NICE, VILLE TOURISTIQUE

Publié le 19 Juin 2016

Sur le thème de la ville : la métaphore urbaine

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Nice, me voilà, encore une fois. Tu m’as bien manqué. Une fois de plus, arrivant en avion, je te vois étalée là, couchée entre mer et montagne, tel un lézard endormi. Endormie, mais toujours en alerte. Prête à te réveiller à la première occasion, à la première fête.

La Promenade des Anglais ! La nuit, un diadème lumineux, scintillant, étincelant, digne d’une reine. Le jour, sous un ciel bleu sans tache, un tableau animé, un spectacle multicolore de robes légères soulevées par la brise marine, de chapeaux de paille, de parasols enroulés, de sacs de plage desquels des pans-bagnats cherchent à s’échapper. Des palmiers majestueux, conscients de leur beauté, soucieux de profiter pleinement de cette animation, se dressent vers le ciel avec fierté. Sur la chaussée, des décapotables rutilantes défilent en toute saison, prenant leur temps pour être bien vues, être admirées et appréciés à la valeur que leur donnent leurs pilotes.

Festival d’ocres. Ici, ils tirent vers le rose, là-bas, vers le jaune, et, un peu plus loin, vers le rouge foncé. Il paraît que les hommes – et femmes – de la préhistoire utilisaient déjà ces ocres. A défaut de disposer des villas somptueuses d’aujourd’hui, ils les auraient appliqués sur leurs corps. Couleur jaune, ils les auraient trouvés dans la région. Pour obtenir le rouge, il fallait les chauffer. A présent, on admire des taches d’ocre entrecoupées par des bâtiments majestueux en pierre, dans des blancs, des gris clairs lumineux, certains décorés de motifs en stuc, d’autres ornés de bandes de fresques colorés. Mosaïque de couleurs discrètes. On sent l’opulence. Une grande partie de la ville ne fut construite qu’au moment où elle était riche de ses touristes aisés.

Tes terrasses ! La ville même est en terrasses, adossées sur ses collines, un amphithéâtre de collines, orientées vers le sud, vers la mer, couverte de milliers de terrasses, accueillant des habitants heureux de vivre à la fois en ville et en plein air, un air si doux même en hiver. Un air saturé de senteurs qui changent au fil des saisons, mimosa, glycine, jasmin, fleur d’oranger, tilleul, albizzias. Terrasses jusqu’à la plage, avec ses restaurants comme dernières terrasses, nappées, et parfois happées, par la mer.

Ta musique ! J’entends du folklore bon enfant, couvert petit à petit par des notes, des accords, des rythmes de jazz. Je ferme les yeux pour m’en imprégner, pour bien les savourer. Je pense à Stéphane Grappelli. J’entends son violon. Etait-il niçois ? Non, il est né à Paris. Une erreur du destin. Son père, d’origine italienne, aurait pu échouer à Nice, comme beaucoup de ses compatriotes.

Le Cours Saleya ! Une enfilade de restaurants, restaurants de poissons, de cuisine niçoise, de cuisine italienne, tous avec, encore une fois, des terrasses accueillantes. Au milieu, le marché de fleurs, de légumes, de fruits et d’épices, parfois de brocante et d’antiquités. Quel plaisir de flâner au milieu de la foule, de se restaurer dans une ambiance de bonne humeur et d’insouciance. Le soleil devient trop insistant ? On se réfugie alors dans la vieille ville, juste à côté, avec ses ruelles étroites et ombragées. Une fraîcheur bienvenue se dégage de ces murs dont certains sont plusieurs fois centenaires, ces hautes maisons de style génois aux façades colorées. On passe devant un lavoir, témoin d’une époque révolue. On admire le palais Lascaris, joyau de l'époque baroque, ainsi que les nombreuses églises qui jalonnent la balade. On s’arrête devant la cathédrale, on lève les yeux, on prend du recul. Et si on se mangeait une petite glace ?

Rédigé par Iliola

Publié dans #Ville

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