LE HAÏKU

Publié le 23 Janvier 2017

LE HAÏKU

ATELIER DU 23 JANVIER 2017

 

LE HAÏKU

 

 

  • Qu'est-ce-que le haïku ?

 

Le haïku est un petit poème très bref pour dire l'évanescence des choses.

Il traduit le plus souvent une sensation ; il est comme une sorte d'instantané. Rapide, concis, subtil, il ne doit pas décrire mais évoquer. Sans artifice littéraire, il évite les marques habituelles de la poésie, telle la rime, la métaphore, le lyrisme et privilégie l'art de détail, met en lumière le fragment de vie. Il ne se contente pas de décrire les choses, il nécessite aussi le détachement de l’auteur.

L’humour, les figures de styles peuvent être utilisées mais avec parcimonie.

Le haïku incite à la réflexion, il est préférable de le lire deux fois pour en saisir le sens et la subtilité.

 

Sur la cloche du temple

s'est posé un papillon

qui dort tranquille

Buson

 

 

  • Quelles sont les principales contraintes ?

 

- 17 syllabes, ou plutôt 17 mores,( la more étant le son dit élémentaire émis lors de la phonation) en 3 lignes : 5/7/5.

- Utiliser un mot de saison, le kigo, ou une référence saisonnière, soit un ancrage dans le monde. L'intérêt du kigo est de pouvoir évoquer tout un univers en un seul mot et son. (Le kigo est une référence à la nature, un ensemble de mots ou d'expressions que l'on peut associer immédiatement à une saison particulière, mais parfois, la correspondance peut être plus subtile, par ex, cerisier en fleur pour printemps ou lune pour l'automne)

- Toujours écrire au présent, ici et maintenant.

- Éliminer l'usage des participes présents

- Limiter l'utilisation des articles.

- Utiliser une césure à la fin de la 1ere ou de la 2eme ligne mais pas aux deux.

- Avoir deux images mises en comparaison par la troisième, ou mises en opposition par la troisième, ou juste reliées par la troisième.

- Étudier l'ordre de présentation des images : grand angle, puis moyen, puis zoom ; réservez l'effet pour la fin.

 

La contrainte du 5/7/5 pousse à la créativité et mène à l’innovation littéraire, cependant il existe des haïkus qui transgressent les règles en conservant quand même la structure court-long-court. De l’ensemble doit se dégager « l’esprit haïku », indéfinissable, qui procède du ressenti, des choses impalpables.

Si le haïku ne possède ni kigo, ni moment particulier, on l’appelle un moki.

 

***

 

Dans ce célèbre haïku de Matsuo Bashō, la « grenouille » est un kigo du printemps. Les haïkus parlent habituellement des croassements des grenouilles à la période des amours, mais le poète parle ici d'un autre son.

 

ふるいけや

Furuike ya

Dans le vieil étang

 

かわずとびこむ

Kawazu tobikomu

Une grenouille saute—

 

みずのおと

Mizu no oto

un ploc dans l'eau.

De nombreux haijin (poètes pratiquant l'art du haïku) préfèrent « le bruit de l’eau », plus proche du sens littéral. La traductrice Corinne Atlan a proposé une autre version : « l’eau se brise » pour un effet plus visuel que sonore.

Les  maîtres du haïku, ici :

Sources :

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SUJET D'ÉCRITURE :

Sur le thème LES ANIMAUX, écrire quelques haïkus en se remémorant des moments où un animal a traversé votre vie, ou bien en s'inspirant des photos et tableaux proposés.

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En voici quelques-uns sur un tableau de Monet : La Pie

LE HAÏKU

Sur le paysage blanc

Une petite boule noire -

La Pie de Monet.

 

Au blanc de l'hiver

Ponctué d'une tache noire -

La pie s'est posée.

 

Paysage de neige -

La pie sur la barrière cherche

Son repas enfoui.

 

*****

Pour finir, un haïku sur la belle photo, si pleine de tendresse, d'Elliott Erwitt...

LE HAÏKU

Publié dans #Les ateliers

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