y associant émotion, sentiment.)

 - Sur l’arbre, les oiseaux pépient.

 

Un petit exemple de réécriture pour tendre vers un récit le plus ciselé possible. Le choix, à faire selon le contexte dans le récit, le message à faire passer, le narrateur et point de vue. (cf. ATELIER DU 16 JANVIER 2017 ) Écrivez, relisez, modifiez, corrigez, chercher la légèreté, la simplicité.

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SUJET D'ÉCRITURE :

Toujours sur le thème des animaux :

Par une volonté divine ou par la magie de l'écriture, vous venez de vous réincarner en animal. Choisissez l'animal que vous voulez, et partez à la découverte de son environnement. Vos sens en alerte captent tout ce qui se passe autour de vous. Soyez à leur écoute, racontez vos sensations. Peut-être certains sens sont plus développés que d'autres, selon l'animal que vous êtes devenu...

Imaginez, inventez une histoire, ou bien racontez juste l'exploration de votre nouveau lieu de vie et votre relation aux choses qui vous entourent.

***

LECTURE :

Pour terminer la séance, lecture du texte LE MATOU de Colette :

Publié dans #Les ateliers

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